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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 21:01

Bonjour les amis.

La semaine dernière j'avais regardé une partie du débat entre Mélenchon et Zemmour et, à un moment donné de l'émission, Zemmour avait  interpellé Mélenchon en lui demandant s'il avait vu le film Bac Nord. Et il avait ajouté: " Puisque vous êtes député à Marseille vous devriez savoir mieux que quiconque que ce qui se passe dans le film est vrai...".

Mélenchon évita de lui répondre mais, bien évidemment, cette remarque de Zemmour excita ma curiosité et j'ai donc vu moi-même le film dans les jours qui ont suivi l'émission.

En voici le synopsis.

2012. Les quartiers Nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC Nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les flics adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu'au jour où le système judiciaire se retourne contre eux…

Alors, on se prend ce film de Cédric Jimenez comme un coup de poing dans la figure. Nous suivons le travail d'une brigade dans les quartiers nord de la ville. Le trio d'acteurs qui forme l'équipe (Gilles Lellouche, François Civil et Karim Leklou) fonctionne à merveille, comme une vraie famille dans laquelle on peut avoir des éclats de rire fraternels, mais aussi des coups de gueules et se traiter de con (mais toujours avec amour).

L'ambiance des quartiers chauds est très bien rendue. On est saisi d'une sorte de frénésie dans un univers dans lequel plus rien ne paraît très normal, ni les gens, ni les méthodes des flics.

Les interventions de la police sont  assez hallucinantes dans tous les cas de figures :

- Soit on assiste à l'impuissance de quelques policiers qui n'ont aucun moyen de mener leur mission dans les quartiers où ce sont les caïds qui font la loi.Cela donnera lieu, entre autres, à un terrible face à face flic-petit caïd qui apparait un peu dans la bande-annonce.

- Soit on assiste à des interventions de la police qui doivent se préparer comme des attaques militaires...En fait certaines scènes du films sont tournées comme des scènes de guerre, à la Samuel Fuller. C'est de loin la partie la plus percutante du film. Les nerfs sont à cran et c'est reálisé de main de maître par Cédric Jimenez.

Le constat est terrible.

Le metteur en scène narre cette histoire avec un parti pris auquel on adhère volontiers. Qui sommes nous pour juger ces policiers soumis à des stress incessants et auxquels on confie des missions qui frisent l'absurde ?

Parfois tout est si absurde qu'on en rit. Oui, il y a aussi de l'humour dans le film: l'arrestation d'un ado hystérique et fan de rap, ou alors des détentions qui se décident de manière arbitraire sur des critères purement bureaucratiques et qui n'ont rien à voir ni avec l'éthique ni avec la morale.

Une nette fracture apparaît entre la population, la police chargée de la protéger et les responsables politiques complètement coupés de la réalité du terrain.

Certains reprocheront peut-être au metteur en scène d'en faire trop, d'offrir une vision caricaturale de Marseille sauf que si vous suivez un peu l'actualité vous saurez que la guerre des gangs y fait des ravages (surtout en ce moment d'ailleurs) et alimente tous les jours les chroniques de faits-divers dans les gazettes.

Le film fait penser aussi aux PRINCES DE NEW-YORK de Sidney Lumet, notamment quand on aborde le thème du désarroi des policiers quand ceux-ci deviennent les accusés.

On pense aussi à GOMORRA le film sur Naples, autre cité méditerranéenne avec laquelle Marseille partage un certain nombre de points communs, notamment son cosmopolitisme et l'existence d'activités souterraines totalement illégales et qui échappent complètement au contrôle de l'Etat.

Gilles Lellouche incarne son rôle de manière poignante. Sa prestation, son personnage restera gravé dans ma mémoire.

Voila. Je n'en dis pas plus. Ce film m'a conquis.

Bac Nord c'est du cinoche comme je l'aime, un film qui sait nous parler et qu'on se prend dans les dents.

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 09:54

Bonjour les amis,

la semaine dernière j' avais été très critique avec le BLADE RUNNER 2049 de Denis Villeneuve qui, malgré ses qualités esthétiques indéniables m' avait plongé dans un profond ennui et agacement.

Evidemment, s' agissant d' une oeuvre d' un grand cinéaste comme Villeneuve, et s' agissant aussi de la suite du chef d' oeuvre de Riddley Scott , je ne pouvais qu' être doublement déçu.

Alors, pour ne pas rester sur une sensation de frustration, j' en ai profité cette semaine pour découvrir des films antérieurs  de Villeneuve afin de renouer un peu avec lui.J' avais beaucoup aimé son PRISONERS, un film particulièrement angoissant qui vous tient en haleine pendant 2 h 30.

Alors j' ai commencé par visionner ENEMY que je n' avais pas vu.

Encore une fois j' ai été très déçu car, après une introduction énigmatique dans une atmosphère pesante et très allégorique, le film nous embarque vers " destination nulle part"...Mais ça, le spectateur aura attendu 2 heures pour s' en rendre vraiment compte.Une mise en scène parfois brillante mais au service de rien.Quel était le projet de Villeneuve ? Je préfère me taire pour ne pas dire de bêtises mais j' en suis arrivé à me demander si le réalisateur en avait un: je veux dire un "vrai projet"...Je crois que ENEMY est à ranger dans la catégorie " métaphores"...certains aimeront, d' autres pas: moi je suis dans la 2 ème catégorie.

Mais, bien évidemment, je ne renonce pas aussi facilement avec un grand auteur, et je me suis lancé ( appuyé en cela par notre ami Fatizo) dans le visionnage de SICARIO:

Et là, ma persévérance a été récompensée...

Le dernier grand film que j' avais vu sur les cartels de la drogue était SCARFACE de Brian de Palma qui remonte à 1983.

Entre temps j' avais vu le CARTEL de Riddley Scott, dont certaines scènes ont été filmées juste à quelques km de chez moi à Pego dans une luxueuse villa .

Cartel est un film ambitieux, qui veut atteindre une certaine dimension métaphysique sur l' animalité humaine, mais le film devient parfois bavard, sentencieux...et aussi involontairement ridiculement vide.Le scénario écrit par le Pulitzer américain Cormac McCarthy n' a pas inspiré le grand Riddley Scott qui bâcle certaines scènes comme la liquidation du parrain ( mais en soigne d' autres aussi comme l' éxécution planifiée soigneusement d' un motard tueur à gages).Malgré tout, CARTEL est un film à voir.

Mais revenons à Villeneuve et à son SICARIO.

Voici la bande-annonce.

Cette fois-ci on n' a pas droit à un film bavard.Ce film est l' antithèse de CARTEL.Ici, ce sont les faits, les actions, les personnages,les lieux et les ambiances tendues qui font le film.

Villeneuve nous plonge au coeur d' actions coup de poing d' agents anti-drogue aux Etats-Unis, nous projette au coeur de la ville de  Juarez au Mexique, ...les atmosphères sont excellemment rendues.Les prises de vues superbes...Les plans aériens sont de toute beauté...On reste scotché.

Le scénario est très prenant.On suit les péripéties de Kate Macer, une jeune agent du FBI idéaliste et volontaire.Elle sera adjointe à une autre unité qui intervient aux Etats-Unis mais aussi de manière clandestine au Mexique et elle est confrontée à un monde très dangereux où il faut douter de tout, et où on n' est sûr de rien.

D' une part, il y a des agents de police corrompus...d' autre part, et face à des narcotrafiquants très tordus, les flics ( qui ne disposent pas toujours des moyens légaux pour intervenir) ont appris, eux-aussi, à répondre de manière toute aussi tordue.

Finalement, le spectateur est maintenu en haleine, et ne sait pas sur quel pied danser jusqu' à la dernière seconde du film.

Tous les personnages sont très bien interprétés, sobrement et de manière très réaliste et convaincante.

Emily Blunt est parfaite dans son rôle d' agent intègre qui ne tergiverse pas avec ses principes...Très forte et fragile à la fois.

SICARIO de Denis Villeneuve...une mise en scène époustouflante.

Benicio del Toro , avec sa gueule à couper au couteau,est très inquiétant et nous maintient dans la plus grande des ambiguïtés...

En espagnol, on dit qu' il a une " cara de pocos amigos"...une " tête à avoir peu d' amis"...

SICARIO de Denis Villeneuve...une mise en scène époustouflante.

Cette fois-ci on peut dire que Villeneuve maîtrise complètement son sujet.Sa mise en scène ne souffre d' aucune baisse de rythme...Le film alterne très bien les scènes d' actions filmées avec maestria , avec celles où on s' interroge avec notre héroïne avec qui on s' identifie complètement.

La fin ne se veut pas moralisatrice.Villeneuve laisse le spectateur juge de ce qu' il a vu.

Bravo ! SICARIO est une grande réussite et Villeneuve un grand metteur en scène... mais ça, on le savait...

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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 13:28

Bonjour les amis,

Philip Brailsford,policier de son état, vient d' être acquitté par un tribunal américain alors qu' il a tué avec son arme automatique Daniel Shaver, un simple citoyen qui était, au moment des faits, non armé et non menaçant...

Mais pour me suivre lisez d' abord cet article.

En fait, pour bien comprendre ce qui s' est réellement produit il faut voir la scène telle qu' elle s' est passée.Je n' aime pas montrer des vidéos morbides ou voyeuristes mais ces images très dures sont vraiment nécessaires pour se faire une vraie idée du drame.

La scène se passe durant les trois premières minutes de la vidéo que j' ai mis en lien ci-dessous 

Alors c' est assez fou cette scène car la victime n' est jamais menaçante.Elle n' a pas d' arme et elle supplie le policier de lui laisser la vie sauve.Le policier qui apparemment a du mal à contrôler ses nerfs demande à Shaver de se mettre à genoux et d' avancer doucement.

Shaver obéit mais un seul mouvement de sa main vers son pantalon va provoquer instantanément une salve de tirs mortels de la part du policier.

Il est probable que le suspect voulait simplement remonter son pantalon...Un geste qui lui coûtera la vie.

Le tribunal acceptera les justifications du policier qui expliquera qu' il a fait feu car il pensait que Shaver allait sortir une arme.

Quand on regarde les images, on se dit vraiment que le policier exagère et qu' il n' est absolument pas en danger ou alors qu' il avait largement le temps de réagir si Shaver avait vraiment sorti une arme.On se dit que si Brailsford n' est pas capable de contrôler ses nerfs, il devrait faire un autre métier...

Quand on regarde une 2 ème fois les images on voit bien que Shaver supplie, qu' il a peur et qu' il obéit sans broncher aux injonctions du policier.

Il ne pouvait pas se montrer plus coopérant.Il était probablement en état d' ébriété mais malgré tout il n' était jamais menaçant.

Un seul mouvement vers son pantalon et son destin a été scellé....

Moi, ça me fout le vertige une scène pareille.Le mec suppliant le policier qui se fait mitrailler pour un geste anodin...Ça me dépasse ! Même les tueurs des films de Quentin Tarantino semblent avoir plus de compassion que Brailsford.

Etre policier est un travail difficile et dangereux qui demande du sang froid, de la maîtrise de soi...toute une série de qualités que ne semble pas avoir Brailsford.

Alors on se pose la question de la formation des policiers aux Etats-Unis.

Par ailleurs, je n' arrive pas à comprendre le tribunal qui acquitte purement et simplement le policier.J' y vois un très mauvais signal envoyé à la citoyenneté.

Brailsford n' a même pas eu ne serait-ce qu' une condamnation symbolique.Il n' a même pas été obligé de rendre sa plaque...On apprendra que Brailsford a été licencié 2 mois après la mort de Shaver à cause de violations constantes aux règles internes de son service et aussi à cause de son mauvais rendement.

Alors, il est mort de quoi Shaver ?...La faute à pas de chance ?

Pas de chance d' être tombé sur un policier hystérique et névrosé ?...Oui mais un policier hystérique et névrosé, équipé d' un puissant fusil d' assaut AK-15, et qui apparemment n' a eu aucun problème pour être recruté et reçu aux examens de sa Police Academy ...

 

 

 

Ne me tirez pas dessus svp !

Encore une fois ce sinistre fait divers n' aurait pas mérité que j' en fasse un article si le cas de Shaver n' était pas symptomatique d' une dérive inquiétante aux Etats-Unis.Ce sont plus de mille citoyens par an qui sont tués par la police américaine, et malheureusement, on sait que des exécutions sommaires comme celle que je viens de relater sont loin d' être exceptionnelles.

Etre suspect aux Etats-Unis , est une situation vraiment angoissante ...Si les policiers vous abattent il leur suffira juste de dire au juge qu' ils  avaient eu peur de vous, ou alors que vous avez eu un petit geste ambigu...

En tout cas, la rafale d' AK-15 que Brailsford a envoyé à Shaver n' était pas ambiguë, elle...

 

Fusil d' assaut AK-15

Fusil d' assaut AK-15

Philip Brailsford

Philip Brailsford

Daniel Shaver , père de 2 jeunes enfants, n' avait pas d' antécédents judiciaires...

Daniel Shaver , père de 2 jeunes enfants, n' avait pas d' antécédents judiciaires...

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