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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 07:09

Bonjour les amis,

Je viens de voir PARASITE de Boan Joon-ho qui a obtenu la palme d'Or au festival de Cannes.

Voici le synopsis:

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne...

Le metteur en scène demande à juste titre à ceux qui veulent commenter son film de ne pas en dévoiler l'intrigue  donc j'en dirai le moins possible. Je me contenterai de faire certaines remarques d'ordre très général.

Le film surprend car au fil du récit on change de registre et de genre cinématographique, ce qui peut dérouter le spectateur. Disons qu'on démarre sur une comédie de moeurs...

La mise en scène est brillante et le récit très rythmé. Certains personnages sont délicieusement amoraux comme dans certains films de Chabrol. Et tout comme chez Chabrol, le film s'apparente parfois à un jeu de massacre...Il y a une moralité dans l' amoralité...

Boan Joon-ho utilise avec maestria le lieu central de l'action qui est une magnifique maison d'architecte et il en fait fait un personnage principal qui symbolise à lui seul toute la société coréenne (modernisme, influence de l'occident, l'ennemi du Nord, le passé enfoui, etc...).

Le film est construit comme une fable cruelle, comme une grande métaphore.

 Il y a aussi dans cette oeuvre une critique sociale sarcastique (lutte des classes et néolibéralisme), un humour acerbe, avec par exemple des passages assez savoureux dans lesquels les personnages ont une manière très particulière d'utiliser les nouvelles technologies. Dans ce film les portables peuvent se révéler aussi dangereux que les lance-flammes dans le dernier Tarantino...

Tous les personnages (notamment féminins) sont très bien interprétés et certains d'entre eux sont très  touchants et nous émeuvent.

Le film possède d'indéniables qualités, mais, malgré tout, j'ai partiellement décroché au bout d'une heure et 20 minutes car, à mon sens, l'histoire se dévoile trop : il reste à ce moment-là 45 minutes de projection et le spectateur commence à saturer un peu à cause d'une surenchère de rebondissements vaudevillesques qui ne sont au service  de rien (ou de si peu). La fin, quant à elle, redonne du sens à tout ce qu'on a vu précédemment.

Le metteur en scène a pris certains risques notamment en changeant de registre, mais aussi il se peut qu'il ait déçu certains spectateurs (comme moi) qui n'ont pas bien accepté un élément de l'histoire (dont je ne parlerai pas) qui fait définitivement basculer son film vers autre chose de plus terrifiant...on n'a plus du tout envie de rire, ni même de sourire. On ne renoue pas avec le ton de la première partie du film et ça m'a gêné considérablement. 

Finalement ce film c'est comme un bon plat bien présenté qui fait saliver mais qui ne va pas forcément tenir toutes ses promesses...on finit le repas avec une grosse arête dans le gosier !

Malgré ces réserves, il y a tant d'originalité et de brio dans la réalisation et on a tant de sympathie pour nombre des personnages que ce film mérite d'être vu de toutes façons. Donc je ne ferai pas la fine bouche...Mais moi, j'aurais retouché certains aspects du scénario pour lui donner plus d'homogénéité et j'aurais enlevé au montage une demi-heure.

 

 

 

 

 

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 17:54

Bonjour les amis,

J' ai pu voir cette semaine WOMAN AT WAR le 3 ème long métrage de Benedikt Erlingsson qui signe avec ce film une très belle fable humaniste.

Voici le sinopsis:

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

Et voici ce que dit le réalisateur de ses intentions:

"Ce film vise à être un conte héroïque se déroulant dans notre monde où la menace est imminente. Un conte héroïque à la manière d’un récit d’aventure. Un conte de fée sérieux mais raconté avec le sourire. Notre héroïne est une Artémis moderne, protectrice des contrées vierges et du monde sauvage. Seule, confrontée à une planète qui change rapidement, elle endosse le rôle de sauveur de la terre mère et des générations futures. Notre point de vue est très proche de celui de notre héroïne, voilà pourquoi nous accédons à sa vie intérieure. [...] C'est un film sur une femme qui s'efforce d'être quelqu'un."

Alors le récit est conté d'une manière à la fois originale (par exemple, les musiciens de la bande-son sont parfois intégrés à l'image), très poétique et aussi avec un éternel humour sous-jacent...

Les péripéties d'Halla nous plongent dans les magnifiques paysages islandais (la photo est sublime) et on respire avec elle intensément les mousses des montagnes islandaises.

Erlingsson a su écrire avec une très grande habileté un scénario qui nous réserve de belles surprises et qui maintient sans cesse l'intérêt du spectateur. Il sait aussi nous faire de savoureux clins d'oeil en s'inspirant d'Homère...Notre héroïne est au moins aussi astucieuse qu'Ulysse.

Le parti pris du film est bien évidemment écologiste et anticapitaliste mais le metteur en scène traite également d'autres thèmes comme la méfiance des autorités vis-à-vis des étrangers, la surveillance dont nous sommes tous victimes grâce aux nouvelles technologies (portables, drones, etc...), la manipulation des médias, les liens qui nous lient à nos ancêtres et l'héritage à préserver qui est le nôtre, etc...

Ce film est tout simplement réjouissant...et puis la fin (dont je ne parlerai pas) réserve au spectateur une belle surprise qui va droit au coeur.

Woman at war c'est une magnifique bouffée d'air pur et vivifiant.

Le titre original est "Kona fer í stríð", ce qui veut dire " Une femme part en guerre" mais en Espagne ils ont traduit le titre de manière plus poétique par LA MUJER DE LA MONTAÑA qui veut dire " LA FEMME DE LA MONTAGNE"

 

Woman at war...ou le récit d'une guerrière écologiste viking...
Woman at war...ou le récit d'une guerrière écologiste viking...

PS: Halla est directrice de chant dans une chorale, ce qui nous donnera droit aussi à quelques brefs et beaux passages chantés...un détail qui ne pouvait que ravir votre serviteur... 😃.

Il y a aussi de magnifiques voix ukrainiennes qui ponctuent le récit avec 3 chanteuses qui apparaissent à l'image.

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 10:43

Bonjour les amis,

CHAMPIONS de Javier Fesser a obtenu samedi dernier le GOYA du meilleur film.

Alors, on m'en avait dit beaucoup de bien dans mon entourage mais je ne l'avais pas encore vu...C'est maintenant chose faite et grand bien m'en a pris.

Voici le synopsis du film.

Marco occupe le prestigieux poste d’entraîneur-adjoint de l'équipe d'Espagne de basket. Mais son mauvais caractère lui pose problème. Après une série de déconvenues dont il est le seul responsable, Marco se retrouve à devoir coacher une équipe de déficients mentaux.

Ce genre de film il vaut mieux le voir en VO. Voici la bande.annonce espagnole pour vous plonger dans l'atmosphère authentique de cette histoire.

CAMPEONES, c'est le genre de film dont on imagine dès les premières minutes comment vont évoluer les relations entre l'entraîneur Marco Montes et son équipe de déficients mentaux.

 Oui, mais il y a aussi beaucoup de savoir-faire chez Javier Fesser qui prend le temps de nous installer dans son histoire et de nous dépeindre toute une gallerie de personnages drôles, émouvants et attachants sans que sa comédie ne perde de son rythme...très important, le rythme dans une comédie et celui-ci est bien maintenu dans le film de Fesser...

A noter l'interprétation hors-pair de Javier Gutierrez, génial dans son rôle d'entraîneur de basket énervé et survolté qui doit apprendre à prendre sur lui...

Le réalisateur sait aussi nous réserver quelques surprises et parfois l'émotion nous saisit quand on ne s'y attend pas...ou, du moins, l'émotion nous saisit mais pas de la manière avec laquelle on s'y attendait.

Voici ce qu'écrit Rachel L sur la page allociné:

" Et oui, même les non - sportifs vont adorer les supporter. Je trouve qu'il y a un respect du spectateur à ce niveau là, les scènes sportives ne devenant plus longues qu'une fois que le spectateur est séduit, c'est alors un vrai plaisir de suivre leurs évolutions, leurs progrès, et leurs petits trucs " bien à eux" qui nous font souvent bien rire sans aucune culpabilité. Le sujet ayant pour but de nous sensibiliser sans jamais se moquer, tout devient naturel. Les dialogues sont pertinents, avec quelques réflexions qui deviendront certainement des phrases cultes. L'acteur principal nous fait bien ressentir la situation depuis " je n'ai pas le choix " jusqu'à la leçon de vie qu'il va en tirer, et nous avec. Les acteurs sont vraiment attachants et drôles. Et la mouche casse-c.....s , une vraie bouffée d'air frais au milieu de cette équipe masculine. Quand au final, on reste scotchés. Ce sont eux les maîtres et nous les élèves... Alors oui, le sujet a déjà été traité, mais comment résister à un tel chef d'oeuvre! "

Je terminerai en vous disant qu'il y a aussi dans cette comédie du côté des personnages "normaux" des caractères qui sont assez savoureux également.

Et puis, un grand coup de chapeau à Javier Gutierrrez, un acteur que j'adore, qui nous fait un numéro GEANT...un numéro à la Nicholson...!

 

CHAMPIONS de Javier Fesser...
CHAMPIONS de Javier Fesser...

PS: l'autre grand film qui a été primé durant la cérémonie des GOYA, c' est EL REINO qui parle de la corruption en Espagne. J'ai prévu de le voir la semaine prochaine et je vous en reparlerai éventuellement...

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 18:09

Bonjour les amis,

Ça y' est ! Je viens de finir la lecture de La disparition de Stephanie Mailer, le dernier roman de Joel Dicker, un volumineux pavé de 640 pages.

En voici le synopsis :

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses.

Ce roman qui est un page turner est écrit avec des allers et venues incessantes entre 1994, époque du quadruple crime, et 2014, époque de la reprise de l'enquête.

Il y a de nombreux personnages, tous intéressants, ce qui donne l' occasion à l'auteur de multiplier à l' infini les fausses pistes.

A noter que les 4 ou 5 personnages principaux du roman se relaient de manière continue pour nous narrer en parallèle les deux enquêtes : la passée et la présente.

L' intérêt est toujours soutenu et chaque chapitre apporte une révélation qui permet au lecteur de compléter peu à peu cet énorme puzzle.

Il faut souligner la maestria avec laquelle Dicker sait bâtir une histoire et composer un tableau labyrinthique dans lequel on ne se perd jamais. De ce point de vue, la construction et l' architecture mathématique du récit est impressionnante.

Simplement, le roman est très long et on s' essouffle un peu parfois : le lecteur impatient que je suis n' a pas forcément envie d' arriver à la 630 ème page pour comprendre ce qui chiffonne le héros à la 15 ème... Par ailleurs, Joel Dicker accumule un nombre incroyable d' événements, de rebondissements, de péripéties et de coïncidences qui rendent globalement son histoire complètement improbable, profondément invraisemblable. 

En fait la trajectoire de chaque personnage prise indépendamment est crédible, mais l'accumulation de toutes ces péripéties autour de la disparition de Stéphanie Mailer ne l' est plus...Tous les protagonistes du roman ont vécu des événements exceptionnels qui sortent de la normalité : c' est ça qui surcharge le récit et qui le rend un peu trop rocambolesque et  "baroque".

Mais, malgré tout, le lecteur tient le coup car les caractères son bien définis, les personnages bien campés, et chacun d' entre eux nous captive avec sa personnalité, sa trajectoire et ses problèmes personnels bien spécifiques auxquels on s'identifie.

Joel Dicker, tout en n' entrant pas de manière trop approfondie dans la psychologie de ses personnages ( certains d' entre eux sont simplement esquissés, d' autres sont assez stéréotypés) nous en dit suffisamment pour que notre imagination fasse le reste et pour que notre intérêt se maintienne. Dicker sait accrocher le lecteur...

 

 A noter qu' il y a aussi un roman dans le roman : ici, c' est une pièce de théâtre qui doit être montée par un metteur en scène un peu excentrique et j' ai retrouvé dans ce livre un humour assez proche de celui de Woody Allen dans le film COUPS DE FEU SUR BROADWAY, avec des situations loufoques et un peu délirantes...

Le roman aborde plusieurs genres donc : le polar, la comédie, le vaudeville, la farce...

On peut considérer que les romans antérieurs de Dicker La vérité sur l' affaire Harry Québert et   l' Histoire des Baltimore sont des oeuvres littéraires mais par contre, avec La disparition de Stephanie Mailer c' est moins sûr.

Ce livre c' est avant tout un scénario, une narration dense, riche, mais avec peu de passages soignés d' un point de vue strictement littéraire. De nombreux dialogues sont plats, même si certains d' entre eux sont assez drôles quand même...

Ici, c' est l' histoire qui nous porte...le récit...l' enchevêtrement des événements et l'imagination décidément très fertile de l' auteur capable de créer de nombreuses sous-intrigues dans l' intrigue.

Le seul endroit du roman dans lequel j' ai trouvé une vraie qualité littéraire, une vraie patte de grand auteur, c' est quand l' agent de police Anna Kanner raconte sa tournée du matin dans la neige, avant que les habitants d' Orphea ne se réveillent...

Finalement, même si La disparition de Stephanie Mailer  n' est pas le meilleur des trois romans de Dicker que j' ai lus, je suis quand même content d' être allé jusqu'au bout et j' en ai aimé le dénouement. J' ai refermé la dernière page du livre avec satisfaction....Il est d' ailleurs très probable que je lirai le prochain roman de Dicker.

La disparition de Stephanie Mailer...

PS: Je vous mets en prime, la liste des principaux personnages du roman, et, comme dans tous les bon polars, le coupable est dans cette liste...

La disparition de Stephanie Mailer...
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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 07:42

Bonjour les amis,

Voici un extrait du journal LA WALLONIE datant du 16 Décembre 1938.

Qui se souvient de LA BELLE SUZANNE ?

Epatant, hein ?... et original aussi !

A ma connaissance c' est le premier cas connu de Drag Queen cambrioleuse.

De quoi donner des idées à des scénaristes en mal d' inspiration...

Alors, on connaît tous la fameuse histoire de LA BANDE A BONNOT, cette équipe d' anarchistes qui avait défrayé la chronique au début du XX ème siècle et dont les aventures se sont terminées de manière assez tragique.

Mais qui se souvient de LA BELLE SUZANNE ?

C' était une bande à elle toute seule !

Elle mérite, elle aussi, une petite parcelle de postérité...

On a tous connu les aventures d' Arsène Lupin le gentleman cambrioleur, mais la belle Suzanne a vraiment existé, elle !

Comment ne pas penser en lisant cet extrait d' article à Billy Wilder, le roi de la comédie.

Bon lundi les amis.Ce matin, cet extrait de journal m' a mis de bonne humeur...et pour rester sur une note gaie , je vous invite à réécouter ces trois chansons...

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 16:32

Bonjour les amis,

J' ai pu voir pour vous LADY BIRD qui sortira sur vos écrans le 28 Février prochain.

Voici le sinopsis:

Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi. 

Ce film nous raconte la dernière année de Christine avant qu' elle n' aille à l' université.

Christine a des relations tendues avec sa mère.Comme beaucoup d' adolescentes, elle est assez égocentrique, a beaucoup d' exigences et rejette toutes ses frustrations sur sa mère.

Christine veut à tout prix entrer dans une grande université de la côte Est, alors que ce n' est pas une étudiante particulièrement brillante, et que par ailleurs sa famille n' a pas les moyens de l' y maintenir.

On assiste à sa dernière année à Sacramento dans un lycée privé catholique ( hyper-traditionaliste).C' est durant cette dernière année que Christine va s' émanciper,cultiver son côté rebelle,rejeter l' ordre établi et la bienpensance,et aussi faire son éducation sentimentale.

Christine c' est la parfaite ado qui peut être , tour à tour, très touchante ou extrêmement agaçante.Souvent son côté rebelle nous fait sourire car ses rêves de jeune fille sont terriblement formatés ( sans qu' elle s' en rende compte, bien sûr).

Pendant cette dernière année initiatique on suivra ses relations en dents de scie avec sa famille ( la mère aimante et exigente, le père au chômage protecteur qui cache pudiquement sa dépression, un frère adopté qu' elle aime mais avec qui elle ne maintient pas les meilleures relations,...).On côtoiera ses amies du lycée, les petits copains.On vivra son premier amour, sa première déception, son second amour et sa seconde déception.Aucune de ses expériences n' est traumatisante ni dramatique mais elles l' enrichiront et forgeront peu à peu son véritable caractère.

Alors, cette chronique est extrêmement bien racontée, et surtout excellemment interprétée par tous les acteurs qui jouent de manière très juste, naturelle et spontanée...On ne s' ennuie jamais.Le rythme narratif est bien soutenu.

Dans LADY BIRD les problèmes sont comme dans la vraie vie...les déceptions ne sont jamais tragiques, et les joies ne sont pas délirantes comme si on venait de gagner le loto.C' est du cinéma d' auteur et il n' y a pas de grand moment artificiellement fort, ni de grandes révélations qui vont secouer le spectateur.Tout est en nuances, en subtilités.

Pas de surenchère donc, mais des instantanés bien croqués, des scènes qui nous rappellent des choses semblables qu' on a dû vivre nous-même ou avec nos enfants.

Bien vu aussi les relations de Christine avec ses amies, sa petite trahison pas sympa avec sa copine sensible et intelligente mais qui est un peu obèse et qui fait fuir les garçons...Christine commet certaines erreurs mais sait aussi se rattraper.

LADY BIRD nous parle de ce moment crucial de la vie qui est le passage de l' adolescence à l' âge adulte: thème inépuisable s' il en est.

Le scénario est finalement assez banal mais c' est la justesse du propos qui nous touche.

Ce film est le portrait d' une société en 2002, et à un moment determiné de la vie de notre héroïne.Tous les personnages secondaires attirent notre attention car les caractères sont bien définis et bien étudiés.

A la fin du film, très prévisible par ailleurs, on l' aime bien notre petite Christine...

LADY BIRD...une chronique douce-amère de l'adolescence

Alors la seule chose qui m' a un peu surpris c' est l' accueil enthousiaste de la critique et les éloges dithyrambiques que le film a reçues.

Non pas que cette oeuvre ne mérite pas d' être saluée...mais LADY BIRD reste une comédie douce amère qui est d' une facture finalement assez banale.

Prix GOLDEN GLOBE du meilleur film de l' année...et 5 nominations aux Oscars, rien de moins !

Et là, je me dis qu' on va peut-être nous refaire un peu le coup de MOONLIGHT...même si, à choisir, je préfère LADY BIRD à MOONLIGHT...

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 20:58

Bonjour les amis,

je vous ai parlé  la semaine dernière d' ANNIE HALL qui est un film qui marque le véritable début de Woody Allen en tant qu' auteur à la fois comique et dramatique.

Cette semaine, j' ai donc visionné deux films postérieurs, deux comédies.

D' abord MEURTRE MYSTÉRIEUX  A MANHATTAN.

Voici le sinopsis:

L'éditeur Larry Lipton et son épouse Carol logent dans un luxueux appartement de Manhattan où ils se lient rapidement d'amitié avec leur voisins de palier, Paul et Lillian House. Un jour, cette dernière décède d'une crise cardiaque. Une mort étrange, la vieille dame n'ayant jamais eu de problèmes de santé majeurs. Petit à petit, l'idée d'un meurtre se précise et Carol Lipton est bien décidée à élucider ce mystère.

Le film est une comédie fraîche et divertissante.Allen y est moins insupportable que dans ANNIE HALL, et cette fois-ci c' est plutôt Diane Keaton qui a un peu le diable au corps et qui est assez incontrôlable.

C' est dans ce film que Woody Allen prononce sa fameuse phrase: " Quand j' écoute du Wagner , ça me donne envie d' envahir la Pologne..."

Je vous mets l' une des meilleures scènes du film.Un groupe d' amis essaie de maintenir une conversation au téléphone en utilisant des fragments préparés d' avance avec la voix d' une des complices de l' un des personnages...très drôle...

Et, le lendemain, j' ai visionné COUPS DE FEU SUR BROADWAY, et là les amis, c' est la catégorie au dessus.Ce film c' est du caviar !

Voici le sinopsis:

A New York, dans les années vingt, un jeune auteur de théâtre passe un marché avec un gangster : celui-ci finance sa pièce, mais en échange sa petite amie est engagée. Celle-ci est protégée par un garde du corps qui, peu à peu, se mêle de tout et intervient dans la mise en scène.

Alors ce film , c' est un petit bijou à la gloire du théâtre et des acteurs.

Ça démarre comme dans une comédie de Lubitsch avec une situation dont on sait dès le départ qu' elle va provoquer des moments très drôles: un mafioso qui impose à un metteur en scène sa petite amie complètement inculte, affublé d' un fort accent des faubourgs et qui n' a aucun talent pour le théâtre, dans une oeuvre cérébrale pour intellos, une oeuvre à la Ibsen ou à la Tchekov.

Et effectivement, on ne sera pas déçu avec cette actrice complètement en décalage par rapport au reste de la troupe: par exemple, elle se souvient bien du début d' une réplique ( To be...) mais qui a du mal à se souvenir de la fin ( ...or not to be).

Dans cette comédie Woody Allen, a une autre super idée.Il ne s' attribue pas le rôle du metteur en scène David Shayne mais le confie à John Cusack, parfait dans la peau du personnage, et un peu moins tête à claques que Woody.

Par ailleurs, Allen situe l' action en 1928, c' est à dire durant l' âge d' or de Broadway. Les décors et les extérieurs sont soignés.On y est , on s' y sent:l' ambiance nocturne de la ville qui ne dort jamais,les speakeasy, les règlements de compte des mafiosi, les clubs avec des numéros de cabarets exécutés par des troupes de girls pétillantes,les ballades romantiques dans les parcs de Greenwich village,etc...Woody aime passionnément sa ville et sait nous le transmettre.

COUPS DE FEU SUR BROADWAY...une comédie tout simplement réjouissante
COUPS DE FEU SUR BROADWAY...une comédie tout simplement réjouissante

On va suivre les répétitions de l' oeuvre de Shayne et les difficultés qu' aura celui-ci pour la monter.On va découvrir peu à peu tous les personnages qui vont devoir interpréter la pièce.C' est filmé avec beaucoup de sensibilité et Woody Allen sait nous faire partager son amour pour les acteurs ( un peu comme Truffaut dans LE DERNIER METRO ou la NUIT AMERICAINE).

Il faut noter l' excellente composition de Diane West en Helen Sinclair, grande star du théâtre tombée dans l' oubli qui va tenter, grâce à l 'oeuvre de David Shayne, de faire son grand retour sur la scène new-yorkaise. Helen est impayable,fantasque, excentrique,égocentrique divine, toujours inspirée...elle se comporte dans la vraie vie comme si elle était sur une scène de théâtre en train d' interpréter Cléopâtre et Shayne en tombera amoureux.

On voit aussi dans le film comment le metteur en scène modifie , peu à peu, le texte original de la pièce pour résoudre certains conflits entre les acteurs.

Mais le clou de cette comédie, l' idée géniale, c' est que Cheech, le garde du corps de la fiancée du mafioso ( interprété par Chazz Palmintieri) va faire des suggestions très pertinentes qui vont complètement changer l 'oeuvre originale.

Cheech est un homme de main de Nikki. C' est un personnage violent et vulgaire qui s' est fait dans la rue, qui n' a aucune culture mais qui possède une vraie connaissance intuitive de la nature humaine.C' est lui qui va rectifier certains défauts de la pièce ( les personnages qui ne parlent pas comme dans la vraie vie)....Peu à peu, Cheech  s' installe comme co-auteur à part entière et finit par s' emparer de l' oeuvre et par la faire sienne.Ça c' est une idée de comédie absolument splendide. Cheech collabore, mais avec ses codes et ses règles de gangster.On jubile pendant le film, on pouffe...C' est tout simplement réjouissant.

Je n' en raconte pas plus.COUPS DE FEU SUR BROADWAY est une comédie pleine de rebondissements avec plein de personnages attachants, une comédie magique menée tambour battant qui nous enchante et qui nous ravit.

D' ailleurs, je vais la revoir, mais cette fois-ci en VO...rien que pour entendre l' accent pointu et criard de la fiancée du mafioso, et les exclamations très téatrales d' Helen Sinclair.

Shayne retravaillant son texte avec Cheech

Shayne retravaillant son texte avec Cheech

Shayne qui succombe peu à peu au charme de son égérie...

Shayne qui succombe peu à peu au charme de son égérie...

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11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 06:42

Bonjour les amis,

Cette semaine j' ai lu un papier dans le journal EL PAIS dans lequel le journaliste disait que, selon lui, ANNIE HALL était l' une des plus grandes comédies du XX ème siècle.

Alors moi, ANNIE HALL, je l' ai vu lors de sa sortie en 1977, mais au Vénézuela.

Mes cousins m' avaient emmené voir la projection du film doublé en espagnol alors qu' à l' époque de ne connaissais pratiquement rien de la langue de Cervantes ( ça s' est un peu arrangé depuis...).

J' ai donc vu ce film dans lequel Woody Allen est hyper bavard et parle avec un débit de mitraillette sans comprendre un seul traître mot.Que dalle !

ANNIE HALL...40 ans après.

Donc, après avoir lu cet article d' EL PAIS cette semaine, je me suis dit qu' il serait temps de réparer cette lacune et de voir cette oeuvre majeure, mais cette fois-ci en comprenant les dialogues ( tant qu' à faire...).

J' ai donc visionné cette semaine la version française de ce film. Notons au passage que le doublage en français n' est pas terrible.

40 ans après j' ai donc regardé le film dont je n' avais rien compris 40 ans plus tôt.Il n' est jamais trop tard pour bien faire ! Ça a été assez cocasse pour moi de revoir les images, mais cette fois-ci en pouvant y mettre du sens derrière.

Et après avoir visionné le film une première réflexion s'est imposée immédiatement..

ANNIE HALL est  un tournant dans la carrière de Woody Allen, car c' est à partir de ce film qu' il aborde tous les thèmes qu' il affectionne: son amour pour New-York, ses nombreuses obsessions ( les femmes, le sexe, la mort, l' antisémitisme, l' éducation, la famille), ses souvenirs, ses paranoïas...Tout y est.C' est à partir d' ANNIE HALL que Woody Allen mêlera le comique avec des sujets bien plus graves.

ANNIE HALL est le film qui lance définitivement le Woody Allen qu' on connaît tous, donc il faut le voir.C' est sa vraie OPERA PRIMA.

Mais une autre réflexion s' est imposée également.Le film  a énormément vieilli.

Woody parle sans arrêt comme un moulin à paroles, il jacasse encore plus que Woody Woodpecker, et il en devient vite assez assommant.

Vu avec nos yeux d' aujourd' hui,son personnage est tellement nombriliste et centré sur lui-même qu' il finit aussi par déclencher une certaine forme d' antipathie.Il y est un peu trop "tête à claques".

Woody Allen en fait des tonnes et certaines scènes qui se voulaient drôles à l' époque sont parfaitement ridicules aujourd' hui.Par exemple,durant  la scène des homards dans la cuisine,Allen fait un peu trop la chochotte et on a envie de l' arrêter et de lui dire.

" Bon coco...là, t' en fais vraiment trop...Passons à autre chose".

La critique des intellos de gauche de l' époque, de leur manière de se prendre au sérieux et de pontifier , est souvent assez lourdingue...

Mais il ne faut pas être injuste car il y a aussi des passages vraiment savoureux dans cette comédie.

Par exemple Woody Allen se dirige parfois directement à la caméra et nous prend à témoin de ses mésaventures, ou alors il prend à témoin les passants dans la rue...Il finit même par prendre à témoin le vrai Marshal McLuhan en personne qui fait une apparition dans le film.Trop drôle.

Il utilise aussi des procédés narratifs originaux avec ses personnages qui se dédoublent.Tout cela est réussi.

Finalement ANNIE HALL est un film qui nous agace et qui nous ravit en même temps.Quand Allen en fait trop , on regarde sa montre...et puis, 5 minutes plus tard, il nous touche vraiment.C' est un film que je qualifierais d' irrégulier, en dents de scie...

La fin, elle, est superbe, géniale.Allen monte une pièce de théâtre à New-York dans laquelle il met en scène l' histoire qu' il a vécue avec ANNIE HALL mais en changeant le dénouement.C' est très touchant, nostalgique, mélancolique et presque magique ( et ça m' a rappelé un peu la fin du film Lalaland).

Donc vous m' avez bien compris les amis.Même si ANNIE HALL est entaché de gros vilains défauts et que Woody Allen y est parfois exaspérant, c' est une oeuvre indispensable que tout cinéphile aimant ce réalisateur doit absolument voir...même 40 ans après.

 

 

L' une des meilleures scènes du film...avec l' apparition du vrai Marshal McLuhan.

PS: A noter des apparitions savoureuses dans le film.

Marshal McLuhan dont j' ai parlé., la première apparition de Jeff Goldblum, celle de Paul Simon en producteur californien très cool accompagné d' une ravissante Shelley Hack, celle de Shelley Duvall, la première apparition de Sigourney Weaver aussi...Tous éclatants de jeunesse !

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 22:41

Bonjour les amis,

Je ne laisserai pas finir 2016 sans vous parler de Hunt for the wilderpeople de Taika Waititi, une comédie fraîche et originale qui nous vient de Nouvelle-Zélande...

L' argument est simple.

Un enfant de 10 ans, difficile et à problèmes, est recueilli dans une famille vivant à la campagne ( précisons que la campagne néo-zélandaise, c' est pas la Corrèze, c' est un peu plus sauvage...).

Suite à un malentendu le jeune enfant et son tuteur vont devoir prendre la fuite et se réfugier dans le Bush.Toutes les autorités du pays sont à leur recherche.

Commence alors un film d' aventures dans la savane et dans la jungle néo-zélandaise.

La comédie fonctionne sur le schéma classique du duo formé par 2 personnages que tout sépare et oppose,Rick l' enfant des villes, obèse, mal alimenté et imprégné de culture citadine, et Hector le vieux chasseur analphabète bourru, qui connaît tous les secrets de la jungle, interprété par Sam Neill, au sommet de son art.

L' une des originalités du film réside dans le fait que le duo est composé cette fois-ci par deux asociaux: l' asocial des villes et l' asocial des champs...

 

 

Hunt for the wilderpeople...une comédie hilarante et décalée...
Hunt for the wilderpeople...une comédie hilarante et décalée...

Au cours de leur expédition, nos compères vont croiser toute une galerie de personnages tour à tour attendrissants, naifs, un peu ploucs,excentrés,marginaux, voire carrément extravagants.

A chaque fois, ces rencontres donneront lieu à des réactions inattendues et à des  situations drôles et décalées.

Rick est imprégné de culture cinématographique et , à chaque péripétie il s' imagine dans un de ses films qu' il affectionne tandis que Hector lui est complètement ignorant de tout ce qui peut alimenter l' imaginaire de Rick.

Le réalisateur s' amuse à intercaler des scènes extraites des infos à la télé pendant que nos deux héros vivent dans la jungle des aventures à la Rambo, et là encore, le décalage est assez savoureux ( entre ce que vivent les protagonistes et ce que racontent les médias).Waititi à travers son humour et sa dérision nous propose une belle critique sociale....On n' éclate pas de rire mais on sourit souvent...

Il y a aussi des personnages et des  caractères typiques à la nouvelle Zélande.Le milieu rural qui y est très touchant parfois dans sa rudesse et dans sa simplicité authentique, et qui s' exprime avec un accent anglais si particulier.

On croise un groupe de chasseurs un peu ras du plafond dignes d' un sketch des " inconnus".On pense un peu au cinéma des frères Coen ( celui de Fargo)...Il y a aussi les marginaux, ceux qui retrouvent refuge dans la nature.

Parmi les personnages les plus drôles il y a sans doute la responsable de l' assistance familiale ( qui a regardé trop de séries américaines) et qui est convaincue qu' Hector est un dangereux pervers qu' il faut mettre hors d' état de nuire et qui se prend pour TERMINATOR.

Et puis, il y a une scène absolument hilarante.quand l' un des personnages secondaires rencontre nos 2 compères recherchés par toutes les polices: sa première réaction est de leur demander de faire des selfies avec eux.Il en fait toute une série où il prend plusieurs poses destinées aux réseaux sociaux..impayable...l' un des moments les plus drôles du film.

Enfin, il faut souligner que ça reste un vrai film d' aventures, plein de rebondissements, filmé dans des paysages réellement somptueux.Le cadre et la photo sont magnifiques.D' ailleurs, la beauté des paysages donnera lieu à un dialogue savoureux entre Rick et Hector.

Certains pourraient conclure que des films comme ça qui fonctionnent sur un duo invraisemblable on en a vu plein, et c' est vrai.Seulement, ici la différence est dans le traitement de Taika Waititi, qui est à la fois sensible, original et déroutant.

Il mêle parfois le rire à l' horreur.Son film sort des sentiers battus et n' obéit pas aux standards habituels d' une comédie à l' américaine.

Sa comédie commence presque comme une histoire plutôt dramatique puis devient énorme, vraiment énorme.Et tout son talent est de savoir apporter à cette énormité  de vraies touches originales et inattendues de sensibilité, d' humanité et de tendresse pour ses deux personnages.

Je terminerai en saluant la performance de Sam Neill qui sait être touchant sans en faire des tonnes.La dernière scène est sublime...

 

PS: En cadeau bonus je vous offre un des chants qu' on entend dans le film...SCHEDRYK, un chant de Noël ukrainien de Mykola Dmytrovych Leontovych,  ici interprété par un choeur de Vilnius...C' est prodigieux ce qu' ils font.Appréciez la qualité technique et l' harmonie des masses vocales à la fois denses et bien "polies"

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 08:08

Bonjour les amis,

je viens de voir ( comme toujours avec un certain retard) CAPTAIN FANTASTIC le dernier film de Matt Ross.

C'est une histoire qui commence comme une fable moderne.Une famille américaine désire vivre de manière utopique loin de la société de consommation, frustrante et aliénante, en s' isolant quelque part dans l' immensité des montagnes rocheuses.

Le père Ben, très bien interprété par Viggo Mortensen, se charge de l' éducation des enfants pendant que la maman est à l' hôpital.

Il s' agit d' une éducation authentique, à la fois exigeante et très dure qui devrait permettre aux enfants de devenir des individus très forts, libres et critiques, capables de vivre réellement en harmonie avec la nature.Une éducation qui n' a rien de laxiste, inspirée de l' idéal de la révolution Hippie, de la pensée new-age, de l' écologie, des philosophies humanistes et universalistes.

Par exemple, le jour de Noël est substitué par la célébration de la naissance de Noam Chomsky, père fondateur d' une pensée orientée vers l' entente et le respect entre les peuples.

Pour tout le groupe, tous les jours, ce sont des entraînements sportifs soutenus dans la nature ,exercices de maintien de la forme physique dignes de la préparation des marines américains,chasse au daim, escalades de parois rocheuses suivis d' un apprentissage scolaire exigeant dont se charge Ben.

Ben dont on imagine qu' il a été par le passé un brillant intellectuel apprend à ses enfants les langues étrangères, l' esperanto, la physique quantique, la biologie,à faire des analyses littéraires rigoureuses, etc...Ses enfants sont des petits Rambos capables de survivre dans les milieux les plus hostiles mais également capables d' avoir une réflexion éthique et morale d' un niveau déjà très relevé pour leur âge.

Mais, bientôt, de graves problèmes vont survenir au sein de cette communauté utopique avec le suicide de la mère à l' hôpital. La famille va devoir se confronter au monde qui les entoure, et les préceptes éducatifs imposés par Ben vont bientôt montrer leurs limites.

Ses enfants sont très forts, très préparés mais ont grandi de manière si isolée du reste de la population qu' ils sont en constant déphasage avec leur environnement social ce qui donne lieu à des scènes parfois assez humoristiques.

A partir du suicide de la mère le film prend alors les tournures d' un road movie ( un peu comme le croquignolesque et savoureux  LITTLE MISS SUNSHINE): le groupe  part dans l' autobus familial pour aller assister à l' enterrement de la mère.

Au cours de ce voyage Ben va lutter pour faire respecter les dernières volontés de son épouse, mais il va aussi douter...Ses enfants, à travers leurs problèmes et parfois leur rébellion, vont le faire se remettre en question.

La confrontation et le CHOC de Ben avec son beau-père, magistralement interprété par Jack Langella, est su-bli-me.

Et si l' idée merveilleuse de petite communauté que Ben a eu avec son épouse n' avait peut-être été rien d' autre qu' une ERREUR merveilleuse ?

Le film peut agacer parfois car le réalisateur cherche peut-être à être trop démonstratif,mais en même temps, il soulève bien les questions posées par ces parents qui veulent tout réinventer pour leurs enfants, et qui veulent se substituer aussi à l' école qu' ils considèrent comme complice d' une société perverse et aliénante.

Je précise bien que l' enseignement de Ben est tout le contraire d' un endoctrinement.Il oblige ses enfants à lui fournir un vrai travail critique de réflexion mais leur isolement social a aussi des effets très nocifs.

Peut-on réinventer une société à partir de sa propre famille en l' isolant et sans la convertir en une espèce de secte ?

Pourtant, Ben, même s' il est souvent rigide et exigeant,ne se comporte jamais comme un mini dictateur puisque tous les membres de la communauté ont toujours la possibilité de remettre en cause leurs règles de cohabitation communes si ils sont capables d' exposer de manière argumentée leurs divergences.Il s' agit bien d' une tentative de démocratie directe au sein d' une micro-société composée de membres intelligents et responsables.

Il y a de magnifiques passages dans ce film très sincère qui nous oblige à réfléchir sur notre façon d' éduquer et sur les limites de notre liberté individuelle, et de notre responsabilité en tant que parents.

Et puis, ce film est aussi une belle comédie allègre, et pleine de vie, bien menée.On suit tambour battant et avec ravissement les tribulations joyeuses de ce petit groupe complètement atypique .

Certains trouveront cette histoire assez invraisemblable ou peu crédible  mais le réalisateur s' amuse à pousser jusqu' au bout la logique des parents.

Je ne parlerai pas de la fin si ce n' est pour dire qu' elle m' a plu même si d' autres la trouveront trop en accord avec la bien-pensance américaine.

Nous sommes libres et pouvons mener notre petite révolution sans être systématiquement en rupture de ban avec la société.Il peut y avoir des compromis intelligents...

Ou alors, à trop vouloir corriger certaines servitudes artificielles de notre société moderne on risque de créer certaines carences qui sont encore pires...

Enfin, à une époque, où il y a tant de films creux et superficiels, sans substance, destinés au public familial, on ne peut que saluer une oeuvre grand public qui apporte autant de réflexion , d' intelligence, de sensibilité, d' humour et d' originalité.

A citer par ailleurs la bande-son avec des morceaux classiques et d' autres traditionnels très connus ( dont un de Dylan) mais réinterprétés par nos joyeux protagonistes, notamment une version de sweet child of mine des Gun's N' Roses qui m' est allée droit au coeur...

Je vous mets la bande-son de cette réinterprétation et sachez que la scène est merveilleusement filmée comme une ode à la vie, pleine de poésie, et qu' elle m' a sincèrement ému.Elle mérite d' être écoutée jusque la dernière note de l' harmonica...
 

Voici le NOAM CHOMSKY DAY avec une petite chanson en son honneur...à un moment du film où la petite communauté est en contact avec la société américaine ( le père fait une petite concession et entorse aux règles de vie commune  en servant exceptionnellement un gâteau et une crème parfaitement industriels et chimiques).

CAPTAIN FANTASTIC un conte philosophique à la fois tendre et cruel...
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