litterature

Publié le 5 Mai 2026

Bonjour les amis.

Je suis en ce moment  en pleine lecture de l'essai de Clément VIKTOROVITCH intitulé LOGOCRATIE.

LOGOCRATIE ou comment le mensonge systémique sape les fondements de la démocratie

Voici la présentation de l'éditeur.

Que se passe-t-il quand la parole officielle s'affranchit du réel ? Quand les discours du pouvoir ne visent plus à décrire, mais à travestir ? Quand la communication de l'État ne cherche plus à éclairer, mais à obscurcir ? Ce sont tous les fondements de la démocratie qui vacillent. Lorsque les gouvernants se libèrent de la contrainte de devoir dire ce qu'ils font, ce qui était indicible devient soudain possible.
Ce livre démontre combien, loin d'avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité, la présidence d'Emmanuel Macron l'y a au contraire plongé. Il révèle qu'il est possible de corrompre l'idéal démocratique sans attenter aux institutions. La subversion du langage, par les mensonges et la déloyauté, suffit à nous projeter dans un exercice dévoyé de l’autorité, toujours plus éloigné de la promesse d'un gouvernement par et pour le peuple.
Pour ne pas rester démuni face à un mal, il faut commencer par savoir le nommer d'un mot : nous avons basculé en logocratie.

Avant de s'attaquer aux dérives politiques mensongères qui caractérisent notre XXIe siècle l'auteur nous rappelle que le mensonge a existé depuis que le monde est monde, mais jusqu'à hier il fallait en payer le prix, à savoir une perte de crédibilité et une disqualification à laquelle n'échappait pas ( tôt ou tard) celui qui avait été pris en flagrant délit de "pinocchisme". 

Un seul exemple: quand Clinton ment au sujet de sa relation avec une jeune stagiaire ça a bien failli lui coûter son poste, non pas au nom de son atteinte aux bonnes moeurs mais pour avoir tenté de se soustraire à la vérité en mentant de manière éhontée au peuple américain. Ce qui n'était pas pardonnable ce n'était pas le fait mais le mensonge.

Les temps ont bien changé.

Avant d'en venir à la pratique systémique du mensonge avec l'avènement de Trump l'auteur nous rappelle que le Brexit a été avant tout et surtout un grande victoire du mensonge. Tout le monde s'accorde à dire que le BREXIT a été acquis dans les urnes grâce aux fausses promesses d'économies réalisables par la Grande-Bretagne réitérées par Boris Johnson. Des chiffres complètement bidonnés et des mensonges avérés dont il n'a pas eu à payer le prix étant donné qu'il est même devenu premier ministre par la suite.

Le Brexit marque un premier grand moment noir du XXI e siècle car il démontre que le mensonge paie. Un leader peut avancer des chiffres dont tout le monde sait qu'ils sont très grossièrement hyperéxagérés sans que ça n'ait réellement de conséquences négatives pour lui ou pour ses idées.

A partir de Johnson on peut mentir et nier 3 fois la réalité les yeux dans les yeux sans avoir à en payer le prix. D'ailleurs Boris Johnson continuera de mentir sans vergogne durant son mandat, notamment au sujet des fiestas organisées au 10 Downing Street en plein confinement COVID.

Avec l'arrivée de Trump le mensonge deviendra tellement systémique que le Wall Street Journal cessera de faire la comptabilité des fakes news présidentielles après en avoir recensé de l'ordre de 30 000 en 4 ans, soit une moyenne de 39 par jour.

Un seul exemple entre 30 000. Rappelons cet incroyable mensonge de Trump sur les immigrés haitiens de l'Ohio accusés de manger chiens, chats et autres animaux de compagnie alors qu'il n'y a avait même pas le moindre fait divers référencé qui mentionne un seul cas. Une nouvelle ère s'ouvre quand le président de la première puissance mondiale tient des propos dignes d'un ivrogne accoudé à un comptoir de bistrot, des propos comparables à ceux du BEAUF du regretté Cabu.

Ce que montre le livre de Viktorovitch c'est que le mensonge systémique n'est pas que l'apanage des dirigeants populistes comme Trump, Bolsonaro, Milei, Orban,etc...et que les dirigeants de l'UE, bien policés et bien cravatés (dont Macron) ont pris bonne note que le réel n'était plus un frein capable d'empêcher un dirigeant d'exercer son pouvoir comme bon lui semble. Tous les coups sont désormais permis.

Pour vous en dire plus je laisse la parole à l'auteur sur le lien ci-dessous. Ça dure une heure mais on ne s'ennuie pas une seule seconde à l'écoute, pas plus qu'à la lecture de son livre très richement documenté.

Comment devrait réagir la citoyenneté face aux assauts du réel menés par les politiques ? L'auteur donne un début de réponse dans sa conclusion dans les dernières minutes de le vidéo mise en lien. Et pour en savoir plus, je vous renvoie à son livre.

PS: A noter également, toujours sur le même sujet de la défense de la vérité et sur les dangers que les mensonges font courir à la démocratie, le court essai d'Edwy Plenel intitulé LA DEMOCRATIE N'EST PAS L'ELECTION. Avec de belles mises en garde historiques, comme celle de Rosa Luxembourg par exemple.

https://www.babelio.com/livres/Plenel-La-democratie-nest-pas-lelection/2015326#!

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Publié le 13 Avril 2026

Bonjour les amis.

J'avais vu David Foenkinos plusieurs fois lors de ses différents passages à LA GRANDE LIBRAIRIE et l'homme m'avait séduit de par sa finesse dans ses interventions. Je n'avais jamais rien lu de lui mais c'est maintenant chose faite car j'ai terminé hier son dernier roman intitulé JE SUIS DRÔLE.

A propos du dernier Foenkinos...

C'est un roman doux-amer explorant la quête de bonheur de Gustave, un humoriste mélancolique cherchant à faire rire pour être aimé. Avec son style fluide, l'auteur dépeint un « looser magnifique » dans le milieu du stand-up parisien, mêlant mélancolie et humour sur fond de résilience.
Gustave est dépeint comme mélancolique, attachant et terriblement humain, plus doué pour la tristesse que pour la joie, ce qui crée un contraste poignant.
Le roman aborde la recherche de l'amour, la peur de l'abandon, et la résilience, montrant que le succès (ou l'art) ne guérit pas nécessairement les blessures intérieures.
Une écriture simple, fluide et délicate, parsemée d'humour et de références culturelles.
Le roman explore comment le rire peut être une politesse, mais aussi une défense dangereuse.

Foenkinos nous offre aussi une peinture sociale douce-amère des temps que nous vivons avec d'autres personnages attachants et qui captivent le lecteur. Il décrit très bien et avec acuité les différents microcosmes parisiens, avec un regard parfois ironique, acerbe, mais jamais inutilement méchant ni cruel.

J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre le chemin artistique (et tortueux s'il en est) de Gustave. Et j'ai été très troublé et sensible aux difficultés de sa vie amoureuse avec Margot: aimer c'est souvent avoir peur de décevoir l'autre.

Cette peur finit par provoquer des réactions à la fois maladroites et regrettables chez Gustave, mais tellement humaines.

JE SUIS DRÔLE est un roman très touchant et parfois poignant.

Voici ci-dessous la fiche Babelio de ce livre avec des citations et aussi des commentaires très pertinents des lecteurs.

https://www.babelio.com/livres/Foenkinos-Je-suis-drole/1975501

PS: En marge du roman, je profite de l'occasion qui m'est faite de parler des humoristes pour partager ces réflexions d'Elie Semoun sur les "fonctionnaires" du rire...

PS nº2 . Hors-sujet. Voici ma petite parodie de la semaine dernière...

A propos du dernier Foenkinos...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #roman, #humour, #humoristes, #amour, #art, #Mélancolie, #Littérature

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Publié le 9 Avril 2026

Bonjour les amis.

Hier c'était l'anniversaire de Jacques Brel qui est né le 8 avril 1929.

Cet immense artiste m'a profondément influencé dès ma petite enfance, dès que j'ai été en âge de comprendre.

Il a été, entre autres, celui qui a le mieux chanté ma terre natale avec le PLAT PAYS. 

Pour lui rendre hommage aujourd'hui j'ai choisi L'HOMME DE LA MANCHA qui est tiré de la comédie musicale éponyme.

Don Quichotte est un personnage complexe, archétype de l'idéaliste fou et généreux, qui préfère ses rêves à la réalité. Altruiste et courageux, il se pose en redresseur de torts, luttant contre la médiocrité, ce qui en fait un héros mélancolique, à la fois comique et tragique, luttant pour des causes perdues.

Don Quichotte est à la fois idéaliste, rêveur, courageux, déterminé, noble, fou, généreux, altruiste, inadapté et marginal.

On retrouve tous ces traits de caractère flamboyants dans la carrière mais aussi dans la vie du Grand Jacques.

A tel point que Brel, en rendant hommage au héros de Cervantès, trouvait également en lui son meilleur porte-parole artistique et philosophique.

Je vous mets en lien 3 vidéos. La première est un enregistrement audio de la chanson. Dans la 2 ème on peut apprécier la mise en scène, le talent de comédien de Brel et aussi de Dario Moreno en Sancho Panza. La 3 ème est un documentaire sur la comédie musicale dans lequel Brel souligne tous les thèmes du Quichotte qui lui sont chers et qui confèrent à cette oeuvre une incroyable modernité.

Lien d'intérêt qui explique la genèse de la comédie musicale et l'importance qu'elle a eue dans la vie de Brel.

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Publié le 20 Décembre 2025

Bonjour les amis.

Je suis à quelques heures du concert de Noël que je vais donner avec mon groupe choral polyphonique CADENZA ce soir à Denia ( sud-est de l'Espagne).

La préparation intense de ce concert me plonge bien évidemment en plein mythe de la Nativité.

Ceux qui me suivent sur mon blog savent que je me considère athée tout en étant profondément et irrémédiablement marqué par la morale chrétienne.

Mais quand je chante, comme ce sera le cas ce soir, c'est complètement au premier degré et totalement habité par la foi du croyant qui se réjouit de la BONNE NOUVELLE.

Par ailleurs, tous les ans, quand on aborde le mois de Décembre je ressens l'irresistible envie de revenir aux sources et de me replonger dans l'histoire du Christ.

Jésus, c'est une histoire que j'ai déjà entendue mille fois mais je suis comme les enfants.
A chaque Noël j'ai envie qu'on me la re-raconte...et j'y retrouve toujours une source d'inspiration.
Qu'on soit croyant ou pas, Jésus apporte quelque chose de tellement novateur et de tellement en rupture avec les traditions antérieures qu'il est une source constante d'étonnement, d'émerveillement et d'interrogations. J'y vois aussi une source éternelle d'amour et de vérité qui pourrait sauver l'humanité.

Cette année, pour me replonger et me ressourcer, j'ai choisi de lire le livre de José Antonio Pagola. Je le lis en espagnol mais il a été traduit en français. 

Cette histoire mille fois racontée...

Voici la présentation de l'éditeur.

La meilleure initiation sur l'inconnu de Nazareth qui a radicalement changé l'histoire du monde.
La meilleure initiation sur cet inconnu de Nazareth qui a changé l'histoire du monde.
Qui était Jésus ? À quel courant de spiritualité se rattachait-il ? Avait-il conscience que son parcours allait devenir la base d'une religion universelle ? De tous les ouvrages savants sur le Jésus de l'Histoire, voici celui qui présente la meilleure synthèse. Science et humilité sont les mots d'ordre de José Antonio Pagola qui met ici à la portée de tous ce que la recherche peut dire avec certitude sur Jésus, de sa naissance à sa mort. Il en fait un exposé clair, qui fait la part entre ce que l'on peut savoir et ce qui est à jamais hors du champ de la connaissance. Une approche historique qui n'ébranle en rien les croyants mais qui, au contraire, les conforte dans une foi vivante.

Le livre de Pagola bénéficie de très bonnes critiques que vous pourrez lire sur le lien ci-dessous:

https://www.babelio.com/livres/Pagola-Jesus--Approche-historique/454138

Je termine mon année bloguienne avec cette suggestion de lecture et vous souhaite à tous de très bonnes fêtes, en paix et en harmonie, et je prends congé de mon blog jusque début Janvier.

A très bientôt donc.

PS: voici en prime une des chansons que nous chanterons ce soir.

GAUDETE !...ce qui signifie "Réjouissez-Vous ! "

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Publié le 22 Novembre 2025

Bonjour les amis,

Hier il m'est arrivé quelque chose de peu habituel pour moi. Alors que je préparais le repas du soir j'apprenais par hasard vers 19 heures que la troupe de théâtre amateur de mon village donnerait une représentation à 20 heures à l'auditorium dans le cadre de la journée mondiale des Droits de la Femme.

Je bouclai rapidement la tambouille familiale et me précipitai vers la salle de spectacle où j'apprendrai que l'oeuvre s'intitule LA CASA DE BERNADA  ALBA et qu'elle a été écrite par Federico Garcia Lorca en 1936.

C'est donc l'une de ses dernières oeuvres du grand Lorca qui fut fusillé par des rebelles anti-républicains en août 1936, des rebelles qui, par cet assassinat lâche et odieux, envoyaient ad patres le plus grand poète et dramaturge espagnol du XXème siècle.

Mais revenons à LA MAISON DE BERNARDA  ALBA dont vous trouverez une présentation de l'argument et des personnages sur le lien ci-dessous.

Mais en fait, pour en savoir vraiment davantage sur le contenu de cette oeuvre et sur l'ensemble des thèmes abordés, il faut aller sur le lien wikipedia espagnol ci-dessous et utiliser le traducteur google pour pouvoir le lire éventuellement en français.

Je vous invite donc à en prendre connaissance avant d'aller plus loin dans la lecture de ce billet.

 

C'est donc une pièce très dense qui reflète la condition féminine du XX ème siècle et dans laquelle sont abordés les thèmes des apparences, de la haine, de l'envie, de la mort, de l'argent, de la luxure, de la lutte pour la liberté, de l'oppression, de ce qui peut se dire et de ce qui doit être tu.

Un ensemble de thèmes dont certains restent encore d'actualité tandis que d'autres nous permettent de comprendre nos racines et d'où nous venons en nous baignant dans le monde des valeurs de nos grands-parents. C'est une pièce avec un texte parfois très dynamique qui s'accélère et qui libère de manière violente les frustrations des personnages.

J'ai été impressionné par la qualité de l'interprétation de toutes les actrices de la troupe: aucun point faible dans la distribution des rôles, y compris chez les jeunes interprètes qui ont vraiment été à la hauteur.

Quant à Maria José Cardona, elle porte le rôle de Bernarda à bouts de bras.

J'ai été très impressionné par son caractère âpre et inflexible qui m'a fait penser à la grande Alice Sapritch, ce qui n'est pas un mince compliment.

Bernarda et sa fille Adela en arrière plan

Bernarda et sa fille Adela en arrière plan

La maison de Bernarda Alba
La maison de Bernarda Alba
La maison de Bernarda Alba
La maison de Bernarda Alba
La maison de Bernarda Alba

Liens d'intérêt.

Voici un bref article consacré à la représentation qui fut faite en Juillet 2025 et dans lequel la troupe est présentée.

https://elmiralldelamarina.es/el-grupo-adulto-de-emt-de-ondara-estrena-la-casa-de-bernarda-alba/

La pièce a été éditée en français dans la collection Folio

https://www.babelio.com/livres/Garcia-Lorca-La-Maison-de-Bernarda-Alba/69578

 

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Littérature, #Théâtre, #Espagne, #Federico Garcia Lorca, #Drame, #Féminisme, #Patriarcat

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Publié le 23 Septembre 2025

Bonjour les amis,

Une fois n'est pas coutume je vais vous parler d'un livre que je n'ai pas encore lu et ce, pour une raison bien simple, puisqu'il sera en vente le premier octobre prochain.

 

"Vipère au poing" ou la belle imposture !

Voici la présentation de l'éditeur:

Tout le monde a lu Vipère au Poing, premier roman d’Hervé Bazin. Chacun se souvient du récit poignant de son enfance martyre sous la férule de sa mère, la méchante Folcoche (« folle » et « cochonne »). Depuis 1948, le livre est conseillé par les enseignants, lu par des générations de collégiens : il s’est vendu à plus de cinq millions d’exemplaires, a été adapté deux fois au cinéma et vendu dans le monde entier. Roman d’apprentissage, cri de douleur d’un adolescent mal aimé, il a trouvé sa place dans notre patrimoine littéraire et dans notre imaginaire collectif. On lit Vipère au poing pour aller vers l’âge adulte. Et c’est ainsi qu’il a permis à son auteur, Hervé Bazin, de briller sur le monde des lettres jusqu’à devenir le président de l’académie Goncourt.
Voici pour la légende. Car tout est faux. Tout. Intriguée par cette mère haïe de tous et comme un contre-modèle à l’adolescence en crise, Emilie Lanez a enquêté : exhumant les archives policières et les correspondances familiales, retrouvant des témoins de l’époque, elle nous livre une autre histoire, un contre-récit vertigineux qui est l’histoire d’un féminicide littéraire.
Avant d’être un écrivain célèbre, l’auteur de Vipère au Poing fut un adolescent puis un jeune adulte menteur, qui fugue, vole sans discontinuer, escroque, menace... Poursuivi par la police, condamné par les tribunaux, privé de ses droits, il est interné en psychiatrie plusieurs fois et condamné à des années de prison. Sa famille, notables de province, panique. Surtout sa mère, Paule Hervé-Bazin. Avec maladresse, et rudesse, elle tente tout pour sauver son fils. Qui va la condamner au silence en faisant d’elle un monstre de papier : Folcoche.
À travers l’exploration des archives, Emilie Lanez révèle une famille dévastée par la littérature et comme figée pour l’éternité. Avec ses secrets, ses mensonges, son talent, ses hivers à la centrale de Clairvaux, puis sa gloire éclatante, Hervé Bazin est un personnage de roman fascinant – qui lui est enfin offert ici.
Une enquête hors du commun.

Je vous laisse le temps de vous remettre de cette présentation et, histoire d'enfoncer le clou, voici également l'article de l'Express consacré à cette enquête d'Emilie Lanez.

Alors, bien évidemment, je tombe un peu des nues, tout comme vous je suppose.

Hervé Bazin avait réussi à créer un archétype féminin très fort qui fait maintenant partie de la littérature universelle. On a tous en tête Folcoche, mère acariâtre s'il en est, au caractère implacable, une mère qui glace le sang !

On se souvient de l'interprétation magistrale d'Alice Sapritch à qui le rôle allait comme un gant dans une dramatique TV.

Tout cela n'était que fiction et on ne lira plus jamais VIPERE AU POING de la même manière maintenant.

A partir de maintenant, quand on lira ce roman, on pensera à l'épigraphe de L'ECUME DES JOURS de Boris Vian: " Cette histoire est vraie puisque je l'ai complètement imaginée..."

Mais au moins justice est faite à la mémoire de la mère d'Hervé Bazin et ce n'est pas rien. Bravo Emilie Lanez !

Quand j'ai appris la nouvelle  sur cette imposture ma première pensée est allée à Bernard Pivot, lui qui aimait tant interviewer Bazin et qui est décédé sans rien savoir de l'énorme supercherie. Cette enquête d'Emilie Lanez lui aurait littéralement troué le c^l ...! Excusez ma trivialité mais les révélations de Lanez sont vraiment déconcertantes et justifient mon petit écart de langage.

Et puis ce qui est assez incroyable c'est que la vraie histoire d'Hervé Bazin est finalement aussi fascinante que son faux récit autobiographique et révèle un profil psychiatrique complexe et assez romanesque.

A suivre donc...Je reviendrai peut-être sur ce livre après l'avoir lu moi-même.

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Littérature, #Enquête, #Emilie Lanez, #Hervé Bazin, #Vipère au poing, #imposture

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Publié le 1 Août 2025

Bonjour les amis,

Le quotidien espagnol catalan LA VANGUARDIA vient de consacrer un article  sur le thème de la sieste à travers les âges (de Sénèque à Garcia Marquez en passant par Calderon de la Barca) et à travers les géographies (de l'Europe au Japon en passant par les îles Samoa).

Je vous  mets en lien ci-dessous cet article qui met en évidence le fait que de très nombreux écrivains, penseurs et poètes ont fait l'éloge de cette pratique bienfaisante.

Si vous ne comprenez pas l'espagnol votre traducteur Google vous permettra de capter l'essentiel de l'article.

L'article rappelle à juste titre qu'à partir du début de l'industrialisation au XVIII ème siècle la sieste était plutôt mal vue, surtout dans le monde anglo-saxon. Celle-ci était associée à la fainéantise et au manque de productivité, avec de claires connotations racistes étant donné qu'elle se pratiquait surtout dans les pays du Sud.

Aujourd'hui notre regard a changé : nul ne doute des bienfaits de la sieste, et les japonais également s'y adonnent, même dans les lieux publics (inemuri).

LA SIESTE (1891)...Van Gogh

LA SIESTE (1891)...Van Gogh

J'ai peu à ajouter à cet excellent article de la VANGUARDIA. Simplement rappeller aussi que tout a ses limites, et la sieste aussi.

 Par exemple, le général Gamelin (chef des forces armées françaises), alerté par l'imminence d'une attaque allemande en Juin 1940 ne prenait pas ces signes précurseurs extrêmement inquiétants avec sufisamment de gravité, s'empressait de ne rien faire et préférait aller piquer une bonne sieste, sans doute en espérant qu'il ne fallait pas tout dramatiser et que tout allait peut-être s'arranger.

On connaît la suite et la débâcle qui s'en est suivie...

Ou alors peut-être que Gamelin espérait, à la manière d'un héros shakespearien, qu'en faisant la sieste les Dieux de la guerre lui enverraient des signaux clairs dans ses songes sur l'attitude qu'il fallait adopter face à la menace germanique ?

A sa décharge il faut préciser qu'il souffrait d'une syphilis très avancée et qu'il n'avait peut-être plus toute sa tête ni toute sa capacité de jugement.

Ce triste épisode du général Gamelin est narré dans le film documentaire CES MALADES QUI NOUS GOUVERNENT de 14 à 22 minutes sur la vidéo ci-dessous.

Pour finir sur une note d'humour il est à remarquer qu'il existe tout un festival de clichés et de stéréotypes autour de la sieste et de ceux qui la pratiquent.

Par exemple dans les BD de Lucky Luke il y a un personnage qui apparaît de manière récurrente, un mexicain qui s'asseoit à la porte du saloon et qui s'endort instantanément en baissant son grand sombrero sur le nez. Pas sûr qu'aujourd'hui les mexicains apprécient cette image d'Epinal.

ici, dans ce cas, c'est carrément tout le village mexicain qui fait la sieste...

ici, dans ce cas, c'est carrément tout le village mexicain qui fait la sieste...

Dans l'excellent album ASTERIX EN CORSE les romains ne sont pas très fair-play et pour triompher de la résistance des farouches et fiers insulaires ils les attaquent de manière lâche et particulièrement perfide pendant l'heure de la sieste. Respectaient vraiment rien, ces romains !...😂

L'art de la sieste à travers les âges...

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Publié le 6 Juin 2025

Bonjour les amis,

Je suis en train de lire en ce moment l'excellent livre de Gérard Araud intitulé ISRAEL: le piège de l'histoire.

Voici la présentation de l'éditeur.

« N’y aurait-il qu’une chance sur cent de réussir qu’il faudrait essayer. Comment organiser la coexistence pacifique de sept millions de Juifs et de huit millions de Palestiniens ? Les uns et les autres y sont chez eux. Il faut regarder vers l’avenir dans une région accablée d’histoire et laisser parler la raison sur une terre où on invoque trop facilement Dieu. »
Les violences atroces perpétrées par le Hamas le 7 octobre 2023 sur la population israélienne et leurs terribles conséquences sur le peuple palestinien ont ravivé les passions d’un conflit que l’on croyait dissous dans l’indifférence.
Sur le mode du récit, Gérard Araud revient sur ses souvenirs, ses rencontres marquantes lors de son premier poste à Tel-Aviv, puis comme ambassadeur. Il raconte ce pays complexe qu’il a vu en vingt ans changer du tout au tout et décrypte le conflit israélo-palestinien : sa radicalisation, ses rendez-vous manqués avec la paix, la violence de la colonisation en Cisjordanie… En diplomate, il dresse quelques pistes pour l’avenir et démontre que pour réussir, il faudra commencer par oublier l’Histoire. Une Histoire si contradictoire qu’elle n’est qu’un piège pour s’y égarer.

 

Israël-Palestine et les pièges de l'histoire...

C'est un livre en tous points remarquable, dans lequel l'auteur se tient à équidistance des protagonistes avec de la hauteur de vue. Un livre qui permet de comprendre les points de non-rencontre entre 2 visions politiques parfaitement opposées. il nous éclaire également sur les difficultés auxquelles ont été confrontées les partisans de la paix dans chacun des deux camps: ceux-ci jouaient littéralement leur peau à cause d'oppositions internes tenaces et dangereuses, et ont finalement échoué.

Dans un des chapitres Gérard Araud revient sur le notion de "droit historique" qu'il récuse.

Extrait:

" Lorsque les Russes se sont emparés de la Crimée en 2014, ils n’ont pas manqué de le justifier par leurs prétendus « droits historiques », argument repris pieusement par leurs partisans en Occident. J’avais alors remarqué au Conseil de sécurité des Nations unies, où je représentais la France, que la Crimée n’était russe que depuis 1783, et je m’étais demandé pourquoi s’arrêter à cette date si ce n’est pour servir d’argument dans un but précis : l’annexion de la région en 2014. Quelques années plus tôt que 1783, c’était la Turquie qui aurait pu revendiquer une souveraineté sur la région, reconnue d’ailleurs solennellement à l’époque par la Russie en 1774. La même question peut se poser à travers toute l’Europe. Quels sont les « droits historiques » sur l’Alsace, sur la Silésie, etc. ? À quelle date se placer pour les déterminer ? Poser la question, c’est souligner l’absurdité de la notion même de « droits historiques »."

Là, l'ex-ambassadeur met le doigt sur l'instrumentalisation de l'histoire à des fins fascisantes. Mais si en plus on commence à mêler des "faux droits" historiques à des éléments religieux on ne fait que compliquer encore plus l'équation qui devient sans solution.

Faire entrer le religieux dans le politique est le plus sûr moyen de garantir la guerre.

Deuxième extrait:

"Une Bible qu’on présente parfois en Israël comme une sorte d’acte notarié par lequel Dieu aurait cédé ad vitam æternam la terre d’Israël aux héritiers d’Abraham. Fuyons vite ce piège, en remarquant en passant que l’existence dudit prophète supposé avoir vécu autour de 2000 av. J.-C. est pour le moins problématique, d’autant que la Bible elle-même n’a été rédigée qu’à partir du VIII e siècle av. J.-C., plus de mille ans plus tard ! Ce débat serait de toute façon inutile puisqu’il porterait sur des croyances religieuses qui échappent par essence à toute démonstration rationnelle. Contentons-nous de rappeler que le droit international et la religion n’ont rien en commun et laissons la seconde dans sa sphère, ce qui est un combat permanent au Moyen-Orient."

Donc, la seule certitude qu'on acquiert c'est que pour pacifier la région, comme nous le souhaitons tous,  il faut fuir  de cette notion captieuse de "droits historiques", et fuir encore plus des textes religieux que ce soit la Bible, la Torah ou le Coran.

Le regard d'Araud est très réaliste et lucide. Il ne veut pas être complètement pessimiste quant à l'avenir de la région et son essai a le mérite de bien nous éclairer sur les puissants obstacles qui entravent le chemin de la paix.

NB: le bouquin d'Araud qui a occupé le poste d'ambassadeur m'a permis aussi de bien mieux comprendre les relations historiques compliquées et toujours méfiantes entre la France et Israël. Il raconte, par ailleurs, certaine anecdotes qui sont assez croustillantes à ce sujet.

Vous pourrez entendre Gerard Araud parler de son livre sur ce lien-ci.

J'ajouterai aussi l'excellente critique du livre de Gérard Araud par Achillevi que vous pourrez lire ci-dessous sur le lien de la fiche Babelio.

 

Je terminerai enfin en vous disant que je suis tellement emballé par l'auteur, et par la qualité de sa plume, que je vais lire ses autres bouquins, notamment son NOUS ETIONS SEULS qui parle de la diplomatie de l'entre-deux guerres.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #littérature, #Histoire, #israël, #Palestine, #conflit, #Hamas, #Netanyahou, #religion, #Bible

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Publié le 4 Juin 2025

Bonjour les amis,

Gainsbourg fut incontestablement un grand compositeur mais c'était aussi un grand plagieur. Il ne vivait pas à l'époque d'internet et il n'hésitait pas à signer de son propre nom des compositions qui n'étaient pas de lui.

C'est pas beau ça !

Par exemple Guy Béart a raconté que, revenu des USA, il avait offert un disque américain à Gainsbourg. Six mois plus tard il trouvait à Paris dans les bacs des disquaires "Gainsbourg Percussions"...Quelle ne fut pas sa surprise de retrouver les mêmes morceaux du disque qu'il avait offert (car il n’y en a pas qu’un) tous exclusivement signés Serge Gainsbourg !

Petite démonstration ci-dessous.

Voici l'original. C'est sans appel ! Pas la peine d'être expert en musicologie africaine pour se rendre compte que le plagiat est patent, avéré, flagrant !

https://www.youtube.com/watch?v=4izxrHTC2rQ&list=OLAK5uy_kKurW8z7yyaS6Nj-lBnADe4tMZiD1mBfo

Plus tard Gainsbourg continuera de s'inspirer d'autres compositeurs mais cette fois-ci en assumant complètement des emprunts qu'il était de toutes manières impossible de cacher.

C'est le cas de BABE ALONE IN BABYLONE inspiré par le 3 ème mouvement de la symphonie en FA majeur de Brahms. 

Commençons par l'écoute de l'original bouleversant et très romantique de Brahms.

https://www.youtube.com/watch?v=-JXvjejaVEc

Et Gainsbourg a eu l'excellente idée de réutiliser ce 3 ème mouvement dans une chanson dont l'ambiance est à mille lieux du romantisme allemand du XIX ème. Cette fois-ci il nous plonge dans le Los Angeles des années 50 où toutes les petites starlettes espèrent faire carrière, au risque de brûler leurs ailes.

Ecoutez donc.

https://www.youtube.com/watch?v=Qkb2uv4IZbQ

L'ambiance musicale est métallique, électrique, artificielle, froide, troublante, pleine d'échos, angoissante, tragique...

Le texte est d'une incroyable beauté.

Ce sont des projections visuelles électriques de ce qu'offrait cette nouvelle Babylone qu'était devenue Los Angeles.

Notre petite star qui cherchait la lumière n'y trouvera que des rêves déçus qui s'achèveront par la mort.

La voix de Birkin, si fragile, toujours au point de rupture, est bouleversante.

Le dernier vers de la chanson est terrible.

Le regard mort de la petite starlette qui s'est soit suicidée ou alors qui a été assassinée de manière abjecte et ignoble se porte une dernière fois sur une étoile, celle du shériff venu lever son cadavre.

Vous trouverez le texte intégral sur ce lien ci-dessous

PS: La petite starlette a essayé, sans succès, de suivre les traces de Marilyn Monroe mais elle termine de la même manière tragique qu'elle. Par ailleurs on peut aussi imaginer que Gainsbourg s'est inspiré de l'affaire de Betty Short surnommée LE DAHLIA NOIR dont James Ellroy a tiré un roman éponyme. Betty Short aussi voulait être actrice... 

PS nº 2 Gainsbourg ne pardonnera jamais à Béart d'avoir raconté l'anecdote que je mentionne dans mon article. Il le traitera de "blaireau" bien des années plus tard sur le plateau d'Apostrophes devant un Bernard Pivot un peu dépassé qui ne comprenait évidemment rien aux vraies raisons de l'attitude suffisante, méprisante, hautaine et abjecte de Gainsbourg.

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Publié le 19 Mai 2025

Cette seule note suspendue qui tient du miracle...

Bonjour les amis,

Hier, dimanche 18 mai, le Théâtre-Auditorium de Beniarbeig (sud-est de l'Espagne) a accueilli le concert final de la saison 2025 de l'Orchestre de la Marina Alta (OMA). Pour clôturer son cycle, le groupe a choisi l'une des œuvres les plus emblématiques du répertoire pour instruments à vent : la Sérénade en si bémol majeur, K. 361, populairement connue sous le nom de Gran Partita.

Considérée comme l'une des compositions les plus exquises et les plus ambitieuses de Wolfgang Amadeus Mozart, la Gran Partita se distingue par sa structure en sept mouvements et l'extension de l'ensemble harmonique typique à treize instruments. L'œuvre allie lyrisme, équilibre et émotion, et a transcendé la sphère strictement musicale en faisant partie de l'une des scènes les plus mémorables du cinéma : dans AMADEUS (1984), le personnage de Salieri devient particulièrement émouvant quand il décrit la beauté incomparable de cette pièce.

Cette scène la voici, à 30 secondes sur cette vidéo, quand Salieri parle de ce miracle produit par une seule note, une seule note maintenue par le hautbois, comme suspendue.

« Sur le papier ça n’avait l’air de rien. Le début était simple et presque comique. Une pulsation, bassons, cors de basset. Un bandonéon rouillé qui miaule. Et ensuite, soudain, haut perché... un hautbois. Une seule note flottant comme suspendue, jusqu’à ce que la clarinette vienne la reprendre, et l’adoucir en une phrase de pur délice. Ah ! Ce n’était certes pas un singe savant qui avait pu composer cela. C’était une musique exceptionnelle, empreinte d’une telle tension, d’un tel inépuisable désir... il me semblait entendre la voix de Dieu.»

https://www.youtube.com/watch?v=cVVWN7qSLkQ

Voici une belle version trouvée sur youtube de cet adagio (3 ème mouvement de la Gran Partita).

https://www.youtube.com/watch?v=NecLh4YOT9M

L'interprétation d'hier par l'ensemble à vent de la OMA, sous la direction artistique de Francesc Estévez, a été à la hauteur de mes espérances. Une interprétation très sensible, soignée, précise et délicate, à la hauteur du génie de Mozart.

Et cette note de l'adagio dont parle Salieri, effectivement elle tient du miracle, un miracle qui s'est reproduit pour moi hier soir, en direct.

PS: A noter un détail important. Hier soir, entre chaque mouvement de la Gran Partita, un locuteur a préalablement lu avec beaucoup de talent des extraits de la correspondance de Mozart avec son père, des extraits à la fois très touchants dans lesquels on sent que le grand compositeur était à la fois très enthousiaste mais aussi déçu par le manque de réponses de son père.

Finalement nous avons eu droit à un spectacle musico-littéraire !

Liens d'intérêt:

- sur l'oeuvre

https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9r%C3%A9nade_KV_361

- Vidéo de l'oeuvre intégrale avec ses 7 mouvements

https://www.youtube.com/watch?v=k0ig72-rj0s

- sur l'orchestre de la OMA

https://www.orquestramarinaalta.com/

 

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