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3 janvier 2023 2 03 /01 /janvier /2023 08:53

Bonjour les amis,

VIVA LA MUERTE c'était le cri de guerre des forces franquistes durant la guerre d'Espagne. Or, il semble que ce soit aussi le message implicite de Poutine envers ses concitoyens.

Voici un extrait de ce qu'écrit André Markowicz sur sa page facebook.

« La vie, c’est très surévalué... »
C’est par cette sentence que le principal propagandiste poutinien, Vladimir Soloviov, a commencé l’année 2023. « La vie, c’est très surévalué, de toute façon », a-t-il dit au cours d’une conversation en direct pendant son show vespéralement quotidien sur ce qu’il voulait faire croire, à savoir, en l’occurrence, la motivation sans faille de l’armée russe (parce qu’il revient, supposément, du front, — on l’a vu, juste avant le nouvel an, en uniforme, jouant les correspondants de guerre). Et il a continué : « À quoi bon avoir peur de ce qui est inévitable ? D’autant plus que, nous, on se retrouvera au paradis. La mort, c’est le début d’un chemin, et le début d’un autre. » Et puis, un peu plus tard, il a continué en citant « un classique » : « La vie ne vaut la peine d’être vécu que si l’on vit pour ce pour quoi ça vaut la peine de mourir. »

Je vous invite à lire le post complet d'André Markowicz sur le lien ci-dessous, un post dans lequel il commente les voeux prononcés à la télévision par Poutine. Des voeux qui ne sont que l'expression de la fuite en avant vers l'erreur, et aussi vers l'horreur...

Poutine présentant ses voeux avec des militaires derrière lui...le ton est donné.

Poutine présentant ses voeux avec des militaires derrière lui...le ton est donné.

L'image ci-dessus de ces voeux présidentiels est parlante. Nous avons bien affaire à un despote qui a réussi grâce à un énorme effort de propagande à embarquer toute une armée de zombies derrière lui...Z comme zombies...

Une armée qui s'est principalement distinguée en 2022 par un nombre incalculable de crimes contre l'humanité, de massacres de civils, de destructions massives d'infrastructures, de saccages, de vols, de viols, d'enlèvements d'enfants pour les "russifier"...C'est la barbarie la plus sauvage qui s'est exprimée en 2022 et Poutine nous promet une année 2023 sans répit.

Au nom de quoi ?

Au nom d'une idéologie eurasiste très extrême-droitiste, une idéologie parfaitement fascisante qui conférerait à la Russie une hégémonie autoproclamée sur ses territoires voisins. Pour en arriver là il a fallu réinterpréter l'histoire pendant des décennies et nier à l'Ukraine sa souveraineté.

L'année dernière fut le théâtre d'un tableau de la guerre digne de l'enfer de Jérôme Bosch. Nous avons été témoins de la plus incroyable, la plus improbable et la plus grossière mystification de l'histoire avec un président russe qui accuse l'Ukraine et le monde occidental de ce qu'il est lui-même.

 2022 n'a pas été une bonne année pour le dictateur qui s'est planté sur toute la ligne. Il redouble d'efforts dans sa guerre car il est déjà dos au mur.

Pour ma part je commencerai 2023 en lui envoyant du fond du coeur mes propres voeux et en employant une formule utilisée en d'autres temps par Monseigneur Tutu:

PRESIDENT PUTIN...YOU CAN GO TO HELL !

Je ne dirigerai pas ces voeux uniquement au plus grand criminel des moments que nous vivons mais aussi à ses nombreux sbires et complices, à commencer par son bouledogue de Lavrov, et à tous ceux, lâches et criminels, qui font partie de son système corrompu patiemment mis en place en deux décennies. Ce n'est pas seulement Poutine qui doit être condamné mais tout son système, ce qui représente pas mal de monde.

Je terminerai avec une chanson de Brassens dont j'espérais qu'elle ne soit plus d'actualité mais que les voeux du président criminel me remettent de manière obsédante en mémoire, une chanson que je dédie à ces soldats russes (dont nombre d'entre eux sont victimes des visions hallucinées et meurtrières de leur chef), des soldats élevés au statut de héros par le maître sanguinaire du Kremlin, mais que l'histoire un jour  renverra au rôle de simples zombies lobotomisés au service d'un des projets criminels les plus fous de l'humanité. Que 2023 soit l'année du début du réveil pour eux...car réveil douloureux il y aura, tôt ou tard.

Ceux d'entre eux qui reviendront de cette guerre infâme et honteuse auront peut-être l'occasion de méditer amèrement sur les vers de Brassens qui leur vont comme un gant. 

" Allons vers l'autre monde en flânant en chemin Car, à forcer l'allure Il arrive qu'on meure Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain

Or, s'il est une chose Amère, désolante En rendant l'âme à Dieu, c'est bien de constater Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente D'accord, mais de mort lente..."

PS: André Markowicz affirme dans le post que j'ai mis en ligne qu'il y a déjà de nombreux cas d'exécutions publiques de soldats russes pour l'exemple dans les régiments de Prigojine...Des dizaines de cas..Fusillés pour l'exemple en 2022, pour ceux d'entre eux qui ne veulent pas monter à l'assaut...Qui doute encore que le régime de Poutine est celui de la TERREUR ?

PS nº 2: Petite suggestion de lecture...en attendant le réveil de zombies...

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24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 10:20

Bonjour les amis,

On sait que la censure qu'appliquent les dictatures finissent toujours, tôt ou tard, par se retourner contre elles.

Quand il y a une vérité officielle et que les faits viennent la contredire les journalistes qui sont aux ordres du pouvoir doivent faire de plus en plus de contorsions pour maintenir un semblant de cohérence. Et puis il arrive aussi que les interdits sont tellement nombreux qu'ils finissent par être contradictoires entre eux, ce qui peut amener à des situations burlesques dignes d'une comédie de Woody Allen.

Quand on vit sous un régime autoritaire et liberticide, il arrive un moment où si vous dites BLANC vous êtes coupable, et si vous dites NOIR vous êtes coupable également. Il arrive un moment  où la seule solution qui reste c'est de se taire...

En voici une parfaite illustration avec cette intervention d'un journaliste russe qui ne manque pas d'humour...une intervention sur une chaîne nationale dans laquelle il évoque le retrait des troupes russes de Kherson. Ecoutez plutôt sur le lien ci-dessous, c'est assez savoureux...

Alors, encore une fois l'humour et la satire acerbe sont souvent les moyens les plus efficaces pour échapper à la censure. Je salue au passage le courage de ce journaliste dont l'ironie fera grincer des dents plus d'un responsable russe dans les hautes sphères du Kremlin.

Cette intervention pleine de malice du journaliste montre à quel point Poutine s'est pris à son propre piège.

Depuis qu'il a déclaré très solennellement, la main sur le coeur, que les territoires annexés en Ukraine sont définitivement russes il s'est mis dans la même situation que celui qui s'enferme à double-tour dans une cellule et qui jette la clé par la fenêtre...Il n' y a plus de vraie sortie...plus de bonnes solutions...plus vraiment de plan de paix.

Le postulat de départ de Poutine qui, avant la guerre, consistait à nier à l'Ukraine sa souveraineté en affirmant par écrit que l'Ukraine fait partie de la Russie a choqué frontalement contre une réalité qui l'infirme.

Après 9 mois d'un conflit destructeur, des milliers de victimes innocentes et des familles entières vivent au moment où j'écris ces lignes un véritable enfer, dans le froid et dans la faim, à cause d'un dictateur qui s'est royalement planté sur toute la ligne et qui ne s'est pas laissé d'échappatoire...

PS: Suite à la publication de cet article Caius m'a expliqué que contrairement à ce qu'indique BFMTV cette intervention n'est pas passée sur la télé russe mais sur une télé étrangère. Je vous invite donc à lire son commentaire ci-dessous ainsi que mes réponses. 

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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 10:33

Bonjour les amis,

La guerre insensée et délirante menée par la Russie contre l'Ukraine m'a plongé dans un état qui pourrait être qualifié de profonde affliction, et ce , pour un motif simple à résumer. La catastrophe planétaire a eu lieu et ce qui va se produire demain ne pourra rien y changer. Dans le meilleur des cas les grandes puissances occidentales ne reprendront plus des relations normales avec la Russie  avant des décennies. Le Monde est parti de travers.

Avant d'aller plus loin j'aimerais d'abord donner la parole à André Markowicz et partager avec vous ce qu'il a écrit sur facebook.

Voici son post dans lequel il parle de son immense tristesse, une tristesse que je partage bien sûr.

" Un point sur la tristesse.
Je suis, comment dire ça ? épuisé de tristesse. Que ça continue. Que cette guerre soit si lente. Je voudrais tellement que, ça y est, après l’effondrement sur le front de Kharkov, après l’effondrement sur le front de la rive droite du Dniepr, il y ait un effondrement, vraiment, mais vraiment, que l’armée russe soit, mais vraiment, détruite, qu’elle soit repoussée jusqu’aux frontières de la Russie, dont elle n’aurait jamais dû sortir. Mais non, bien sûr. Il y a eu un effondrement, mais ils ont réagi — et je comprends ça, qu’ils réagissent, puisque Poutine a envie de vivre quelques années de plus. Ils ont réagi par d’autres catastrophes, mais ils ont réagi, et ils ont arrêté, ou ralenti, l’effondrement.
Il y a eu la mobilisation, monstrueuse dans sa forme (les gens, n’importe qui, qu’on arrêtait dans la rue), monstrueuse dans ce qu’elle a montré de l’état réel de l’armée (une armée qui demandait à ses propres recrues de payer leurs équipements, et le ministère des finances qui ouvrait des lignes de crédit pour ça — pour que les mobilisés, ou plutôt leurs familles, puissent s’endetter encore plus ; une armée incroyablement sous-équipée — je veux dire pour les hommes ; des hommes sans aucun entraînement, lancés, comme ça, tout de suite, au front, et se faisant tuer, d’ores et déjà par milliers). Ils ont réagi, surtout, en se tournant vers l’Iran (pas vers la Chine, — vers l’Iran) pour se fournir en armes, d’abord en drones, — des milliers de drones, que la Russie, visiblement, n’était pas capable de produire, et, donc, en s’attaquant non plus à l’armée ukrainienne, mais à toutes les infrastructures civiles du pays (ce qui prouve, une nouvelle fois, qu’il s’agit bien d’une guerre de destruction massive d’un pays tout entier), et, là, il faut bien l’admettre, le voir (à défaut de pouvoir le sentir soi-même) que, oui, les destructions, elles sont réellement massives, en termes de centrales électriques, et que, dès lors, l’hiver sera encore plus épouvantable. Et il y a les drones, mais il y aura les missiles à longue distance — parce que l’Iran exporte ça aussi (et pas seulement le terrorisme islamiste).
*
Il y a ça, et il y a, il faut bien le dire aussi, l’épuisement des alliés, qui continuent de fournir les armes, mais ne peuvent pas, d’après ce que je comprends, en fournir plus vite, simplement parce qu’il faut du temps pour les fabriquer, et ces milliards et ces milliards de dollars qui partent comme ça, en armes. Et comment ne serais-je pas épuisé de tristesse quand j’entends une expression comme « une famine de munitions » ?
*
On me dit souvent que je suis trop facilement optimiste... Ah, si les gens qui disent ça me connaissaient vraiment, ils n’arriveraient pas à croire qu’ils aient raison à ce point : oui, je suis un optimiste absolu, toujours, parce que je suis toujours intimement persuadé que c’est le pire qui va arriver, et que, tant que ce pire n’arrive pas, eh bien, comme dit l’autre, je suis déçu en bien.
Ce qui m’épuise, c’est ça : c’est que la réalité est toujours pire que la pire des prévisions. Je savais (je l’avais dit et redit ici-même, pendant des années) que le régime de Poutine ne pouvait se maintenir que par la guerre — mais c’est une chose d’employer le mot « guerre », et c’est une autre chose de la voir, là, devant vous. Et je savais que, si guerre il y aurait, elle serait comme la guerre de Syrie (et je l’avais dit et redit), mais, là encore, c’est une chose de le dire, de l’écrire, et c’est une autre chose de le voir. Mais de voir aussi que la réponse de Poutine est toujours de plus en plus (oui, toujours de plus en plus) monstrueuse, indifférente à quoi que ce soit. — Là, par exemple, il y a cette évacuation (cette déportation) des habitants de Kherson, avec juste un gros sac ou une valise par personne. Mais la ville n’est pas vide. D’abord, il reste quelque chose comme 60.000 habitants. Et puis, il y a les militaires russes, dont la présence, malgré tous les malgrés, n’a fait que se renforcer, par des moyens invraisemblables, — par des barges, des pontons (dès lors que les ponts ont été détruits). Ces hommes, plusieurs dizaines de milliers de soldats appelés en renfort, sont essentiellement des mobilisés. Est-ce qu’ils sont là pour repousser l’armée ukrainienne ? Non. Ils sont là pour se faire tuer si l’armée ukrainienne attaque frontalement (ce que, visiblement, elle se refuse, ou est incapable, de faire). Ils sont là pour ralentir la progression inévitable des Ukrainiens — juste par le nombre. Ont-ils une chance de victoire ? Aucune. Ont-ils une chance de survie ? Oui, s’ils arrivent à se rendre. — Mais ce sera tellement long, et on les obligera (c’est, du moins, j’ai l’impression, le plan) à se battre rue par rue, à faire de Kherson, comme disent les propagandistes russes, « un Marioupol à l’envers »...
Et à Kherson, dans la ville même, les appartements abandonnés sont systématiquement pillés (et je ne parle pas des appartements occupés par des gens, ukrainiens ou non, qui s’étaient installés chez ceux qui étaient partis dès le début de la guerre — il y a eu des milliers de cas). Non, maintenant, c’est ça : un appartement vide (ou vidé) est un appartement ouvert, et la soldatesque se sert (il y a des videos terrifiantes, pathétiques, sur ce que font les soldats de Kadyrov, qu’une femme, qui hurle, accuse de revenir se servir encore alors qu’ils avaient tout pillé la veille — et eux, ils lui disent : « mais non, c’est pas nous, nous, hier, on était ailleurs »). Et les Russes vident les musées, les bibliothèques, vident tout ce qu’ils peuvent, et, ça, ils se chargent sur des bacs, et ils traversent le Dniepr, pendant que, dans l’autre sens, d’autres convois militaires arrivent. Convois qui ne sont pas bombardés, comme si les Ukrainiens les laissaient faire, pour en prendre davantage le moment venu. — Et ça, c’est juste à Kherson. Mais tout ce qui se passe ailleurs...
*
Et puis, je savais que le pouvoir de Poutine pervertissait les mots, parce que c’est le propre (le sale, devrait-on dire) des dictatures, de changer la nature de la langue. Mais comment expliquer qu’une grande part de mon épuisement de tristesse n’est pas que Poutine change la langue, mais, au contraire, qu’il ne la change pas du tout ? Qu’il en fasse ce que j’appelle un mur (avec des lézardes, certes, mais un mur) — un mur qui renvoie, comme en miroir sans glace, tout ce que vous dites, tout discours sur la réalité, et que, le pire pour moi, c’est ça : que si tu ne sais pas qui parle, tu te dis que le type qui parle a tout à fait raison, sur tout, — sur la soif de pouvoir, sur la dictature, sur les bombardements des civils, sur les crimes de guerre, etc., etc. — sauf que, celui qui parle, c’est un poutiniste quelconque et qu’il dénonce, non pas, évidemment, son propre camp, mais les gens même à qui il inflige ça, — les crimes de guerre, les tortures, les bombardements. Imaginer que c’est ça aussi qui me rongerait à ce point, non pas ce crime contre la langue, mais cet effacement de la réalité par le fait de renvoyer aux victimes de tes exactions, comme ultime réponse, le discours qui dénonce ces exactions.
*
Je suis épuisé de tristesse. Parce que ça continue et que ça va continuer, et que ça ira de pire en pire, et que ça ne finira pas avant, je ne sais pas, un an — avant, au plus tôt, j’ai l’impression, l’été prochain. Qu’il y aura l’hiver.
*
Je suis épuisé de tristesse — et d’une honte noire. Même si, toute ma vie, je puis le dire, j’ai dénoncé la dictature russe, même si, d’une façon ou d’une autre, tout mon travail est une réaction contre son inhumanité. Et qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Que j’arrête ces chroniques, là, au milieu ? Ah mais, oui, ce serait tellement bien que je parle d’autre chose. Que j’en parle davantage, disons ça.
Moment d’arrêt quand rien ne s’arrête autour. Et, donc, continuons — tant que ça continuera. Pourvu qu’on ait la force."
Où va le monde ?

Hier j'ai écouté aussi sur Radio France Françoise Thom et Wladimir Berelowitch nous parler des motifs de cette guerre qui n'ont absolument rien à voir avec ceux qu'a invoqués Poutine. Hier le dictateur russe en appelait à une supposée "dénazification" de l'Ukraine ...aujourd'hui, dans son dernier discours, c'est la "désatanisation"...délires...délires...

" Plus c'est gros et mieux ça passe" disait en son temps Joseph Goebbels.

J'aimerais vous rappeler, cher lecteur, que le conflit dans le Donbass (largement alimenté par les sbires, les mercenaires et les soldats de Poutine) avait fait durant l'année qui a précédé l'attaque sauvage et barbare du 24 Février 23 morts en tout et pour tout, et en comptant les 2 camps. Ce qui veut dire que la maître du Kremlin a déclenché une apocalypse meurtrière et mis en danger la paix mondiale au nom de 12 malheureuses victimes pro-russes.

Françoise Thom nous dépeint un dictateur corrompu jusqu'à la moelle et assoiffé de pouvoir qui obéit à une logique mafieuse, de chef de bande sans vraie idéologie. Poutine utilise les théories de Douguine comme un alibi mais en fait il est tout aussi dénué de vraie idéologie que de scrupules.

Vous pourrez entendre le débat sur ce podcast intitulé OÙ VA LA RUSSIE?

 

A noter que durant cette émission Alain Finkielkraut nous parle d'un livre d'Iegor Gran, basé sur des témoignages réels, que je vais lire bientôt et intitulé Z COMME ZOMBIE.

Oui, ce titre colle à merveille à l'armée russe et aussi à cette partie importante de la population qui a gobé la propagande de Poutine et qui vit dans une réalité parallèle,  remplie de haine, de rancoeur meurtrière. Une haine alimentée par un discours qui appelle, sous le fallacieux prétexte de se protéger, à anéantir ceux qui ne s'allient pas aux russes. L'Occident est devenu l'ennemi désigné. Les Russes vivent désormais dans un monde orwelien aussi cauchemardesque que celui qui est dépeint dans le roman 1984.

Bien évidemment je ne veux pas, tout comme Markowicz, céder au désespoir. Il faut garder la force d'espérer mais un état des lieux s'impose.

Les 8 derniers mois ont fait basculer notre histoire planétaire. La confiance est perdue pour très longtemps, et ce, dans le meilleur des cas...Les conséquences sont déjà incommensurables pour le monde entier (à commencer par les budgets militaires de tous les pays qui sont revus à la hausse...ce qui est un euphémisme si on pense au futur budget de l'Allemagne par exemple).

J'ai titré mon billet OÙ VA LE MONDE?...Je n'aurai pas la prétention de répondre à une telle question...simplement, je constate atterré que Poutine a changé sa direction...durablement !

Au moment où se célèbre Halloween ce masque terrifiant convient bien à celui qui a modifié le destin du Monde et particulièrement celui de l'Europe.

Au moment où se célèbre Halloween ce masque terrifiant convient bien à celui qui a modifié le destin du Monde et particulièrement celui de l'Europe.

PS: Voici mes prochaines lectures...les livres de Chloe Ridel et de Françoise Thom

Où va le monde ?

Résumé. L'Occident s'est longtemps trompé sur Poutine. Fermant les yeux sur les nombreux signaux d'alarme émis par son régime dès les premiers jours, il a vu en lui un chef « pragmatique » dont la préoccupation principale est de s'enrichir et d'enrichir ceux qui le servent. Mais pour Poutine, l'argent est avant tout l'instrument indispensable de la puissance, qui permet d'acheter des hommes et des armes.En politique intérieure et en politique étrangère, l'évolution de la Russie poutinienne suit une trajectoire parallèle. Dès que Poutine se sent en position de force, la corruption et la cooptation, sans être abandonnées, cèdent la place à l'intimidation et la terreur : les opposants sont empoisonnés, les États voisins sont agressés, les pays occidentaux menacés de frappes nucléaires s'ils ne se soumettent pas à la volonté de Moscou.Le poutinisme est un phénomène inédit dans l'histoire, un régime nihiliste obsédé de puissance, qui s'adonne à la nuisance sans le moindre motif rationnel, sans le prétexte d'une idéologie articulée, au détriment même des intérêts de la Russie. Ce livre est essentiel pour comprendre en profondeur les ressorts de l'action du Kremlin.
Françoise Thom, agrégée de russe, est maître de conférences (HDR) émérite en histoire contemporaine de l'université Paris-Sorbonne. Spécialiste de l'URSS et de la Russie postcommuniste, elle a publié de nombreux ouvrages, dont Les Fins du communisme (1994), Beria : le Janus du Kremlin (2013), Géopolitique de la Russie (avec J.-S. Mongrenier, 2016) et récemment La Marche à rebours. Regards sur l'histoire soviétique et russe (2021).

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27 octobre 2022 4 27 /10 /octobre /2022 05:07

Bonjour les amis,

Depuis la contre-offensive ukrainienne qui a mis à mal l'armée russe dans les territoires annexés Poutine a révélé au monde les énormes faiblesses de ses troupes mal équipées et dont la logistique est défaillante.

C'est un énorme camouflet que viennent d'infliger les ukrainiens à une armée qui, sur le papier, est surpuissante. Si vous lisez les prédictions des experts au début du conflit vous verrez que tous pensaient que la main-mise des russes ne prendrait tout au plus que quelques mois, que rien ne pourrait s'opposer à la puissance du rouleau compresseur russe.

Voila donc l'agresseur ridiculisé et dont l'armée a perdu le respect des militaires étrangers.

Devant l'incapacité de ses troupes à avancer sur le terrain Poutine a donc pris la décision de bombarder les infrastructures arrières de l'Ukraine afin de plonger la population civile dans le froid. Une façon à la fois lâche et cruelle de ne pas perdre la face, mais une façon qui oblige à démasquer sa nature profondément inhumaine et barbare. Le masque du monstre est tombé.

Toutes les conditions sont donc réunies pour que l'ex-agent du KGB Poutine fasse appel à la grande spécialité qu'il a utilisée avec succés toute sa vie: le coup tordu.

Le coup tordu c'est commettre un acte barbare qu'on va faire endosser à son adversaire pour ensuite justifier une riposte très meurtrière, voire génocidaire.

Un coup tordu c'est par exemple ce qu'avaient organisé les services secrets russes avec les attentats de Moscou, des attentats sanglants que Poutine a mis sur le dos des tchétchènes, ce qui lui a perrmis d'affirmer, avec la vulgarité qui le caractérise, qu'il irait les anéantir "jusque dans les chiottes" si c'était nécessaire.

Ce ne furent pas des menaces en l'air car l'armée russe commit ensuite toute une série de crimes de guerres contre le peuple tchétchène en massacrant les civils.

C'est à partir de ces massacres massifs impunis que Poutine est entré dans le "club" des criminels de guerre.

Nous voici donc à un moment clé où nous avons tous les ingrédients pour que se reproduise une énorme saloperie du même calibre mais dirigée, cette fois-ci, contre les ukrainiens.

Cette semaine il y a eu du côté de l'Etat-major russe des affirmations accusant les ukrainiens de préparer une "bombe sale". La propagande russe pour étayer ses accusations fumeuses a utilisé une vieille photo datant de 2010 en...Slovénie!

Ces manipulations grossières destinées à tromper le peuple russe sont donc très inquiétantes.

Poutine est devenu très prévisible. Il accuse ses adversaires de ce qu'il envisage de commettre lui-même.

C'est devenu sa marque de fabrique.

Ajoutons-y que, pour parachever le tout, il vient de demander à ses généraux d'organiser des entrainements d'usage de forces nucléaires.

Poutine, tel un chien enragé qui aboit sans cesse, pratique le chantage et agite, une fois de plus, ses menaces nucléaires.

En être réduit à ça après seulement 8 mois de conflit montre à quel point l'échec est cuisant pour l'armée russe. C'est à la fois profondément monstrueux, barbare mais aussi pathétique.

L'usage de l'arme nucléaire est par nature politiquement suicidaire s'il n'est pas fait dans un but défensif. 

Théoriquement la raison indique que Poutine ne peut l'utiliser directement sans perdre tous ses appuis internationaux et sans en payer un prix incommensurable. L'image de la Russie serait ternie pour des décennies.

Donc si ce risque est réel il devrait être obligatoirement précedé d'un "coup tordu" pour le justifier. CQFD.

L'humanité ne peut que retenir son souffle...

Rappelons quand même qu'en février l'occident (mis à part les américains) ne croyait pas à une attaque généralisée du territoire ukrainien tant ça paraissait insensé. Les faits ont ensuite démontré que c'était effectivement insensé.

Poutine avait commis un acte insensé à un moment où son pouvoir n'était pas encore en danger, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Aujourd'hui il en est réduit après 8 mois de conflit à défendre déjà sa peau...

Poutine est un criminel certes, mais théoriquement n'est pas fou. Est-ce que quelqu'un qui n'est pas fou peut commettre une folie?...la réponse est malheureusement oui.

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24 octobre 2022 1 24 /10 /octobre /2022 07:59

Bonjour les amis,

Rien, aucune souffrance ni aucune misère ne seront épargnées aux ukrainiens. Cette guerre est un authentique cauchemar dont on n'arrive jamais à se réveiller.

Poutine a bombardé et détruit 30% des installations électriques de l'Ukraine afin de plonger la population civile dans la faim et le froid, sans eau et sans chauffage, juste avant le terrible hiver ukrainien.

Habitants de Lyman cuisinant dans la rue

Habitants de Lyman cuisinant dans la rue

Difficile de ne pas voir dans cette photo une sorte de raccourci tragique, une prolongation cruelle du film de Jean-Jacques Annaud LA GUERRE DU FEU...80 000 ans plus tard on revient à l'âge de pierre.

Poutine, celui qui bombait le torse avec ses missiles hypersoniques et ses armes sophistiquées en est réduit à ça...

Ce conflit nous ramène à l'aube de l'humanité, ou plus exactement à la naissance de la barbarie humaine, donc après l'âge de pierre quand l'homme a été capable de s'organiser pour mener des conflits génocidaires.

 

Le président Macron a fait un discours dans lequel il a affirmé que pour les ukrainiens une paix est possible "quand ils le décideront"...

Voila des propos qui me laissent terriblement perplexe. Aujourd'hui 24 octobre 2022, Macron sait parfaitement, mieux que quiconque, que l'heure n'est pas aux négociations.

Les autorités ukrainiennes seraient appelées à négocier leur propre mise à mort...

Dire aux ukrainiens qu'il leur appartiendra de décider de négocier c'est donner raison à Poutine, c'est lui dire qu'il a bien eu raison de massacrer tout un peuple, de détruire un pays pour essayer de l'absorber tout entier, et même s'il n'en récupère que 20% ça valait la peine quand même. Négocier avec le monstre au moment où il commet ses pires exactions inhumaines c'est lui donner raison.

Négocier c'est ne pas croire en la capacité des puissances occidentales à obliger le maître du Kremlin à renoncer à son projet criminel.

Il y a dans la phrase de Macron une inversion qui me paraît très dangereuse, ou pour le moins maladroite. Ce n'est pas à l'agressé de renoncer à son juste combat mais à l'agresseur de reculer devant le prix insensé de son projet fou, un projet barbare qui l'amène à commettre toute une série de crimes à grande échelle contre l'humanité et contre l'environnement.

Pour les occidentaux c'est l'heure du TO BE OR NOT TO BE...ou on croit en nous, ou on n'y croit pas...

PS: Je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour Churchill ou De Gaulle...Je ne les imagine pas prononcer la petite phrase de Macron face à Hitler...autre époque, assurément...

 

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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 12:11

Bonjour les amis,

Aucune surprise depuis 24 heures avec les frappes vengeresses de Poutine sur tout le territoire ukrainien.

De nombreuses villes sont touchées par des missiles qui souvent ne permettent pas des frappes de précision. Certains d'entre eux visent des infrastructures afin de priver les habitants d'eau et d'électricité à l'approche de l'hiver.

D'autres comme les missiles envoyés sur Kiev n'ont d'autre but que de faire des victimes civiles et de tenter d'instaurer un climat de terreur. C'est le quitte ou double...la fuite en avant vers l'horreur...

Face à l'échec de son armée Poutine fait le choix de la terreur...

Une partie des bombardements d'hier entre dans la catégorie des crimes de guerre. Poutine se gagne son statut international de plus grand dirigeant terroriste de la planète. Plus que jamais il est devenu un paria pour le reste du monde civilisé.

Lui qui prétendait dénazifier l'Ukraine se comporte comme un vrai nazi.

La seule bonne nouvelle c'est que conformément à ce qu'on pressentait l'arme tactique nucléaire n'est pas envisagée. Le dictateur a commis énormément d'erreurs mais pas encore celle-la et il semble qu'il ne soit pas dans son intention de la commettre.

Pour contenter ses "faucons" Poutine a nommé commandant en chef le général  Sergueï Sourovikine, un militaire sans scrupules, un vrai boucher qui s'est déjà distingué par sa cruauté sur de nombreux théâtres de guerre, un boucher qui ne pourra bien évidemment pas résoudre les gros problèmes logistiques de l'armée mais sur qui on peut compter pour commettre les pires exactions contre les civils avec, entre autres, l'utilisation d'armes qui violent la convention de Genève.

Encore une fois Poutine va tenter de compenser les faiblesses structurelles de son armée et son incapacité par la terreur et la barbarie contre les civils.

L'utilisation de la terreur et de la barbarie n'est pas sans contreparties désastreuses.

La population ukrainienne  rumine une haine devenue inextinguible du russe et reste unie derrière son chef.

Zelensky s'est mis en contact avec les principaux chefs d'Etat occcidentaux et va obtenir plus d'aide, plus de sanctions.

Les Etats-Unis vont monter d'un cran leur aide en armements...Poutine utilise les drones meurtriers de l'Iran car sa propre filière est déjà défaillante...Biden a promis une aide qui va permettre aux ukrainiens de frapper l'armée russe de manière plus efficace. C'est l'escalade, et c'est une escalade conventionnelle. A ce jeu-là Poutine va perdre...il ne peut que perdre...au mieux pour lui ce sera un enlisement meurtrier.

Certains experts affirment que la Russie ne sera pas capable de maintenir l'actuel déluge de bombardements et que, à cause des sanctions, elle ne peut plus renouveller son stock d'armements et notamment de missiles. Je prie pour qu'il en soit ainsi.

On va droit vers un enlisement donc, et l'histoire nous montre que ce cas de figure n'est jamais en faveur de l'agresseur.

Poutine n'a pas changé la donne. Il semble trop prévisible, à court d'idées (en tout cas pour l'instant)...il apporte malheurs et désolations pour frapper les esprits mais ne résout rien. 

Temps au temps, disent les espagnols...

Il n' y a  rien dans la sauvagerie déployée par le maître du Kremlin qui soit en mesure de changer la détermination des ukrainiens. En fait celle-ci se renforce et la solidarité internationale également...

PS: Je n'ai pas parlé de la Chine qui pourrait aider la Russie à faire face aux sanctions qui l'empêchent de disposer de certains composants pour son réarmement. Plus que jamais la relation entre les 2 pays est dissymétrique. La Russie a beaucoup plus besoin de la Chine que le contraire...Et la Chine ne peut sacrifier ses propres intérêts pour aider " l'ami russe ". Le double-jeu cynique des chinois a ses propres limites...

PS nº2. J'ai parlé d'un Poutine à court d'idées en oubliant d'en mentionner une. Celle de mettre à contribution le président illégitime et fantoche de la Bielorussie Lukashenko pour aller frapper un coup de poignard dans le dos des ukrainiens. Encore une fois ça peut faire du mal aux ukrainiens mais Lukashenko a suffisemment de problèmes de crédibilité dans son propre pays. Par ailleurs il dispose d'une faible armée et les soldats bielorusses n'ont aucune envie d'aller se faire trouer la peau pour assouvir l'appétit impérialiste de Poutine.

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9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 05:31

Bonjour les amis,

Poutine avait confié à la journaliste Natalya Guevorkian en 2000 une anecdote qui l'avait marquée durant son enfance à St Petersbourg quand il n'avait que 7 ans. Alors qu'il pourchassait un gros rat dans la rue, l'animal acculé dans le coin d'un escalier s'était brutalement retourné et s'était jeté sur son jeune agresseur en tentant de le mordre.

Et le président de conclure:"C'est ce qu'il faut toujours garder à l'esprit: il vaut mieux ne jamais acculer quelqu'un..."

 

Cette anecdote qu'aimait raconter Poutine il y a 20 ans peut avoir aujourd'hui différents niveaux de lecture.

1. Si l'occident tente de provoquer directement la chute du president russe la situation devient extraordinairement dangereuse car Poutine est un rat doté du bouton nucléaire et à la tête d'une grande armée et du plus grand état policier au monde.

2. Mais ce rat, c'est aussi la situation dans laquelle Poutine a acculé Zelensky...le dictateur russe ne semble pas avoir bien retenu sa petite leçon d'enfance.

Je continue avec une autre métaphore animalière.

Si Poutine avait lu le roman de Pagnol JEAN DE FLORETTE il serait tombé sur cette terrible affirmation du papet à Ugolin: " Quand on décide d'étrangler le chat il faut aller jusqu'au bout"...Toute demi-mesure sera un échec complet qui ne fera que rendre les choses ingérables.Or, dès le début du conflit Poutine s'est montré incapable d'étrangler le chat ukrainien et s'est donc mis dans une situation qui ne va amener que catastrophes sur catastrophes...une situation qui, à terme, signera sa perte.

Revenons sur un autre point qu'aime souligner le chef d'Etat russe. Il a construit toute sa politique étrangère sur le fait que, selon lui, la Russie avait été humiliée par les occidentaux. François Hollande dans son livre BOULEVERSEMENTS s'attache à démontrer que cette vision caricaturale de Poutine ne correspond pas à la réalité, que l'occident avait filé un gros coup de main économique avec la concession de crédits importants, avec l'accueil de la Russie au sein du G8, etc..

Poutine s'est donc présenté devant son peuple, comme tous les populistes vulgaires et démagos, comme le sauveur qui allait laver son pays de l'affront de cette supposée "humiliation".

Or, l'attentat d'hier contre le pont de Kerch qui unit la Russie à la Crimée n'a d'autre objectif que de l'humilier lui, personnellement, le jour de son anniversaire. Ce pont de 19 km c'est son grand projet bâti en un temps record et qu'il a inauguré lui-même en conduisant un camion. Ce projet c'est sa tour Eiffel.

Même si la destruction du pont (avec un camion bourré d'explosifs justement) est partielle, le symbole est puissant. Sur les réseaux sociaux sont apparus plein de montages humoristiques avec des vidéos montrant en parallèle le pont en flammes et Marilyn Monroe souhaitant un bon anniversaire au président qui pourra souffler les bougies du pont en feu...

La métaphore du rat...

Ou alors des couples font des selfies avec l'image du pont en flammes en arrière-fond.

La métaphore du rat...

Ce fait d'arme réalisé hier est une puissante opération de communication plus qu'une opération militaire. Poutine, déjà très affaibli par les dernières reconquêtes ukrainiennes, devient la risée du monde. A noter que l'idée même de cet attentat est assez judicieuse car il n'y a eu qu'un nombre très limité de victimes (2 ou 3), contrairement aux russes qui s'illustrent par des massacres barbares.

L'élève ukrainien qui a été formé à l'école du KGB a dépassé son maître dans l'art de la communication.

Personne n'a  revendiqué l'attentat et il n'est pas impossible que celui-ci soit directement commandité par les services secrets russes afin de justifier à postériori des actions de représailles disproportionnées

Ça reste malgré tout peu probable car si tel était le cas les services russes auraient organisé un attentat avec plein de victimes innocentes afin de justifier à postériori des représailles très brutales comme ils l'ont fait pour les tchétchènes.

Maintenant que cette humiliation a eu lieu et que nul ne doute qu'elle mettra le dictateur hors de lui, tout le monde retient son souffle. 

Quelle va être sa réaction?

Je ne crois pas que cette provocation soit suffisante pour justifier une riposte nucléaire...non, pas maintenant, c'est trop tôt et ça n'aurait aucun sens...mais les possibilités de sabotages des russes sont infinies...L'avenir va nous dire bientôt comment ils vont réagir.

Sabotages?...frappes sur des infrastructures en dehors des zones annexées?...à suivre donc.

Quoique fassent les russes ils perdent la bataille internationale de l'image et de la communication. Ils sont définitivement dans le rôle des méchants surpuissants qui s'attaquent à un faible: les ukrainiens qui ne possèdent pas le quart de leurs moyens humains apparaissent comme les agressés astucieux, les petits David qui tiennent la dragée haute au Goliath monstrueux mais pas très finaud...

Toute tentative médiatique d'inverser la tendance et de mettre Poutine et Zelensky sur le même plan est indécente et va échouer. Poutine n'avait pas compté avec ça.

Or, on sait que dans un conflit la communication et l'image sont aussi importantes que les faits d'armes.

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4 octobre 2022 2 04 /10 /octobre /2022 09:56

Bonjour les amis,

Le premier recrutement des soldats qui doivent être envoyés en Ukraine est tout simplement scandaleux, digne d'un régime qui pratique l'apartheid.

En effet, Poutine qui doit faire face à une vague de desertions en Russie (dans la Russie slave) a décidé d'utiliser majoritairement les faibles, les pauvres, les isolés, les minorités ethniques comme chair à canon.

Evidemment, étant donné la nature profondément opaque de ce régime dictatorial, on ne dispose pas de chiffres officiels mais simplement des alertes des ONG qui prennent la défense des minorités.

 

recrutement en Bouriatie

recrutement en Bouriatie

Il y a 461 000 Bouriates en Russie, soit 0,3 % de la population totale. "Leur recrutement, comme celui des Iakoutes et des Daghestanais, a été disproportionné par rapport à ceux des autres peuples", a déclaré la présidente de la Free Buryatia Foundation, Alexandra Garmayapova, dans un entretien téléphonique.

Un mouton en échange de la mobilisation

Dans la république de Touva (au sud), dont est originaire le ministre de la Défense Shoigú, les proches des Touvais mobilisés ont reçu un mouton ou du charbon en échange d'un recrutement. "Le plus important est de soutenir vos proches", a déclaré le gouverneur de Touva sur Telegram.

C'est une situation de cauchemar. Imaginez juste 2 secondes que vous viviez sous un régime qui prendrait votre fils et vous donnerait un tas de charbon ou un mouton en échange...à se demander si la Russie fait encore partie de notre planète !

L'ethnie bouriate avait déjà une présence prépondérante dans la guerre du Dombass en 2014 et 2015, lorsque le Kremlin a secrètement envoyé des troupes en Ukraine pour consolider ce qu'il voulait dessiner comme mouvement séparatiste pro-russe dans les provinces de Donetsk et Louhansk. "En 2014, la Bouriatie était l'une des régions qui a subi le plus de pertes", déplore un militant de la Free Buryatia Foundation, qui estime que le manque d'opportunités pour ces ethnies est l'une des principales raisons de leur recrutement massif.

Après des décennies de racisme, les Tatars, Bouriates, Touvans et d'autres ethnies non slaves voient maintenant leurs communautés porter un fardeau disproportionné pour fournir des soldats pour la guerre en Ukraine.
En attaquant l' Ukraine Poutine nous en apprend beaucoup sur la nature de son régime.
Parlons du racisme par exemple.
Celui-ci n'apparaît jamais de forme officielle mais il est par exemple habituel de trouver à Moscou des annonces de locations d'appartements où il est écrit: "SLAVES SEULEMENT".
Alors, il y a du racisme également en occident mais celui-ci est condamné par la loi et de telles annonces sont tout simplement impensables chez nous.
Les minorités russes dont je parle sont majoritairement rejetées en dehors des grandes cités, dans les faubourgs où règne la misère.

La guerre nous instruit et nous enseigne la face cachée et peu reluisante de la Russie du XXIème siècle. Un grand pays où les différences entre la ville et la campagne sont criantes, des différences dont nous avaient déjà parlé André Markowicz ou Jonathan Littell et qui sont maintenant rendues visibles par les reportages concernant la guerre. C'est cette grande pauvreté qui explique aussi pourquoi l'armée russe se livre à de tels pillages partout où elle passe.

Oui, cette guerre nous en apprend beaucoup.

On a appris à connaître Poutine le menteur, Poutine le corrompu, Poutine le criminel contre l'humanité, et maintenant voici Poutine le lâche qui s'attaque aux faibles et les utilise comme chair à canon. 

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22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 11:31

Bonjour les amis,

Vous avez vu, tout comme moi, ces images de manifestations en Russie contre la mobilisation partielle de 300 000 réservistes pour aller mener la guerre contre le peuple ukrainien.

 

Le moment que j'attendais désespérément est enfin arrivé. Il était à prévoir que le jour où  la guerre du côté russe ne concernerait plus seulement que des militaires volontaires ou des mercenaires, elle provoquerait une vive réaction de rejet au sein de la citoyenneté russe.

En quelques heures, après l'annonce de Poutine sur la mobilisation de réservistes, s'est produit un premier exode: des dizaines de  milliers de citoyens ont fui le pays pour ne pas être envoyés en Ukraine se faire trouer la peau.

Gloria Alleluyah !

L'opposition solidement muselée à cause du risque de fortes peines de prison n'a cette fois-ci plus grand chose à perdre.

L'obsession maladive de Poutine et son aveuglement se retournent ENFIN contre lui. 

Cette mobilisation obligatoire est une extraordinaire preuve de faiblesse pour Poutine qui n'est plus maître du jeu.

Son annonce/chantage sur le fait que l'utilisation de l'arme nucléaire n'est pas une fanfaronnade est une preuve supplémentaire de faiblesse.

Nous vivons donc un moment crucial, à la fois plein d'espoir, mais aussi un moment dangereux.

Poutine a perdu (en fait il a perdu depuis le début) mais maintenant il le sait.

Sans usage de la force nucléaire la situation est militairement bloquée pour longtemps. Le seul espoir de déblocage réel passe purement et simplement par la chute de Poutine et de ses proches collaborateurs. Le système Poutine est devenu le principal obstacle à tout processus de paix.

Poutine est encore capable de proposer un cessez le feu mais pas la paix car il s'est mis dans une situation qui l'en empêche.

Nous savions dès le début du conflit qu'il n' y avait que deux options pour retrouver le chemin d'une vraie paix:

1. la révolution de palais...quelqu'un de raisonnable qui attend son heure au Kremlin pour faire tomber Poutine et sa clique

2. La rue qui fait plier le pouvoir

La tradition russe veut que ce n'est jamais la rue qui provoque les changements brutaux nécessaires. Et bien, permettez moi de rêver que les citoyens russes fassent mentir la tradition et qu'ils soient capables eux-aussi d'organiser leur Maidan.

C'était le voeu le plus cher de Jonathan Littell au début de la guerre. Il avait fait une lettre ouverte aux russes, sans grand espoir, mais en les poussant à se rebeller.

L'heure est peut-être arrivée. Je n'en sais rien. L'histoire n'est pas écrite.

Je ne veux pas me bercer de fausses illusions mais, d'un autre côté, je me dis que pour de nombreux réservistes la prison fait moins peur que d'être envoyé sur le front ukrainien. Poutine n'avait pas compté avec ça. Des milliers de jeunes ont déja fui le pays.

Les jeunes russes sont patriotes mais pas stupides...et c'est une bonne nouvelle.

D'ailleurs l'Ukraine n'est pas leur patrie et ne le sera jamais.

VIVE L'UKRAINE LIBRE !

 

 

 

 

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24 août 2022 3 24 /08 /août /2022 08:19

Bonjour les amis,

Ce billet est la suite de celui que j'avais consacré à l'attentat qui a coûté la vie à la fille d'Alexandre Douguine.

Les services secrets russes ont très rapidement conclu l'enquête en livrant le nom d'un ex-combattante du bataillon Azov qui se serait introduite sur le territoire russe pour commettre l'attentat et fuir ensuite par l'Estonie. Vous trouverez l'essentiel de ces explications sur le lien ci-dessous.

On peut être surpris par la célérité des services russes qui donnent de nombreux détails et bien évidemment leurs conclusions sont très crédibles, c'est le moins qu'on puisse dire.

En face, et comme on pouvait s'y attendre, les services ukrainiens nient en bloc et accusent les russes d'être derrière ce complot afin de justifier des représailles ultérieures.

C'est donc une parfaite guerre d'intox à laquelle on assiste.

Notez au passage que plus personne ne parle pour l'instant de cette armée russe de libération anti-Poutine qui avait revendiqué l'attentat.

Dans cette guerre entre services secrets russes et ukrainiens il y a comme une triste ironie. En effet de nombreux membres de l'espionnage ukrainien ont été formés par les russes et ce sont un peu leurs élèves. Ils ont été formés dans le même moule (celui du FSB ex-KGB) et il se pourrait bien que l'élève ukrainien ait dépassé le maître russe au petit jeu des coups tordus.

L'élève ukrainien connaît par coeur les provocations dont sont capables les espions russes et sont capables de les payer de retour avec le même type de monnaie.

Cette guerre  est une bataille sanglante entre frères slaves, mais aussi entre frères espions.

J'ai écouté les mots prononcés par Alexandre Douguine lors des funérailles de sa fille, et je suis frappé mais pas surpris par son enfermement mental dans un appel impitoyable à une guerre qu'il faudrait à tout prix gagner.

Cette homme qui doit être dévasté par la mort de son être le plus cher, persiste et signe, et appelle à ce que la perte de sa fille se transforme en victoire, comme on peut apprécier sur cette vidéo ci-dessous.

Bien sûr il y a une logique dans la réaction d'Alexandre Douguine mais on peut dire aussi que Daria était totalement acquise à la cause de son père (une cause et une vision d'une Russie impériale et orthodoxe proche parfois du délire mystique) ...et c'est Daria qui paie de sa vie...de quoi plonger Douguine père dans les pires affres, dans la pire des tortures mentales. En ratant leur attentat les auteurs ont infligé le pire châtiment que puisse subir un père.

On atteint dans ce drame une dimension shakespearienne, quelquechose qui me touche et m'interpelle beaucoup et qui ressemble à la fin du PARRAIN nº3 de Coppola quand Pacino hurle de douleur en perdant sa fille alors que c'est lui qui était visé par le tueur. 

Sur cette même vidéo des funérailles  de Daria il y a ensuite une déclaration belliqueuse du député russe Serguei Mironov, qui frise l'hystérie.

Quand on entend les propos haineux et vengeurs de Mironov on se dit que cet assassinat de Daria pourrait parfaitement être un coup des russes. Peu probable mais pas impossible.

Eh oui, même dans les romans de John Le Carré on n'aboutit pas à des situations aussi troubles et ambigües.

 

Je terminerai en donnant la parole aux deux victimes, dont une qui ne pourra plus jamais défendre son point de vue (que je ne partage pas mais qui ne mérite certainement pas la peine de mort).

Commençons par Daria donc, très touchante, dans cette interview réalisée avant le déchainement de violence du 24 Février. Elle y est très touchante et très sincère.

Je la considère, pour ma part, 2 fois victime...d'abord victime de l'attentat qui a mis fin à sa vie, mais aussi victime de son engouement pour les théories très discutables de son papa qui justifie les violences faites au peuple ukrainien et qui nie l'existence même de l'Ukraine en tant que peuple souverain.

Passons maintenant à cette interview d'Alexandre Douguine datant de 2019 également. Sa philosophie est difficile à capter et à comprendre pour un occidental mais il exprime dans cette entrevue ce qui est  pour lui le MAL ABSOLU, à savoir le libéralisme. Douguine est un antimatérialiste (donc un anti soviétique) mais aussi un antilibéral profond. Il voit dans le libéralisme la pire des décadences, la fin de l'humanité ou de la civilisation.

C'est une vidéo instructive pour ceux qui veulent comprendre un certain nationalisme russe.

C'est Caius qui m'avait envoyé hier ces deux liens. Qu'il en soit remercié.

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