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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 13:41

Bonjour les amis,

J'ai vu cette semaine AS BESTAS, le dernier film du réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen.

Voici le synopsis:

Antoine et Olga, un couple de Français, sont installés depuis longtemps dans un petit village de Galice. Ils ont une ferme et restaurent des maisons abandonnées pour faciliter le repeuplement. Tout devrait être idyllique mais un grave conflit avec leurs voisins fait monter la tension jusqu’à l’irréparable…

Je vais essayer de vous  parler d'AS BESTAS tout en dévoilant le moins possible l'intrigue.

AS BESTAS est un film rude, une histoire d'hommes vue à travers les yeux d'une femme. Le couple de français est parfaitement intégré à la vie du village, sait parler leur langue, mais ils vont faire des choix qui vont créer de vives tensions avec leurs proches voisins, notamment les 2 frères Xan et Lorenzo.

Xan est particulièrement inquiétant en paysan têtu qui n'est jamais sorti de la ferme mais qui a un caractère fort, forgé aux durs travaux agricoles. Xan apparaît comme un rustre mais il est doté également d'une intelligence fine sur la nature humaine. Il sait percer les coeurs ! Il est porteur de valeurs ancestrales liées à la terre et d'un droit non-écrit qui régit les rapports entre paysans.

Face à lui Antoine représente un autre caractère très fort. Le film ne tombe pas dans la caricature et Antoine n'est pas un écolo qui vit en dehors des réalités. Sa compagne Olga et lui savent eux-aussi travailler dur et se plier aux exigences de la vie à la campagne.

Les dialogues entre Xan et Antoine, notamment au bar du village, sont particulièrement bien écrits: oppressants, à couper le souffle. On sent à chaque instant l'imminence d'un possible drame.

L'histoire s'étale dans le temps. On voit passer les saisons ce qui nous donne droit à de magnifiques images de la campagne galicienne. C'est un film fait de longs silences également: la nature, le rythme des saisons et les bruits du vent y parlent, à leur manière...

On est très loin d'une image bucolique du retour à la nature. N'y survivent que les gens forts, les gens taillés pour. Pas de glamour ici. En cela le film m'a un peu rappelé DELIVRANCE où, là aussi, le retour à la vie campagnarde n'était pas un chemin bordé de roses. Le "paradis espéré" que suppose le retour à la vie rurale existe mais il faut en payer le tribut. La nature impose ses vérités aux hommes et aux femmes.

Les personnages du film parlent en 3 langues: le castillan (ou l'espagnol pour faire simple), le galicien (très proche du portugais) et le français...Je comprenais parfaitement les passages en espagnol et en français mais un peu moins bien les dialogues en galicien et les sous-titres m'ont aidé à saisir des nuances importantes. Les 3 langues donnent beaucoup d'authenticité au film.

L'oeuvre oscille entre deux registres: le western rural âpre et le thriller car certaines scènes sont terriblement inquiétantes.

Quant au drame (dont je ne parlerai pas), sachez qu'il donnera l'occasion à Sorogoyen de faire une des plus époustouflantes métaphores cinématographiques que j'ai jamais vues. On est estomaqués !

Le film est long car à mi-chemin, quand on croit que l'épilogue va être proche, le réalisateur confie à Marina Foïs un rôle important qui relance l'histoire. Il y a avant le drame et après le drame et les deux parties du film sont aussi intéressantes, aussi riches.

Encore une fois les dialogues percutent. La confrontation entre Marina Foïs et sa fille venue de France lui rendre visite interpellent le spectateur. Des thèmes comme la liberté, la responsabilité des parents dans l'éducation de leurs enfants et les relations mère-fille y sont abordés avec pertinence. Il y a à la fois de la violence mais aussi de l'amour.

AS BESTAS est aussi un film qui, tout en traitant d'un problème précis dans une région culturellement bien définie, atteint une dimension complètement universelle. On pense à Giono, à Pagnol aussi, à la dureté sans concessions du monde paysan.

Du grand cinéma, assurément.

Sorogoyen s'est inspiré d'un fait divers réel pour imaginer cette histoire, et disons que dans la vraie vie Olga s'est comportée comme dans le film.

Denis Fenochet (Antoine), Marina Foïs (Olga) et Luis Zahera (Xan) sont remarquables. Peut-être que Sorogoyen leur a offert dans ce film les rôles de leur vie, tant leurs caractères sont marquants...

Xan et Antoine

Xan et Antoine

Antoine et sa compagne Olga

Antoine et sa compagne Olga

AS BESTAS...un western rural angoissant et oppressant, au coeur de la Galice...
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31 décembre 2022 6 31 /12 /décembre /2022 15:46

Bonjour les amis,

J'ai vu hier SANS FILTRE le dernier film de Ruben Östlund qui a gagné la Palme d'Or du festival de Cannes cette année.

Voici le synopsis:

Après la Fashion Week, Carl et Yaya, couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l’équipage est aux petits soins avec les vacanciers, le capitaine refuse de sortir de sa cabine alors que le fameux dîner de gala approche. Les événements prennent une tournure inattendue et les rapports de force s'inversent lorsqu'une tempête se lève et met en danger le confort des passagers.

Avant de vous livrer certains commentaires personnels je vous invite à lire cette critique très complète et assez pertinente qui se rapproche de mon propre point de vue.

Ce qui m'a un peu gêné dans cette oeuvre ce sont d'abord les longueurs. Par exemple, au début du film,  Carl fait toute une scène à Yaya qui, bien que gagnant bien plus d'argent que lui, le laisse de manière assez hypocrite payer l'addition d'un restaurant. La scène est pertinente car elle est nécessaire pour comprendre le propos de l'auteur sur le néoféminisme actuel mais elle dure bien trop longtemps. Östlund en fait des tonnes et on se demande bien pourquoi. Le spectateur pouvait capter son propos en quelques minutes. Le film dure 2 heures 29 minutes et moi j'aurais pu couper une bonne demi-heure afin de donner plus de rythme au récit.

Nous voici donc plongés dans un huis-clos d'influenceurs hypernarcissiques et de bourgeois très aisés qui ont bâti des fortunes rapidement, des bourgeois souvent assez dépourvus de morale (comme l'un des couples à bord qui est propriétaire d'un quasi monopole sur la fabrication de grenades de guerre).

La croisière commence plutôt bien et l'organisation de la vie à bord du grand yacht de luxe est une parfaite métaphore de notre société, de sa fausse morale, de son cynisme et de ses discriminations sociales. Tout cela est traité avec dérision et drôlerie. Östlund manie particulièrement bien l'humour absurde.

Le périple des vacanciers, suite à une série d'événements que je ne révélerai pas, va aller de mal en pis, pour finalement virer carrément au cauchemar avec un groupe de survivants échoués sur une île déserte. C'est là que la fable du metteur en scène prend tout son sens: il se produira dans ce groupe un certain nombre d'inversions des rôles sociaux et des responsabilités assez jubilatoires.

Beaucoup d'ironie de la part d'Östlund. Un regard cruel posé sur l'hypocrisie du monde bourgeois, sur sa superficialité, son égocentrisme, sa mesquinerie mais aussi un regard très moqueur sur nos nouvelles morales wokistes et sur la cancel culture...Parfois ce qui se produit est tellement énorme qu'on hurle de rire (un humour digne du feu magazine HARA KIRI...un humour assez scatologique aussi).

Difficile de ne pas penser à Marco Ferreri et à sa GRANDE BOUFFE.

SANS FILTRE est un film choral mais je n'ai trouvé aucun personnage vraiment attachant, aucun personnage auquel le spectateur s'identifie et souffre avec lui.

Carl et Yaya sont tellement narcissiques et égocentriques qu'ils ne nous séduisent ni l'un ni l'autre.

Il y a Abigail, un personnage du film situé en bas de l'échelle sociale, qui va prendre une grande importance au cours du récit. On croit tenir avec elle notre vraie héroïne porteuse d'une solide morale mais, non, car elle aussi se laisse aller à certaines monstruosités. Le film est moins prévisible qu'il n'y paraît.

Finalement SANS FILTRE est un jeu de massacre auquel il ne manque qu'un héros mais c'est sans doute voulu par Östlund...Ceci étant dit, il y a plein de personnages qui apportent, chacun à leur manière, la touche d'humanité (et aussi d'humour) dont le spectateur a besoin.

Je terminerai en disant que le film, pour aussi énorme qu'il paraisse, impacte le spectateur et invite à la réflexion. 24 heures après l'avoir vu, les personnages restent terriblement présents dans mon esprit, ainsi que les valeurs qu'ils véhiculent  qui sont un miroir très cruel de notre société...

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8 octobre 2022 6 08 /10 /octobre /2022 11:17

Bonjour les amis,

La hasard a fait que j'ai lu un roman et vu un film tiré d'un autre roman qui abordent une thématique semblable.

Commençons par le film, LES CHOSES HUMAINES d'Yvan Attal tiré du roman du même nom de Karine Tuil.

Voici le synopsis du film:

Un jeune homme est accusé d’avoir violé une jeune femme. Qui est ce jeune homme et qui est cette jeune femme ? Est-il coupable ou est-il innocent ? Est-elle victime ou uniquement dans un désir de vengeance, comme l’affirme l’accusé ? Les deux jeunes protagonistes et leurs proches vont voir leur vie, leurs convictions et leurs certitudes voler en éclat mais… N’y a-t-il qu’une seule vérité ?

Voici le résumé du livre:

Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale.
Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?

Le spectateur est complètement tiraillé pendant plus de 2 heures entre deux versions, celle de l'accusatrice et celle de l'accusé, qui présentent chacune d'entre elles des incohérences. Les deux personnages vont commencer par mentir partiellement, rectifier leurs premières déclarations, mais la grave accusation de viol se maintiendra.

Le metteur en scène nous montre une justice qui atteint ses propres limites indépassables car, finalement, les deux protagonistes racontent la même histoire mais chacun d'entre eux avec un ressenti différent.

Il se pourrait bien que chacun ait raison à sa façon et que nous soyons face à deux vérités parallèles....

Dans un tel contexte, les réseaux sociaux qui jugent avant la justice (qui est lente dans le film puisqu'elle s'étale sur plus de 2 ans) ont un puissant effet pervers et destructeur. Depuis les hashtags #meetoo# et #Balance ton porc# la justice ne dispose plus de la sérénité dont elle a besoin pour s'exercer avec équité.

Les deux protagonistes voient leur vie grandement détruite avant même que l'affaire ne soit jugée.

Vérités parallèles...

J'ai lu également  CHER CONNARD le livre de Virginie Despentes qui est une auteure que je n'aime pas beaucoup mais je reconnais que son roman épistolaire est un bon livre, assez astucieux, écrit avec un vrai talent littéraire, dans lequel Despentes s'exprime au travers de 3 personnages différents dont un homme qui est écrivain. Cet écrivain se fait accuser d'abus sexuel (abus, et pas viol cette fois-ci...) et ne comprend rien à ce qui lui arrive, à ce qui lui tombe dessus.
Ce qui a fait partie de toute notre culture amoureuse depuis plus de 2000 ans devient soudain suspect, qualifié d'abus, de délit...

Une fois encore l'accusée et l'accusatrice racontent la même histoire mais avec des ressentis différents, et encore une fois les réseaux sociaux mettent en danger autant l'accusatrice que l'accusé.
Dans ce livre habile Despentes enterre la hache de guerre entre les 2 sexes et s'écarte des féministes wokistes....un livre intelligent, complètement dans l'air de notre temps.

 

 

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28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 15:16

Bonjour les amis,

Comme beaucoup de monde j'ai été choqué par l'agression de Will Smith sur le présentateur et acteur Chris Rock durant la 27 ème cérémonie des Oscars.

La gifle...

Même si la blague de Chris Rock sur l'alopécie de l'épouse de Will Smith était de mauvais goût, particulièrement déplacée, ça ne pouvait justifier la réaction violente et particulièrement macho de celui-ci.

Un Will Smith qui a un égo tellement démesuré et surdimensionné  qu'il  n'hésite pas à plomber, tout seul comme un grand, cette prestigieuse soirée de gala suivie par toute la planète (sauf par moi, vu qu'à cette heure-là, je roupillais déjà...).

Javier, un de mes amis qui écrit sur facebook, n'a pas pu s'empêcher d'imaginer ce qui se serait passé, simplement si on changeait un seul détail à cette histoire.

Imaginez deux secondes la même scène, sans rien changer, mais simplement que Will Smith soit blanc.

Alors là, mon ami Javier peut vous raconter ce qui se serait passé.

Will Smith aurait été détenu avant la fin de la soirée.  Des gens seraient sortis dans la rue pour dénoncer l'agression d'un suprémaciste blanc sur un noir. Les réseaux sociaux se seraient enflammés, déchaînés.

Will Smith aurait été mis à l'écart de la profession. Il n'aurait plus jamais pu mettre les pieds sur un plateau de cinéma. Définitivement blacklisté (sans mauvais jeu de mots).

 

Imaginez maintenant le contraire, que Chris Rock soit blanc. Et bien Will Smith aurait été applaudi comme un héros qui ne se laisse pas intimider par les suprémacistes blancs. Il aurait eu droit à des manifestations de soutien.

Il serait devenu le symbole de la lutte contre l'oppression blanche.

Ces deux scénarios qu'on peut imaginer facilement démontrent à quel point l'Amérique est vraiment malade de son antiracisme qui s'est transformé en racisme à l'envers : une simple agression entre deux mecs, comme il y en a toujours  eu depuis que le monde est monde, est complètement réinterprétée si l'un des 2 protagonistes n'a pas la même couleur de peau que l'autre.

La réinterprétation sera toujours la même. L'oppresseur est blanc, la victime est noire. C'est plus qu'un théorème, c'est devenu un postulat...On est en 2022, et le racialisme, dénoncé par Philip Roth dans son roman LA TÂCHE, est passé par là.

Mais revenons à cette cérémonie des Oscars. L'agresseur et l'agressé avaient la même couleur de peau.

Y'aura pas d'émeutes dans les quartiers blacks.

Tout est bien qui finit bien...ouf !...🤣

 

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15 février 2022 2 15 /02 /février /2022 07:01

Bonjour les amis,

Samedi dernier a eu lieu en Espagne la cérémonie des GOYAS (équivalent des Césars français) qui a vu le triomphe de EL BUEN PATRÓN de Fernando León de Aranoa, un réalisateur qui s'était illustré en 2001 avec son  drame social acclamé LES LUNDIS AU SOLEIL que je n'ai pas vu (mais que je vais voir bientôt).

EL BUEN PATRÓN (Le bon patron) a obtenu le Goya du meilleur film espagnol et aussi celui de la meilleure révélation de l'année pour Almudena Amor. Par ailleurs Javier Bardem est nommé aux Oscars pour son interprétation du rôle principal.

Voici le synopsis:

Julio Blanco est le propriétaire charismatique d'une entreprise qui fabrique des balances industrielles dans une ville de province en Espagne. Ses employés et lui attendent la visite imminente d’un comité qui décidera de l’obtention d’un prix local d’excellence. Tout se doit d’être parfait mais le sort semble s’acharner sur Blanco…

EL BUEN PATRÓN...une satire sociale très grinçante.

Dans ce film Julio Blanco (Javier Bardem) est le patron de sa boîte, le big boss, ce que les espagnols appellent "el puto amo"  et les américains "The fuckin' master of the universe" !

Il est très paternaliste, contrôle tout, est derrière tout. Il n'hésite pas à s'immiscer dans la vie très privée de ses employés s'il pense que les intérêts de son entreprise sont en jeu.

Blanco est tellement conscient d'accomplir ce qu'il a décidé d'être que ça en devient parfois grotesque mais aussi effrayant.

To be or not to be a big boss !

La force du film c'est qu'à chaque fois qu'on pense que Blanco pousse le bouchon trop loin, qu'il en fait trop, à chaque qu'on croit qu'il va se ressaisir il rebondit et va toujours plus loin. Blanco ne doute jamais de son bon droit ni de sa morale liée à la bonne santé de son entreprise.

Il se compare parfois à un chirugien qui doit amputer un membre à un patient : c'est très désagréable mais quelqu'un doit prendre la responsabilité de le faire pour le bien de tous.

Le film est espagnol mais le fait que Blanco dirige une entreprise qui fabrique des balances m'a évidemment fait penser à notre Nanard national (paix à son âme) qui avait repris Terraillon et dont les méthodes étaient parfois très proches de celles de Blanco.

Le thème de la balance est très bien utilisé dans le film comme une métaphore d'un monde idéal qui chercherait à être équilibré, fidèle et juste, comme les trois qualités techniques de toute bonne balance, sauf que dans le monde réel c'est tout l'exact contraire qui se produit.

Le scénario est très bien travaillé, de manière ingénieuse, avec toute une gallerie de personnages qui participent à un énorme jeu de massacre dont très peu sortiront indemnes: ni le  big boss avec sa conscience à géométrie très variable, ni certains travailleurs cyniques qui savent jouer sur le manque de conscience du boss, ni la classe politique, ni la presse, etc...

Mais il faut vraiment saluer la performance de Bardem qui est énorme dans ce film, comme s'il avait été patron toute sa vie.

Il nous surprend tout le temps, sait jouer de mille registres, de mille facettes. Il est roublard, il a de l'humour, il est drôle, très démago et sait surfer sur les modes de son époque pour s'attirer la sympathie des gens.

La manière, par exemple, avec laquelle il utilise le phénomène  #Me too#  pour faire pression sur l'un de ses employés est tout simplement ignoble. Il lui donne une leçon de morale et de bon comportement avec les femmes alors que lui-même n'a pas le nez propre. Il lui rend service mais avec une terrible menace à la clé s'il ne suit pas ses injonctions.

Il y a aussi sa façon hypocrite d'intégrer les travailleurs immigrés maghrébins qu'il considère comme ses fils adoptifs et de jouer la carte de l'interculturalité.

Ses relations avec les femmes sont très opportunistes. Son discours féministe d'un côté...et ses actes et son cynisme de l'autre...Mais son cynisme aura affaire à plus cynique que lui, comme une espèce d'antimoralisme dans l'amoralisme, par effet boomerang.

Almudena Amor, jeune révélation dont la présence illumine le film...
Almudena Amor, jeune révélation dont la présence illumine le film...

Almudena Amor, jeune révélation dont la présence illumine le film...

Le film surprend aussi parfois car il nous fait passer de scènes de comédie à hurler de rire à d'autres bien plus dramatiques. Ces différences de registre parfaitement voulues par le metteur en scène surprennent mais se justifient: malgré certains drames, la comédie de la vie continue comme dans la réalité.

La scène finale surprendra et elle est tout simplement magistrale et donne à ce film tout son sens profond.

On revient au thème de la balance...Va t'elle basculer ? Je vous laisse découvrir ça par vous-mêmes.

Bardem fait vraiment très fort dans ce film: il arrive à donner à son personnage une dimension quasi métaphysique puisqu'il est parfaitement conscient de ce qu'il est, et de ce qu'il fait. Il joue sur les sentiments, sur l'humain (tout comme le faisait Bernard Tapie). Il est comme le menteur qui se prend au jeu de ses propres mensonges. Blanco aime rendre spontanément service à tous ses employés mais en même temps il crée de la dette morale envers ceux qu'il aide, une dette dont il sait bien profiter par la suite. On se sait jamais où est la part de vrai et la part de faux dans ses relations avec les autres. C'est quelqu'un de perturbant car il sait être sympa.

Julio Blanco manipule disais-je mais il y a un thème sur lequel il ne ment pas, sur lequel il est sincère à 100%, c'est son obsession constante pour maintenir la prospérité de son entreprise et sa bonne image.

La fin justifie toujours les moyens.

Le pire c'est qu'on ne peut s'empêcher d'avoir de la sympathie pour Blanco. On a envie que les choses tournent bien pour lui et pour le bien de sa boîte malgré sa manière de manoeuvrer les personnes pour en obtenir ce qu'il désire. 

Personne ne sort indemne de cette comédie, disais-je, y compris le spectateur et sa sympathie coupable pour Blanco.

Je finirai en disant que la fable grinçante se transforme aussi en métaphore universelle et que l'entreprise de Blanco est également une allégorie de la société toute entière.

 

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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 13:30

Bonjour les amis,

Je ne suis pas un fan inconditionnel d'Almodóvar mais je suis plus attentif à ses productions depuis son DOULEUR ET GLOIRE que j'avais beaucoup aimé.

C'est donc fort logiquement que je me suis intéressé à MADRES PARALELAS, son dernier opus dont voici le synopsis:

Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d'hôpital sur le point d’accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regret et durant les heures qui précèdent l'accouchement, elle est folle de joie. Ana en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu'elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l'hôpital. Les quelques mots qu'elles échangent pendant ces heures vont créer un lien très étroit entre elles, que le hasard se chargera de compliquer d'une manière qui changera leur vie à toutes les deux.

Il y a un problème avec ce film qui nous raconte deux histoires.

La première est très mélodramatique mais accroche le spectateur en raison d'une forte relation émotionnelle qui lie les deux mères. Le destin va leur jouer un drôle de tour et l'évolution de leurs rapports  capte toute l'attention et tout l'intérêt du spectateur.

Dans cette partie-là Almódovar nous offre le meilleur de lui-même, en pratiquant un cinéma subtil, sensible, transgressseur aussi, mais qui ne tombe jamais dans la moindre vulgarité.

Pénélope Cruz est nommée aux Oscars, ce qui en dit long sur la qualité de son interprétation. Par ailleurs elle a gagné le prix d'interprétation féminine à la Mostra de Venise où ce film était en compétition. Elle porte son rôle de manière très convaincante et on s'identifie au millimètre près à chacun de ses états d'âme. Milena Smit lui donne le change avec beaucoup de naturel, et de sensualité aussi.

MADRES PARALELAS...un film qui mêle le meilleur et le pire d'Almodóvar.

La deuxième histoire a un rapport avec la guerre civile espagnole et l'application d'une loi récente dite de "mémoire historique" qui oblige théoriquement le gouvernement à entreprendre des fouilles des fosses franquistes dans lesquelles gisent encore plus de 100 000 victimes qui n'ont pas eu droit à une sépulture digne de ce nom.

Almodóvar surfe de manière très opportuniste sur l'actualité politique espagnole pour vendre son image militante de "mec de gauche" à côté des familles des victimes du franquisme.Cette partie du film semble écrite pour les étrangers qui ne connaissent pas bien l'histoire d'Espagne, mais pour ceux qui comme moi vivent dans ce pays depuis longtemps, elle m'a paru trop didactique, trop militante, trop démonstrative, trop évidente...

C'est du marketing de gauche. Cette partie-là je l'ai déjà vue mille fois dans d'excellents reportages de la télévision espagnole avec des témoignages réels. Alors évidemment, je sature un peu de revoir ça dans une fiction...Je sature un peu beaucoup même ! Même si c'est tourné avec toute l'habileté du grand cinéaste de la Mancha.

Curieusement et paradoxalement, cette partie qui a gêné beaucoup d'espagnols (mais pas tous) sera peut-être celle qui séduira le plus le public étranger qui n'a jamais été bombardé comme nous de reportages sur ce thème.

Il n'en reste pas moins que cette deuxième histoire greffée de manière artificielle sur le récit bâcle un peu la première et laisse le public sur sa faim.

MADRES PARALELAS...un film qui mêle le meilleur et le pire d'Almodóvar.

Oui, cette deuxième histoire permet à Almodóvar de liquider un peu trop rapidement le devenir des relations entre Janis et Ana. On espérait un déchaînement passionnel et le cinéaste botte en touche avec ses histoires de fosses franquistes.

Circulez y'a plus rien à voir. Dommage !

Je ne voudrais surtout pas vous dissuader de voir ce film qui peut être perçu de manière très différente selon votre sensibilité. Certains penseront que ça ressemble à une série télé larmoyante (genre telenovela améliorée), d'autres seront emballés (comme l'académie des Oscars...rien que ça !) et d'autres comme moi en retirent une impression très mitigée, d'inabouti, avec le meilleur d'Almodóvar qui côtoie le pire.

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 19:19

Bonjour les amis,

La semaine dernière, grâce à facebook, je suis tombé sur une photo du cinéma de mon enfance, l'Alhambra de Wallers-Arenberg qui est la cité minière du Nord où a été filmé le film GERMINAL de Claude Berri.

Le cinéma n'existe plus car il a été détruit dans les années 80.

 

Salle de l'Alhambra équipée avec ses fauteuils en bois

Salle de l'Alhambra équipée avec ses fauteuils en bois

André Aicart qui projetait les films

André Aicart qui projetait les films

La date ne figure malheureusement pas sur le ticket

La date ne figure malheureusement pas sur le ticket

Revoir la photo de cette salle m'a fait un drôle d'effet car tous les dimanches (ou presque) j'y allais à la séance de 16 heures.

C'est là que, entre 7 et 14 ans, j'ai vu tous les James Bond avec Sean Connery, la série des Frankensteins, des Draculas, les péplums américains de Cecil B. de Mille, et aussi les peplums européens (avec les films de Maciste et d'Hercule), les films de guerre, les westerns-spaghetti série B, des comédies américaines avec Elvis Presley, des films fantastiques un peu kitchs des années 60.

Beaucoup de nanars bien sûr mais aussi d'autres films qui frappaient mon imagination.

Par exemple, MISSION 633, un film de guerre épatant pour l'enfant que j'étais...L'escadrille britannique va t'elle  réussir à bombarder les fabriques allemandes de carburant servant pour leurs fusées ?  Quelque chose me dit qu'elle va y parvenir même si la mission paraît impossible...

Je me souviens aussi des FRERES SICILIENS, un film de mafia réalisé par Martin Ritt, avec une scène finale qui m'a secoué. Une vraie tragédie grecque à une époque où je ne savais pas encore ce qu'était une tragédie grecque.

Mon super-héros c'était quand même Sean Connery qui me faisait vraiment rêver, qui excitait terriblement mon imagination.

La rencontre avec Ursula Andress, quand elle apparaît sur la plage, la scène sous la douche avec juste un quart de seconde pour admirer sa plastique...

Je dois sans doute à cette salle mes premières émotions érotiques très fortes provoquées par des créatures fascinantes qui ne semblaient pas appartenir au commun des mortels.

Toute une grande partie de mon imaginaire d'enfant s'est projeté là, sur cet écran de l' Alhambra. Quand les lumières s'éteignaient elles laissaient place au rêve, à la magie, au merveilleux, à l'aventure...à l'érotisme aussi.

C'était mon cinéma PARADISO...

Le soir je m'endormais en ayant encore des images plein la tête du film que j'avais vu l'après-midi.

Proust avait commencé DU CÔTÉ DE CHEZ SWANN avec cette phrase: " Longtemps je me suis couché de bonne heure...."

Pour ma part je pourrais le paraphraser en disant: " Longtemps je me suis couché de bonne heure avec dans l'esprit les images d'un film vu à l'Alhambra le dimanche à la séance de l'après-midi..."

Merci à André Aicart pour avoir été l'un des artisans de ce bonheur.

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 11:34

Bonjour les amis,

Après avoir été ébloui par ILLUSIONS PERDUES de Xavier Giannoli, Fatizo m'a recommandé de voir son film antérieur L'APPARITION.

 

Je souscris à tout ce qu'a écrit mon ami. Je soulignerais aussi qu'une part importante de ce film est dans le non-dit, dans les expressions, dans les gestes, dans les regards.

C'est aussi un film dans lequel le metteur en scène laisse au spectateur compléter certains blancs en lui fournissant simplement des pistes, des éléments indicateurs qui lui permettront d'imaginer une part de la narration. Gionnali parie sur l'intelligence du spectateur, ne se sent pas obligé d'être trop explicite.

L'interprétation de Galatea Bellugi apporte beaucoup de consistance au récit. Son regard lisse, ouvert, candide, parfois solaire nous touche, nous magnétise... comme une révélation...

J'ai été bouleversé par la partie finale que je trouve très subtile et assez géniale mais aussi, j'ai été saisi d'un léger doute: je me suis demandé si je n'avais pas raté un élément important du récit...J'ai donc fait des recherches pour être sûr de ne pas être passé à côté d'un détail-clé et je suis tombé sur une critique très complète du film  que je partage avec vous. Une critique qui a élargi également mon champ de perception de cette oeuvre.

Ce brillant article a donc confirmé ce que j'avais capté moi-même, à savoir, que le film termine d'une manière magistrale sur une forme de mensonge qui n'en est pas un...qu'il y a un point indépassable où la vérité purement scientifique s'efface devant le mystère et que la réponse est en chacun d'entre nous.

Tout simplement admirable...

J'avais été ébloui par ILLUSIONS PERDUES mais l'APPARITION aussi est un chef d'oeuvre.

 

L'APPARITION...ou quand une enquête se transforme en quête...
L'APPARITION...ou quand une enquête se transforme en quête...
L'APPARITION...ou quand une enquête se transforme en quête...
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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 08:32

Bonjour les amis,

J'ai enfin pu voir le film dont tout le monde parle: le NIGHTMARE ALLEY de l'oscarisé Guillermo del Toro (auteur, entre autres, de LA FORME DE L'EAU).

Avant toutes choses, sachez que ce film est un remake d'un film noir qui date de 1947 avec Tyrone Power.

Voici le synopsis:

Alors qu’il traverse une mauvaise passe, le charismatique Stanton Carlisle débarque dans une foire itinérante et parvient à s’attirer les bonnes grâces d’une voyante, Zeena et de son mari Pete, une ancienne gloire du mentalisme. S’initiant auprès d’eux, il voit là un moyen de décrocher son ticket pour le succès et décide d’utiliser ses nouveaux talents pour arnaquer l’élite de la bonne société new-yorkaise des années 40. Avec la vertueuse et fidèle Molly à ses côtés, Stanton se met à échafauder un plan pour escroquer un homme aussi puissant que dangereux. Il va recevoir l’aide d’une mystérieuse psychiatre qui pourrait bien se révéler la plus redoutable de ses adversaires…

 

Guillermo del Toro signe une oeuvre qui est un magnifique hommage au ciné noir des années 40 et 50. Son film se divise en deux parties.

Une première partie absolument géniale qui nous plonge dans l'atmosphère très oppresante d'une foire aux horreurs des années 40. L'esthétique est délicieusement "vintage". Cette partie du film nous rappelle un peu FREAKS, un film très controversé des années 30.

Chaque plan du film est un tableau extrêmement soigné (composition, couleurs, ombres et lumières, etc...).

L'esthétique des années 40 est très travaillée et Guillermo del Toro y apporte aussi tout son génie personnel. C'est très " gothique" !

Les cinéphiles reconnaîtront des clins d'oeil à d'autres films qui nous ont fait frémir, notamment le METROPOLIS de Fritz Lang.

Del Toro nous dépeint chez les forains toute une gallerie de personnages très pittoresques, et parfois terribles ou terrifiants qui évoluent dans un environnement boueux et sombre à souhait.

C'est ma partie préférée du film. Le metteur en scène a réussi à recréer l'ambiance qui me captivait et me terrorisait quand j'étais enfant et que j'allais à la fête foraine dans le train fantôme, ou quand j'allais voir les films de terreur en noir et blanc, notamment les Frankensteins.

La deuxième partie du film nous transporte dans la haute société new-yorkaise dans laquelle Stan, notre héros interprété par Bradley Cooper, utilise ses dons de charlatan qui lit faussement dans les pensées d'autrui pour abuser de la crédulité de personnes puissantes et très riches. Pour arriver à ses fins il aura besoin des services de Lilith, une psychiatre vénéneuse interprétée de manière très sophistiquée par Cate Banchett.

Lilith, personnage sombre et mystérieux à souhait, dont on ne sait pas si elle n'agit pas en réalité comme une araignée, de celles qu'on appelle les veuves noires.

Molly, la jeune compagne de Stan, est le seul personnage non corrompu et au coeur pur qui évolue dans un monde aussi sombre et inquiétant. C'est le seul personnage auquel se raccroche le spectateur dans cette deuxième partie étouffante pour y trouver un peu d'air frais.

Cette deuxième partie est très amorale et nous mène vers une fin qui boucle parfaitement la boucle et qui donne à toute l'oeuvre une grande homogénéité. Une fin terrible et géniale qu'on pressent peu à peu...

 

Alors, si on se résume, ce film pourrait être un chef d'oeuvre absolu dans l'histoire du cinéma, et il le sera sans doute pour certains...

Quel est donc le seul petit bémol qu'on pourrait émettre? J'y ai réfléchi car, curieusement j'ai ressenti qu'il manquait quelque chose à cette oeuvre sans être capable de savoir quoi dans l'immédiat.

Dans la deuxième partie il y a de la sophistication et aussi de la froideur, par ailleurs parfaitement voulues et maîtrisées par le metteur en scène.

En y réfléchissant bien, ce qui peut décevoir dans ce film c'est l'écriture des personnages de Stan et de Lilith. On attend de grosses révélations sur leur passé mais quand elles arrivent elles paraissent un peu simples, voire simplistes...On espérait une plongée psychologique fouillée au coeur du mal, une explication intime, mais on reste un peu sur sa faim. Finalement on ne s'identifie jamais à Stan. On le voit souffrir mais on ne souffre pas avec lui...On garde ses distances.

Je terminerai en vous disant que, pour ma part, je vais revoir ce film car l'esthétique est si riche et si dense que j'ai besoin d'une deuxième projection.

 

NIGHTMARE ALLEY...une plongée vertigineuse dans un univers de fantasmagorie et de cauchemar.

PS: Le titre du film en espagnol n'est pas mal...EL CALLEJÓN DE LAS ALMAS PERDIDAS...qu'on pourrait traduire approximativement par LE BOULEVARD DES ÂMES PERDUES....même si callejón a plutôt le sens de ruelle obscure ou d' impasse...

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 06:51

Bonjour les amis,

J'ai enfin pu voir avec quelques mois de retard l'adaptation qu'a fait Xavier Giannoli du grand roman de Balzac (le plus abouti selon Marcel Proust).

Tout a déjà été dit sur cette somptueuse adaptation. La bande-annonce ne trompe pas sur la marchandise. C'est une magnifique mise en scène, très enlevée, qui nous rappelle par certains aspects le AMADEUS de Milos Forman. D'ailleurs Giannoli utilise abondamment la musique pour donner du rythme à son film, pour nous faire passer des ambiances de fêtes les plus frivoles à des climats plus romantiques, voire dramatiques et ténébreux.

Les dialogues sont ciselés avec des mots qui font mouche.

Ce qui frappe le plus dans ce film c'est l'incroyable modernité de cette oeuvre qui vilipende le cynisme à la fois cruel et frivole d'une société où tout s'achète et tout se vend. Comme si Balzac avait bien compris toutes les tares qui continuent aujourd'hui encore de tarauder notre société, comme si il avait bien capté notre perte pour ne pas dire absence totale de valeurs morales.

Nous sommes durant la restauration de la monarchie, en pleine mouvance libérale. On assiste à la collusion entre le pouvoir politique et la presse, une presse qui n'hésite pas à manipuler l'information (à faire de l'infox ou à émettre des fake-news avant que le terme n'existe). A noter une utilisation très drôle dans le film de métaphores animalières avec des volailles telles que les canards, les pintades ou aussi les pigeons...

Ce film est aussi une peinture sociale cruelle qui fait apparaître le mépris de Paris pour la Province (qui visiblement ne date pas d'hier...), la différence entre ceux qui portent un nom à particule et les autres, le mépris social envers les comédiens et les comédiennes de théâtre qui sont à la fois adulées mais maintenues à distance des plus hautes sphères aristocratiques.

 

Alors les amis, il y a une question qui m' a taraudé pendant toute la projection. Je n'ai pas lu le roman de Balzac, or ce qu'on entend dans le film est si moderne que ça frise parfois l'anachronisme.

Quand Etienne Lousteau (joué par Vincent Lacoste) parle de ligne éditoriale du journal, je ne suis pas sûr que le concept existait à l'époque. Quand il affirme que tout ce qui est probable serait donné pour vrai dans son canard, je ne suis pas certain que le roman soit allé aussi loin dans la satire et la caricature. Bref, les dialogues m'ont paru si modernes (non pas tant au niveau de la langue utilisée mais des concepts abordés) que je n'ai pas arrêté de me poser la question de savoir si Balzac avait été aussi visionnaire.

J'ai enquêté sur le web pour trouver une réponse à cette question mais sans succés.

Alors, il ne me reste plus qu'une seule manière d'y répondre, c'est de lire moi-même le roman.

PS: En ce qui concerne l'interpétation de Benjamin Voisin en Lucien de Rubempré j'ai eu quelques difficultés au début du film, le trouvant un peu trop "bellâtre", voire inconsistant, pour ne pas dire "tête à claques"...mais, là encore, il faudrait avoir lu le roman pour savoir si Giannoli a été fidèle à Balzac.

ILLUSIONS PERDUES...à voir...et à lire.
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