Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 décembre 2021 4 09 /12 /décembre /2021 13:28

Bonjour les amis,

Je viens de prendre connaissance du dernier sondage sur le premier tour des élections présidentielles en France.

Le premier tour et ses paradoxes...

Il y a plein d'enseignements à en tirer mais, permettez d'abord à l'éxilé que je suis d'être surpris par la perte de poids de la gauche, toutes forces confondues. Même en comptant à gauche les voix des écolos (ce qui est loin d'être le cas) on se rend compte d'une perte nette énorme depuis le quinquennat de Hollande. Hollande, fossoyeur de la gauche?...Bin, c'est suite à son mandat qu'on constate une telle dégrigolade qui n'a  pas été conjoncturelle mais qui semble se maintenir solidement, 5 ans plus tard. 

J'aimerais attirer votre attention sur l'un des paradoxes de ce scrutin, indépendamment des préférences politiques de tout un chacun.

D'après ce sondage Mélenchon serait en 5 ème position et le seul candidat de gauche capable d'être présent au 2ème tour. On sait que Mélenchon est très bon en campagne, qu'il sait créer une dynamique qui le fait monter en puissance.

Il n' est qu'à 7 points de MLP qui est affaiblie par la candidature de Z.

Donc il est mathématiquement possible que Z permette, de par sa candidature, à la gauche d'être présente au second tour. Etonnant, non?

Théoriquement, sans Z, la gauche n' avait aucune possibilité, aucune carte à jouer, mais là, on se dit que ce n'est pas impossible.

Il n' y a qu'en France qu'on peut observer de tels paradoxes. Il est fort à parier que ce premier tour provoquera, tant à droite comme à gauche, des effets de VOTE UTILE, à savoir que beaucoup de personnes ne voteront pas forcément pour le candidat de leur choix mais pour celui qui a une chance d'arriver en finale...

Cela n'arrive jamais dans les autres pays de l'Union Européenne qui ont adopté des régimes parlementaires et non présidentialistes. En Espagne, par exemple, je vais toujours voter pour le parti que je préfère sans me prendre la tête, sans calculs.

Par contre, en France, c'est particulièrment pervers et tordu. Le premier tour ne reflètera pas vraiment avec exactitude les préférences des français, tout simplement à cause de la règle du 2 ème tour.

 

En fait, cette règle du 2 ème tour s'ajustait bien au bipartisme du XX ème siècle mais semble complètement inadaptée en cas d'éclatement de l'échiquier politique.

Maintenant, en 2021, l'élection présidentielle ressemble de plus en plus à une loterie...

Mais revenons à Z. Son irruption dans ce scrutin est vraiment déséquilibrante dans tous les sens du terme. Il peut être à la fois le bourreau ou le sauveur de MLP. En effet, sa candidature permet à l'extrême-droite de ratisser plus large, donc si MLP arrive à se maintenir on peut se dire que Z lui amènerait sur un plateau l'apport qui lui a toujours manqué dans la confrontation finale qui serait plus serrée qu'il y a 5 ans.

Alors quand je vous parle de loterie, le mot n'est pas exagéré.

Quel sera finalement  l'effet Z ?...bien difficile de savoir la réponse...mais pour revenir au thème de cet article, il n'est pas impossible que Mélenchon lui doive une fière chandelle: rien qu'en ce moment sa campagne est bien relancée, et ça , ça n'a pas de prix.

Le premier tour et ses paradoxes...
Partager cet article
Repost0

commentaires

R
Les sondages sont fluctuants et pas forcément fiables... Quant à la dégringolade de la gauche, elle est due au fait que les socialistes ont été au pouvoir et qu'ils ont fortement déçu... J'ai en mémoire la politique éducative sous Hollande : un désastre ! Je ne suis pas sûre que Blanquer fasse mieux.<br /> Je ne suis même pas sûre que les hommes politiques aient encore du pouvoir : l'économie, les questions budgétaires s'imposent souvent...<br /> Ce soir, Zemmour est sur la 2ème chaîne, et répond aux questions des journalistes : ses propos sont cinglants et forts (même si je ne suis pas convaincue par sa rhétorique ).<br /> <br /> Belle soirée, AJE
Répondre
A
Les sondages sont fiables au moment oú ils ont été faits mais ils ne prédisent pas le futur, ni l'évolution de la campagne. Je ne crois pas qu'il y ait dans cette élection-ci un vote occulte qui échapperait aux statisticiens. Donc je crois que cette photo prise à un instant t est assez juste.<br /> Le non-retour du PS à sa normalité électorale est quand même inquiétant et les remarques sur le quinquennat calamiteux de Hollande ne m'expliquent pas pourquoi 5 ans plus tard d' autres leaders n'ont pas redressé cette situation, ni pourquoi c'est la droite qui a bénéficié de cette chute.<br /> La gauche qui pourrait bénéficier de la candidature de Z...je ne l'ai lu nulle part...pourtant moi ça me saute aux yeux....C' est entre autres pour ça que j' ai fait cet article. Sans Z la gauche est totalement muselée et sous contrôle, alors qu'avec lui elle peut encore espérer...<br /> Bonne fin de soirée l'amie<br /> PS: je vais essayer de visionner le passage de Z à Antenne 2.
L
Moi j'ai vu hier aux infos les sondages du second tour, 52 pour Pecresse, et 48 pour Macron...<br /> Si on suit la règle du vote utile, il ne faut pas voter pour d'autres candidats au premier tour, ce serait inutile.
Répondre
A
Oui, c'est tout à fait ça...A l'époque du bipartisme on votait au premier pour le candidat de son choix et ensuite on éliminait au second tour celui qu'on ne voulait pas comme président. Là, maintenant, cette logique est complètement inefficace..Que peut espérer quelqu'un qui vote pour un candidat crédité moins de moins de 10% si ce n'est faire perdre quelqu'un pour qui il aurait voté au 2 ème tour.
M
Bonjour, ton analyse est intéressante.<br /> Ah la dégringolade du PS... Je pense que les gens ont été déçus par le quinquennat Hollande, c'est assez clair.
Répondre
A
Merci Mo pour toutes ces précisions qui m'aident à comprendre. C'est quand même édifiant cet héritage historique perdu sur un seul quinquennat...5 ans plus tard, personne au PS, aucune personnalité qui arrive à émerger pour regagner la confiance perdue...
M
Le PS a d'autant plus déçu que, après l'élection présidentielle et les législatives, le PS était majoritaire partout : l'Elysée, l'assemblée nationale et même le Sénat, les régions, les municipalités... Au point que la droite s'inquiétait de ce monopole. Bref, les gouvernants pouvaient faire absolument ce qu'ils voulaient et ils ont fait quoi? Du sociétal, mais quid du social?<br /> On ne s'étonne pas après ça de la désaffection des Français pour la gauche après toutes les promesses non tenues..
M
La gauche non PS est perçue par la majorité des gens comme extrême et parfois plus ou moins foldingo: EELV, LFI..
A
Ce qui est surprenant vu du dehors de l'hexagone c'est de constater que la degringolade du PS se traduit par une perte nette à gauche. Ces voix perdues du PS n'ont pas grossi d'autres partis de gauche mais sont allés à droite. Il y a une perte énorme entre blocs de plus de 12 points en faveur de la droite. Le fait que cette différence se maintienne dans le temps et n' ait pas été résorbée, le fait qu'il n' y ait pas de retour " à la normale" m'interpelle...