Publié le 9 Avril 2026
Bonjour les amis.
Le semaine dernière je vous parlais ICI de Leonard Cohen et aussi d'une chanson de Murray Head que le public francophone n'avait pas bien comprise.
Aujourd'hui je vais compléter avec une chanson anglaise que le public anglophone interprète souvent de manière un peu erronée, ce qui est plus singulier.
HALLELUJAH est une chanson de Leonard Cohen dont beaucoup de personnes pensent qu'elle est profondément religieuse alors que ce n'est pas tout à fait le cas.
Commençons par le titre Hallelujah (Alléluia) : mot hébraïque signifiant "Louez Jéhovah" (un des noms de Dieu) il est prononcé pour exprimer l'allégresse des fidèles (Halle lu : louez le; Jah : Jehovah).
Mais avant d'entrer dans le détail du texte je vous mets d'abord en lien les paroles originales en anglais, suivies d'une traduction française (de Leonard Cohen en personne) ainsi que 2 vidéos.
https://genius.com/Leonard-cohen-hallelujah-lyrics
https://www.paroles.net/leonard-cohen/paroles-hallelujah-traduction
Mon ami L'Hatem m'a envoyé une vidéo que je joins ci-dessous et qui réexplique le sens que Cohen voulait donner à cette chanson.
Les explications sont en espagnol, donc j'ai traduit ensuite moi-même l'essentiel du texte de la vidéo en français au cas où vous ne le comprendriez pas.
Voici une traduction approximative de ce que dit le locuteur:
"Et si je vous dis que Hallelujah n'est pas une chanson sur Dieu ? Cohen l'écrivit durant des années, pas des jours, des années. Plus de 80 vers et des dizaines d'autres qui ont été écartés, jusqu'à garder une version qui n'explique pas mais qui insinue. L'industrie discographique ne le comprit pas de cette manière car elle cherchait la foi et Cohen parlait d'autre chose, de LA CHUTE.
Now I've heard there was a secret chord (J'ai entendu dire qu'il y avait un accord secret).
C'est intime. C'est l'idée qu'il existe une forme parfaite d'aimer mais personne ne sait comment la rencontrer.
Et alors apparaît le premier symbole : David, roi, puissance, foi, mais aussi désir.
You saw her bathing on the roof (Tu l'as vue se baigner sur le toit)
C'est l'histoire de David et Bethsabée quand le désir rompt la morale.
She tied youTo a kitchen chair (Elle t'a attaché à une chaise de cuisine)
Ce n'est pas littéral, c'est une reddition. C'est quand l'amour n'est plus un choix mais se convertit en dévouement forcé, émotionnel.
Maintenant arrive le second symbole avec Samson.
She broke your throne, and she cut your hair (Elle a brisé ton trône, et t'a coupé les cheveux)
Samson perd sa force non par faiblesse mais pour avoir confiance, pour aimer.
Et ceci est la clé. Hallelujah ne parle pas de la religion mais utilise la religion comme une métaphore pour parler des relations, de ce qui se produit quand vous aimez, quand vous désirez, quand vous perdez le contrôle.
Et nous arrivons au vers le plus important.
Love is not a victory march ( l'amour n'est pas une marche victorieuse).
It's a cold end it's a broken halleluyah (C’est un froid et c’est un meurtri Alléluia)
Car la chanson ne parle pas d'un amour idéal mais de cycle, de désir et de connexion., rupture et acceptation.
Allelujah n'est pas allégresse mais résignation: les choses ne se sont pas passées comme je l'espérais mais je l'accepte et ça convertit la chanson en quelque chose de plus humain...il n'est pas nécessaire de croire en Dieu pour comprendre la chanson mais juste simplement d'avoir aimé et d'avoir perdu.
Un dernier détail. La chanson fut rejetée par la compagnie discographique qui ne croyait pas en elle.
Voici également un très bon podcast de France Musique qui précise que Leonard Cohen s'adresse dès le début à une femme qu’il a connue, qu’il a aimée et qu’il ne voit plus.
C'est une chanson triste et joyeuse, sacrée et profane. Hallelujah est un hymne étrange et ambivalent, une ode à la musique et à ses pouvoirs mystérieux.
Hallelujah de Leonard Cohen : un hymne ambivalent
C'est une chanson triste et joyeuse, sacrée et profane. Hallelujah est un hymne étrange et ambivalent, une ode à la musique et à ses pouvoirs mystérieux.
Voici enfin, et pour me résumer, une synthèse que m'a envoyée un très bon ami de ma chorale.
Hallelujah » de Leonard Cohen, c'est un hymne complexe qui mêle des références bibliques (David, Samson) à des thèmes terrestres tels que l'amour, le sexe, le désir et la souffrance existentielle. Plus qu'un chant religieux, c'est une célébration de la vie malgré ses imperfections (« alléluia brisé »), acceptant le chaos et la fragilité humaine comme faisant partie intégrante d'une véritable expérience spirituelle.
Signification d'Alléluia : Cohen utilise le terme hébreu (louange à Dieu) non pas comme une prière traditionnelle, mais comme un cri de survie et d'acceptation après un échec amoureux ou émotionnel.
La chanson évoque l’histoire de David et Bethsabée (désir/péché) et de Samson et Dalila (trahison/fragilité), explorant la tension entre la foi sacrée et la passion profane.
« Alléluia brisé » : Les paroles soulignent que les alléluia triomphants ne sont pas les seuls valables ; même un alléluia empli de doute, froid et « brisé » est une expression honnête et sacrée de l’expérience humaine.
Évolution : Bien que sortie en 1984 et initialement rejetée par sa maison de disques, il lui a fallu des années pour la finaliser, avec des dizaines de couplets, pour finalement devenir un hymne universel d'introspection et de rédemption.
Je terminerai en vous disant que votre serviteur a eu plusieurs fois l'occasion de chanter ALLELUJAH avec sa chorale, et notamment lors d'un mariage. Je ne suis pas sûr que les époux qui nous avaient expréssement demandé cette chanson avaient saisi toute cette souffrance dont parle Cohen dans son texte.
Quoiqu'il en soit c'est un énorme plaisir pour un choriste de chanter ça dans une église. Ça s'interprète comme un gospel. On se laisse aller avec ferveur, en étant emplis d'un sentiment de plénitude, d'acceptation et de paix avec soi-même.
Voici une de nos interprétations datant de 2018.
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