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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 07:32

Bonjour les amis,

Je fais partie des millions (milliards?) de personnes qui ont le moral en berne car elles pressentent que l'irruption du covid dans notre vie nous fait entrer dans une nouvelle ère qui accentue de manière irréversible les tares déshumanisantes de notre civilisation.

Deux auteurs ont retenu mon attention sur ce sujet.

Commençons par la lettre de Michel Houellebecq à France-inter.

Houellebecq fidèle à son style porte un regard lucide et amer sur les conséquences très prévisibles de la pandémie. Il nous remet un peu les yeux en face des trous. Je partage son profond agacement  pour le "Rien ne sera plus comme avant" car il est permis de penser que notre avenir sera encore pire, que le virus nous a enfoncé un peu plus dans notre crise civilisationnelle, qu'il en accentuera les tares : méfiance de l'autre, repli sur soi, distanciation sociale, manque d'empathie pour l'autre, manque de liberté, soumission au diktat de normes contraignantes auxquelles on ne peut échapper, etc...

J'aimerais partager avec vous également ces réflexions du philosophe Abdennour Bidar.

Je ne lis pas son constat amer comme une critique des mesures que nous avons prises qui sont probablement techniquement correctes.

Son article nous fait prendre la mesure du sacrifice consenti. Pour sauver la vie, il nous a fallu renoncer à son essence, abandonner les nôtres sans soutien, ni physique ni moral.

Cela ramène notre civilisation par certains aspects au même niveau que celle d'une colonie de cloportes (j'exagère un peu le trait...). Cette abandon va laisser des traces et pour les plus touchés elle créera des traumatismes profonds.

Nous acceptons de nous enfermer dans une prison déshumanisante pour protéger notre vie "biologique" vidée de contenu social et devenue par la même occasion absurde et dénuée de sens.

Je dédie ce petit billet à ma maman de 80 ans qui est veuve, en bonne santé et autonome. Elle a accepté sans trop rechigner la première phase de confinement mais maintenant elle entre en rébellion. Elle a toujours eu une vie sociale très active et elle n'est pas disposée à ce que ce virus l'enterre vivante chez elle...Elle n'est pas disposée à renoncer à ce qui a fait sa vie, et en assume pleinement les conséquences éventuelles.

Elle est peut-être en train de vivre ses dernières années de vraie liberté, pouvant aller et venir où elle veut et à sa guise, et elle n'est pas disposée à entrer dans ce monde orwellien que nous augure ce maudit virus. Je la comprends...

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 07:46

Bonjour les amis,

Je vous souhaite tous un bon premier Mai malgré les circonstances très graves que nous vivons tous un moment.

Ce matin, je réécoutais la chanson de Francis Lemarque.

 

Je réécoutais ces quelques vers très simples:

"Il est revenu Le Temps Du Muguet
Comme un vieil ami retrouvé
Il est revenu flâner le long des quais
Jusqu'au banc où je t'attendais
Et j'ai vu refleurir
L'éclat de ton sourire
Aujourd'hui plus beau que jamais..."

Quelques vers très simples qui nous parlent d'un bonheur retrouvé, renouvelé, et qui d'un seul coup résonnent de manière bien étrange, comme surgis d'un passé lointain, oublié...

Les sourires sont maintenant cachés derrière des masques et le temps du muguet n'est pas revenu cette année.

Mais ce n' est pas ce qui m' afflige le plus. Le temps du muguet s'en est allé bien avant que ce maudit virus vienne nous paralyser chez nous.

Il y a longtemps que nous savions que demain ne serait plus porteur de confiance et d'espoir mais de craintes.C'est peut-être à ce moment-là que le temps de muguet s'en est allé...sans que nous ne nous en soyons rendus compte.

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 03:35

Bonjour les amis,

Pas de vrai billet aujourd'hui mais juste l'envie de partager avec vous une excellente performance de Richard Gotainer.

En effet, en ces temps moroses de confinement, celui-ci a eu l'excellente idée de nous interpréter de manière parlée le texte de l'une de ses chansons.

Et le résultat est tout simplement extraordinaire.

Regardez-donc la vidéo sur le lien ci-dessous.

 

Tout est dit dans ce texte magnifiquement interprété. Notre époque est souvent vulgaire (au sens péjoratif du mot) et appauvrit l'expression écrite et parlée par l'utilisation systématique et répétitive des même gros mots, tellement employés qu'ils finissent par en devenir tristes et ne plus rien signifier, alors qu'en ce domaine nous avons également un vrai patrimoine riche et fleuri à sauvegarder.

En écoutant Gotainer j'ai eu une pensée émue pour Hergé (avec les fameux jurons du capitaine Haddock) et aussi pour Frédéric Dard qui aurait applaudi des deux mains un tel texte. Un Frédéric Dard qui avait fait mon bonheur quand je lisais, étant jeune, les enquêtes du commissaire San Antonio. Ce n'était pas vraiment ses histoires qui m'intéressaient mais la manière de les raconter qui me pliait en deux...

PS: Quant au confinement et à mon nouveau travail "d'enseignant sur plateforme informatique", après avoir passé 15 jours de vacances durant lesquelles je n'ai jamais autant travaillé à préparer du matériel pédagogique, j'espère retrouver un rythme de vie normal et échapper aux insomnies et à cette impression néfaste de ne jamais décrocher du boulot, de ne plus avoir vraiment le temps de respìrer...Je n'ai jamais aussi peu lu que durant cette période de confinement, trop épuisé nerveusement le soir pour pouvoir me laisser embarquer par le moindre texte...

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 09:08

Bonjour les amis,

J'aimerais partager avec vous une entrevue donnée par Jean-Marc Jancovici, ingénieur-expert, membre du haut conseil pour le climat, qui s'est spécialisé depuis de très nombreuses années dans les problèmes de transition énergétique et de réchauffement climatique.

Alors, il faut reconnaître que le virus a au moins le mérite pédagogique de nous faire expérimenter contre notre gré l'étendue de l'effort que nous devrions fournir.

Attention, Jancovici ne dit pas qu' il faut maintenir les réductions provoquées par covid-19, il dit qu'il faut réduire de 4% DE PLUS chaque année. Nuance de taille !

J'ai fait mes petits calculs, ça équivaudrait à réduire nos émissions de gaz à effets de serre de 70% en 30 ans...

Par ailleurs l'intervention de cet expert permet aussi de démonter un faux mythe qui circule déjà.

J'entends déjà dire autour de moi que le climat s'est amélioré. C'est une aberration. Ce qui s'est amélioré c'est le niveau de contamination qui a baissé notablement.

Quand on parle de réchauffement climatique, il faut compter avec l'énorme inertie thermique de notre planète. En gros les mesures que nous prenons aujourd'hui se feront sentir dans une trentaine d'années, si tout va bien.

Enfin "si tout va bien" n' est pas le terme exact, ce serait plutôt "si tout ne va pas trop mal".

L'objectif des 2 degrés maximum c'est pour éviter une catastrophe planétaire qui mette en danger plus d'une moitié de l'humanité.

Alors, il faut reconnaître à Covid-19 une immense vertu pédagogique. 

Il nous montre un chemin que nous ne sommes pas prêts à prendre par nous-mêmes.

Quand on écoute les recommandations de Jancovici on se dit que cette bataille n'est vraiment pas gagnée...et pourtant, nous sommes plus que prévenus...

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 09:04

Bonjour les amis,

En ce jour de St Joseph c'est la fête des pères en Espagne.

Aujourd'hui cette fête va être particulière. Nous sommes confinés en Espagne depuis 6 jours et j'éviterai d'embrasser mes enfants pour ne pas risquer de les contaminer. On s'enverra donc de grosses embrassades virtuelles.

C'est l'intention qui compte.

J'ai préféré ne pas écrire de billets sur la gestion européenne de la crise provoquée par le coromachintruc...En fait, je suis très en colère avec l'ensemble de nos dirigeants européens, et je ne veux pas transmettre de messages négatifs.

C'est pas le moment. L'heure des comptes viendra plus tard.

A nous de nous montrer forts, solidaires, responsables et déterminés malgré l'indigence intellectuelle et morale de nos responsables politiques qui ont sous-évalué le risque ... mais qui ont fini quand même par mobiliser toute leur énergie, même si c'est avec un mois de retard, ce qui aura inéluctablement de terribles conséquences dramatiques. Mais mieux vaut tard que jamais.

Comme j'aime les paradoxes, je vous livre la réflexion d'un internaute :

" Ça me fait bizarre de penser que le 31 décembre au soir on a tous fêté joyeusement l'arrivée de 2020..."

Oui, ça fait un peu bizarre quand on y pense...

Le virus a réussi en 3 mois a créer un électrochoc planétaire sans précédent. Il va tout remettre en question. On va beaucoup apprendre. Nos grandes lacunes sont mises à nue...Malgré l'extrême gravité de ce que nous vivons, ce virus va être aussi une opportunité. Peut-être qu'une fois la crise surmontée il nous obligera à repenser beaucoup d'éléments politiques, économiques et sociaux à changer pour le bien de la collectivité.

Peut-être même que le virus va nous obliger à prendre des décisions importantes tant que ça reste possible pour l'avenir de l'humanité.

L'histoire nous a souvent montré par le passé que certaines catastrophes nous permettent d'avancer, de progresser.

Mais pour l'instant la question n'est pas encore à l'ordre du jour. Soyons unis pour surmonter de la manière la plus solidaire possible cette crise....Et quand elle sera passée, on pourra remettre tranquillement tout à plat.

Signé : ALEA JACTA EST...6 ème jour de confinement

 

 

 

 

 

Une fête des pères particulière...
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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 11:48

Bonjour les amis

Je vous présente aujourd'hui un truc curieux qu'on vient de m'envoyer. Dans plusieurs langues européennes le mot NUIT est formé de la lettre N suivie du chiffre 8. Exemples:
Portugais : NOITE = N+ oite (8)
Espagnol: NOCHE= N+ ocho (8)
Anglais: NIGHT= N+eight (8)
Allemand: NACHT=N+acht (8)
Italien: NOTTE= N+otto (8)
Français: NUIT=N+huit (8)
Suédois:NATT= N+atta (8)
Latin: NOCTIS= N+octis qui veut dire 8 fois en latin

Voyage au bout de la nuit...

Mais ça ne marche pas avec le basque:

Nuit= gauean   huit=zortzi...

Le basque n'est donc pas une langue européenne....CQFD.... 😂

Par ailleurs la curiosité dont je vous fais part ci-dessus n'est pas une vraie explication étymologique.

NUIT vient du grec NYX (Déesse de la nuit, du néant, issue du chaos primordial) qui a dérivé en latin avec NOX, avec entre autres le mot équinoxe...

En fait tous les exemples cités ci-dessus proviennent de langues modernes de moins de 600 ans et donc sont plus ou moins copiés sur le latin.

Pour en savoir un peu plus sur l'étymologie du mot NUIT, vous pouvez lire cet article sur le lien ci-dessous, éventuellement avec l'aide du traducteur google si vous n'êtes pas familiarisé avec la lange espagnole...

Et pour illustrer musicalement cette curiosité étonnante qui ajoute encore un peu plus de caractère mystérieux et magique à la nuit , je vous laisse avec les choristes...

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 07:21

Bonjour les amis,

Je viens de terminer le livre de Vanessa Springora intitulé LE CONSENTEMENT, et la première chose qui frappe l'esprit c'est qu'il ait fallu attendre 40 ans pour que ce livre nécessaire soit édité.

Springora y raconte comment elle a été victime de G.M. écrivain et prédateur sexuel qui bénéficiait de la complaisance du Tout Paris et du monde des Arts et des Lettres. Un prédateur qui se payait des voyages à Manille pour se taper des mineurs et qui se vantait ensuite de ses exploits lors de ses passages sur les plateaux télé de la capitale. Un prédateur qui avait fait l'apologie de la pédophilie dans son essai "Les moins de 16 ans".

LE CONSENTEMENT...ou quand un écrivain pédophile notoire est enfin publiquement dénoncé

Le CONSENTEMENT c'est l'histoire d'un piège qui se referme sur une jeune victime. Le livre de Springora nous explique très bien la dissymétrie profondément immorale qui existe entre une ado de 14 ans et un pédophile de 50 qui se fait passer pour un séducteur, c'est à dire à peu près la même dissymétrie qu'il peut y avoir entre le Loup et l'Agneau.

L'ado est à cet âge en pleine découverte de soi, de ses premiers émois et sentiments amoureux, de sa sensualité sous l'influence des signaux très forts que lui envoie son corps. L'ado ne peut envisager une relation avec une autre personne que sur la base d'un état amoureux très sincère alors que le pédophile lui n'est attiré que par la chair fraîche. Et pour s'en approprier, il embobinera sa victime dans un discours amoureux aussi faux que pervers. Bien évidemment l'ado n'a pas les moyens à cet âge-là de détecter l'imposture criminelle dont elle va être victime...

Le livre explique bien la stratégie particulièrement perverse, odieuse et préméditée avec laquelle G.M. amènera Vanessa dans son lit. Il la harcèlera de lettres, puis lui proposera un premier rendez-vous innocent en tout bien tout honneur : le piège tendu fonctionnera à la perfection. C'est tout simplement à vomir....et c'est d' autant plus à vomir qu'on a tous en tête le passage de G.M. à Apostrophes où il se vantait du "consentement" de ses victimes, où si c'est de justesse s'il ne se faisait pas passer pour un bienfaiteur de l'humanité. 

Bernard Pivot d'ailleurs vient de faire lui-aussi son mea culpa, et reconnaît ne pas avoir eu les mots adéquats durant son émission. Seule la canadienne Denise Bombardier avait réagi de manière indignée sur le plateau d'Apostrophes et avait fermement recadré G. M. en lui rappelant que dans son pays il serait en prison pour abus sexuels commis sur des enfants.

Le livre de Vanessa Springora permet de prendre conscience des séquelles et des conséquences définitives  du crime qui a été commis, comment Vanessa a été dépossédée de sa jeunesse, comment cette relation va perturber sa vie de femme et le rapport qu'elle aura ensuite avec les autres hommes de sa vie.

Enfin le livre nous parle aussi de l'incroyable complaisance coupable de l'entourage, à commencer par celle de la maman qui vivait séparée du père au moment des faits (...encore une fois les prédateurs savent bien profiter des pères absents...). Une maman qui, bluffée par G.M. auréolé de son image de "grand écrivain", n'a pas voulu voir l'ignoble piège dans lequel était tombée sa fille.

Mais on apprendra aussi que G.M. échappera à la brigade des mineurs qui n'enquêtera jamais sérieusement sur son cas, malgré des dénonciations anonymes. C'est tout simplement effarant.

Aujourd'hui les faits sont prescrits, et le livre de Springora est sa seule manière de dénoncer publiquement la véritable nature monstrueuse de G.M....C'en  est fini de sa postérité. Il restera dans notre mémoire pour ce qu'il a été : un affreux sagouin au sourire lubrique et concupiscent qui voulait se faire passer pour un esthète raffiné.

Le CONSENTEMENT c'est aussi une manière définitive de tordre le cou à tous ceux qui disent qu'il faut séparer l'homme de son Art. Aucun artiste n' est au dessus des lois...Aucun Art ne justifie le moindre crime, le moindre abus sexuel.

 

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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 10:45

Bonjour les amis,

Un film de Scorcese, qu'on le veuille ou pas, c'est toujours un événement, donc una saga de 3 h 30 comme THE IRISHMAN, ça ne peut pas se rater.

Voici le synopsis:

Cette saga sur le crime organisé dans l'Amérique de l'après-guerre est racontée du point de vue de Frank Sheeran, un ancien soldat de la Seconde Guerre mondiale devenu escroc et tueur à gages ayant travaillé aux côtés de quelques-unes des plus grandes figures du 20e siècle. Couvrant plusieurs décennies, le film relate l'un des mystères insondables de l'histoire des États-Unis : la disparition du légendaire dirigeant syndicaliste Jimmy Hoffa. Il offre également une plongée monumentale dans les arcanes de la mafia en révélant ses rouages, ses luttes internes et ses liens avec le monde politique.

 

Le film est une adaptation du récit de Charles Brandt issu des entretiens réalisés avec Frank Sheeran dit l'irlandais, intitulé J'AI TUÉ JIMMY HOFFA (Editions du masque).

C'est une radiographie de l'Amérique des années 60-70, époque durant laquelle la mafia avait infiltré la politique, la justice et les syndicats et notamment le plus puissant d'entre eux, celui des camionneurs dirigé par le très charismatique Jimmy Hoffa (interprété par  Al Pacino).

Cette histoire est vue à travers les yeux de Frank Sheeran (Robert de Niro), escroc et tueur au service de la mafia, mais aussi personnage-tampon dans le film car il est au service du clan de Russel Buffalino mais devient aussi homme de confiance de Jimmy Hoffa.

Cette situation privilégiée de Sheeran permet à Scorcese de nous faire entrer très naturellement au sein des luttes et rivalités entre clans mafieux.

Comme toujours Scorcese sait s'y prendre pour nous accrocher et nous raconter l'ascension d'un escroc au sein de la mafia. Sheeran a de l'intuition et sait s'entourer de personnages inquiétants et puissants qui le protègeront. Scorcese n'essaie pas de nous le rendre sympathique. Sheeran se comporte souvent comme une brute et n'a pas beaucoup d'états d' âmes quand il s'agit d' éxécuter des contrats.

Scorcese pour réaliser ses flash-backs dans le passé a utilisé un procédé technique nouveau qui permet de traiter l'image des visages des protagonistes en lissant leurs rides pour les rendre plus jeunes. Je n'ai pas été emballé par cette innovation technique car elle se sent à l'écran. Les personnages ont des traits rajeunis mais leur démarche, leurs attitudes restent celles de personnes âgées.

La partie la plus réussie du film concerne le parcours de Jimmy Hoffa dont la disparition qui n'a jamais été élucidée par la justice nourrit encore l'imaginaire des américains. Al Pacino nous régale en interprétant avec brio le caractère démago et populiste du personnage. Hoffa sait comment se mettre le public de n'importe quel meeting dans sa poche. C'est un personnage incombustible, qui rebondit toujours. Finalement on se dit que Trump ne serait que le n-ième et dernier avatar issu de cette Amérique-là.

Mais, malgré l'égocentrisme démesuré de Hoffa, on a de la sympathie pour lui car il est entier et va jusqu'au bout de ce qu'il est. Il possède aussi une certaine classe. Il aurait pu prendre une retraite dorée en Floride mais c'était pas son genre ...Lui c' était l' Amérique sans concessions avec une mentalité de cow-boy, du genre " on ne touche pas à ma femme, ni à mon ranch, ni à mon cheval...ce qui est à moi, reste à moi..."

Le film dure 3 heures 30 minutes et la dernière demie heure qui est consacrée au regard que Sheeran porte sur sa trajectoire se fait un peu longue, même si elle n' est pas inintéressante.

Scorcese, c'est un peu le Victor Hugo de la mafia, et il nous éclaire bien sur cette partie de l'histoire mafieuse de son pays qui ne nous est pas très connue avec toute une galerie de portraits de personnages à la fois inquiétants et très pittoresques, pour ne pas dire folklos.... Il y a aussi dans ce film 4 ou 5 moments d'anthologie, dont un appel téléphonique assez monstrueux, et d'une terrible vraisemblance psychologique, qui m'a marqué et qui restera dans mon esprit...J'ai aimé aussi le personnage de l'une des filles de l'irlandais dont le comportement m'a  rappelé cette phrase de Victor Hugo: " L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn...".

 

 

THE IRISHMAN ou quand on aime toujours Scorcese, mais sans toutefois crier au génie...
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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 20:59

Bonjour les amis,

J'essaie de me mettre un peu à jour, notamment avec les films qui ont décroché des nominations aux Oscars qui seront décernés demain. J'ai donc vu aujourd'hui DOLOR Y GLORIA du célèbre cinéaste espagnol Pedro Almodóvar.

Voici le synopsis:

Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.

Salvador Malla, le personnage central du film est si proche d'Almodovar qu'on ne peut que considérer que Dolor y Gloria est une oeuvre d'inspiration autobiographique, et aussi une oeuvre dans laquelle Almodóvar fait un grand travail d'introspection.

Au début du film on apprend que Malla  vit cloîtré depuis plusieurs années dans sa grande maison en proie à des douleurs articulaires et aussi à d'affreuses migraines. Mais il est aussi dépressif, en pleine crise d'inspiration, incapable d'envisager de se lancer dans un nouveau projet artistique malgré les sollicitations de son entourage.

Malla est arrivé à un point mort de sa vie...incapable d'avancer sans porter un regard sur ses oeuvres passées, et aussi sur sa trajectoire affective, et notamment sur les relations avec sa mère interprétée par Pénélope Cruz.

Malla hésite aussi. Il est plein d'incertitudes et provoque, de manière volontaire ou pas, des rencontres 40 ans plus tard avec certaines personnes qui ont compté dans sa vie, tout en redoutant ces retrouvailles qui pourraient lui apporter de cruelles désillusions.

Antonio Banderas interprète de manière remarquable les hésitations, les doutes et les incertitudes de Malla. 

On navigue donc dans ce film entre de fortes réminiscences de l'enfance  et des résurgences dans le présent de personnages du passé. 

Tous les personnages secondaires sont intéressants et apportent des éléments qui vont amener une fin très cohérente et assez somptueuse. Parmi ces personnages notons un acteur argentin oublié du grand public, accro à l'héroïne, mais qui n'a pas perdu sa flamme artistique et qui est suffisamment fort pour contrôler son addiction afin de pouvoir remonter sur les planches, le premier grand amour de Mallo qui est de passage dans la capitale, un peintre en bâtiments analphabète à qui Mallo-enfant a appris à lire et à écrire, une agent artistique toujours prête à veiller sur la santé physique et mentale de Mallo et sur sa carrière.

Almodóvar se met a nu de manière sincère, sans exhibitionnisme, sans vanité, sans artifices et finit par proposer au spectateur une des clés de la création artistique.

DOLOR Y GLORIA m'a profondément ému car le film touche certaines cordes sensibles universelles que nous portons tous en nous, que nous soyons créateur ou pas...Nous sommes tous le fruit de nos passions, de nos émotions, de notre propre histoire et parfois pour pouvoir avancer il nous faut nous réconcilier avec notre passé.

 

 

 

DOULEUR ET GLOIRE ou quand Almodóvar se met à nu, loin de tout artifice...
DOULEUR ET GLOIRE ou quand Almodóvar se met à nu, loin de tout artifice...
DOULEUR ET GLOIRE ou quand Almodóvar se met à nu, loin de tout artifice...
DOULEUR ET GLOIRE ou quand Almodóvar se met à nu, loin de tout artifice...
DOULEUR ET GLOIRE ou quand Almodóvar se met à nu, loin de tout artifice...
DOULEUR ET GLOIRE ou quand Almodóvar se met à nu, loin de tout artifice...
DOULEUR ET GLOIRE ou quand Almodóvar se met à nu, loin de tout artifice...
DOULEUR ET GLOIRE ou quand Almodóvar se met à nu, loin de tout artifice...
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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 11:58

Bonjour les amis,

Le 20 Janvier dernier j'avais lu un article sévère mais juste de mon ami  Fatizo sur 1917.

Mais, bien évidemment j'avais quand même envie de voir 1917, d'abord pour me former ma propre opinion, mais aussi parce que Sam Mendes est l'auteur d' AMERICAN BEAUTY que je considère comme le meilleur film de sa décennie.

Quand un auteur signe un chef d'oeuvre, on se dit que ses autres films ne peuvent pas être complètement mauvais (...et c'est le cas ici).

Par ailleurs, j'étais prévenu par Fatizo, donc, d'une certaine manière prédisposé à m'attacher aux qualités du film plutôt qu'à ses défauts.

Alors, allons-y pour ma critique, et commençons par le négatif.

Je confirme les appréciations de Fatizo. Le scénario tient en 2 lignes, il y a des invraisemblances (il n' y a pas de torrents dans le Nord de la France), certains personnages sont très creux et n'apportent rien à l'histoire, la majorité des dialogues sont plats, sans consistance...Et puis, surtout, le scénario est très prévisible de la première minute jusqu'à la dernière : le comble pour une oeuvre qui prétend rénover ce genre de cinéma.

J'ajouterai, dans les aspects négatifs, que l'image des soldats allemands est complètement stéréotypée : plus caricatural tu meurs...Dans ce film, les allemands sont de vrais machines de guerre, sans âme, ni compassion : on a droit, entre autres scènes, à un aviateur allemand qui poignarde un anglais qui lui sauve la vie...S'agissant de la première guerre mondiale on aurait aimé un peu plus de pondération de la part de Mendes : cette guerre des impérialismes n'était pas une lutte entre les bons et les méchants...

1917 de Sam Mendes...le parti pris de tout miser sur la caméra...

Alors, pourquoi faut-il voir 1917 malgré tout ?

La réponse est simple. Elle tient à la mise en scène et à la virtuosité de Sam Mendès avec sa caméra.

C'est son parti pris. Ce film est un hommage à l'action héroïque que mena son grand-père qui avait reçu pour mission de faire passer à un colonel un message du haut commandement destiné à sauver la vie de centaines de soldats : pour arriver jusqu'au colonel il devra risquer sa peau en traversant  un no man's land plein de dangers.

Nous sommes donc projetés au coeur des tranchées avec des longs plans-séquences extrêmement soignés, très nerveux. La guerre de 14 comme si vous y étiez...dans la peau d'un soldat de première classe chargé d'une mission vitale.

On plonge dans la boue, dans les flaques, dans les cratères de trous d'obus, entouré de cadavres et de rats, en tentant d'éviter les pièges tendus par l'ennemi. La réalisation est impeccable. On est saisi d'horreur, on retient son souffle.

Il y a aussi des scènes de nuit qui sont très oniriques et flamboyantes : des mouvements d'ombres et de lumières hallucinants et angoissants dans la nuit embrasée par les tirs d'obus et les incendies. Là, le spectacle devient tout simplement dantesque, horrible et grandiose : Mendes se transforme en Akurosawa de la première guerre mondiale.

Ces scènes-là, ces tableaux fantasmagoriques à eux-seuls méritent qu'on voie ce film...

1917 de Sam Mendes...le parti pris de tout miser sur la caméra...
1917 de Sam Mendes...le parti pris de tout miser sur la caméra...

Ajoutons qu'il y a aussi une certaine poésie dans ce film. La caméra sait s'arrêter sur des pétales de fleurs de cerisiers qui s'envolent, sur le vent qui agite les herbes folles au milieu de cette folie, sur notre héros qui récite un poème pour tranquilliser un bébé, sur un bataillon de soldats qui écoute un doux chant nostalgique parlant du désir de rentrer au pays juste avant de se lancer dans une bataille échevelée. Oui, le film réserve quelques moments de grâce, d'humanité au milieu de cette barbarie.

Si je devais résumer 1917 en trois adjectifs je dirais : épique, flamboyant, onirique...

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