justice

Publié le 6 Juin 2026

Bonjour les amis.

La France vit un double drame. A la douleur collective provoquée par le martyre dont a été victime la petite Lyhanna s'ajoute l'insupportable fait d'apprendre que cette tragédie aurait dû être évitée.

En effet la citoyenneté est informée que plusieurs plaintes contre le seul et principal suspect Jérôme B. avaient été déposées avant le drame de Fleurance, dont une qui va peser très lourd dans le dossier car en août 2025 c'est une plainte pour viol sur mineure qui est enregistrée en Haute-Garonne. La plainte en question est étayée par le fait qu'un médecin a établi un certificat attestant de lésions anales et vaginales sur la fillette. Que fallait-il de plus pour réagir?

On se dit qu'avec de tels éléments accusatoires toutes les alertes vont immédiatement passer au ROUGE VIF, or on apprend que l'affaire va être traitée comme s'il s'agissait d'un simple vol. Le suspect ne sera même pas auditionné. Pas la moindre garde à vue, ni le moindre interrogatoire.

On nous explique qu'il a fallu passer le dossier d'un parquet à un autre et qu'en 2026 tout se fait encore par des moyens traditionnels lents ( la Poste) même quand il y a urgence.

Atterrissons 2 secondes. Tout cela est inaudible. Personne ne peut imaginer un seul instant que, par exemple, une affaire de terrorisme ne soit pas traitée dans l'urgence avec tous les moyens modernes de communication et de croisements informatiques de données dont on dispose.

Le Garde des Sceaux a déjà demandé pardon à la famille pour cet énorme raté judiciaire.

Deux enquêtes sont ouvertes et on assiste sur certains plateaux TV à des réactions corporatistes de magistrats qui semblent vivre sur une autre planète et qui s'offusquent d'être pointés du doigt au milieu de cette grave crise. Certains d'entre eux ont une curieuse conception de la séparation des pouvoirs et affirment que l'éxécutif ne peut pas à la fois demander une enquête et conclure avant qu'elle n'ait eu lieu.

Or, avec le peu d'éléments dont on dispose, le fait qu'il y ait eu un énorme et tragique raté est peu discutable. En fait les enquêtes nous permettront de savoir si les dysfonctionnements sont dus à des fautes personnelles de magistrats ou à un problème systémique de l'institution ou à un manque de moyens ou à un mélange des trois.

Il faudra du temps pour analyser la chaîne de manquements qui aboutit au drame de Fleurance mais il est sain et très normal que la société demande des comptes aux magistrats, et des comptes assez rapides car il est clair que le fonctionnement de la justice va entrer de plain-pied dans le débat des présidentielles 2027.

Ce fonctionnement très laxiste était déjà au coeur de l'actualité suite aux émeutes liées à la victoire du PSG en coupe d'Europe. Je vous  résume : plus de 800 personnes interpellées, une soixantaine de policiers blessés et seulement 3 personnes en prison à l'heure où j'écris ces lignes.

Que les magistrats le veuillent ou pas ils sont au coeur du débat politique car quand ils échouent dans leur mission c'est toute la société qui a l'impression de ne plus être protégée.

C'est tellement vrai qu'aux USA certains magistrats sont élus par le peuple. Je ne plaide pas pour un système à l'américaine (en tout  cas pas encore) mais la question pourrait devenir pertinente si le laxisme judiciaire que j'observe se maintenait et si aucun parti politique ne tentait d'y porter remède.

Affaire Lyhanna ou quand les magistrats s'offusquent d'être pointés du doigt...

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Publié le 10 Mars 2026

Bonjour les amis.

C'est une terrible histoire dont je vais vous parler aujourd'hui. Il s'agit de 2 soeurs pakistanaises qui vivaient en Catalogne dans le Nord de l'Espagne, qui ont été mariées de force et qui ont été tuées pour l'honneur au Pakistan.

les deux soeurs Aneesa et Arooj

les deux soeurs Aneesa et Arooj

Résumé des faits.

L'histoire des filles de Ghulam Abbas, Aneesa (24 ans) et Arooj (21 ans), est un cas tragique de « crime d'honneur » survenu en mai 2022 au Pakistan.

Les deux sœurs vivaient à Terrassa, en Espagne. Elles avaient été forcées d'épouser leurs cousins l'année précédente lors d'un voyage au Pakistan.


En mai 2022, elles ont été incitées à retourner au Pakistan sous un faux prétexte (on leur aurait dit que leur mère était malade). Une fois sur place, leur famille a tenté de les forcer à entamer des démarches de visa pour faire venir leurs maris en Espagne. Face à leur refus persistant et leur volonté de divorcer pour refaire leur vie en Espagne, les deux sœurs ont été torturées, étranglées et abattues dans la ville de Gujrat.

Six membres de la famille ont été arrêtés au Pakistan en Mai 2022, dont l'un de leurs frères (Shehryar), un oncle et leurs maris. Ils étaient accusés d'avoir torturé et tué les deux sœurs parce qu'elles refusaient de parrainer le visa de leurs maris (des cousins épousés de force) pour qu'ils les rejoignent en Espagne.
Moins d'un an après les faits, en février 2023, les suspects détenus au Pakistan ont été remis en liberté.

Au Pakistan, les lois sur les crimes d'honneur permettent parfois des acquittements si la famille "pardonne" aux meurtriers, bien que des réformes législatives aient tenté de limiter cette pratique.

Le père, Ghulam Abbas, a été arrêté en Espagne en février 2023, soupçonné d'avoir orchestré le plan depuis Terrassa pour « laver l'honneur » de la famille.

Le procès du père a lieu en ce moment en Espagne. Le parquet a requis 14 ans de prison contre Ghulam Abbas. Sont également au banc des accusés les deux frères impliqués dans les assassinats.

Je vous mets en lien l'article d'EL PAIS qui est accessible sans être abonné. Et si vous n'avez pas de connaissances en espagnol le traducteur google vous permettra de comprendre parfaitement la teneur de l'article, notamment au sujet du martyre qu'ont subi les deux jeunes soeurs.

Alors, si je vous parle de cela aujourd'hui c'est d'une part pour rappeler qu'il existe sur cette planète des endroits où des systèmes de valeurs fondés sur des idéologies archaïques et barbares peuvent pousser un père à tuer ses filles, ou un frère à assassiner sa soeur pour « laver l'honneur » de la famille.

Mais c'est aussi parce que je suis terriblement irrité par le relativisme culturel des "décoloniaux" en France et ailleurs qui ferment les yeux sur les pires horreurs commises par leurs compatriotes ( le Mal c'est uniquement l'homme blanc occidental, les autres sont naturellement bons) et aussi par ces néo-féministes vivant dans le coton occidental et qui dénoncent notre patriarcat à nous mais qui restent muettes quand il s'agit de prendre la défense des femmes au Pakistan, en Iran ou en Afghanistan.

Je termine mon billet juste avec une petite statistique pas piquée des hannetons.

Au Pakistan, la police a enregistré plus de 470 crimes dits d'«honneur» en 2021, selon la Commission des droits de l'Homme du Pakistan (HRCP). De nombreux cas ne sont toutefois pas signalés car les familles ont tendance à protéger les responsables.

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Publié le 6 Février 2026

Bonjour les amis.

Je n'ai jamais prêté beaucoup d'attention à l'affaire Epstein que je considérais comme une histoire sordide et glauque, plutôt propre à satisfaire un certain voyeurisme vulgaire, une sale histoire éloignée de mes préoccupations et qui se passait entre milliardaires pervers.

Sauf que le récent déballage de milliers de documents du département d'Etat de justice américain met en évidence le fait qu'une élite internationale vit dans un autre monde (ça on le savait) et ne respecte pas les lois auxquelles nous sommes tous soumis sans qu'elle ne soit inquiétée le moins du monde.

Avant d'aller plus loin je vais laisser la parole à Natacha Polony dans l'excellent l'excellent édito qu'elle consacre à ce sujet et qui est sur le lien ci-dessous. Elle fait bien le bilan de ce que cette  affaire révèle de notre société corrompue.

https://www.facebook.com/reel/1978762766046284

Polony dit avec raison que face à cette entreprise de corruption morale qui touche les sommets de plusieurs Etats on ne peut pas se limiter qu'à de l'indignation.

Je suis bien d'accord avec elle, sauf que l'on sait que la justice américaine (et les  autres également) n'est plus à même de corriger les graves dérives morales anti-démocratiques qui sont mises en évidence dans le dossier Epstein.

En effet les documents publiés montrent des proximités coupables qui ne constituent pas des délits, mais, bien évidemment, ce sont des proximités qui en disent très long. La fille de Jack Lang par exemple a bénéficié de largesses du milliardaire américain sans qu'on ne sache vraiment pourquoi. Son père (ancien ministre de l'Education Nationale...ça, ça ne s'invente pas) fait observer qu'accepter la générosité d'autrui n'est pas un délit.

Caroline Lang a quand même été obligée de démissionner du syndicat de la production indépendante.

https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/02/02/affaire-epstein-la-fille-de-jack-lang-demissionne-du-syndicat-des-producteurs-independant_6665147_3246.html

Quant à Jack Lang il est de notoriété publique dans de nombreux médias qu'il est suspecté de s'être fait pincer dans une party orgiaque avec des jeunes garçons au Maroc et que l'affaire aurait été étouffée pendant plusieurs années avant qu'elle ne devienne un secret de polichinelle. Le premier qui avait osé en parler sans citer le nom était Luc Ferry qui était ministre à l'époque.

Mais revenons à l'affaire Epstein et à son vaste réseau d'influence et de services rendus qui se monnaient toujours tôt ou tard. Qu'est-ce qui empêche demain un autre magnat d'en faire autant ?

On va entendre encore beaucoup parler dans les semaines et mois qui viennent des "Epstein files", et il y aura sans doute des têtes qui tomberont, des démissions, mais je ne vois pas ce que la société peut mettre en place de plus pour éviter que cela ne se reproduise.

Il ne s'agit pas d'inventer de nouvelles lois mais de les appliquer...Or, l'affaire Epstein nous démontre que dans le monde des ulra-riches la justice a tendance à devenir aveugle, notamment si on parle de trames d'influences.

On parle souvent du fait que la justice est aveugle car elle se doit d'agir en toute impartialité et objectivité, sauf que dans le cas qui nous intéresse la question serait de savoir comment on pourrait agir pour lui rendre ses yeux et qu'elle voie certains crimes...!

Ce que l'Affaire Epstein dit de nous...

Depuis les romains on sait que la puissance et la richesse corrompent. En fait, il n'y a rien de neuf malheureusement. Pas la peine de crier à la théorie du complot comme le font les MAGA.

Malgré tout je ne veux pas être trop pessimiste et j'espère qu'il y aura un AVANT et un APRÈS affaire Epstein  et que les puissants de ce monde en prendront bonne note.

PS: Petit rappel ci-dessous des propos de Luc Ferry.

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Publié le 5 Janvier 2026

Bonjour les amis,

Tout comme je vous l'annonçais dans mon papier précédent je reviens sur cet incroyable enlèvement du président vénézuélien en début d'année 2026.

Je rappelle avant toute chose que je n'avais aucune sympathie pour ce tyran responsable au bas mot de l'élimination de près de 10 000  opposants par ses services secrets. Un tyran illégitime puisque les dernières élections vénézuéliennes ont été complètement bidouillées (et très mal bidouillées) pour lui redonner le pouvoir.

https://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2024/10/de-l-amateurisme-mathematique-de-la-fraude-electorale-au-venezuela.html

Mais reprenons depuis l'année 2025. J'avais déjà critiqué en Novembre dernier la déstabilisation du Vénézuela par l'administration américaine comme l'indique le lien ci-dessous.

 

Maintenant que Trump est passé à l'action on a la confirmation de nos pires pressentiments de 2025.

Le droit international qui garantit la liberté et la souveraineté des peuples n'existe plus. C'est la loi du plus puissant qui s'impose. Si la plus grande puissance de cette planète viole le droit international c'est l'humanité toute entière qui pourrait revenir à la loi de la jungle. C'est une terrible involution qui s'inscrit dans un contexte international déjà très marqué par l'agression barbare d'une autre puissance militaire (la Russie) contre l'Ukraine et aussi par le conflit israélo-palestinien.

Donner raison à Trump c'est prendre le risque  de la donner aussi à Poutine. C'est affaiblir l'ONU (dont le rôle devient quasi inexistant...elle en est réduite à compter les points) et rendre notre monde aussi dangereux qu'il ne l'était à la veille de la seconde guerre mondiale.

On voit donc se dessiner un axe du Mal qui va de Trump, en passant par Poutine et Netanyahou et dans lequel on pourra inclure la Chine dans la mesure où ce pays ne cache pas ses intentions déclarées de reprendre Taïwan...N'oublions pas dans cet axe du Mal l'Iran, le terrorisme islamiste, le Hamas et la Corée du Nord.

L'initiative récente de Trump est assez habile cette fois-ci et cache un terrible piège pour ses détracteurs.

Le mensonge consistant à arrêter Maduro pour stopper le narcotrafic risque d'être bien perçu par l'opinion américaine pour laquelle seuls les résultats comptent. Pour les MAGA, Trump sauvera des vies aux USA et ça justifie largement le fait de ne pas respecter le droit international.

L'arrestation de Maduro va créer une profonde division en Amérique latine entre ceux qui comme Javier Milei applaudissent et les autres qui crient à l'ingérence.

Ce n'est pas seulement le Vénézuela qui est destabilisé mais tout un continent.

Mais il y a pire. L'intervention de Trump est aussi un très mauvais présage pour l'Ukraine. Il suffirait que Trump déclare Zelensky comme président illégitime pour que celui-ci se retrouve dans une position extrêmement délicate.

Sans respect du droit international il suffit d'un mensonge et tout devient possible...Tout, sauf le droit des peuples !

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Publié le 19 Décembre 2025

Bonjour les amis.

C'est un thème"incommode" que j'aborde aujourd'hui avec vous.

Vous connaissez tous cette citation attribuée à Voltaire: « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ».

L'Union européenne vient de frapper d'interdit un certain nombre de communicateurs considérés comme des propagandistes pro-russes avec de lourdes conséquences personnelles pour les intéressés.

Vous en saurez plus sur la teneur de ces sanctions sur le lien ci-dessous. Je rectifierai ensuite une des affirmations qui y est faite.

Commençons par la rectification. Il n'est pas établi que l'ex-colonel Jacques Baud ait été invité régulièrement sur des plateaux de TV russes. Par contre il est clair que ses analyses sont très proches de celles des russes.

Je lui donne la parole. Voici ce qu'il dit:

« Oui, j'ai été sanctionné pour "propagande russe".
Le fait que je n'utilise jamais de matériel russe pour mes livres, mais exclusivement des informations ukrainiennes et occidentales et que j'ai par conséquent refusé des invitations de médias russes, je reste quand même un "propagandiste russe" !
Comme je l'ai indiqué dans mes livres, mon travail ne porte pas sur qui est bon et qui est mauvais, mais sur la manière dont les médias reflètent mal les réalités sur le terrain. Je voulais montrer qu'on peut mieux comprendre le conflit même sans informations russes. L'idée est que la façon dont on comprend une crise définit la façon de la résoudre !
Je n'avais pas réalisé à quel point j'avais raison »

Ce qu'il y a d'extrêmement gênant dans cette affaire c'est que la décision autoritaire part de l'éxécutif européen sans que les sanctionnés n'aient reçu de documents officiels ni aucun acte d'accusation précis des faits qui leurs sont reprochés.

Mais il y a pire. Ils ne peuvent recourir devant aucune juridiction européenne. Il y a donc un clair déficit démocratique, un clair manquement au principe de séparation des pouvoirs.

Je vais donc donner la parole à leur défense sur ce lien youtube

Arrivé à ce stade, je ne peux que regretter que ces décisions de l'UE soient prises de cette manière.

Je ne pense pas que ces sanctions de l'UE soient décidées de façon complètement arbitraire, sans de solides raisons et motifs pour le faire, mais j'aurais préféré, et de loin, que ce soit un tribunal qui s'en charge tout en concédant aux inculpés le droit élémentaire de se défendre.

Nous vivons à l'ère de la post-vérité, des fake news, de la désinformation et des théories du complot.

Si on muselle certaines voix sans un minimum de garanties démocratiques on prend le risque de réalimenter ces théories du complot d'une part mais surtout de tomber nous-mêmes dans le terrible travers d'une société devenue liberticide.

L'un des orgueils de l'Occident c'est justement sa défense de la liberté d'expression, donc quand on la limite il faut le faire avec un minimum de garanties.

PS: Si vous voulez en savoir plus sur les graves conséquences que les sanctions impliquent pour les intéressés( interdits bancaires, fermeture des comptes youtube, impossibilités de se déplacer, etc...) je vous invite à aller sur ce lien lire les commentaires de Caius, ainsi que les articles qu'il partage.

https://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2025/12/penser-contre-soi-meme.html

PS nº 2 Le professeur de l'université de Chicago John Mearsheimer est très critique avec l'Otan depuis 1992 et  a des positions très proches de celles de Jacques Baud, et pour l'instant, il n'encourt aucun interdit aux USA...

 

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Publié le 28 Novembre 2025

Bonjour les amis,

Voici ci-dessous la Une du grand quotidien espagnol EL PAIS.

La justice espagnole envoie en prison José Luis Ábalos, ancien ministre socialiste...

Pour comprendre ce qui s'est passé et qui fait sensation je vous invite à lire l'article sur le lien ci-dessous.

C'est bien évidemment un coup dur pour le chef du gouvernement Pedro Sánchez mais celui-ci nie farouchement avoir eu la moindre connaissance de cette affaire de corruption ni y être lié en aucune façon.

Théoriquement on pourrait croire que Sánchez (qui fait face à d'autres difficultés puisqu'il ne bénéficie plus au moment où j'écris ces lignes de majorité parlementaire) est "dans les cordes".

Le pays fonctionne actuellement avec une extension automatique du cadre budgétaire de 2023, déjà prorogé en 2024, puis en 2025. Et tout indique que la situation se répétera pour 2026.

Vous en saurez plus grâce au lien ci-dessous.

Voila...On est, comme le dit assez justement l'article des ECHOS, en pilotage automatique...sauf que l'économie du pays se semble pas en souffrir, en tout cas pas pour l'instant.

Paradoxe de cette crise: cette situation de blocage des budgets oblige l'Etat à contrôler ses dépenses et à maintenir une certaine sobriété, et donc à être plus "vertueux".

Je terminerai mon billet avec des voeux et des considérations complètement personnelles, et donc parfaitement criticables.

Je ne sais pas du tout vers quoi on se dirige mais je prie le ciel pour que Pedro Sánchez puisse aller jusqu'à la fin de son mandat en 2027 et qu'il gagne les futures élections.

Depuis que je vis en Espagne il est, et de loin, le dirigeant le plus habile et le plus à même à générer des consensus dans une société très divisée. En effet, l'Espagne est politiquement aussi divisée que peut l'être la France mais il faut y ajouter le poids politique énorme des partis séparatistes régionaux (notamment en Catalogne et au Pays Basque). Ajoutez-y dans l'équation qu'il y a des partis séparatistes de gauche, d'extrême-gauche, de droite et d'extrême-droite aussi.

Pour la gauche trouver une majorité pour gouverner en Espagne est un problème plus que compliqué, c'est un problème réellement complexe, parfois difficile à expliquer aux étrangers qui n'ont pas une connaissance approfondie de ce pays.

Quant à la droite, le seul soutien vraiment important sur lequel elle puisse compter pour gouverner c'est le parti d'extrême-droite VOX. Il n'y a pas de cordon sanitaire en Espagne et, par le passé, dans les gouvernements de certaines régions comme celle de Murcia, d'Aragon, de Castille et Leon, de Valencia, d'Extremadure, il y a eu au pouvoir jusqu'en 2024 une coalition de la droite (représentée par le PP = Parti Populaire) avec VOX.

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Publié le 24 Novembre 2025

Bonjour les amis,

C'est un procès bien singulier et complètement inédit qui a secoué l'Espagne durant ces dernières semaines. Je vous résume brièvement.

Álvaro García Ortíz,  procureur général de l'Etat (nommé par le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez), aurait fait fuiter des documents concernant Alberto Gónzalez Amador, le compagnon sentimental d'Isabel Diaz Ayuso, la présidente de droite de la communauté de Madrid. Alberto Gónzalez Amador est accusé de fraude fiscale présumée et de falsification de documents. 

La suite est sur le lien ci-dessous.

C'est un dossier complexe et le procureur a été condamné sans qu'il y ait eu devant la cour l'apport d'une preuve formelle et indiscutable de culpabilité. Il est à noter que trois journalistes qui ont publié cette fuite ont affirmé durant le procès que la source ne provenait pas des services d'Álvaro García Ortíz.

Par ailleurs cette décision du tribunal est loin de trancher définitivement la question car la condamnation a été obtenue à 5 voix pour et 2 voix contre, et donc sans unanimité des magistrats.

Pour qu'une sentence aussi grave qui condamne un haut-magistrat soit comprise et acceptée par l'ensemble de la citoyenneté il aurait été souhaitable qu'elle eût été prise à l'unanimité.

Si les magistrats ne se sont pas mis d'accord ce n'est certainemement pas la classe politique qui le fera.

Quant à Pedro Sánchez il a assuré dimanche continuer de croire en "l'innocence" du procureur général de l'État tout en assurant respecter cette décision de la justice.

"Dans une société démocratique comme c'est le cas en Espagne (...), nous pouvons exprimer nos divergences quant à l'orientation de ce jugement, et je l'exprime, et je l'exprime parce que je crois en l'innocence du procureur général", a déclaré le dirigeant socialiste lors d'une conférence de presse à Johannesburg, où il a participé au sommet du G20.

Il a également dit attendre la communication du jugement détaillé pour l'étudier et voir si elle contient des éléments "controversés" qui pourraient justifier un recours devant d'autres instances, comme le Tribunal constitutionnel.

Cette affaire a malheureusement écorné les institutions et le respect de la séparation des pouvoirs.

Personnellement je n'ai pas suivi de près le procès qui était "techniquement un peu compliqué" mais, par contre, je suis témoin direct de l'impact très clivant sur la société espagnole de cette décision de justice.

L'électorat de droite jubile certes, mais le peuple de gauche est scandalisé par une sentence qu'il considère très politique.

La conséquence est donc qu'aujourd'hui très nombreux sont ceux qui soutiennent le procureur et qui voient en lui une victime expiatoire.

A tel point que hier il y a eu une manifestation de plusieurs centaines de personnes devant le tribunal suprême de Madrid à l'appel de collectifs et de syndicats pour soutenir García Ortíz qui s'est vu dans l'obligation de présenter sa démission ...Ça aussi, c'est du jamais vu après une sentence judiciaire !

Regardez ces photos ci-dessous...Rarement une décision de justice n'aura provoqué de tels remous et aura fait tout, sauf clarifier.

PS: J'ai entendu sur une radio espagnole un journaliste demander à Ramon Espinar (du parti d'extrême-gauche PODEMOS) ce qu'il avait pensé à l'annonce de cette sentence.

Il a répondu 2 choses:

1.- Je ne peux pas vous dire ce que j'en ai pensé sur le moment car si je le faisais je  commettrais un délit.

2.- J'attends toujours de savoir exactement de quoi le procureur est accusé...

Le 2 ème point de la réponse d'Espinar s'explique par le fait que la sentence de condamnation a été connue avant que ne soit publié le rapport détaillé des motifs qui expliquent cette sentence.

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Publié le 25 Août 2025

Bonjour les amis,

Vous avez sans doute encore en mémoire une des scènes du film de Stanley Kubrik, 2001: L'ODYSSÉE DE L'ESPACE, quand l'ordinateur de bord HAL décide délibérement de tuer un des astronautes car il a peur que les hommes, de par leur imperfection, mettent en danger sa mission...

Ce film sorti en 1968 nous mettait déjà en garde contre une intelligence artificielle capable d'échapper des mains de ses créateurs.

Revenons en 2025 maintenant. On a appris récemment que le chatBot Grok, l'une des IA développées par Elon Musk, a dû être débranchée car il a commencé à émettre des drôles de commentaires, faisant par exemple l'éloge de Hitler. On pouvait toujours se rassurer en pensant que la cause du problème est humaine et se trouvait dans les algoritmes de Grok retouchés par les ingénieurs pour les rendre davantage en accord avec les théories et manières de penser pour le moins discutables de leur grand patron. Soit !

Je vous invite maintenant à écouter cette mini-chronique sur Europe 1 qui relate 2 incidents pour le moins inquiétants. Cette fois-ci on n'est plus dans un film de science-fiction.

 

Il y a d'abord cette IA, nommée Claude 4 et développée par la société Anthropic. Alors que les ingénieurs menaçaient de la débrancher, l'intelligence artificielle a tout simplement fait du chantage à un ingénieur en le menaçant de divulguer une supposée liaison extra-conjugale. Un comportement presque humain, donc vicieux, qui n'étonne pas François Stephan, directeur général de l'ECE, école d'ingénieur en intelligence artificielle.

Autre exemple, chez un deuxième géant de l'intelligence artificielle, OpenAI. Une IA a essayé de se télécharger sur des serveurs extérieurs sans l'autorisation des ingénieurs. Et une fois prise la main dans le sac, l'IA a tout simplement nié son comportement, un petit peu comme un enfant pris sur le fait. Une nouvelle illustration des dangers de l'IA selon François Stephan.

Alors on pourra toujours penser que l'IA n'invente rien, qu'elle fait appel à ses bases de données pour commettre des infractions, PAR IMITATION de l'homme, y compris dans ce qu'il a de plus monstrueux.

Sauf que si l'IA est capable de nous imiter dans nos pires penchants humains sans qu'il n'y ait de solides garde-fous capables d'empêcher qu'elle ne franchisse de telles lignes rouges inadmissibles, ça la fout très très mal.

Sans vouloir verser ni dans le catastrophisme, ni dans l'angélisme, ces deux incidents indiquent clairement que les mesures de sécurité sont complètement déficientes. Cela n'aurait jamais dû se produire, or ça s'est produit.

Dès le départ les IA devaient être de simples outils performants, au service de l'homme, mais ils posaient aussi une question essentielle qui apparaissait déjà dans le film de Kubrik.

Quelle place réserveraient-elles à l'homme? Est-ce que l'homme aurait encore une importance dans leurs équations?

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'en 2025 la question est très loin d'être résolue.

Année 2025 ou quand les IA commencent à mentir, à tricher, à manipuler...

PS: A bien y penser, même le cadre juridique dans lequel interviennent les IA n'est pas encore bien défini. Jusqu'à quel point sont-elles responsables et redevables devant la justice? Il faudra déjà commencer par là...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Intelligence artificielle, #IA, #Liberté, #Danger, #Humanité, #Justice, #mensonge, #chantage

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Publié le 12 Juin 2025

Bonjour les amis,

Je suis, comme vous tous, extrêmement choqué par l'assassinat à coups de couteau d'une surveillante de collège de 31 ans au collège de Nogent.

Alors, dans ces cas-là, on essaie de comprendre et de savoir quelle a été la chaîne d'événements qui a conduit au drame.

Donc, d'après les premiers éléments de l'enquête, on apprend que finalement il était quasiment impossible de prévenir un tel crime. Il n'existait aucun signal annonciateur qui aurait pu faire passer toutes les alertes sociales au rouge vif.

Selon le magistrat, l'élève « ne manifeste aucun signe évoquant un possible trouble mental ». D’ailleurs, ni sa famille, ni le personnel éducatif n’avaient eu des inquiétudes le concernant. L’adolescent avait fait l’objet de deux exclusions « en début d’année scolaire », soit à l’automne 2024, l’une pour avoir asséné des « coups de poing à un camarade de classe », et une autre pour avoir « frappé un élève de sixième ». Il avait été exclu à deux reprises pour ces faits, mais n’avait plus jamais fait parler de lui. Au travers des différents témoignages, il est décrit comme « sociable, plutôt bon élève, intégré à la vie de son établissement », indique le procureur.

Ce premier compte-rendu présente certaines incohérences car l'élève nous est présenté comme étant "normal" sauf qu'il a été exclu deux fois pour agressions physiques.😨

Mais peut-être que les agressions entrent dans notre nouvelle normalité ?!...🤔🙄

Quelques jours avant l'assassinat l'élève avait été « sermonné » par une surveillante parce qu’il « embrassait sa petite amie ».

Après ça, « il a ressassé le projet de tuer une surveillante, n’importe laquelle »...

Donc pour comprendre cet horrible meurtre éxécuté de sang-froid je dois mettre dans la même équation le fait que l'élève avait une vie sociale plutôt normale, qu'il avait aussi une petite amie mais, qu'en même temps, et selon le procureur, il était en « perte de repères quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il n’attache pas une importance particulière ».

Ah bon ? Il n'est pas malade mais n'est pas capable non plus de faire la différence entre la vraie vie et les jeux vidéos ultra-violents qu'il affectionne ?

Donc il m'est impossible de ne pas penser que si cet élève ne présente pas de troubles psychiatriques c'est donc que notre société occidentale est devenue complètement malade, au point que ses enfants ne sont même plus capables de respecter le plus fondamental et le plus sacré de tous les droits, à savoir le droit à la vie.

Je vais faire un petit passage du coq à l'âne mais j'ai un bon ami qui est revenu cette semaine de son premier voyage au Japon et il me racontait qu'il avait été frappé par le civisme des gens et par leur respect des normes sociales. Il me disait notamment qu'il avait vu passer des groupes scolaires et que l'autorité des profs signifie encore quelque chose au pays du Soleil Levant. Les enseignants n'ont pas à lever la voix pour que leurs élèves se conforment à leurs injonctions. Il ne viendrait même pas à l'esprit de ces écoliers d'enfreindre les normes comportementales du groupe.

Et ce respect des normes et de l'autorité c'est exactement ce que nous avons perdu en Occident. Mon ami me disait : " Si on était capables de nous japoniser ne serait-ce que de 1% ça nous ferait pas de mal".

Pas la peine de nous "japoniser" car ces valeurs dont il parle nous les possédions et elles étaient aussi les nôtres.

Je suis sur facebook un groupe d'enseignants français et je suis effaré par le nombre d'agressions quotidiennes dont ils sont victimes. Quand un élève est expulsé par exemple pour menaces de mort il se trouve fréquemment un juge pour obliger l'établissement à le réintégrer.

Le poisson pourrit par la tête disait Mao qui reprenait un vieux proverbe chinois.

Les conséquences de ce laxisme institutionnel sont accablantes.

Le nombre de démissions dans l'Education Nationales a été multilplié par 7 entre 2008 et 2021 !

Une Education Nationale par ailleurs devenue incapable d'instruire (c'est sa mission première), et encore moins d'éduquer (mission qu'elle partage avec les familles et le reste de la société).

J'ai la faiblesse de penser que le problème dont je parle est surtout occidental et lié à notre décadence civilisationnelle. Je n'imagine pas que de telles horreurs comme comme ce poignardage à Nogent se produisent au Japon, en Corée du Sud ou du Nord, en Russie, à Cuba, dans de nombreux pays du Maghreb et d'Afrique noire, dans des pays d'Europe de l'Est, etc...

Ces pays-là n'ont pas besoin de 50 caméras ni de détecteurs d'armes dans leurs écoles.

En 2015 j'avais écrit un article sur l'assassinat d'un prof à l'arbalète qui s'était produit en Espagne. Le gamin avait 13 ans...

A-t-on avancé en Europe depuis? Bien évidemment que non...ou plutôt si, mais dans le mauvais sens...

Je suis très pessimiste car rien n'a été entrepris, au delà des grands effets d'annonce des responsables politiques, pour remédier à la dérive que je dénonce.

Quand l'autorité se délite c'est souvent irrécupérable et, dans le meilleur des cas il faut beaucoup de temps, de volonté, de constance et de suivi pour la rétablir...

Mais en plus il faut du consensus social or, si tout le monde s'accorde à pleurer amèrement la mort de cette surveillante, beaucoup de parents s'insurgent dès que leur "pov chéri" est soumis à la moindre sanction disciplinaire, aussi minime soit-elle.

La classe politique elle-même ne montre pas l'exemple car elle ne respecte pas ses propres normes institutionnelles. Dans les débats publics entre leaders c'est souvent un langage de haine, de non-respect de l'autre que j'entends et aussi des appels à la confrontation civile qui sapent efficacement la qualité du "vivre-ensemble". Toute cette haine se transmet à l'ensemble du corps social.

Si les adultes peuvent insulter publiquement et impunément un président, un député, l'ensemble de la police ou de la gendarmerie, des professionnels de médecine, alors un petit prof ou un pion ne pèsent pas bien lourd dans l'esprit d'un collégien.

Finalement le meurtre de Nogent nous tend un triste miroir de notre société qu'on se refuse de voir.

PS: A peine après avoir terminé la rédaction de cet article je prends connaissance sur la page facebook du groupe enseignant que j'ai cité ci-dessus d'un fait divers habituel, quotidien, qui date d'hier, et qui illustre le rôle négatif de certains parents qui saisissent la justice à la moindre sanction disciplinaire. Faut pas traumatiser le "povchéri"...ni compromettre son avenir...😤

PS nº 2 : J'aborde dans mon article le laxisme des juges qui ne se limite pas bien évidemment aux seuls délits commis à l'école, comme par exemple ces peines de 500 euros et 6 mois de prison avec sursis pour ceux qui ont commis de très violents incidents criminels à Paris contre la police lors de la finale de foot PSG-Inter de Milan.

A noter à ce propos que le philosophe Michel Onfray se pose la question de savoir s'il ne faudrait pas que les juges rendent compte de leur action devant le peuple et soient élus comme aux Etats-Unis.

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Publié le 4 Mai 2025

Bonjour les amis,

J'ai vu le film-documentaire de Shiori Ito, une journaliste japonaise qui a été victime d'un viol en 2015.

Voici le synopsis suivi de la bande-annonce.

Depuis 2015, Shiori Itō défie les archaïsmes de la société japonaise suite à son agression sexuelle par un homme puissant, proche du premier ministre. Seule contre tous et confrontée aux failles du système médiatico-judiciaire, la journaliste mène sa propre enquête, prête à tout pour briser le silence et faire éclater la vérité.

Le titre du film dont la traduction serait "Les carnets de la Boîte Noire" mérite une petite explication assez édifiante. Lorsque Ito s'est rendue à la police après l'agression, on lui a répondu que sa plainte était une « boîte noire » : l'affaire s'était déroulée à huis clos et était donc irrecevable. Apparemment les prédateurs ont pris bonne note de ce lamentable état de fait.

Ce film est un documentaire très particulier, très émouvant, assez poignant, dans lequel c'est la victime qui décide de prendre sa caméra au poing et de nous faire vivre sur plusieurs années sa bataille quotidienne pour sa dignité, pour que justice lui soit rendue, pour que triomphe la vérité et que cessent des pratiques coupables dont sont victimes certaines femmes japonaises.

Shioro témoigne et interpelle la société toute entière sur la manière avec laquelle elle a été traitée  ou plutôt maltraitée par la police et par la justice de son pays. 

On apprend dans son film qu'au Japon le non-consentement n'est pas un argument suffisant pour qualifier un abus de viol: la victime doit prouver qu'il y a eu menaces ou violences physiques.

Au Japon les études indiquent que seulement 4% des cas de viols sont dénoncés devant la police. 4%, autant dire que ces cas sont les exceptions qui confirment la règle du silence honteux qui entoure ces crimes.

En maintenant sa plainte contre son agresseur Ito joue gros car, quelque soit l'issue du procès sa vie professionnelle et sociale risque d'en être détruite ou, dans le meilleur des cas, complètement bouleversée. Pour beaucoup elle sera et restera avant tout "la violée" et pour d'autres elle sera "la pute"...

Je ne vais pas dévoiler les détails de l'enquête mais Shiori montre que de très graves irrégularités ont été commises de la part du chef de la police de Tokyo dont on peut supposer qu'il a cédé à des pressions "venues d'en haut".

Ce qui apparaît également dans le documentaire c'est le fort impact social qu'aura cette affaire. Le premier ministre sera interpellé au parlement sur le déroulement irrégulier de cette affaire et aussi sur le fait que la loi devrait évoluer (notamment sur la définition du viol).

 Il y a toujours une première fois et Shioro Ito sera historiquement le premier #MeeToo japonais.

Dans ce documentaire on voit comment la société nippone se déchire entre celles et ceux qui soutiennent Shioro Ito et qui pensent que l'heure est arrivée de de ne plus avoir peur de dénoncer publiquement les abus sexuels et celles et ceux qui pensent que Shiori Ito essaie de se faire de la publicité à bon compte en portant atteinte à l'image d'un personnage puissant proche du premier ministre.

On sent bien à la fin du documentaire que cette affaire va impacter profondément la société: tout ne sera plus jamais comme avant et, rien que pour ça, Shiori Ito mérite tout notre profond respect.

Son combat pour la vérité et pour la dignité des femmes touche profondément le spectateur. Je précise que ce documentaire n'est pas un brûlot caricatural contre tous les hommes en général car certains des intervenants et des témoins masculins la soutiennent aussi dans sa lutte pour la vérité.

L'intérêt du documentaire est aussi de nous faire mieux connaître le Japon qui est un mélange improbable de grande modernité technologique dans un monde fortement traditionnel, très pudique, dans lequel certaines questions sont difficilement abordables. C'est aussi justement cette grande pudeur des asiatiques qui protège les prédateurs.

Il faut savoir enfin que ce documentaire fait suite à un livre que Shiori Ito avait publié en 2019 et intitulé LA BOÎTE NOIRE. L'événement et les remous  provoqués par la sortie du livre sont relatés dans le documentaire. Voici un extrait du bouquin qui donne le ton. 

"Mais je ne me suis jamais sentie en danger lors de mes séjours et reportages dans ces régions reculées. C'est ici au Japon, le pays où je suis née, ce pays réputé pour être l'un des plus sûrs d'Asie, que j'ai connu l'insécurité. Et ce qui a suivi le viol a achevé de m'anéantir. Je n'ai trouvé de secours nulle part. Ni les hôpitaux, ni les lignes d'assistance téléphonique, ni la police ne m'ont apporté leur aide. J'ai découvert avec effarement un visage inconnu de la société où javais vécu jusque-là."

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