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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 08:16

Bonjour les amis

Bien évidemment je me réjouis de l'éviction de Trump.

Malgré tout, on nage en plein paradoxe. De très nombreux experts s'accordent à dire que sans sa gestion calamiteuse de la pandémie Trump serait encore au pouvoir.

Donc, ce résultat électoral sans appel serait aussi un effet collatéral du virus...Il aura donc fallu ni plus ni moins qu'une catastrophe sanitaire majeure qui a fait des centaines de millers de victimes pour nous défaire d'un président négationniste qui n'a eu de cesse durant tout son mandat de minimiser les graves dangers écologiques qui menacent la planète et l'humanité.

Ne boudons pas notre plaisir...

Alors, ne boudons pas notre plaisir. Quels que soient les motifs profonds qui expliquent la défaite électorale de Trump, son échec est aussi une opportunité historique qu'il ne faut pas gâcher.

La planète va très mal, et Trump nous a déjà fait perdre 4 précieuses années.

Je n'attends pas de miracles de la part de Joe Biden mais, par contre, son prédeccesseur nous précipitait droit dans le mur.

J'espère donc que la citoyenneté américaine saisira l'opportunité politique qui se présente pour remettre la première puissance mondiale au coeur de la lutte contre le réchauffement climatique et pour la préservation de notre biodiversité.

Ainsi soit-il !

PS: je ne succombe pas à une crise d' angélisme et je n'oublie pas que, dans le meilleur des cas, la tâche du nouveau président  sera très ardue...

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21 juin 2019 5 21 /06 /juin /2019 19:34

Bonjour les amis,

Il y a quelques semaines j'ai lu le dernier livre de Fred Vargas, intitulé:

L'HUMANITÉ EN PÉRIL. Virons de bord, toutes !

Ce livre est né d'un énorme coup de colère que Fred Vargas explique dans cette interview au FIGARO.

Alors, effectivement, on ne peut être que catastrophé par la passivité et l'irresponsabilité de nos gouvernants qui lors de la COP 24 ont révisé à la baisse les objectifs sur le réchauffement climatique et qui ont accepté une augmentation de 2º C d'ici aux années 30 (au lieu du 1,5º C proposé lors des accords de Paris) ce qui correspondra à une mise en péril non pas de la moitié mais des trois quarts de l'humanité...

Fred Vargas a donc momentanément laissé tomber ses polars pour lancer avec son livre un grand cri de désespoir et d'indignation, et pour essayer de nous pousser à réagir avant qu'il ne soit définitivement trop tard.

CLIMAT : que faire face à l'insupportable frivolité de nos responsables politiques ?

Dans cet ouvrage Fred Vargas nous explique qu'on est surinformé sur le réchauffement, bombardé de news sur ce sujet, mais que finalement on est très mal éclairé sur ce thème car on n'a aucune vision globale du problème. Elle-même qui est scientifique a eu beaucoup de difficultés à trouver les informations vraiment importantes dont elle avait besoin pour écrire son livre. Elle a épluché pour nous des milliers de pages de rapports d'experts du GIEC pour essayer de mettre de l'ordre dans nos idées.

Son livre qui n'est pas très long est très didactique. Il donne des ordres de grandeurs qui nous permettent de nous situer et offre une parfaite synthèse de tous les nombreux paramètres qui provoquent le réchauffement climatique ainsi que leurs impacts respectifs.

A chaque problème posé par les industries qui provoquent du réchauffement les nouvelles technologies tentent d'apporter des solutions que Vargas analyse. Elle va jusqu'au bout et démontre que dans la grande majorité des cas ces solutions ne font que déplacer le problème.

Par ailleurs nous ne devons pas perdre de vue que les carences en matières premières comme les métaux sont inévitables et qu'il faut s' y préparer dès aujourd'hui, or on va exactement dans la direction contraire. Vargas démontre que nous gaspillons par exemple de manière insensée pour l'agriculture le phosphore nécessaire à la vie, A NOTRE VIE, alors que nous ne pouvons pas le fabriquer. Nous creusons notre tombe allègrement, de manière frivole !

Son livre pointe du doigt également les grands coupables dont on parle peu. Pendant qu'on se focalise sur les bagnoles (électriques ou pas), on ignore que 70% de la déforestation est provoquée par l'industrie agro-alimentaire.

Vargas préconise de revenir à une consommation de 200 grammes de viande par semaine (et non pas par jour) pour sauver les forêts (et nous-mêmes par la même occasion).

En fait j'ai lu si rapidement son bouquin (que je recommande chaudement) que je vais devoir le relire, mais cette fois-ci en prenant des notes (chose que je ne fais que très rarement).

J'aimerais aussi ajouter des commentaires un peu plus personnels.

D'abord il y a dans le constat de Vargas des éléments terribles qui devraient nous préoccuper. L'humanité, organisée en Etats qui veillent à leurs propres intérêts n'est pas vraiment dotée d'instances internationales décisionnelles capables de résoudre l'énorme problème auquel nous sommes confrontés.

C'est bien simple : si on attend que la solution vienne de nos dirigeants, on est mort...

Seul un sursaut citoyen sera à même d'inverser la tendance. A nous d'arrêter de consommer comme des fous, de voyager en avion inutilement, de changer de vêtements chaque saison, etc...

Ou nous le ferons, ou nous ne serons plus.

Le capitalisme qui pendant trois siècles a fait progresser l'humanité risque aussi de provoquer notre fin en tant que civilisation. Une néo-barbarie est déjà en train de naître (Trump, Bolsonaro n'en sont que les prémices...). C'est tout le sens de notre histoire qui est en train de se dissoudre aussi sûrement que la banquise.

Nos philosophes et historiens bien peuvent continuer de disserter sur plein de thèmes intéressants comme la démocratie, la liberté, etc...Tout ce qu'ils peuvent pondre sur ces sujets sera frivole et décalé face à l'énorme danger qui est à nos portes et qui risque de nous engloutir.

D'ailleurs il y a plein d'ouvrages que j'avais prévu de lire et que maintenant j'écarte...je les trouve frivoles...ou alors dépassés, plus à l'ordre du jour, pas de nature à donner des pistes de salvation pour l'humanité.

Pleins d'ouvrages actuels me paraissent aujourd'hui aussi incongrus que l'orchestre du TITANIC qui jouait de la musique avant le choc fatidique avec l'iceberg.

 

 

 

 

CLIMAT : que faire face à l'insupportable frivolité de nos responsables politiques ?

Extrait du livre de Vargas:

" On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes. ..."

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 17:54

Bonjour les amis,

J' ai pu voir cette semaine WOMAN AT WAR le 3 ème long métrage de Benedikt Erlingsson qui signe avec ce film une très belle fable humaniste.

Voici le sinopsis:

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

Et voici ce que dit le réalisateur de ses intentions:

"Ce film vise à être un conte héroïque se déroulant dans notre monde où la menace est imminente. Un conte héroïque à la manière d’un récit d’aventure. Un conte de fée sérieux mais raconté avec le sourire. Notre héroïne est une Artémis moderne, protectrice des contrées vierges et du monde sauvage. Seule, confrontée à une planète qui change rapidement, elle endosse le rôle de sauveur de la terre mère et des générations futures. Notre point de vue est très proche de celui de notre héroïne, voilà pourquoi nous accédons à sa vie intérieure. [...] C'est un film sur une femme qui s'efforce d'être quelqu'un."

Alors le récit est conté d'une manière à la fois originale (par exemple, les musiciens de la bande-son sont parfois intégrés à l'image), très poétique et aussi avec un éternel humour sous-jacent...

Les péripéties d'Halla nous plongent dans les magnifiques paysages islandais (la photo est sublime) et on respire avec elle intensément les mousses des montagnes islandaises.

Erlingsson a su écrire avec une très grande habileté un scénario qui nous réserve de belles surprises et qui maintient sans cesse l'intérêt du spectateur. Il sait aussi nous faire de savoureux clins d'oeil en s'inspirant d'Homère...Notre héroïne est au moins aussi astucieuse qu'Ulysse.

Le parti pris du film est bien évidemment écologiste et anticapitaliste mais le metteur en scène traite également d'autres thèmes comme la méfiance des autorités vis-à-vis des étrangers, la surveillance dont nous sommes tous victimes grâce aux nouvelles technologies (portables, drones, etc...), la manipulation des médias, les liens qui nous lient à nos ancêtres et l'héritage à préserver qui est le nôtre, etc...

Ce film est tout simplement réjouissant...et puis la fin (dont je ne parlerai pas) réserve au spectateur une belle surprise qui va droit au coeur.

Woman at war c'est une magnifique bouffée d'air pur et vivifiant.

Le titre original est "Kona fer í stríð", ce qui veut dire " Une femme part en guerre" mais en Espagne ils ont traduit le titre de manière plus poétique par LA MUJER DE LA MONTAÑA qui veut dire " LA FEMME DE LA MONTAGNE"

 

Woman at war...ou le récit d'une guerrière écologiste viking...
Woman at war...ou le récit d'une guerrière écologiste viking...

PS: Halla est directrice de chant dans une chorale, ce qui nous donnera droit aussi à quelques brefs et beaux passages chantés...un détail qui ne pouvait que ravir votre serviteur... 😃.

Il y a aussi de magnifiques voix ukrainiennes qui ponctuent le récit avec 3 chanteuses qui apparaissent à l'image.

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 18:37

Bonjour les amis,

Aujourd'hui je veux partager avec vous une nouvelle qui nous vient de Suède.

Greta Thunberg, collégienne de 15 ans, a décidé de faire grève depuis le 26 août dernier et de ne pas reprendre les cours jusqu'aux élections législatives du 9 Septembre afin de manifester contre le réchauffement climatique et de sensibiliser le public à la défense de l'environnement.

Alors moi j' ai horreur de voir les enfants faire irruption dans le domaine de la vie publique et politique. Je trouve cela très incongru. Il faut respecter le temps de l' enfance et je n' aime pas voir des ados essayer de devenir adultes trop tôt.

Il y a un âge pour tout et chaque chose doit se faire en son temps. D' abord il faut former son esprit à l' école et en famille, acquérir des connaissances et un esprit critique, mûrir, et puis, plus tard, à l' âge de la majorité, se mettre au service de la collectivité et des citoyens.

Donc ce titre d'article que j' ai vu ce matin parlant de la grève d'une collégienne de 15 ans  m' a agacé un peu, mais, finalement, après avoir écouté attentivement les propos de Greta, j' avoue qu' elle m' a bousculé un peu dans mes à priori.

Si j' étais son père m'  opposerais-je à sa grève qui est illégale puisqu'elle n' a que 15 ans ?

Et bien, après avoir lu ses déclarations, je n' en suis pas si sûr.

En effet, il n' est sans doute pas normal que ce soit des enfants qui interpellent les politiques sur leurs obligations morales, mais il n' est pas normal non plus que ceux-ci n' orientent pas tous leurs efforts pour protéger les générations à venir de l'énorme danger climatique.

J' appartiens à une génération qui a pu vivre pleinement le temps de l' enfance, sans angoisses, en mordant la vie à pleines dents, en me consacrant à mes études, pendant que les adultes s'occupaient de mon bien-être physique et moral.

Or, les enfants de 15 ans d' aujourd'hui qui sont un peu conscients des graves dangers que court notre planète ne peuvent plus bénéficier de cette insouciance protectrice et bienfaitrice.

Donc, si ces jeunes ne se sentent plus protégés et si l' avenir qui se profile leur paraît cauchemardesque, ne nous étonnons pas qu' ils manifestent leurs préoccupations devant un parlement qui est l' institution la plus symbolique de la vie démocratique d' un pays.

En définitive, on a ce qu' on mérite : nos enfants nous rappellent à nos devoirs moraux, ce qui indique, qu' on le veuille ou pas, qu' on est tombé bien bas.

Finalement, je suis passé de l' agacement à la sympathie pour cette petite Greta qui pourrait devenir un symbole pour toute une jeunesse.

Elle se plante devant son parlement pour  dire aux députés que le vrai défi pour notre survie est là, et qu' il passe par la défense du climat, pour leur dire de ne pas perdre le Nord et d' orienter tous leurs efforts pour limiter le plus possible le réchauffement global.

Greta est active sur les réseaux, et son cas singulier  se transforme déjà en symbole de lutte qui dépasse largement le cadre de ses frontières.

Finalement, tout ce qui peut amener de la sensibilisation pour la défense de l' environnement est bon à prendre, même si ça vient, et c' est bien triste, de la part d' adolescents.

Bravo à Greta donc pour sa pugnacité. Je lui souhaite une bonne reprise au collège le 9 Septembre prochain et un bon courage pour cette lutte qui ne fait que commencer ...

Que ça nous plaise ou pas, il faudra bien écouter la petite Greta...
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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 07:40

Bonjour les amis,

je continue ma petite série d' articles sur les aveuglements.

Face aux crises écologiques majeures d' une extraordinaire gravité auxquelles va se devoir se confronter l' humanité, j' observe deux formes d' aveuglement chez mes concitoyens:

1. Ceux qui croient encore au père Noël, qui pensent que l' humanité va toujours trouver des solutions pour s' en sortir, même quand tout indique le contraire.C' est une réaction complètement irrationnelle qui ne se base pas sur l' analyse objective des faits mais sur des mythes humains d' autant plus dangereux qu' ils ne peuvent que nous mener vers une extinction pure et simple de notre civilisation et provoquer de grands drames humanitaires.C' est exactement ce genre de mythes qui ont nourri les habitants de l' île de Pâques, avant qu' ils ne disparaissent complètement jusqu' au dernier...Rappelons pour les néophytes que les colons de l' île de Pâques scièrent la branche sur laquelle ils étaient assis,qu' ils détruisirent la végétation de leur environnement composée entre autres de millions de palmiers et qu' ils se croyaient protégés par leurs Dieux...la suite on connaît....

2. Ceux qui, à l' opposé des premiers,croient que le chaos est inévitable et qu' il n' y a pas de réelle solution à chercher.Donc,ce n'est  pas la peine de s' empoisonner notre existence d' aujourd' hui à résoudre un problème sans solutions: mieux vaut essayer de vivre pleinement ce qui nous reste de bon temps à prendre.C' est une position hédoniste complètement irresponsable et irréfléchie qui ne tient aucun compte des générations qui nous suivent et de l' héritage qu' on va leur laisser.

Pour faire bonne mesure, je vous avouerais que moi-même il m' arrive d' osciller avec des pensées intérieures qui passent alternativement de l' option 1 à l' option 2.

Face à ces deux pôles opposés,extrêmes mais tout aussi dangereux, je voudrais partager avec vous la lecture d' une interview de Pablo Servigne qui consacre sa vie à essayer de prévoir comment nous devrions réagir face à un effondrement global qui sera, selon lui, inévitable.

Evidemment, ça a l' air pessimiste son constat mais il nous propose le seul vrai challenge qui mérite qu' on se remue les méninges tout de suite.Préparons la transition et ne perdons pas de temps.Essayons d' anticiper l' inéluctable et d' en minorer les effets.

Prévoir et préparer notre avenir est une tâche d' une énorme complexité et c' est l' action intelligente la plus difficile à accomplir pour l' humanité.

Les propos de Servigne et ses objectifs pourraient paraître prétentieux, voire risibles ( ce mec qui réfléchit tout seul, en chercheur indépendant, sur la manière de s' y prendre pour essayer de sauver l' humanité), et pourtant il s' intéresse à la seule chose qui devrait vraiment nous préoccuper tous...

Voici ce qu' on apprend de lui sur sa fiche wikipedia:

" Il a été invité par l' ancien euro député Yves Cochet à rédiger un rapport pour le groupe VERT/ALE au parlement européen sur l' avenir de l' agriculture en Europe.Ce rapport qui évoque la possibilité d' un effondrement imminent des systèmes alimentaires industriels en Europe a été présenté publiquement au parlement de Bruxelles le 17 Octobre 2013."

Plus loin on apprend que Pablo Servigne a travaillé avec d' autres collaborateurs sur la notion de résilience pour la transition écologique et l' effondrement.

Il propose 4 déclinaisons:la résilience commune, la résilience globale, la résilience locale et la résilience intérieure.Cette dernière se renforce lorsqu’on a pris acte des catastrophes qui ont lieu, et lorsque l’on fait le deuil du monde tel qu’on le connait( dans son fonctionnement, ses objectifs, etc...) . Cela implique de passer au-delà de l’effarement, de la colère et de la tristesse, et de réaliser les possibilités nouvelles de renouer avec soi-même, au plus profond ; et avec ses proches (amis, famille et/ou voisins), et envisager ainsi un vivre-ensemble qui part de l’intime, vers le local, le régional, puis le planétaire, voire le cosmique.

C' est très difficile de juger de la pertinence de ses idées, et seul l' avenir nous dira en quoi il avait peut-être raison.Malgré tout je crois qu' il met bien le doigt sur la manière dont nous allons affronter ces effondrements.Nous essaierons d' y répondre de manière collective, nationale et internationale.Mais dès que se feront sentir les premiers échecs les expériences collectives plus locales risquent de faire la différence.

Il est évident que certains pays seront mieux préparés que d' autres.La crise sera dure ( voire très dure) pour tout le monde, mais pour ceux qui ne seront pas à même de produire eux-mêmes de façon autonome ce dont ils ont besoin, cette crise sera probablement insurmontable...On peut donc imaginer que de petites communautés se seront mieux préparées pour résister et s' adapter.

Et puis d' un seul coup, en lisant Servigne j' ai eu un petit flash: je me suis dit que les amish américains qui vivent aujourd' hui comme au XVI ème siècle étaient peut-être finalement "en avance" sur nous...ou, en tout cas, qu' ils étaient mieux préparés que nous pour affronter cette grande transition.Ne vous méprenez pas: je ne dis pas qu' on va revenir au XVI ème siècle mais simplement que certains collectivités humaines qui vivent déjà en quasi autarcie ( sans besoins de machines industrielles, ni même d' électricité) sont mieux armées que d' autres pour affronter un avenir qui va être très dur.

 

 

L' effondrement qui nous attend...
L' effondrement qui nous attend...
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 17:50

Bonjour les amis,

En 1967 j' avais 9 ans et je me souviens très bien d' une belle chanson de Michel Fugain dont les paroles m' avaient marquées. 

Il s' agit de JE N' AURAIS PAS LE TEMPS. 

 

Alors, quand on a 9 ans la question du temps qui file entre les doigts n' est pas à l' ordre du jour: on a toute la vie devant soi.

Mais quand on arrive à mon âge, il n' en va plus de même.

On sait qu' on ne pourra pas tout voir, ni tout découvrir.Pour tout dire ça ne me dérange absolument pas car mes yeux ont déjà admiré de telles merveilles qu' il ne m' est pas difficile d' imaginer celles que je n' ai pas vues.Je ne ressens aucune frustration de ne pouvoir tout voir.

Le problème du manque de temps ne se pose pas pour moi pour les voyages comme pour le protagoniste de la chanson qui se désespère de ne pouvoir  courir et contempler tout l' univers.

Pour moi, le problème du temps commence à se poser cruellement pour la lecture.

Si je fais un état des lieux,je me dis que j' ai déjà lu beaucoup d' auteurs mais pas le millième de ce j' aimerais lire, notamment en littérature,romans,romans policiers, essais historiques , essais philosophiques,poésie, divulgation scientifique, essais économiques, etc...

J' ai les yeux plus gros que le ventre.

Que faire ? Comment gérer le temps qui reste en sachant que je n' arriverai pas à tout lire ?

Quand j' étais jeune et que je lisais un livre  que finalement je trouvais décevant j' allais jusqu' au bout quand même, mais aujourd' hui c' est terminé.Cette vie est trop courte et il y a tant d' auteurs intéressants que je ne peux perdre mon temps avec ceux qui ne le sont pas vraiment...

Pareil pour les auteurs qui manquent d' originalité.Dès qu' un roman ou un essai me fait penser à un autre,ou tombe dans les lieux communs, je laisse vite tomber.

Il faut que je trouve rapidement ce que Rabelais appelait la substantifique moelle.

Donc je suis devenu un lecteur impatient.

Or c' est un travers dangereux aussi car il faut se prendre le temps de lire calmement et avec patience certaines pages qui le méritent.S' imprégner avec plaisir de l' univers de certains auteurs.Ne pas tout lire dans l' urgence !

Du coup,j' ai une vitesse de lecture en dents de scie.J' accélère avec certains textes et je m' oblige à me freiner sur d' autres, en me disant que ce qui compte ce n' est pas la quantité mais la qualité.

 

 

 

 

Les yeux plus gros que le ventre...

Toujours est-il que mon problème de base n' est pas résolu car les livres s' empilent sur mon bureau en attendant que j' ai un moment pour les lire.Certains attendent 6 mois, un an, deux ans...et d' autres sont finalement rangés dans la bibliothèque sans avoir été lus, pour " y faire beau"...

Avant-hier je suis resté quelques heures dans l' indécision entre 2 ouvrages qui m' attendent depuis longtemps..

Que fais-je ? Que vais-je lire en premier ?

L' énorme essai de 640 pages de Naomi Klein sur l' avenir de notre planète face à la catastrophe climatique et les possibles solutions qui s' offrent à nous pour en minorer les effets tant qu' il est encore temps ?

Les yeux plus gros que le ventre...

Ou alors,dans un registre qui n' a rien à voir, lire un pavé romanesque de 716 pages intitulé LE GANG DES RÊVES de Luca di Fulvio ?

Les yeux plus gros que le ventre...

En fait, je n' ai pas vraiment choisi mais j' ai finalement commencé LE GANG DES RÊVES dont les premières lignes sont prometteuses:une histoire d' émigrés italiens arrivant en Amérique au début du siècle dernier.Une sorte de  IL ETAIT UNE FOIS L' AMERIQUE littéraire...Et je vais sans doute me prendre le temps de ne pas le lire trop vite.

A suivre donc....Je ferai un billet sur ce roman s' il tient ses promesses.

En attendant, le bouquin de Naomi Klein, et quelques dizaines d' autres m' attendent patiemment sur ma table de chevet.

Je terminerai sur une note humoristique du film AMADEUS quand Mozart essaie plusieurs perruques et ne sait laquelle choisir  car elles lui plaisent toutes.

Il s'exclame: " Pourquoi n' ai je pas trois têtes? " avec son rire haut-perché si particulier...

Et bien, je me sens un peu comme lui...Pourquoi n' ai-je pas 3 ou 4 têtes pour lire en même temps des ouvrages d' histoire, d' économie, de science. de littérature, etc....etc...

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 08:08

Bonjour les amis,

je viens de voir ( comme toujours avec un certain retard) CAPTAIN FANTASTIC le dernier film de Matt Ross.

C'est une histoire qui commence comme une fable moderne.Une famille américaine désire vivre de manière utopique loin de la société de consommation, frustrante et aliénante, en s' isolant quelque part dans l' immensité des montagnes rocheuses.

Le père Ben, très bien interprété par Viggo Mortensen, se charge de l' éducation des enfants pendant que la maman est à l' hôpital.

Il s' agit d' une éducation authentique, à la fois exigeante et très dure qui devrait permettre aux enfants de devenir des individus très forts, libres et critiques, capables de vivre réellement en harmonie avec la nature.Une éducation qui n' a rien de laxiste, inspirée de l' idéal de la révolution Hippie, de la pensée new-age, de l' écologie, des philosophies humanistes et universalistes.

Par exemple, le jour de Noël est substitué par la célébration de la naissance de Noam Chomsky, père fondateur d' une pensée orientée vers l' entente et le respect entre les peuples.

Pour tout le groupe, tous les jours, ce sont des entraînements sportifs soutenus dans la nature ,exercices de maintien de la forme physique dignes de la préparation des marines américains,chasse au daim, escalades de parois rocheuses suivis d' un apprentissage scolaire exigeant dont se charge Ben.

Ben dont on imagine qu' il a été par le passé un brillant intellectuel apprend à ses enfants les langues étrangères, l' esperanto, la physique quantique, la biologie,à faire des analyses littéraires rigoureuses, etc...Ses enfants sont des petits Rambos capables de survivre dans les milieux les plus hostiles mais également capables d' avoir une réflexion éthique et morale d' un niveau déjà très relevé pour leur âge.

Mais, bientôt, de graves problèmes vont survenir au sein de cette communauté utopique avec le suicide de la mère à l' hôpital. La famille va devoir se confronter au monde qui les entoure, et les préceptes éducatifs imposés par Ben vont bientôt montrer leurs limites.

Ses enfants sont très forts, très préparés mais ont grandi de manière si isolée du reste de la population qu' ils sont en constant déphasage avec leur environnement social ce qui donne lieu à des scènes parfois assez humoristiques.

A partir du suicide de la mère le film prend alors les tournures d' un road movie ( un peu comme le croquignolesque et savoureux  LITTLE MISS SUNSHINE): le groupe  part dans l' autobus familial pour aller assister à l' enterrement de la mère.

Au cours de ce voyage Ben va lutter pour faire respecter les dernières volontés de son épouse, mais il va aussi douter...Ses enfants, à travers leurs problèmes et parfois leur rébellion, vont le faire se remettre en question.

La confrontation et le CHOC de Ben avec son beau-père, magistralement interprété par Jack Langella, est su-bli-me.

Et si l' idée merveilleuse de petite communauté que Ben a eu avec son épouse n' avait peut-être été rien d' autre qu' une ERREUR merveilleuse ?

Le film peut agacer parfois car le réalisateur cherche peut-être à être trop démonstratif,mais en même temps, il soulève bien les questions posées par ces parents qui veulent tout réinventer pour leurs enfants, et qui veulent se substituer aussi à l' école qu' ils considèrent comme complice d' une société perverse et aliénante.

Je précise bien que l' enseignement de Ben est tout le contraire d' un endoctrinement.Il oblige ses enfants à lui fournir un vrai travail critique de réflexion mais leur isolement social a aussi des effets très nocifs.

Peut-on réinventer une société à partir de sa propre famille en l' isolant et sans la convertir en une espèce de secte ?

Pourtant, Ben, même s' il est souvent rigide et exigeant,ne se comporte jamais comme un mini dictateur puisque tous les membres de la communauté ont toujours la possibilité de remettre en cause leurs règles de cohabitation communes si ils sont capables d' exposer de manière argumentée leurs divergences.Il s' agit bien d' une tentative de démocratie directe au sein d' une micro-société composée de membres intelligents et responsables.

Il y a de magnifiques passages dans ce film très sincère qui nous oblige à réfléchir sur notre façon d' éduquer et sur les limites de notre liberté individuelle, et de notre responsabilité en tant que parents.

Et puis, ce film est aussi une belle comédie allègre, et pleine de vie, bien menée.On suit tambour battant et avec ravissement les tribulations joyeuses de ce petit groupe complètement atypique .

Certains trouveront cette histoire assez invraisemblable ou peu crédible  mais le réalisateur s' amuse à pousser jusqu' au bout la logique des parents.

Je ne parlerai pas de la fin si ce n' est pour dire qu' elle m' a plu même si d' autres la trouveront trop en accord avec la bien-pensance américaine.

Nous sommes libres et pouvons mener notre petite révolution sans être systématiquement en rupture de ban avec la société.Il peut y avoir des compromis intelligents...

Ou alors, à trop vouloir corriger certaines servitudes artificielles de notre société moderne on risque de créer certaines carences qui sont encore pires...

Enfin, à une époque, où il y a tant de films creux et superficiels, sans substance, destinés au public familial, on ne peut que saluer une oeuvre grand public qui apporte autant de réflexion , d' intelligence, de sensibilité, d' humour et d' originalité.

A citer par ailleurs la bande-son avec des morceaux classiques et d' autres traditionnels très connus ( dont un de Dylan) mais réinterprétés par nos joyeux protagonistes, notamment une version de sweet child of mine des Gun's N' Roses qui m' est allée droit au coeur...

Je vous mets la bande-son de cette réinterprétation et sachez que la scène est merveilleusement filmée comme une ode à la vie, pleine de poésie, et qu' elle m' a sincèrement ému.Elle mérite d' être écoutée jusque la dernière note de l' harmonica...
 

Voici le NOAM CHOMSKY DAY avec une petite chanson en son honneur...à un moment du film où la petite communauté est en contact avec la société américaine ( le père fait une petite concession et entorse aux règles de vie commune  en servant exceptionnellement un gâteau et une crème parfaitement industriels et chimiques).

CAPTAIN FANTASTIC un conte philosophique à la fois tendre et cruel...
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 21:18

Bonjour les amis,

J' ai pris la peine d' écouter la conférence donnée par Jean-Marc Jancovici aux Arts et Métiers en janvier 2016 devant un parterre de futurs jeunes ingénieurs.

La vidéo dure 1 h 55 minutes et mérite vraiment la peine d' être vue jusqu' au bout

C' est bien plus passionnant que n' importe quel film à l' affiche car là, c' est de notre futur à tous qu' il s' agit..

L' auteur y parle de notre avenir et des problèmes graves que devra affronter l' humanité.

Jancovici brisera pendant cet exposé nombre d' idées reçues sur ce futur qui nous attend comme, par exemple,les effets réels du réchauffement climatique ( avec une sérieuse mise en garde à 1 h 17 min au vu de ce qui s' est déjà produit par le passé).

Il casse certains mythes et axiomes économiques, comme par exemple, la loi de l'offre et de la demande complètement prise en défaut avec le prix du barril de pétrole.Le prix dudit barril va conditionner les coûts de n' importe quelle entreprise, et comme celui-ci est hautement chaotique et imprévisible, les managers ne peuvent pratiquement rien anticiper et en sont réduits à imaginer différents scénarios avec différents prix, comme un skipper de voilier qui ne sait s' il aura le vent en poupe ou non.

Il montre que les outils d' étude de la macroéconomie sont complètement inadaptés pour aborder les mutations nécessaires dont nous avons besoin.

Il démontre, par exemple, que notre richesse se base quasi exclusivement sur l' accès "gratuit" aux sources d' énergie, et que dès que le volume de celui-ci baisse le PIB baisse également aussi sûrement que 2 et 2  font 4.Les nouvelles technologies ne sont à même de contrecarrer la baisse de richesse provoquée par les carences énergétiques.Notre vraie richesse c' est le travail des machines qui convertissent les énergies fossiles et qui mettent à notre disposition l' équivalent de 200 à 300 esclaves pour chacun d' entre nous.

L' auteur y affirme haut et fort que sur les dernières 15 années c' est l' utilisation croissante du charbon ( qui n' est pas du tout en 2016, contrairement à une idée reçue, une énergie du passé) qui nous a permis de maintenir notre niveau actuel de richesse en compensant les premiers signes de carence pétrolière depuis 2005,  alors que les nouvelles énergies alternatives ont un poids complètement anecdotique quand on fait un bilan planétaire global.

Les énergies alternatives nouvelles, même dans les scénarios les plus optimistes, ne sont pas en mesure de compenser le dixième du futur défaut énergétique des énergies fossiles, ni aujourd' hui, ni demain, même si on couvrait toute notre surface planétaire de capteurs solaires et d' éoliennes ! Les graphiques et différents " camemberts" montrés au public permettent de situer de manière réaliste les énormes différences d' ordres de grandeurs entre la part apportée par les énergies fossiles par rapport au reste des autres énergies.

Prenez la peine d' écouter Jancovici car à partir de 50 minutes ça devient passionnant.

A 1 h 45 minutes sa petite démo sur l' identité de Yoichi Kaya vaut vraiment le déplacement.On se rend compte que les leviers sur lesquels peuvent jouer réellement les gouvernants pour réduire de deux tiers les émissions de CO2 d' ici 2050 sont finalement bien peu nombreux ( surtout si on prétend en même temps accroître notre PIB) et qu' ils auront donc un effet bien plus limité que ce dont l' humanité aurait vraiment besoin pour échapper à une grave crise majeure.

La récession paraît absolument inévitable si on suit de simples règles de bon sens arithmétique.

L' auteur s' amuse à utiliser la simple règle de trois qu' on apprend en primaire, et le premier principe de la thermodynamique qu' on apprend dans tous les écoles préparatoires pour nous démontrer que les promesses électorales de croissance des partis politiques tous confondus sont aussi illusoires que la croyance au père Noel.Il compare ces promesses au système pyramidal  frauduleux de Ponzi utilisé par Madoff ( à 1 h 09 min).

C' est un document exceptionnel.L' auteur utilise de nombreux graphiques pour étayer son argumentation ,et même ceux qui n' ont pas reçu de formation mathématique approfondie pourront la suivre...

Son exposé se termine à 1 h 54 minutes sur une pensée de Confucius que je vous laisse découvrir, et qui semble très prémonitoire...

PS: Ne brûlez pas les étapes.Prenez la peine d' écouter patiemment sa longue introduction qui vous permettra ensuite de mieux comprendre ses éléments de démonstration, notamment l' évaluation de notre richesse en équivalents " esclaves-machines" qui convertissent une énergie fossile gratuite mais non-renouvelable.

Quand le principe de réalité prend en défaut tous les modèles de croissance promis par les leaders politiques...

Pour mieux connaître l' auteur

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marc_Jancovici

Voici ci-dessous son site internet MANICORE

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 09:23

Bonjour les amis,

Parmi le flot d' informations qui nous vient de Cuba depuis la mort de Fidel Castro, il en est une qui est complètement anecdotique mais qui ne manque pas de pìquant.

En effet, Cuba est depuis plus de 25 ans victime d' un embargo très dur de la part des autorités américaines.Cet embargo a eu pour effet d' étouffer l' activité économique de l' île en l' isolant le plus possible du reste du monde et de faire supporter au peuple cubain d' inutiles et de cruelles souffrances (manque de médicaments, d' équipements et de matériel médical, etc...).

Curieusement, aucune mesure ne saurait être négative à 100 %.Même la pìre des sanctions économiques peut amener involontairement des effets secondaires positifs.

C' est le cas pour l' apiculture cubaine qui se porte à merveille depuis l' embargo.En effet, comme Cuba n' a pas eu accès aux pesticides américains, ses abeilles ne sont pas en voie de disparition et se portent mieux que partout ailleurs sur le continent américain.

Lisez donc cet article mis en lien ci-dessous

Pendant que le reste du monde condamne à juste titre les atteintes portées contre les droits de l' homme par le régime de Fidel, il n' est pas inutile de rappeler que si les hommes ont des droits les animaux en ont également.

C' est donc l' occasion de redire une fois de plus qu' en sauvant les abeilles, et par voie de conséquences la pollinisation des fleurs, l' homme se sauvera lui-même d' une possible extinction...

L' une des morales que l' on peut tirer de cette petite histoire, c' est que toute décision cruelle et injuste peut parfois se retourner contre ses promoteurs.En effet, Cuba, en devenant un immense laboratoire d' agriculture biologique pourrait se convertir en un exemple à suivre pour les autres pays et ainsi remettre en cause partiellement la toute puissance des grandes multinationales américaines de la biotechnologie.

L' embargo américain pourrait donc involontairement se convertir en une version moderne de l' arroseur arrosé.

Les abeilles cubaines sauvées grâce à l' embargo américain !

Pour finir sur une petite note d' humour, je vous propose une version revisitée de l' internationale socialiste pour ces vaillantes abeilles, infatigables travailleuses fidèles au régime de Castro !

" C' est la RUCHE finale

groupons nous et demain

L' internationale

SAUVERA le genre humain"

 

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 08:38

Bonjour les amis,

Je viens de lire une interview du neurologue et psychiatre Boris Cyrulnik qui me laisse un peu perplexe et pensif.

La voici sur le lien ci-dessous:

Cyrulnik qui aime cultiver le sens du paradoxe et une certaine forme d' humour nous dit:

« La catastrophe implique qu’un filet de vie continue à couler. Sinon, ce n’est plus une catastrophe, c’est un désastre (sourire). »

Chacun appréciera la subtile différence sémantique entre catastrophe et désastre !

On peut quand même émettre des doutes sur la comparaison entre la catastrophe prévisible qui nous attend et celles que l' humanité a déjà surmontées et qui n' ont jamais été irréversibles.

Ce qui m' interpelle, c' est le fait que nos 2000 ans de civilisations et de progrès scientifiques et techniques ne sont pas en mesure d' éviter l' inéluctabilité du chaos ...La surpopulation humaine va génerer un épuisement global et mathématique de nos ressources et une destruction iirréversible de la biodiversité dont nous serons les seuls coupables.Je parle au futur mais c' est un mensonge car, en ce qui concerne la destruction de la biodiversité, c' est au présent et au passé qu' il faut parler si l' on veut être partiellement honnête.Le mal irréversible est déjà fait pour des dizaines de milliers d' espèces déjà disparues.La seule chose qui nous console c' est que pour l' instant ces disparitions n' affectent pas encore notre espèce ( jolie mentalité que la nôtre !!!)

On voudrait nous faire croire que tout ça fait partie d' un cycle naturel de la vie et que , d' une certaine manière, celle-ci renaît toujours de ses cendres.

L' île de Pâques sur laquelle existaient des dizaines de milliers de palmiers est aujourd' hui déserte.Les statues de pierre regardent une nature vide, jadis si riche, détruite par l' homme.Un biologue pourrait penser que d' ici quelques milliers d' années, le cycle de la vie reprendra ses droits, que tout n' est qu' une question de temps et qu' il faut se mettre à l' échelle géologique et compter en dizaines de milliers d' années...

Selon Cyrulnik, nous serions donc aujourd' hui comme le capitaine du Titanic qui voit poindre à l' horizon l' énorme iceberg, et qui sait déjà qu' il est bien trop tard pour l' éviter.

Imaginons un instant que l' on puisse remonter dans le temps au moment de la révolution industrielle en connaissant d' avance tous les problèmes écologiques auxquels nous serons confrontés si nous ne gérons pas mieux nos activités.

Peut-on penser que cette connaissance changerait quoi que ce soit au déroulement ultérieur de notre histoire ? je pense que non...et pourquoi?

Sans doute,parce que notre organisation économique est basée sur la propriété privée. Notre façon de penser en terme de compétition et non de solidarité ne peut que générer le type de société marchande dans laquelle nous vivons.La propriété privée ne peut amener que l' exploitation à outrance de notre environnement et donc l' épuisement à terme de nos ressources.Rappelons malgré tout que c' est gràce à cette recherche constante de compétitivité que la société a progressé et n' est pas restée féodale,et que la médecine par exemple a permis de doubler, voire de tripler notre espérance de vie.Bizarre cette affaire..Ce sont les mêmes mécanismes qui nous ont permis d' améliorer nos conditions de vie quotidienne qui risquent finalement de mettre en danger notre propre survie.

Par ailleurs, aucun des pays surpeuplés de la planète n' accepte de limiter son taux de natalité de manière à ce que le prélèvement effectué sur la nature soit compatible avec sa perennité.Enfin, il faudrait imaginer une gestion politique mondiale de ces problèmes.Il ne sert à rien qu' un pays ait une politique écologique et de natalité responsable si les pays environnants n' en font pas de même.Comment ne pas pointer du doigt l' irresponsabilité et l' aveuglement imbécile de certains leaders religieux qui poussent leurs fidèles à se reproduire comme des lapins...Nous devons affronter les problèmes du XXI ème siècle avec une partie importante de l' humanité qui pense encore comme au Moyen-âge.

Je reconnais à Boris Cyrulnik au moins un grand mérite: celui de ne pas nous faire croire au père Noël.A défaut de nous apporter des réponses sur la manière politique de répondre à l' immense défi que nous devrons relever, Cyrulnik nous met en garde sur les fausses réponses qui ne feront que retarder les problèmes sans jamais les résoudre...

Tout comme lui, je considère qu' il faut rester optimiste tout en n' étant pas ingénu ou idiot.Kasparopv disait que l' intelligence se caractérise par notre capacité à anticiper les problèmes et à y répondre...

Anticiper les problèmes n' est pas difficile, mais y répondre de manière efficace et collective, c' est une autre paire de manches...

Notre organisation politique en pays défendant leurs propres intérêts ne permet pas à l' intelligence humaine de s' exercer de manière collective.La grande crise de l' humanité arrive trop tôt dans notre histoire, à une époque où nous n' avons pas résolu certains grands chocs civilisationnels et culturels, à une époque où ce sont encore nos égoismes nationaux qui prévalent, à une époque où certaines religions aveuglent des centaines de millions de personnes qui croient en la bienveillance divine tout comme un enfant de 5 ans croit au père Noël, ou tout comme les habitants de l' île de Pâques étaient persuadés d' être protégés par leur Dieu jusqu' à ce qu' ils disparaissent jusqu' au dernier.

Enfin, comment peut-on croire que l' humanité va résoudre des problèmes écologiques réellement difficiles quand elle est incapable d' apporter des solutions à des problèmes techniquement simples comme la crise syrienne, un problème qui se résume en un simple conflit d' intérêts multiples, et qui aurait pu être résolu en deux temps trois mouvements s' il y avait eu une réelle volonté collective en ce sens.

L' histoire va trop vite et nous engloutira probablement avant que l' humanité n' ait pu se doter des instruments politiques nécessaires à sa propre survie.Oui, on court à la catastrophe...même si cela ne doit pas empêcher de tout tenter pour en minorer les effets.

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