poesie

Publié le 14 Novembre 2025

Bonjour les amis,

Aujourd'hui un bon copain m'a envoyé une chanson que je m'empresse de partager avec vous.

Il s'agit de HALLEY CAME TO JACKSON de la chanteuse Mary Chapin Carpenter, née en 1958 aux Etats-Unis. C'est une chanson qui nous raconte de manière assez merveilleuse l'arrivée de la comète Halley en 1910 lorsque la narratrice n'était qu'un bébé choyé par son papa sur le porche de la maison familiale dans la ville de Jackson. La narratrice, à la fin de la chanson, se souvient de ce moment béni quand la comète revient en 1986. Cette chanson c'est tout simplement un petit joyau de pur bonheur !

Le style musicale est country, tendance du blue grass, et la jeune youtubeuse Elle Cordova interprète cette chanson avec beaucoup de fraîcheur. 

La voici donc ci-dessous, suivie du texte original ainsi que d'une traduction française.

Enjoy it !

Late one night when the wind was still Daddy brought the baby to the window sill To see a bit of heaven shoot across the sky The one and only time daddy saw it fly
It came from the east just as bright as a torch The neighbors had a party on their porch Daddy rocked the baby, mother said amen When Halley came to visit in 1910
Now, back then Jackson was a real small town And it's not every night a comet comes around It was almost eighty years since its last time through So I bet your mother would have said amen too
As its tail stretched out like a stardust streak The papers wrote about it every day for a week You wondered where it's going and where it's been When Halley came to Jackson in 1910
Now daddy told the baby sleeping in his arms To dream a little dream of a comet's charms And he made a little wish as she slept so sound In 1986 that wish came 'round
It came from the east just as bright as a torch She saw it in the sky from her daddy's porch As heavenly sent as it was back then When Halley came to Jackson in 1910
And late one night when the wind was still

Tard une nuit quand le vent était encore
Papa a amené le bébé sur le rebord de la fenêtre
Pour voir un peu de paradis traverser le ciel
La seule et unique fois que papa l'a vu voler
Il venait de l'est tout aussi brillant qu'une torche
Les voisins ont organisé une fête sur leur porche
Papa a bercé le bébé, la mère a dit: "Amen"
Quand Halley est venu visiter en 1910
[Verset 2]
Maintenant, à l'époque, Jackson était une vraie petite ville
Et ce n'est pas tous les soirs qu'une comète arrive
Il y avait près de quatre-vingts ans depuis sa dernière apparition en
Alors je parie que ta mère aurait dit amen aussi
Comme sa queue s'étirait comme une traînée de poussière d'étoile
Les journaux en ont parlé tous les jours pendant une semaine
Ils se sont demandé où ça allait et où ça allait
Quand Halley est venu à Jackson en 1910
[Verset 3]
Maintenant papa a dit au bébé endormi dans ses bras
Rêver un petit rêve des charmes d'une comète
Et il a fait un petit voeu alors qu'elle dormait si profondément
En 1986, ce souhait est venu
Il venait de l'est tout aussi brillant qu'une torche
Elle l'a vu dans le ciel depuis le porche de son papa
Aussi céleste envoyé qu'il l'était à l'époque
Quand Halley est venu à Jackson en 1910
Tard une nuit quand le vent était encore ...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Blue grass, #Mary Chapin Carpenter, #Chanson, #Country, #Folk, #Poésie, #merveilleux

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Publié le 29 Septembre 2025

Bonjour les amis,

Alors que hier encore nous bénéficions d'une magnifique journée ensoleillée dans le sud-est de l'Espagne, aujourd'hui c'est sous un déluge de pluie que je vous écris ces lignes.

L'alerte rouge est donnée dans la région de Valencia et dans le sud de la Catalogne.

Espérons que nous échapperons aux tempêtes dramatiques qui provoquèrent l'année dernière des inondations particulièrement meurtrières.

L'orage...

Pendant que les éléments se déchaînent donc, je réentend dans mon esprit L'ORAGE, une vieille chanson de Dick Annegarn que j'aime bien et qui me revient en mémoire parfois, comme c'est le cas aujourd'hui.

Dick Annegarn est né en Hollande et il a donc une manière très particulière d'écrire des textes en français. Il ose des associations de mots et d'images surprenantes et improbables parfois que les francophones d'origine n'oseraient pas faire et il inclut aussi des onomatopées qui lui sont propres.

Je vous invite à vous laisser porter par sa poésie hors-norme, décalée et inclassable.

Voici son orage ci-dessous.

Les paroles de la chanson "L'Orage" de Dick Annegarn font référence à une tempête qui éclate, symbolisant une colère soudaine et une force déchaînée. Le terme "orage" peut représenter la violence des sentiments, l'irruption d'une colère ou une situation chaotique qui prend le dessus. Le titre lui-même suggère un phénomène météorologique qui peut être interprété comme une métaphore d'une perturbation émotionnelle ou d'un événement soudain et violent. 

Voici quelques interprétations possibles des paroles :
La colère libérée : l'orage peut symboliser la libération d'une colère longtemps refoulée, une explosion de sentiments qui se manifestent violemment.
Le chaos et la destruction : Il peut aussi représenter une période de chaos, de destruction, où la raison est submergée par la force des éléments.
Un tournant soudain : "L'Orage" peut également évoquer un événement inattendu, un tournant brutal dans une vie ou une situation, qui change tout.
La nature et ses forces : plus littéralement, il s'agit de l'expression de la puissance de la nature, un événement qui bouleverse tout sur son passage.

Petit extrait des paroles:

"Rassemblez les nuages et à mon signal
Larguez l'orage !
Éclair lumière descend sur terre
C'est la victoire du blanc sur le noir
Choeurs chantez ! Alléluia, olé, hourra

Eclate tonnerre, déclame ta colère..."

C'est exactement ce que je ressens en ce moment même...

Alors, allez-y les éléments ! Déchaînez-vous !...Il faut que ça pète !...Je suis bien d'accord. Enfin, je ne suis pas contre...

Je serai patient et saurai attendre l'accalmie.

 

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Publié le 25 Octobre 2024

Bonjour les amis,

Aujourd'hui j'ai envie de partager avec vous un article qui aborde la thématique du miroir dans la littérature.

Voici donc d'abord sur le lien ci-dessous cet article écrit en valencien qui est une langue qui appartient à la même famille que le Catalan et le Majorquin. J'ai accompagné l'article original d'une traduction en français au cas oú vous ne seriez pas familiarisé avec la langue d'Ausiàs March. 

https://lletraferit.com/literatura/mistica-de-lespill/

Traduction

Il n’y a qu’une seule chose dans la vie que nous ne pouvons contempler : nous-mêmes. Nous nous voyons sur des photographies, dans la partie convexe des cuillères, dans des boutons brillants et, surtout, dans des miroirs, mais cette personne ne sera jamais nous, mais un reflet, exactement inversé, la plupart du temps, par rapport à ce que nous sommes dans la réalité.

La relation entre les hommes et les miroirs remonte au Néolithique, lorsque les pierres d'obsidienne étaient polies. Elle a été perfectionnée en Méditerranée au XIVe siècle : les verriers de l'île vénitienne de Murano ont découvert comment combiner un mélange d'étain et de mercure pour produire une surface hautement réfléchissante. Le résultat fut le miroir, qui changea à jamais la façon dont nous nous percevons. A partir de ce moment, nous ne nous contentons plus de nous regarder, mais nous scrutons avec surprise le monde inaccessible qui se déroule sous nos yeux et qu'il nous est interdit de connaître.

Cette limitation n’a pas arrêté les écrivains qui ont imaginé ces mondes. Dans LE LIVRE DES ÊTRES IMAGINAIRES , Borges recueille une légende chinoise selon laquelle les personnes que nous voyons reflétées sont des esclaves forcés (par une magie qui s'affaiblira progressivement) de se répéter. Et il viendra un moment où ils nous envahiront pour se venger. La liste des miroirs dans l'œuvre de l'auteur argentin est interminable et fait presque toujours référence à un monde inquiétant qui nous attend. Les gérants de LA BIBLIOTHÈQUE DE BABEL en ont un dans chacune des salles : « Les hommes déduisent généralement de ce miroir que la Bibliothèque n'est pas infinie [...] Je préfère rêver que les surfaces brunies apparaissent et promettent l'infini ». Les miroirs de Borges promettent aussi le pire des malheurs, comme dans LE MIROIR D'ENCRE ( El espejo de tinta)  ou LES MIROIRS VOILÉS (Los espejos velados) .

Les superstitions sur les miroirs traversent tous les continents et toutes les civilisations. Des bébés qui ne devront pas se regarder dans le miroir jusqu'à l'âge d'un an pour éviter de devenir bègues, jusqu'aux aux personnes qui seront hantées par la malchance pendant sept ans si elles brisent un miroir. Je soupçonne que cette dernière croyance est née de la propre corporation de fabricants de miroirs (qui nous ont laissé le nom de famille Miralles ) afin que les apprentis manipulent avec soin des objets aussi coûteux. Les Grecs utilisaient la catoptromancie pour deviner l'avenir dans des miroirs, et plus près dans le temps, John Dee , l'occultiste d' Elizabeth I d'Angleterre , parlait aux esprits à travers un miroir aztèque : Le miroir fumant est précisément la traduction littérale de Tezcatlipoca , la principale divinité parmi les Toltèques et les Mexicas.

Jonathan Harker découvre la nature surnaturelle du comte Dracula à travers un miroir en pied. Là où le vampire n'aurait pas été reflété, c'est dans les deux miroirs magiques les plus connus de la littérature : celui de la belle-mère de Blanche-Neige et celui de Galadriel . Le premier donne le pouvoir de trouver la plus belle personne et le second, tel un Aleph de poche, de voir tout ce qui s'est passé, se passe et se passera.

Les plus intéressants, en tout cas, sont les mondains, car leur absence totale de mysticisme les rend plus dangereux. Ils sont le miroir que Richard II de Shakespeare demande pour vérifier les outrages du temps sur son visage, qui finit par tomber au sol, se brisant en mille morceaux, tout comme celui que Dorian Gray utilise pour contrôler sur son visage son vieillissement. Dr Jekyll a utilisé un miroir pour observer sa douloureuse transformation en M. Hyde et Tirant el Blanc y a recours pour déclarer son amour à Carmesina . Ainsi, la fascination pour notre propre reflet à travers un objet que Sylvia Plath disait être « l’œil d’un petit dieu à quatre coins » s’est accrue .

Je me permets d'ajouter un extrait du très beau texte de Sylvia Plath auquel l'auteur de l'article fait référence.

https://revuemiroir.fr/miroir-de-sylvia-plath/

Voici un autre article intéressant si le thème du miroir dans l'Art vous intéresse.

https://artifexinopere.com/blog/interpr/peintres/dali/le-miroir-panoptique/

Young Woman Before a Mirror (1887) de William Merritt Chase

Young Woman Before a Mirror (1887) de William Merritt Chase

PS: Et puis, pour terminer sur une petite note d'humour, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous ce modèle de miroir que j'affectionne particulièrement...un modèle qui est, pour moi, largement suffisant...🤣

Mystique du miroir...

PS nº 2  . A propos de tableaux dans lesquels apparaissent un miroir, voici LES ÉPOUX ARNOLFINI du peintre flamand Jan Van Eyck (1431) Londres. 

je ne crois pas en la réincarnation mais comment ne pas voir dans ce tableau un personnage maléfique actuel qui cause la mort, la destruction et la désolation en Ukraine...

Mystique du miroir...
Toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant déjà existé serait...etc...etc...

Toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant déjà existé serait...etc...etc...

Détail du miroir très soigné par le peintre...

Détail du miroir très soigné par le peintre...

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Publié le 17 Septembre 2024

Bonjour les amis,

Hier je vous faisais part (pratiquement en temps réel et de manière instantanée) de la vive émotion provoquée par ma découverte très tardive d'Allain Leprest.

C'est sur ce lien-ci.

http://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2024/09/le-temps-de-finir-la-bouteille.html

Aujourd'hui je reviens vers vous pour vous présenter  IL PLEUT SUR LA MER, un autre texte absolument bouleversant de ce poète du Nord...

 

Il pleut sur la mer

Il pleut sur la mer et ça sert à rien

Qu’à noyer debout le gardien du phare

Le phare, y a beau temps qu’il a plus d’gardien

Tout est électrique, il peut bien pleuvoir

Aujourd’hui dimanche

Sur la Manche

Il pleut sur la mer, c’est bien inutile

Ça mouille la pluie, c’est du temps perdu

Les mouettes s’ennuient, blotties sous les tuiles

Il tombe des cordes et l’eau s’est pendue

Aux plus hautes branches

De la Manche

Il pleut sur la mer et ça sert à rien

A rien et à rien, mais quoi sert à quoi ?

Les cieux, c’est leur droit d’avoir du chagrin

Des nuages indiens vident leur carquois

C’est l’été comanche

Sur la Manche

Il pleut sur la mer, l’eau, quelle imbécile !

A croire que la mer se pisse dessus

Saborde ses ports, ses cargos, ses îles

T’as l’air d’un moineau sous mon pardessus

D’une corneille blanche

Sur la Manche

Il pleut sur la mer et ça nous ressemble

De l’eau dans de l’eau, c’est nous tout crachés

Et nos yeux fondus au cœur de septembre

Regardent rouler des larmes gâchées

Curieuse avalanche

Sur la Manche

Il pleut sur la mer, c’est con comme la pluie

Peut-être c’est nous qui sommes à l’envers

L’amour a des nœuds plein sa mise en plis

Ça nous fait marrer, il pleut sur la mer

Aujourd’hui dimanche

Sur la Manche

Il pleut sur la mer...

Cécile Prévost-Thomas s'est entretenue avec Antoine Sénanque sur les liens de chansons, de lettres et d'amitié qu'il entretenait avec l'auteur-interprète Allain Leprest qu'il considère comme “le plus grand poète de ces dernières années”.

Extrait de cette interview avec une des réponses de Sénanque:

" - Oui, les textes m’ont le plus touché, mais aussi la voix, sa manière d’exprimer ses textes, l’espèce d’adéquation entre cette voix rocailleuse, fêlée et la rocaille et la fêlure qu’il y avait aussi dans ses textes, une espèce d’harmonie totale, ce type de force à laquelle je suis très sensible, qui est quand même la force du désespoir, de l’abîme. Ce sont des choses qui font résonance en moi : c’est avant tout par les textes et la force des textes que j’ai accroché avec Allain Leprest, c’est certain !..."

Voici sur ce lien-ci l'interview complète.

https://journals.openedition.org/fixxion/5573?lang=en

 

Il pleut sur la mer...

PS: Un peu en marge du poème d'aujourd'hui.

il existe en Espagne une expression qu'on entend fréquemment et dont je ne connais pas l'équivalent français. Il s'agit de "LLUEVE SOBRE MOJADO"  qui, traduit mot à mot, donnerait " il pleut sur un sol déjà mouillé"

C'est une expression employée quand une situation est déjà compliquée par elle-même et que les circonstances actuelles viennent en rajouter une couche...comme une averse sur un terrain déjà saturé et inondé...

Par exemple on peut utiliser cette expression pour parler de l'Ukraine déjà victime du désastre écologique de Tchernobyl qui subit maintenant les désastres écologiques de la guerre.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Chant, #Poésie, #Allain Leprest, #Musique, #Littérature, #Chanson française

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Publié le 16 Septembre 2024

Bonjour les amis,

le fait de ne plus vivre en France depuis des décennies a fait que je suis fatalement passé à côté de certains artistes qui n'avaient pas de projection internationale en dehors du monde francophone. J'écoute pour la première fois aujourd'hui Allain Leprest interpréter LE TEMPS DE FINIR LA BOUTEILLE et je suis vraiment ému...Et, en même temps que je le découvre, j'apprends aussi que ce poète écorché nous a quitté trop tôt.

https://www.youtube.com/watch?v=uJfZrTduhuE

Les paroles de cette admirable chanson sont sur ce lien.

https://www.paroles.net/allain-leprest/paroles-le-temps-de-finir-la-bouteille

Donc au moment oú je découvre un astre qui illumine mon ciel j'apprends en même temps que cet astre s'est déjà éteint, ce qui est franchement triste.

Je me consolerai en découvrant l'oeuvre de Leprest dans les jours qui viennent. Les artistes et les poètes ont au moins cette chance d'être éternels...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Chanson, #Allain Leprest, #musique, #chanson française, #poésie

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Publié le 10 Décembre 2023

Bonjour les amis,

J'ai fini hier soir la lecture de Au fin fond de décembre, un polar signé Patrick Conrad.

Voici le résumé de l'éditeur :

Après avoir tué le mauvais suspect du viol et meurtre de sa fille, l’ancien inspecteur de police Theo Wolf sort de prison. Désormais devenu exterminateur de rats, il découvre le cadavre putride d’une femme lors de sa première mission. Complètement fasciné par cette femme, Wolf se lance dans une enquête qui l’entraînera dans les recoins les plus tordus et sordides d’Anvers…
Déployant une enquête aux rebondissements aussi abracadabrantesques que sordides, Patrick Conrad signe un roman noir décadent et singulier à l’humour tranchant et pervers.

 

Au fin fond de décembre...un polar onirique, très noir et jubilatoire aussi.

Voici maintenant ce qu'en dit JP Guery sur la fiche babelio consacrée à ce roman:

"... Baignant dans une atmosphère onirique oppressante, ce roman du méconnu Patrick Conrad (écrivain, poète, plasticien et cinéaste belge) se déroule presqu'exclusivement dans l'obscurité inquiétante des nuits d'Anvers. D'immeubles minables en boites de nuits ringardes, d'hôtels miteux en bouges infâmes, l'ex-flic investi d'une mission quasi divine explore les tréfonds d'âmes humaines ravagées par la solitude et le manque d'amour. Impressionnant de noirceur !..."

https://www.babelio.com/livres/Conrad-Au-fin-fond-de-decembre/1563047

J'ajouterais juste qu'il ne s'agit pas du tout d'un polar dont la trame est compliquée avec des rebondissements toutes les cinq pages. Non, ici c'est du polar à l'ancienne, et ce sont les lieux, les ambiances très soigneusement décrites (y compris avec leurs odeurs) et les personnages que croise Théo Wolf qui captivent le lecteur.

Ces personnages sont souvent très attachants, peu épargnés par la vie, et ils affrontent la solitude chacun à leur manière, du mieux qu'ils peuvent. D'autres, parmi les protagonistes de cette histoire, sont moins affables et sympathiques mais leurs  travers sont traités avec une bonne dose d'humour et d'ironie.

Patrick Conrad maîtrise parfaitement sa narration, avec des dialogues très bien écrits qui donnent beaucoup de réalisme et de justesse à son récit, un récit dans lequel s'intègrent les rêves de Théo Wolf qui bousculent la perception que le lecteur a de la réalité. Ces rêves, à la fois surréalistes et hallucinés, apportent aussi une certaine forme de poésie à son histoire qui est une sorte de mortelle randonnée très onirique.

Il y a parfois des accents baudelairiens dans Au fin fond de décembre  (voir le poème de Baudelaire " La Charogne" par exemple).

Le roman est également original et surprenant, mais je ne révélerai pas certains éléments du récit qui sont troublants et parfois même très glauques, mais qui passent très bien sous la plume de l'auteur qui sait très bien nous mettre dans l'état d'esprit de ce qui guide le comportement pour le moins étrange de Théo Wolf.

Et puis il y surtout l'humour noir et décapant de Patrick Conrad.

Le dernier chapitre très jubilatoire m'a fait mourir de rire, d'un rire grinçant certes, car le thème est plutôt noir de chez noir.

Je retiendrai aussi de ce livre une citation de Montherlant qui apparaît dans ce dernier chapìtre: 

« Nous mourons, quand il n’y a plus personne pour qui nous voulons vivre ».

Cette citation aurait d'ailleurs pu apparaître en épigraphe de ce roman.

 

Une rue déserte d'Anvers...un soir d'hiver...

Une rue déserte d'Anvers...un soir d'hiver...

Je vous laisse avec une chanson qui est à l'origine du titre Au fin fond de décembre...Cette expression est extraite des paroles de la chanson nostalgique TRY TO REMEMBER, extraite elle-même d'une comédie musicale à succès des années 60 à Broadway.

...Deep in December, it's nice to remember Although you know the snow will follow...

L'une des protagonistes du roman est une chanteuse qui avait fait partie de la troupe américaine de la comédie musicale THE FANTASTICKS.

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Publié le 21 Mars 2023

Bonjour les amis,

Aujourd'hui nous sommes le 21 Mars, et c'est donc l'arrivée du printemps.

Alors il se trouve qu'il y a une chanson un peu décalée et loufoque de Gotainer que j'adore et que je me passe comme un rituel quand arrive cette date du calendrier.

Cette chanson c'est AVANT DE VOIR SES YEUX et je vous invite à l'écouter sur le lien ci-dessous.

Les paroles et les arrangements musicaux sont pleins d'invention et de fraîcheur...Quel bien ça fait d'entendre ça !

Notamment, par exemple, ces vers désopilants. 

"Elle, elle était fleur d'aubépine Et moi le ver luisant Je louchais sur ses étamines Avec la langue qui pend."

Je sus qu'elle était la plus belle avant de voir ses yeux...

Et puis, pour les moins de vingt ans qui découvrent ce petit bijou de Gotainer, qu'ils sachent aussi que lorsque les choristes entonnent par derrière "cerisier rose et pommier blanc" il s'agit d'un clin d'oeil à une chanson au charme désuet des années 50.

Bon printemps à vous, chers amis du blog...Il est temps de sortir de la léthargie dans laquelle l'hiver vous a encroûté. Que vos neurones se régénèrent et que vos hormones se mettent à bouillonner...Soyez tête-en-l'air, soyez poètes, amoureux de la vie. Respirez à pleins poumons et profitez du renouveau de la nature. Gotainer vous a montré le bon chemin...😃

Je sus qu'elle était la plus belle avant de voir ses yeux...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #musique, #chanson, #Gotainer, #Printemps, #Chanson française, #Poésie, #Humour

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Publié le 19 Juin 2019

Bonjour les amis,

Aujourd'hui, lors de l'épreuve du Bac de français, des milliers de lycéens ont été  "enduits avec de l'erreur", comme aurait dit Coluche qui savait bien mettre en scène des personnages un peu fâchés avec la langue française.

Alors, effectivement les petits jeunes, si l'auteur s'appelle Andrée avec un e y'a quand même une forte probabilité qu'il s'agisse d'une femme....car si c'était un homme ça indiquerait que l'écrivain ne sait pas écrire son nom.

Alors pour préparer les futurs candidats à l'épreuve de l'année prochaine, je les mets en garde.

George Sand est une femme et Camille Desmoulins est un homme.

Et Michelle, dans la chanson des Beatles est une fille.

D'ailleurs il y a des adjectifs dans le texte qui vous mettent sur la bonne piste. Mc Cartney chante bien :" Michelle, ma belle...."

Que ces futurs candidats sachent aussi que Jermaine Jackson est le frère du regretté Michael...et pas sa soeur ! 

Quant à Janet Jackson, il s'agit bien de sa soeur....Là y' a pas d' embrouille...Ouf!

De toutes façons la famille Jackson risque pas de tomber au bac...mais deux précautions valent mieux qu'une avec ces changements de programmes incessants !

Enfin, pour tous les candidats du Bac 2019 déçus de s'être trompés sur le sexe de l'auteur et qui estiment qu'une telle situation ne s'est jamais produite dans aucune annale de bac, je les préviendrai solennellement une 2 ème et dernière fois : "annale" dans ces cas-là prend deux N...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Littérature, #Poésie, #Prénoms, #Genre, #Humour, #Baccalauréat, #Langue française

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Publié le 28 Décembre 2018

Bonjour les amis,

Je vous invite aujord'hui à écouter une délicieuse intervention publique de Jean d'Ormesson dans laquelle il parle de Marguerite Yourcenar.

 

Alors, ce magnifique poème, le voici dans son intégralité:

 

Vous ne saurez jamais que votre âme voyage
Comme au fond de mon cœur un doux cœur adopté
Et que rien, ni le temps, d'autres amours, ni l'âge
N'empêcheront jamais que vous ayez été;

Que la beauté du monde a pris votre visage,
Vit de votre douceur, luit de votre clarté,
Et que le lac pensif au fond du paysage
Me redit seulement votre sérénité.

Vous ne saurez jamais que j'emporte votre âme
Comme une lampe d'or qui m'éclaire en marchant;
Qu'un peu de votre voix a passé dans mon chant.

Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme
M'instruisent des sentiers que vous avez suivis,
Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

 

(extrait du recueil "Les charités d'Alcippe"  nouvelle édition 1984, Gallimard)

Tout de suite après voir entendu ce superbe poème, je suis allé lire la biographie de Marguerite Yourcenar et celle de l' écrivain français André Fraigneau, et je me suis rendu compte qu' il y avait un élément qui ne collait pas. D'Ormesson commet une erreur : Fraigneau est décédé en 1991 et Yourcenar en 87.

En continuant mes recherches j'ai trouvé cette autre explication d'un internaute qui me paraît plus vraisemblable: " Le poème rend hommage à Jeanne de Vietinghoff, mère spirituelle de Marguerite Yourcenar qui a inspiré le personnage de Monique dans Alexis ou le traité du vain combat" .

 

Jeanne de Vietinghoff (1875-1926)

Jeanne de Vietinghoff (1875-1926)

La petite erreur commise par Jean d' Ormesson n'est pas très grave. Peu importe à qui ce poème  est adressé car ce qui est vraiment remarquable c' est la beauté de ces vers destinés à un être aimé et disparu et qui vit encore dans l' esprit de la personne qui en fut amoureuse.

 "Que la beauté du monde a pris votre visage..."

Voici ce qui dit de ce vers Annbourgogne dans son blog.

Le visage de l’être aimé reflète ou concentre un instant toute la beauté du monde. Il ne s’agit bien sûr pas d’une beauté physique mais plutôt de la beauté de ce moment de bonheur et de vie. Le monde est beau lorsqu’on est heureux.

Cette beauté du monde à travers le visage est intensifiée par la beauté de l’âme ( la douceur ) et est comme éclairée par sa clarté.

Je vous invite à lire l' ensemble de ses commentaires sur l' article qu' elle a consacré au poème de Yourcenar.

Je terminerai ce billet en disant que ce poème exprime de manière sublime des sentiments universels que nous avons tous connus au moins une fois dans notre vie.

Qui d' entre nous n' a pas aimé secrètement un être (défunt ou pas) à qui il aurait pu dire: 

" Vous ne saurez jamais..."

Et s' imaginer lui réciter les tendres vers de Yourcenar, par exemple,sur cette douce musique mélancolique de Joaquin Rodrigo...

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Publié le 29 Août 2018

Bonjour les amis,

Avec " Le verger de marbre" d' Alex Taylor, on renoue avec la grande littérature policière, la meilleure qui soit, c' est à dire la littérature tout court.

Mais, avant de partager avec vous des commentaires personnels au sujet de cette oeuvre je vais laisser la parole ci-dessous à un internaute qui en parle très bien.

Toujours, pour vous mettre l' eau à la bouche, je vous invite à lire les critiques très pertinentes de IRIS29 et de CROSSROADS sur le lien ci-dessous, des critiques élogieuses auxquelles j'adhère à 100%.

Alors , je ne peux que confirmer les énormes qualités littéraires de ce court roman de 229 pages.

D' abord il y a l' environnement, le Kentucky profond, omniprésent, dont la nature imprègne et pétrit les caractères des personnages. Alex Taylor nous fait de très belles descriptions, très poétiques et aussi empreintes d' une extrême noirceur. 

Ses personnages sont imprégnés de croyances qui proviennent de la nuit des temps et ils interprètent, chacun à leurs façons, chaque manifestation de la nature, que ce soient les flots tourmentés de la Gasping River, le vol d' un vautour, où les gémissements du vent parmi les arbres.

L' accident tragique initial va dénouer des terribles tensions préexistantes entre tous les protagonistes qui vivent dans cette région rurale de manière ancestrale, avec leurs lourds secrets enfouis depuis toujours au fond de leurs mémoires. 

Et puis, il y aussi de vraies personnifications du Mal dans ce roman, notamment avec Doat Luncan, le caïd local vieillissant mais toujours aussi effrayant, qui semble vivre au dessus des lois, qui défie le shériff, et qui fixe ses propres règles contre lesquelles personne ne semble avoir assez de force pour pouvoir s' y opposer. Doat Luncan inquiétant à souhait, toujours accompagné par ses dobermans menaçants qui lui obéissent au doigt et à l' oeil.

Les dialogues sont très bien écrits et de manière très sobre. On est dans la cambrousse et on n' aime pas les bavards. Les sentiments s' expriment de manière minimaliste...Les mots sont souvent lourds de sens, et pleins de sous-entendus menaçants...

Et puis cette histoire échappe complètement à son cadre rural et prend une dimension à la fois tragique, universelle, mythologique et biblique aussi. C'est une histoire forte, âpre, avec des caractères très violents, et dans laquelle les liens de sang vont jouer un rôle prépondérant....Je n'en dirai pas plus.

Je vous laisse deux extraits pour que vous puissiez apprécier le style de l' auteur:

Voici d' abord une description :

Il se rallongea en regardant le ciel nocturne et sa pléiade d'étoiles qui lui donnaient l'aspect d'un tesson de faïence carbonisé, des éclats de lumière accumulée zigzaguant dans le vide, les queues de comètes maigrelettes soutenant la sombre coupole des cieux fissurés. Des étoiles s'éteignaient, là-haut. Des planètes étaient percutées, s'enfuyaient dans un lacis convexe et s'embrasaient en volutes troubles qui flamboyaient puis disparaissaient, mais lui était là, dans ce monde, à côté d'un feu dans la chaleur de la nuit

Et voici un un dialogue entre le shériff Elvis et un personnage trouble et provocateur:  

 "Mais je ne vous aime pas . Je pense qu'il faut que vous le sachiez . J'aime pas les choses que vous dites et j'aime pas votre façon de vous asseoir sur ma chaise . J'aime pas votre odeur et j'aime pas le fait que vous portiez un costume. Ça me rend nerveux et j'aime pas du tout être nerveux . (...)Je vais vous arrêter. (..)"
Seul le grincement de la chaise lui répondit .
Il leva les yeux , l'homme avait disparu...

Le verger de marbre...un puissant drame mythique au fin fond du Kentucky
Le verger de marbre...un puissant drame mythique au fin fond du Kentucky

PS: je vous mets en prime une photo que j' adore et dont l' ambiance est assez proche de celle du roman...

Le verger de marbre...un puissant drame mythique au fin fond du Kentucky

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #littérature, #Kentucky, #Poésie, #Drame, #Roman

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