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15 juillet 2022 5 15 /07 /juillet /2022 07:03

Bonjour les amis,

Je viens de terminer la lecture du livre dont tout le monde parle, GUERRE, un manuscrit de Louis-Ferdinand Céline retrouvé dans des conditions un peu invraisemblables.

GUERRE de Louis-Ferdinand Céline

Résumé

Parmi les manuscrits de Louis-Ferdinand Céline récemment retrouvés figurait une liasse de deux cent cinquante feuillets révélant un roman dont l’action se situe dans les Flandres durant la Grande Guerre. Avec la transcription de ce manuscrit de premier jet, écrit quelque deux ans après la parution de Voyage au bout de la nuit (1932), une pièce capitale de l’œuvre de l’écrivain est mise au jour. Car Céline, entre récit autobiographique et œuvre d’imagination, y lève le voile sur l’expérience centrale de son existence : le traumatisme physique et moral du front, dans l’« abattoir international en folie ». On y suit la convalescence du brigadier Ferdinand depuis le moment où, gravement blessé, il reprend conscience sur le champ de bataille jusqu’à son départ pour Londres. À l’hôpital de Peurdu-sur-la-lys, objet de toutes les attentions d’une infirmière entreprenante, Ferdinand, s’étant lié d’amitié au souteneur Bébert, trompe la mort et s’affranchit du destin qui lui était jusqu’alors promis. Ce temps brutal de la désillusion et de la prise de conscience, que l’auteur n’avait jamais abordé sous la forme d’un récit littéraire autonome, apparaît ici dans sa lumière la plus crue. Vingt ans après 14, le passé, « toujours saoul d'oubli », prend des « petites mélodies en route qu'on lui demandait pas ». Mais il reste vivant, à jamais inoubliable, et Guerre en témoigne tout autant que la suite de l'œuvre de Céline.

GUERRE de Louis-Ferdinand Céline

Le point de départ du roman est un fait réel puisqu'il s'agit de la grave blessure dont a été victime Céline et qui lui a laissée toute sa vie d'horribles séquelles, et notamment des acouphènes qui torturèrent ses tympans.

Cette blessure infligée donnera lieu dans le livre à des descriptions très pénibles et très crues, aujourd'hui on dirait "gore".

Céline sait nous plonger en quelques lignes dans l'horreur de 14, au milieu des gémissements d'une chambre collective de gueules cassées. 

Son écriture est crue, rageuse, évitant tout pathos.

Pour Céline cette blessure est l'occasion de liquider toute dette envers la société, une société qu'il vomit à chaque page.

Ce qui frappe c'est l'incompréhension fondamentale entre le personnage Ferdinand (vrai anti-héros) et ses contemporains. 

Ferdinand garde pour lui (et pour le lecteur) ce qu'il pense réellement des événements qu'il traverse car s'il le faisait publiquement il risquerait le peloton d'éxécution. Son hypocrisie est ici une question de survie !

A l'hôpital de campagne où il est soigné Céline nous présente toute une galerie de personnages qui sont tous un peu jobards, un peu bizarres, un peu décalés, et pour qui la guerre sera l'occasion de laisser libre cours à leurs penchants les plus triviaux et vulgaires.

Les dialogues sont souvent abrupts. On est loin du politiquement correct actuel. Les hommes sont d'affreux phallocrates. Les femmes présentées souvent comme de la "chair à bites" savent exercer un réel pouvoir sur des hommes incapables de résister à leurs instincts libidineux. C'est du "Basic instinct" chez Rabelais, au milieu des râles et de la souffrance.

Là, il y va fort Céline ! Comme d'habitude chez lui, tout le monde en prend pour son grade.

Il emploie souvent l'argot de son époque (que je connaissais déjà un peu) mais j'ai eu plus de mal à saisir le sens de certains dialogues que lors de la lecture du VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT. Il m'est même parfois arrivé de consulter le lexique qui est à la fin du livre pour essayer de bien piger ce que l'auteur voulait dire.

GUERRE est un récit assez court et moins abouti que le VOYAGE mais il offre un magnifique contrepoint à tous les fans de Céline.

Plus de 60 ans après sa mort, celui-ci nous revient de manière tout à fait inattendue, comme si il nous faisait un petit coucou d'outre-tombe, comme s'il nous crachait une dernière fois à la figure:

" Vous pouvez penser de moi ce que vous voulez, je vous emmerde, tas de nulos! ".

NB: Si vous désirez en savoir plus voici le lien Babélio avec des critiques très pertinentes et des extraits du roman

https://www.babelio.com/livres/Celine-Guerre/1400401

 

 

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 05:46

Bonjour les amis,

J'ai fini hier la lecture du PIÈGE de Jean Haff Korelitz dont voici le résumé:

 Jacob Finch Bonner a connu son heure de gloire comme romancier avant de sombrer dans l’anonymat. Il enseigne désormais l’écriture dans une université du Vermont. Un jour, un de ses étudiants, Evan, lui dévoile l’intrigue du livre qu’il ambitionne d’écrire. Une intrigue géniale. Le best-seller assuré.
Quelques années plus tard, Jacob apprend la mort d’Evan, qui n’aura pas eu le temps de concrétiser son projet. Aussi décide-t-il d’utiliser à son profit l’idée fantastique de ce dernier. Et c’est un triomphe. Mais au plus haut de sa gloire, Jacob reçoit un e-mail anonyme, terrifiant : Vous êtes un voleur.
Jacob va alors tout faire pour identifier son interlocuteur avant que quiconque apprenne ce qu’il a fait. Pour cela, il va revenir dans le Vermont, pour enquêter sur la vie et la mort d’Evan. Il ne sait pas encore à quel point le jeu va s’avérer dangereux.
L’intrigue parfaite c’est celle de ce roman, véritable piège qui dévore peu à peu son lecteur. 

LE PIÈGE de Jean Hanff Korelitz...

Au début du roman l'autrice nous parle des affres d'un écrivain en panne d'inspiration.

Jacob le héros n'a rien publié depuis 2 ans et, qui plus est, anime un atelier d'écriture dans une université américaine. Paradoxe cruel: Jacob doit apprendre à ses étudiants à écrire un récit ou une fiction alors que lui-même n'en n'est plus vraiment capable.

Il y a là un thème  auquel je suis sensible, à savoir la situation d'un professeur qui manque de crédit vis-à-vis de ses étudiants et qui est obligé de les bluffer un peu. Il ne s'en tire pas trop mal d'ailleurs, mais, comme toujours, les bluffeurs sont malgré tout partiellement démasqués par leurs étudiants. C'est donc une situation professionnelle qui ne peut qu'aggraver l'état de déprime de Jacob qui a affaire, entre autres, à un élève particulièrement provocateur et retors. Ça donne de très bons passages dans le livre.

Mais le moteur de ce polar c'est  le thème du maître-chanteur qui joue au chat et à la souris avec sa victime, et là aussi, les angoisses de Jacob nous touchent et nous interpellent. C'est la partie psychologique du roman la mieux fouillée, celle qui fait le vrai intérêt du livre.

Au moment même où Jacob connaît un immense succés et où les médias se l'arrachent, celui-ci sait qu'il peut tout perdre en moins de 24 heures et être rejeté comme un vulgaire imposteur. Commence pour lui une période d'angoisse permanente.Jacob n'est pas complètement coupable mais il n'est pas complètement innocent non plus. Donc il a 2 possibilités pour affronter le défi qui lui est lancé:  choisir de défendre la vérité ou tenter de mettre le corbeau hors d'état de nuire.

Jacob va essayer de se libérer de l'emprise de son maître-chanteur en menant une enquête, et dans le récit de cette enquête Jean Haff intercale régulièrement des passages du roman que Jacob a écrit. On a donc un roman dans le roman qui va permettre au lecteur de se faire assez tôt une idée de l'identité du corbeau

L'enquête avance, en suivant de nombreux méandres qui requerront toute l'attention du lecteur et il faudra attendre les dernières pages pour comprendre les vraies motivations qui animent la personne qui cherche à nuire à Jacob..

En résumé on a une histoire techniquement impeccablement construite qui démarre très lentement mais qui va peu à peu captiver le lecteur jusqu'à la dernière page...On pourrait reprocher, ici ou là, certaines invraisemblances du récit, mais c'est la vraisemblance psychologique qui importe, et de ce point de vue, le roman est plutôt réussi.

Toute l'histoire est par ailleurs délicieusement amorale ce qui la rend à la fois cruelle et jubilatoire.

Jean Hanff Korelitz

Jean Hanff Korelitz

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 17:03

Bonjour les amis,

Je suis tombé par hasard sur une vidéo youtube dans laquelle la journaliste Aude Lancelin raconte les mésaventures qu'elle a vécues après avoir découvert que Bernard-Henry Levy avait pris très au sérieux dans un de ses ouvrages un canular "gros comme une maison".

Mais, écoutez-la, c'est assez savoureux !

Alors, avouez que cette histoire est vraiment édifiante. Plutôt que de rectifier et de s'excuser auprès de ses lecteurs BHL riposte avec des sous-entendus un peu ignobles.

Mais surtout le reste du microcosme médiatique parisien ostracise la journaliste qui n'avait fait que dire la vérité, et en l'occurrence, une vérité plutôt burlesque.

Crime de lèse-majesté. On n'égratigne pas BHL impunément...

Quand on écoute Aude Lancelin jusqu'au bout de la vidéo on ne sait plus trop s'il faut en rire ou en pleurer.

Je profite l'occasion pour vous indiquer que Aude Lancelin avait reçu le prix Renaudot pour son essai LE MONDE LIBRE et qu'ensuite elle a publié un autre opus intitulé LA PENSEE EN OTAGE.

PS: Hors-sujet.

Je viens d'apprendre aujourd'hui que Clémentine Autain, candidate très wokiste de France Insoumise vient de sortir un roman.

Voici la critique assassine de Marianne.

Ayant beaucoup de mal à supporter le personnage Clémentine Autain, assez représentatif d'une nouvelle classe politique démago-populo-wokiste, je ne lirai certainement pas le roman pour me faire une idée par moi-même. Sur ce coup-là je fais un vote de confiance en faveur de  Marianne.

Le bouquin est publié aux prestigieuses éditions Grasset, mais pourtant il ne semble pas que l'éditeur nous ait déniché une nouvelle Colette !....😂

PS nº 2: Dans le même genre, sachez qu'une autre candidate que j'ai du mal à écouter plus de 5 minutes et que j'aime affubler du pseudo de "Sardine Ruisseau" aussi a écrit des romans que je ne lirai jamais...lol !

Bon, j'arrête de me moquer...aujourd'hui c'était mercredi et je siffle la fin de la récré...

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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 09:41

Bonjour les amis,

Il y a des polars qui valent mieux que certains essais historiques, philosophiques, sociologiques ou politiques. C'est le cas du roman INDÉCENCE MANIFESTE signé par l'auteur suédois Karl Lagercrantz.

Voici le résumé du roman:

Angleterre, 1954. La paranoïa engendrée par la guerre froide se généralise, en Europe comme ailleurs. Deux employés du bureau des Affaires étrangères, Burgess et Maclean, ont été démasqués comme étant des espions soviétiques et aux États-Unis la chasse aux sorcières de Joseph McCarthy contre les communistes et les homosexuels bat son plein. Un matin pluvieux de juin, le corps sans vie du mathématicien Alan Turing est découvert à son domicile de Wilmslow. À côté de lui, sur la table de chevet, une pomme croquée imbibée de cyanure. L'homme a été condamné à la castration chimique pour son homosexualité quelques années plus tôt, et l'explication d'un suicide semble convenir à tout le monde. Mais l'inspecteur Léonard Corell, en charge de l'enquête, s'intéresse de plus près au passé du mathématicien. Pourquoi Turing avait-il été surveillé durant des semaines avant sa mort ? Et pourquoi les services secrets cherchent-ils à cacher à tout prix le rôle mystérieux qu'il a joué durant la Seconde Guerre mondiale ?
Thriller hybride entêtant, enquête vertigineuse où la police cherche à décrypter la vie d'un homme passé maître dans l'art du codage, Indécence manifeste brasse déjà des thèmes chers à David Lagercrantz, tels que la marginalité, les mathématiques comme possible grille de lecture et de cryptage du monde, et les divers visages de l'espionnage, sur lesquels l'auteur de Millenium 4 vient récemment d'offrir une nouvelle et passionnante variation.

Avant de vous parler du roman il faut rappeller que le destin tragique d' Alan Turing qui avait réussi à décrypter le secret du codage des  des sous-marins allemands durant la 2 ème guerre mondiale avait été porté à l'écran dans le film IMITATION GAME. Un film d'une bonne facture qui retrace cette période de la vie du grand savant.

Donc ce film est un bon point de départ pour entrer dans la biographie de ce personnage passionnant.

Alan Turing était profondément original, cultivait une pensée propre. Il était aussi un peu asocial et ne se souciait pas de séduire son entourage professionnel ou d'être dans l'air du temps.

Voici ce que dit un internaute à propos du livre sur la page Babelio.

" Roman ? Polar historique ? Biographie ? «Indécence manifeste » de David Lagercrantz est un peu tout cela.
Le 7 juin 1954, Alan Turing est retrouvé mort sur son lit, à coté de lui une pomme croquée empoisonnée au cyanure. L'explication d'un suicide semble satisfaire tout le monde. Leonard Corell, jeune inspecteur chargé de l'enquête, ressent la nécessité d'investiguer plus à fond sur sa mort. Il reconstitue sa vie et découvre que Turing était homosexuel, ce qui était interdit à l'époque, et a été condamné à la castration chimique. En interrogeant son entourage, ses amis, ses collègues, il fait le portrait d'un homme seul, renfermé qui a du mal à se faire comprendre. Il découvre que Alan Turing était un génie en mathématiques et qu'il a joué un rôle essentiel - et très secret - pour les services secrets durant la guerre en fabriquant une machine qui permettait de casser les codes allemands. En reconstituant le mystère qui entoure Alan, c'est sur sa propre vie que Corell s'interroge.
Ce roman sans action ou suspense où se côtoient des personnages réels (Alan Turng, Robin Gandy, Ludwig Wittgenstein) et fictifs (Leonard Corell) arrive à nous captiver. Très bien documenté, il nous plonge dans les années 50, ces années d'après-guerre et aussi de guerre froide. La peur du communisme. L'intolérance. L'homophobie. David Lagercrantz met en lumière l'injustice qu'a subie Turing. Un bel hommage a cet homme considéré comme l'un des pères de l'informatique et de l'ordinateur. Un très bon roman historique."

Lagercrantz s'est beaucoup documenté sur les travaux de Turing pour sortir un livre d'une telle facture. Turing était absolument obsédé par les intelligences artificielles. Il peut être considéré comme un des précurseurs de ce concept car il avait pressenti que les machines pourraient atteindre des niveaux d'activités bien supérieurs à ceux des simples robots imitant de manière mécanique les actions humaines.

En fait Turing s'est tellement penché sur la question de l'intelligence qu'il a tenté de la redéfinir. C'est en cela que le roman atteint une dimension philosophique et métaphysique.

On est pris d'un certain vertige parfois pendant la lecture .On ressent le besoin de se ménager des pauses. 

Cette lecture n'est pas toujours aisée, et ceux qui sont versés dans les mathématiques capteront plus facilement le contenu de certains passages du livre, mais sans que ceux qui n'ont aucune notion ne perdent pied et ne puissent  comprendre le sens général des préoccupations qui guidaient Turing.

Ce polar est vraiment à part. Ce n'est pas une enquête au sens traditionnel du terme. Turing est parti en laissant derrière lui une grande part de mystère.

Le livre instruit le lecteur, l'interpelle, lui ouvre des horizons et lui fait se poser des questions.

Cette enquête nous parle d'une quête. Turing avait poursuivi toute sa vie son Saint-Graal...

Le circonstances tragiques de sa mort ne font qu'ajouter du mystère à cette quête.

Lagercrantz rend un magnifique hommage à Turing, à ce qu' a été sa vie, à la cruauté des souffrances terriblement injustes que lui a infligées la société de son époque, à son courage.

Turing a cultivé une profonde liberté, une liberté fondamentale. Il a suivi son étoile sans se laisser influencer par les pensées dominantes de son époque. En cela il a éte un héros scientifique extraordinaire.

Oui, la science a ses héros et Turing en était un.

INDÉCENCE MANIFESTE... un grand polar métaphysique!
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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 08:05

Bonjour les amis,

J'ai terminé hier la lecture de L'AFFAIRE ALASKA SANDERS, le dernier Dicker qui est déjà en tête des ventes en France.

L'auteur m'avait déçu avec LA DISPARITION DE STEPHANIE MAILER, et du coup j'avais fait l'impasse sur le livre suivant intitulé L'ENIGME DE LA CHAMBRE 622.

L' AFFAIRE ALASKA SANDERS est le 3 ème volet d'une trilogie dont j'avais lu les 2 premiers tomes qui sont LA VERITÉ SUR L'AFFAIRE HARRY QUEBERT et LE LIVRE DES BALTIMORE.

J'avais apprécié le premier volet et adoré le deuxième donc je me suis senti titillé, avec une grosse envie de lire L'AFFAIRE ALASKA SANDERS dont voici le synopsis.

 

Le retour de Harry Quebert
Avril 1999. Mount Pleasant, une paisible petite bourgade du New Hampshire, est bouleversée par un meurtre. Le corps d'Alaska Sanders, arrivée depuis peu dans la ville, est retrouvé au bord d'un lac.
L'enquête est rapidement bouclée, puis classée, même si sa conclusion est marquée par un nouvel épisode tragique.
Mais onze ans plus tard, l'affaire rebondit. Début 2010, le sergent Perry Gahalowood, de la police d'État du New Hampshire, persuadé d'avoir élucidé le crime à l'époque, reçoit une lettre anonyme qui le trouble. Et s'il avait suivi une fausse piste ?
Son ami l'écrivain Marcus Goldman, qui vient de remporter un immense succès avec La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, va lui prêter main forte pour découvrir la vérité.
Les fantômes du passé vont resurgir, et parmi eux celui de Harry Quebert.

A propos du dernier Dicker...

Avant de vous livrer quelques commentaires personnels je vais partager avec vous 2 critiques. Voici la première, très positive, d' Andromeda 69 sur la page de Babelio.

" J'ai totalement retrouvé le style de l'auteur. Pour commencer, il y a de quoi lire comme d'habitude, presque 600 pages ici, mais qu'on ne voit pas défiler. Puis, les aller-retours constants entre passé et présent qui donnent une certaine dynamique. Beaucoup de personnages aussi, tout comme beaucoup de détails et de faits qui tournent autour de l'intrigue, où l'on perçoit au premier abord une sorte d'imbroglio mais où l'auteur réussit à rassembler toutes les pièces sans jamais rien oublier.
L'intrigue, qui demande tout de même un minimum de concentration si l'on veut tout retenir, est superbement bien construite et menée. J'avais le cerveau en ébullition mais tellement tenu en haleine que j'ai quasiment tout lu d'une traite. La plume de l'auteur aidant, très agréable, fluide et appliquée."

Vous trouverez ci-dessous sur la page Babelio l'ensemble des commentaires assez enthousiastes des lecteurs.

Voici maintenant une critique de Cannibaleslecteurs qui est beaucoup plus proche de ce que j'ai ressenti moi-même à la lecture du roman.

Effectivement, j'ai été dès le départ ravi de me replonger dans l'univers de Marcus Goldman et de ses amis.

J'ai tout de suite été très accroché par les nouveaux personnages qui apparaissent dans ce roman. Contrairement à Cannibaleslecteurs, j'aime les dialogues de Dicker qui me paraissent toujours bien enlevés, rythmés, avec des répliques non dénuées d'esprit ou d'humour.

Le livre compte 572 pages et on va donc dire que je me suis régalé sur plus de 400. Le récit m'a happé et embarqué dans une aventure qui m'a permis de me déconnecter complètement de mon univers quotidien.

Le problème est que dans la dernière partie du roman  Dicker épuise son lecteur, surenchérit sur les fausses pistes et sur les rebondissements, et plus il le fait et plus son récit devient invraisemblable et plus la psychologie de ses personnages s'en ressent, devient peu crédible et trop contrastée.

Dommage ! Dommage car le roman promettait bien plus !

La lecture du livre est très agréable mais l'oeuvre reste finalement superficielle et n'atteint pas la grandeur ou la profondeur du LIVRE DES BALTIMORE.

L'affaire Alaska Sanders se termine sur une autre affaire non résolue qui sera sans doute l'objet du prochain roman de Dicker. Je le lirai probablement car je suis malgré tout assez accro à l'univers de Dicker.

Cet auteur agace parfois par ses procédés narratifs systématiques, par ses clins d'oeil trop insistants , mais il sait aussi camper des personnages attachants, capter l'attention de ses lecteurs et les séduire.

Et pour revenir à L' AFFAIRE ALASKA SANDERS, à chaque lecteur de se faire sa propre idée. 

Rarement les réactions entre les critiques littéraires et le grand public n'auront été aussi divergentes.

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 06:51

Bonjour les amis,

J'ai enfin pu voir avec quelques mois de retard l'adaptation qu'a fait Xavier Giannoli du grand roman de Balzac (le plus abouti selon Marcel Proust).

Tout a déjà été dit sur cette somptueuse adaptation. La bande-annonce ne trompe pas sur la marchandise. C'est une magnifique mise en scène, très enlevée, qui nous rappelle par certains aspects le AMADEUS de Milos Forman. D'ailleurs Giannoli utilise abondamment la musique pour donner du rythme à son film, pour nous faire passer des ambiances de fêtes les plus frivoles à des climats plus romantiques, voire dramatiques et ténébreux.

Les dialogues sont ciselés avec des mots qui font mouche.

Ce qui frappe le plus dans ce film c'est l'incroyable modernité de cette oeuvre qui vilipende le cynisme à la fois cruel et frivole d'une société où tout s'achète et tout se vend. Comme si Balzac avait bien compris toutes les tares qui continuent aujourd'hui encore de tarauder notre société, comme si il avait bien capté notre perte pour ne pas dire absence totale de valeurs morales.

Nous sommes durant la restauration de la monarchie, en pleine mouvance libérale. On assiste à la collusion entre le pouvoir politique et la presse, une presse qui n'hésite pas à manipuler l'information (à faire de l'infox ou à émettre des fake-news avant que le terme n'existe). A noter une utilisation très drôle dans le film de métaphores animalières avec des volailles telles que les canards, les pintades ou aussi les pigeons...

Ce film est aussi une peinture sociale cruelle qui fait apparaître le mépris de Paris pour la Province (qui visiblement ne date pas d'hier...), la différence entre ceux qui portent un nom à particule et les autres, le mépris social envers les comédiens et les comédiennes de théâtre qui sont à la fois adulées mais maintenues à distance des plus hautes sphères aristocratiques.

 

Alors les amis, il y a une question qui m' a taraudé pendant toute la projection. Je n'ai pas lu le roman de Balzac, or ce qu'on entend dans le film est si moderne que ça frise parfois l'anachronisme.

Quand Etienne Lousteau (joué par Vincent Lacoste) parle de ligne éditoriale du journal, je ne suis pas sûr que le concept existait à l'époque. Quand il affirme que tout ce qui est probable serait donné pour vrai dans son canard, je ne suis pas certain que le roman soit allé aussi loin dans la satire et la caricature. Bref, les dialogues m'ont paru si modernes (non pas tant au niveau de la langue utilisée mais des concepts abordés) que je n'ai pas arrêté de me poser la question de savoir si Balzac avait été aussi visionnaire.

J'ai enquêté sur le web pour trouver une réponse à cette question mais sans succés.

Alors, il ne me reste plus qu'une seule manière d'y répondre, c'est de lire moi-même le roman.

PS: En ce qui concerne l'interpétation de Benjamin Voisin en Lucien de Rubempré j'ai eu quelques difficultés au début du film, le trouvant un peu trop "bellâtre", voire inconsistant, pour ne pas dire "tête à claques"...mais, là encore, il faudrait avoir lu le roman pour savoir si Giannoli a été fidèle à Balzac.

ILLUSIONS PERDUES...à voir...et à lire.
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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 13:51

Bonjour les amis,

Je viens de terminer SEROTONINE, le dernier ouvrage de Michel Houellebecq que j'ai beaucoup aimé, même s'il se termine d'une manière plus amère que je ne l'espérais.

Alors pour vous présenter ce livre,  je vous renvoie à l'excellent article que Rosemar lui a consacré et, comme d' habitude, j'y ajouterai quelques commentaires personnels.

Tout d'abord parlons du style. Il me semble que Houellebecq a un peu changé son écriture et qu'il se lance souvent dans de très longues phrases qui rebondissent , virgules après virgules, tout comme la pensée de Florent qui se projette souvent assez loin dans le futur, et qui écarte, les unes après les autres, les fausses solutions qui se présentent à lui.

Le début du roman mêle drôlerie et dérision à une situation du narrateur qui est quand même assez glauque. Le rire est parfois salutaire : rions de notre misère pour ne pas en pleurer...Certains portraits de femmes sont tout simplement savoureux, notamment celui de Yuzu, la maîtresse japonaise. Il m'est souvent arrivé de pouffer de rire dans la première partie du roman.

Houellebecq change souvent de registre. Il peut commencer sur un ton badin et provocateur et d'un seul coup, nous balancer sans prévenir des passages très bien écrits, très pensés, d'une grande profondeur sur la nature de l'amour et de nos relations avec les femmes.

Quand il parle de "chattes" et de " bites" ce n' est jamais vulgaire et c'est toujours assez jubilatoire. Il sait nous toucher au plus profond de nos moteurs charnels.

Houellebecq joue la provo aussi, et beaucoup de ses affirmations péremptoires sont à prendre au second degré...Souvent, elles reflètent juste un fond de vérité. Seul lui peut se permettre d'écrire certaines phrases  politiquement très incorrectes en apparence.

Mais ce qui frappe le plus dans ce roman c'est l'enfermement du héros, qui prévoit et anticipe les futurs échecs qui l'attendent et qui préfère prendre la juste mesure de ses erreurs passées, qui sont en définitive assez irréparables.

Ce livre est aussi une réflexion sur notre liberté qui, lorsqu'elle se préoccupe trop de celle des autres, finit par nous projetter dans une solitude mortifère. L' isolement devient le prix de notre liberté, le lourd tribu que nous lui payons.

Le héros a besoin des femmes mais il ne tente jamais de tricher, ni de se les approprier de manière déloyale ou peu respectueuse de leur liberté. D'ailleurs, il n'applique pas à lui-même certains conseils qu'il donne à ses amis qui sont dans un état de dépression proche du sien. J' ai lu ici ou là que Houellebecq était  parfois mysogine : rien n' est plus faux. Au contraire, la femme et son sexe représentent pour lui la naissance du monde.

Le fond du roman est très noir car Florent se sent incapable de survivre sans l'aide de ses petites capsules de captorix ( un nouveau médicament mis sur le marché qui altère sa libido). 

Florent, frappé par l'état de notre monde et de nos relations sociales perverties par la marchandisation qui crée de nouvelles castes (voire de nouvelles aristocraties), ne peut y survivre que par des moyens artificiels.

Quand j'ai refermé la dernière page je me suis senti assez bouleversé, profondément remué par tant de lucidité sur notre condition humaine au XXI ème siècle.

Stressés, frustrés et isolés que nous sommes, avec le bonheur qui nous glisse irrémédiablement entre les doigts.

 

Sérotonine...ou quand la solitude et la dépression vous attendent au bout du chemin.

PS: En marge de ce roman, sa lecture m'a rappelé une info que j' ai lu récemment et qui m' a " frappé" comme aurait dit Coluche : Theresa May a créé un "ministère de la solitude" tant ce problème s'est converti en un fléau social au Royaume-Uni.

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 14:58

Bonjour les amis,

Avec " Le verger de marbre" d' Alex Taylor, on renoue avec la grande littérature policière, la meilleure qui soit, c' est à dire la littérature tout court.

Mais, avant de partager avec vous des commentaires personnels au sujet de cette oeuvre je vais laisser la parole ci-dessous à un internaute qui en parle très bien.

Toujours, pour vous mettre l' eau à la bouche, je vous invite à lire les critiques très pertinentes de IRIS29 et de CROSSROADS sur le lien ci-dessous, des critiques élogieuses auxquelles j'adhère à 100%.

Alors , je ne peux que confirmer les énormes qualités littéraires de ce court roman de 229 pages.

D' abord il y a l' environnement, le Kentucky profond, omniprésent, dont la nature imprègne et pétrit les caractères des personnages. Alex Taylor nous fait de très belles descriptions, très poétiques et aussi empreintes d' une extrême noirceur. 

Ses personnages sont imprégnés de croyances qui proviennent de la nuit des temps et ils interprètent, chacun à leurs façons, chaque manifestation de la nature, que ce soient les flots tourmentés de la Gasping River, le vol d' un vautour, où les gémissements du vent parmi les arbres.

L' accident tragique initial va dénouer des terribles tensions préexistantes entre tous les protagonistes qui vivent dans cette région rurale de manière ancestrale, avec leurs lourds secrets enfouis depuis toujours au fond de leurs mémoires. 

Et puis, il y aussi de vraies personnifications du Mal dans ce roman, notamment avec Doat Luncan, le caïd local vieillissant mais toujours aussi effrayant, qui semble vivre au dessus des lois, qui défie le shériff, et qui fixe ses propres règles contre lesquelles personne ne semble avoir assez de force pour pouvoir s' y opposer. Doat Luncan inquiétant à souhait, toujours accompagné par ses dobermans menaçants qui lui obéissent au doigt et à l' oeil.

Les dialogues sont très bien écrits et de manière très sobre. On est dans la cambrousse et on n' aime pas les bavards. Les sentiments s' expriment de manière minimaliste...Les mots sont souvent lourds de sens, et pleins de sous-entendus menaçants...

Et puis cette histoire échappe complètement à son cadre rural et prend une dimension à la fois tragique, universelle, mythologique et biblique aussi. C'est une histoire forte, âpre, avec des caractères très violents, et dans laquelle les liens de sang vont jouer un rôle prépondérant....Je n'en dirai pas plus.

Je vous laisse deux extraits pour que vous puissiez apprécier le style de l' auteur:

Voici d' abord une description :

Il se rallongea en regardant le ciel nocturne et sa pléiade d'étoiles qui lui donnaient l'aspect d'un tesson de faïence carbonisé, des éclats de lumière accumulée zigzaguant dans le vide, les queues de comètes maigrelettes soutenant la sombre coupole des cieux fissurés. Des étoiles s'éteignaient, là-haut. Des planètes étaient percutées, s'enfuyaient dans un lacis convexe et s'embrasaient en volutes troubles qui flamboyaient puis disparaissaient, mais lui était là, dans ce monde, à côté d'un feu dans la chaleur de la nuit

Et voici un un dialogue entre le shériff Elvis et un personnage trouble et provocateur:  

 "Mais je ne vous aime pas . Je pense qu'il faut que vous le sachiez . J'aime pas les choses que vous dites et j'aime pas votre façon de vous asseoir sur ma chaise . J'aime pas votre odeur et j'aime pas le fait que vous portiez un costume. Ça me rend nerveux et j'aime pas du tout être nerveux . (...)Je vais vous arrêter. (..)"
Seul le grincement de la chaise lui répondit .
Il leva les yeux , l'homme avait disparu...

Le verger de marbre...un puissant drame mythique au fin fond du Kentucky
Le verger de marbre...un puissant drame mythique au fin fond du Kentucky

PS: je vous mets en prime une photo que j' adore et dont l' ambiance est assez proche de celle du roman...

Le verger de marbre...un puissant drame mythique au fin fond du Kentucky
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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 18:09

Bonjour les amis,

Ça y' est ! Je viens de finir la lecture de La disparition de Stephanie Mailer, le dernier roman de Joel Dicker, un volumineux pavé de 640 pages.

En voici le synopsis :

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses.

Ce roman qui est un page turner est écrit avec des allers et venues incessantes entre 1994, époque du quadruple crime, et 2014, époque de la reprise de l'enquête.

Il y a de nombreux personnages, tous intéressants, ce qui donne l' occasion à l'auteur de multiplier à l' infini les fausses pistes.

A noter que les 4 ou 5 personnages principaux du roman se relaient de manière continue pour nous narrer en parallèle les deux enquêtes : la passée et la présente.

L' intérêt est toujours soutenu et chaque chapitre apporte une révélation qui permet au lecteur de compléter peu à peu cet énorme puzzle.

Il faut souligner la maestria avec laquelle Dicker sait bâtir une histoire et composer un tableau labyrinthique dans lequel on ne se perd jamais. De ce point de vue, la construction et l' architecture mathématique du récit est impressionnante.

Simplement, le roman est très long et on s' essouffle un peu parfois : le lecteur impatient que je suis n' a pas forcément envie d' arriver à la 630 ème page pour comprendre ce qui chiffonne le héros à la 15 ème... Par ailleurs, Joel Dicker accumule un nombre incroyable d' événements, de rebondissements, de péripéties et de coïncidences qui rendent globalement son histoire complètement improbable, profondément invraisemblable. 

En fait la trajectoire de chaque personnage prise indépendamment est crédible, mais l'accumulation de toutes ces péripéties autour de la disparition de Stéphanie Mailer ne l' est plus...Tous les protagonistes du roman ont vécu des événements exceptionnels qui sortent de la normalité : c' est ça qui surcharge le récit et qui le rend un peu trop rocambolesque et  "baroque".

Mais, malgré tout, le lecteur tient le coup car les caractères son bien définis, les personnages bien campés, et chacun d' entre eux nous captive avec sa personnalité, sa trajectoire et ses problèmes personnels bien spécifiques auxquels on s'identifie.

Joel Dicker, tout en n' entrant pas de manière trop approfondie dans la psychologie de ses personnages ( certains d' entre eux sont simplement esquissés, d' autres sont assez stéréotypés) nous en dit suffisamment pour que notre imagination fasse le reste et pour que notre intérêt se maintienne. Dicker sait accrocher le lecteur...

 

 A noter qu' il y a aussi un roman dans le roman : ici, c' est une pièce de théâtre qui doit être montée par un metteur en scène un peu excentrique et j' ai retrouvé dans ce livre un humour assez proche de celui de Woody Allen dans le film COUPS DE FEU SUR BROADWAY, avec des situations loufoques et un peu délirantes...

Le roman aborde plusieurs genres donc : le polar, la comédie, le vaudeville, la farce...

On peut considérer que les romans antérieurs de Dicker La vérité sur l' affaire Harry Québert et   l' Histoire des Baltimore sont des oeuvres littéraires mais par contre, avec La disparition de Stephanie Mailer c' est moins sûr.

Ce livre c' est avant tout un scénario, une narration dense, riche, mais avec peu de passages soignés d' un point de vue strictement littéraire. De nombreux dialogues sont plats, même si certains d' entre eux sont assez drôles quand même...

Ici, c' est l' histoire qui nous porte...le récit...l' enchevêtrement des événements et l'imagination décidément très fertile de l' auteur capable de créer de nombreuses sous-intrigues dans l' intrigue.

Le seul endroit du roman dans lequel j' ai trouvé une vraie qualité littéraire, une vraie patte de grand auteur, c' est quand l' agent de police Anna Kanner raconte sa tournée du matin dans la neige, avant que les habitants d' Orphea ne se réveillent...

Finalement, même si La disparition de Stephanie Mailer  n' est pas le meilleur des trois romans de Dicker que j' ai lus, je suis quand même content d' être allé jusqu'au bout et j' en ai aimé le dénouement. J' ai refermé la dernière page du livre avec satisfaction....Il est d' ailleurs très probable que je lirai le prochain roman de Dicker.

La disparition de Stephanie Mailer...

PS: Je vous mets en prime, la liste des principaux personnages du roman, et, comme dans tous les bon polars, le coupable est dans cette liste...

La disparition de Stephanie Mailer...
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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 07:59

Bonjour les amis,

En octobre 2015 j' avais écrit un billet pour vous dire tout le bien que je pensais du livre de Stephen King 22-11-63.

 

Maintenant cet épais roman est devenu une série en huit épisodes que je viens de visionner .

Et bien, disons-le tout de suite, cette l' adaptation télévisuelle est une réussite éblouissante très fidèle à l'esprit et au ton du roman.Cette série vous fera replonger avec délice dans l' atmosphère des années 60.

C' est tout simplement jouissif ! La production n' a pas lésiné sur les moyens pour offrir  une reconstitution fidèle de cette époque: ville entière, quartier de Dallas, lotissements bourgeois, collège américain, boite de strip tease, motels,etc...Par exemple, on se laisse porter avec plaisir dans une ambiance de fête lycéenne de fin d' année, avec les danses et musiques de l' époque, les costumes, etc...Les amateurs de belles voitures américaines aux formes généreuses et aux couleurs kitch en prennent plein les mirettes.

Tous les personnages secondaires apportent du corps et de la densité au récit.Leur psychologie est toujours très bien travaillée.Ils sont tous éclatants de vérité et d' authenticité, que ce soient les péquenauds du sud, les agents du FBI, le directeur du lycée, son assistante noire.

 Certains personnages sont effrayants, troubles et très inquiétants, tout comme dans le roman.

On replonge aussi dans l' esprit des années 60, la manière de parler, les préjugés,la bien-pensance,les conventions sociales, la naïveté aussi.Tout y est, et je me suis ré-ga-lé...

Tout est extrêmement soigné dans cette série, à commencer par le générique qui est une petite merveille d' esthétisme.

Le casting est impeccable.James Franco est un superbe Jake Epping plein de charisme.Il forme un des couples les plus romantiques et glamour qui soient avec Sarah Gadon: une Sarah Gadon qui est vraiment craquante et moderne, qui incarne à merveille l' américaine des années 60 que tout le monde avait envie d' épouser , séduisante et pleine d' élégance à la Grace Kelly.

 

 

22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !
22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !
22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !
22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !

Notons aussi l' excellente prestation de Daniel Webber qui incarne un Lee Harvey Oswald plus vrai que nature.On retrouve bien la manière d' être du personnage original,très sec, arrogant et cassant,psychologiquement très instable et obsédé par ses convictions idéologiques marxistes.

22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !

Le metteur en scène a retravaillé l' histoire, en changeant certains détails, en ajoutant des personnages, mais en conservant les grandes lignes du roman auquel il reste très fidèle dans l' esprit.

Du coup, ces changements apportés au livre original permettent même aux spectateurs qui comme moi ont lu le roman de rester scotchés à l' histoire jusqu' au dernier moment, jusqu' à la dernière seconde.

Que va t' il se passer ? On se ronge les doigts !

Et puis, il faut parler du dernier épisode qui est un vrai chef d' oeuvre.La reconstitution de l' ambiance qu' il y avait à Dallas le jour de l' attentat est époustouflante.Le metteur en scène a reconstitué de manière millimétrique, et à partir des images d' archives, tout l' environnement du théâtre du crime avec tous les personnages que nous connaissons: l' homme au parapluie, celui qui filme en super 8, la foule sur le parcours présidentiel.Tout y est, tout !

Jake Epping arrivera t' il à sauver JFK ? Je me garderai bien de répondre à cette question, mais sachez que la fin est géniale et originale.

Alors tous les épisodes n' ont pas le même intérêt.J' aime beaucoup les 3 premiers qui nous installent au coeur des années 60.Les épisodes 6 et 7 maintiennent le suspense, mais servent surtout à amener le 8 qui est époustouflant .

Là, je me suis dit que Stephen King ( qui a participé à la production) peut être fier du résultat.La série est à la hauteur de son livre.

Alors laissez-vous tenter et embarquer dans cette aventure pour aller essayer de sauver la peau de ce pauvre JFK.

Plongée historique époustouflante et vertigineuse.Amours éternels,aventures, rebondissements et émotions garanties.

22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !
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