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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 23:18

Bonjour les amis,

Depuis le mois de Février a commencé un mégaprocès en Espagne au cours duquel sont jugés les principaux responsables des graves événements qui ont secoué la Catalogne lors de la célébration d'un référendum complètement illégal le 1er Octobre 2017.

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_de_2017_sur_l%27ind%C3%A9pendance_de_la_Catalogne

Depuis ces événements il y a une énorme campagne en Catalogne des séparatistes pour faire croire à la communauté nationale et internationale que ces détenus sont des prisonniers politiques, alors que rien n'est plus faux.

Personne en Espagne n'est en prison pour délit d'opinion. L'actuel président de la Catalogne Quim Torra, par exemple, n'est pas en prison alors que chacun de ses propos sont des attaques contre l'Etat espagnol, alors qu'il a incité de manière publique les CDR (comités de défense de la république) à se manifester dans la rue.

Ces 12 accusés du procès actuel ne sont pas des prisonniers politiques mais des politiques qui sont en prison...Nuance ! Et ils le sont pour des faits d'une énorme gravité, pour avoir enfreint l'ordre constitutionnel, mais aussi les lois de leur propre parlement régional de Catalogne.

Même AMNESTY INTERNATIONAL qui est une référence en matière de droits de l' homme ne considère pas que ces détenus sont des prisonniers politiques au sens littéral du terme.

Ceux qui sont jugés, mis à part le fait d'avoir enfreint l'ordre constitutionnel, sont accusés également d'avoir détourné des fonds publics (que nous payons tous) pour organiser ce référendum illégal.

Les principaux chefs d' inculpation sont donc rébellion,sédition et détournements de fonds publics...

La semaine dernière 41 sénateurs français (de droite comme de gauche) ont signé une lettre reprenant la terminologie des séparatistes et dans laquelle ils accusaient l'Espagne de "répression politique".

Alors ces 41 sénateurs sont (de mon point de vue) assez ignorants, incohérents et assez irresponsables aussi.

Quant à Benoît Hamon qui viendra rendre visite à ces leaders séparatistes en prison, il ferait bien (de mon point de vue) de rester sagement chez lui et de ne pas venir donner à l'Espagne des leçons de démocratie.

Le procès est public, très médiatique, et le juge Marchena prend un soin extrême à ce que les droits de la défense soient rigoureusement respectés. Ce procès est un exemple du genre, un modèle de rigueur...

Aucune cour internationale de droits de l'homme ne pourrra l'annuler. J'en mettrais ma main au feu...

 

A Benoît Hamon, et à ces 41 sénateurs, je ne leur dirais qu'une seule chose.

Imaginez que demain un responsable politique corse, ou breton commence à appeler à la désobéissance civile et à dépenser de l'argent public pour organiser un référendum illégal d'autodétermination.

Pensez-vous que l'Etat français attendrait sagement la célébration du scrutin pour réagir ?

En Espagne les responsables ont été mis aux arrêts après les événements du 1er Octobre et après avoir été mis en garde de maintes fois par le tribunal constitutionnel.

En France, en Allemagne, ou en Italie, je gage qu'ils auraient été détenus bien avant, dès qu'ils auraient annoncé officiellement leurs intentions d'organiser un scrutin illégal. Un élu qui s'arroge des droits que la constitution ne lui donne pas commet l'un des pires crimes que puisse perpétrer un responsable politique.

En l'ocurrence c'est un miracle que ce crime n'ait pas débouché sur une conflagration civile. Le risque était bien réel.

Quant à ceux qui disent qu'il n'y avait aucune violence, je ne leur montrerai qu'une seule photo : celle d'une voiture de la Garde Civile pendant les journées insurrectionnelles du 20 septembre 2017.

L'insupportable ingérence de 41 sénateurs français dans les affaires intérieures de l'Espagne

Donc à Benoît Hamon et à ces 41 sénateurs je leur dirais ceci:

" Avec quel culot pouvez-vouz exiger de l'Espagne de ne pas condamner des faits qui seraient sanctionnés très durement dans votre propre pays ?".

Un peu de décence, messieurs !

Manuel Valls qui concourt cette année pour la mairie de Barcelone a affirmé que si Puigdemont s'était réfugié à Paris, la justice française l'aurait extradé et rendu aux espagnols.

Alors, ressaisissez-vous un peu, messieurs les 41 sénateurs.

 

 

Les 12 accusés du procés

Les 12 accusés du procés

Quant à ceux qui veulent comparer les 12 détenus à Nelson Mandela, ou à Gandhi, laissez-moi bien rire.

Mandela avait 99,9% du peuple noir derrière lui : ça lui donnait le droit de désobéir, et par ailleurs son pays avait été colonisé par les blancs. Rien de tout cela n'est vrai en Catalogne. Les séparatistes étaient minoritaires aux dernières élections légales, et par ailleurs la Catalogne, comme toutes les régions d'Europe n'a jamais été une colonie, ni même un royaume...L'Espagne s'est formée, comme tous les pays d'Europe par des systèmes d' alliances entre couronnes. Il en va de la Catalogne comme de la Bourgogne ou de la Bretagne...Toutes ces régions auraient pu se convertir en un pays à un moment de leur histoire mais l'histoire, justement, en a voulu autrement.

Bien évidemment, la situation catalane est extrêmement préoccupante et inquiétante. Le problème va devoir se résoudre de manière politique. Il y aura des élections générales en Espagne le 28 Avril prochain, et malgré la politique de main tendue de Pedro Sánchez la situation actuelle est complètement bloquée. Les séparatistes exigent en prérequis à toute négociation le droit à un référendum d'autodetermination, et ce droit nécessite une modification de la constitution qui ne pourra s'obtenir que grâce à une majorité parlementaire.

L'imbroglio est parfait...et cet imbroglio risque d'avoir une forte incidence sur le résultat des futures élections anticipées dans toute l'Espagne le 28 Avril prochain.

C'est justement à cause du problème catalan que Pedro Sánchez n'a pas pu faire voter son budget sans le soutien des forces nationalistes et qu'il a dissous l'assemblée législative pour aller vers de nouvelles élections.

Donc la question catalane est au coeur des débats en Espagne. Je dirais même plus : on ne parle que de ça !...Chaque parti politique se présente aux élections en indiquant quelle est sa position sur ce thème, et les électeurs vont trancher très prochainement.

Donc c'est vraiment pas le moment, en plein débat démocratique national, que Benoît Hamon vienne  s'ingérer de manière inopportune dans un dossier d'une énorme complexité dont il ne connaît probablement pas tous les ressorts et sur lequel il n'a aucune leçon à nous donner.

 

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 16:04

Bonjour les amis,

Notre groupe polyphonique CADENZA prépare déjà son concert de printemps avec, entre autres cette année, une chanson catalane composée par Juan Altisent (1891- 1971) intitulée idil·li.

Les paroles sont en catalan. Notez dans le mot idil·li la lettre formée par deux L séparées par un point au milieu. C' est la L " geminada", une lettre propre au catalan.

Idil·li  est un genre littéraire caractérisé par des poèmes pastoureaux décrivant une vie simple, rustique et une félicité prodiguée par la nature.

La chanson d' Altisent, composée à 4 voix, est très lyrique. Je vous ai mis les paroles catalanes avec leur traduction pour que vous puissiez les suivre en regardant la vidéo ci -dessous.

Vinguda es ja la dolça primavera,

Le doux printemps est déjà arrivé

Passa l'hivern amb sos crudels rigors.

L'hiver est passé avec ses rigueurs cruelles

Rumbe ja als brots l'arbreda falaguera,

Dejà bourgeonne de manière prometteuse l'arbrisseau

Valls i montanyes, valls i montanyes,

Vallées et collines

s'han cobert de flors.

Se sont couvertes de fleurs

No es veritat, oh dolça aimada mia,

ce n' est pas vrai, ma douce aimée

que tot mirant el cel pur i sere,

Qu' en regardant le ciel pur et serein

al contemplar com va morint el dia,

et en contemplant comme s' éteint le jour

tu ploraries, tu ploraries sens saber per qué.

Tu pleurerais, tu pleurerais sans savoir pourquoi

 

C'est toujours agréable de chanter des chansons qui ne sont pas harmonisées à 4 voix après coup pour des chorales mais qui ont été pensées dès le départ à 4 voix.

En écoutant l' enregistrement, on se rend compte que les voix se parlent et se répondent en écho entre elles. Nous, les basses on se sent très bien sur ce genre de pièce, notamment quand on chante " valls y muntanyes"...

Cette pièce est très simple mais elle ne supporte pas très bien l'amateurisme, et les voix dures qui sortent de la gorge et pas du diaphragme. Les voix doivent être naturelles, non forcées, et aériennes. 

Ou on chante bien cette pièce, ou alors, franchement, il vaut mieux ne pas la chanter...

Je vous laisse avec une deuxième version réalisée dans ma région dans laquelle on apprécie mieux les différences entre les voix grâce à la technique d'enregistrement en studio. Ça ressemble plus à ce que nous on entend à l'intérieur du choeur.

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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 04:34

Bonjour les amis,

C' est un séisme politique qui s' est produit cette semaine en Espagne après l' annonce d' une sentence du tribunal de l' Audience Suprême jugeant les affaires de pots de vin et qui conclut à l' existence d' une caisse noire pour le parti au pouvoir.

Cette caisse noire qui a toujours été niée par Mariano Rajoy met son gouvernement contre les cordes, en pleine législature, alors que le budget venait juste d' être voté au parlement.

 

 

Alors, bien évidemment, je me réjouis que la justice ait pu prouver qu' il y avait bien un système de financement occulte au sein du PP et que les nombreux scandales n' étaient pas que de simples faits isolés.

Mais le dépôt d' une motion de censure de la part du leader socialiste Pedro Sánchez va irrémédiablement nous projeter dans une période de turbulences, d' instabilité et d' incertitudes.

Du côté de Ciudadanos ( formation centriste équivalente du LRM français), le parti exige à Mariano Rajoy des élections anticipées après les récentes condamnations. Si Mariano Rajoy ne donne pas des gages dans ce sens, le parti centriste est disposé à appuyer la motion de censure de Pedro Sánchez.

La question que tout le monde se pose est de savoir si le secrétaire du Parti socialiste dispose d' une vraie alternative de gouvernement alors que l' échiquier politique est partagé (ou plutôt  éclaté ) en 4, sans même compter les fortes tensions nationalistes au pays basque, et surtout en Catalogne.

Finalement, je me demande si ce dépôt de motion de censure, est une bonne ou une mauvaise nouvelle. L' Espagne est tellement en crise que je me sens incapable de répondre à cette simple question.

Les éventuels alliés du PS sont incompatibles entre eux. Entre Podemos ( de gauche) et Ciudadanos ( de droite),  il y a une galaxie qui les sépare et il faut l' appui des deux pour gouverner...

Sánchez se déclare prêt à gouverner tout seul et en minorité mais sa formation est plus faible que jamais avec seulement 87 députés sur 350. Cette affaire le prend au dépourvu alors que son parti n' a pas de vrai programme d' alliance crédible et alors que le défi indépendantiste lui a infligé un mauvais résultat électoral en Catalogne en Décembre dernier. En effet son parti y est en perte de vitesse au profit de Ciudadanos.

Sánchez va être obligé d' improviser ses alliances et les nationalistes en profiteront pour faire monter les enchères, et ça , je ne suis pas sûr que ce soit très bénéfique pour l' Espagne.

Vous le voyez les amis. Théoriquement j' aurais dû me réjouir de ce dépôt de motion de censure, mais finalement, je ne sais même pas si c' est une bonne nouvelle...

J' en viens même à me demander si le remède n' est pas pire que le mal qu' on prétend combattre. Je me demande si le parti socialiste n' aurait pas intérêt à se présenter aux prochaines élections prévues par le calendrier électoral avec un programme mûri, crédible...Arriver au pouvoir de manière non-préparée sur un dépôt de motion de censure peut se transformer en cadeau empoisonné et pourrait avoir des conséquences néfastes et désastreuses pour le pays.

Les marchés financiers, eux, sont sans appel, et la prime de risque s' envole déjà depuis le dépôt de cette motion...La seule chose dont on peut être sûr c' est que notre dette nous coûtera plus cher, et ça, il n' y a pas lieu de s' en réjouir...

PS: Je n' ai pas eu le temps durant ces dernières semaines de vous tenir informé de la situation en Catalogne, mais celle-ci est volontairement bloquée par les indépendantistes qui viennent de nommer président Quim Torra qui est un séparatiste d' extrême-droite, un activiste xénophobe qui a passé toute sa vie à écrire des articles insultant les espagnols, y compris les catalans qui se sentent espagnols. Torra est une espèce de Milosevic à la sauce catalane ...

Les indépendantistes ne veulent pas vraiment gouverner leur région et jouent la carte du bras de fer et de la confrontation civile...C' est la guéguerre constante avec l' Etat espagnol. Quim Torra a nommé des conseillers de gouvernement régional qui sont actuellement en prison ou qui se sont exilés pour fuir la justice de leur pays. Le tribunal suprême refuse une telle liste et le gouvernement central maintient la mise sous tutelle de cette région à travers l' application de l' article 155.

C' est une situation lamentable, profondément déprimante et préoccupante...Et Pedro Sánchez est loin de détenir les clés qui permettraient de sortir de cet imbroglio.

 

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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 12:01

Bonjour les amis,

Suite à la déclaration unilatérale d' indépendance du parlement catalan,la réaction de la justice espagnole a été rapide avec la mise en détention de 8 membres du gouvernement régional jeudi dernier.Une situation exceptionnelle qui fait suite à de très très nombreux avertissements et mises en demeure faites au gouvernement catalan de Carles Puigdemont de revenir à la légalité constitutionnelle et aussi de respecter les lois qui régissent la Généralité de Catalogne.

Ceux et celles qui sont aujourd' hui en détention provisoire étaient prévenus de longue date et ont eu de maintes fois la possibilité de revenir à la légalité.

Ce ne sont pas les occasions qui ont manqué.

Puigdemont en prenant la fuite à Bruxelles avec 5 membres de son gouvernement a réussi à impliquer la Belgique et l' UE dans le contentieux qui l' oppose à l' Etat espagnol.

Sa stratégie qui consiste à porter le conflit au coeur de l' Europe se révèle payante et commence à porter ses fruits.

 

Il faut au moins rappeler deux choses dans cette affaire.

1.Les membres emprisonnés ne le sont pas à cause de l' application de l' article 155 de mise sous tutelle de la Catalogne mais sont accusés par la justice de plusieurs chefs d' inculpation comme la rébellion, la sédition, et la malversation de fonds publics. 

C' est une juge qui prononce ses décisions et non pas directement l' exécutif comme tente de le faire croire Puigdemont. Un Puigdemont qui déclare à Bruxelles que la justice espagnole n' est pas indépendante et à qui les journalistes belges pourraient lui rappeler que de nombreux responsables du parti au pouvoir sont aujourd' hui sous les verrous.

2. Si Puigdemont avait fait en France, en Allemagne ou en Italie le millième de ce qu' il a fait en Espagne,c' est à dire organiser un référendum illégal, il aurait été mis aux arrêts depuis belle lurette pour haute trahison.

Il n' en reste pas moins vrai que la décision de la juge est en train de mettre le feu aux poudres en Catalogne et que le secteur indépendantiste reprend des ailes, et ce, à moins de 50 jours d' une élection régionale cruciale.

Hier les manifestations de soutien se sont célébrées un peu partout, et ce n' est que le début...

La grande manipulation indépendantiste catalane s'invite au coeur de l' Europe.

Franchement les amis, ce qui se passe en Espagne laisse tout le monde dans la perplexité.On croyait tous que l' on irait d' abord vers les élections du 21 Décembre et que l' action de la justice qui est toujours assez lente commencerait à se faire sentir après la célébration de ce scrutin.

En intervenant de manière aussi rapide et directe la justice va interférer sur le processus électoral, et ça, ce n' est pas franchement une bonne nouvelle.

Les indépendantistes auront beau jeu dans les jours qui viennent de jouer les victimes et de gagner de plus en plus d' adhérents à leur cause.

On voit ce phénomène même dans le reste de l' Europe où ils font de plus en plus d' adeptes.

Quand je pense à ce qui vient de se produire, je suis partagé entre deux sentiments. 

Le premier, c' est de me dire que la justice est involontairement en train de torpiller la reprise de la normalité en Catalogne et que le 21 Décembre prochain on va tous se retrouver avec un parlement indépendantiste sur les bras et une situation ingérable.

Le deuxième consiste à penser qu' il me manque une pièce dans ce puzzle qui fera que d' ici le 21 Décembre de nouveaux éléments apparaîtront qui vont casser l' élan des indépendantistes....Je me demande si  Rajoy garde un atout dans sa manche, mais lequel ? La dégradation économique peut-être ? Certaines révélations sur le complot ourdi par les indépendantistes ?...je ne sais...

Quoiqu' il en soit, dans moins de 50 jours j' aurai la réponse à mes interrogations...mais le moins qu' on puisse dire pour l' instant, c' est que l' actualité récente n' est pas des plus rassurantes.

 

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 06:26

Bonjour les amis,

Après la déclaration d' indépendance unilatérale de vendredi dernier, suivi de la mise en application de l' article 155 de la constitution  qui destitue le président de la Généralité de Catalogne, nous avons vécu un épisode rocambolesque qui vient de transformer le drame catalan en vaudeville.

Lundi matin Puigdemont a envoyé un tweet avec une photo laissant croire qu' il se trouvait au palais de la généralité à Barcelone alors qu' il avait pris une voiture pour aller avec 5 membres de son gouvernement à Marseille où il a pris un vol direct pour Bruxelles.

Une fuite assez indigne et croquignolesque ...

Espagne: le jour où Puigdemont a transformé le drame catalan en vaudeville...

Vous pouvez imaginer l' embarras du gouvernement belge qui se serait bien passé cette visite (fuite) très inopportune.Bien évidemment Puigdemont a le droit de se promener dans l' espace Schengen à sa guise.Il n' a même pas besoin de demander asile.Il a droit à au moins 90 jours de résidence sans avoir à fournir la moindre justification tant qu' il n' est pas réclamé par la justice espagnole.

Hier les médias espagnols ont été extrêmement critiques avec celui qui a fait voter en secret une indépendance pour finalement s' évaporer dans la nature au lieu d affronter ses responsabilités en restant près de son peuple.

Tous les qualificatifs ont été employés "...irresponsable,pathétique, ridicule, lâche, poule mouillée,traître, etc..."

Pendant 24 heures tout le monde a spéculé sur les motifs qui ont poussé Puigdemont à fuire à Bruxelles, et hier, il a eclairci un certain nombre de points lors d' une condférence de presse donnée en 3 langues: catalan, français et anglais.

En voici un résumé avec des extraits de conférence de presse où vous pourrez l' entendre s' exprimer dans la langue de Molière

Que faut-il retenir de cette conférence de presse ?

En allant à Bruxelles, au coeur de l' Europe, Puigdemont tente d' internationaliser le conflit et de lancer un appel au secours aux dirigeants de l' UE.

 Puigdemont dit qu' il ne va pas demander l' asile politique ( mais en fait on sait que pour fuire il n' en a pas besoin pour l' instant).

Il accepte les élections convoquées par Rajoy le 21 Décembre prochain, ce qui est incompatible avec sa déclaration d' indépendance mais on n' est plus à une incohérence près: en effet je rappelle que ce sont des élections autonomiques régionales pour le parlement de Catalogne que Rajoy vient de convoquer.

Puigdemont relève le défi démocratique et demande à Rajoy d' accepter les résultats si l' indépendantisme sort majoritairement élu de ces urnes.Rappelons encore une fois que ces élections du 21 Décembre ne sont pas un référendum d' autodétermination ( mais il est clair qu' une victoire du front indépendantiste serait catastrophique).

Il prétend être physiquement en danger en Espagne ( et cela fait franchement sourire quand on connaît la garde prétorienne qui l' entoure).Dimanche dernier il déjeunait tranquillement avec ses amis dans un restaurant de Girona, la ville dont il est le maire.Il s' est même permis le luxe de prendre un petit bain de foule auprès de ses administrés.

Il dit qu' il retournera en Espagne quand il aura des garanties suffisantes pour sa sécurité et sa liberté: une fois encore, cela fait sourire car depuis hier matin le procureur espagnol l' accuse de rébellion, sédition et malversation de fonds publics.Il est d' ailleurs convoqué au tribunal de l' audience nationale demain matin.

Puigdemont affirme enfin que l' Espagne n' est pas un Etat de droit car, selon lui, la séparation des pouvoirs entre l' exécutif et la justice n' y est pas garantie.Bien évidemment aucune démocratie n' est parfaite mais toutes les affaires de corruption traitées par les tribunaux espagnols et qui mouillent le pouvoir en place démontrent que la justice fait son travail de manière assez indépendante.

Ajoutons que durant son séjour à Bruxelles Puigdemont s' est mis en contact avec le parti indépendantiste flamand de Theo Francken où il a des appuis déclarés, c' est à dire, pour ceux qui ne connaissent pas la politique belge, que Puigdemont a trouvé de forts soutiens au sein même de l' extrême-droite européenne ..." Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es..."...Je dis ça pour les mélenchonnistes toujours assez complaisants avec les indépendantistes.

La question qui se pose aujourd' hui 1er Novembre est de savoir si Puigdemont va répondre à la convocation de la juge espagnole Carmen Lamela demain matin.

Je n' en suis pas sûr...Peut-être que la petite mascarade du " grand libérateur en exil " va continuer, mais espérons qu' il n' en sera rien.

Pendant ce temps-là les Etats-majors des partis s' organisent pour savoir comment ils vont se présenter aux prochaines élections: en faisant liste unique ou en y allant séparément.Ils ont une semaine pour le faire et le temps urge.

Par ailleurs la question du substitut de Puigdemont ( qui a le droit de se présenter tant qu' il n' est pas formellement inculpé et condamné) va être cruciale.

En effet, Santi Vila qui faisait partie du gouvernement de Puigdemont  et qui avait démissionné juste avant la déclaration d' indépendance en raison de son désaccord avec son chef, se présente comme candidat successeur.S' il est investi c' est la ligne indépendantiste modérée qui défendrait les couleurs du parti de Puigdemont, le  PDeCAT.

Qu' entends-je par ligne modérée ? Disons que Santi Vila est partisan de poser la question de l' indépendance comme une question légitime mais en respectant le cadre démocratique espagnol.Ce serait un retour au bon sens...

 

 

Santi Vila

Santi Vila

Enfin il faut noter qu' il y a eu 2 sondages pour savoir au jour d' aujourd' hui si les indépendantistes perdraient ou pas ces élections et, finalement, rien n' est moins sûr.

Dans un des 2 sondages ils sont donnés perdants mais l' autre réalisé par le quotidien EL MUNDO indique que les indépendantistes auraient la minorité en voix d' électeurs mais une courte majorité en sièges...On le voit, les élections du 21 pourraient nous ramener à un scénario semblable à celui qui a provoqué la déclaration unilatérale d' indépendance, et ce, malgré l' incroyable et catastrophique dégradation du climat économique et social en Catalogne.

Rajoy a lancé un défi démocratique courageux mais il faut maintenant être très habile et le gagner.Je constate que la mise sous tutelle de la Catalogne se produit avec sagesse et prudence afin de ne pas humilier les catalans.Les hauts fonctionnaires qui substituent ceux qui ont été destitués sont généralement issus le la propre administration catalane. Rajoy n' a envoyé aucun superintendant de Madrid, ce qui aurait été très mal perçu.

Enfin, il faut reconnaître que l' action de la justice qui va traiter une trentaine d' inculpations pourrait perturber le scrutin, surtout quand on sait que les indépendantistes jouent A FOND la carte de la victimisation.

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29 octobre 2017 7 29 /10 /octobre /2017 09:11

Bonjour les amis,

je vous ai parlé de beaucoup d' aspects du séparatisme catalan ces derniers temps: en fait tous mes derniers articles tournent autour de ce thème qui est devenu dramatiquement crucial pour nous en Espagne.

Parmi les raisons qui expliquent le succès des idées séparatistes chez les jeunes, il en est une sur laquelle j' aimerais vous informer davantage, une raison qui n' est pas bien expliquée dans les grands journaux internationaux.

Les séparatistes ont réussi à vendre un récit, un discours qui plaît à la jeunesse.Un discours simpliste qui fait appel à leur désir romantique d' inventer un monde et un futur meilleur, un discours très proche de ceux que vous avez entendu pendant les Nuits Debout l' année dernière.

La construction du discours indépendantiste tourne autour d' un point-clé:

l' idée c' est de convaincre les citoyens catalans que l' Espagne est un pays archaïque, oppresseur, gangréné par la corruption, irréformable, gouverné par une oligarchie inamovible et que la seule solution c' est de s' en débarrasser le plus vite possible et de ne plus la traîner comme un boulet, et d' en profiter pour réinventer un monde meilleur.

Voila une idée qui séduit la jeunesse et qui assouvit sa soif de romantisme !

Reconstruisons ce monde qui est à jeter.

Le discours c' est de dire.

Réinventons une République ouverte, plus proche des citoyens, plus juste.Réinventons une République qui sera terre d' accueil pour tous les réfugiés de la planète, une République qui sera un exemple pour le monde  entier et qui continuera de tendre les bras vers les minorités opprimées du reste de l' Espagne et de l' Europe et du monde entier.

L' idée c' est de dire que la Catalogne pourrait être le point de départ d' une nouvelle Europe plus solidaire et qu' elle sera un exemple et qu' il s' y produira UNE REVOLUTION QUI SERA UN EXEMPLE DE SOLIDARITE ET QUE LE MONDE ENTIER VA COPIER.

Voila ! C' est ça les discours qu' on entend dans les universités catalanes et qui poussent des milliers de jeunes à appuyer le mouvement séparatiste catalan.

Alors, si le thème n' était pas aussi dramatique on éclaterait de rire quand on connait les vraies raisons chauvinistes, xénophobes, égoïstes et non solidaires qui animent les promoteurs du séparatisme .

C' est ça le tour de force des indépendantistes catalans: ils sont arrivés à maquiller des idées nationalistes rétrogrades datant du XIX ème siècle en un discours populiste et attractif pour la jeunesse du XXI ème.

Comment un mouvement populiste avec de forts relents de chauvinisme, de xénophobie,d' égoïsme et  de non-solidarité comme le PDeCAT a t' il réussi à faire alliance avec l' extrême-gauche la plus radicale ?

Les premiers ont travesti leurs idées pour séduire les seconds...et ça a marché !

Les premiers, au lieu de dire," Nous ne voulons plus collaborer de manière solidaire", ont affirmé " L' Espagne nous vole"...et les seconds ont acheté le discours.

On dit souvent qu' en politique les extrêmes se rejoignent.

Et bien, la crise catalane en est l' une des plus dramatiques illustrations.

 

 

 

Joan Tardà leader de la gauche républicaine catalane avec des étudiants

Joan Tardà leader de la gauche républicaine catalane avec des étudiants

Catalogne: quand séparatisme et faux romantisme font bon ménage...

PS: Alors, en ce qui concerne l' Espagne j' aimerais juste rappeler que ce pays a démontré un dynamisme démocratique incroyable durant ces dernières années.Les 3 grandes villes les plus importantes du pays Madrid, Barcelone et Valencia ont échappé aux grand partis de pouvoir traditionnels.C' est du jamais vu...

La lutte contre la corruption est devenue si primordiale qu' elle a permis l' émergence de 2 nouveaux partis avec PODEMOS et Ciutadan's.

Les indépendantistes ont réussi à convaincre une partie de la citoyenneté catalane que la meilleure solution serait de jeter le bébé avec l' eau du bain...tout en oubliant qu' une déclaration unilatérale d' indépendance si elle était effective précipiterait le pays dans une situation bien pire que celle des grecs.Rappelons que la dette catalane, en dehors de l' UE et sans soutien de la BCE plongerait toute l' Espagne dans un marasme indescriptible.

Les indépendantistes vivent dans un monde parallèle,dans une réalité virtuelle, au pays d' Harry Potter...

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 08:13

Bonjour les amis,

Alors que l' Etat central va prendre toute une série de mesures pour rétablir la légalité constitutionnelle en Catalogne, il est très important que la société civile s' organise et montre au monde entier que les indépendantistes ( même s' ils sont nombreux, actifs et bien organisés) ne représentent pas la majorité du peuple.

Josep Borrell, ex-ministre socialiste, ex-président du parlement européen, a fait un appel à une participation citoyenne massive demain dimanche à Barcelone pour protéger la Catalogne et l' Etat de Droit en Espagne.

Dimanche sera une journée importante pour appuyer l' Etat central qui va devoir lutter contre une politique de sabotage organisée et préparée de longue date par les séparatistes, comme le démontre ce document saisi par la garde civile lors d' une perquisition chez Josep Maria Jové, haut fonctionnaire catalan responsable du budget et des impôts.

La stratégie des indépendantistes consiste essentiellement à jouer à la fois la provocation systématique et la  victimisation.Ils ne cessent d' affirmer à corps et à cris qu' ils sont victimes d' un Etat oppresseur.La plus belle victoire de cette stratégie, ça a été les coups de matraque de la police le 1 er Octobre pour empêcher la célébration du référendum illégal.

Donc à partir de demain, toutes les actions du gouvernement pour rétablir la légalité constitutionnelle vont se heurter localement à une résistance passive ou active des indépendantistes appelant à la désobéissance civile, notamment dans les services publics.Les indépendantistes, et plus particulièrement les activistes anti-systèmes de la CUP, ont déjà imaginé des plans pour occuper l' aéroport de Barcelone ou bloquer la frontière avec la France par exemple...Je suppose et j' espère que le gouvernement de Rajoy a prévu lui aussi des dispositifs policiers pour contrecarrer ces plans abjects.

Une guerre intestine a commencé et l' objectif des séparatistes c' est que les catalans apparaissent comme des victimes.L' idée c' est de provoquer sans agresser directement...un peu comme si moi demain, j' expliquais à mon voisin que je vais entrer chez lui et le voler pacifiquement et sans violences.

Il faut savoir également que, contrairement aux indépendantistes, les citoyens catalans en faveur de l' unité de l' Espagne ne sont pas organisés en partis, ni en associations.Ils se contentent tout simplement de penser comme vous et moi... Ils sont en général en faveur d' un dialogue et d' une négociation du financement des autonomies mais sans pour autant remettre en cause l' appartenance de la Catalogne à la communauté nationale espagnole.

Il est donc plus difficile de les mobiliser même s' ils sont finalement la majorité silencieuse.

Mais l' heure est si grave aujourd' hui qu' il est important que chaque citoyen se determine lui-même face aux enjeux et qu' il ne laisse pas l' Etat central se dépatouiller tout seul avec l' appui de la police et de la garde civile .

Il est temps que tous les catalans loyalistes comprennent qu' ils sont pris en otage par une minorité et que s' ils ne réagissent pas l' Etat ne pourra pas tout résoudre par la force de la loi.

L' heure est grave et c' est le moment pour tous les citoyens concernés de montrer leur attachement à l' Etat de Droit, à la démocratie et à la liberté.

C' est pour beaucoup d' entre eux l' heure d' éteindre la télé et de descendre pacifiquement dans la rue.

Plus la manifestation de demain sera massive et plus l' Etat pourra restaurer la légalité de manière efficace.

 

Catalogne: la riposte à l' offensive séparatiste s'organise.
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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 21:07

Bonjour les amis,

Nous venons de vivre 48 heures d' enfer avec des manoeuvres surréalistes en Espagne à cause de la crise catalane.

Je vais tout résumer en 2 points.

1. Le parlement catalan a voté une déclaration unilatérale d' indépendance.

Sachez au passage que les députés ont changé la norme de leur parlement et ont voté de manière secrète de peur de représailles de la justice espagnole ( tout simplement surréaliste...les mecs qui savent que leur vote est illégal et qui n' assument pas leur choix).

2. Au même moment le Sénat donnait son feu vert pour la mise sous tutelle de la Catalogne avec la destitution de l' ensemble du gouvernement régional et de son président Carles Puigdemont.

Rajoy est apparu le soir à la télé pour annoncer la convocation de nouvelles élections autonomiques le 21 Décembre prochain.

 

 

Pendant que j' écris ces lignes des dizaines de milliers de catalans se sont rassemblés un peu partout dans les grandes villes de leur région à l' appel de l' organisation indépendantiste ANC pour célébrer cette victoire éphémère.

Comme l' a fait remarqué un observateur de manière très pertinente :

c' est LA FÊTE DU TITANIC.

Une fête qui annonce le plus grand désastre vécu en Espagne depuis plus de 40 ans.Un désastre qui aura des répercussions économiques et sociales terribles pour l' ensemble du pays.

La fête du TITANIC...
La fête du TITANIC...

A partir de demain c' est une nouvelle partie qui va commencer.La généralité de Catalogne ne disposera plus de ses pouvoirs et de ses compétences.C' est par exemple directement Madrid qui va payer ses fonctionnaires.

Alors il faut savoir que cette application de l' article 155 faisait complètement partie de la stratégie des indépendantistes pour jouer la victimisation à fond, lever les bras au ciel en criant qu' on est revenu aux temps du franquisme.

Les indépendantistes qui n' ont obtenu malgré tous leurs efforts aucune reconnaissance internationale de poids jouent la carte de la précipitation dans l' abîme.

Par ailleurs, les séparatistes ont déjà mis au point une stratégie de résistance passive et active de désobéissance à l' Etat central.Ils ont déjà envoyé des directives à leurs sympathisants, notamment dans tous les secteurs de la fonction publique, pour leur expliquer comment saboter l' action de l' Etat et empêcher le retour à la légalité constitutionnelle.

C' est un nouveau bras de fer qui commence et qui risque , à partir de maintenant, de se poursuivre aussi dans la rue.Les anti-systèmes du parti anticapitaliste la CUP ne rêvent que de ça: l' insurrection populaire et la rue qui prend le pouvoir.

Par ailleurs, si ce soir ce sont les indépendantistes qui célèbrent dans la rue leur pseudo-victoire,  il est très probable que samedi et dimanche ce seront leurs adversaires fidèles à l' Espagne qui vont se manifester également.De terribles tensions sont à prévoir.

Mais ce soir, en annonçant des élections dans 54 jours Rajoy coupe l' herbe sous le pied de ceux qui prétendent que Madrid a suspendu la démocratie en Catalogne.

Ce sont les promoteurs du coup d' Etat du 6 Septembre qui ont obligé l' éxecutif à mettre la généralité sous tutelle...NO CHOICE !

Donc , si tout se passe sans trop de heurts, nous sommes déjà lancés dans une nouvelle campagne électorale.

Il est fort à parier que les indépendantistes tenteront d' organiser la rébellion, la confrontation tous azimuths pour jouer les victimes et tenter de gagner ces élections...mais il est fort probable également que la terrible dégradation sociale et économique ( avec plus de 1500 entreprises qui ont dû transférer leur siège social hors de Catalogne) va peser sur le choix des catalans.

L' activité touristique a chuté de 30 %...les négoces voient leurs chiffres d' affaires dégringoler.C' est le marasme qui est en train de s' installer de manière durable.Les investissements sont complètement gelés...ou vont ailleurs.

Nombreux sont ceux qui pensent que Rajoy aurait dû convoquer les élections plus tard pour que les catalans soient complètement conscients des effets économiques collatéraux dévastateurs du séparatisme.

En avançant la date des élections au 21 Décembre Rajoy fait un choix courageux .

Moi qui ait toujours été très critique avec lui, je lui concède que cette fois-ci il a eu une réaction courageuse de démocrate car ce n' est pas sûr que l' indépendantisme ne s' imposera pas à nouveau lors de ces prochaines élections. 

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 07:34

Bonjour les amis.

cet article est la suite de celui-ci consacré au défi séparatiste catalan.

Nous arrivons à la croisée des chemins.

Rajoy a demandé à Puigdemont de cesser de "jouer sur les mots" ( comme dirait Jean Dujardin dans OSS 117) et d' exprimer de manière claire s' il déclare OUI ou NON l' indépendance.

Le président catalan a jusque demain matin 10 heures pour répondre.

Au cas où la réponse serait affirmative, l' article 155  de la constitution entrera en vigueur une fois qu' il sera approuvé par le Sénat, c' est à dire probablement jeudi prochain.

Mais que dit exactement cet article ?

En voici une traduction:

 

Crise catalane: les leaders indépendantistes maintiennent leur logique kamikaze...

Et là mes amis, on entre en terre inconnue car cet article laisse à l' exécutif toute latitude pour juger des moyens nécessaires pour rétablir l' ordre constitutionnel.

Tout est possible, et dans le pire des cas ( qui j' espère n' arrivera pas), même le recours à l' armée,s' il était justifié, serait envisageable.

Alors que va faire Puigdemont lundi matin ? Comment va t' il répondre ?

Il est fort à parier qu' il  va répondre ni  oui, ni  non comme à l' époque glorieuse du jeu télévisé des frères Rouland et de Pierre Tchernia.Il est très probable qu' il va envoyer encore une fois un message dont le contenu sera suffisamment ambigu pour que Rajoy ne puisse enclencher directement et automatiquement la procédure du 155.

Rajoy, en envoyant il y a 3 jours par FAX sa demande d' éclaircissement au président catalan a exigé une réponse nette ( qu' il n' aura pas) et donc, s' il n' y a pas un terme dans cette réponse qui indique le moindre recul par rapport à la déclaration de mardi dernier, il pourra saisir le Sénat.

Alors, pendant que Puigdemont essaie de gagner du temps, il faut rappeler qu' au jour d' aujourd' hui ce sont déjà 520 entreprises qui ont décidé  de transférer leur siège social hors de Catalogne.

Ça,de mémoire d' économiste, c' est du jamais vu ! Durant aucune crise grave connue sur cette planète on n' a jamais vu un pays, que ce soit la Grèce ou l' Argentine, transférer les sièges de son secteur bancaire et de ses entreprises qui pèsent plus de 50% du PIB en dehors de ses frontières.

Alors vous pourriez croire que cette hémorragie sans précédents est de nature à stopper net l ' aventure délirante dans laquelle se sont lancés Puigdemont et son vice-président Oriol Junqueras. C' est bien mal les connaître !

Ils vivent dans le déni de réalité.Ils affirment que la Catalogne, en tant qu' Etat indépendant pourrait être aussi prospère que l Autriche, le Danemark ou la Suède.

Il y a des économistes étrangers comme le britannique Kenneth Rogoff  qui les soutiennent.

Je vous mets en lien un article de propagande paru récemment dans la presse indépendantiste et qui va dans ce sens.

 

Cet article que je trouve délirant base le succès de l' économie de la Catalogne en misant sur la réussite du chantage à la dette de cette région vis-à-vis de Madrid.Le genre: " je suis trop gros pour que vous me laissiez tomber, et ma chute pourrait emporter l' Espagne et causer de graves dégâts à toute la zone euro...".C' est la stratégie du  TOO BIG TO FALL.

On croit rêver.Ils veulent nous faire croire qu' une région de 7 millions d' habitants  serait capable à elle seule de déstabiliser une zone de plus 500 millions d' âmes.

La logique des indépendantistes est une logique de kamikaze, et s' il y a bien quelque chose que l' histoire m' a appris durant ces dernières années c' est que l' UE ne cède jamais à ce type de chantage ( demandez donc aux grecs leur avis sur ce point...).

L' union européenne ne veut pas créer un précédent ,ni provoquer une contagion, et ne lèvera pas le moindre petit doigt pour aider les indépendantistes à relever leur défi insensé.

Quelle est donc la nouvelle stratégie des indépendantistes après avoir fait chou blanc sur le plan international et n' avoir recueilli l' appui d' aucun chef d' Etat étranger, ni d' aucun responsable de l' UE ?

Puigdemont et Junqueras qui sont les champions dans l' art de se faire passer pour des victimes vont tenter de faire croire à la communauté internationale que Madrid ne veut pas négocier.

Mais qu' y a t' il à négocier avec des forces dont le seul objectif est l' indépendance ? Toute amélioration réelle des relations avec Madrid irait à l' encontre de leur objectif final...c' est un non-sens.

D' ailleurs Puigdemont a pratiqué une politique de la chaise vide à chaque fois qu' il a été invité à Madrid pour discuter, que ce soit à l' assemblée nationale ou dans d' autres instances.Il n' est absolument pas crédible.Il n' est crédible que sur un seul point: son désir inébranlable de provoquer une sécession.

La stratégie de Puigdemont est la même que celle du Kosovo, sauf que le Kosovo avait accédé à son indépendance après une guerre civile.La Serbie n' avait pas reconnue l' indépendance du Kosovo mais la communauté internationale l' avait fait pour des " motifs humanitaires", et le moins qu' on puisse dire c' est que la Catalogne ce n' est pas le Kosovo, comme l' a rappelé en meeting Josep Borrell.Faut pas charrier...

Un dernier point important dans tout ça c' est la population catalane.Comment réagit le secteur indépendantiste de la population ? Et bien, pour l' instant leur base reste mobilisée.Cette partie de la population qui a rêvé d' une nouvelle République à réinventer ne veut pas renoncer à ce projet chimérique malgré les terribles menaces et dangers qui pèsent déjà sur l' économie de la région.Incroyable mais vrai...!

Les organisations pro-indépendantistes comme l' ANC ou OMNIUM veulent préparer une contre-offensive avec grève générale pour faire plier l' exécutif.Evidemment, cela ne marchera pas.

Alors, j' ai pris un petit risque en écrivant cet article juste 24 heures avant la réponse de Puigdemont.

Peut-être que demain, celui-ci reviendra à la raison et qu' il acceptera un retour à la légalité constitutionnelle, mais je n' y crois pas.Je ne parierais pas un kopeck là-dessus...

Réponse dans moins de 24 heures...

 

Puigdemont et son vice-président Junqueras

Puigdemont et son vice-président Junqueras

PS: histoire d'amener un peu de fraîcheur dans ce climat pestilentiel, je vous propose une petite respiration musicale...

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 09:00

Bonjour les amis,

La Catalogne a capté l' attention de tous les médias internationaux mardi dernier avec la comparution de Carles Puigdemont devant le parlement régional.

Tout le monde craignait une déclaration unilatérale d' indépendance.

Elle a bien eu lieu mais elle a duré 46 secondes puisque dans la foulée le Président a demandé à son parlement de la suspendre ( sans toutefois l' annuler) pour entreprendre des négociations avec le gouvernement central.

Où est l' indépendance ? Ici ou là ?

Où est l' indépendance ? Ici ou là ?

Alors, il faut remettre en perspective ce tour de passe-passe de Puigdemont, et ne pas en oublier les éléments essentiels.

D' abord Puigdemont avale les résultats grandguignolesques du référendum illégal et anticonstitutionnel du 1er Octobre avec 38% de participation et 90% de OUI ( c' est à dire un résultat soviétique qui fait rire tous les démocrates de la planète).

Faut-il simplement rappeler qu' il n' y a pas eu de campagne du NON, d' une part, et que les catalans qui ne voulaient pas enfreindre la loi ne se sont pas déplacés d' autre part ?

Ces résultats ( loin d' être négligeables) sont à prendre en compte comme une démonstration de force de l' indépendantisme: une démonstration ponctuelle et circonstancielle due à l' impopularité de Rajoy dans cette région,un Rajoy qui avait commis l' erreur il y a quelques années de saisir le tribunal constitutionnel pour faire annuler le nouveau statut de la Catalogne au sein de l' Etat espagnol.Tous mes amis espagnols sans exception pensent que sans cette bourde qui a humilié stupidement les catalans, on n' en serait pas là aujourd' hui .

Il faut rappeler que durant les jours qui ont suivi cette consultation illégale , ce sont les banques, les entreprises et les capitaux qui ont émigré en dehors des terres catalanes.

Alors sur ce point il faut faire un rappel historique précis sur les mensonges et les manipulations honteuses des indépendantistes.

D' abord, ils ont toujours dit que La Catalogne, en cas d' indépendance ne pourrait pas sortir de l' UE, quand les statuts de la communauté disent expressément et explicitement le contraire.Les écossais, eux,le savaient bien et ne l' ont jamais nié mais les indépendantistes catalans ont préféré jouer la carte suicidaire du chantage en disant " vous ne pouvez pas nous mettre dehors puisqu' on est au coeur de l' Europe".Un discours chimérique et délirant de leaders qui prennent leurs désirs pour des réalités.

Ensuite, ils ont toujours affirmé à leur électorat que les banques, entreprises et capitaux ne fuiraient jamais, et qu' ils pouvaient dormir tranquilles.Autres mensonges éhontés et irresponsables dont j' ai été personnellement témoin durant des années...

En voici une preuve en images...Je vous traduis brièvement le message en catalan d' Artur Mas en 2015." Soyez tranquilles, mes amis, personne ne s' en ira..."

Une fois que le pire scénario s' est produit,et que plus de 50% du PIB a fait ses valises, les indépendantistes négationnistes ont affirmé qu' IL NE S' ÉTAIT RIEN PASSÉ, et que la richesse et les travailleurs restaient en Catalogne.Les plus insensés qui tiennent ce discours sont les anti-capitalistes de la CUP ( les petits copains à Mélenchon...).

Devant tant d' irresponsabilité et de manque de bon sens, Josep Borrell, ex-président du parlement européen, ex-ministre socialiste, a rappelé aux indépendantistes que les hauts responsables de la BCE ne " sucent pas leur pouce" et qu' ils ne vont pas soutenir une banque qui a juste une boîte aux lettres en dehors de la Catalogne mais l' ensemble de ses personnels et infrastructures à Barcelone.

Devant tant d' irresponsabilité le socialiste catalan Miquel Iceta a répondu à Puigdemont mardi dernier,  à la tribune du parlement catalan, en lui rappelant une dure réalité.

Il lui a dit: " Malheureusement pour les québécois les entreprises qui ont migré de Montréal à Toronto ne sont plus jamais revenues..."

De sages paroles qui, j' espère, seront entendues dans les chaumières catalanes...

La Catalogne s' arrête juste au bord du gouffre...

NB: Une précision sur la caricature ci-dessus.Les "castellets" sont des traditions datant du moyen-âge de châteaux humains qui se pratiquent encore dans l' actualité dans les fêtes villageoises catalanes...Là, le dernier personnage se jette dans le vide en criant " Vive la Catalogne"

C' est donc dans un contexte déjà dramatique pour cette région  que le président Puigdemont qui voulait coûte que coûte déclarer de manière unilatérale la République indépendante de Catalogne s' est vu obligé de faire une espèce de tour de passe-passe qui le ridiculise.

Il a tenté de présenter sa " trêve" comme une main tendue à la négociation, mais, encore une fois, il ne trompe personne.Soyons sérieux deux secondes, please ! 

Qu' y a t' il à négocier avec quelqu' un qui vient de déclarer, même si c' est pour 46 secondes, l' indépendance unilatérale ?

La réponse de l' exécutif espagnol, soutenu par le parti socialistes et les forces loyales à la constitution, ne pouvait être autre que de refuser un tel chantage.

Il faut revenir d' abord à la légalité constitutionnelle, et ensuite, on pourra négocier...

Notons au passage l' extraordinaire lucidité de Josep Borrell qui avait déclaré avant cette sinistre journée tant attendue du mardi:

" Ils vont arrêter la tragédie mais continuer la comédie...".

Il a mis en plein dans le mille.

Mais dans cette comédie, Madrid reprend l' initiative.Le camp indépendantiste est fissuré, fracturé.Les radicaux anticapitalistes de la CUP se sentent trahis par Puigdemont.

Le temps ne joue plus en faveur des indépendantistes.Plus la situation économique se dégrade, et plus ils vont perdre de la force...Il arrivera un moment où tout le monde en aura plus que marre. Rajoy va faire ce qu' il sait mieux faire, c' est à dire ne rien faire et laisser que ses adversaires se détruisent entre eux...ça va être long, mais il y arrivera.C' est un maître à ce petit jeu-là.

Je terminerai mon billet sur une évaluation du journaliste espagnol Iñaki Gabilondo, de cette journée du mardi.Il a dit:

Mardi dernier, l' indépendantisme s' est noyé à un mètre du rivage ...

A suivre donc...

PS: je mets en lien, pour ceux qui comprennent l' espagnol la vidéo de l' excellente chronique d' Iñaki Gabilondo.

La Catalogne s' arrête juste au bord du gouffre...

PS nº 2: afin de compléter mon article j' aimerais juste ajouter que les leaders de PODEMOS n' en ratent pas une ! Ils ont demandé à Rajoy d' entamer des négociations sans conditions.Pablo Iglesias, par ailleurs professeur de droit et de sciences politiques, est même allé jusqu' à affirmer que Puigdemont n' a pas fait une déclaration d' indépendance...

Alors je vous mets la traduction en français de la phrase ambigüe du président catalan:

"J'assume le mandat du peuple pour que la Catalogne se transforme en un Etat indépendant."

Avant d' entamer la moindre négociation Puigdemont devra dire une bonne fois pour toutes s' il déclare ou pas l' indépendance.Et si il confirme sa déclaration, il n' y a plus de négociation possible...Ne resterait plus à Rajoy que mettre en marche l' article 155 de la Constitution et le relever de ses fonctions.

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