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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 19:14

Bonjour les amis,

Je viens de voir LA MULE le dernier film de Clint Eastwood, qui pourrait bien être son dernier film tout court étant donné qu'il a déjà atteint l'âge de 88 ans.

Evidemment un film du grand Clint, on y va les yeux fermés. Je n'ai même pas essayé de savoir de quoi ça parlait vraiment.

Voici le synopsis du film dont le point de départ est inspiré d'un fait divers réel :

À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d'être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s'est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain.
Extrêmement performant, il transporte des cargaisons de plus en plus importantes. Ce qui pousse les chefs du cartel, toujours méfiants, à lui imposer un "supérieur" chargé de le surveiller. Mais ils ne sont pas les seuls à s'intéresser à lui : l'agent de la DEA Colin Bates est plus qu'intrigué par cette nouvelle "mule".

Entre la police, les hommes de main du cartel et les fantômes du passé menaçant de le rattraper, Earl est désormais lancé dans une vertigineuse course contre la montre...

 

Alors même si ce film est d'une facture classique et n'est pas le plus novateur du grand cinéaste, il s'en dégage une impression puissante, qui nous touche et qui nous émeut.

C'est une oeuvre intime, d'introspection, dans laquelle Clint nous livre peut-être son testament.

Clint nous dépeint une Amérique parfois cruelle dans laquelle les papys vétérans  de guerre vivent dans la précarité et sont prêts à accepter n'importe quel "petit boulot" pour joindre les deux bouts.

Le personnage de Earl qui possédait une petite entreprise d'horticulture n'a pas su s'adapter au commerce moderne, à internet...La réalité du marché toujours en pleine évolution lui est passé par dessus et l'a laissé sur le carreau.

A noter que le mépris de Earl pour les nouvelles technologies donne lieu à des scènes assez drôles parfois.

Earl privilégie l'humain, et souvent il peut se permettre de donner des leçons aux petits jeunes incapables de se débrouiller tout seuls sans l'aide d'un portable.

Avec les narcos mexicains hyper-violents et menaçants, Earl, tout en étant conscient du danger qu'il court, ne se laisse pas impressionner. Il a fait la guerre alors, des excités de la gâchette, il en a vu d'autres.

Mais il sait qu'il joue un jeu dangereux et mortel, et il en accepte le prix pour se racheter vis-à-vis de sa famille. Le film mêle très habilement ces deux aspects.

Earl profite aussi de l'argent facile procuré par le trafic de drogues pour jouer les bons samaritains avec son entourage social de vétérans de la guerre mais il reste lucide et ne se raconte pas d'histoires à lui-même. Ses bonnes actions désintéressées restent teintées de triste ironie et de dérision. Ce ne sont pas elles qui lui permettront de racheter ses fautes et il le sait.

Quant au personnage de Bradley Cooper qui incarne le bon flic qui connaît son boulot, on se doute bien qu'il va y avoir une confrontation finale avec Earl...Encore une fois celle-ci sera pleine d'humanité et très touchante. 

Clint n'en fait pas des tonnes et sait parler à notre coeur.

LA MULE...ou quand Clint Eastwood est en quête de rédemption...

PS: A noter que dans ce road-movie j'ai adoré les nombreux passages dans lesquels Clint écoute la radio dans son pick-up et chantonne des chansons country en traversant les splendides paysages américains magnifiquement photographiés. L'Amérique comme si vous y étiez...

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 17:42

Bonjour les amis,

La semaine dernière en Espagne, s' est produit un fait divers qui illustre assez bien la mentalité des chefs de bandes de jeunes délinquants à l' heure actuelle.

En effet le narco le plus recherché du pays, l' ennemi public nº 1 en quelque sorte, Francisco Tejón s' est amusé à narguer la police espagnole en apparaissant dans un clip de reggaeton du chanteur Clase-A interprétant un morceau intitulé Candela.

Vous savez, le reggaeton c' est un mélange de musique latino et de rap...Votre serviteur n' est pas spécialement fan de ce genre de musique, pas plus qu' il ne l' est du rap.

Mais revenons à Francisco Tejón qui apparaît dans le clip descendant d' une Bentley grise métallisée d' une valeur de 200 000 euros. Je ne peux mettre en lien la vidéo pour des raisons de droits d' auteur mais vous pouvez la voir sur cet article de la Vanguardia. Tejón c'est celui dont les cheveux sont barrés d' une frange teinte en rouge. Regardez le clip, il y apparaît à plusieurs reprises.

On peut voir la vidéo également sur cet autre article d' EL  PAIS:

https://elpais.com/politica/2018/10/05/actualidad/1538751420_871293.html

Au passage vous aurez pu apprécier sur ce clip ce qui fait fantasmer les narcos : les grosses bagnoles, les grandes villas avec piscine, tout un univers orgiaque, vulgaire et clinquant, peuplé de poitrines et de fesses, de bimbos siliconées dont le seul désir semble être de se faire posséder charnellement sur des rythmes latinos par des beaux mâles body-buildés.

Alors, la police a évidemment enquêté sur les lieux qui ont servi au tournage du clip près de Cadix qui est une ville au coeur d' une zone de trafic de drogues provenant du Maghreb à travers le détroit de Gibraltar. Ils ont retrouvé la villa, ont perquisitionné les lieux mais plus aucune trace de Tejón  qui vit dans la clandestinité, probablement caché au Maroc à l' heure où j' écris ces lignes.

Deux éléments me frappent dans ce fait divers qui me ferait presque sourire.

1. Le désir des narcos de jouer les vedettes. Ils se la pètent et ne résistent pas au désir de s' afficher sur les réseaux, au risque de se faire prendre ( ce qui arrivera tôt ou tard  de toutes façons )...En général, ou ils se font prendre, ou ils se font liquider par des bandes rivales, c' est au choix...

2. Le mauvais exemple pour la jeunesse.

Je ne peux m' empêcher de penser que ce clip fait rêver une partie d' une population jeune, non instruite, marginalisée et sans travail. La région de Cadix pointe à plus de 30 % de chômage. Alors ce qui m'attriste un peu, c' est que ce genre de clip va forcément séduire une partie de la jeunesse inculte, désoeuvrée et sans repères.

J' ai eu par le passé des élèves objecteurs scolaires et absentéistes issus de milieux marginaux, qui vivent aujourd'hui de petits trafics, et dont le seul rêve, malheureusement, est de travailler pour des caïds comme Tejón...

Pour ces jeunes sans aucune perspective de futur, l' aspiration absolue c' est ce qu' on voit dans le clip : sexe, drogues et reggaeton...Les faux mythes ont la peau dure!

 

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 09:54

Bonjour les amis,

la semaine dernière j' avais été très critique avec le BLADE RUNNER 2049 de Denis Villeneuve qui, malgré ses qualités esthétiques indéniables m' avait plongé dans un profond ennui et agacement.

Evidemment, s' agissant d' une oeuvre d' un grand cinéaste comme Villeneuve, et s' agissant aussi de la suite du chef d' oeuvre de Riddley Scott , je ne pouvais qu' être doublement déçu.

Alors, pour ne pas rester sur une sensation de frustration, j' en ai profité cette semaine pour découvrir des films antérieurs  de Villeneuve afin de renouer un peu avec lui.J' avais beaucoup aimé son PRISONERS, un film particulièrement angoissant qui vous tient en haleine pendant 2 h 30.

Alors j' ai commencé par visionner ENEMY que je n' avais pas vu.

Encore une fois j' ai été très déçu car, après une introduction énigmatique dans une atmosphère pesante et très allégorique, le film nous embarque vers " destination nulle part"...Mais ça, le spectateur aura attendu 2 heures pour s' en rendre vraiment compte.Une mise en scène parfois brillante mais au service de rien.Quel était le projet de Villeneuve ? Je préfère me taire pour ne pas dire de bêtises mais j' en suis arrivé à me demander si le réalisateur en avait un: je veux dire un "vrai projet"...Je crois que ENEMY est à ranger dans la catégorie " métaphores"...certains aimeront, d' autres pas: moi je suis dans la 2 ème catégorie.

Mais, bien évidemment, je ne renonce pas aussi facilement avec un grand auteur, et je me suis lancé ( appuyé en cela par notre ami Fatizo) dans le visionnage de SICARIO:

Et là, ma persévérance a été récompensée...

Le dernier grand film que j' avais vu sur les cartels de la drogue était SCARFACE de Brian de Palma qui remonte à 1983.

Entre temps j' avais vu le CARTEL de Riddley Scott, dont certaines scènes ont été filmées juste à quelques km de chez moi à Pego dans une luxueuse villa .

Cartel est un film ambitieux, qui veut atteindre une certaine dimension métaphysique sur l' animalité humaine, mais le film devient parfois bavard, sentencieux...et aussi involontairement ridiculement vide.Le scénario écrit par le Pulitzer américain Cormac McCarthy n' a pas inspiré le grand Riddley Scott qui bâcle certaines scènes comme la liquidation du parrain ( mais en soigne d' autres aussi comme l' éxécution planifiée soigneusement d' un motard tueur à gages).Malgré tout, CARTEL est un film à voir.

Mais revenons à Villeneuve et à son SICARIO.

Voici la bande-annonce.

Cette fois-ci on n' a pas droit à un film bavard.Ce film est l' antithèse de CARTEL.Ici, ce sont les faits, les actions, les personnages,les lieux et les ambiances tendues qui font le film.

Villeneuve nous plonge au coeur d' actions coup de poing d' agents anti-drogue aux Etats-Unis, nous projette au coeur de la ville de  Juarez au Mexique, ...les atmosphères sont excellemment rendues.Les prises de vues superbes...Les plans aériens sont de toute beauté...On reste scotché.

Le scénario est très prenant.On suit les péripéties de Kate Macer, une jeune agent du FBI idéaliste et volontaire.Elle sera adjointe à une autre unité qui intervient aux Etats-Unis mais aussi de manière clandestine au Mexique et elle est confrontée à un monde très dangereux où il faut douter de tout, et où on n' est sûr de rien.

D' une part, il y a des agents de police corrompus...d' autre part, et face à des narcotrafiquants très tordus, les flics ( qui ne disposent pas toujours des moyens légaux pour intervenir) ont appris, eux-aussi, à répondre de manière toute aussi tordue.

Finalement, le spectateur est maintenu en haleine, et ne sait pas sur quel pied danser jusqu' à la dernière seconde du film.

Tous les personnages sont très bien interprétés, sobrement et de manière très réaliste et convaincante.

Emily Blunt est parfaite dans son rôle d' agent intègre qui ne tergiverse pas avec ses principes...Très forte et fragile à la fois.

SICARIO de Denis Villeneuve...une mise en scène époustouflante.

Benicio del Toro , avec sa gueule à couper au couteau,est très inquiétant et nous maintient dans la plus grande des ambiguïtés...

En espagnol, on dit qu' il a une " cara de pocos amigos"...une " tête à avoir peu d' amis"...

SICARIO de Denis Villeneuve...une mise en scène époustouflante.

Cette fois-ci on peut dire que Villeneuve maîtrise complètement son sujet.Sa mise en scène ne souffre d' aucune baisse de rythme...Le film alterne très bien les scènes d' actions filmées avec maestria , avec celles où on s' interroge avec notre héroïne avec qui on s' identifie complètement.

La fin ne se veut pas moralisatrice.Villeneuve laisse le spectateur juge de ce qu' il a vu.

Bravo ! SICARIO est une grande réussite et Villeneuve un grand metteur en scène... mais ça, on le savait...

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