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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 13:41

Bonjour les amis,

J'ai vu cette semaine AS BESTAS, le dernier film du réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen.

Voici le synopsis:

Antoine et Olga, un couple de Français, sont installés depuis longtemps dans un petit village de Galice. Ils ont une ferme et restaurent des maisons abandonnées pour faciliter le repeuplement. Tout devrait être idyllique mais un grave conflit avec leurs voisins fait monter la tension jusqu’à l’irréparable…

Je vais essayer de vous  parler d'AS BESTAS tout en dévoilant le moins possible l'intrigue.

AS BESTAS est un film rude, une histoire d'hommes vue à travers les yeux d'une femme. Le couple de français est parfaitement intégré à la vie du village, sait parler leur langue, mais ils vont faire des choix qui vont créer de vives tensions avec leurs proches voisins, notamment les 2 frères Xan et Lorenzo.

Xan est particulièrement inquiétant en paysan têtu qui n'est jamais sorti de la ferme mais qui a un caractère fort, forgé aux durs travaux agricoles. Xan apparaît comme un rustre mais il est doté également d'une intelligence fine sur la nature humaine. Il sait percer les coeurs ! Il est porteur de valeurs ancestrales liées à la terre et d'un droit non-écrit qui régit les rapports entre paysans.

Face à lui Antoine représente un autre caractère très fort. Le film ne tombe pas dans la caricature et Antoine n'est pas un écolo qui vit en dehors des réalités. Sa compagne Olga et lui savent eux-aussi travailler dur et se plier aux exigences de la vie à la campagne.

Les dialogues entre Xan et Antoine, notamment au bar du village, sont particulièrement bien écrits: oppressants, à couper le souffle. On sent à chaque instant l'imminence d'un possible drame.

L'histoire s'étale dans le temps. On voit passer les saisons ce qui nous donne droit à de magnifiques images de la campagne galicienne. C'est un film fait de longs silences également: la nature, le rythme des saisons et les bruits du vent y parlent, à leur manière...

On est très loin d'une image bucolique du retour à la nature. N'y survivent que les gens forts, les gens taillés pour. Pas de glamour ici. En cela le film m'a un peu rappelé DELIVRANCE où, là aussi, le retour à la vie campagnarde n'était pas un chemin bordé de roses. Le "paradis espéré" que suppose le retour à la vie rurale existe mais il faut en payer le tribut. La nature impose ses vérités aux hommes et aux femmes.

Les personnages du film parlent en 3 langues: le castillan (ou l'espagnol pour faire simple), le galicien (très proche du portugais) et le français...Je comprenais parfaitement les passages en espagnol et en français mais un peu moins bien les dialogues en galicien et les sous-titres m'ont aidé à saisir des nuances importantes. Les 3 langues donnent beaucoup d'authenticité au film.

L'oeuvre oscille entre deux registres: le western rural âpre et le thriller car certaines scènes sont terriblement inquiétantes.

Quant au drame (dont je ne parlerai pas), sachez qu'il donnera l'occasion à Sorogoyen de faire une des plus époustouflantes métaphores cinématographiques que j'ai jamais vues. On est estomaqués !

Le film est long car à mi-chemin, quand on croit que l'épilogue va être proche, le réalisateur confie à Marina Foïs un rôle important qui relance l'histoire. Il y a avant le drame et après le drame et les deux parties du film sont aussi intéressantes, aussi riches.

Encore une fois les dialogues percutent. La confrontation entre Marina Foïs et sa fille venue de France lui rendre visite interpellent le spectateur. Des thèmes comme la liberté, la responsabilité des parents dans l'éducation de leurs enfants et les relations mère-fille y sont abordés avec pertinence. Il y a à la fois de la violence mais aussi de l'amour.

AS BESTAS est aussi un film qui, tout en traitant d'un problème précis dans une région culturellement bien définie, atteint une dimension complètement universelle. On pense à Giono, à Pagnol aussi, à la dureté sans concessions du monde paysan.

Du grand cinéma, assurément.

Sorogoyen s'est inspiré d'un fait divers réel pour imaginer cette histoire, et disons que dans la vraie vie Olga s'est comportée comme dans le film.

Denis Fenochet (Antoine), Marina Foïs (Olga) et Luis Zahera (Xan) sont remarquables. Peut-être que Sorogoyen leur a offert dans ce film les rôles de leur vie, tant leurs caractères sont marquants...

Xan et Antoine

Xan et Antoine

Antoine et sa compagne Olga

Antoine et sa compagne Olga

AS BESTAS...un western rural angoissant et oppressant, au coeur de la Galice...
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7 décembre 2022 3 07 /12 /décembre /2022 09:09

Bonjour les amis,

suite à mes anti-pronostics de la semaine dernière il me faut faire exercice d'autocritique. Les surprises que j'y annonçais/espérais ne se sont pas produites. Les portugais se sont promenés hier contre une Suisse méconnaissable qui n' a jamais été dans le coup. Un score de 6 à 1 sans appel. Bravo les portugais qui sont sur une courbe ascendante.

J'avais annoncé une victoire du Japon face à la Croatie et les 2 équipes ont dû arriver à la séance de tirs aux but pour se départager. J'avais donc bien pressenti que c'était plus que jouable pour le Japon.

Je suis extrêmement déçu qu'aucune équipe asiatique ne franchisse les huitièmes de finales car elles sont porteuses d'un jeu qui se base sur la vivacité du collectif et qui ne dispose pas de grands gabarits pour dominer le jeu aérien. Il faut donc rééquilibrer avec d'autres armes, par d'autres qualités....Je rêvais d'une finale avec le Japon, et ce sera pour une autre fois.

La bonne surprise de ces huitièmes c'est qu'on a retrouvé une Argentine plus convaincante et qui n' a pas forcément besoin d'un exploit personnel de Lionel Messi pour s'imposer, même si Lautaro Martinez a tout raté contre l' Australie, cette mauvaise série ne va pas durer éternellement.

Venons-en maintenant à ma plus grosse déception, l'élimination de l'Espagne par le Maroc de la pire des manières, par la séance des tirs aux buts. 

J'étais en concert avec ma chorale et je n'ai vu qu'un résumé du match.

Je vous livre une partie de l'analyse de la rencontre qui vient d'être donnée par l'ex-gardien espagnol Santi Cañizares.

" Défaite décevante de l'Espagne. Assez inespérée aussi. Le parcours de l'équipe est allé du plus vers le moins. Le problème a été dans l'interprétation et l'exécution du système de jeu, pas dans le système.

Il y eut une bonne interprétation contre le Costa Rica, de façon verticale, avec de la mobilité. Aujourd'hui ça n' a pas été le cas. Le jeu de défense marocain a été extraordinaire. Durant la première partie on n' a pas tiré en direction des buts, et ça ce n'est pas une bonne nouvelle quand c'est toi qui a la possession et qui soumet le rival. Ça veut dire que tu n'essaies pas d'atteindre le but de la bonne manière.

Très pauvre notre présence dans leur surface. Nico Williams  a essayé tout le temps, Morata aussi. Mais ce fut insuffisant. Ce qui m'inquiète le plus c'est le manque d'autocritique des joueurs. Ils ne reconnaissent pas avoir fait cadeau de longues minutes sans réelle intention d'aller vers le but."

 

Et oui, hier on a eu droit à un syndrome grave au football, le syndrome de la "possession".

Vous avez la possession mais vous n'en faites rien. Vous avez la possession mais c'est vous qui êtes sorti quand même.

" On a perdu mais on avait la possession ! " ...En fait ça s'était déjà produit en phase de poule face au Japon...Cherchez l'erreur...

Ce qui caractérise une grande équipe de foot c'est que si vous lui laissez la possession, elle vous le fait payer très cher.

La vraie occasion des espagnols contre la Maroc a eu lieu à la 120 ème minute avec un tir qui a frappé le poteau adverse.

Ce n'est pas normal et ça n'aurait pas dû se produire comme ça.

Sur un match éliminatoire il faut qu'une équipe perde certes, mais elle se doit de tomber avec les honneurs...La sortie de l'Espagne n'est pas digne de son rang. Un travail de réflexion devra être mené après la déconvenue un peu inadmissible d'hier.

Photo de l'entraîneur Luis Enrique avec ce sous-titre moqueur: " Mais on a eu la possession...."

Photo de l'entraîneur Luis Enrique avec ce sous-titre moqueur: " Mais on a eu la possession...."

Voici maintenant le tableau des quarts de finale.

Qatar 2022 ou quand l'heure des quarts de finale a sonné...

Voici non pas mes pronostics mais les résultats que j'espère.

L'Argentine élimine les Pays-Bas au cours d'un beau match. La victoire des Pays-Bas contre les Etats-Unis est un peu en trompe l'oeil et laisse entrevoir les carences de cette équipe que je n'imagine pas arriver en finale.

Le Brésil est grand favori mais je crois que les croates ont largement les moyens de les sortir de la compétition. A mon avis la Canarinha ne dansera pas la samba à la fin du match...

Angleterre-France. J'espère que ce sera le plus beau match de ces quarts. Avantage à la France face à des anglais très compétiteurs qui vont tout donner.

Maroc-Portugal....fin du rêve pour les marocains et retour sur terre face à une équipe du Portugal qui ne pardonnera pas comme l'a fait l'Espagne.

Rendez-vous le 11 Décembre pour refaire les comptes.

Si je me trompe ça ne me gênera pas à condition que l'équipe qui me fait mentir le fasse à travers du beau jeu...😁

 

 

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2 décembre 2022 5 02 /12 /décembre /2022 15:39

Bonjour les amis,

Hier soir j'avais une répétition avec ma chorale et je n'ai pas pu voir le match de qualification entre l'Espagne et le Japon, ni celui qui opposait l'Allemagne au Costa Rica.

Avant le coup de sifflet des arbitres la situation dans le groupe E était la suivante

Espagne: 4 points

Japon: 3 points

Costa Rica: 3 points

Allemagne: 1 point

Hier il s'est produit un scénario un peu fou.

Regardez bien cette photo.

Mondial de foot au Qatar...ou quand tout se joue au quart de poil !

La VAR a considéré que le ballon n'est pas complètement sorti et a accordé le but de la victoire au Japon 2 à 1 contre l'Espagne.

Cette décision a donc relégué l'Espagne en 2 ème position de son groupe mais elle a surtout eu comme effet d'éliminer l'Allemagne de la compétition.

L'Allemagne avait gagné 4 à 2 et se retrouvait à égalité de points avec l'Espagne, sauf que l'équipe espagnole a marqué davantage de buts, notamment grâce au 7 à 0 infligé lors de la première rencontre contre le Costa Rica. Donc c'est l'Espagne qui se retrouve 2 ème et l'Allemagne est éliminée en 3 ème position.

Donc l'Allemagne est éliminée pour ces quelques millimètres que vous pouvez apprécier sur la photo...ça s'est joué au quart de poil de c.. !

Mais ce qui est étonnant aussi c'est que le Costa Rica menait 2 à 1 durant la seconde mi-temps et que pendant 15 minutes l'Espagne était éliminée de la compétition.

Donc en gagnant son match contre le Costa Rica l'Allemagne a sauvé la peau de l'Espagne mais pas la sienne.

Un scénario fou, fou,fou comme seul le foot peut nous en produire ...

Ceci étant dit je me réjouis du fait que le Japon bouscule la hiérarchie internationale et s'installe en tête du groupe.

 

Résultat final

Résultat final

Les dés sont jetés pour les huitièmes de finale.

Le Japon affrontera la Croatie et l''Espagne affrontera le Maroc .

Tableau provisoire en attendant les résultats des matchs d'aujourd'hui

Tableau provisoire en attendant les résultats des matchs d'aujourd'hui

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25 août 2022 4 25 /08 /août /2022 15:20

Bonjour les amis,

Cette après-midi, alors que j'étais en train de répondre à un de mes lecteurs sur mon blog, mon fils a ouvert précipitamment la porte de mon bureau en s'exclamant:

- Marie la française est morte !

- Attends...c'est quoi?...Qu'est-ce que tu me dis là ?

- Marie la française s'est fait chopper par une vachette à Beniarbeig...

La nouvelle était assez consternante pour moi. Je vous explique un peu.

C'est l'été en Espagne et chaque village célèbre ses fêtes patronales, notamment avec l'organisation quotidienne de jeux taurins. Je vous précise que ces jeux sont dangereux pour les humains mais qu'en principe tout le monde évite de faire du mal aux animaux.

Quant à "Maria la francesa", ça faisait 30 ans que je la connaissais. Une vraie passionnée très connue dans le canton. Elle ne ratait aucune course de vachettes et de taureaux. Mais en fait elle était aussi  très prudente.

Elle aimait provoquer une charge de l'animal mais, toutefois, elle entrait précipitamment dans les cages de protection prévues à cet effet pour ne pas risquer de se faire encorner.

Marie la française était une vraie passionnée mais elle n'était pas téméraire.

Qui plus est, son grand âge (73 ans) ne lui permettait plus de prendre le moindre risque.

Je me souviens qu'elle portait toujours des attache-lunettes pour ne pas risquer de perdre sa monture dans les arènes.

Que s'est-il donc passé dans le petit village de Beniarbeig?

 J'imagine qu'elle a dû être distraite et qu'elle n'a pas bien situé l'animal et qu'elle ne l'a pas vu venir sur elle.

Un seul coup de corne en pleine poitrine lui a été fatal. Voici l'article du journal qui relate sa mort.

Alors il faut avouer que pour nous qui connaissions la française depuis tant d'années, la nouvelle est assez consternante, presqu'incroyable Cela n'aurait jamais dû se produire.

Je suis bien évidement très attristé par la fin incongrue de Marie, de la "torera" comme on la surnommait.

La camarde vient de commettre une énorme faute de goût et aurait dû savoir que la française était une véritable institution locale, qu'elle était intouchable...

La camarde aurait dû savoir que Marie aimait se donner des frissons mais qu'elle ne voulait pas braver la mort.

Vraiment la camarde ne respecte rien !

Marie "la française" est morte...
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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 06:09

Bonjour les amis,

 le 24 juin dernier, plus de 1 500 personnes, originaires en majorité du Soudan, ont tenté de rejoindre l'enclave autonome espagnole de Melilla au nord du Maroc, une enclave membre de l’Union européenne.

Au moins 23 personnes sont mortes asphyxiées, écrasées ou des suites de leurs blessures, d’après des sources officielles − tandis que plusieurs ONG humanitaires évoquent un bilan plus lourd − et plusieurs dizaines de blessés, dans ce qui constitue “la tentative de franchissement de la valla [le nom de la barrière frontalière à Melilla] la plus meurtrière de l’histoire”, déplore El País. Cent trente-trois migrants sont parvenus à franchir la frontière et sont retenus dans un centre de séjour temporaire à Melilla, selon le journal.

 

 

 

 

 

Alors, lire cette information est une chose, mais voir certaines images du résultat de l'intervention musclée de la gendarmerie marocaine en est une autre.

Les gendarmes ont fait usage de jets de gaz lacrymogènes et de coups de matraques qui ont provoqué des mouvements de foules, des écrasements et des étouffements chez les migrants...Regardez plutôt.

En Espagne beaucoup de critiques se sont élévées, notamment contre les déclarations du chef du gouvernement Pedro Sánchez, et je vous invite à lire le résumé de la situation diplomatique dans cet article du COURRIER INTERNATIONAL.

Déclarations complices de Pedro Sánchez suite à un rapprochement de son pays avec le Maroc obtenu au prix de concessions très discutables contre les droits du peuple Sahraui.

Du côté marocain le régime s'empresse d'enterrer les morts sans la moindre autopsie.

Tout est lamentable dans cette affaire qui met en lumière plusieurs violations du droit international. L'agence de l'ONU pour les réfugiés (ACNUR) regrette profondément les faits mais l'organisation internationale n'envisage pas l'envoi d'une commission d'enquête sur ce qui ressemble beaucoup à un massacre qui aurait pu être évité.

L'Union europénne qui aide le Maroc à travers la concession de fonds d'investissements pourrait également faire pression auprès des autorités de Rabat pour exiger des explications.

Maroc: au moins 23 morts et des dizaines de blessés à la frontière de Melilla...

Enfin il faut rappeller que justement cette semaine a lieu à Madrid le sommet de l'OTAN et que les autorités espagnoles vont profiter de ces incidents tragiques pour impliquer l'organisation et lui demander de se porter garante de la protection de la frontière de Ceuta-Melilla.

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 11:27

Bonjour les amis

Impressionnante la prestation de Chanel hier soir lors du concours de l'Eurovision...Une choréographie millimétrée, qui avait beaucoup de punch, brillament éxécutée, avec maîtrise et précision. Une choréographie exigeante qui ne l' a pas empêché de très bien chanter (contrairement à une certaine Madonna). ...Vraiment, Chanel a assuré un max et a montré qu'elle n'avait rien à envier aux plus grandes artistes américaines et internationales.

A part ça j'ai beaucoup aimé le chanteur polonais, la chanson serbe un peu décalée, la chanteuse grecque, le rock folklo des moldaves très sympa, et le Saudade tout en délicatesse de la chanteuse portugaise Maro...

Je ne cite pas tous les artistes mais ça a été une soirée très agréable avec, de manière générale, beaucoup de qualités et de talent chez les interprètes...

 

EUROVISION 2022: Chanel m'a bluffé...
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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 10:32

Bonjour les amis,

Hier au parlement espagnol on a assisté à un épisode assez honteux. Alors que le chef du gouvernement Pedro Sánchez informait l'ensemble des groupes parlementaires de l'envoi de matériel offensif pour aider les ukrainiens à résister, en légitime défense, contre la brutale agression poutinienne dont elle est l'objet, une partie de l'extrême gauche qui appartient à la coalition gouvernementale s'est désolidarisée du chef de l'éxécutif en considérant que cet envoi ne ferait que prolonger la guerre et le nombre de victimes.

C'est tout simplement surréaliste ! Parmi ces voix discordantes il y a une ministre de PODEMOS, Ilona Belarra ( Nota: PODEMOS est un parti "frère" de France Insoumise).

Ilona Belarra, ministre des affaires sociales

Ilona Belarra, ministre des affaires sociales

Pablo Echenique, porte-parole du groupe parlementaire de PODEMOS

Pablo Echenique, porte-parole du groupe parlementaire de PODEMOS

Mais il y a aussi une partie de la gauche catalane.

Gabriel Rufian, porte-parole de ERC, gauche catalane séparatiste

Gabriel Rufian, porte-parole de ERC, gauche catalane séparatiste

On voit bien que le conflit russo-ukrainien révèle la nature profonde d'une partie de la gauche telle qu'elle est aujourd'hui: aveugle, bipolaire, sectaire, prisonnière de son manichéisme anti-américain, incapable de sortir de ses schémas antisystèmes et anticapitalistes pour comprendre ce qui est en train de se produire, à savoir qu'il y a un risque d'émergence d'un néosoviétisme  particulièrment barbare et dangereux pour la sécurité en Europe et dans le monde.

Pour être complet vous devez savoir qu'après l'agression de Poutine du 24 Février il y a eu une manifestation en Espagne, non pas contre le maître du Kremlin, mais contre l'Otan !

Manifestation à laquelle a appelé à participer IZQUIERDA UNIDA (un autre parti de gauche qui a un ministre dans le gouvernement de Sánchez).

Imaginez les amis si, après de l'agression d'Hitler contre la Pologne en 39, des français pacifistes s'étaient manifestés contre l'alliance militaire franco-anglaise en la rendant coupable de l'agression hitlérienne ! C'est du même tonneau !

Voilà ! Ceci a le mérite de la clarté. Si un jour nous sommes agressés par Poutine tous ces gens-là défileront avec des banderoles en chantant NON À LA GUERRE mais il ne faudra attendre rien de plus de leur part.

Les ukrainiens qui vivent en Espagne doivent halluciner avec de tels "alliés" !

Soulignons la profonde incohérence coupable de cette gauche-là. Si c'était les Etats-Unis qui avaient tenté d'envahir Cuba ils auraient été les premiers à demander l'envoi d'armes pour aider la résistance cubaine.Mais ils ne sont pas à une incohérence près.

Tout ce qui sort de l'anticapitalisme et de l'antiaméricanisme ne rentre pas dans leurs petites têtes.

Le conflit aura au moins eu le mérite de mettre en lumière leur profonde irresponsabilité, leur infantilisme.

Dans le passé il m'est arrivé de voter pour cette gauche-là. ÇA N' ARRIVERA PLUS JAMAIS !

Je les remercie de leur imbécillité durant cette dramatique semaine qui me permet d'ouvrir définitivement les yeux sur leur profonde puérilité, sur leur dangerosité.

Je tiens à être honnête et à rappeller qu'il ne s'agit pas de tout PODEMOS, de tout ERC, de tout Izquierda Unida. Par exemple, la vice-présidente "podémite" du gouvernement Yolanda Diaz a soutenu Pedro Sánchez. Donc c'est clair qu'il n'y a pas unanimité au sein de PODEMOS, qu'il y a débat.

Mais quand même !...Comme dit l'expression populaire : ÇA FAIT DÉSORDRE !

On n'a pas le droit de se rater dans des moments historiques aussi dramatiques qui requièrent unité face la la barbarie !

Enfin, je tiens à relativiser le poids électoral de ces gens-là...L'Espagne et son peuple se solidarisent très majoritairement derrière Sánchez et les ukrainiens. La droite espagnole qui est dans l'opposition joue aussi la carte de l'unité et de la solidarité.

 

 

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15 février 2022 2 15 /02 /février /2022 07:01

Bonjour les amis,

Samedi dernier a eu lieu en Espagne la cérémonie des GOYAS (équivalent des Césars français) qui a vu le triomphe de EL BUEN PATRÓN de Fernando León de Aranoa, un réalisateur qui s'était illustré en 2001 avec son  drame social acclamé LES LUNDIS AU SOLEIL que je n'ai pas vu (mais que je vais voir bientôt).

EL BUEN PATRÓN (Le bon patron) a obtenu le Goya du meilleur film espagnol et aussi celui de la meilleure révélation de l'année pour Almudena Amor. Par ailleurs Javier Bardem est nommé aux Oscars pour son interprétation du rôle principal.

Voici le synopsis:

Julio Blanco est le propriétaire charismatique d'une entreprise qui fabrique des balances industrielles dans une ville de province en Espagne. Ses employés et lui attendent la visite imminente d’un comité qui décidera de l’obtention d’un prix local d’excellence. Tout se doit d’être parfait mais le sort semble s’acharner sur Blanco…

EL BUEN PATRÓN...une satire sociale très grinçante.

Dans ce film Julio Blanco (Javier Bardem) est le patron de sa boîte, le big boss, ce que les espagnols appellent "el puto amo"  et les américains "The fuckin' master of the universe" !

Il est très paternaliste, contrôle tout, est derrière tout. Il n'hésite pas à s'immiscer dans la vie très privée de ses employés s'il pense que les intérêts de son entreprise sont en jeu.

Blanco est tellement conscient d'accomplir ce qu'il a décidé d'être que ça en devient parfois grotesque mais aussi effrayant.

To be or not to be a big boss !

La force du film c'est qu'à chaque fois qu'on pense que Blanco pousse le bouchon trop loin, qu'il en fait trop, à chaque qu'on croit qu'il va se ressaisir il rebondit et va toujours plus loin. Blanco ne doute jamais de son bon droit ni de sa morale liée à la bonne santé de son entreprise.

Il se compare parfois à un chirugien qui doit amputer un membre à un patient : c'est très désagréable mais quelqu'un doit prendre la responsabilité de le faire pour le bien de tous.

Le film est espagnol mais le fait que Blanco dirige une entreprise qui fabrique des balances m'a évidemment fait penser à notre Nanard national (paix à son âme) qui avait repris Terraillon et dont les méthodes étaient parfois très proches de celles de Blanco.

Le thème de la balance est très bien utilisé dans le film comme une métaphore d'un monde idéal qui chercherait à être équilibré, fidèle et juste, comme les trois qualités techniques de toute bonne balance, sauf que dans le monde réel c'est tout l'exact contraire qui se produit.

Le scénario est très bien travaillé, de manière ingénieuse, avec toute une gallerie de personnages qui participent à un énorme jeu de massacre dont très peu sortiront indemnes: ni le  big boss avec sa conscience à géométrie très variable, ni certains travailleurs cyniques qui savent jouer sur le manque de conscience du boss, ni la classe politique, ni la presse, etc...

Mais il faut vraiment saluer la performance de Bardem qui est énorme dans ce film, comme s'il avait été patron toute sa vie.

Il nous surprend tout le temps, sait jouer de mille registres, de mille facettes. Il est roublard, il a de l'humour, il est drôle, très démago et sait surfer sur les modes de son époque pour s'attirer la sympathie des gens.

La manière, par exemple, avec laquelle il utilise le phénomène  #Me too#  pour faire pression sur l'un de ses employés est tout simplement ignoble. Il lui donne une leçon de morale et de bon comportement avec les femmes alors que lui-même n'a pas le nez propre. Il lui rend service mais avec une terrible menace à la clé s'il ne suit pas ses injonctions.

Il y a aussi sa façon hypocrite d'intégrer les travailleurs immigrés maghrébins qu'il considère comme ses fils adoptifs et de jouer la carte de l'interculturalité.

Ses relations avec les femmes sont très opportunistes. Son discours féministe d'un côté...et ses actes et son cynisme de l'autre...Mais son cynisme aura affaire à plus cynique que lui, comme une espèce d'antimoralisme dans l'amoralisme, par effet boomerang.

Almudena Amor, jeune révélation dont la présence illumine le film...
Almudena Amor, jeune révélation dont la présence illumine le film...

Almudena Amor, jeune révélation dont la présence illumine le film...

Le film surprend aussi parfois car il nous fait passer de scènes de comédie à hurler de rire à d'autres bien plus dramatiques. Ces différences de registre parfaitement voulues par le metteur en scène surprennent mais se justifient: malgré certains drames, la comédie de la vie continue comme dans la réalité.

La scène finale surprendra et elle est tout simplement magistrale et donne à ce film tout son sens profond.

On revient au thème de la balance...Va t'elle basculer ? Je vous laisse découvrir ça par vous-mêmes.

Bardem fait vraiment très fort dans ce film: il arrive à donner à son personnage une dimension quasi métaphysique puisqu'il est parfaitement conscient de ce qu'il est, et de ce qu'il fait. Il joue sur les sentiments, sur l'humain (tout comme le faisait Bernard Tapie). Il est comme le menteur qui se prend au jeu de ses propres mensonges. Blanco aime rendre spontanément service à tous ses employés mais en même temps il crée de la dette morale envers ceux qu'il aide, une dette dont il sait bien profiter par la suite. On se sait jamais où est la part de vrai et la part de faux dans ses relations avec les autres. C'est quelqu'un de perturbant car il sait être sympa.

Julio Blanco manipule disais-je mais il y a un thème sur lequel il ne ment pas, sur lequel il est sincère à 100%, c'est son obsession constante pour maintenir la prospérité de son entreprise et sa bonne image.

La fin justifie toujours les moyens.

Le pire c'est qu'on ne peut s'empêcher d'avoir de la sympathie pour Blanco. On a envie que les choses tournent bien pour lui et pour le bien de sa boîte malgré sa manière de manoeuvrer les personnes pour en obtenir ce qu'il désire. 

Personne ne sort indemne de cette comédie, disais-je, y compris le spectateur et sa sympathie coupable pour Blanco.

Je finirai en disant que la fable grinçante se transforme aussi en métaphore universelle et que l'entreprise de Blanco est également une allégorie de la société toute entière.

 

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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 13:30

Bonjour les amis,

Je ne suis pas un fan inconditionnel d'Almodóvar mais je suis plus attentif à ses productions depuis son DOULEUR ET GLOIRE que j'avais beaucoup aimé.

C'est donc fort logiquement que je me suis intéressé à MADRES PARALELAS, son dernier opus dont voici le synopsis:

Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d'hôpital sur le point d’accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regret et durant les heures qui précèdent l'accouchement, elle est folle de joie. Ana en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu'elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l'hôpital. Les quelques mots qu'elles échangent pendant ces heures vont créer un lien très étroit entre elles, que le hasard se chargera de compliquer d'une manière qui changera leur vie à toutes les deux.

Il y a un problème avec ce film qui nous raconte deux histoires.

La première est très mélodramatique mais accroche le spectateur en raison d'une forte relation émotionnelle qui lie les deux mères. Le destin va leur jouer un drôle de tour et l'évolution de leurs rapports  capte toute l'attention et tout l'intérêt du spectateur.

Dans cette partie-là Almódovar nous offre le meilleur de lui-même, en pratiquant un cinéma subtil, sensible, transgressseur aussi, mais qui ne tombe jamais dans la moindre vulgarité.

Pénélope Cruz est nommée aux Oscars, ce qui en dit long sur la qualité de son interprétation. Par ailleurs elle a gagné le prix d'interprétation féminine à la Mostra de Venise où ce film était en compétition. Elle porte son rôle de manière très convaincante et on s'identifie au millimètre près à chacun de ses états d'âme. Milena Smit lui donne le change avec beaucoup de naturel, et de sensualité aussi.

MADRES PARALELAS...un film qui mêle le meilleur et le pire d'Almodóvar.

La deuxième histoire a un rapport avec la guerre civile espagnole et l'application d'une loi récente dite de "mémoire historique" qui oblige théoriquement le gouvernement à entreprendre des fouilles des fosses franquistes dans lesquelles gisent encore plus de 100 000 victimes qui n'ont pas eu droit à une sépulture digne de ce nom.

Almodóvar surfe de manière très opportuniste sur l'actualité politique espagnole pour vendre son image militante de "mec de gauche" à côté des familles des victimes du franquisme.Cette partie du film semble écrite pour les étrangers qui ne connaissent pas bien l'histoire d'Espagne, mais pour ceux qui comme moi vivent dans ce pays depuis longtemps, elle m'a paru trop didactique, trop militante, trop démonstrative, trop évidente...

C'est du marketing de gauche. Cette partie-là je l'ai déjà vue mille fois dans d'excellents reportages de la télévision espagnole avec des témoignages réels. Alors évidemment, je sature un peu de revoir ça dans une fiction...Je sature un peu beaucoup même ! Même si c'est tourné avec toute l'habileté du grand cinéaste de la Mancha.

Curieusement et paradoxalement, cette partie qui a gêné beaucoup d'espagnols (mais pas tous) sera peut-être celle qui séduira le plus le public étranger qui n'a jamais été bombardé comme nous de reportages sur ce thème.

Il n'en reste pas moins que cette deuxième histoire greffée de manière artificielle sur le récit bâcle un peu la première et laisse le public sur sa faim.

MADRES PARALELAS...un film qui mêle le meilleur et le pire d'Almodóvar.

Oui, cette deuxième histoire permet à Almodóvar de liquider un peu trop rapidement le devenir des relations entre Janis et Ana. On espérait un déchaînement passionnel et le cinéaste botte en touche avec ses histoires de fosses franquistes.

Circulez y'a plus rien à voir. Dommage !

Je ne voudrais surtout pas vous dissuader de voir ce film qui peut être perçu de manière très différente selon votre sensibilité. Certains penseront que ça ressemble à une série télé larmoyante (genre telenovela améliorée), d'autres seront emballés (comme l'académie des Oscars...rien que ça !) et d'autres comme moi en retirent une impression très mitigée, d'inabouti, avec le meilleur d'Almodóvar qui côtoie le pire.

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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 19:41

Bonjour les amis,

J'ai vu cette semaine TODOS LO SABEN  d'Asghar Farhadi qui avait été présenté à Cannes en 2018 sous le titre anglais" Everybody knows". 

Voici le Synopsis:

A l’occasion du mariage de sa soeur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au coeur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

Fellini disait qu'il se sentait incapable de faire un film en dehors de son Italie natale car il ne pouvait parler que de ce qu'il connaissait de manière intime. Alors quand un cinéaste comme Farhadi  (en l'occurrence iranien) décide de réaliser un drame familial en Espagne, on a une petite appréhension car on se demande si ses personnages vont être authentiques dans leur manière d'être et de faire. Et je vous rassure tout de suite : j'ai bien ressenti dès les premières images une atmosphère très ibérique. Je me sentais comme à la maison...

Sans crier au chef d'oeuvre j'ai aimé ce film dont l'histoire, bien écrite, nous embarque sur de fausses pistes pour nous amener naturellement, et sans entourloupes, au dénouement final.

Je m'attarderai un peu sur le début du film. Ça commence avec un mariage. Le mariage au cinéma, c'est un peu comme un exercice de style qui peut servir d'exposition de tous les personnages. On a tous en mémoire le mariage de la fille du PARRAIN (le plus réussi de tous les mariages cinématographiques). Arcady en avait fait une pâle copie dans LE GRAND PARDON (en transformant le mariage en baptême).Il y a aussi une longue scène de mariage dans VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER dans laquelle sont pressenties de manière annonciatrice des drames postérieurs.

Donc dans ce film-ci, Farhadi a choisi lui aussi de filmer un mariage pour nous présenter tous ses protagonistes...Ce mariage est aussi prétexte a filmer le bonheur, le plaisir des retrouvailles familiales, l'insouciance de la jeunesse, ces moments bénis de convivialité durant lesquels tout le monde (ou presque) se laisse un peu aller. 

Et puis, il y a aussi le regard du voisinage sur cette cérémonie, un regard pas toujours bienveillant dans une localité où le passé pèse et où se sont tissées de vieilles rancunes.

J'ai beaucoup aimé la manière précise et soignée de Farhadi de mettre en place tous les rôles secondaires qui sont tous intéressants et qui donnent de la densité à la trame.

Le casting est vraiment parfait avec des acteurs tels que Javier Bardem, Pénélope Cruz, Ricardo Darín, Eduard Fernández,etc...Les personnages sont nombreux et tous très bien interprétés. 

Le drame qui s'est noué va provoquer une série de confrontations dures et âpres entre les personnages, et c'est là que réside tout l'intérêt du film (plus que la recherche du ou des coupables que le metteur en scène semble même oublier parfois).

Javier Bardem qui ne fait pas partie de la famille se retrouve malgré lui plongé en plein coeur de cette tragédie, en plein dilemme, obligé de prendre des risques personnels, sans savoir s'il est manipulé.

Le film termine de manière subtile sur une conversation entre deux personnages secondaires que le spectateur voit mais n'entend pas, mais dont il peut imaginer parfaitement le contenu...L'image devient blanche. Le spectateur peut finir l'histoire qui a été très éprouvante pour les nerfs...

 

 

 

TODOS LO SABEN
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