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17 mars 2024 7 17 /03 /mars /2024 09:37

Bonjour les amis,

Charles Michel, président du conseil européen, a félicité Poutine de manière très ironique avant même que ne soient proclamés les résultats de l'élection de pacotille qui se tient en ce moment.

 

Ukraine ou les leçons d'une guerre...

Voila un communiqué en forme de foutage de gueule qui sort complètement du langage diplomatique international auquel nous sommes habitués. La grande farce tragico-comique électorale poutinienne, traitée comme elle le mérite, sans le moindre respect...

Par ailleurs les élections de 2021 avaient donné lieu à de vives polémiques avec des études démontrant des pratiques de fraudes massives (bourrages d'urnes, reports suspects de votes en lignes, etc...) mais en plus cette année Poutine insiste pour que les russes utilisent massivement le vote électronique, et là, franchement, on a envie d'éclater de rire quand on connaît son goût prononcé pour l'informatique et ses "possibilités"...

Pendant ce temps-là Macron, Scholtz et Tusk se rencontraient pour affirmer leur unité.

Réunis vendredi après-midi à Berlin, dans le cadre du format du « triangle de Weimar », une enceinte réunissant la France, l'Allemagne et la Pologne, les trois dirigeants ont réitéré leur volonté de soutenir Kiev dans la durée, alors que le manque de munitions de l'armée ukrainienne inquiète de plus en plus les alliés.

Le chancelier allemand a annoncé la création d'une « coalition de capacités » pour l'« artillerie à longue portée », une augmentation des livraisons d'équipements militaires via des achats sur le marché mondial ainsi que la production d'armes sur le territoire de l'Ukraine, en coopération avec des partenaires. Mais sans entrer dans les détails.

Ukraine ou les leçons d'une guerre...

Le communiqué dit que Scholtz n'est pas entré dans les détails et c'est très important de ne pas donner trop de détails, comme l'explique François Heisbourg dans son excellent livre LES LEÇONS D'UNE GUERRE.

Voux trouverez sur le lien youtube ci-dessous une longue et PASSIONNANTE présentation de son bouquin (que je suis en train de lire). J'ai écouté la vidéo du début jusqu'à la fin.

Dans ce conflit, rien ne s'est passé comme prévu par Poutine. Heisbourg explique que le plan russe de faire tomber Kiev en février 2022 a été à deux doigts de réussir, si un bataillon de fortune de militaires ukrainiens n'avait attaqué les hélicoptères de combat qui devaient prendre possession de l'aéroport près de Kiev. Le hasard, bon ou mauvais, entre aussi dans certaines équations et les guerres ne sont pas écrites à l'avance.

Il raconte une bourde incroyable d'un article qui a été publié par erreur dans les médias russes (puis retiré rapidement) et qui révèle le plan russe initial durant lequel en 4 ou 5 jours l'éxécutif ukrainien devait être décapité. Ça explique que l'armée envoyée le 24 février n'était pas une armée d'attaque mais une armée d'occupation un peu dans le style de notre 7ème compagnie et que dans les premiers jours elle essuiera d'énormes pertes et se fera tailler en pièces.

Revenons au fait de ne pas offrir trop de détails. On suppose que les services d'intelligence russe suivent de près les activités des occidentaux et que rien ne leur échappe (comme le montre la conversation filtrée volontairement par les russes entre 2 officiers allemands), mais il ne faut pas que Poutine puisse lire trop facilement les limites au delà desquelles ne veulent pas sortir les occidentaux car ça le rendrait maître du jeu.

Or, il a perdu la maîtrise totale. Le nombre de victimes russes est affolant pour une "opération spéciale" qui ne devait pas être une guerre (ce qui n'est pas en soi un  problème insurmontable pour un dictateur criminel) mais Heisbourg explique très bien comment la Russie se retrouve dans une situation de faiblesse vis-à-vis notamment de la Chine, grande bénéficiaire de ce conflit...Cette guerre coûte tellement aux russes qu'on peut considérer qu'elle est déjà par bien des aspects une lourde défaite.

Macron a eu une phrase très pertinente lors de sa rencontre. «Nous ferons tout ce qu’il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre ». Pas la peine d'en dire plus...

Heisbourg explique durant son entretien que Poutine est un maître-espion mais qu'il n'est pas un vrai chef de guerre et qu'il n'a aucune compétence militaire. Il a été complètement trompé par son Etat-Major et rien ne s'est passé comme prévu. Ses erreurs proviennent de son manque de lecture sur la volonté profonde du peuple ukrainien qui n'était pas, comme il le croyait, manipulé par la CIA lors des événements de Maïdan (la CIA intervient, certes, mais n'a pas les moyens d'organiser les manifestations populaires massives de rejet à la tutelle russe, tutelle dont la grande majorité des ukrainiens en a plus que ras-le-bol, ce que tout le monde comprend sauf Poutine).

Dans l'article que je vous mets en lien ci-dessous vous verrez comment l'ancien ambassadeur français en Russie, Jean de Gliniasty, voit la suite du conflit:

Mais même unis, les Européens auront du mal à peser véritablement. « Je crois que dans l’esprit des Russes, le véritable interlocuteur, ce sont les Etats-Unis, sur le plan militaire ou financier », soutient Jean de Gliniasty. L’ancien diplomate pense que « les Russes attendent paisiblement les élections de novembre, aux Etats-Unis, et essaient d’avoir le maximum de gains territoriaux pour la grande négociation à venir, avec le Président américain, quel qu’il soit »

L'avenir nous dira qui voit le plus clair. Novembre c'est bientôt. Et moi, je pense que ces négociations dont rêvent les russes n'auront jamais lieu, en tout cas pas de manière officielle et publique. Je crois que le foyer international de tensions en Ukraine n'est pas prêt de s'éteindre.

L'Ukraine c'est un bras de fer parti pour durer. C'est par l'Ukraine que le poutinisme (avec tous les nombreux dangers planétaires qu'il représente) peut et doit tomber.

A suivre donc...

 

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commentaires

C
Stephen Bryen est revenu sur l'élection : <br /> <br /> LES EFFORTS DE L'UKRAINE POUR INTERFÉRER DANS LES ÉLECTIONS RUSSES SE RETOURNENT CONTRE ELLE<br /> Poutine plus fort que jamais<br /> Par Stephen Bryen<br /> <br /> La tentative d'ingérence de l'Ukraine dans l'élection présidentielle russe s'est retournée contre elle. Le soutien interne de Poutine est plus fort que jamais. Les génies de l'OTAN et des services de renseignement américains n'ont tout simplement pas compris la Russie ou le système électoral russe.<br /> <br /> J'ai été observateur d'élections présidentielles dans deux pays : L'Ouzbékistan et Taïwan. C’était le jour et la nuit. Le contraste est important maintenant que la Russie a terminé son élection présidentielle.<br /> <br /> Taïwan est une démocratie vigoureuse. En outre, pour ce que j'ai pu en juger, le processus électoral taïwanais est scrupuleusement honnête. Il y a trois grands partis politiques et de nombreux débats. Je me suis entretenu avec des candidats aux niveaux national et local dans tout le pays, j'ai visité des bureaux de vote (souvent dans des écoles) et j'ai assisté à des rassemblements de partis. J'ai écouté les explications des principaux candidats sur leur politique et leur programme.<br /> <br /> Contrairement à Taïwan, l'Ouzbékistan n'est pas vraiment un pays démocratique, mais il organise des élections. La forme du processus de vote est de premier ordre. Comme à Taïwan, de nombreux bureaux de vote sont installés dans des écoles. Les votes sont comptés honnêtement. Mais le problème est que, contrairement à Taïwan, il n'y a qu'un seul vrai candidat. Le vrai candidat se présente contre un adversaire symbolique, et tout le monde comprend comment cela fonctionne.<br /> <br /> En fait, j'ai assisté à un déjeuner après l'élection au cours duquel les "résultats" ont été annoncés. Le candidat de l'opposition, qui n'a recueilli qu'un nombre infime de voix, s'est excusé de s'être présenté à l'élection, affirmant qu'il l'avait fait uniquement pour qu'il y ait un deuxième candidat à la présidence.<br /> <br /> Alors qu'à Taïwan, j'ai pu rendre visite aux candidats, en Ouzbékistan, cela n'a pas été autorisé.<br /> <br /> Quel est donc l'intérêt d'organiser des élections si le résultat est connu d'avance ? Est-ce pour tromper le monde extérieur ? S'agit-il de faire croire à la population du pays qu'il existe une sorte de processus démocratique ?<br /> <br /> Cette question m'est venue à l'esprit en Ouzbékistan. J'ai rencontré de nombreuses personnes, notamment des journalistes jeunes et dynamiques, dont l'une était très populaire. Elle dirigeait une émission de radio où les gens soulevaient diverses questions et où d'autres appelants faisaient des commentaires, tout comme elle. Ces émissions traitaient de questions sociales et non de politique au sens habituel du terme. "Mon petit ami m'a quittée. Mon loyer est trop élevé. Ma voiture est tombée en panne à cause des mauvaises routes".<br /> <br /> Elle était très positive à propos des élections. J'ai eu du mal à comprendre.<br /> <br /> Lorsque j'ai visité un bureau de vote dans le centre de Tachkent, une agréable école élémentaire située dans un petit parc, tout semblait normal. Les gens se présentaient, recevaient leur bulletin de vote, votaient, et le vote était secret et protégé. Il y avait des observateurs électoraux locaux et le processus semblait équitable et propre. J'ai passé environ une demi-heure à observer le processus. J'ai rencontré le personnel électoral, qui était très heureux de recevoir des visiteurs de l'extérieur. Je suis ensuite sorti pour retourner à mon hôtel. Alors que je traversais le parc, une élégante femme d'un certain âge est apparue, agitant les bras. Elle voulait parler à un observateur électoral. Heureusement, j'avais un traducteur avec moi.<br /> <br /> Dans un langage clair, elle m'a dit de ne pas me tromper sur la signification de l'élection. Il ne s'agissait pas de choisir le meilleur homme. Les Ouzbeks savaient déjà qui était le meilleur homme et ils voteraient pour lui. L'élection, a-t-elle dit, visait à manifester le soutien au meilleur homme et à voter pour la stabilité. "Nous voulons un dirigeant ici en Ouzbékistan, comme Poutine en Russie", a-t-elle déclaré. "Nous avons besoin d'un dirigeant fort. Dans ce pays, nous avons des menaces terroristes et nous voulons que cela cesse. Nous voulons construire notre pays et en faire une vitrine pour le monde. La démocratie ici n'est pas comme aux États-Unis. Ici, la démocratie consiste à montrer notre respect et notre soutien à notre dirigeant".<br /> <br /> Je ne sais pas si elle était un agent du gouvernement, c'est possible. Mais même si c'était le cas, son message était indéniablement clair. (Après coup, j'ai pensé que son discours était trop intelligent pour de la propagande gouvernementale).<br /> <br /> La presse américaine et européenne est pleine de caractérisations déplaisantes de l'élection russe, la qualifiant d'imposture et de fraude, et débitant les arguments habituels sur la suppression de l'opposition russe et la "résistance" au vote en Russie. <br /> <br /> Il ne fait aucun doute que l'opposition russe est réprimée. Les Russes n'ont pas de liberté politique en tant que telle.<br /> <br /> Les élections russes, comme celles de l'Ouzbékistan, ont un autre objectif que celui de voir les candidats s'affronter et proposer des approches différentes de la direction.<br /> Il est évident que les élections russes n'ont pas été démocratiques au sens habituel du terme. Les élections ont une forme démocratique. Il y avait en tout quatre candidats (plus que leurs homologues ouzbeks). Aucun des autres candidats n'a obtenu plus de 4,31 %.<br /> <br /> Le véritable vote portait sur Poutine et son leadership.<br /> <br /> Des millions de Russes ont voté. Les Ukrainiens étaient tellement préoccupés par l'élection que l'Ukraine a mis sur pied une force d'invasion suicidaire pour tenter d'empêcher le vote dans les régions russes limitrophes de l'Ukraine, en particulier la ville et la région de Belgorod. Au cours des trois jours qu'a duré l'opération ukrainienne, l'Ukraine a tué 11 civils à l'aide de drones et de roquettes et en a blessé 82 autres, dont neuf grièvement. Un fonctionnaire électoral a été compté parmi les morts, ainsi qu'une fillette de treize ans (son père a été grièvement blessé lorsque leur voiture a été touchée par une frappe de drone).<br /> <br /> L'Ukraine a lancé des centaines de drones sur des cibles à l'intérieur de la Russie, certains visant Moscou et d'autres Saint-Pétersbourg, principalement des centrales électriques et certains aérodromes, dont Domodedovo à Moscou. Domodedovo, situé au sud de Moscou, est le deuxième aéroport le plus fréquenté de Russie après le principal terminal international de Moscou, Sheremetyevo.<br /> <br /> Les Ukrainiens ont constitué une force de frappe comprenant environ 1 500 russophones dans une unité spéciale, un grand nombre de combattants étrangers, beaucoup de chars et de véhicules blindés de transport de troupes (notamment des véhicules de combat d'infanterie Bradley), ainsi que des troupes de choc provenant d'unités d'élite ukrainiennes. Pendant quatre jours, ils n'ont jamais réussi à s'emparer d'un territoire, ni même d'un petit village. La situation était si mauvaise que le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Budanov, a déclaré à Vlodomyr Zelensky, le président de l'Ukraine, que la planification de l'opération avait été compromise par un traître, du moins c'est ce qu'il croyait.<br /> <br /> Budanov a peut-être planifié l'opération avec Victoria Nuland, et c'est peut-être la "surprise" qu'elle a mentionnée lors de sa visite précipitée à Kiev à la fin du mois de janvier. Elle a démissionné ou a été licenciée le 7 mars.<br /> <br /> Le 18 mars, les Russes ont pris pour cible une réunion des hauts responsables de la sécurité et de la défense ukrainiennes. À l'heure où nous écrivons ces lignes, nous ne savons pas grand-chose, si ce n'est que les Russes pensent que de nombreuses personnes ont été blessées ou tuées. Cette opération s'inscrit dans le cadre de la réponse de la Russie à l'invasion ukrainienne du territoire russe.<br /> <br /> L'opération ukrainienne visait à affaiblir le soutien à Poutine et à perturber les élections en Russie. Pourquoi s'en préoccuper si le résultat de l'élection était prédéterminé ? Pourquoi sacrifier d'innombrables vies ? <br /> <br /> Nous ne savons pas pourquoi les dirigeants ukrainiens et leurs soutiens au sein de l'OTAN pensaient qu'une invasion fonctionnerait et que les élections russes seraient discréditées d'une manière ou d'une autre. Il s'agit là d'un pur fantasme.<br /> <br /> Les élections russes n'ont pas été affectées de manière significative et mesurable. Poutine l'a emporté avec 87,28 % des voix. Le taux de participation à l'élection a été de 74 % des électeurs. Au total, plus de 75 millions de Russes ont voté. La presse russe a qualifié le résultat d'"historique".<br /> <br /> Le vote des Russes était une approbation de Poutine et de l'"opération militaire spéciale" en Ukraine. Si son soutien était tombé en dessous de 70 %, il aurait pu avoir un problème, mais celui-ci n'est jamais apparu.<br /> <br /> Zelensky et ses partisans de l'OTAN se sont une nouvelle fois trompés lorsqu'il s'est agi de changer le régime en Russie. Au contraire, les tentatives de renverser Poutine et de saboter les élections russes se sont retournées contre le dirigeant russe et l'ont renforcé.<br /> <br /> <br /> https://weapons.substack.com/p/ukraines-effort-to-interfere-in-russias
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A
Merci pour cet article instructif sur l'Ousbekistan et qui parle des tentatives d'interférence (que je ne connaissais pas toutes): des tentatives peu judicieuses et assez inefficaces des ukrainiens (même si je partage leurs motivations).<br /> Je suis d'accord avec l'auteur sur le fait que le résultat est un plébiscite à la guerre, comme je l'avais écrit dans ma réponse à Rosemar.<br /> Il faut se rendre à l'évidence: le narratif de Poutine est accepté de forme très majoritaire en Russie et c'est une donnée cruciale à prendre en compte pour lutter de manière efficace contre l'invasion. <br /> Bonne journée Caius
R
Vladimir Poutine réélu président avec 88 % des voix, selon les premiers résultats ! Un score écrasant ! Quelle mascarade !
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A
88% !!!! C'est un plébiscite à la guerre !...<br /> C'est un score digne d'un dictateur dont la propagande mensongère a été très efficace. <br /> Ce chiffre est aussi de très mauvais augure pour les ukrainiens pris pour cible par une puissance voisine militairement 10 fois supérieure. Plus que jamais on doit les aider.
R
Merci pour ce conseil de lecture et pour la vidéo qui explique clairement le déroulement de la guerre en Ukraine... Difficile de dire ce que sera l'issue de ce conflit qui s'éternise... mais un dictateur peut-il se maintenir longtemps au pouvoir ?<br /> <br /> <br /> Belle soirée, AJE
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A
Je n'en suis qu'au début du livre mais je suis complètement accroché à la narration d'Heisbourg et aux dix leçons qu'il expose.<br /> A cause de Poutine je prends beaucoup de retard sur mes autres lectures car les innombrables conséquences du conflit ukrainien m'absorbent complètement. En fait, tu sais qu'elles m'obsèdent littéralement.<br /> Moi non plus je ne sais bien évidemment pas ce que sera la suite du conflit mais mon intuition me dit que ce sera pas le scénario que Poutine a prévu en ce moment. Je dis "en ce moment" car il avait une autre idée en tête en février 2022 comme l'explique très bien Heisbourg.<br /> Bonne fin de soirée l'amie
C
"Heisbourg explique très bien comment la Russie se retrouve dans une situation de faiblesse vis-à-vis notamment de la Chine, grande bénéficiaire de ce conflit..."<br /> <br /> Soit mais la Russie se retrouverait dans une situation d'encore plus grande faiblesse vis-à vis de l'Occident si elle perdait ce Conflit. <br /> <br /> Cela m'amène à la fameuse fuite de la réunion des généraux allemands discutant de l'intérêt relatif de détruire le pont de Kerch. <br /> <br /> Il est possible que cette réunion en vidéoconférence ait été interceptée par les Russes mais d'autre hypothèses plausibles circulent comme quoi une tierce partie a fourni la transcription à la Russie : un des officiers intervenait depuis Singapour où il participait au Singapore Air Show qui avait lieu du 20 au 25 février, il est assez probable qu'il ait été mis sur écoute en tant personne digne d'intérêt par les services secrets de Singapour (voir aussi la "gaffe" du Ministre de la Défense de ce pays révélant "innocemment" que les vendeurs du F-35 lui ont affirmé que ces avions font du renseignement électronique pour l'Ukraine), le suspect numéro deux sont les services secrets chinois très actifs dans la région, mais il y a un troisième suspect encore plus explosif : l'interception aurait été fournie par un service étasunien soucieux de faire savoir à la Russie que les USA ne souhaitent pas escalader le conflit.
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A
Merci pour ces hypothèses au sujet de ces fuites.<br /> Pour revenir à la conclusion de mon billet que je laisse à Jean de Gliniasty, j'imagine Caius que vos propres conclusions sont proches des siennes. Les russes attendant patiemment de savoir qui est le nouveau locataire de la maison blanche pour entamer directement des négociations avec lui, dans le dos des ukrainiens et aussi dans notre dos à nous les européens.<br /> Je n'y connais absolument rien mais intuitivement je ne crois pas que ça va se passer comme ça....j'imagine non pas une guerre permanente en Ukraine mais un foyer de tensions permanent. Pas de négociations...aucune reconnaissance officielle de légitimité sur les espaces repris à l'Ukraine. Et s'il y a des tractations entre les 2 puissances ou des concessions mutuelles elles resteront cachées au grand public.
C
Ce n'est ni la première ni la dernière fois que je l'écrirai mais tout me porte à penser que la Russie n'avait pas la moindre intention "de faire tomber Kiev en février 2022" et que les forces déployées au début de l'OMS, très inférieures numériquement à celles de l'Ukraine, ne permettaient absolument pas d'envisager une occupation de Kiev.
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A
Votre interprétation de l'attaque sur Kiev est une possibilité non réfutable mais je continue de penser que lorsqu'un dirigeant se lance dans une telle aventure il part avec des objectifs maximaux (tenter le "bingo" et remettant la main sur le pays tout entier) tout en ayant un objectif principal qui serait militairement et grosso modo atteint aujourd'hui, au prix de sacrifices humains démentiels et de destructions non moins démentielles. Au prix de sanctions qui vont se maintenir, au prix du fait que la Russie est maintenant entourée d'une myriade de pays qui la considère comme une puissance hostile ce que qui va conditionner très durablement toute l'architecture de défense européenne.<br /> Même si la Russie peut faire face économiquement à court terme aux diverses sanctions qu'elle subit, elle s'oblige dans le même temps à maintenir une économie de guerre, alors qu'elle avait d'autres priorités industrielles pour se mettre au niveau de ses voisins.<br /> Tout ça mis bout à bout peut signifier un effondrement à moyen ou long terme, ou pas ( je vous l'accorde)...Ce que je ne vois plus c'est un monde "normal" qui reprend des relations normales avec le pays géographiquement le plus grand de la planète, même si comme dit Macron ce pays reste une puissance moyenne. Sans oublier que le risque d'une 3ème guerre mondiale n'est pas définitivement écarté.
C
Si, comme je le pense, l'attaque sur Kiev était une diversion, elle avait pour but :<br /> <br /> 1° politique, de "foutre la pétoche" au gouvernement de Zelensky pour l'inciter à négocier au plus vite,<br /> <br /> 2 militaire, d'inciter les chefs de l'armée ukrainienne à concentrer leurs forces autour de Kiev pendant que l'armée russe (alors en infériorité numérique, ne l'oublions pas) pourrait conquérir le pont terrestre entre la Russie et la Crimée sans être exposée à de dangereuses attaques sur ses flancs (dans ce cas, ce fut une réussite).<br /> <br /> La dépêche de Ria Novosti s'insère parfaitement dans ce plan en tant qu'opération d'intoxication (il y a dû en avoir d'autres simultanément) destinée à convaincre l'ennemi que la diversion n'était pas une diversion. <br /> <br /> Si j'ai raison, ses auteurs n'avaient pas prévu que les Ukrainiens la reprendraient à des fins de propagande pour faire croire qu'ils avaient déjoué une tentative de prendre Kiev.
A
Merci pour cet autre point de vue Caius et cette autre interprétation.<br /> Malgré tout Heisbourg n'a pas inventé lui-même cette fuite étonnante de l'agence Ria Novosti.<br /> Mettre en fuite le gouvernement ukrainien me paraît un objectif assez logique. Si l'accès à Kiev avait été possible les forces spéciales n'auraient pas reçu l'ordre de capturer Zelensky mais plutôt de lui réserver un autre traitement. Ce ne sont pas les candidats ukrainiens russophiles qui manquaient pour le substituer.<br /> Par ailleurs j'aimerais revenir sur ce fameux article dont s'est fendu Poutine dans lequel il nie l'existence de l'Ukraine en tant que nation indépendante.Paru en 2021...on voit bien que l'attaque de février 2022 est longuement préméditée.<br /> <br /> https://fr.wikipedia.org/wiki/De_l%27unit%C3%A9_historique_des_Russes_et_des_Ukrainiens<br /> <br /> je ne resiste pas au plaisir de repasser cette scène surréaliste qui est passée à la télé russe. On présente à Poutine une carte française datant de l'époque de Louis XIV et on affirme que le mot UKRAINE n'y apparaît pas. Or le mot UKRAINE apparait bien et c'est le mot Russie qui n'y est pas...c'est sur le lien ci-dessous à 3 minutes...<br /> <br /> https://www.arte.tv/fr/videos/115525-000-A/ukraine-un-combat-pour-l-histoire/<br /> <br /> C'est tellement énooooorme !!! Poutine a bâti sa guerre car c'est la sienne sur un énorme mensonge.
C
Les allégations de Heisbourg me semblent peu crédibles pour plusieurs raisons :<br /> <br /> "Tout en subissant de nombreuses pertes et en commettant plusieurs erreurs tactiques qui ont vu certains endroits autour de l'aéroport changer de mains à plusieurs reprises, le retrait russe de l'aéroport faisait partie du retrait plus large de l'axe de Kiev, où la manœuvre terrestre et le convoi militaire massif à l'extérieur de la ville pour prendre la capitale ont été abandonnés. <br /> <br /> Toutefois, plusieurs observateurs occidentaux ont estimé par la suite que l'action sur Kiev avait été une feinte visant à forcer l'Ukraine à concentrer ses forces dans le nord afin que la Russie puisse réaliser quelques gains et "façonner le champ de bataille" à l'est et au sud.<br /> <br /> Quoi qu'il en soit, l'assaut donné à l'aéroport par les troupes aéroportées avec près de 300 hélicoptères, dont des Ka-52 Alligator et des troupes des différentes brigades d'assaut aérien, a été largement couronné de succès. <br /> <br /> CNN a décrit la chute de l'aéroport comme "la première grande victoire remportée par les Russes" lors de l'invasion. Le Washington Post a également déclaré que "les Russes avaient tout de même leur tête de pont" après avoir capturé l'aéroport. L'attaque de la force de débarquement n'a pas permis de sécuriser l'aéroport pour appeler des renforts aériens et empêcher une contre-attaque ukrainienne. "<br /> <br /> https://www.eurasiantimes.com/learning-from-russias-hostomel-airport-attack-taiwan-simulated/<br /> <br /> Selon d'autres sources, l'aérodrome d'Hostomel était au contraire fort bien défendu lors de la première vague de l'attaque héliportée non pas par une "escouade du dimanche" mais par des unités des forces spéciales, de la garde nationale, de l'armée régulière et es services de sécurité de l'aéroport proprement dit. Les forces de la défense territoriale ukrainienne n'intervenant que par la suite de la bataille.<br /> <br /> Ensuite, en supposant que les paras russes aient immédiatement occupé et sécurisé toute la zone de l'aéroport de Hostomel, cela ne rendait pas pour autant possible l'organisation d'un pont aérien : les prétendus avions de transports "qui tournaient dans le ciel" avec "6 à 7000 soldats très aguerris" auraient été des cibles faciles pour les S300 ukrainiens qui constituaient alors une force redoutable.<br /> <br /> Enfin, en admettant que par extraordinaire une force russe ait pu foncer dans le centre-ville de Kiev, qu'y aurait -elle fait ? Capturer Zelensky ? Avec qui dans ce cas allait-on négocier la paix ? Allait-on le remplacer par un fantoche et qui alors que les dirigeants de l'opposition pro-paix étaient sous les verrous au secret ? Et tous cela sans opposition des forces stationnées à Kiev ? Etc, etc...
A
On n' a pas envie de rire de tels événements tragiques mais la publication par erreur par l'agence RIA Novosti de l'article qui révèle le vrai plan russe est assez savoureuse...à 18 minutes sur la vidéo...
A
Ecoutez le narratif d'Heisbourg qui commence à 18 minutes et notamment à 25 minutes sur la vidéo. Il me parle d'opérations dont je n'avais pas entendu parler à l'époque. Ces avions Antonov gros porteurs de contingents de soldats de forces spéciales, qui ont tourné de longues heures dans le ciel ukrainien pour finalement rentrer au bercail car ne pouvant atterrir. Ce n'était pas une guerre de conquête au sens habituel du terme mais une tentative de coup de force qui a échoué, "une opération très spéciale" effectivement... Et comme explique Heisbourg, ça aurait pu marcher...Les ukrainiens ont été à ce moment-là à 2 doigts d'une vraie catastrophe.