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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 07:21

Bonjour les amis,

Je viens de terminer le livre de Vanessa Springora intitulé LE CONSENTEMENT, et la première chose qui frappe l'esprit c'est qu'il ait fallu attendre 40 ans pour que ce livre nécessaire soit édité.

Springora y raconte comment elle a été victime de G.M. écrivain et prédateur sexuel qui bénéficiait de la complaisance du Tout Paris et du monde des Arts et des Lettres. Un prédateur qui se payait des voyages à Manille pour se taper des mineurs et qui se vantait ensuite de ses exploits lors de ses passages sur les plateaux télé de la capitale. Un prédateur qui avait fait l'apologie de la pédophilie dans son essai "Les moins de 16 ans".

LE CONSENTEMENT...ou quand un écrivain pédophile notoire est enfin publiquement dénoncé

Le CONSENTEMENT c'est l'histoire d'un piège qui se referme sur une jeune victime. Le livre de Springora nous explique très bien la dissymétrie profondément immorale qui existe entre une ado de 14 ans et un pédophile de 50 qui se fait passer pour un séducteur, c'est à dire à peu près la même dissymétrie qu'il peut y avoir entre le Loup et l'Agneau.

L'ado est à cet âge en pleine découverte de soi, de ses premiers émois et sentiments amoureux, de sa sensualité sous l'influence des signaux très forts que lui envoie son corps. L'ado ne peut envisager une relation avec une autre personne que sur la base d'un état amoureux très sincère alors que le pédophile lui n'est attiré que par la chair fraîche. Et pour s'en approprier, il embobinera sa victime dans un discours amoureux aussi faux que pervers. Bien évidemment l'ado n'a pas les moyens à cet âge-là de détecter l'imposture criminelle dont elle va être victime...

Le livre explique bien la stratégie particulièrement perverse, odieuse et préméditée avec laquelle G.M. amènera Vanessa dans son lit. Il la harcèlera de lettres, puis lui proposera un premier rendez-vous innocent en tout bien tout honneur : le piège tendu fonctionnera à la perfection. C'est tout simplement à vomir....et c'est d' autant plus à vomir qu'on a tous en tête le passage de G.M. à Apostrophes où il se vantait du "consentement" de ses victimes, où si c'est de justesse s'il ne se faisait pas passer pour un bienfaiteur de l'humanité. 

Bernard Pivot d'ailleurs vient de faire lui-aussi son mea culpa, et reconnaît ne pas avoir eu les mots adéquats durant son émission. Seule la canadienne Denise Bombardier avait réagi de manière indignée sur le plateau d'Apostrophes et avait fermement recadré G. M. en lui rappelant que dans son pays il serait en prison pour abus sexuels commis sur des enfants.

Le livre de Vanessa Springora permet de prendre conscience des séquelles et des conséquences définitives  du crime qui a été commis, comment Vanessa a été dépossédée de sa jeunesse, comment cette relation va perturber sa vie de femme et le rapport qu'elle aura ensuite avec les autres hommes de sa vie.

Enfin le livre nous parle aussi de l'incroyable complaisance coupable de l'entourage, à commencer par celle de la maman qui vivait séparée du père au moment des faits (...encore une fois les prédateurs savent bien profiter des pères absents...). Une maman qui, bluffée par G.M. auréolé de son image de "grand écrivain", n'a pas voulu voir l'ignoble piège dans lequel était tombée sa fille.

Mais on apprendra aussi que G.M. échappera à la brigade des mineurs qui n'enquêtera jamais sérieusement sur son cas, malgré des dénonciations anonymes. C'est tout simplement effarant.

Aujourd'hui les faits sont prescrits, et le livre de Springora est sa seule manière de dénoncer publiquement la véritable nature monstrueuse de G.M....C'en  est fini de sa postérité. Il restera dans notre mémoire pour ce qu'il a été : un affreux sagouin au sourire lubrique et concupiscent qui voulait se faire passer pour un esthète raffiné.

Le CONSENTEMENT c'est aussi une manière définitive de tordre le cou à tous ceux qui disent qu'il faut séparer l'homme de son Art. Aucun artiste n' est au dessus des lois...Aucun Art ne justifie le moindre crime, le moindre abus sexuel.

 

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commentaires

L
En attribuant le cesar du meilleur réalisateur à Polanski, que j'admire beaucoup depuis "Tess", on a aussi voulu séparer le pédophile de son art cinématographique...<br /> J'admire aussi Woody Allen, et je ne rate aucun de ses films...<br /> Il faut certes donner un prix à la performance, au travail d'un maisartiste, mais il faut aussi traiter judiciairement la déviance sexuelle avant sa prescription ! On peut très bien écrire des livres et des scénarios de films depuis une prison... C'est là qu'ils devraient être !
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A
D'accord avec toi. Rappelons quand même que le cas de GM est réellement plus scandaleux encore et que ni Allen ni Polanski n'ont jamais fait l'apologie de la pédophilie : en fait ils nient les faits même si on peut raisonnablement douter de leur bonne foi...
R
Ce qui est terrifiant, dans le cas de GM, c'est qu'il s'affichait comme un pédophile, écrivant des livres sur le sujet... auréolé de son titre d'écrivain, il se permettait les pires horreurs et on laissait faire... <br /> <br /> Belle soirée, AJE
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A
La complaisance dont a bénéficié G.M nous paraît tout simplement surréaliste aujourd'hui. G.M. a utilisé ses connaissances pointues sur la culture classique, et notamment sur les traditions sexuelles dans la Rome antique où de jeunes éphèbes prêtaient parfois des services sexuels à des hommes d' âge mûr, pour justifier ses propres agissements...G.M. se gardait bien de tout expliquer, et notamment que ces pratiques aujourd'hui condamnables l'étaient aussi dans le monde antique si le jeune éphèbe était un romain libre. G.M. a sans doute fini par croire à ce personnage qu'il s' était inventé d'esthète cultivé et raffiné, héritier d'une culture classique pré-chrétienne....Il a réussi à faire taire ceux qui y voyaient une ignoble imposture. Il a réussi également à profiter du mouvement de libération sexuelle des années 70 pour arriver à ses propres fins et faire impunément ses petites saletés...Aujourd'hui ce serait impensable, et il se retrouverait vite fait bien fait sous les verrous et aucun éditeur n'accepterait de publier un essai comme " Les moins de 16 ans"...Tout ça finirait devant des tribunaux. Le titre du livre de Springora est particulièrement bien choisi car il résume parfaitement la nature du piège que tendent les pédophiles quand ils sont intelligents. C'est bien le consentement qui, une fois obtenu sans violences, va tout permettre, tout justifier, y compris ce qu'il y a de plus abominable. Or obtenir le consentement d'une adolescente qui ne connaît encore rien de la vie n'est pas si difficile.<br /> Bonne fin de soirée l'amie
M
Je suis aussi indignée que toi et stupéfaite de la complaisance de l'entourage et des média envers ces authentiques prédateurs.<br /> J'ai le livre de Vanessa Springora mais je retardais le moment de le lire... <br /> Bon dimanche à toi, <br /> bises,<br /> Mo
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A
Ce livre à mon avis fait oeuvre de salubrité publique, autant pour avertir les ados et les protéger des " loups" potentiels, que pour mettre les pédophiles face à eux-mêmes, face à leur monstruosité. Qu'ils sachent et qu'ils comprennent les conséquences de leurs actes, et qu'ils n' essaient pas de laver leur conscience en se disant, comme le dit G.M. " Je suis amoureux..." C' est un alibi grotesque et criminel qui ne trompe personne. Un homme de 50 ans ne peut être réellement amoureux d'une créature encore très immature. Ce qui attirera l'homme de 50 ans sera purement et exclusivement charnel. Une jeune fille de 14 ans fera l' expérience de sa sexualité avec des garçons de son âge, ou juste un peu plus âgés....pas avec des vieux grigous libidineux.<br /> Bon dimanche Mo, et bonne lecture