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8 octobre 2023 7 08 /10 /octobre /2023 06:24

Bonjour les amis,

Je suis plongé depuis quelques jours dans la lecture absolument passionnante de WOKE FICTION, le dernier livre-enquête de Samuel Fitoussi

Voici la présentation de l'éditeur.

Pourquoi Friends, Psychose, Intouchables et Game of Thrones ne pourraient-ils plus être produits tels quels aujourd’hui ? Pourquoi les séries Netflix se ressemblent-elles toutes ? Pourquoi les films Disney ne font-ils plus rêver ?
Dans cet essai percutant, Samuel Fitoussi répond à ces questions et brosse un tableau édifiant du monde de la culture. Il montre que la pression idéologique fait tout d’abord une victime : la liberté artistique. En s’appuyant sur l’analyse de films et de séries à succès, il identifie les injonctions morales qui pèsent sur la création et transforment – le plus souvent à notre insu – notre imaginaire en champ de bataille politique.
Avec lucidité et rigueur, Woke Fiction éclaire les grands clivages idéologiques de notre époque, dévoilant les erreurs de raisonnement dans les discours militants dominants. Une lecture essentielle, à la fois érudite et vivante, pour comprendre ce qui se joue dans la fiction contemporaine et se munir d’arguments solides pour participer au débat d’idées.

Je vous conseille sur le lien ci-dessous la lecture de la critique très pertinente de Benlosam.

Lila Z a écrit ceci au sujet de ce livre sur la fiche babelio:

"Essai stimulant, qui parvient à dépasser largement son sujet pour proposer une réflexion sur la nature humaine, l'art et la morale, l'universalisme, l'égalitarisme, les stéréotypes, la logique identitaire, les effets de la fiction sur les comportements…"

Je confirme à 100% cette appréciation de Lila Z.

Fitoussi démontre que la grande majorité des films qui ont eu un grand succès durant ces 10 dernières années poserait problème aujourd'hui, mais il insiste surtout sur le phénomène de censure qui empêche la production d'oeuvres que nous ne verrons jamais.

Ce qui est frappant c'est que son livre déborde largement son sujet et qu'il confirme, PREUVES À L'APPUI, ce que je suspectais depuis longtemps, à savoir que certaines attitudes et injonctions wokistes sont anticonstitutionnelles, qu'elles enfreignent carrément la charte des droits de l'homme, et bien sûr qu'elles sont dangereusement liberticides.

La logique des quotas et de la discrimination positive crée de nombreuses injustices qui sont actuellement commises en prétendant corriger certaines inégalités qui n'en sont pas toujours.

Le chapitre consacré au féminisme démontre à quel point on se fourvoie quand, par exemple, on attribue au seul patriarcat le nombre de féminicides.

Un seul exemple: 90% des meurtres de personnes âgées sont commis par des jeunes de moins de 40 ans mais ce n'est pas pour autant qu'on parle de "vieillicide" car il n'existe pas d'idéologie qui soit complaisante avec les assassinats de personnes âgées.

Par ailleurs les hommes commettent plus de 80% des homicides mais ils sont eux-mêmes à plus de 80 % victimes de ces mêmes homicides. Les principales victimes de certains hommes sont donc d'autres hommes innocents. Donc c'est dans cette perspective qu'il faut analyser le problème spécifique du féminicide (qu'il ne s'agit pas de nier) si on veut réellement essayer de résoudre ce type de criminalité.

Enfin, et c'est insupportable, les wokistes tentent d'assimiler tous les hommes à des criminels ou à des violeurs en puissance et oublient que lorsqu'une femme est violée ou tuée cela va provoquer de grandes souffrances et douleurs chez d'autres hommes parfaitement innocents (père, enfants, frères, amis de la victime, etc...). Pour les wokistes l'homme, le mâle blanc, n'est jamais innocent. Dans le meilleur des cas, il serait complice d'un système coupable. Le wokisme incite à la haine des hommes en les rangeant, à peu près tous, et de manière caricaturale, dans la même catégorie des oppresseurs.

A noter, au passage et en aparté, que Frédéric Beigbeder explique dans son dernier roman (intitulé "Confessions d'un hétérosexuel légèrement dépassé") qu'il lui est difficilement compréhensible de se faire accuser de véhiculer les valeurs du patriarcat alors que ses parents étaient séparés et qu'il a été lui-même élevé par sa mère...pour lui, patriarcat connaît pas...

Le livre de Fitoussi nous enseigne que le rêve d'indifférentiation des sexes des wokistes est complètement infirmé par la science. La théorie du genre (théorie fumeuse s'il en est...) est complètement prise en défaut par la réalité de l'évolution darwinienne. Le sexe existe BEL ET BIEN (et n'est pas qu'une construction sociale) et conditionne un certain nombre de comportements n'en déplaise aux wokistes et Fitoussi le démontre à travers des études scientifiques qui ont été réalisées.

Le livre de Fitoussi démonte beaucoup d'idées reçues, comme par exemple, celle du supposé racisme systématique des recruteurs dans les entreprises. Des études en France ont révélé que lorsque les CV sont protégés par l'anonymat les résultats sont plus discriminatoires que lorsque le nom de candidat est bien visible. Conclusion: les recruteurs étaient plus indulgents envers certaines demandes issues de minorités quand ils voyaient le nom et l'origine du candidat.

Mais rien n'y fait pour les wokistes qu'on retrouve beaucoup chez les militants de LFI et chez les adeptes de Sandrine Rousseau. Pour eux, n'est vraiment antiraciste que celui qui considère que son pays est raciste. Le blanc mâle et hérérosexuel doit apprendre à se haïr....et le cinéma et la télé devraient lui montrer le bon chemin "rousseauiste", je veux dire par là "jean-jacques rousseauiste"...d'où l'arrivée dans les fictions de plein de personnages caricaturaux (voire risibles) qui ne correspondent pas à la réalité sociale du pays qui est souvent plus complexe et nuancée.

Je terminerai en disant qu'il y a dans le livre de Fitoussi une bonne dose d'humour, ce qui est la meilleure manière de pourfendre les absurdités et incohérences des inquisiteurs wokistes.

Je vous laisse avec une vidéo d'une entrevue de l'auteur dans laquelle il parle très bien de son ouvrage, un ouvrage très très riche, bourré d'exemples.

PS: Ah j'oubliais...Il y a de nombreuses références dans le livre de Fitoussi qui donnent envie d'aller lire d'autres auteurs comme Milan Kundera qui ont travaillé sur certains points spécifiques qu'il aborde ...

Une des grandes questions qui est posée dans WOKE FICTION est : qu'attend-on d'une oeuvre d'Art ? d'un roman? d'un film?

 

 

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commentaires

L
Ayant lu plusieurs de tes billets sur le wokisme, je suis cependant incapable de le définir. J'ai donc lu sa fiche wikipedia. <br /> J'ai pris cet extrait :<br /> Selon le rédacteur en chef adjoint du Journal du dimanche, Vivien Vergnaud, l'expression « wokisme » ressemble à l'expression politique « gauchisme » en appuyant sur le fait que cette expression a été beaucoup raillée et peu de gens s'en revendiquen]. Elle est plutôt utilisée pour disqualifier des adversaires politiques en regroupant plusieurs mouvements de pensée souvent assimilés à la gauche.
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A
Fitoussi dans l'introcduction de son livre propose cette définition.<br /> "Le militant woke est celui qui croit que le racisme, la mysoginie, la tansphobie et l'homophobie sont omniprésents en Occident et constituent le fait social majeur de notre époque. Il pense par conséquent que certains se voient dotés dès la naissance d'un privilège qui les accompagnera à toutes les étapes de leur vie, d'autres d'un handicap presque insurmontable. Cette inégalité des chances n'est pas fonction des facteurs socio-économiques mais des determinismes de chacun (couleur de peau, sexe, orientation sexuelle...).Ayant pris conscience de cette réalité, le militant woke doit éveiller les autres aux mécaniques d'oppression qui structurent notre société et, surtout, tenter de contrebalancer le racisme mauvais de notre société par un racisme vertueux: il assigne à chacun des catégorises identitaires devant être soumises à un traitement différencié."<br /> On le voit donc, les wokistes refragmentent la société, reprovoquent des tensions parfois inutiles, artificielles ou vaines et vont finalement donc contre le projet d'universalisme républicain né à l'époque des Lumiètes.<br /> Il faut noter que le mot n'était pas péjoratif à sa naissance ( WOKE voulant dire "éveillé") mais il l'est devenu...
R
Une censure absurde et inadmissible... Pour ma part, j'ai apprécié ce commentaire sur Babelio :<br /> <br /> "Mais pourquoi des personnages de fiction devraient-ils se comporter vertueusement ? La comédie ne se nourrit-elle pas du rire que suscitent nos vices, du dévoilement des desseins égoïstes qui nous animent, et du décalage entre les pensées inavouées qui nous traversent et les masques que nous arborons en société ? Ne permet-elle pas une forme de catharsis en montrant au spectateur que ses tares (pleutrerie, jalousie, orgueil, paresse, hypocrisie…) sont universellement partagées ? Et l’humour ne provient-il pas au moins en partie de l’empathie que nous parvenons à éprouver pour des personnages imparfaits dans lesquels nous nous reconnaissons ?"<br /> <br /> C'est du bon sens !<br /> <br /> Quant au féminicide, hélas, c'est une réalité qui existe, la femme considérée comme une chose qui appartient à l'homme, cela vient aussi du patriarcat... Et le "vieillicide" n'est-il pas quasiment mis en oeuvre dans les EHPAD ? Maltraitances de toutes sortes, manque de nourriture, etc.<br /> <br /> <br /> Belle soirée, AJE
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A
Merci pour ce commentaire très pertinent qui aborde le premier chapitre du livre de Fitoussi. Fitoussi revient au fondement du spectacle, au théâtre grec, à la fonction du théâtre, au fait que le spectateur va s'identifier aux personnages qui ont tous des faiblesses.<br /> Or, les acteurs appartenant aux minorités ne peuvent plus exhiber certains défauts qui seraient pris comme de la stigmatisation de leur communauté...ce qui donne lieu à des personnages excessivement vertueux, peu crédibles et auxquels le spectateur ne va pas s'identifier. On revient au XXI ème siècle au mythe du bon sauvage de Rousseau, et le Mal devient l'exclusivité des blancs. Ce qui est ridicule, absurde et pas réaliste.<br /> L'exemple du reproche fait à TAR est intéressant (voir mon réponse à Mo). TAR est une femme qui accède à la direction du plus grand orchestre de la planète, le philarmonique de Berlin. C'est donc l'histoire d'une femme ambitieuse et modèle, un modèle que les woke veulent encourager, et nous aussi d'aiileurs, là n'est pas le problème. Le problème c'est que le réalisateur veut raconter une autre histoire, celle d'une leader, d'une personne de pouvoir, qui est manipulatrice. <br /> Pourquoi la manipulation serait l'exclusivité des hommes ? Qui plus est, et ce qui est interessant dans TAR c'est que lorsque une femme manipule, elle va utiliser probablement d'autres ressorts que ses homologues masculins. C'est un thème magnifique à traiter...Comment peut-on en arriver à considérer comme Jérôme Garcin que cette oeuvre "dessert" les femmes ?...c'est stupéfiant comme commentaire de la part de quelqu'un d'aussi intelligent.<br /> Bonne fin de journée l'amie<br /> PS: il y a une spécificité indéniable des féminicides mais tout coller sur le dos du patriarcat ferait sourire tristement un criminologue...C'est malheureusement plus compliqué que ça dans de nombreux cas et d'ailleurs c'est bien pour ça qu'on a autant de mal à éradiquer ce mal. Ceci étant dit il faut critiquer les attitudes patriarcales...bien sûr. Mais tout expliquer par le patriarcat, à la manière de Sandrine Rousseau, est risible. Comme dit Beigbeder: " Moi le patriarcat je ne sais même pas ce que c'est...."
M
On voit déjà les effets dans les films et les publicités (même si ces dernières ne sont pas vraiment de la culture) : la présence de "diversités" semble devenue obligatoire même si elles sont sans proportion avec leur présence dans la vie réelle.
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A
Merci pour le lien qui relate ces licenciements en tous points lamentables. Des musiciens licenciés juste après la pandémie durant laquelle certains d'entre eux étaient endettés.<br /> Par ailleurs c'est la première fois avec le livre de Fitoussi que je lis un auteur qui ose écrire que certaines normes wokistes enfreindraient la charte des droits de l'homme. Une discrimination en fonction de la race ou du sexe est clairement prohibée dans cette charte...or, c'est exactement ce que font les wokistes avec l'imposition de quotas.
M
J'ai lu ailleurs mais j'ai oublié où (c'était dans un pays anglophone de toute façon) <br /> Bon j'ai trouvé : <br /> https://www.lefigaro.fr/culture/pour-accroitre-sa-diversite-l-english-touring-opera-se-separe-de-14-musiciens-blancs-20210916
A
Autre exemple d'injustice épinglé dans le livre de Fitoussi. Dans l'excellent film TAR on voit une sélection des musiciens à l'aveugle. La cheffe écoute les musiciens derrière un paravent car seule la qualité d'interprétation est un critère acceptable de sélection...Et bien, figure-toi qu'au Royaume-Uni et aux Etats-Unis ces sélections à l'aveugle sont remises en cause car elles ne permettent pas une représentation suffisante des minorités ethniques.<br /> Donc pour supposément rectifier une injustice, en en commet une autre en écartant la candidature d'un blanc qui est plus méritant, mais comme le racisme anti-blanc n'existe pas pour les woke la faute est pardonnable pour eux.<br /> Notons que la 2 ème victime c'est le public qui n' a pas droit à la meilleure qualité possible.<br /> A noter également cet orchestre anglais qui a renvoyé 15 musiciens blancs, non pas pour incompétence, mais pour augmenter la diversité ethnique... no comment !
A
Oui, il y a la sur-représentation très artificielle dont nous avions déjà parlé mais aussi Fitoussi aborde les thématiques qui ne peuvent plus être traitées maintenant.<br /> Si c'est un blanc qui témoigne des misères faites au peuple noir c'est de l'appropriation culturelle (reproche fait à Emma Stone dans la couleur des sentiments).<br /> Si c'est un blanc qui aide un noir c'est le thème du sauveur blanc qui irrite les noirs qui considèrent qu'ils sont suffisemment matures pour s'émanciper tous seuls ( pb posé par le film film Green Book..Spike Lee est sorti de la séance furieux alors que le film parle de l'amitié entre un noir et un un blanc et traite de l'enrichissement réciproque).<br /> Dans le masque et la plume Jérôme Garcin reproche à TAR de desservir la cause des femmes car Cate Blantchett est à la fois brillante et malveillante...On croit rêver ! On est dans la confusion la plus totale...Blanchett joue un rôle et TAR n'est pas censée représenter TOUTES les femmes. <br /> Alors ça devient tellement grotesque tout ça que Fitoussi cite un acteur noir américain qui se plaint de ne plus pouvoir jouer de rôle de méchant...les rôles de méchants deviennent de plus en plus l'exclusivité des blancs à Hollywood.<br /> Par ailleurs Fitoussi explique que, dans la mentalité woke, le blanc ne peut pas souffrir de racisme puisqu'il détient le pouvoir...donc tout ce qui est interdit de représenter sur les minorités est autorisé contre les mâles blancs...c'est simpliste, réducteur, grotesque: on ne met plus en avant l'individu mais la communauté qu'il est censé représenter...c'est une terrible régression