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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 09:17

Bonjour les amis,

Il est certains faits divers qui parfois nous en disent plus sur notre société que les articles qui font les gros titres des journaux.

C'est le cas de l'info dont je vais vous parler aujourd'hui. Quand j'ai lu le titre de l'article du FIGARO j'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'un pastiche du GORAFI, mais non, il s'agissait bien de la réalité vraie si vous me permettez ce pléonasme.

Mais lisez plutôt cet article édifiant !

Avant de me livrer à quelques commentaires, je partage avec vous ce très beau texte que les élèves devaient commenter:

Sylvie GERMAIN (née en 1954), Jours de colère, Chants, «Les frères», 1989 Situé dans un passé indéterminé, le roman de Sylvie Germain Jours de colère prend place dans les forêts du Morvan. Le texte suivant est extrait d’un chapitre intitulé «Les frères». Il présente les neuf fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse.

«Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, - des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. Un chant fait de cris, de clameurs, de résonances et de stridences. Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères.

Car tout en eux prenait des accents de colère, même l’amour. Ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes, ils s’étaient nourris depuis l’enfance des fruits, des végétaux et des baies sauvages qui poussent dans les sous-bois et de la chair des bêtes qui gîtent dans les forêts ; ils connaissaient tous les chemins que dessinent au ciel les étoiles et tous les sentiers qui sinuent entre les arbres, les ronciers et les taillis et dans l’ombre desquels se glissent les renards, les chats sauvages et les chevreuils, et les venelles que frayent les sangliers. Des venelles tracées à ras de terre entre les herbes et les épines en parallèle à la Voie lactée, comme en miroir. Comme en écho aussi à la route qui conduisait les pèlerins de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils connaissaient tous les passages séculaires creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles.

La maison où ils étaient nés s’était montrée très vite bien trop étroite pour pouvoir les abriter tous, et trop pauvre surtout pour pouvoir les nourrir. Ils étaient les fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse».

 

Pistes de corrections du commentaire de texte:

Suggestion de plan:

I - Les «hommes des forêts»: une nature humaine farouche

II - Un portrait des frères construit comme un paysage: la symbiose des hommes et de la forêt

III - Un hymne à la puissance sauvage et indomptée de la Nature

Alors il faut avouer que cette affaire c'est quand même le pompon. 

L'écrivain dont le très beau texte a été sélectionné pour le bac a reçu des menaces de mort et de viol sur tweeter, dans un style que je ne vais pas reproduire ici mais qui démontre l'illétrisme de leurs auteurs, mais aussi leur état de délabrement moral et intellectuel.

Une meute de crétins s'est lâchée sur tweeter.

J'ai bien peur que ces jeunes-là soient tellement incultes qu'ils n'ont même pas conscience d'avoir commis un ou plusieurs délits: menaces, insultes, incitations à la haine, etc...

Et oui, ils sont tellement ignorants qu'ils ne savent même plus quand ils enfreignent la loi.

Audiard disait que les cons ça ose tout et ici on a un bel échantillon de connerie qui illustre son aphorisme.

Et maintenant, ami lecteur, je vous demande de faire un tout petit effort d'imagination.

Si des élèves sont suffisemment débiles pour insulter et menacer sur tweeter (et donc en laissant des traces écrites et des preuves de leurs méfaits) un écrivain qui a acquis une grande notoriété publique, essayez d'imaginer ce que sont capables de faire ces mêmes élèves à un professeur qui leur a donné un examen qu'ils jugent un peu trop difficile à leur goût.

S'ils sont capables de publier de telles horreurs sur tweeter au vu et au su de tout le monde, que sont-ils capables de faire au sein d'une classe à l'abri du regard des autres ?

Par ailleurs, et indépendamment du contenu de l'épreuve de français, il faut quand même rappeler que l'une des missions de l'école publique est de former de citoyens suffisemment responsables pour qu'ils soient au moins capables de savoir quand ils enfreignent les normes sociales de bonne conduite et la loi.

Or, il semble bien que ces élèves sont tellement habitués à insulter et à menacer en toute impunité qu'ils ne se rendent même plus compte de leurs infractions car elles font partie intégrante de leur façon d'être et de s'exprimer. Donc c'est un double fiasco pour l'école et pour la société.

Enfin, nous sommes arrivés à un point où il faudrait censurer la beauté d'un texte ou l'intelligence d'une pensée car elle offenserait les élèves incultes qui ne sont pas capables de l'appréhender, qui se sentiraient exclus et qui y verraient une forme de ségrégation insupportable. Un grand merci donc aux néopédagogues qui, durant les dernières décennies, nous ont expliqué que, au nom de l'inclusion, l'élève a toujours raison (et ses parents aussi...).

Là, on récolte les justes fruits de la démission et de la lâcheté des décideurs des nouvelles politiques pédagogiques.

Je terminerai avec une petite pensée pour ces "pseudo-profs" recrutés en 30 minutes en job dating, sans aucune préparation professionnelle, car ils ne savent peut-être pas à quoi ils seront confrontés lors de la prochaine rentrée.

Ces jeunes sauvageons dont je parle aujourd'hui  vont leur offrir en septembre un très dur et très cruel bain de réalité.

Bienvenue au sein de l'EN. You are welcome!...🤣😭

PS: voici un autre lien intéressant qui complète mon billet d'humeur du jour.

https://www.bvoltaire.fr/baccalaureat-une-nouvelle-victime-nommee-sylvie-germain/

 

 

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 06:35

Bonjour les amis,

Le grand amateur de rock que je suis est bien obligé de reconnaître que l' école a une bien mauvaise et triste image dans les morceaux de nos rockers favoris.

Souvent, leurs chansons véhiculent une image stéréotypée et manichéenne d' une école réductrice qui conditionne négativement les cerveaux, qui infantilise, déresponsabilise, et qui est liberticide.Une école qui tue le talent, la libre expression et le génie.

Commençons avec un morceau que j' aime beaucoup musicalement bien que les paroles soient pleines de stéréotypes outranciers.

" We don' t need no education, no thought control..."

Donc, l' école aurait été inventée pour contrôler la pensée et formater les esprits...naaaaan...pas croyable !

Bin merci les Pink Floyd de nous avertir, on ne s' était même pas rendu compte...

Alors pour les rockers, les vrais de vrais, il est hors de question de dire qu' ils ont été de bons élèves à l' école.Je ne voudrais décevoir personne mais Mick Jagger, par exemple, était un bon élève qui a fait l' équivalent de Sciences-Po. Il ne s' en vante pas d' ailleurs !

Non, tout bon rocker pour entrer dans la légende doit être un rebelle.

S' il s' est fait virer de son lycée ce sera un titre de gloire, une médaille...

Jethro Tull nous offre une parfaite illustration de ces poncifs et lieux communs avec WIND UP qui est, au demeurant, un morceau que j' adore, avec un démarrage rock génial à 2 minutes.L' un des meilleurs morceaux de Jethro Tull.Si vous ne le connaissez pas, réparez vite cette lacune en l' écoutant jusqu' au bout.

Notons que dans WIND UP Ian Anderson critique surtout l' école religieuse qui a voulu lui imposer la croyance en Dieu...J' ai vu Anderson à 2 mètres de moi interpréter cette chanson en 1976 au Forest national de Bruxelles.Au moment où il prononçait le mot SCHOOL c' était de justesse s' il ne crachait pas par terre.

 

 

Voici maintenant l' un des meilleurs morceaux de SUPERTRAMP qui s' intitule justement SCHOOL, avec , encore une fois, l' image d' une école aliénante du " fais pas ci...fais pas ça...".

Bon, c' est pas grave et pas trop méchant comme critique , et en plus le morceau est génial...

The Ramones:

" Rien à branler de l' histoire

Je deteste les professeurs et les directeurs...Pas envie qu' on m' apprenne à ne pas être un imbécile..."

Bon, OK, Les Ramones, on sait bien que vous ne briguez pas le Nobel de littérature mais vos paroles, là, elles sont un peu nulles à ch....

Les Stray Cats.

" Hé mec, je n' ai plus envie d' aller à l' école

Rien à foutre de lire, d' écrire, de connaître l' arithmétique ou l' histoire"

Bon, Brian, quand tu chantes ça, t' es sûr de rendre service aux p' tits jeunes un peu paumés...?

John Lennon aussi nous tape dessus:

" Ils te font du mal à la maison et te frappent à l' école

Ils te détestent si tu es intelligent et te méprisent si tu es idiot..."

Bon, John, t' es sûr que tu noircis pas un peu le tableau, là ?

 

Van Halen:

" Et bien , je ne vais pas aller à l' école.

Je suis malade et fatigué des règles d' Or..."

La guitare d' Eddie Van Halen est très originale mais pas les paroles de la chanson.

Les KINKS

" Avec le prof qui abrutit ses élèves en leur disant qu' il perd son temps à leur apprendre à écrire proprement et qu' ils sont tout juste bons à balayer les rues..."

Putain , z' avez pas de bol les KINKS, z' avez jamais connu de bons profs dans votre vie ?

 

Chuck Berry.

" Oh le prof ne sait pas à quel point il est sévère..."

 

Toi aussi Chuck, t' as remarqué que nous, les profs, on est une sérieuse bande d' abrutis qui torturons les esprits des petits jeunes...En fait, on est des sadiques mais il ne faut pas le répéter...

 

Bruce Springsteen:

" Quand ils m' ont dit de m' asseoir, je me suis levé..."

Bravo Bruce, tu es des nôtres ! Fuck the Teacher !

 

Alice Cooper et son SCHOOL'S OUT...

" L' école a été mise en pièces pour toujours !..."

Enfin une bonne nouvelle ! Merci Alice...Toi aussi tu es des nôtres...

Bon, j' arrête là le massacre...ça pourrait continuer pendant des heures...

Je complète donc le titre de mon article.

Quand les rockers tapent sur l' école... c' est pas toujours très finaud.

Mais en fait,ça ne date pas d' hier cette histoire.Avant le rock, il y avait déjà les chansons populaires qui remettaient en cause la qualité de l' enseignement, voire sa vraie finalité...

Souvenez-vous Graeme Allwright chantant:" Qu' as-tu appris à l' école mon fils ? "

Alors, après cette avalanche anti-école, anti-prof, je vais vous passer une petite chanson qui va vous paraître très étrange...voire suspecte !

Des élèves qui offrent des fleurs à un professeur...alors là, quelle drôle d' idée !

Qu' est-ce qui leur a pris ? J' espère qu' ils n' ont pas été drogués au moins...

Pour terminer sur une note sérieuse , et contrebalancer le contenu de l' article je finirai avec une phrase du prix Nobel de Littérature  Jose Saramago qui n' était pas rocker mais qui savait observer la société dans laquelle il vivait.

Il avait dit lors d' une conférence  à laquelle avait assisté une de mes collègues d' histoire-géo, près de chez moi à Alicante:

Les enseignants sont les vrais héros des temps modernes.Ils sont humiliés, méprisés et agressés.Ils font ce qu' ils peuvent alors que de nombreuses familles ont démissionné de leur obligation d`éduquer pour la transférer à ceux dont la mission était avant tout d' instruire".

Merci José...un peu de soutien moral, ça fait du bien parfois...

Pour conclure sur une note d' humour, je dirais que j' aime tellement le rock que les attaques et les critiques "gentillettes",pour ne pas dire puériles, des rockers ne me touchent absolument pas.La seule chose qui pourrait vraiment m' affecter c' est que des p'tits jeunes un peu immatures les prennent au premier degré.

Finalement, je veux bien me faire taper dessus mais à condition que ce soit fait avec rythme et avec talent...Chuck, Bruce,Pink,Anderson et les autres, sachez que vos invectives ne m' empêcheront jamais de vous aimer.Votre musique m' a apporté tellement de bonheur !

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 17:14

Bonjour les amis,

Demain c' est ma rentrée pour de bon.J' accueillerai un groupe d' élèves dont je serai le professeur principal.

Alors je me souviens d' un temps où l' accueil des lycéens se faisait parfois dans cet esprit-là... 

Je me souviens très bien d' un collègue du Lycée technique de Vincennes dans les années 80 qui accueillait les élèves comme le sergent formateur du film Full Metal Jacket.

Il regardait son nouveau groupe droit dans les yeux, en leur gueulant:

" J' ai l' impression qu' il y a une sacrée bande de gros fainéants dans cette classe.Alors dites-vous bien qu' avec moi il va vous falloir vous mettre au boulot les gars ! "

J' en rajoute pas, les amis...il les traitait de fainéants la première heure du premier jour...

Par ailleurs, généralement le reste de l' année se passait plutôt bien, sans heurts...

Bon, alors là maintenant on est en 2017, et il est hors de question de faire de telles entrées en matière politiquement très incorrectes.Non, maintenant le bon  prof se doit d' être un personnage très charismatique et très sympathique qui sait créer un élan d' adhésion derrière lui, un personnage du genre Thierry la Fronde.

Vous vous souvenez tous de Thierry La Fronde, ce héros toujours souriant, toujours positif, avec qui tout le monde a envie d' être copain. 

Le gars qui arrive avec un grand sourire aux lèvres en disant:

" Bonjour mes amis, bonjour mes compagnons..."

Et bien, demain, il me faudra arriver à donner une impression très positive aux élèves, gommer leurs angoisses et leur faire ressentir qu' ils vont vivre une année passionnante.

Le sourire qui est sur la photo ci-dessous, il faudra essayer de l' arborer chaque jour, au début de chaque classe, en signe de bienvenue sincère.

 

Mon prof, ce héros au sourire si doux...

PS: Un dernier détail personnel que les élèves n' ont pas besoin de savoir:

l' injonction d' Aimé Jacquet à ses joueurs que j' ai mis en début d' article vaut pour moi aussi...

PS nº2 .Je vous ai indiqué l' image que le professeur doit essayer de projeter vis-à-vis de sa classe, mais certains de nos élèves auront une autre perception, quoique nous fassions, et essaieront de faire croire à leurs parents que nous ressemblons plutôt à ça...

Mon prof, ce héros au sourire si doux...

Ou à ça...

Mon prof, ce héros au sourire si doux...
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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 21:18

Bonjour les amis,

Aujoud' hui c' était la fête de fin d' année dans mon lycée.

Pas de classes durant cette dernière journée festive tout au long de laquelle de nombreuses activités à caractère culturel ont été programmées.

Tout d' abord nous avons assisté à des spectacles de gymnastique rythmique éxécutés par différents groupes d' élèves préparés par leurs professeurs d' éducation physique durant ces dernières semaines.Cette année le thème commun à tous les numéros présentés était le saut à corde.Les musiques très rythmées sur lesquelles étaient réalisées les différentes choréographies et figures acrobatiques avaient été selectionnées par les élèves eux-mêmes. ( l' un des groupes de lycéens avait choisi de faire leur prestation sur le EYE OF THE TIGER qu' on entend dans le film Rocky).

Ensuite nous avons assisté à un spectacle de danses et de musiques préparé par les élèves ( sous la direction artistique de leurs profs).

A noter cette année, une belle prestation de modern' jazz réalisée par deux de nos ballerines particulièrement douées et qui ont une pêche incroyable.Elles nous ont carrément bluffé.Je dois ajouter que l' une entre elles que j' ai eu comme élève cette année m' a vraiment surpris car elle est très discrète en classe ( attentive mais très discrète) alors que sur scène, elle se transforme en un véritable ouragan.Bien évidemment, je suis allé la féliciter chaudement à la fin de sa prestation, en lui disant qu' elle m' avait sincèrement épaté.

Nous avons pu apprécier également une danse orientale assez envoûtante éxécutée par l' une de nos élèves d' origine marocaine.Certaines de nos élèves possèdent déjà une très bonne technique, et aussi un sens inné de la scène...

Beaucoup d' énergie et de charisme donc ! Certains élèves se comportent déjà comme des pros avec une apparente facilité sur scène et une maîtrise technique derrière lesquelles se cachent en réalité de très nombreuses heures de travail et de répétitions.

Le spectacle qui a duré près de deux heures s' est terminé avec plusieurs morceaux interprétés par le Big Band du lycée formé par les élèves-musiciens et aussi 6 ou 7 professeurs.Un Big Band complet avec une section entière de cuivres ( saxo, trombone,cor,tuba) flûte traversière, clarinettes altos et basse, flûtes à bec, batterie, claviers, guitare électrique, guitare basse, etc...

Durant l' un des morceaux éxécutés par le Big Band , on a pu écouter une de nos élèves de seconde qui a une belle voix interpréter une chanson qui me rappelait de manière lointaine un thème déjà entendu, mais que finalement que je n' arrivais pas à reconnaître.

J' étais complètement ravi, et après m' être renseigné auprès de l' un des musiciens j' ai appris que le morceau en question s' intitulait FEELING GOOD et que l' interprète de la version originale était ni plus ni moins que la grande Nina Simone.

Ecoutez-là sur ce lien.Elle est tout simplement sublime...Le final est éblouissant !

 

Alors pour la petite histoire, sachez que cette pièce avait été composée par Anthony Newley et Leslie Bricusse pour la comédie musicale" The roar of the greasepaint".

Voici ci-dessous  cette première version pour que vous puissiez apprécier le grand travail de Nina Simone, son apport et sa touche très personnelle.

Alors revenons à la magnifique version de Nina Simone.

Ce titre, I m feeling good, correspondait parfaitement à notre état d' esprit à tous en cette journée ensoleillée de fin de cours 2016 /17.On était euphorique ! 

J' étais content aussi de voir que le jeune public était assez enthousiaste et très réceptif à une pièce composée en 1965 dans un style très éloigné de ce qui se fait actuellement et de ce qu' ils ont l' habitude d' entendre.

Il n' y a eu de leur part aucune réaction de rejet ou de dédain pour une musique qui aurait pu leur paraître ringarde.Au contraire le FELING GOOD a été acclamé et finalement rejoué une deuxième fois lors du rappel final.

Comme quoi, l' école a un véritable rôle à jouer pour permettre aux élèves d' acquérir une vraie culture musicale, une formation du goût et un véritable sens esthétique critique.

A l' école il faut tout entendre pour pouvoir tout comprendre.Que ce soit la musique classique à travers les siècles, les musiques populaires et traditionnelles, le jazz,la variété, le rock,la musique contemporaine ou les musiques du monde...

 

Feeling good...
Feeling good...
Feeling good...
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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 18:17

Bonjour les amis,

Je ne connais pas les programmes actuels de français mais je me souviens que lorsque j' étais élève nous devions apprendre des poèmes par coeur et les réciter en classe devant le professeur et nos camarades.

C' était un exercice excellent pour travailler la mémoire et la diction.Je me souviens avoir fait ce type de prestation publique jusqu' en classe de seconde.

Un jour l' un de nos camarades ( qui était tétanisé par l' idée de devoir réciter un texte en public) avait dû travailler et mémoriser le poème de François Villon: "La Ballade des Dames du temps jadis".

Alors, notre petit copain qui manquait beaucoup d' assurance était tellement angoissé par sa future audition qu' il n' arrêtait pas de répéter le poème à voix haute à tous moments de la journée.

Et nous, voyant que l' idée de son passage en public le rendait nerveux et angoissé, on s' était amusé à lui changer un des vers du refrain.

En effet, au moment ou notre ami récitait " Mais où sont les neiges d' antan ? " nous on lui glissait à l' oreille " Mais où sont les vierges d' antan ? " histoire de lui faire perdre un peu ses moyens.

Evidemment, notre camarade s' énervait encore plus avec nous, et nous demandait d' arrêter de le troubler davantage car il avait peur de commettre ce lapsus en public.

Alors pour l' embêter encore plus on en remettait une deuxième couche en lui susurrant:

" Mais où sont les verges d' antan ? "

Notre copain commençait à perdre les pédales entre neiges, vierges et verges !

C' était d' autant plus compliqué pour lui qu' à un moment donné du poème il devait dire

" Où sont-ils VIERGE souveraine ? "

Le jour de l' audition, nous étions tous sur le qui-vive, dans l' attente de voir si notre ami surmonterait la terrible épreuve que supposait pour lui cet exercice et réussirait à réciter le poème sans se mêler les pinceaux.

Dès qu' il commença sa récitation nous sentîmes qu' il était très extrêmement tendu, pétrifié à l' idée de commettre un terrible lapsus...et quand il arrivait au vers fatidique, il interrompait sa diction de peur de commettre l' erreur devant le regard intrigué du professeur qui ne comprenait pas le motif d' une telle hésitation.

Notre ami a réussi à passer le premier couplet sans trop d' encombres, puis le deuxième tant bien que mal et puis arrivé au troisième,patatrac !

Il a balancé Verge ou vierge  dans l' hilarité générale,et s'est interrompu, incapable d' aller plus loin...

Notre ami était rouge de confusion....rouge pivoine jusqu' à la pointe de ses oreilles.

Le professeur qui était agacé par ses hésitations successives avait fini par éclater de rire lui aussi quand il en eut compris le motif...Ça s' est terminé dans la bonne humeur générale.

Tout ça les amis pour vous dire que, encore aujourd' hui, quand j' entends la chanson de Brassens je ne peux m' empêcher de penser à l' extrême gêne et confusion de notre copain  qui nous en a voulu un certain temps...

Tout ça pour dire aussi que, comme vous pouvez le constater, nos blagues de potache à l' époque n' étaient pas bien méchantes.

Alors je vous remets le texte original de François Villon ( et non pas de François Fillon)...et surtout ne confondez pas neiges avec vierges, ni avec verges...( c' est complètement idiot mais cette blague facétieuse de lycéen me fait rire encore aujourd' hui...).

Ce jour-là, ce jour de la récitation fut assez inoubliable.Nous n' avions pas eu droit qu' au seul  poème de Villon: la tête et la mine consternée de notre pote c' était tout un poème aussi...lol !

Dites moi où, n'en quel pays 
Est Flora la belle Romaine, 
Archipiades, né Thaïs 
Qui fut sa cousine germaine, 
Écho parlant quand bruit on mène 
Dessus rivière ou sur étang 
Qui beauté eu trop plus qu'humaine. 
Mais ou sont les neiges d'antan? 

Qui beauté eu trop plus qu'humaine. 
Mais ou sont les neiges d'antan? 

Ou est la très sage Hélloïs, 
Pour qui châtré fut et puis moine 
Pierre Esbaillart a Saint Denis? 
Pour son amour eu cette essoine. 
Semblablement, ou est la reine 
Qui commanda que buridan 
Fut jeté en un sac en Seine? 
Mais ou sont les neiges d'antan? 
Fut jeté en un sac en Seine? 
Mais ou sont les neiges d'antan? 

La reine blanche comme lis 
Qui chantait a voix de sirène, 
Berte au grand pied, Bietrix, Aliz 
Harembourgis qui tient le Maine, 
Et Jeanne la bonne Lorraine 
Qu'Anglais brûlèrent a Rouen; 
Où sont ils Vierge souveraine? 
Mais où sont les neiges d'antan? 
Où sont ils Vierge souveraine? 
Mais où sont les neiges d'antan? 

Prince, n'enquérez de semaine 
Ou elles sont, ne de cet an, 
Que ce refrain ne vous remaine: 
Mais ou sont les neiges d'antan? 
Que ce refrain en vous remaine; 
Mais ou sont les neiges d'antan?

 

Et puis je vous remets aussi l' excellent article de Rosemar consacré à ce poème.

 

Je dédie ce billet à la mémoire de Monsieur Van Lathem qui fut notre professeur de français et qui sut nous faire partager son enthousiasme et son amour pour notre belle langue.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 08:34

Bonjour les amis,

Les personnes qui comme moi travaillent dans l' enseignement sont bien placées pour observer certaines dérives sociales éducatives dont notamment UNE dont je vais vous parler aujourd' hui: l' hyper-paternité.

Comment pourrait-on la définir brièvement ? L' Hyper paternité c' est un mot qui résume le comportement de certains parents qui s' investissent tellement dans l' éducation de leurs enfants qu' ils en contrôlent et en supervisent les moindres détails. Ils interviennent dans tous les  aspects de leur vie scolaire et sociale.Ce sont des parents qui sont tellement obnubilés par la réussite et par la performance de leurs enfants qu' ils les sur-stimulent avec plein d' activités extrascolaires. Ils leurs organisent un emploi du temps hebdomadaire aussi dense et chargé que celui d' un cadre d' entreprise, et ils ne leurs laissent pas le temps de faire leur propre expérience sociale de la vie.

L' hyper-paternité ou quand les parents deviennent  LE problème...

L' hyper-paternité est donc une forme de perversion qui prétend modifier notre modèle éducatif en augmentant la charge d' attention des enfants et la charge de travail de leurs géniteurs.

Parmi les principaux comportements indicateurs d' hyperpaternité, objectifs et mesurables, on peut citer:

1: les parents qui surchargent l' emploi du temps d' activités extra-scolaires, et qui ensuite passent leur temps à les emmener de l' une à l' autre.Ce sont les "parents-chauffeurs".

Leurs enfants n' ont même plus le temps de se balader et de  " traîner" avec leurs copains...Or, ça aussi,ça fait partie de l' apprentissage de la vie.

2.Les parents qui épient et surveillent sans répit les activités de leur enfant, et qui restent pendant des heures avec le sandwich à la main dans le jardin public,en attendant que le petit chéri le termine...ce sont les parents-hélicoptères.

3. Les parents qui vont retirer du passage tous les obstacles qui pourraient freiner la progression de leur progéniture,...Ce sont les parents-chasse-neiges...

Les parents-chasse neige ne comprennent pas que l' apprentissage consiste justement en l' expérience personnelle de certaines difficultés.Le chemin est parfois plus important que le point d' arrivée, et eux voudraient brûler les étapes.

Prenons par exemple le thème des devoirs à la maison.Si un prof envoie un problème à la maison c' est que la résolution n' est pas immédiate, sinon ce ne serait pas un problème mais plutôt un exercice.Si l' élève le résout seul c' est parfait mais dans le cas contraire il faut considérer que l' échec est aussi une forme d' apprentissage.Ne pas tolérer cet échec et tenter de résoudre coûte que coûte, avec ou sans l' aide de quelqu' un, n' aide pas forcément l' enfant à surmonter la frustration, n' améliore pas son auto-estime, ni sa confiance en soi.

La résolution en classe dudit problème se fera sous la responsabilité du professeur, et il faut apprendre aussi  à lui faire confiance...C' est lui qui va aider chacun de ses élèves à avancer à son rythme vers la connaissance.

Je pourrais vous en parler pendant des heures, de ces parents qui, lorsqu' ils s' adressent au professeur, disent "nous" au lieu de "il", qui disent par exemple " Nous avons un examen d' histoire-Géo vendredi prochain " au lleu de " Mon fils a un examen d' histoire-géo vendredi prochain"...et qui croient que cette association-confusion va bénéficier à leur enfant.

.

 

L' hyper-paternité ou quand les parents deviennent  LE problème...

Par ailleurs, les hyper-parents ne savent pas être patients.Ils ne savent pas compter avec LE TEMPS, ils ne comprennent pas que l' expérience personnelle de l' enfant est réellement ce qui va lui permettre de construire de manière consistante l' ensemble de ses connaissances.

J' essaie souvent d' expliquer à ces parents que leurs enfants ne sont pas des clés USB dans lesquelles on peut insérer de manière définitive et immédiate un thème ou un concept qui prendra peut-être des semaines , voire des années à être assimilé.

Les hyper parents sont souvent en conflit avec les professeurs dont ils estiment qu' ils ne sont pas les plus à même de tirer le meilleur parti de la " génialité" de leur progéniture...Ils sont en conflit ou alors ils interviennent sans cesse: c' est à ça qu' on les reconnaît comme dirait Audiard !

Les hyper parents sont aussi le cauchemar des profs principaux.Il existe maintenant des nouveaux outils informatiques performants qui permettent d' échanger quotidiennement avec les familles, et les hyper parents BOMBARDENT les pauvres profs de messages intempestifs,,,des fois 3 ou 4 par jour..J' ai un collègue qui m' a montré un listing de messages d' une mère qu' il avait reçu en une semaine...ÇA DEVIENT PARFOIS LE DÉLIRE mes amis, le délire...C' est de justesse si elle ne lui envoie pas un message quand le gamin a perdu sa gomme !

Là, il faut savoir dire STOP; installer des garde-fous.De la même manière qu' un malade ne bombarde pas son médecin de SMS jour et nuit, un parent d' élève doit savoir faire preuve d' un peu de bon sens et de retenue. 

Ce que je dis est parfaitement politiquement INCORRECT et va à l' encontre de tout ce que nous demande le politique pour qui les relations avec la famille sont la clé de voûte de la réussite scolaire, et qui ne veut absolument pas voir les effets pervers de certains de ces outils informatiques.Communication avec les famille oui, mais pas 24 h sur 24...et plutôt dans un cadre préétabli, raisonnable et normalisé.

L' hyperpaternité est EPUISANTE: elle est épuisante pour les parents, pour les enfants et pour les enseignants aussi.

Comment sortir de cette spirale ?

C' est très très simple...et comme toujours il suffit de faire appel au bon sens populaire.

Les enfants n' ont pas besoin de parents hyper performants.NON, ils ont juste besoin de parents heureux qui vivent en harmonie et qui les font vivre dans un cadre stable dont les normes leur apporteront une tranquillité d' esprit nécessaire à une bonne réalisation de leurs activités.Voilà, ils ont juste besoin de ça...

Quand les parents s' investissent trop dans leur monde, ils deviennent NOCIFS...ils les empêchent de développer une personnalité confiante et équilibrée..

L' hyper-paternité ou quand les parents deviennent  LE problème...

PS: afin d' éviter tout malentendu ou toute critique parfaitement inutile, ne me faites pas dire ce que je n' ai jamais écrit.

Bien évidemment, les parents doivent superviser les activités de leurs enfants et doivent savoir les guider et les aider aussi...mais toujours , de manière subtile, en leur faisant confiance, et en leur laissant vivre le temps de l' enfance...et si vous n' ètes pas complètement convaincu, allez relire Pagnol ( dont le père était instit') et le récit de ses escapades dans les collines provençales avec son petit copain de l' époque...

Moi, personnellement,mon enfance et mes escapades c' était sur le Terril de Wallers-Arenberg et près de la mare à Goriot avec les copains...

Et ne me dites pas que¨" maintenant ce n' est plus possible parce que les temps ont changé, et que notre monde est plus dangereux ! ..."

 Non, il faut savoir réserver un vrai temps à l' enfance ! Il faut savoir foutre la paix aux gamins de temps en temps...y compris en 2017 !

PS Petite devinette à 1 euro:

Vous savez pourquoi les hyper-parents n' assistent pas, eux-aussi, aux cours de leurs enfants en s' installant au fond de la classe ?

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je vous laisse réfléchir quelques instants

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tic tac tic tac

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Réponse:

parce que la LOI les en empêche...-)

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 09:53

Bonjour les amis,

L' année scolaire 2015-2016 s' est terminée avec, en ce qui me concerne, un bilan globalement positif ( pour reprendre une expression bien connue).Une année tout en contraste car j' ai eu des groupes assez difficiles et épuisants demandant une débauche d' énergie pour obtenir au final des résultats plutôt médiocres, des groupes pour lesquels j' ai dû souvent batailler, brandir des menaces et parfois prendre quelques mesures et sanctions ( ce qui est toujours une forme d' échec, encore que certaines de ces mesures disciplinaires ont fini par être payantes et effectives).

A l' opposé de ce contexte parfois dur et tendu, j' ai eu aussi cette année de bons groupes avec lesquels ça a été un grand plaisir de travailler, et notamment une classe de seconde avec laquelle ça s' est particulièrement bien passé.

Ce qui a caractérisé ce groupe composé de 26 élèves ( un bon chiffre) c' était la bonne disposition de ces lycéens envers les études en général, et ma matière en particulier.Le niveau moyen n' était pas extraordinaire mais en revanche j' ai ressenti dès la première heure avec eux intérêt,motivation, curiosité, soif de comprendre.

Dès le départ j' ai donc eu de très bonnes sensations et j' ai su qu' on allait vivre de riches moments ensemble.

Même si les élèves étaient parfois un peu dissipés ou trop bavards, je ne perdais jamais la connexion avec eux.Tous me suivaient dans mes démarches, et moi, j' avais l' impression ( parfois euphorique) de pouvoir les emmener où je voulais ( tel un capitaine qui a gagné la confiance et le respect de ses hommes).

Il y avait un petit détail qui ne trompait pas: ce sont les conséquences de l' utilisation de l' humour en classe.Bien souvent, avec certains groupes, dès que le prof fait une remarque assez drôle l' attention se disperse immédiatement: la moindre blague devient le pretexte de certains élèves pour stopper toute activité et le professeur doit produire d' importants efforts pour recapter l' attention du groupe et la recentrer sur le thème qui était traité.

En revanche, avec ce groupe-ci, les élèves différenciaient parfaitement le fait de savoir travailler dans la bonne humeur sans pour autant tomber dans la grosse rigolade et transformer la classe en un joyeux tohu-bohu.

Peu à peu, je suis devenu un peu "amoureux" de ce groupe qui m' apportait autant de sensations positives.Un de mes collègues s' était rendu compte que j' étais sous le charme de cette classe et m' avait dit en conseil de classes, de manière un peu ironique et rigolarde:

" Ils ne sont pas aussi bons que tu le crois..."

Ce à quoi je m' étais empressé de lui répondre:

" Je n' ai pas dit qu' ils étaient bons, mais qu' ils avaient une très bonne attitude...nuance ! "

j' avais été aussitôt appuyé dans mes propos par d' autres collègues.

En fait, il y avait quand même une tête de classe formée de 6 ou 7 très bons éléments qui étaient aussi les leaders...ça aide...

Finalement, je me suis senti comme un artiste qui pouvait utiliser toute la palette de ses ressources et tous ses registres pour faire passer son message.Les interventions des élèves rendaient la classe particulièrement vivante et ont pu être l' occasion de réexpliquer, de préciser, de compléter et de dissiper les doutes ou incompréhensions.Il n' y a rien de pire pour un professeur que l' apathie d' un groupe et avec eux ça n' a jamais été le cas.

Cette aventure a duré une année avec très peu d' interventions et d' interférences extérieures.C' était eux et moi, ça s' est passé entre nous, et ça s' est merveilleusement bien passé.

Avec eux j' ai pu me consacrer à ma mission première d' enseignant et ne pas me disperser en jouant trop les éducateurs,ou les animateurs,ou les confesseurs, ou les psys, ou les pères la morale...

Avec eux, et pendant un an , ça a été le bonheur, tout simplement...

Contrairement aux autres histoires d' amour,celles que l' on rencontre avec certains groupes dans l' enseignement ne durent qu' un an ou deux au maximum , et ne sont pas altérées par le temps ou la routine .Ces histoires restent fixées à jamais de manière définitive dans la mémoire comme des moments magiques et uniques qui ne peuvent se répéter.

Le bonheur tout simplement...

PS: Je ne peux mettre en ligne pour des raisons de discrétion une photo de ce groupe ( que je n' oublierai jamais) avec moi-même, mais j' enverrai celle-ci par mail à certains de mes lecteurs les plus assidus...Je crois que ce que j' ai écrit ci-dessus transparaît sur les visages qui apparaissent sur cette photo...

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 18:38

Bonjour les amis,

L' Hatem vient de m' envoyer un article paru sur 20 MINUTES qui parle d' une enseignante américaine qui a été renvoyée après avoir fait passer à ses élèves un examen de mathématiques avec des problèmes "très particuliers" que je vous laisse découvrir sur le lien ci-dessous.

C' est plein d' humoir noir, bien évidemment, et la connotation raciste des énoncés où les protagonistes sont des délinquants avec des noms afro-américains ou hispanos a fait que l' enseignante ne pouvait qu' être immédiatement limogée.

Par ailleurs, celle-ci avait repris des blagues qui circulaient auparavant.D' ailleurs, d' autres se sont fait virer avant elle pour le même motif.

Même Donald Trump n' a pas osé voler à son secours.C' est dire !

Malgré tout, si j' avais un conseil à donner à cette enseignante, ce serait de lui dire que la prochaine fois qu' elle veut se faire virer, elle pourrait essayer de s' attaquer à du plus gros gibier et aux délinquants financiers de haute volée qui empochent des milliards et qui ne risquent rien.

Là, ça aurait vraiment de la gueule !

Elle pourrait faire des problèmes arithmétiques basés sur les bénéfices obtenus par les grands fraudeurs fiscaux,les banquiers qui blanchissent l' argent des mafias de toutes sortes, les spéculateurs indélicats qui n' hésitent pas à affamer certaines contrées du monde,les marchands d' armes, les politiciens qui accusent des pays et leur déclarent la guerre sans éléments de preuves , et qui ont par ailleurs, et en même temps, des intérêts dans des sociétés d' armement ou de mercenaires.

Qu' elle se mette en contact avec moi, et je lui enverrai un certain nombre d' énoncés pas piqués des hannetons...Ou alors, qu' elle lise n' importe quel bouquin de Noam Chomsky, et elle aura plein d' idées de problèmes mathématiques super interessants...

Bernard Madoff qui a créé une des plus grandes fraudes du XX ème siècle basée sur un système pyramidal de type Ponzi

Bernard Madoff qui a créé une des plus grandes fraudes du XX ème siècle basée sur un système pyramidal de type Ponzi

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 14:03

Bonjour les amis,

Vendredi soir c' était la fête de " graduación" de nos élèves de terminale.

C' est une cérémonie, un peu à l' américaine, qui compte avec la présence des professeurs, des élèves,de leurs parents, proches et amis venus assister à la remise du baccalauréat.

Un moment très émouvant de la vie scolaire où nous disons au revoir à des élèves que nous avons formé depuis 6 ans, depuis qu' ils avaient l' âge de 11 ans.

Ils sont entrés dans notre institution scolaire quand ils étaient encore des enfants et s' en vont après avoir appris les bases et les rudiments qui leur permettront de poursuivre une carrière universitaire.Certains seront médecins, d' autres ingénieurs, avocats, professeurs,infirmiers,etc...etc...

J' ai accompagné et participé à la formation de certains d' entre eux pendant 1, 2 ou 3 ans.Je les ai vu grandir, mûrir, affirmer leur personnalité peu à peu. Alors, que vous le vouliez ou pas mes amis,mais ce moment solennel de remise de titre qui clôt une étape importante de leur vie est très émouvant pour nous aussi.

Ce sont leurs professeurs principaux qui sont montés sur le podium et qui leur ont remis leur titre et leur ont adressé un dernier message .

L' un d' entre eux, professeur d' histoire, leur a cité un extrait de la déclaration d' indépendance des Etats-Unis où furent déclarés comme droits inaliénables la vie, la liberté et la recherche du bonheur.Il a mis une dernière fois en garde ses élèves de ne jamais commettre l' erreur d' oublier que c' est cette recherche du bonheur qui doit les guider.

Le professeur de Biologie,quant à lui, a fait projeter sur scène un petit document vidéo qu' il avait confectionné lui-même.Il avait peint un bateau sur lequel on voyait apparaître, un par un, la photo de chacun de ses élèves,pendant que passait une chanson de Lluis Llach composée sur un poème grec de kafavis intitulé ITHAQUE:

Voici ce poème traduit en français

Lorsque tu mettras le cap sur Ithaque,
fais de sorte que ton voyage soit long,
plein d'aventures et d'expériences.
Les Lestrygons et les Cyclopes,
et la colère de Poséidon ne crains,
ils ne se trouveront point sur ton chemin
si ta pensée reste élevée, si une émotion de qualité
envahit ton esprit et ton corps. Lestrygons Cyclopes,
et la fureur de Poséidon tu n'auras à affronter
que si tu les portes en toi,
si c'est ton âme qui les dresse devant toi.

Fais de sorte que ton parcours soit long.
Que nombreux soient les matins
oú - avec quel délice et quelle joie! -
tu découvriras des ports inconnus,
des ports nouveaux pour toi, et tu iras
t'arrêter devant les échoppes Phéniciennes
pour acquérir les belles marchandises
nacres, coraux,
ambres, ébènes
et des parfums voluptueux,
surtout beaucoup de parfums voluptueux;
et tu iras d'une ville Egyptienne à l'autre
pour apprendre, et encore apprendre, de la bouche des savants.

La pensée d'Ithaque ne doit pas te quitter.
Elle sera toujours ta destination.
Mais n'écourte pas la durée du voyage.
Il vaut mieux que cela prenne des longues années
et que déjà vieux tu atteignes l'île,
riche de tout ce que tu as acquis sur ton parcours
et sans te dire
qu'Ithaque t'amènera des richesses nouvelles.

Ithaque t'a offert le beau voyage.
Sans elle, tu n'aurais pas pri
s la route.
Elle n'a plus rien à te donner.

Et si tu la trouvais pauvre, Ithaque ne t'a pas trompé.
Sage à présent et plein d'expérience,
tu as certainement compris
ce que pour toi Ithaque
signifie.

Voici maintenant cette chanson qui fut passée pendant la remise des titres.

Les paroles sont en catalan et les sous.-titres sont une traduction en castillan ( ou en espagnol si vous préférez...).

Alors, bon vent à nos élèves....l' heure est arrivée pour eux de prendre le large, de découvrir le monde et ses merveilles, d' en surmonter les difficultés, et pourquoi pas, de le rendre meilleur...

Nous,les profs, on a fait avec amour ce qui était en notre pouvoir pour que l' avenir leur appartienne.

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 22:28

Bonjour les amis,

C' est la reprise scolaire en France et j' en profite pour vous raconter une petite anecdote gentillette qui s' est produite dans mon lycée en Espagne, il y a quelques années.

Comme d' habitude j' ai changé les prénoms pour préserver l' anonymat des protagonistes.

La scène se situe dans la cour, et moi je la vois derrière une fenêtre ouverte de mon établissement à une dizaine de mètres à peu près.Donc je n' entends pas très bien mais je devine tout d' assez loin comme dans un film muet des années 20.

Il y a deux personnages.

D' un côté,une de mes collègues professeur d' anglais Daniela qui a déjà beaucoup d' expérience et qui a la réputation au bahut d' être une professeure très impliquée et aussi très exigeante .

De l' autre il y a Francisca, une élève de terminale que j' ai moi-même en classe de mathématiques.Francisca est une élève pas facile , distraite,irrégulière,éternelle révoltée,rejetant systématiquement toutes les fautes sur les autres...elle se met à bosser la veille des examens, elle travaille " pour la note" sans se soucier de savoir si elle a vraiment compris les concepts étudiés, etc...etc...

Vu de loin de crois deviner la nature de son problème ce jour-là....On est au mois de Juin, et elle n' a pas la moyenne en anglais et donc elle ne pourra pas être bachelière et devra se présenter aux sessions de Septembre.Elle est donc en train de parlementer avec sa professeure pour essayer d' obtenir le fameux 5 sur 10 dont elle a besoin ( en Espagne on note sur 10).

je souris au fond de moi-même car je connais très bien Daniela et elle n' est pas du genre à se laisser amadouer, ni à revenir sur une décision de cette importance.Qui plus est, je suis absolument convaincu que si Daniela ne lui a pas mis ce 5 ce n' est pas que pour un seul motif mais pour un ensemble de raisons ( niveau insuffisant, devoirs non rendus en temps et en heure,etc...).

Donc la scène est assez drôle vue de loin car je vois Francisca qui plaide son cas comme si se jouait la fin du monde.Elle est très énervée,exaspérée, fait de grands gestes avec les mains qui s' agitent comme des moulins à vents....Dans le même temps je vois Daniela qui fait des signes énergiques de négation avec la tête qui va de droite à gauche de manière continue.Elle contre, un par un,avec détermination et assurance tous les arguments de Francisca.

Daniela connait parfaitement tous les résultats de son élève et n' a aucun besoin de consulter ses notes.Elle lui répond du tac au tac, et puis décide de mettre fin à cet entretien un peu absurde qui dure inutilement et plante l' élève au milieu de la cour pour aller reprendre ses activités.

La scène commence à devenir assez burlesque car Francisca ne s' avoue pas vaincue et décide de poursuivre Daniela qui accélère le pas et qui ne l' écoute même plus.

Finalement Daniela s' éloigne et Francisca, qui s' est arrêtée dans sa course poursuite, lui lance de loin son dernier argument, celui de la dernière chance, son dernier SOS..Elle lui crie en valencien:

" Perque no em poses la mitja ?...a tú, que més et dóna ?

C' est la seule phrase que j' entends clairement de toute cette scène.

Traduit mot à mot ça donnerait ceci:

"Pourquoi ne me mets-tu pas la moyenne? ..Qu' est-ce que ça te donne de plus ? ( sous-entendu" qu' est- ce que ça te rapporte de ne pas me mettre cette note ? " )

En fait une traduction plus correcte en français donnerait:

" Pourquoi ne mettez-vous pas la moyenne ?...de toutes façons, qu' est-ce que ça change pour vous ?"

Quel culot ! Alors là les amis, c' est impossible de ne pas éclater de rire.C' est vraiment le comble.Francisca qui n' a plus aucun argument en appelle au fait que sa professeure a le pouvoir de changer les notes sans que ça ne lui suppose aucun sacrifice personnel.

J' imagine bien ce qui se passe dans son esprit à ce moment là:

"Bin oui quoi ! Faut vraiment être pervers pour ne pas me mettre ce p....de 5 dont j' ai si besoin !!! "

Sacrée Francisca ! Elle a vraiment perdu le nord....

Scène de la vie quotidienne dans un lycée

Parfois les professeurs sont confrontés à des élèves qui font comme un blocage...qui ne comprennent pas qu' il n' y a rien de personnel dans une note globale et que si on n' obtient pas la moyenne c' est qu' on a de grosses lacunes et de graves carences .

Certains élèves croient avoir un problème avec leur prof alors que bien évidemment c' est avec la matière étudiée qu' ils ont des soucis à se faire.D' ailleurs il y a des indices qui ne trompent pas: en général les profs changent tous les ans mais les problèmes persistent...

Par ailleurs, en tant qu' enseignant, je me dis souvent que ça ne sert strictement à rien d' avoir raison si je n' arrive pas à convaincre l' élève que j' ai raison...

NB: un petit dernier détail les amis.Si Francisca avait utilisé la même énergie qu' elle a déployée pour défendre sa cause à étudier l' anglais,et à faire ses devoirs, elle l' aurait eu sans problème son 5 sur 10...

PS: l' auteur de ce billet n' oublie pas qu' il a été élève lui-aussi dans sa jeunesse et qu' il a probablement bénéficié plus d' une fois de l' indulgence de ses professeurs.Simplement, il faut être crédible dans la vie, et même l' indulgence, ça se mérite...

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