procureur de l'etat

Publié le 24 Novembre 2025

Bonjour les amis,

C'est un procès bien singulier et complètement inédit qui a secoué l'Espagne durant ces dernières semaines. Je vous résume brièvement.

Álvaro García Ortíz,  procureur général de l'Etat (nommé par le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez), aurait fait fuiter des documents concernant Alberto Gónzalez Amador, le compagnon sentimental d'Isabel Diaz Ayuso, la présidente de droite de la communauté de Madrid. Alberto Gónzalez Amador est accusé de fraude fiscale présumée et de falsification de documents. 

La suite est sur le lien ci-dessous.

C'est un dossier complexe et le procureur a été condamné sans qu'il y ait eu devant la cour l'apport d'une preuve formelle et indiscutable de culpabilité. Il est à noter que trois journalistes qui ont publié cette fuite ont affirmé durant le procès que la source ne provenait pas des services d'Álvaro García Ortíz.

Par ailleurs cette décision du tribunal est loin de trancher définitivement la question car la condamnation a été obtenue à 5 voix pour et 2 voix contre, et donc sans unanimité des magistrats.

Pour qu'une sentence aussi grave qui condamne un haut-magistrat soit comprise et acceptée par l'ensemble de la citoyenneté il aurait été souhaitable qu'elle eût été prise à l'unanimité.

Si les magistrats ne se sont pas mis d'accord ce n'est certainemement pas la classe politique qui le fera.

Quant à Pedro Sánchez il a assuré dimanche continuer de croire en "l'innocence" du procureur général de l'État tout en assurant respecter cette décision de la justice.

"Dans une société démocratique comme c'est le cas en Espagne (...), nous pouvons exprimer nos divergences quant à l'orientation de ce jugement, et je l'exprime, et je l'exprime parce que je crois en l'innocence du procureur général", a déclaré le dirigeant socialiste lors d'une conférence de presse à Johannesburg, où il a participé au sommet du G20.

Il a également dit attendre la communication du jugement détaillé pour l'étudier et voir si elle contient des éléments "controversés" qui pourraient justifier un recours devant d'autres instances, comme le Tribunal constitutionnel.

Cette affaire a malheureusement écorné les institutions et le respect de la séparation des pouvoirs.

Personnellement je n'ai pas suivi de près le procès qui était "techniquement un peu compliqué" mais, par contre, je suis témoin direct de l'impact très clivant sur la société espagnole de cette décision de justice.

L'électorat de droite jubile certes, mais le peuple de gauche est scandalisé par une sentence qu'il considère très politique.

La conséquence est donc qu'aujourd'hui très nombreux sont ceux qui soutiennent le procureur et qui voient en lui une victime expiatoire.

A tel point que hier il y a eu une manifestation de plusieurs centaines de personnes devant le tribunal suprême de Madrid à l'appel de collectifs et de syndicats pour soutenir García Ortíz qui s'est vu dans l'obligation de présenter sa démission ...Ça aussi, c'est du jamais vu après une sentence judiciaire !

Regardez ces photos ci-dessous...Rarement une décision de justice n'aura provoqué de tels remous et aura fait tout, sauf clarifier.

PS: J'ai entendu sur une radio espagnole un journaliste demander à Ramon Espinar (du parti d'extrême-gauche PODEMOS) ce qu'il avait pensé à l'annonce de cette sentence.

Il a répondu 2 choses:

1.- Je ne peux pas vous dire ce que j'en ai pensé sur le moment car si je le faisais je  commettrais un délit.

2.- J'attends toujours de savoir exactement de quoi le procureur est accusé...

Le 2 ème point de la réponse d'Espinar s'explique par le fait que la sentence de condamnation a été connue avant que ne soit publié le rapport détaillé des motifs qui expliquent cette sentence.

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