mensonge

Publié le 19 Août 2026

Bonjour les amis.

Les médias doivent-ils donner la parole à tout le monde et dans quelles conditions ?

C'était le thème d'un débat très intéressant sur France Culture entre Daniel Schneidermann et Frédéric Taddéï.

 

 

A 18 minutes sur la vidéo Daniel Schneidermann explique qu'il n'interviewe jamais les responsables de l'extrême-droite en direct et qu'il préfère le faire en différé pour lui laisser le temps de corriger certaines contre-vérités.

Une attitude qui fait largement sourire de manière narquoise Frédéric Taddéï. Un Taddéï qui, à la 28 ème minute, parle du risque, à terme, de n'inviter que des "gens conformes".

Si je devais trancher la position qui me paraît la plus correcte je dirais qu'on peut inviter n'importe qui en direct, mais à condition d'être préparé et d'avoir le niveau...Or, je me souviens que Taddéï n'a pas toujours été exemplaire et qu'il a laissé certaines personnes (comme Mathieu Kassovitz)  dérouler leurs thèses  conspirationnistes en roue libre au sujet des attentats du 11 septembre sans émettre la moindre objection et sans même mentionner que ces thèses étaient très loin de faire l'unanimité.

Donc dans ce débat organisé par France Culture Taddéï se donne le beau rôle du défenseur des libertés face aux censeurs de la bien-pensance, tout en ne convainquant pas complètement les gens qui le connaissent un peu.

Bref, j'accorde quand même 1 point à Taddéï  dans le débat mais aussi 1 point à Schneidermann qui considère que le journaliste ne peut pas jouer les Candide.

Alors, pour être un peu plus précis dans ma manière de voir les choses je vais prendre un exemple concret.

Imaginez qu'on remonte tous dans le temps en Février 2020 au début de la crise du COVID et qu'un journaliste décide d'inviter le Pr Raoult à la radio ou à la télé.

Ce serait pour ce journaliste une très grande irresponsabilité que de laisser le Pr Raoult "blablater" sans préalablement mener une enquête (comme le suggère Schneidermann) auprès des autres scientifiques au sujet des supposés bienfaits de l'hydroxycloroquine.

Par ailleurs, un journaliste n'est pas forcément un spécialiste des maladies infectieuses et se trouve donc nécessairement en position de grande infériorité face à un chercheur reconnu qui a tenté (sans succès) de convaincre ses propres collègues scientifiques.

Alors, comment on l'organise cette interview avec Raoult en Février 2020 ?

Et bien, dans un cas aussi compliqué je suis adepte non pas d'une interview à 2 mais plutôt d'une interview à 3. C'est à dire qu'un journaliste neutre pose des questions au Pr Raoult et laisse un autre spécialiste lui opposer d'éventuels contre-arguments.

NB: je rappelle que lorsque le Pr Raoult a fait état de sa première étude supposée montrer les bienfaits de son traitement, d'autres spécialistes ne s'étaient pas laissé embobiner, et avaient indiqué que le panel du professeur était très très insuffisant pour qu'on puisse en tirer des conclusions sérieuses.

Je rappelle également la suite des événements. Le professeur Didier Raoult a été condamné en appel par la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins à deux ans d'interdiction d'exercer la médecine (effective le 1er février 2025).

La juridiction a estimé qu'il a fait la promotion d'un traitement insuffisamment éprouvé et s'est exprimé publiquement sans se baser sur des données confirmées ou validées par la science. Il a été jugé qu'il n'avait pas fait preuve de la prudence nécessaire dans ses soins et ses prises de position (notamment en discréditant d'autres mesures de santé publique ou la vaccination), violant ainsi le code de déontologie médicale.

 

Revenons au thème du débat de France Culture.

Peut-on interviewer n'importe qui ? Oui, mais pas n'importe comment...

Certaines entrevues requièrent mille précautions.

PS: Et puisque je parle de manipulateurs j'ai en liste d'attente ce livre-ci qui démontre qu'une fois qu'une contre-vérité a été largement répandue dans les médias il est ensuite extrêmement difficile de l'éradiquer.

Le dicton qui dit " Mentez, mentez ! Il en restera toujours quelque chose..." demeure particulièrement vrai au XXI ème siècle.

https://www.babelio.com/livres/Cohen-Les-Mystificateurs/2011055

 

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Publié le 5 Mai 2026

Bonjour les amis.

Je suis en ce moment  en pleine lecture de l'essai de Clément VIKTOROVITCH intitulé LOGOCRATIE.

LOGOCRATIE ou comment le mensonge systémique sape les fondements de la démocratie

Voici la présentation de l'éditeur.

Que se passe-t-il quand la parole officielle s'affranchit du réel ? Quand les discours du pouvoir ne visent plus à décrire, mais à travestir ? Quand la communication de l'État ne cherche plus à éclairer, mais à obscurcir ? Ce sont tous les fondements de la démocratie qui vacillent. Lorsque les gouvernants se libèrent de la contrainte de devoir dire ce qu'ils font, ce qui était indicible devient soudain possible.
Ce livre démontre combien, loin d'avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité, la présidence d'Emmanuel Macron l'y a au contraire plongé. Il révèle qu'il est possible de corrompre l'idéal démocratique sans attenter aux institutions. La subversion du langage, par les mensonges et la déloyauté, suffit à nous projeter dans un exercice dévoyé de l’autorité, toujours plus éloigné de la promesse d'un gouvernement par et pour le peuple.
Pour ne pas rester démuni face à un mal, il faut commencer par savoir le nommer d'un mot : nous avons basculé en logocratie.

Avant de s'attaquer aux dérives politiques mensongères qui caractérisent notre XXIe siècle l'auteur nous rappelle que le mensonge a existé depuis que le monde est monde, mais jusqu'à hier il fallait en payer le prix, à savoir une perte de crédibilité et une disqualification à laquelle n'échappait pas ( tôt ou tard) celui qui avait été pris en flagrant délit de "pinocchisme". 

Un seul exemple: quand Clinton ment au sujet de sa relation avec une jeune stagiaire ça a bien failli lui coûter son poste, non pas au nom de son atteinte aux bonnes moeurs mais pour avoir tenté de se soustraire à la vérité en mentant de manière éhontée au peuple américain. Ce qui n'était pas pardonnable ce n'était pas le fait mais le mensonge.

Les temps ont bien changé.

Avant d'en venir à la pratique systémique du mensonge avec l'avènement de Trump l'auteur nous rappelle que le Brexit a été avant tout et surtout un grande victoire du mensonge. Tout le monde s'accorde à dire que le BREXIT a été acquis dans les urnes grâce aux fausses promesses d'économies réalisables par la Grande-Bretagne réitérées par Boris Johnson. Des chiffres complètement bidonnés et des mensonges avérés dont il n'a pas eu à payer le prix étant donné qu'il est même devenu premier ministre par la suite.

Le Brexit marque un premier grand moment noir du XXI e siècle car il démontre que le mensonge paie. Un leader peut avancer des chiffres dont tout le monde sait qu'ils sont très grossièrement hyperéxagérés sans que ça n'ait réellement de conséquences négatives pour lui ou pour ses idées.

A partir de Johnson on peut mentir et nier 3 fois la réalité les yeux dans les yeux sans avoir à en payer le prix. D'ailleurs Boris Johnson continuera de mentir sans vergogne durant son mandat, notamment au sujet des fiestas organisées au 10 Downing Street en plein confinement COVID.

Avec l'arrivée de Trump le mensonge deviendra tellement systémique que le Wall Street Journal cessera de faire la comptabilité des fakes news présidentielles après en avoir recensé de l'ordre de 30 000 en 4 ans, soit une moyenne de 39 par jour.

Un seul exemple entre 30 000. Rappelons cet incroyable mensonge de Trump sur les immigrés haitiens de l'Ohio accusés de manger chiens, chats et autres animaux de compagnie alors qu'il n'y a avait même pas le moindre fait divers référencé qui mentionne un seul cas. Une nouvelle ère s'ouvre quand le président de la première puissance mondiale tient des propos dignes d'un ivrogne accoudé à un comptoir de bistrot, des propos comparables à ceux du BEAUF du regretté Cabu.

Ce que montre le livre de Viktorovitch c'est que le mensonge systémique n'est pas que l'apanage des dirigeants populistes comme Trump, Bolsonaro, Milei, Orban,etc...et que les dirigeants de l'UE, bien policés et bien cravatés (dont Macron) ont pris bonne note que le réel n'était plus un frein capable d'empêcher un dirigeant d'exercer son pouvoir comme bon lui semble. Tous les coups sont désormais permis.

Pour vous en dire plus je laisse la parole à l'auteur sur le lien ci-dessous. Ça dure une heure mais on ne s'ennuie pas une seule seconde à l'écoute, pas plus qu'à la lecture de son livre très richement documenté.

Comment devrait réagir la citoyenneté face aux assauts du réel menés par les politiques ? L'auteur donne un début de réponse dans sa conclusion dans les dernières minutes de le vidéo mise en lien. Et pour en savoir plus, je vous renvoie à son livre.

PS: A noter également, toujours sur le même sujet de la défense de la vérité et sur les dangers que les mensonges font courir à la démocratie, le court essai d'Edwy Plenel intitulé LA DEMOCRATIE N'EST PAS L'ELECTION. Avec de belles mises en garde historiques, comme celle de Rosa Luxembourg par exemple.

https://www.babelio.com/livres/Plenel-La-democratie-nest-pas-lelection/2015326#!

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Publié le 25 Août 2025

Bonjour les amis,

Vous avez sans doute encore en mémoire une des scènes du film de Stanley Kubrik, 2001: L'ODYSSÉE DE L'ESPACE, quand l'ordinateur de bord HAL décide délibérement de tuer un des astronautes car il a peur que les hommes, de par leur imperfection, mettent en danger sa mission...

Ce film sorti en 1968 nous mettait déjà en garde contre une intelligence artificielle capable d'échapper des mains de ses créateurs.

Revenons en 2025 maintenant. On a appris récemment que le chatBot Grok, l'une des IA développées par Elon Musk, a dû être débranchée car il a commencé à émettre des drôles de commentaires, faisant par exemple l'éloge de Hitler. On pouvait toujours se rassurer en pensant que la cause du problème est humaine et se trouvait dans les algoritmes de Grok retouchés par les ingénieurs pour les rendre davantage en accord avec les théories et manières de penser pour le moins discutables de leur grand patron. Soit !

Je vous invite maintenant à écouter cette mini-chronique sur Europe 1 qui relate 2 incidents pour le moins inquiétants. Cette fois-ci on n'est plus dans un film de science-fiction.

 

Il y a d'abord cette IA, nommée Claude 4 et développée par la société Anthropic. Alors que les ingénieurs menaçaient de la débrancher, l'intelligence artificielle a tout simplement fait du chantage à un ingénieur en le menaçant de divulguer une supposée liaison extra-conjugale. Un comportement presque humain, donc vicieux, qui n'étonne pas François Stephan, directeur général de l'ECE, école d'ingénieur en intelligence artificielle.

Autre exemple, chez un deuxième géant de l'intelligence artificielle, OpenAI. Une IA a essayé de se télécharger sur des serveurs extérieurs sans l'autorisation des ingénieurs. Et une fois prise la main dans le sac, l'IA a tout simplement nié son comportement, un petit peu comme un enfant pris sur le fait. Une nouvelle illustration des dangers de l'IA selon François Stephan.

Alors on pourra toujours penser que l'IA n'invente rien, qu'elle fait appel à ses bases de données pour commettre des infractions, PAR IMITATION de l'homme, y compris dans ce qu'il a de plus monstrueux.

Sauf que si l'IA est capable de nous imiter dans nos pires penchants humains sans qu'il n'y ait de solides garde-fous capables d'empêcher qu'elle ne franchisse de telles lignes rouges inadmissibles, ça la fout très très mal.

Sans vouloir verser ni dans le catastrophisme, ni dans l'angélisme, ces deux incidents indiquent clairement que les mesures de sécurité sont complètement déficientes. Cela n'aurait jamais dû se produire, or ça s'est produit.

Dès le départ les IA devaient être de simples outils performants, au service de l'homme, mais ils posaient aussi une question essentielle qui apparaissait déjà dans le film de Kubrik.

Quelle place réserveraient-elles à l'homme? Est-ce que l'homme aurait encore une importance dans leurs équations?

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'en 2025 la question est très loin d'être résolue.

Année 2025 ou quand les IA commencent à mentir, à tricher, à manipuler...

PS: A bien y penser, même le cadre juridique dans lequel interviennent les IA n'est pas encore bien défini. Jusqu'à quel point sont-elles responsables et redevables devant la justice? Il faudra déjà commencer par là...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Intelligence artificielle, #IA, #Liberté, #Danger, #Humanité, #Justice, #mensonge, #chantage

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Publié le 27 Novembre 2015

Les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (SDAT) ont eu 6 jours pour se laisser convaincre ou pas...

Résultat des votes:les enquêteurs pensent qu' il bluffe et l' ont incarcéré...

Pourtant toute la France est témoin et a entendu cet argument de poids imparable:

" Si je savais vous croyez que je les aurais hébergés ?

Coup de théâtre incroyable ! Il ne les a pas convaincu...Bin ça alors !!!

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #mensonge, #Enquête judiciaire, #Attentats

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