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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 19:29

Bonjour les amis,

Nous sommes en période de carnaval et notre directrice de chant a eu la très bonne idée de mettre à notre répertoire le CARNEVALE DI VENEZIA de Gioacchino Rossini.

Rossini était un fin gourmet et aussi un compositeur exquis, toujours plein de légèreté et de bon goût. Et encore une fois, ce qu'il nous sert avec cette pièce, c'est du caviar...

Le morceau très enjoué se divise en trois parties bien distinctes.

Mais écoutez plutôt...et voyez comme les différentes cordes du choeur se répondent entre elles à partir d'une minute 12 secondes

Dans cette pièce composée en 1821 Rossini met en scène des aveugles qui, pour survivre, font sonner leurs clochettes en quémandant la générosité des belles dames de Venise.

La chanson possède un ton léger, un peu moqueur.

Mais la morale est sauve car ce ne sont pas des vrais aveugles. Il s' agit de carnavaliers déguisés en faux mendiants.

Voici le texte original accompagné d'une traduction.

 

 

 

TEXTE

Iamo ciechi, siamo nati per campar di cortesia d’allegria,
Non si niega carità !

Donne belle, donne care per pietà.

Non siate avare fate a poveri vecchietti un tantin di carità.

Siamo tutti poverelli che suonando i campanelli

Che scuotendo li batocchi col do re mi fa sol la.

Domandiam la carità
Deh ! soccorreteci Donnette amabili
Siate benefiche coi miserabile,

Noi siamo poveri di buona bocca
Siam pronti a prendere quel che ci tocca
Deh ! soccorreteci per carità, che carnevale morendo sta.

TRADUCTION

Nous sommes aveugles, nés pour vivre de la bonté d’autrui,
En un jour de joie on ne renie pas la charité !
Petites dames, chères dames,
par pitié.

Ne soyez pas avares faites aux pauvres petits vieux un peu de charité.
Nous sommes tous des pauvres
qui faisons sonner nos clochettes
Et secouons nos bâtons
Avec le do, ré, mi, fa, sol, la.

Nous demandons la charité.
Secourez-nous, petites dames.

Soyez bienveillantes aux misérables,
Nous sommes des pauvres et avons faim.
Prêts à prendre ce qu’on veut bien nous donner.
Secourez-nous par charité,
Car le carnaval se meurt.

La chanson de Rossini était composée pour choeur mixte ou pour quatuor. Voici une très belle interprétation d'un quatuor d'étudiants russes.

Et puis, pour que vous puissiez appréhender un peu mon travail personnel en tant que chanteur basse, voici ce que nous chantons, nous les basses. 

Cette chanson nous oblige à travailler la technique du chant d'opéra. Il n' y a pas 50 manières de chanter ça. Vous avez la technique ou vous ne l'avez pas...

Je terminerai en vous disant que je prends un énoooorme plaisir à travailler cette partition....Et quand arrive la répétition chorale du jeudi soir et que nous unissons les voix de nos 4 cordes, c' est un petit régal, un festin !

Pour répondre à la fin du texte de la chanson, on peut affirmer que le carnaval n'est pas mort.

VIVE LE CARNAVAL ! VIVE ROSSINI !

PS: Pour ceux qui aimeraient écouter, voire travailler, les voix des sopranos, ou des contraltes ou des ténors, voici les liens:

https://www.youtube.com/watch?v=rQocoXPwZBQ

https://www.youtube.com/watch?v=ocVO6NeL-ZI

https://www.youtube.com/watch?v=hfrW5CemxGU

Vous trouverez la partition ici:

https://www.youtube.com/watch?v=X3xyOt6NEwM

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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 09:18

Bonjour les amis,

Hier soir la Coupe du Monde nous a encore offert un chapitre grandiose et glorieux avec le match Belgique-Japon.

Pour avoir un grand match il faut deux grandes équipes qui s' affrontent et hier c'était le cas.

Deux grandes équipes qui jouent au foot et pas à spéculer sur l' adversaire.

Mais lisez d' abord ce compte-rendu sur ce match qui m' a fait passer par toutes les émotions, par tous les états d' âmes, de l'exaspération la plus profonde à la joie la plus éclatante. 

De 0 à 2, la Belgique a effectué une " remontada " spectaculaire 3 à 2, avec le 3ème but inscrit durant les arrêts de jeu à 90+4'

 

Je veux saluer l' attitude impeccable des japonais qui, menant 0 à 2, ont continué à animer le jeu, et à aller de l' avant en essayant de marquer un troisième but ( et ils ont été à deux doigts de le réussir). Ils ont été héroïques et ils honorent ce sport.

Hier il y a eu un grand vainqueur : le football !

Quant aux Diables Rouges, ils nous ont donné une leçon. A 0-2 on pouvait craindre le pire : le doute qui s' installe et une équipe supérieure finalement débordée et vaincue, mais il n' en a rien été.

Ils y ont cru jusqu'au bout, sont passés au plan B avec deux changements. La partie s' est emballée sur un rythme vertigineux. On est passé dans une autre dimension.

Les efforts des belges qui prenaient des risques et qui flirtaient avec le KO ont été récompensés au terme d' une deuxième mi-temps folle, folle, folle. Bravo les Diables Rouges !

Je leur dédie ce VENCERÒ extrait de l' opéra Turandot de Puccini. 

Ecoutez comment Pavarotti lance trois fois son " Je vaincrai"  à 2 minutes 57 secondes.

C' est prodigieux !

 

Dilegua, oh notte ! 
Tramontate, stelle !
Tramontate, stelle ! 
All'alba vincerò !
Vincerò ! 
Vincerò!

Dissipe-toi, ô nuit ! Ô étoiles, couchez-vous !
Ô étoiles, couchez-vous !

A l'aube, je vaincrai ! Je vaincrai ! Je vaincrai !

Oui, hier c' était la victoire de la volonté et de la détermination. C' était GRAND, GRAND, GRAND ...tout simplement.

Il n' y a que la Coupe du Monde de football pour nous offrir de tels moments.

PS: Hier soir un bon ami qui a suivi le match en France sur Bein TV m' a dit que le commentateur, enthousiaste, s' était exclamé en deuxième mi-temps " que le match était débridé..."...😂

Effectivement, c' était le moins qu' on puisse dire...un jeu de mots involontaire  bien pardonnable !

PS nº 2: C' est vraiment lamentable qu' en France les spectateurs doivent suivre les matchs du mondial sur des chaînes payantes !

C' est super nul  de chez nul. En Espagne tous les matchs depuis le début de la compétition, TOUS, peuvent être suivis en clair...

 

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 18:16

Bonjour les amis,

Je termine ma semaine consacrée à Woody Allen avec MATCH POINT, une comédie dramatique datant de 2005 que je n' avais jamais vue.Simplement je me souviens que ce film avait été salué à Cannes comme le grand retour du cinéaste américain.

Voici le sinopsis.

Jeune prof de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett, un jeune homme de la haute société avec qui il partage sa passion pour l'opéra.
Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe, la sœur de Tom. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et qu'il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice, une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre...

Cette fois-ci on a droit au charme discret de la haute bourgeoisie anglaise.On se balade dans de belles propriétés cossues, les clubs de tennis très fermés inaccessibles au commun des mortels,les galeries d' Art,les musées, l' opéra de Covent Garden,etc...accompagné par des airs de bel canto italien qui apportent une petite touche surannée.

Dès qu' apparaît la pulpeuse Nora interprétée par Scarlett Johannson, on se doute bien qu' elle va troubler l' équilibre tranquille de cette petite société composée de gens exquis, de fort agréable compagnie.

Le rythme est lent.Allen prend tout son temps pour nous installer et faire avancer l' intrigue qui est finalement des plus banales.Chris tombe éperdument amoureux de Nora mais ne se resoud jamais à avouer sa liaison à Cloé, de peur de perdre sa confortable situation professionnelle obtenue grâce à la bienveillance de son beau-père.

On passe d' une petite trahison à de plus grosses trahisons...et puis, on s' ennuie ferme avec Chris qui est obligé d' inventer mensonges sur mensonges pour sauver les apparences.

Scarlett-Johansson qui démarre plutôt bien dans cette comédie car au début elle nous trouble et nous subjugue, finit par avoir un jeu théatrâl de moins en moins naturel...tout devient de plus en plus pénible.Même elle, elle finit par nous fatiguer...

Et puis, au bout d' une heure trente, le scénario nous embarque dans une direction inattendue, imprévue, et qui m' a paru psychologiquement assez peu vraisemblable.

La fin du film ne se veut pas du tout morale, mais sans toutefois être sulfureuse.Ce n'est pas du cinéma à la Chabrol.On est et on reste dans une atmosphère feutrée avec des gens délicieux dont on n' a aucune envie que leur harmonie soit troublée d' aucune manière.

MATCH POINT se laisse voir, et on se laisse balader par Woody qui sait nous faire partager un univers très éloigné du nôtre avec beaucoup de savoir-faire, mais au bout du compte, on se dit qu' on n' a pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Donc, et malgré l' indéniable talent de Woody Allen, j' ai été déçu...déçu, et surpris de lire sur la page d' Allociné un grand nombre de critiques élogieuses...

Il y a quand même LIBÉ qui parle, à juste titre, d' une histoire digne de la collection Harlequin.C' est vrai: le scénario est vraiment léger...ce qui sauve le film c' est la galerie d' acteurs,la qualité des dialogues et de leur interprétation.

Woody Allen nous fait plein de clins d' oeil avec des références culturelles, que ce soit Dostoievski ou Sophocle,avec des références philosophiques sur le rôle du hasard dans notre vie, mais ne nous trompe pas sur la marchandise.

Au final, MATCH POINT c' est un super emballage de luxe très soigné,cousu main, mais pour une intrigue finalement presque quelconque... 

MATCH POINT...le charme discret de la bourgeoisie anglaise
MATCH POINT...le charme discret de la bourgeoisie anglaise
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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 14:01

Bonjour les amis,

Le politiquement correct vient de franchir un pas de plus....

Mais d' abord , et pour me suivre,lisez cet article.

Alors là, les amis, je dis STOOOOOP !

Ça suffit comme ça les conneries.

Le public qui applaudit la fin de l' opéra original , n' applaudit pas l' assassinat de Carmen, mais applaudit l' ensemble de l' oeuvre.

Alors, si on commence à changer les fins des chefs d' oeuvre de l' Art Lyrique,et aussi ( tant qu' on y est ) les fins des pièces de théâtre pour les rendre conformes à notre morale du XXI ème siècle, on n' a pas fini.

C' est un sacrilège bien sûr.Aucun metteur en scène n' a le droit moral de changer une oeuvre ( et encore moins un chef d' oeuvre), même s' il se protège derrière l' alibi selon lequel sa mise en scène serait une libre adaptation.C' est un mensonge: son adaptation n' est pas si libre que ça puisqu' elle reprend 99,99 % du matériel musical de Bizet et ne change que la fin.

On est dans le contre-sens le plus parfait, le plus absurde et le plus ridicule.

Doit-on rappeler à un metteur en scène que le fait d' assassiner sur scène une héroïne à laquelle on se sent attaché est sans doute la meilleure manière de dénoncer la violence machiste ? Ce crime nous saisit d' horreur ( si on est normal...)

Par ailleurs la nouvelle fin alternative n' arrange rien puisque Carmen tire sur Don José et qu' elle commet un homicide , même si c' est de la légitime défense.

Tant qu' à changer l' histoire, le metteur en scène n' avait qu' à faire exécuter à Carmen une prise  de Kung-fu et lui faire immobiliser son agresseur par une solide clé au bras en attendant l' intervention des forces de l' ordre...

Et puis, tant qu' on y est, il ne faut pas s' arrêter en si bon chemin.Dans l' opéra de Bizet le toréador Escamillo triomphe dans les arènes.C' est trop cruel pour les taureaux cette histoire et il faut changer ça aussi.

On est en 2017 et le taureau ne doit pas mourir  et c' est Escamillo qui doit succomber à un coup de corne ! Ça lui apprendra à embêter les taureaux qui ne lui ont rien fait...

Escamillo doit mourir aussi pour ne pas choquer tous les défenseurs de la cause animale !

Vous le voyez les amis, les retouches à l' oeuvre originale de la part de ce metteur en scène dont je préfère taire le nom sont tout simplement ri-di-cu-les...

J' espère simplement qu' il ne fera pas d' adeptes à l' avenir.

Alors, ne me prenez pas pour un sadique,ni pour un sale macho, mais je vous remets la vraie fin tragique de notre héroïne.

 

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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 07:01

Bonjour les amis,

Aujourd' hui cela fait exactement dix ans que mon papa nous a quitté.

Il m' a laissé en héritage de l' amour, de la bienveillance et de la chaleur humaine.

Dix ans se sont passés depuis lesquels son esprit m' accompagne d' une manière qui est maintenant différente,mais toujours de façon sereine et apaisée.Je le sens proche de moi et je continue de partager avec lui par la pensée mes émotions, mes joies et mes tristesses.

 

 

 

 

Sans toi languit mon coeur...

Quelques fois il m' arrive de rire avec lui, ou alors, de le prendre à témoin de ce qui m' arrive...ou de ce qui nous arrive à tous.

Papa se passionnait aussi pour la politique.Parfois je pense à lui quand je vois notre monde qui change, qui perd ses valeurs, qui n' est pas à la hauteur de ce que nos parents ont défendu, quand je vois un monde qui se déconstruit.

Il m' arrive même de l' interpeller parfois:

" Eh, Pa...tu vois ce que vois ? "

Et parfois j' ai envie de lui dire, comme après l' élection de Trump :

" Eh, Pa ...t' es parti au bon moment...avant que ça commence franchement à déconner..."

Aujourd' hui en ce jour anniversaire de sa mort j' aimerais juste partager avec vous un air de bel canto interprété par son chanteur préféré.

J' ai choisi CARO MIO BEN dont les paroles et la musique expriment la douce mélancolie qui berce mon coeur quand je pense à lui.

 " Allez Papa.Tu resteras toujours présent dans nos coeurs et aujourd' hui cette chanson-là, elle est pour toi...."

Caro mio ben,
Credimi almen,
Senza di te
Languisce il cor.
 
Caro mio ben,
Senza di te
Languisce il cor.
 
Il tuo fedel
Sospira ognor.
Cessa, crudel,
Tanto rigor!
 
Cessa, crudel,
Tanto rigor.
Tanto rigor!



 

Mon bien chéri,
Au moins, crois moi,
Sans toi,
Mon cœur languit,
 
Mon bien chéri,
Sans toi,
Mon cœur languit,
 
Ton fidèle,
soupire à chaque instant,
Cesse, cruel,
Tant de dureté,
 
Cesse cruel,
Tant de rigueur,
Tant de rigueur,



 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:17

Bonjour les amis,

Vous savez que l' une des principales qualités d' un bon professeur c' est son charisme personnel et sa faculté d' attirer l' attention de ses élèves sur le thème qu' il est en train d' exposer en classe.

Ce n' est pas toujours facile...rien de pire qu' un prof rébarbatif et ennuyeux.Et l' humour est souvent l' allié le plus utile des enseignants quand ils veulent retenir l' attention de nos chères têtes blondes.

Voici sur le lien ci-dessous un petit florilège de situations où le professeur a fait preuve d' humour en classe ...

Alors je terminerai cette série de situations drôlatiques avec une petite anecdote personnelle gentillette de cette année avec un groupe d' élèves de 6 èmes.

Il se trouve que l' un d' entre eux est particulièrement dissipé et qu' il a la fâcheuse tendance à parler avec son voisin pendant que je suis en train de donner des explications à toute la classe.

Un jour, suite à un n-ième bavardage intempestif de sa part, je lui demande de se taire et lui fait remarquer que ça fait déjà 50 000 fois depuis le début de l' année que je lui ai dit de ne pas parler en même temps que moi et que je ne sais plus comment je dois le lui expliquer pour qu' il me comprenne.

Or, il se trouve que toute la classe sait que je chante dans un choeur, et l' une de mes élèves assez malicieuse et espiègle,et qui par ailleurs est musicienne, intervient devant tout le groupe en disant:

" Peut-être que si vous le lui disiez en chantant il le retiendrait mieux ? "

Alors, du coup, et sans réfléchir deux secondes , je prends ma plus belle voix de basse et je chante à l' élève incriminé l' air du commandeur de DON GIOVANNI, en improvisant de nouvelles paroles.

Au lieu de chanter " Don Giovanni a cenar teco"  j' ai balancé avec une voix profonde venue d' outre-tombe:

" Ya estoy harto !

estás en mi clase ! 

Y cuando hablo

debes callarte !"

Ce qui donnerait en français.

" J' en ai vraiment marre !

Tu es dans ma classe !

Et quand je parle

Il vaudrait mieux que tu te taises "

J' ai chanté ça en direction de cet élève,en m' approchant de lui, peu à peu, et d' un air menaçant.

Chanter à pleine voix un air d' opéra en classe , ça fait son petit effet.Tout le monde est resté figé, un peu scotché !

Et, vous le croirez ou pas mes chers amis, mais dès que je me suis interrompu, j' ai eu droit à des applaudissements nourris et spontanés de la part de mes élèves ravis ( y compris de la part de l' élève incriminé et aussi de la musicienne qui a apprécié le fait que je relève instantanément son défi avec un minimum de qualité artistique !).

Alors je ne dispose pas de la vidéo de cette scène improvisée mais il vous faut l' imaginer en écoutant le début de ce lien youtube ci-dessous...( mais avec les paroles que j' ai indiquées)...j' ai chanté ça en prenant la même tête que le commandeur à 30 secondes sur le clip...par ailleurs je porte la barbe moi aussi ( et je fais un commandeur assez crédible...).

Je terminerai ce billet en vous disant qu' aux Etats-Unis certains profs de maths apprennent à leurs élèves l' algèbre en utilisant le rap ( que j' abhorre...), et que moi, en Europe, je viens de démontrer que les opéras de Mozart pour récupérer l' attention de tous les élèves ,et bien,ce n' est pas mal non plus...

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:30

Bonjour les amis,

je vous offre aujourd' hui un air de bel canto assez peu connu extrait d' un opéra en 3 actes de Vivaldi.

Il s' agit d' Agitada da due venti  tiré de l' Opéra LA GRISELDA qui est

sans doute l' aria la plus marquante de l' oeuvre.

Ecoutez Cecilia Bartoli.C' est assez prodigieux ce qu' elle fait...

 

 

 

La tempête la fait s' envoler très haut.

Elle nous offre un festival pyrotechnique baroque, un feu d' artifice  d' arpèges vocaux acrobatiques enchaînés à vitesse supersonique et avec toute une gamme très riche de nuances.La fin survoltée est éblouissante !

Cecilia Bartoli est sans doute l' une des rares voix capables de réaliser de telles prouesses avec une telle agilité et qualité technique.

Rarement un naufrage aura provoqué un tel torrent vocal orgasmique !

Alors, au cas où vous n' auriez pas tout compris , voici les paroles originales italiennes suivies d' une traduction française.

 

Agitata da due venti ...
freme l'onda in mar turbato ...
e 'l nocchiero spaventato ...
già s'aspetta a naufragar ...

Dal dovere da l'amore ...
combattuto questo core ...
non resiste e par che ceda ...
e incominci a desperar ...

Agité par deux vents ...
frémit l'onde dans la mer agitée ...
et  l'homme de barre apeuré ...
prévoit déjà un naufrage ...

De l'obligation d'aimer ...
ce coeur ayant combattu ...
Il ne résiste pas et semble cèder...
et commencer à désesperer ...
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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 14:04

Bonjour les amis,

Etonnante coincidence cette semaine, alors que j' avais fait un billet sur le choeur des esclaves du Nabucco de Verdi sur lequel nous travaillons avec notre groupe vocal CADENZA et que vous pouvez lire sur le lien ci-dessous.

Si vous n' êtes pas un spécialiste de Verdi vous y apprendrez des choses étonnantes et assez paradoxales.

 

 

Je rappelais dans cet article l' histoire assez extraordinaire de cet oeuvre et son énorme impact politique dans le climat enfiévré de l' Italie prérévolutionnaire.J' y rappelais également de quelle manière Ricardo Muti avait profité en 2011 d' une représentation à Rome pour dire devant l' infâme et vulgaire Silvio Berlusconi à quel point il avait ressenti de la honte à être représenté par une telle classe politique.

Et maintenant, ne voilà t' il pas qu'en ce 30 Avril dernier,Verdi, après un sondage sur facebook, s'est invité lui aussi aux NUITS DEBOUT ...

Cet article de l' Express vous expliquera en détail comment s' est organisé cette manifestation culturelle...

Comme dit l' un des musiciens participants:

"ça montre une autre image de ce mouvement, trop souvent réduit à des violences ou du vandalisme".

On ne saurait mieux dire !

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 11:44

Bonjour les amis,

Nous continuons de former un nouveau répertoire avec notre groupe vocal CADENZA, et , nous avons commencé la répétition du choeur des esclaves du Nabucco de Verdi.

C' est un air que j' ai un peu trop entendu dans ma jeunesse, et dont je me suis vite lassé, mais, à chaque fois qu' on entreprend l' interprétation d' une oeuvre très connue, il faut un peu oublier notre sentiment de saturation antérieur et l' appréhender sans à priori, comme si on la découvrait pour la première fois.

Revenons d' abord sur la genèse de cette pièce qui se convertira plus tard en symbole de ralliement de tout un pays.

Verdi écrit Nabucco à un moment de sa vie où il est extrêmement déprimé par la perte de son épouse et de ses deux enfants.Il est presque anéanti...au bord du suicide.L' article du Figaro que j' ai mis en lien relate très bien les conditions difficiles dans lesquelles fut créée cette oeuvre.

Nabucco va pensiero...

Quand Verdi s' attaque à l' écriture de NABUCCO l' Italie est en pleine effervescence révolutionnaire.Milan faisait partie de l' Empire austro-hongrois et le pays entier aspirait à l' indépendance et la la réunification.

Cet opéra-drame politique évoque l'épisode biblique de l'esclavage du peuple juif exilé à Babylone symbolisé par le «Va, pensiero» des hébreux auxquels s'identifiait la population milanaise alors sous occupation autrichienne.

Sur les rives de l'Euphrate les Hébreux, vaincus et prisonniers, se rappellent avec nostalgie et douleur leur chère patrie disparue.

Ecoutons les vers du choeur des esclaves:

Va, pensiero, sull'ali dorate;
Va, ti posa sui clivi, sui colli,
Ove olezzano tepide e molli
L'aure dol
ci del suolo natal !
Del Giordano le rive saluta.
Di Sïonne le torri atterrate
Oh mia patria si bella e perduta !
Oh membranza si cara e fatal !
Arpa d'òr dei fatidici vati,
Perche muta dal salice pendi ?
Le memorie nel petto raccendi,
Ci favella del tempo chefu !
O simìle di Solima ai fati
Traggi un suono di crudo lamento,
O t'ispiri il Signore
un concento
Che ne infonda al patire virtu, x 3
Al patire virtu !

Va, pensée, sur tes ailes dorées ;
Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,
Où embaument, tièdes et suaves,
Les douces brises du sol natal !
Salue les rives du Jourdain,
Les tours abattues de Sion ...
Oh ma patrie si belle et perdue !
Ô souvenir si cher et funeste !
Harpe d'or des devins fatidiques,
Pourquoi, muette, pends-tu au saule ?
Rallume les souvenirs dans le cœur,
Parle-nous du temps passé !

Rappelle-nous le sort de Solime
Dans une compla
inte aux tristes accents,
Laisse le Seigneur t'inspirer une harmonie
Qui nous donne la force d'endurer nos souffrances !

.

.

Les paroles sont évidemment écrites avec un sens caché pour échapper à la censure mais le public ne s' y trompera pas et comprendra, dès la première interprétation, ce vers désormais célèbre.

Oh mi patria si belle e perduta

Oh ma patrie si belle et perdue

L' opéra sera un succès retentissant.Prévu pour 8 représentations il y en aura 64 en moins d' un an !!!

J' imagine bien dans le public des patriotes exaltés criant: VIVA ITALIA !

Verdi sera ensuite victime de tentatives de censure.Son opéra suivant I Lombardi alla prima crocciata(1843) sera dénoncé par le cardinal archevêque de Milan Gaetano Gaisruk qui écrivit une lettre au chef de la police dans laquelle il menaçait également d' écrire à l' Empereur Ferdinand d' Autriche.Mais Verdi sut s' appuyer sur des relations puissantes comme la comtesse Maffei pour déjouer la censure de la police de l' époque.

Si les artisans politiques de l' unité italienne furent Garibaldi, Cavour et Mazzini il est clair que Verdi, grâce à son génie créateur, fut leur meilleur porte-parole.

Il se convertira vite dans l' esprit des italiens en Père de la Patrie.

Nabucco va pensiero...

Parlons un peu de ce choeur des esclaves maintenant qui présente une particularité.Les 4 voix du choeur (soprano,contre-altos,ténors et basses) chantent à l' unisson durant les 28 premières mesures...Et puis, à la 29 ème mesure, le choeur se sépare en 4 voix différentes , ce qui donne un relief lyrique saisissant.

C' est à à 2 minutes 22 secondes sur la vidéo ci-dessous, au moment où le choeur chante,Arpa d'òr dei fatidici vati, et puis, Le memorie nel petto raccendi.

Voici quelques images de nos répétitions

Nabucco va pensiero...
Nabucco va pensiero...

Enfin, je terminerai en vous disant qu' il m' est difficile de travailler sur cette partition sans penser à mon père qui n' imaginait sans doute pas qu' un jour son fils s' attellerait sérieusement à cette oeuvre de Verdi.Moi, l' enfant du Rock qui rigolait et me moquait toujours gentiment des sentiments patriotiques des personnes un peu plus âgées.

Aujourd' hui , je pense à toi papa, italien jusqu' au bout des ongles, pour qui ce morceau représentait quelque chose.Toi qui a toujours été fier de ton pays, de son peuple et de ses immenses artistes.Aujourd' hui, je te retrouve aussi à travers l' Opéra...Je ne peux m' empêcher de penser à toi et à mes racines quand je chante cet air du Nabucco de Verdi...Je le fais avec tristesse, avec mélancolie, mais aussi avec la profonde satisfaction de ne pas avoir perdu le lien qui nous unit.

Alea Jacta Est va pensif...

Nabucco va pensiero...

PS: Sachez pour la petite histoire que lors des festivités de 2011 en l' honneur du 150 ème anniversaire de la réunification italienne Ricardo Muti avait dirigé cette oeuvre à l' Opéra de Rome devant un parterre de personnalités, dont Silvio Berlusconi.

Avant d' accepter le Va pensiero en bis, Ricardo Muti a fait un bref discours pour le public dans lequel il a balancé un beau missile en direction de l' infâme Silvio...

Muti : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".

[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]

Muti : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves.Tout l' opéra de Rome s' est levé.Et le Choeur s' est lui aussi levé.Ce fut un moment magique dans l' Opéra.

Vous pouvez voir cette intervention de Muti ainsi que ce bis mémorable sur le lien ci-dessous.

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/silvio-berlusconi-renverse-par-91522

PS nº 2: Il y a une anecdote assez savoureuse dans la biographie de Giuseppe Verdi.

En 1831 le conservatoire de musique de Milan rejettera sa candidature en tant qu' élève à cause d' une technique pianistique considérée comme déficiente et des connaissances jugées insuffisantes.

Le conservatoire de Milan entrera dans l' histoire de la musique comme celui qui a recalé Verdi...Les examinateurs responsables n' ont pas su, tout comme les employeurs de Bach un siècle auparavant, reconnaître les compositeurs de génie de leur temps.

Paradoxalement le conservatoire de Milan s' appelle aujourd' hui le CONSERVATOIRE GIUSEPPE VERDI...! C' est le comble, non ?

Ils ont mis en application la célèbre citation latine:

Errare humanum est, perserverare diabolicum

L' erreur est humaine mais perséverer ( dans l' erreur) c' est l' oeuvre du diable

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 08:44

Bonjour les amis,

Quand on parle des caractéristiques vocales des grands chanteurs on se réfère avant toute chose à leur tessiture, à savoir l' étendue des notes qu' ils peuvent chanter de la plus grave à la plus aigüe.Si vous décidez un jour de prendre des cours de chant, la première chose que vérifiera votre professeur c' est l' étendue de votre tessiture ( ça lui prendra 5 minutes).

Bien évidemment de nombreux grands chanteurs comme Freddie Mercury ou Sting possèdent une tessiture assez étendue un peu hors-norme.Rosemar me rappelait que Ella Fitzgerald pouvait couvrir 3 octaves : c' est très impressionnant.

Voici les différentes catégories vocales représentées sur un clavier de piano

En général une voix normale peut couvrir 2 octaves

En général une voix normale peut couvrir 2 octaves

Le problème pour les hommes ( plus que pour les femmes) c' est que leur registre change au cours du temps.Il y a une voix AVANT la puberté et APRÈS la puberté...Les changements hormonaux et anatomiques feront que le registre baissera notablement.Il existait une tradition un peu " barbare" entre les XVI ème et XVIII ème siècle qui permettait de castrer les enfants qui avaient avait une voix extraordinaire afin qu' ils ne la perdent pas.Farinelli fut l' un des plus célèbres d' entre eux.

NB: contrairement à ce que pensent de nombreuses personnes la castration n' empêchait leurs victimes de pouvoir bander l' arc de Cupidon et d' avoir des rapports sexuels...

Donc je vous disais qu' à l' époque de la puberté la voix des hommes baisse, mais le phénomène ne s' arrête pas là en général.Avec l' âge de très nombreux chanteurs qui ont commencé comme ténor ou baryton baissent encore un peu.Le ténor finit presque baryton et le baryton finit chez les basses.

C' est exactement ce qui s' est produit pour moi mais avec des circonstances aggravantes. En effet,des excroissances amygdaliennes complètement atypiques ont étouffé ma voix peu à peu, et m' ont obligé à passer sur le billard en 1995 pour les enlever.

L' otorino qui m' a opéré, professeur de la faculté d' une cinquantaine d' années, m' avait dit que c' était les plus grosses excroissances qu' il avait jamais vu de sa carrière professionnelle.Triste record dont je me serais bien passé.A la suite de cette intervention qui a quand même nécessité une trachéotomie qui m' a fait respirer par un petit trou dans la gorge pendant 15 jours, mon registre a encore perdu davantage.Moralité, je me suis retrouvé comme un pinson à qui on a coupé le sifflet.J' ai entrepris il y quelques années une rééducation de ma voix avec cours de chant hebdomadaires, ce qui m' a permis de récupérer deux tons et demi, ce qui n' est pas mal quand même.Normalement en tant que Basse je devrais arriver à un MI mais à partir du RE dièse et parfois à partir du DO dièse je commence à souffrir.

Pour vous résumer mon itinéraire vocal un peu inhabituel disons qu' à la base quand j' avais onze ans, j' étais soliste de ma chorale avec une voix aigüe donc, et j' avais eu l' occasion de chanter le PETIT TAMBOUR ...sur le même registre que Nana.

Et que maintenant, je peux plutôt chanter ceci

Je vous précise que je n' ai quand même pas la technique impeccable de ce chanteur là

Avouez que le contraste entre les deux morceaux est saisissant !

Bien évidemment, en tant que fan de Bach, j' adore cette pièce du magnificat mais malheureusement pour moi, plus de 99% de ce que me plaît en général et que j' aimerais bien interpréter est devenu complètement hors d' atteinte ...

Un romantique comme moi vendrait son âme au diable rien que pour pouvoir interpréter par exemple " Una bella serenata" de Mozart dans son opéra COSI FAN TUTTE

Mais malheureusement c' est impossible, et du coup, je me retrouve un peu comme le BARBIER DE BELLEVILLE, ce barbier sympa mais un peu pathétique interprété par Reggiani.Souvenez-vous de cette chanson très drôle, en forme de clin d' oeil au brillant barbier de Séville de Rossini .

Et oui, ce barbier là rêve d' interpréter les plus beaux airs d' opéra. Il voudrait mais il ne peut pas...

Je m' identifie beaucoup à lui et je reprendrai juste une phrase de la chanson que je fais mienne à 100 %.

" Je fais un métier que j' adore

Mais je voudrais chanter toréador "

Je précise pour ceux qui ne me connaissent pas que je ne vis pas avec amertume cette frustration qui m' empêche d' aborder les répertoires classiques et rock que j' aime.Je chante toutes les semaines dans une chorale qui m' apporte beaucoup de bonheur et j' écoute toujours avec ravissement mes collègues qui peuvent atteindre des cimes inaccessibles pour moi.

Et puis quand on est un " barbier de Belleville" on est un grand chanteur d' opéra dans sa tête.On sait exactement comment on interprèterait certaines pièces si on disposait de l' organe nécessaire pour le faire.On chante mentalement et le rêve continue dans notre esprit.Bien souvent le rêve est aussi important que le réel.

JE M' IMAGINE DONC JE SUIS !

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