immigration

Publié le 15 Novembre 2025

Avertissement au  lecteur qui me lit pour la première fois et qui ne me connaît pas. Afin d'éviter toute confusion ou tout malentendu l'auteur précise qu'il a voté toute sa vie à gauche et qu'il continuera de le faire lors des prochaines élections.

Bonjour les amis,

Hier j'ai vu un message d'Alain Souchon qui m'a fait grimacer.

C'est tiré d'une interview avec Marc-Olivier Fogiel et  voici sa phrase ci-dessous.

Quand le Souchon-politique est moins bien inspiré que le Souchon-chanteur...

C'est extrêmement maladroit de la part de Souchon. Ce n'est pas en insultant des millions d'électeurs qu'on les fait changer d'avis, ni même qu'on les amène à se poser des questions. Ce genre de message offensant provoque exactement l'effet contraire. En plus il affirme qu'il fuirait en Suisse si le RN arrivait au pouvoir...et là, tout le monde est mort de rire....Ah ces bobos !!! Ah ces bisounours !

La Suisse bien sûr !...avec tout ce que cela suppose ! Vous avez bien compris que Souchon n'est pas anti-système au point de se réfugier au Vénézuela !

Le pire c'est que Souchon est sincère...je ne mets pas ça en doute...mais c'est pathétique qu'il ne se rende pas compte d'abord de sa grande maladresse et qu'ensuite il tende le bâton pour se faire battre: annoncer qu'il s'expatrierait en Suisse...Pfff...Les mecs vivent sur une autre planète et annoncent ça à des millions de gens qui ont du mal à boucler leur fin de mois...Pathétique !

J'ai toujours aimé ce que Souchon a fait et ce qu'il a apporté à la chanson française. C'est un artiste que j'admire en fait, mais quand j'entends des déclarations comme celle-là, bin je fais la grimace quoi...Avec son grand talent pour les mots il aurait pu dire la même chose bien plus finement.

Il est libre comme tout le monde de s'exprimer sauf qu'il fait partie des "wonderful people" qui vivent dans la ouate et donc il aurait dû avoir la modestie de s'exprimer avec plus de tact et aussi d'intelligence face à des auditeurs qui ne sont pas chouchoutés par le système. Par ailleurs il est évident que nombreux sont ceux qui se contrefichent de ses options politiques et qui n'aiment pas trop les donneurs de leçons, donc raison de plus pour être plus prudent et modeste.

La provocation ça ne lui va pas bien à Souchon. C'est pas son registre ! Il ferait mieux de laisser ça à d'autres.

Il y a un paradoxe dans cette affaire. Souchon fait partie des grands artistes qui savent saisir l'air du temps. Or, il aurait dû capter que l'un des problèmes de notre époque c'est justement l'incapacité des gens à s'écouter et leur tendance à poser rapidement des étiquettes sur des personnes pour ensuite pouvoir les insulter...Et lui, tombe dans le même piège, incroyable !

Un dernier point que j'aimerais commenter.

Pour qu'un parti convainque un électeur de voter pour lui, il ne lui est pas nécessaire de lui faire lire tout son programme (d'ailleurs la grande majorité des électeurs ne les lisent pas).

Pour qu'un candidat gagne un vote il lui suffit parfois de dire qu'il y a un grand problème qui n'est pas résolu, un problème que personne ne résout, et que LUI il va en faire sa priorité. Quand j'entends parler certains RNistes je vois bien que nombre d'entre eux ne pensent pas que Bardella ferait mieux que les précédents présidents de la République en matière économique. Ils pensent qu'il ne ferait ni mieux, ni pire...Mais, par contre, ils lui accordent du crédit sur la résolution d'un problème comme par exemple les dangers d'une immigration incontrôlée.

Et ça c'est suffisant pour gagner le vote de quelqu'un qui, contrairement à Souchon, est confronté à cette réalité.

Si Souchon comprend ça, il comprendra que c'est par l'argumentation et par le débat d'idées qu'on peut mettre en garde les électeurs contre certaines dérives, et pas par l'insulte.

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Extrême-droite, #RN, #Bardella, #Suisse, #Souchon, #stigmatisation, #insultes, #immigration

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Publié le 13 Août 2025

Bonjour les amis,

Fiore, mon papa, aurait eu 85 ans aujourd'hui. Bien évidemment je me lève ce matin avec mille pensées qui lui sont adressées.

Cette année, et en mémoire pour lui, je lui dédie CHE SARÀ, cette chanson de José Feliciano qu'il aimait et dont les paroles lui parlaient forcément, à lui, qui avait quitté son hameau méditerranéen perché sur les collines calabraises à l'âge de 14 ans pour chercher quelque fortune de par le monde...

Voici une traduction française du début de la chanson qui n'a rien à voir avec la reprise française de Mike Brandt que son parolier a transformé en bluette sentimentale pour adolescentes.

Mon pays qui est sur la collinePaese mio che stai sulla collina
Étendu comme un vieux endormiDisteso come un vecchio addormentato
L'ennui, l'abandon, le néantLa noia l'abbandono
sont ta maladieNiente son la tua malattia
Mon pays, je te quitte et je m'en vaisPaese mio ti lascio io e vado via

Que sera, que sera, que seraChe sarà che sarà che sarà
Que sera de ma vie, qui le saitChe sarà della mia vita chi lo sa
Je sais tout faire ou peut-être rienSo far tutto o forse niente
Demain on verraDa domani si vedrà
Et ce sera, ce sera ce qui seraE sarà sarà quel che sarà

Mes amis sont presque tous partisGli amici miei son quasi tutti via
Et les autres s'en iront après moiE gli altri partiranno dopo me

Dommage, car j'étais bien en leur compagnie                                    
Peccato perché stavo bene in loro compagnia

Et puis cette chanson est indissolublement associée a des souvenirs précis de ma jeunesse. Lors de nos réunions familiales à la maison (parfois improvisées) il arrivait dans les années 70 que mon cousin Francesco empoigne sa guitare et la chante avec mon père.

Cette chanson était devenue comme une forme d'hymne de la communauté des immigrés italiens...

" Que sera de ma vie, qui le sait ? ...Je sais tout faire ou peut-être rien...Demain on verra..."

" CHE SERÀ? " est la question existentielle que se sont posée tous ceux qui ont un jour largué les amarres dans leur vie.

Mon papa avait émigré d'abord en Belgique, puis était passé dans le Nord de la France pour travailler dans les mines de charbon de Wallers-Arenberg (celle-là même qui correspond au roman et au film GERMINAL). Un changement de cadre énorme, un choc pour quelqu'un qui débarque du sud méditerranéen.

Je vous mets en lien une photo prise à partir de la maison où il est né, en haut des collines calabraises près de Campora San Giovanni. Du balcon de sa maison il voyait la Méditerranée et à droite, à l'horizon, le volcan Stromboli...

Le Stromboli vu depuis Augurato (hameau de Campora San Giovanni)

Le Stromboli vu depuis Augurato (hameau de Campora San Giovanni)

Sur cette photo apparaissent également les champs dans lesquels mon père devait accomplir, enfant, des travaux agricoles assez durs...Et c'est peut-être là qu'il a aussi connu ses premiers émois amoureux...Ça, il ne m'en a jamais parlé...

Une chose est sûre: c'est là que tout avait commencé...et son pays, tout en adorant la France qui fût sa terre d'accueil, il ne l'a jamais oublié...il le portait en lui.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #musique, #chanson, #José Feliciano, #Italie, #Calabre, #immigration

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Publié le 19 Août 2023

Bonjour les amis,

Je viens de terminer la lecture de PORCA MISERIA un livre autobiographique de Tonino Benacquista, écrivain et scénariste, né en France de parents italiens.

Ce titre il faut l'expliquer. "Porca miseria" est un juron que les italiens lâchent quand ils sont vivement contrariés. On pourrait traduire cette locution en français par " Bon sang ! ". Mais ce juron contient aussi le mot "misère", cette maudite misère qu'essaient de fuir les immigrés.

Voici un résumé du livre fait par l'éditeur:
« Les mots français que j’entends ma mère prononcer le plus souvent sont cholestérol et contrariété. Je m’étonne qu’une femme ayant tant de mal à amadouer sa langue d’adoption puisse connaître deux termes selon moi si savants. Contrariété l’emporte de loin. Elle finit par se l’approprier comme s’il la débarrassait du devoir d’aller mieux, et qu’une fois prononcé, rien ne l’obligeait à développer, tout était dit, contrariété.
Les soirs où l’affrontement avec son mari devient inévitable, elle assène le mot ruine, en italien, c’est la note la plus aiguë de son lamento, la rouiiiina, dont le sens est sans équivoque : c’est l’émigration, le départ maudit, la faute originelle, la source de tous ses maux, la contrariété suprême. »
En 1954, la famille Benacquista quitte l’Italie pour s’installer en banlieue parisienne. Les parents, Cesare et Elena, connaîtront le sort des déracinés. Dans ce bouleversant récit des origines, leur petit dernier, Tonino, restitue avec fantaisie cette geste. Il raconte aussi les batailles qui ont jalonné sa conquête de la langue française.
Avec Porca miseria, Tonino Benacquista trace la lumineuse trajectoire d’un autodidacte que l’écriture a sauvé des affres du réel.
"

Voici ce qu'écrit Palamède sur la fiche Babelio consacrée à ce livre:

"Un ressentiment réciproque des parents que l'un noie dans l'alcool et l'autre dans la dépression, un naufrage parental dont les enfants sont les premiers à pâtir, voilà ce que raconte Tonino Benacquista dont l'immigration d'Italie en France de ses parents dans les années 50 n'a pas rempli ses promesses, bien au contraire. Pourtant pour le benjamin de la fratrie, le seul des cinq enfants à être né en France, si le constat est amer face à ceux qui ne lui ont transmis aucune culture, que d'ailleurs ils n'avaient pas, le salut, l'ouverture au monde passera par la littérature. Une littérature qui s'est d'abord refusée à lui, incapable qu'il était d'ouvrir un livre pendant une partie de sa scolarité, tout en aimant déjà, ce qui est pour le moins paradoxal, écrire des histoires. Des histoires qu'on ne peut qu'aimer, comme celle de sa famille, avec ses mélancolies, ses bas et ses hauts, ses hontes et ses fiertés. Parce que qu'il se livre sur une profonde dépression arrivée au moment du succès, ou qu'il réécrive l'histoire de ses parents sous un jour plus favorable pour leur rendre hommage, car dit-il : « Se livrer au plaisir de l'extrapolation, c'est se consoler du talent que la vie n'a pas eu. » Tonino est un merveilleux conteur qui par la force de son humour et la finesse de son imagination nous séduit irrésistiblement."

 

J'ai dévoré ce livre et j'y ai retrouvé tellement d'éléments de ma vie personnelle ou de personnes qui me sont proches que, parfois, il m'arrivait de faire une petite pause de lecture.

J'ai sélectionné deux extraits.

D'abord un premier dans lequel l'auteur parle de l'une de ses soeurs qui est retournée vivre en Italie…

"Anna va choisir la voie exactement symétrique. Il est dit que dans une
famille d’immigrés de trois enfants et plus il s’en trouve toujours un pour retourner au bled. À l’occasion de vacances dans son village natal, elle rencontre son futur mari. Pas un Turinois, ni un Sicilien, mais un gars du cru. Comment s’en étonner ? Avec lui, elle rebâtira la maison même où elle a vu le jour, et où elle vivra le reste de sa vie. Comme si elle reprenait son histoire là où elle avait été interrompue et que ce passage en France était une ellipse enfin refermée. La voilà de retour."

Et voici un deuxième extrait qui raconte quand le père prépare le départ en vacances au pays natal:

"La veille il a pris soin de glisser dans nos bagages des plaquettes de
chocolat et des paquets de café en vue de passer pour un parent prodigue
aux yeux de la famille. Laquelle fait semblant de s’émerveiller au lieu de le
rassurer : les Italiens ne souffrent d’aucune privation. Il ne réalise pas qu’il
fait preuve de la même condescendance que son frère américain à son égard
quand il lui envoie un billet de dix dollars dans un courrier…."

J'ai une petite anecdote personnelle au sujet du café et du chocolat que mes parents également apportaient aux amis et aux voisins restés au pays.

Un jour, alors que j'avais une dizaine d'années, j'ai surpris une conversation en italien entre deux voisines de mon grand-père paternel. L'une d'entre elles disait à l'autre qu'elle n'aimait pas le café torréfié à la française, et comme elle n'arrivait pas à se résoudre à jeter ce café que mes parents lui avaient offert (car ça aurait quand même été dommage) elle l'incorporait peu à peu " à petites doses" en le mélangeant avec son café italien habituel...Tout ça pour ne pas gâcher la marchandise !

Mes parents étaient loin de s'imaginer que leur café était "éliminé" à petites doses!....🤣🤣🤣

 

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Publié le 9 Avril 2017

Bonjour les amis,

Je viens de terminer un roman assez volumineux de plus de 700 pages de Luca di Fulvio intitulé LE GANG DES RÊVES.

En voici un résumé:

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt...
L'histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. 
Roman de l'enfance volée, Le Gang des rêves brûle d'une ardeur rédemptrice : chacun s'y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l'illusion de la pureté.

"Le gang des rêves" de Luca Di Fulvio

Alors c' est un roman assez torrentiel qui commence en Italie au début du siècle dernier.Cetta, jeune paysanne italienne fuit son pays et arrive à New-york avec son bébé née d' un viol.

Pour survivre elle devra vendre son corps et elle luttera avec une seule obsession: devenir américaine, et que son fils, rebaptisé Christmas  soit un citoyen américain à part entière.

Le récit est dense avec des allers et venues dans différentes époques.Nous suivons l' itinéraire de Cetta, la jeune immigrée qui ne connait pas un mot d' anglais et qui découvre New-York, et en parallèle celui de son fils Chris qui  devra apprendre à survivre à l' école de la rue, une rue qui est livrée aux rivalités entre gangs: les irlandais, les juifs, les italiens...

Le personnage de Chris est celui qui porte le récit.Il est très débrouillard,a du culot,et possède une intelligence hors du commun qui lui permet de se frayer un chemin, et de tenter de vivre son rêve américain.

On est happé par l' histoire qui nous fait croiser plein de personnages hauts en couleurs issus des bas-fonds new-yorkais.Certains sont truculents, d' autres pathétiques:il y a des pauvres prolos hyper exploités, des braves types et des méchants teigneux, des durs, des petits truands sans ambition,des maquereaux et des vrais caïds.

Ce roman est aussi une grande histoire d' amour. Chris va porter secours à Ruth qui est une jeune juive issue d' une famille très aisée et qui a été victime d' une agression horrible.Chris tombera sous le charme de Ruth qui est extrêmement traumatisée par son agression.

Cette histoire d' amour semble à priori impossible puisque Chris et Ruth appartiennent aux deux extrêmes de l' échelle sociale.Les relations entre Ruth et Chris seront le fil rouge de tout le récit et tout ce que va entreprendre Chris sera fait par amour pour Ruth.

Par ailleurs, Di Fulvio nous fait suivre aussi en parallèle la trajectoire violente et sanguinaire de Bill, l' agresseur de Ruth.C' est lui qui incarne le Mal absolu dans le roman...

Le livre nous fera revivre l' Amérique des années 20 , de l' avant- prohibition, du cinéma muet et parlant, de la radio, de la comédie musicale et de Broadway...On y voit aussi l' Amérique de l' immigration,des ghettos, du racisme, des syndicats, des premières usines automobiles FORD et de la taylorisation.

Le récit nous promène de la côte Est à la côte Ouest où Hollywood attire tous ceux qui rêvent de fortune et de faire du cinéma.On y découvre une industrie cinématographique naissante, quasi mafieuse, très cynique où les jeunes filles trop innocentes sont exploitées sans vergogne.

Le début du roman fait penser à IL ETAIT UNE FOIS L' AMÉRIQUE de Sergio Leone mais cependant avec une différence importante:Chris, même s' il est en contact avec la pègre va chercher rapidement une solution personnelle pour sortir de la délinquance.Impossible de séduire Ruth en restant dans l' illégalité.

Chris possède une imagination hors du commun et un charisme qui lui permettent de subjuguer ceux qui l' écoutent.L' Amérique toujours à la recherche de jeunes talents lui donnera sa chance...Quant à son histoire avec Ruth, il faudra attendre la dernière page pour savoir comment elle se conclut.

Il faut ajouter qu' il y a dans ce roman de très bons dialogues et une bonne dose d' humour. C'est finalement une écriture très cinématographique....à tel point qu' on se demande s' il n' y aura pas un metteur en scène en mal d' inspiration qui va tenter d' en faire une adaptation.

Moi si je devais produire ce film je chercherais déjà le nouveau Di Caprio pour tenir le rôle Chris...et la nouvelle Monica Bellucci pour tenir le rôle de Cetta.

Pour le personnage de Ruth je l' imagine comme ça...

 

 

"Le gang des rêves" de Luca Di Fulvio

Pour en savoir plus sur ce roman, vous pouvez aller sur ce lien.

Je dédie ce petit billet à ma copine d' origine romaine Sonia qui est en plein milieu du roman et qui ne l' a pas encore fini...et qui a été la première à proposer Bellucci dans le rôle de Cetta.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Littérature, #roman, #Etats-Unis, #Immigration

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