philosophie

Publié le 15 Décembre 2025

Bonjour les amis.

Dans la suite et continuité de son traité intitulé LE COURAGE DE LA NUANCE Jean Birnbaum vient de publier un nouvel essai dont je vous laisse découvrir la couverture ci-dessous

 

Le courage de penser contre soi-même...

Voici la présentation de l'éditeur:

Dans le prolongement de son essai Le Courage de la nuance, Jean Birnbaum l'affirme : on peut défendre ses idées politiques, même radicales, sans être un fanatique. Il y a mille raisons de s'insurger contre le monde tel qu'il est, mais agir comme si le sanglant XXᵉ siècle n'avait pas eu lieu, c'est se condamner à refaire les mêmes erreurs, les mêmes horreurs. Afin de surmonter cette malédiction, Jean Birnbaum bâtit un pont entre les révoltes d'hier et d'aujourd'hui. Évoquant ses souvenirs de jeune militant, il propose un voyage en compagnie de figures comme George Orwell, Simone Weil ou Victor Serge. Parce qu'ils ont eu la force d'être justes, parce qu'ils ont dénoncé les mensonges et les crimes qui déshonoraient leur idéal, ces dissidents ont été traités de traîtres, de fascistes... Ce ne sont ni des héros ni des saints. Reste qu'ils ont indiqué une voie étroite. Lutter sans se mentir, s'engager les yeux ouverts, voilà qui relève de l'exception. Mais puisque tout est à refaire, c'est le seul pari digne de ce nom, plaide cet essai qui touche par son humour et sa sensibilité.

Ce livre s'inscrit aussi dans la suite du billet que j'avais écrit la semaine dernière contre les dangers de la pensée désirante.

Le courage c'est parfois d'oser aller contre les siens quand ceux-ci se fourvoient, et c'est aussi aller contre soi-même quand une vérité déplaisante s'impose et contredit une conviction personnelle. Cela a été le cas, par exemple, de Georges Bernanos qui a soutenu le général Franco avant d'admettre que celui-ci profanait sa foi chrétienne.

Birnbaum dénonce le fait que, fréquemment, ceux qui ont tenté d'ouvrir les yeux de leurs camarades de parti se sont fait taxer de traîtres et que dans la majorité des cas on les a accusés de "faire-le-jeu de adversaire".

Le grand mot est lâché. Certains se tairont piteusement, et pendant des décennies, pour ne pas faire le "jeu de l'adversaire". Sauf que la réalité finit toujours par s'imposer et que, finalement, en la taisant ils ont rendu un piètre service à la société, à leur cause et ont perdu tout crédit moral.

Afin que nous ne répétions pas sans cesse les mêmes erreurs Birnbaum s'emploie tout au long de son livre à tordre le cou du faux-argument pervers et dangereux de "ne pas faire le jeu de l'adversaire".

Au début de son livre il raconte une anecdote assez cocasse que je vous résume.

Lors d'une grande réunion à Paris de plusieurs partis de Gauche avant les dernières législatives françaises, Olivier Besancenot s'était lancé à la tribune dans un discours vibrant pourfendant le fascisme de l'extrême-droite et en citant le roman 1984 d'Orwell. A la fin de son discours Il avait scandé :

« L’extrême droite n’est pas au pouvoir ! Ils ne passeront pas ! No pasarán ! »

La comparaison de Besancenot était très hasardeuse car 1984 était une critique non pas du fascisme franquiste, mussolinien ou hitlérien mais du stalinisme, et notamment des purges.

Parmi ceux qui applaudirent le discours enflammé de Besancenot il y avait dans la tribune les représentants de LFI dont Mélenchon. Or, il se trouve que Mélenchon venait à ce moment-là d'effectuer lui aussi une grande purge dans sa formation en écartant certaines personnalités accusées de " faire le jeu de l'adversaire" comme Danielle Simonnet, Alexis Corbière, Raquel Garrido, Hendrik Davi, François Ruffin et Clémentine Autain.

Dit d'une autre manière Mélenchon s'était rendu coupable des mêmes travers que Orwell dénonçait dans son roman. Voici l'un des paradoxes que dénonce Birnbaum. Pendant qu'on dénonce les travers d'hier en invoquant des grands noms comme Orwell on ne voit pas qu'on les reproduit aujourd'hui...

L'histoire ne se répète pas mais elle bégaye parfois, notamment dans une certaine gauche.

Si vous voulez en savoir davantage sur ce livre de Birbaum je vous invite à lire une critique très bien faite de bdeguillebon64 qui est publiée sur le lien de la fiche Babelio ci-dessous.

https://www.babelio.com/livres/Birnbaum-La-force-detre-juste--Changer-le-monde-sans-refa/1883306#!

Jean Birnbaum

Jean Birnbaum

Un homme libre se doit de défendre et de soutenir des grandes causes certes, mais doit s'éloigner aussi de certaines meutes et ne doit pas avoir peur d'être seul parfois, comme le chantait si bien Georges Brassens.

PS: Jean Birnbaum est passé lui-même par la case "penser contre soi-même" car il raconte dans son livre son passage chez les trotskistes de Lutte Ouvrière quand il était jeune, avec au début le sentiment réconfortant de partager une cause commune avec ses camarades, jusqu'au jour où il a préféré faire un parcours plus libre et personnel.

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Publié le 1 Janvier 2025

Bonjour les amis,

Comme chaque premier Janvier je suis extrêmement prudent à l'heure de vous adresser mes voeux de Bonne Année.

Je ne voudrais pas friser une certaine indécence en émettant des voeux centrés sur nous-mêmes, sur notre bien-être et qui feraient abstraction du fait que notre monde, plein de guerres et de bouleversements, de bruits et de fureurs, est devenu dangereux, parfois invivable pour des populations entières.

Mes premières pensées vont donc à ces populations meurtries. Je ne les oublie pas, je ne regarde pas ailleurs non plus.

Et il y aussi notre environnement. Rien ne permet de penser que 2025 sera une bonne année pour la vie, pour la biodiversité, pour le respect de notre planète.

Qu'il me soit encore permis de rêver que le pire reste évitable pour les humains et la vie en général, sachant qu'il ne l'est pas pour les millions d'espèces animales et végétales déjà disparues.

Quant à vous, chers lecteurs et amis du blog, je vous souhaite bien évidemment une très bonne Année 2025. Qu'elle vous soit douce !

Car comme disait Montaigne. " C'est chose tendre que la vie, et aisée à troubler..."

Ecoutons André Comte-Sponville commenter sur le lien ci-dessous cette phrase de Montaigne dans laquelle le mot tendre peut revêtir 2 sens: celui de la fragilité de la vie mais une fragilité qui nous obligerait à avoir de la tendresse pour elle.

Et puis, j'aimerais reprendre à mon compte deux des phrases que Jacques Brel a adressées lors de ses voeux émis en 1968. La première est pleine de sagesse philosophique.

"Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier..."

Oublier n'est pas à prendre au sens strict ici. Il ne s'agit pas de devenir amnésiques. Mais simplement il faut savoir dépasser certaines blessures ou offenses et ne pas se focaliser sur ce qui est toxique, sur ce qui n'apporte rien, sur ce qui crée les conditions d'éternelles rancoeurs stériles. Il faut savoir dépasser cela. La vie est trop courte pour s'arrêter à ces trivialités...La rancoeur ne construit pas et n'est pas synonyme de bonheur.

La deuxième phrase de Brel, très épicurienne, nous invite à jouir de la vie et de ce qu'elle nous offre.

" Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil, et des rires d'enfants"

Et donc, aussi savoir jouir de l'instant, du présent, dans sa beauté et fugacité.

 

Que 2025 vous soit tendre...

Bonne année à vous, amis lecteurs...et beaucoup, beaucoup, beaucoup d'amour.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #bonne année, #Voeux, #Vie, #Bonheur, #Philosophie, #Montaigne, #André Comte-Sponville

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Publié le 7 Février 2024

Bonjour les amis,

Michel Onfray fait partie de ces philosophes que j'aime bien, que je lis avec plaisir, mais qui parfois m'agace énormément par son manque de rigueur.

Il vient de se faire recadrer et remettre en place par un spécialiste de la mécanique quantique qui rectifie certaines de ses affirmations péremptoires qui sont tout simplement fausses.

C'est sur la vidéo ci-dessous et ça ne prend que 3 minutes.

Donc face à des difficultés bien réelles et bien dangereuses pour l'humanité comme peuvent l'être le réchauffement climatique Onfray pourrait s'abstenir d'affirmer des contre-vérités qui pourraient avoir un effet désastreux et qui  mettraient en doute les conclusions des experts du climat qui ont déjà bien des difficultés à se faire entendre par les gouvernants de la planète et plus encore par leurs administrés.

Notre planète est déjà suffisamment complexe comme ça et ce n'est pas la peine d'embrouiller les esprits en faisant des déclarations fumeuses s'appuyant sur des affirmations supposément "scientifiques" que les propres experts en la matière se garderaient bien d'affirmer.

Voici ce que dit Monsieur PHI sur facebook:

" Onfray en roue libre totale nous explique le réchauffement climatique par l'ordre secret du cosmos, la mécanique quantique, les ondes gravitationnelles, le multivers, et pourquoi, étant peu de choses face à tout ça, c'est pas la peine de nous culpabiliser pour refaire l'isolation de nos maisons. Du grand art.
Et c'est ce philosophe que télés et radios invitent à tour de bras pour donner son avis éclairé sur tout et n'importe quoi. Lui ou BHL. Ça témoigne d'un petit problème dans la représentation médiatique de la philosophie..."

Pour ma part, j'apprécie cette volonté d'Onfray de prendre la "défense du petit peuple" et de le déculpabiliser mais, par ailleurs, il faut éviter également toute démagogie irresponsable car le problème du climat est bien réel, lui, et ses conséquences également.

Je vous mets en lien 2 minutes du discours "fumeux" d'Onfray...2 minutes c'est suffisant...

 

Ce manque de rigueur et donc de crédibilité d'Onfray je le constate dans tous les thèmes qu'il aborde, que ce soit la responsabilité de l'occident dans les tensions des relations internationales, l'Europe agricole ou la vie de Jésus, mais ça j'y reviendrai plus tard...

Je constate que ces graves défauts et cette tendance à se laisser aller à la facilité s'accentuent depuis les dernières années.

Mais, par ailleurs, ce n'est pas parce qu'Onfray manque de rigueur qu'il a tout le temps tort. C'est ça le problème avec lui: il faut trier le bon grain de l'ivraie.

C'est ce qui fait que je prends la peine de le lire quand même...ou de le lire encore...mais plus le temps passe et plus il me déçoit. Plus son discours devient à la fois prévisible et facile...

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Publié le 9 Juin 2023

Bonjour les amis,

Ce matin je suis tombé sur un article du FIGARO que j'ai mis en lien ci-dessous et qui fait un état des lieux assez consternant de l'épreuve de philo au Bac.

Alors, bonjour la motivation des élèves et la culture de l'effort !

 Même les littéraires font l'impasse sur cette épreuve et préfèrent se consacrer à Parcoursup. C'est le comble !

Je trouve cette dérive en tout point lamentable et dommageable pour l'avenir de toute la citoyenneté.

Notre époque souffre cruellement de déficit philosophique.

N'importe quel charlatan, youtubeur, influenceur, ou manipulateur au service de puissances étrangères utilise les réseaux sociaux pour inonder la toile de fakes news, de post-vérités, de mensonges aberrants.

Face à cette avalanche de contre-vérités qui est très efficace, suffisamment efficace par exemple pour changer le résultat d'un scrutin électoral, seule une solide formation philosophique peut permettre à une citoyenneté d'avoir la maturité suffisante pour ne pas prendre pour argent comptant des faux raisonnements.

L'école aiguise l'esprit critique des élèves afin qu'ils sachent détecter les failles dans une séquence argumentative.

A l'école on peut enseigner le chemin qui mène vers des vérités, à séparer ce qui est de l'ordre de la science de ce qui ne l'est pas. Apprendre à faire la différence entre une opinion et un fait objectif peu discutable. 

A l'école on apprend aussi à douter, mais pas de manière stérile et idiote, mais plutôt de manière constructive pour s'approcher au mieux de la vérité.

Bref, au moment où notre époque nécessite plus que jamais une formation philosophique de qualité cette matière est reléguée au second plan. L'enseignement de la philosophie est une garante de notre bonne santé démocratique.

Si Macron voulait former une citoyenneté malléable et manipulable il ne s'y prendrait pas mieux.

Je termine avec un seul exemple entre mille, avec un auteur qui mérite d'être étudié et que je n'ai pas eu la chance d'aborder au lycée.

Cicéron , ou comment agir moralement quand tout s'effondre ? 

Avouer que c'est un thème à l'ordre du jour, non ?

PS: Je m'empresse d'ajouter que la philo est une matière qui compte en Espagne (où je vis) et qu'il n'est pas question de faire l'impasse. Moins de 10 sur 20 en contrôle continu et le candidat est recalé, même s'il a choisi une filière scientifique.

PS nº 2: Mon ami facebooker et prof de philo Basile de Césarée a écrit ceci au sujet de l'article du FIGARO:

"Ce n'est pas faute d'avoir alerté la hiérarchie. Tout était prévisible dès l'annonce de la réforme, c'est donc que c'était voulu !..."

PS nº 3 : Terminons sur une note d'humour de syndrome provoqué par un déficit philosophique...

Ce déficit philosophique dont souffre notre époque...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Philosophie, #Baccalauréat, #Education, #Cicéron, #Scolarité, #Démocratie, #Macron

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Publié le 20 Février 2023

Bonjour les amis,

Je suis tombé par hasard sur une vidéo de Raphael Enthoven qui explique très bien un phénomène social qui m'interpelle concernant l'usage abusif des smartphones. 

On peut résumer ça de manière très simple en disant qu'à trop vouloir partager certains moments on risque simplement de ne plus les vivre.

Cette vidéo de 6 minutes la voici sur le lien ci-dessous.

Je trouve cette intervention d'Enthoven très pertinente.

Certaines émotions, il faut simplement les vivre et les laisser se saisir de vous...à vouloir les filmer, on introduit une distance qui les feront disparaître tout simplement.

Tout est dit !

Au passage Enthoven m'a appris un nouveau mot que je ne connaissais pas.

Nescience...Voici une définition trouvée sur la toile.

Littér. Absence de savoir, de connaissance. Synon. ignorance, méconnaissance.[Des paysannes croyantessont dégrevées du poids affreux du doute (...) elles possèdent la nescience presque absolue du Mal (Huysmans,Cathédr.,1898, p.29).[Pascaldistingue entre Dieu dont nous ne connaissons ni l'existence ni la nature, le fini dont nous savons et l'existence et la nature, l'infini dont nous savons l'existence et ignorons la nature, opposant ainsi la nescience bilatérale à la science bilatérale en même temps qu'à la science dissymétrique (Jankél.,Je-ne-sais-quoi,1957, p.80).

REM.
Nescient, -ente, adj.Qui ne sait pas, qui ignore. Le charme est l'innocente suggestion de l'agent, l'heureuse réceptivité du patient, (...) un enchanteur nescient qui est tout le contraire d'un hypnotiseur, un patient «sous le charme» (Jankél.,Je-ne-sais-quoi,1957p.100).
 

Donc, et pour revenir au sujet qui nous préoccupe, il faut savoir maintenir parfois une certaine nescience de soi...Une fois nos émotions éprouvées nous aurons tout le loisir, plus tard, de les "conscientiser" et d'en témoigner...

On n'imagine pas Proust se filmant en goûtant sa madeleine...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #smartphone, #selfie, #portables, #réseaux sociaux, #internet, #philosophie, #Montaigne, #Enthoven

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Publié le 6 Décembre 2022

Bonjour les amis,

Hier soir, lors du huitième de finale Brésil-Corée du Sud,  je n'ai pas aimé du tout la manière dont les joueurs brésiliens ont célébré leurs buts en exécutant des chorégraphies collectives un peu puériles qui trouveraient davantage leur place dans des fêtes de fin d'année d'écoles maternelles que sur un stade de foot. Même si c'était un match de troisième division je trouverais ça particulièrement pénible et déplacé.

Qatar 2022 ou quand l'arrogance des joueurs brésiliens devient vraiment pénible...

Roy Keane l’ancien milieu de terrain de Manchester United n’a d’ailleurs pas eu la langue dans sa poche au moment d’évoquer les célébrations brésiliennes.

« Je ne peux pas croire ce que je vois, je ne peux pas croire ce que je regarde, c'est comme regarder Strictly Come Dancing (un Danse avec les Stars britannique, ndlr). Je n'aime pas ça. Les gens disent que c'est leur culture. Mais je pense que c'est vraiment manquer de respect à l’adversaire. Il y a eu quatre buts, et ils l’ont fait à chaque fois. La première célébration ne me dérange pas tellement, c'est celle d'après, quand le manager s'en mêle. Je ne suis pas content de ça. Je ne pense pas que ce soit bon du tout », a-t-il déclaré sur ITV

Personnellement ça m'a terriblement agacé, et oui, je trouve que c'est un manque profond de respect.

A ceux qui me disent que " la différence enrichit"  je leur réponds que " cette différence-là, les joueurs brésiliens peuvent se la carrer où je pense..."

Je me souviens de ces manifestations irritantes et de mauvais goût déjà en 1994 lors du match Brésil-Italie...Après une petite chorégraphie enfantine des joueurs brésiliens les italiens leur avaient répondu de la meilleure manière possible en leur claquant un but juste derrière, ce qui avait fait s'esclaffer toute la planète foot.

En termes d'images cette arrogance a un effet catastrophique. Nous sommes très nombreux à avoir très envie de voir perdre cette équipe qui se la pète, une furieuse envie de les voir faire leurs valises.

Le prochain quart de final verra s'affronter le Brésil à la Croatie de Modric. Inutile de vous dire laquelle des deux équipes je soutiendrai. Saint Luka, je mettrai un cierge pour toi !...🙏🙏🙏

Pour parler d'autre chose et terminer sur une note d'humour et oublier un peu l'infantilisme ringard et maladif des joueurs brésiliens je vous propose le résumé d'un match de foot que vous ne verrez jamais, un match entre philosophes.

Ça c'est pas un match pour le Brésil !

Grèce-Allemagne...J'adooore !....🤣

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Brésil, #FIFA, #Coupe du monde de football, #Humour, #Philosophie

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Publié le 7 Mai 2020

Bonjour les amis,

Je fais partie des millions (milliards?) de personnes qui ont le moral en berne car elles pressentent que l'irruption du covid dans notre vie nous fait entrer dans une nouvelle ère qui accentue de manière irréversible les tares déshumanisantes de notre civilisation.

Deux auteurs ont retenu mon attention sur ce sujet.

Commençons par la lettre de Michel Houellebecq à France-inter.

Houellebecq fidèle à son style porte un regard lucide et amer sur les conséquences très prévisibles de la pandémie. Il nous remet un peu les yeux en face des trous. Je partage son profond agacement  pour le "Rien ne sera plus comme avant" car il est permis de penser que notre avenir sera encore pire, que le virus nous a enfoncé un peu plus dans notre crise civilisationnelle, qu'il en accentuera les tares : méfiance de l'autre, repli sur soi, distanciation sociale, manque d'empathie pour l'autre, manque de liberté, soumission au diktat de normes contraignantes auxquelles on ne peut échapper, etc...

J'aimerais partager avec vous également ces réflexions du philosophe Abdennour Bidar.

Je ne lis pas son constat amer comme une critique des mesures que nous avons prises qui sont probablement techniquement correctes.

Son article nous fait prendre la mesure du sacrifice consenti. Pour sauver la vie, il nous a fallu renoncer à son essence, abandonner les nôtres sans soutien, ni physique ni moral.

Cela ramène notre civilisation par certains aspects au même niveau que celle d'une colonie de cloportes (j'exagère un peu le trait...). Cette abandon va laisser des traces et pour les plus touchés elle créera des traumatismes profonds.

Nous acceptons de nous enfermer dans une prison déshumanisante pour protéger notre vie "biologique" vidée de contenu social et devenue par la même occasion absurde et dénuée de sens.

Je dédie ce petit billet à ma maman de 80 ans qui est veuve, en bonne santé et autonome. Elle a accepté sans trop rechigner la première phase de confinement mais maintenant elle entre en rébellion. Elle a toujours eu une vie sociale très active et elle n'est pas disposée à ce que ce virus l'enterre vivante chez elle...Elle n'est pas disposée à renoncer à ce qui a fait sa vie, et en assume pleinement les conséquences éventuelles.

Elle est peut-être en train de vivre ses dernières années de vraie liberté, pouvant aller et venir où elle veut et à sa guise, et elle n'est pas disposée à entrer dans ce monde orwellien que nous augure ce maudit virus. Je la comprends...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #coronavirus, #covid-19, #virus, #confinement, #philosophie, #sens de la vie, #absurde, #Orwell, #Huxley

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Publié le 13 Mai 2019

Bonjour les amis,

Il y a quelques jours je vous avais parlé d'une affaire qui a fait grand bruit en Espagne suite à la décision d'un juge qui a obligé un fermier à fermer son poulailler.

Et bien les français ne sont pas en reste puisque sur l'île d'Oléron c'est le coq Maurice qui va passer en jugement. En effet son chant matinal n'est pas du goût de ses voisins qui ont porté plainte. Décision de justice attendue en Juin 2019....

Sur l'article que j'ai mis en lien on apprend qu'un autre propriétaire de coq avait même reçu une menace de mort en 2018...

Comment en est-on arrivé là?  A partir de quel moment de l'histoire de notre humanité on en est arrivé à se retrouver avec des concitoyens incapables de supporter le chant d'un coq? 

Depuis quand la liberté d'expression ne se limiterait qu'aux humains?

Je propose au ministre de l'Education de réfléchir lui-même à ce problème et d'intégrer le droit animal aux nouveaux programmes de philosophie...

Je propose aussi à Michel Onfray de vite nous écrire un pamphlet sur le droit des coqs, et autres animaux de basse-cour à s'exprimer en toute liberté. Je suis sûr qu'il saura trouver les mots pour ramener certains de nos concitoyens à la raison en leur volant dans les plumes...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #coq, #droit des animaux, #justice, #humour, #Philosophie

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Publié le 9 Août 2017

Bonjour les amis,

Cet article est la suite de celui que j' avais consacré au livre de Yuval Noah  Harari , intitulé SAPIENS.

Alors dans ce bouquin l' auteur s' interroge, entre autres, sur la relation entre l' évolution de l' homme et sa capacité à créer du bonheur.

Il se pose la question de savoir en quoi nous sommes plus heureux que Cro-Magnon. Pour être plus exact Harari essaie de comparer notre bonheur avec celui de l' homme quand il était chasseur-collecteur, avant qu' il ne s' asservisse lui-même en devenant agriculteur.

Suite à la lecture passionnante de cet essai, j' ai essayé de refaire un peu le point sur cette question du bonheur avec un autre traité de Frédéric Lenoir , intitulé:

" Du bonheur, un voyage philosophique "

Le long chemin du bonheur...

Bien évidemment le voyage proposé par Lenoir est à la fois un voyage dans le temps et dans l' espace.

Frédéric Lenoir a rédigé son essai car il était, entre autres, très agacé par les tonnes de littérature bon marché consacrées à la recherche du bonheur, pleines de poncifs et de stéréotypes qui sont souvent d' une platitude risible et consternante.Vous savez, tous ces livres-recettes bourrés de messages pleins de fausse sagesse, ou brassant des évidences censées nous donner la clé de la félicité, l' explication définitive...

Donc Frédéric Lenoir reprend le problème à zéro, au tout début ( c' est à dire au moins 2500 ans avant notre ère), et tente d' offrir une réflexion moderne à la lumière des récentes recherches universitaires sur ce thème.

Ce qui frappe dans son exposé, c' est de constater que les grands auteurs classiques qui ont abordé ce thème sont restés très modernes.Que ce soit les épicuriens, les stoïciens,Aristote, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer ou Bouddha,tous ont mis le doigt sur certains points qui sont confirmés par les études les plus récentes. Lenoir confirme ce que nous pressentons tous au long de notre vie.Le bonheur est souvent un choix,le bonheur et la souffrance peuvent coexister,la poursuite du bonheur n' est pas une quête insensée si nous avons la sagesse de nous fixer des objectifs qui sont à notre portée humaine ( comme le faisait Montaigne).Le bonheur reste singulier et propre à chaque personne: pas de recette universelle donc...ce qui est universel ce sont les fausses pistes, les idées erronées, qui ne peuvent que générer de l' angoisse et de la frustration.

Pas de recette universelle, mais des cheminements  corrects ou erronés.

Par exemple, il y a peu d' exemples connus de personnes heureuses qui aient vécu à la fois sans amour et sans amis.Notre bonheur a besoin des autres ( même s' ils sont peu nombreux et se comptent sur les doigts d' une main), et souvent nos objectifs s' inscrivent par rapport à eux.

J' ouvre ici une petite parenthèse sur le cas de Schopenhauer qui parle très bien de la manière d' accéder au bonheur mais qui finalement n' a presque jamais été heureux.Sa vie sentimentale a été une suite de déceptions et de frustrations dues à des amours impossibles dans le contexte de son époque.Il en a beaucoup souffert et a joué aussi de véritable malchance.Par ailleurs, les étudiants fuyaient ses cours qu' ils jugeaient ennuyeux, et ce n' est que plus tard que ses travaux furent reconnus à leur juste valeur...Dur quand même, pour ce grand philosophe.Fin de la parenthèse.

Frédéric Lenoir, dans un style très simple met en parallèle les résultats de recherches récentes ( chiffrées statistiquement) avec la pensée des anciens.Il nous propose une synthèse parfaite qui nous aide à nous situer nous-même, et aussi à situer l' homme par rapport à son histoire universelle.Son traité est un livre intelligent qui aide à faire le point...Un essai assez réjouissant donc,et tout à fait recommandable.

Alors sur ma lancée j' ai abordé la lecture d' un livre intitulé " Vivre: la psychologie du bonheur" de Mihaly Csikszentmihalyi ,psychologue très respecté dans l' ensemble du monde scientifique et qui a consacré sa vie à cette question.

Le long chemin du bonheur...
Portrait de l' auteur

Portrait de l' auteur

Je ne suis qu' au tout début de ce livre, mais Mihaly confirme d' entrée de jeu les points de vue des 2 auteurs précédents.Il admire la profondeur de pensée des maîtres anciens et s' interroge sur la difficulté d' apprendre le bonheur, de le transmettre.Il s' intéresse à cette difficulté cognitive en expliquant que l' apprentissage du bonheur a besoin d' une expérience, mais aussi d' une connaissance de soi difficilement maîtrisable dans les premières étapes de la vie.La quête du bonheur est forcément un long chemin.On apprendra jamais à être heureux comme on apprend à résoudre une équation du second degré.

Dans son livre il définit un état qu' il appelle le FLOW ( le flux) qui permet d' atteindre ce degré de plénitude auquel nous aspirons tous.

 

"Voilà ce que nous entendons par expérience optimale. C’est ce que ressent le navigateur quand le vent fouette son visage,..., c’est le sentiment d’un parent au premier sourire de son enfant. Pareilles expériences intenses ne surviennent pas seulement lorsque les conditions externes sont favorables. Des survivants de camp de concentration se rappellent avoir vécu de riches et intenses expériences intérieures en réaction à des évènements aussi simples que le chant d’un oiseau [...]. Ces grands moments de la vie surviennent quand le corps ou l’esprit sont utilisés jusqu’à leurs limites dans un effort volontaire en vue de réaliser quelque chose de difficile et d’important. L’expérience optimale est donc quelque chose que l’on peut provoquer... " 

Voici ci-dessous un lien de présentation de son livre et de sa théorie du Flow

 

Alors, ce traité a l' air d' autant plus passionnant que l' auteur chiffre de manière statistique nombre de ses observations et affirmations.

La démarche de Mihaly se veut scientifique sur un thème à priori philosophique, et ça , ça m' intéresse bougrement...

J' aimerais terminer ma présentation d' aujourd' hui  avec des considérations qui bouclent un peu la boucle avec le début de mon article.

Matthieu Ricard, moine bouddhiste et Mihaly se sont rencontrés en Australie lors d' une conférence où la question que je pose au début de mon article a été soulevée.

En quoi l 'homme moderne est-il plus heureux que Cro-Magnon ?

Voici des éléments de réponse sur le lien ci-dessous...

 

Alors je lis pas mal durant ces vacances, et de fil en aiguille, nombre de mes lectures auront tourné autour du thème de la recherche du bonheur.C' est un peu normal , non ? 

Les vacances sont une pause et nous permettent de remettre un peu en perspective notre action, ce que nous sommes....Elles nous donnent un peu de recul et de champ, et nous permettent de méditer sur des thèmes sur lesquels on n' a pas le temps de s' arrêter quand a repris le tourbillon de la rentrée professionnelle, et la très longue liste d' obligations quotidiennes auxquelles on doit faire face.

Il n' y a que lorsque l' on s' arrête un peu qu' on peut réfléchir sereinement sur le sens de notre action.

Or, la clé du bonheur est associée à la quête de sens.Ce sens, ces objectifs, c' est à nous de les définir que ce soit dans notre vie sociale, professionnelle ou affective.

Le long chemin du bonheur...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #bonheur, #philosophie, #psychologie, #bien-être, #art de vivre

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Publié le 19 Avril 2017

Bonjour les amis,

On est à quelques jours d' une élection cruciale pour la France,et  il y a un site qui s' est amusé à demander à certaines personnalités de la vie publique quel serait leur programme si elles étaient élues président.

La réponse facétieuse de Fabrice Lucchini est à la fois très drôle et apporte une dimension décalée pas inintéressante.

Mais avant de commenter son intervention qui m' a mis de bonne humeur, je vous la laisse découvrir sur le lien ci-dessous

 

Lucchini ( contrairement aux vrais candidats) n' essaie pas de proposer la Lune et se place sur le terrain de la culture et de la morale.Il offrirait à chaque français toute une série d' oeuvres littéraires et musicales.Notons qu' il a bon gout et que les oeuvres qu' ils proposent sont effectivement de nature à provoquer chez tout un chacun un repositionnement citoyen à la fois individuel et collectif. Une espèce de Zen attitude optimiste et réjouissante.Pas de lutte de classes, essayons d' avancer ensemble...

C' est peut-être de ça que nous avons besoin en temps de crise.Se resituer avec du champ,de la profondeur spirituelle et morale,être capable d' éliminer de notre esprit toute source de conflits, de frustration négative et de ressentiment envers le reste de la communauté sociale.

Notons que Lucchini offrirait entre autres à chaque français un exemplaire du GAI SAVOIR de NIetzsche, et là, je dois avouer que l' ignare que je suis en matière de philosophie n' a jamais lu le moindre texte du philosophe allemand.J' ai lu de nombreux aphorismes,extraits,commentaires du philosophe certes mais sans capter réellement la profondeur de sa pensée car je ne suis même pas armé des connaissances lexicologiques et conceptuelles nécessaires.

Alors, je fais faire un vote de confiance au " candidat" Lucchini.

Je vote POUR LUI et je vais essayer d' aborder la pensée du grand maître et je vous dirais dans quelques mois ou dans quelques semaines si j' en ai tiré une substantifique moelle qui me permette à moi-aussi d' avancer dans ma vie intime et aussi dans ma perception de mon rapport aux autres ...

Donc je n' irai pas voter dimanche mais, grâce à ces élections, et grâce au petit coup de pouce de Lucchini, je vais tenter une approche de l' étude de la pensée de Nietzsche !

Et ce, quelque soit le vainqueur de dimanche prochain ! Merci Fabrice...

Malgré tout, et sans vouloir succomber trop facilement à l' enthousiasme communicatif de Lucchini, je crois que je ne vais pas me lancer directement dans la lecture du GAI SAVOIR sans avoir abordé au préalable d' autres lectures qui m' y prépareraient.Si quelqu' un a des suggestions à me faire sur des bouquins didactiques qui permettent d' accéder à la pensée du grand maître du genre " Niestzsche POUR LES NULS" je suis preneur...

 

Un peu de pensée Nietzschéenne pour choisir le bon candidat...

Revenons maintenant à ces élections et à cette campagne, finalement pas inintéressante et très atypique dans la mesure où le candidat sortant ne se représentait pas, et dans la mesure également où les probables gagnants du 2 ème tour ne disposent pas d' une majorité déjà préfigurée pour gouverner ( sauf au cas où Fillon arrive au 2 ème tour).

Ce qui est frappant avec le système électoral français c' est l' effet parfaitement anti-démocratique du VOTE UTILE qui est en train de laminer de manière très injuste certains candidats, et non des moindres, comme par exemple le candidat du PS.

Alors je vous propose un résumé simple de ce qu' on appelle l' effet VOTE UTILE sur ce lien qui le résume bien mieux que je ne pourrais le faire.

 

Non seulement, on peut et on DOIT réfléchir sincèrement sur la pertinence de notre système électoral pervers qui contredit le vote sincère mais aussi sur le fait que les différents instituts de sondages cette semaine vont influencer très  fortement les très nombreux indécis qui vont voter non plus pour leur candidat de coeur mais pour celui qui a une chance d' arriver au second tour et qui pourrait éliminer le candidat adverse que l' on veut écarter.

Le système électoral français donne la possibilité d' un POUVOIR DE MANIPULATION ENORME aux instituts de sondage, qu' on le veuille ou pas.On se rassure en se disant qu' il y a suffisamment d' instituts différents en concurrence pour gommer des manipulations qui seraient volontaires et mal-intentionnées...ne resteraient que les erreurs d' estimations involontaires dues à la difficulté de saisir le comportement des indécis dans une consultation aussi atypique.

N' empêche que, fiables ou pas, les instituts peuvent à eux-seuls changer la donne de ce scrutin.

Je ne prendrai qu' un seul cas, assez extrême.J' ai lu que J. P. Chevènement hésitait entre Macron et Mélenchon. C' est fou, non? il y a un abîme qui sépare ces 2 candidats qui sont sur des schémas économiques et sociaux complètement opposés.

La seule explication, c' est le VOTE UTILE.Je suppose que Chevènement ( qui n' est pas tombé sur la tête) veut s' assurer que Fillon n' arrivera pas au 2 ème tour et est donc prêt à faire l' hyper grand écart dès le premier tour en votant pour un candidat libéral au détriment d' un autre qui pourrait reconstruire la gauche.

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Elections présidentielles, #Philosophie, #Nietzsche, #Vote utile, #Humour

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