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29 avril 2024 1 29 /04 /avril /2024 10:41

Bonjour les amis,

Ce court billet est la suite de celui que j'avais écrit le week-end dernier et qui allait à l'encontre de ce que pensait la majorité des observateurs politiques en Espagne.

http://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2024/04/situation-politique-un-peu-surrealiste-en-espagne.html

Donc, mon intuition était quand même la bonne quand j'écrivais que Sánchez resterait.

Il faut savoir que hier il y avait plus de deux tiers des responsables socialistes qui pensaient que le chef du gouvernement espagnol démissionnerait.

Ceci étant dit j'avais dressé dans mon premier billet un tableau peut-être un peu sévère de Pedro Sánchez, en oubliant que l'homme avait souffert des attaques incessantes contre son épouse.

Il est probable qu'il a connu cette dernière semaine un vrai coup de blues et son visage paraissait à la fois grave, tendu et marqué lors de ses dernières apparitions.

Dans sa lettre ouverte aux espagnols, il posait la question de savoir si "tout ça méritait la peine! ". Cette question avait sans doute des accents de sincérité, la sincérité d'un homme qui se dit amoureux de son épouse et qui dit en avoir plus que ras-le-bol d'avoir à supporter des attaques mensongères basses et indignes.

Sánchez en appelait à un sursaut démocratique et à un retour à un minimum de décence et de dignité en politique.

Sa lettre avait surpris tout le monde car même les plus hauts responsables de son parti n'en avaient pas été préalablement informés, ce qui inclinait ceux-ci à penser que Sánchez avait pris sa décision de démissionner au moment même où il avait adressé sa missive à la citoyenneté, il y a 5 jours de cela.

Je suis quand même rassuré que le chef du gouvernement espagnol continue au pouvoir et ce, pour une raison très simple. Si Sánchez avait démissionné il aurait laissé son parti très touché. Pire, Sánchez avait réussi à rétablir une paix sociale en Espagne en livrant la bataille très difficile de l'amnistie des séparatistes du 1er Octobre 2017 et démissionner en ce moment supposait le risque de tout perdre...L'article que je mets en lien ci-dessous vous permet de mesurer le pari très difficile qu'il avait tenté avec les séparatistes, un pari pratiquement réussi.

Sánchez n'avait personne qui ait sa "consistance" politique pour prendre vraiment le relais derrière lui donc, d'une certaine manière, je continue de penser qu'il n'avait politiquement pas le choix.

Pour le bien de son parti, pour le bien du pays aussi, il fallait continuer.

Finalement je suis content en ce lundi de ne m'être pas trompé sur la décision finale.

La semaine commence plutôt bien...😀

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27 avril 2024 6 27 /04 /avril /2024 08:15

Bonjour les amis,

Bien qu'étant passionné de politique ça fait plusieurs mois que je ne regarde plus les débats parlementaires en Espagne car je suis un peu saturé  et exténué par les sempiternelles tensions provoquées par les échanges verbeaux très agressifs entre la droite et la gauche.

Le fait que Carles Puigdemont en exil en Belgique puisse bénéficier d'une amnistie du gouvernement socialiste qui lui permette de participer aux prochaines élections régionales catalanes a empoisonné l'atmosphère depuis de longs mois entre le pouvoir et l'opposition.

Ajoutez-y un scandale avec le compagnon sentimental de la maire de Madrid Isabel Diaz Ayuso en pleine tourmente à cause d'une affaire de fraude fiscale. Les partis de gauche réclament la démission de cette maire de droite, chef de file du Parti Populaire.

Par ailleurs, durant ces dernières semaines, le parti socialiste a obligé José Luis Abalos (député socialiste et et ex-ministre) à démissionner pour une autre affaire de corruption dans laquelle sa responsabilité est engagée, l'affaire KOLDO.

Dans ce contexte déjà très lourd et un peu délétère s'est produit un événement politique plutôt insolite qui n'a rien à voir avec mon préambule.

Je vous laisse prendre connaissance sur le lien ci-dessous de la dernière déclaration de Pedro Sánchez.

 

Donc vous avez bien compris. Le chef du gouvernement qui se sent victime d'une chasse à l'homme à travers des accusations portées contre son épouse Begoña a annoncé qu'il se donne 5 pours, jusque lundi prochain, pour savoir s'il va démissionner ou pas.

Et là, franchement, je n'y crois pas une seule seconde, et ce pour une raison qui me paraît simple. Si un gouvernant est sincèrement habité d'un tel doute il n'en fait pas part publiquement car agir de cette manière c'est en soi une façon de provoquer toute une série de gros remous politiques qui ne seront certainement pas propices à ce supposé temps de réflexion que demande Sánchez.

Ce temps mort réclamé par le chef de l'éxécutif ressemble aux yeux de beaucoup d'espagnols à une espèce de bluff adressé à toute la citoyenneté, un bluff du genre: " Sans moi, c'est le chaos et le pays entre dans une nouvelle grave crise politique."

Donc l'annonce de Pedro Sánchez me paraît être plus une manipulation politicienne qu'autre chose.

Pedro Sánchez prend la population espagnole à témoin du lynchage dont il se sent victime et joue avec la possibilité de démissionner.

Ça, c'est du jamais vu ! Et ça ne me réconcilie pas avec la politique espagnole car j'ai l'impression qu'on essaie de me faire participer à une sinistre farce qu'on voudrait me faire passer pour un psycho-drame.

Carles Puigdemont (qui, par ailleurs, m'est assez insupportable) a eu, pour une fois, une réaction à la fois critique et sensée. Il a dit, je cite : "Hay que salir llorado de casa", à savoir que Sánchez devrait se présenter devant ses concitoyens en ayant "préalablement pleuré à la maison" et pas devant tout le monde car ça l'affaiblit. Il incite Sánchez à restaurer la confiance dont il a besoin en soumettant sa continuité au pouvoir à une motion de censure au parlement.

Enfin j'ai du mal à comprendre comment on en est arrivé à une telle situation sachant que l'affaire de l'épouse de Sánchez va être traitée par la justice qui est la seule instance à-même de la laver de tout soupçon. Donc si Sánchez est convaincu de l'innocence de son épouse Begoña il lui suffit d'exiger de l'opposition qu'elle soit patiente et démocratique et qu'elle attende que la justice ait rendu son verdict.

Tout, dans cette affaire, me paraît donc extrêmement malsain. Les agitations de la droite mais aussi la réaction quelque peu disproportionnée de Sánchez qui, soi-dit en passant, est un "killer" politique expérimenté qui en a vu d'autres. 

Attendons lundi prochain pour connaître la décision de Pedro Sánchez.

Et nous saurons très vite si mon intuition est erronée...ou pas.

A droite Begoña Gómez: notez qu'en Espagne les femmes gardent leur nom et ne prennent pas celui de leur mari

A droite Begoña Gómez: notez qu'en Espagne les femmes gardent leur nom et ne prennent pas celui de leur mari

PS : Par ailleurs, je reste bien évidemment en faveur d'une continuité de Pedro Sánchez qui me paraît la moins pire de toutes les options.

PS nº 2 . Vous avez bien compris que je ne crois pas une seule seconde à une démission de Sánchez mais j'en profite pour partager avec vous un aphorisme assez rigolo de George Bernard Shaw. C'est de l'humour populiste un peu facile, certe,  et qui renvoit de manière injuste tout le monde dos-à-dos...mais avouez que parfois cet aphorisme est pertinent...😁

Situation politique un peu surréaliste en Espagne...
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