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15 janvier 2023 7 15 /01 /janvier /2023 16:31

Bonjour les amis.

La semaine dernière je vous avais parlé du manque de connaissance de l'orthographe et de la grammaire chez les jeunes. Cette semaine deux informations qui ont un rapport avec le monde éducatif ont retenu mon attention.

Voici la première info qui fait écho aux Etats-Unis à notre affaire Samuel Paty.

Résumons-nous. Ce n'était pas une caricature du prophète. Il s'agissait d'un cours d'histoire de l'art. La prof montre un tableau du XIV ème siècle représentant l'ange Gabriel et le prophète et explique bien aux élèves qu'ils peuvent ne pas regarder ou sortir de la classe si ça les dérange. C'est ce qu'on appelle aux Etats-Unis un "trigger warning". Finalement tout le monde décide de rester. La projection dure 2 minutes....Plainte d'une étudiante qui s'est sentie offensée...la prof est virée... Bienvenue au XXI ème siècle...😡.

Ne vous méprenez pas. Je respecte le fait qu'un élève ne veuille pas contrevenir à certains préceptes religieux et ne désire pas regarder une représentation, artistique ou pas, du prophète. Simplement il faut rappeler que dans le cas présent les élèves ont eu le choix et que, malgré cela, la prof a été virée.

Cette fois-ci l'institution universitaire donne raison à la plaignante et ne soutient pas la prof, ce qui me paraît à la fois inquiétant et scandaleux. Vous me direz que cette affaire se passe aux Etats-Unis et qu'elle ne nous concerne pas, ce à quoi je vous répondrai: "Oui mais pour combien de temps encore ? ".

Aux Etats-Unis c'est par l'université que la pensée wokiste pénètre profondément la société. Or ce sont dans les universités que se forment les futures élites d'un pays, ce qui en dit long sur la qualité des futurs dirigeants américains. Tous des futurs Justin Trudeau en puissance !

Passons maintenant à une étude publiée dans le magazine LE POINT qui indique que la crédulité atteint des sommets chez les jeunes.

On voit bien que le monde des réseaux sociaux est devenu une sorte de vitrine planétaire dans laquelle s'expriment les croyances les plus folles, les plus arriérées, face à des jeunes qui n'ont plus les moyens intellectuels de faire la différence entre une théorie complètement farfelue (voire abracadabrante) et une autre qui est démontrée de manière scientifique. La science n'est plus le pare-feu qui permettait à la raison de triompher et de séparer le vrai du faux.

Les influenceurs et youtubers les plus ignares et les plus débiles jouissent sur internet de la même crédibilité qu'un chef de service du CNRS qui a dédié toute sa vie à la recherche scientifique et dont la validité des travaux a été vérifiée par des comités internationaux d'experts. Notre jeunesse n'est plus capable de faire la différence.

On se retrouve avec des jeunes qui logent l'astronomie et l'astrologie à la même enseigne alors que l'une est une science et l'autre pas...l'astrologie est à ranger du côté des superstitions. Elle peut avoir un intérêt historique puisque de nombreuses civilisations y croyaient, les rois et certains présidents aussi. Elle peut avoir un intérêt culturel aussi mais en aucun cas un intérêt scientifique.

La théorie de l'évolution a été énoncée par Darwin en 1859 et toutes les recherches ultérieures n'ont fait que la confirmer et la compléter. 

Seulement voila, à l'âge d'internet et face à l'ignorance des élèves, toutes les théories se valent...Un fait scientifique avéré et démontré se transforme en "opinion".

Le fait que la Terre soit ronde n'est pas une opinion ni une théorie, c'est un fait avéré et facilement démontrable que tout être doté de raison ne peut réfuter.

Face à certains enseignements scientifiques certains élèves disent à leurs professeurs:

"Vous avez votre opinion, moi  j'en ai une autre..." sous-entendu " J'ai une autre opinion qui est toute aussi valable que la vôtre".

D'autres vont plus loin: " Votre opinion m'offense...elle m'opprime..."

Une réalité scientifiquement établie perd pour certains son statut de vérité si elle contredit une croyance, surtout si celle-ci est religieuse.

Si nous n'y prenons pas garde certaines ignorances se convertiront en un droit de l'élève. Ce sera le comble!

Or l'école publique, inspirée par l'esprit des Lumières, a pour mission d'instruire les élèves et de lutter contre l'ignorance, contre l'obscurantisme, contre les superstitions, contre les croyances irrationnelles.

Ce que nous apprend l'école c'est justement que toutes les idées ne se valent pas...

Ce qui a fait progresser l'humanité c'est justement qu'elle a été capable de bannir certaines théories infondées.

Or, en ce début de XXI ème siècle ce que nous observons, au nom d'une notion de respect et de tolérance mal comprise, c'est un retour en force des idées les plus obscurantistes.

2023 ou quand l'obscurantisme et l'irrationalité triomphent chez les jeunes...
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6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 09:04

Bonjour les amis,

en septembre 1990 deux sociologues (dont je tairai le nom par indulgence) avaient affirmé dans un essai intitulé LE NIVEAU MONTE que tous les lanceurs d'alerte qui s'inquiétaient de la baisse du niveau de connaissances des élèves français n'étaient que des passéistes rétrogrades qui ne vivaient pas avec leur temps. Ces deux auteurs affirmaient de manière très péremptoire et assez provocatrice que le niveau montait.

Voici sur le lien ci-dessous les résultats d'une récente étude émanant de l'Education Nationale qui démontre qu'ils se sont trompés sur toute la ligne. 

32 ans après la parution de cet essai le thème ne fait plus débat. Le niveau dégringole de manière constante.

Ce thème n'est même plus objet de polémique. Plus aucune personne sérieuse n'ose aujourd'hui nier l'échec patent de l'école française.

La seule chose qui a "monté" durant les trois dernières décennies c'est le nombre de fautes qui a doublé en 30 ans.

Reste à savoir pourquoi.

L'article ci-dessous éclairera votre lanterne.

Un certain nombre de raisons donc qui ressortent de cette interview, des raisons qui vont du déficit d'attention d'une nouvelle génération d'élèves au nombre d'heures dédié à la connaissance de la langue qui a chuté au profit d'autres matières dont certaines pourraient être étudiées ultérieurement de manière plus efficace, une fois que l'élève sait lire et compter.

Et oui, il faut avoir le sens des priorités et retrouver la sagesse populaire qui invite à ne pas mettre la charrue avant les boeufs !

Sans bonne connaissance de la langue c'est l'accès aux autres matières qui devient singulièrement limité. La langue et les mathématiques sont les deux matières sans lesquelles on peut difficilement accéder à toutes les autres.

L'actuel ministre de l'éducation n'essaie pas de minorer le problème et c'est déjà un premier pas dans la recherche de possibles solutions. 

Il y a au moins un point de cette étude que je relève et qui contredit ceux qui pensent que la baisse de niveau affecte essentiellement les milieux défavorisés.

L'étude indique que dans les milieux aisés le nombre moyen de fautes est de 15,5 et que dans les milieux qui le sont moins il est de 21,9.

Il y a donc indéniablement une corrélation entre aisance financière et résultats scolaires, sauf que cette baisse de niveau est GÉNÉRALISÉE et affecte tout le monde, y compris nos chers fils à papa!

Si rien n'est entrepris pour redresser la tendance voilà une situation qui nous promet l'avènement d'une future élite sociale particulièrement ignare et médiocre (certains me rétorqueront que c'est déjà le cas... sauf que ce sera encore pire...).

Je terminerai mon billet du jour avec une dernière pique lancée contre l'écriture inclusive dont j'ai déjà eu l'occasion de dire tout le mal que j'en pensais dans des billets antérieurs.

L'écriture inclusive enlaidit la langue, l'alourdit, ne passe pas le cap de l'oral (puisqu'elle peut être lue mais pas prononcée) mais, à cela, il faut ajouter que cette écriture rend la langue plus inintelligible et qu'elle complique encore plus les règles d'accord qui n'étaient déjà pas si simples.

Moralité: les adeptes de l'écriture inclusive, qu'ils soient Sandrine-Rousseauistes ou Danièle-Obonoistes, veulent compliquer encore plus une langue qu'ils ne sont même pas capables de transmettre à leurs enfants...Le comble, quoi !

Et je ne vous parle même pas des dyslexiques pour qui le bidouillage infâme que représente l'écriture inclusive sème la langue française d'obstacles artificiels et purement idéologiques qui la rendent incompréhensible. On en arrive donc au paradoxe qui consiste à devoir supporter une écriture qui se prétend inclusive mais qui, dans les faits, devient excluante! 

Histoire de rigoler un peu je vous laisse apprécier la phrase que Sandrine Rousseau (qui, soit dit en passant, est enseignante) a envoyé en direction de ses supporteurs (et de ses supportrices...🤣).

Une phrase qui risque de plonger n'importe quel élève de CM2 dans la plus profonde des perplexités !🤦‍♀️🤦‍♀️🤦‍♀️

 

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 15:15

Bonjour les amis,

Comme je vous l'avais indiqué dans mon billet précédent  j'ai pris ma retraite il y a un mois de manière un peu précipitée à cause de l'aggravation de mes conditions de travail.

J'avais fini l'année scolaire en juillet sans annoncer vraiment mon départ à qui que ce soit et sans dire au revoir à personne.

 

Ça ne fait donc qu'un mois que je suis à la retraite, une retraite qui, pour l'instant encore, ressemble davantage à des vacances scolaires prolongées et un peu irréelles, avec la sensation que le temps est devenu un peu liquide.

Aujourd'hui nous sommes le 1er Octobre (date de mon anniversaire) et ce matin j''ai reçu un cadeau très émouvant et auquel je ne m'attendais pas.

En effet j'ai reçu un appel téléphonique d'un groupe d'élèves de l'an dernier qui m'a chanté " Joyeux anniversaire" en changeant un peu les paroles et en les substituant par " Logarithme de Pi"...Et puis ils ont fini la chanson en me criant joyeusement et de manière un peu débridée des messages d'amour et d'affection.

Ces choses-là ne sont vraiment pas dûes au hasard. L'année dernière, en Février, quand j'avais pris la décision de prendre ma retraite, ce groupe-là et un autre aussi m'avaient fait hésiter...Si tous les élèves avaient été comme eux je ne serais peut-être pas parti, mais ce n'est pas le cas...Et puis, valait mieux partir sur de merveilleux souvenirs et éviter, tout comme les boxeurs, le combat de trop.

Autant vous dire, cher ami lecteur, que cet appel m'a fait (comme dit la chanson de France Gall) un drôle d'effet.

Mes pìeds ne touchaient plus vraiment le sol après...En état de lévitation que j'étais !

Et pour être sincère, et pas faussement modeste, je dirai que je désirais mais sans l'espérer un dernier signe en provenance du lycée...un message d'amour...quelque chose qui ressemble à  "Nous nous sommes tant aimés".

Et ce message je l'ai reçu, aujourd'hui, comme un cadeau de la vie qui n'est pas toujours ingrate.

Ces élèves que j'ai tant aimés me l'ont bien rendu ce matin.

Je suis comblé...et la boucle, cette fois-ci, est bien bouclée...

 

 

 

 

 

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 13:13

Bonjour les amis,

Demain 31 août 2021 je serai officiellement en retraite.

Même si c'est une décision librement choisie elle ne correspond pas à ce qui était mon souhait.

En effet, j'avais décidé d'enseigner jusqu'au moins 65 ans. Je m'en sentais la force et l'envie mais les contraintes qui nous ont été imposées dans le monde éducatif ces dernières années m'en ont dissuadé.

Faisons d'abord un petit retour arrière sur le début de l'année scolaire 2020/2021. Au mois de septembre 2020, et à cause de la pandémie, mes élèves étaient en régime semi-présentiel. Eux, ils venaient un jour sur deux, mais moi je faisais un nombre d'heures de cours correspondant à un emploi du temps complet. J'allais tous les jours au lycée, j'avais donc le double de groupes (forcément, vu que ceux-ci ne venaient qu'un jour sur deux !), et faisais cours avec un masque, ce qui, bien évidemment, me fatiguait davantage que de normale.

Or, il se touve qu'après ces journées fatigantes on me demandait l'après-midi et en soirée de prendre en charge via plateforme informatique les élèves qui n'avaient pas pu aller en classe.

Soyons clairs. Mes élèves allaient au bahut un jour sur deux mais moi je travaillais à temps plein presque deux fois.

Je vous fais une comparaison.

C'est comme si à un employé qui travaille dans une entreprise et qui fait un horaire complet (par exemple son service du matin) on lui demandait de faire aussi le service de l'après-mdidi en travail  télématique. Grosso modo on doublait ma charge de travail et, soit-dit en passant, sans la moindre compensation financière, mais c'était pas ça le plus grave : le plus grave, c'était que j'étais exténué...J'étais d' astreinte 24h sur 24, y compris les week-ends.

Alors tout cela s'est partiellement arrangé au cours du 2 ème trimestre durant lequel on est revenu à un régime 100% présentiel mais, par contre, certaines mauvaises habitudes prises à cause des plateformes informatiques sont restées.

Je me disais que la pandémie cesserait bien un jour ou l'autre mais, par contre, je pressentais aussi que les parents avaient maintenant entre leurs mains des outils performants pour nous solliciter sans cesse, jour et nuit.

J'avais de plus en plus de mal à couper ma vie professionnelle de ma vie privée...L'intrusion du professionnel devenait permanente.

J'avais donc pris des résolutions pour me protéger partiellement. J'ai commencé à ne plus répondre aux sollicitations durant le week-end, quel qu'en soit le motif.

Alors j'en viens maintenant au 2 ème motif plus global et plus grave qui a précipité mon départ en retraite.

Depuis plus de deux ans (et donc avant la pandémie) , on nous bassine avec des instructions venant d'en haut qui , au nom de la sacro-sainte INCLUSION mettent le professeur en difficulté quand un de ses élèves n'a pas la moyenne.

Les temps ont changé, et face l'échec scolaire, c'est bien souvent l'enseignant qu'on pointe du doigt, soit de manière directe, soit de façon indirecte et plus tordue.

L'enseignant a-t-il fait tout son possible pour que son élève ne soit pas en situation d'échec?  C'est la question qui se pose presque automatiquement dès qu'un élève est venu en classe normalement mais qu'il n'a pas pu obtenir la moyenne.

Ce que je ne supporte plus c'est d'être dans une institution qui se comporte, sans s'en rendre compte, comme l'école des fans de Jacques Martin. Vous vous souvenez de ce programme télévisuel dans lequel tout le monde avait au moins la moyenne? Et bien, ce n' est pas dit comme cela, mais c'est exactement ce que l'on nous demande, ce que l'on exige de nous.

L'école publique se transforme sans le dire en une école du renoncement, du mensonge et aussi de la lâcheté...et pour y arriver elle est en train de nous submerger dans une bureaucratie aussi lourde qu'inutile.

Par ailleurs je sais, par expérience, que lorsque l'institution scolaire se trompe elle met des années, parfois des décennies à rectifier.

En ce moment, par exemple, la mémorisation est très mal vue dans les programmes scolaires alors qu'elle est une des clés, même si ce n'est pas la seule, de l'instruction et de la connaissance. On veut à tout prix privilégier la réflexion mais une analyse sans mémoire ne va pas bien loin...

La culture de l'effort est partiellement battue en brèche à cause des néo-pédagogues qui tentent de faire croire qu'on peut tout apprendre de manière divertissante. La culture de la méritocratie n'est pas défendue, ni respectée, à cause  de ces moyens informatiques (et autres applications sur portables, professeurs particuliers,etc...) qui permettent à certains élèves de tricher éhontément, de faire faire le travail par un autre, et avec parfois le soutien implicite de leurs parents (et la complaisance de la hiérarchie ou de l'inspection).

Résoudre tout cela n' est pas bien compliqué mais vu la tournure que prennent les événements sous l'impulsion des néo-pédagogues démagos et mystificateurs qui ont pour l'instant le vent en poupe auprès des décideurs politiques, il faudra des années pour remettre les choses en ordre et pour se prémunir de toutes ces dérives.

Le problème se résoudra mais pour l'instant on est en plein dedans, et cette fois-ci, pour moi c'est clair, mes amis.

Je ne serai plus complice. Je ne serai plus le témoin muet. Tout ça se fera sans moi...

Place aux jeunes profs, à qui je souhaite plein de bonnes choses , mais qui iront jusqu'au bout de ces erreurs et qui devront ensuite les rectifier dans quelques années.

Permettez-moi, dans un moment aussi solennel pour moi, de citer Abraham Lincoln:

 

 

 

 

 

Une nouvelle vie commence...

En ce qui me concerne, je tourne la page. Une nouvelle vie commence...

Et comme disait le grand Leo Ferré, je vais d'abord me retourner vers la vérité, comme celle des oiseaux par  exemple...

Une nouvelle vie commence...
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18 janvier 2020 6 18 /01 /janvier /2020 07:56

Bonjour les amis,

la semaine dernière je suis tombé sur un cliché qui m'a fait l'effet d'une Madeleine de Proust.

C'est une photo de caractère universel, prise on ne sait où, mais qui aurait pu être réalisée dans mes corons quand j'étais gamin dans les années soixante.

Une photo qui illustre parfaitement certains moments bénis de l'enfance.

Moments bénis de l'enfance...

Aujourd'hui, les temps ont changé. mais il y a des constantes universelles qui ne varient pas et que les gameboy, playstation, portables, smartphones, tablettes et autres nouvelles technologies ne modifieront jamais.

Aujourd'hui les gamins se donnent rendez-vous entre eux par whatsapp, et à mon époque mes camarades venaient sonner à la porte de la maison et demandaient poliment à ma maman si je pouvais m'en aller avec eux, mais le principe reste le même.

Pour les mômes rien ne vaudra jamais le plaisir de partir en vadrouille avec les copains loin du regard des parents et, par exemple, d'improviser une cage de foot avec deux pierres et de se lancer dans une partie endiablée.

Et tant que ça restera vrai nous pourrons considérer que le temps de l'enfance existe encore...

 

 

 

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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 10:24

Bonjour les amis,

Le métier d'enseignant a évolué et certaines tâches habituelles comme les corrections de copies sont devenues techniquement de plus en plus fastidieuses.

Il y a 15 jours, alors que j'abordais mes conseils de classe au lycée, mes collègues de lettres m'expliquaient que corriger certaines copies devenait de plus en plus pénible à cause du fait que les étudiants copient sans vergogne des fragments entiers d'articles trouvés sur le net.

En général le prof n'est pas dupe et suspecte tout de suite la triche car l'élève souvent se ridiculise en employant un registre et une qualité formelle qui sont complètement hors de sa portée.

Malgré tout le professeur ne peut sanctionner ce genre de plagiat s'il n'est pas capable d'en apporter la preuve.

Du coup les enseignants d'aujourd'hui passent souvent beaucoup de temps à rechercher sur internet l'article qui a été pompé. C'est devenu une charge supplémentaire qui s'ajoute au travail de correction.

Si l'élève est habile il peut reformuler certaines phrases de telle manière que la recherche de l'article original soit infructueuse. Dans ce cas le prof est obligé de noter comme si son élève avait réellement produit le travail qu'il a présenté.

La semaine dernière j'ai lu sur ce sujet un fait divers assez drôlatique qui s'est produit en Angleterre.

Je vous le raconte brièvement. Un professeur en école d'ingénieur en avait marre que ses étudiants utilisent leurs portables (théoriquement interdits durant un examen) pour répondre à ses questions.

Du coup il s'est inscrit lui-même sur Chegg (l'un des sites internet habituels utilisé par ses étudiants) sous un faux profil et en y mettant des réponses fausses (mais vraisemblables) qu'il avait lui-même savamment préparées.

14 de ses élèves ont plongé...reproduisant à la perfection les erreurs que lui-même avait préparées...CQFD !!! 😂😂😂

 

Evidemment cette info m'a fait hurler de rire mais malgré tout le problème de fond, lui, n'est pas si drôle....

Corriger des copies est une tâche nécessaire, importante et ardue qui plombe souvent les week-ends des enseignants mais avec l'apparition des nouvelles technologies cette tâche est devenue parfois un peu absurde, indécente,ingrate et indigne de notre métier.

Parfois ce n'est plus un travail de correction qu'il faut produire mais simplement un travail de recherche de plagiat...D'ailleurs les professeurs classent souvent leurs tricheurs par groupes car les élèves partagent les mêmes sources et se copient entre eux (reproduisant parfois certaines erreurs à la virgule près...).

Un dernier point. Souvent on demande aux parents d'apprendre à leurs enfants à être respectueux des normes scolaires. Et bien, force est de constater que face à ce genre de problèmes ils se mettent souvent du côté de leurs progénitures même quand elles sont prises en flagrant délit (j'insiste sur ce point)...Ces parents qui croient soutenir leurs enfants leur rendent en réalité un bien piètre service. 

Education : quand certaines corrections de copies prennent de plus en plus de temps...
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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 08:43

Bonjour les amis,

aujourd'hui j'aimerais partager avec vous un document vidéo dans lequel deux professeurs de français nous apportent de sérieux éléments de réflexion sur notre orthographe, et sur sa nature parfois artificiellement et inutilement complexe.

Ecoutez-les. C'est étourdissant de drôlerie, et de justesse dans l'observation...

C'est un magnifique plaidoyer plein d'humour qui dénonce les fausses justifications et qui bouscule certaines de nos certitudes.

 

Alors maintenant, allez savoir pourquoi, je reste très réfractaire à une réforme profonde de l'orthographe. Les mots ont maintenant un visage et je serais très gêné si celui-ci changeait mais ça, ce n'est pas un argument culturel et esthétique légitime pour faire souffrir les futures générations... Au fond ces deux auteurs ont raison, mais si on est d'accord avec eux il nous faudra reconnaître aussi que ce n'est pas une réforme de l'orthographe qu'il faudrait entreprendre mais plutôt une révolution...

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15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 14:23

Bonjour les amis,

Certaines photos parlent d' elles-mêmes et possèdent un fort contenu émotionnel universel.

C'est le cas de la photo que je vous présente aujourd'hui, signée par Lewis Hine.

Il s' agit de 3 jeunes ouvrières, Josie, Bertha et Sophie photographiées aux portes d'un entrepôt de conditionnement d'huîtres en 1912, à Port-Royal en Caroline du Sud.

Enfances volées...

Tout est dit dans ces visages sérieux, fermés, qui portent des expressions aussi dures que leurs conditions de travail.

Ces jeunes créatures ont été dépossédées d'un trésor auquel nous avons tous droit : le temps de l'enfance.

Mais cette photo datant de 1912 reste aussi étonnament moderne car malheureusement en 2018 le travail des enfants n'a pas été erradiqué de notre planète même s'il y a des conventions internationales qui l'interdisent.

Naomi Klein l'a dénoncé dans son livre NO LOGO dans lequel elle démontre que nombre de nos produits de consommation courante comme vêtements, articles de sports, téléphones portables,etc... sont fabriqués grâce à l'esclavage des enfants.

Un enfant sur 10 est concerné sur notre planète.

Selon les chiffres de l’Unicef, dans le monde, environ 160 millions d’enfants de 5 à 14 ans travaillent, dont 12 millions dans des conditions dangereuses, comme dans des mines ou des usines. Dans certains pays comme l'Inde, le travail des enfants est courant, les jeunes rapportant ainsi un peu d’argent à leur famille qui vivent avec quelques dollars par jour.

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 12:45

Bonjour les amis,

En général je n' aime pas voir déballées dans les réseaux sociaux des affaires qui devraient être traitées de manière interne par des institutions publiques car on peut craindre les pires dérives populistes et antidémocratiques. Mais avec le hashtag #PasdeVague#, je fais une exception à la règle car je pense que les cadres de l'éducation nationale ( et spécialement les inspecteurs) y prennent dans la figure un retour de flammes largement mérité, fruit de leur lâcheté et irresponsabilité. 

En effet, il aura fallu des décennies d' abandon et de manque de soutien des profs confrontés à la violence et à l'incivisme croissant de leurs élèves pour aboutir à cette flambée de dénonciations sur les réseaux.

Le ministre de l' éducation est lui-même impliqué de manière personnelle dans la dérive laxiste du système éducatif dans la mesure où, avant de devenir ministre, il a été recteur de l' académie de Créteil, et que des voix se sont levées pour critiquer son inaction de l'époque.

Ecoutez ce témoignage.

Blanquer qui, par ailleurs, n' a pas eu la réaction qu' on pouvait attendre d' un ministre en mettant en doute la parole des profs sur le hashtag...

Ecoutez les réflexions de Jean-Michel Apathie sur les commentaires du ministre.

Notons que cette fois-ci les journalistes ont fait preuve de pédagogie en expliquant bien au grand public que, au delà des infractions inadmissibles qui sont devenues monnaie courante dans les salles de classe, c' est bien l'inaction et la politique de l'autruche des cadres de  l' institution scolaire qui sont réellement scandaleuses.

Je concluerai très simplement en disant que la création du hashtag #Pas de Vague# n' a rien de réjouissant. C'est la preuve de profonds malaises et dysfonctionnements coupables dans l' institution scolaire où les problèmes sont niés au lieu d'être résolus.

On ne peut qu' espérer la disparition de ce hashtag à l' avenir mais force est de reconnaître qu' il aura au moins eu le grand mérite de faire tomber le mur du silence, d' éveiller les consciences afin d' obliger les politiques à faire preuve d'un peu plus de courage.

Et pour terminer sur une note d' humour, voici le papier d' Anne Roumanoff qui a été très inspirée par cette affaire de menaces d' un élève envers sa professeure.

 

 

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 18:37

Bonjour les amis,

Aujourd'hui je veux partager avec vous une nouvelle qui nous vient de Suède.

Greta Thunberg, collégienne de 15 ans, a décidé de faire grève depuis le 26 août dernier et de ne pas reprendre les cours jusqu'aux élections législatives du 9 Septembre afin de manifester contre le réchauffement climatique et de sensibiliser le public à la défense de l'environnement.

Alors moi j' ai horreur de voir les enfants faire irruption dans le domaine de la vie publique et politique. Je trouve cela très incongru. Il faut respecter le temps de l' enfance et je n' aime pas voir des ados essayer de devenir adultes trop tôt.

Il y a un âge pour tout et chaque chose doit se faire en son temps. D' abord il faut former son esprit à l' école et en famille, acquérir des connaissances et un esprit critique, mûrir, et puis, plus tard, à l' âge de la majorité, se mettre au service de la collectivité et des citoyens.

Donc ce titre d'article que j' ai vu ce matin parlant de la grève d'une collégienne de 15 ans  m' a agacé un peu, mais, finalement, après avoir écouté attentivement les propos de Greta, j' avoue qu' elle m' a bousculé un peu dans mes à priori.

Si j' étais son père m'  opposerais-je à sa grève qui est illégale puisqu'elle n' a que 15 ans ?

Et bien, après avoir lu ses déclarations, je n' en suis pas si sûr.

En effet, il n' est sans doute pas normal que ce soit des enfants qui interpellent les politiques sur leurs obligations morales, mais il n' est pas normal non plus que ceux-ci n' orientent pas tous leurs efforts pour protéger les générations à venir de l'énorme danger climatique.

J' appartiens à une génération qui a pu vivre pleinement le temps de l' enfance, sans angoisses, en mordant la vie à pleines dents, en me consacrant à mes études, pendant que les adultes s'occupaient de mon bien-être physique et moral.

Or, les enfants de 15 ans d' aujourd'hui qui sont un peu conscients des graves dangers que court notre planète ne peuvent plus bénéficier de cette insouciance protectrice et bienfaitrice.

Donc, si ces jeunes ne se sentent plus protégés et si l' avenir qui se profile leur paraît cauchemardesque, ne nous étonnons pas qu' ils manifestent leurs préoccupations devant un parlement qui est l' institution la plus symbolique de la vie démocratique d' un pays.

En définitive, on a ce qu' on mérite : nos enfants nous rappellent à nos devoirs moraux, ce qui indique, qu' on le veuille ou pas, qu' on est tombé bien bas.

Finalement, je suis passé de l' agacement à la sympathie pour cette petite Greta qui pourrait devenir un symbole pour toute une jeunesse.

Elle se plante devant son parlement pour  dire aux députés que le vrai défi pour notre survie est là, et qu' il passe par la défense du climat, pour leur dire de ne pas perdre le Nord et d' orienter tous leurs efforts pour limiter le plus possible le réchauffement global.

Greta est active sur les réseaux, et son cas singulier  se transforme déjà en symbole de lutte qui dépasse largement le cadre de ses frontières.

Finalement, tout ce qui peut amener de la sensibilisation pour la défense de l' environnement est bon à prendre, même si ça vient, et c' est bien triste, de la part d' adolescents.

Bravo à Greta donc pour sa pugnacité. Je lui souhaite une bonne reprise au collège le 9 Septembre prochain et un bon courage pour cette lutte qui ne fait que commencer ...

Que ça nous plaise ou pas, il faudra bien écouter la petite Greta...
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