ia

Publié le 22 Août 2026

Bonjour les amis.

Hier je partageais avec vous les indignations de Luc Ferry au sujet de notre mauvaise approche de la problématique posée par les IA.

https://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2026/08/ces-fausses-batailles-perdues-d-avance-contre-les-intelligences-artificielles.html

Dans mon billet d'hier je disais que je restais extrêmement sensible aux lanceurs d'alertes qui, contrairement à Luc Ferry, pensent qu'on a complètement perdu de Nord et que l'humanité se met elle-même en grand danger.

Donc aujourd'hui je donne la parole à la défense avec Aurélien Barrau qui fustige notre aveuglement au sujet d'une innovation capable de mettre en péril le concept même d'humanité.

Commençons par une brève intervention mise en lien ci-dessous dans laquelle il indique que l'IA est une atrophie des possibles qui met en cause notre liberté fondamentale, et donc, à terme, notre essence même en tant qu'êtres vivants.

Et maintenant continuons avec un débat  dont la structure est la suivante.

00:00 - Introduction : Le vrai bilan de la technologie face au vivant

01:03 - Aurélien Barrau : L'effondrement écologique et la pollution du numérique

04:16 - Les ravages immatériels : Addiction, surveillance et perte de liberté

08:59 - ChatGPT et l'Art : Pourquoi l'IA ne fera jamais de vraie poésie 1

2:09 - Asma Mhalla : L'IA comme arme géopolitique de suprématie (USA vs Chine)

16:22 - La guerre de l'hyper-vitesse militaire : Ukraine, Gaza et drones autonomes

18:47 - L'Europe face aux géants de la Tech : Régulation et IA Act

23:17 - Résister par le réel : Pourquoi il faut réinvestir le monde physique

26:58 - Faut-il démanteler le numérique ? La solution radicale d'Aurélien Barrau

32:22 - Innovation ou confort ? Les vrais dangers du "saut quantique" technologique

38:02 - L'indécence de la Tech : Quand Huawei récupère le génie d'Alexander Grothendieck

40:24 - Questions du public : Justice algorithmique, biais et vidéosurveillance

45:59 - Quelle est la véritable singularité de l'être humain face à la machine ?

51:49 - Les algorithmes de recommandation et le capitalisme pulsionnel

A 4 min 40 sec sur la vidéo Barrau explique très bien en introduction la nocivité intrinsèque des machines qui provoquent une décompréhension de notre environnement et un monopole d'où le monde vivant devient exclu.

On ne peut pas être plus en désaccord total et irréconciliable avec les propos de Ferry.

Alors, me direz-vous, duquel des 2 côtés serait-il plus sage de se ranger ?

Premièrement je vous répondrai que le développement des IA ne va pas dépendre de nous car nous allons souffrir sur ce thème très important d'un gros déficit démocratique et allons assister au triomphe d'une pensée unique.

Et ensuite je me défilerai (à moitié) devant la question posée en vous répondant que l'histoire sera probablement du côté de Ferry (hélas !) mais que pour moi, au fond, c'est Barrau qui détient la vérité fondamentale, une vérité que l'ensemble des décideurs de cette planète n'écoutera jamais.

Le développement des IA est une des plus grandes tragédies du XXI ème siècle avec le réchauffement climatique, avec une différence de taille toutefois entre les deux catastrophes : en effet, on ne peut pas physiquement stopper le réchauffement climatique sur une période courte (tout au plus vous pouvez le freiner et ça prendrait des décennies) alors qu'il est techniquement parfaitement possible de stopper l'envahissement de nos espaces d'activités par les IA. Donc on pourrait le faire...mais on ne le fera jamais.

Pourquoi ? Pour plein de raisons et je vous en livre une entre mille. Les IA sont devenues des acteurs essentiels dans les guerres du XXI ème siècle. Si les IA participent à notre sécurité militaire alors leur développement est garanti à 100%. Aucun dirigeant de cette planète n'y renoncerait...

 

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 21 Août 2026

Bonjour les amis.

Le philosophe Luc Ferry et le Dr Laurent Alexandre ont littéralement tapé du poing sur la table lors d'une audition à l'assemblée nationale en Avril dernier contre ceux qui se livrent à une bataille d'arrière-garde complètement perdue d'avance contre les IA.

Voici leur intervention énergique sur la vidéo ci-dessous.

J'ai justement fait appel à l'intelligence artificielle Gemini de Google afin qu'elle m'aide à rédiger une bonne synthèse que j'adjoins ci-dessous de l'argumentaire de Luc Ferry.

Ce qui énerve particulièrement le philosophe Luc Ferry chez ceux qui alertent contre l'intelligence artificielle (ou à l'inverse, chez ceux qui tentent de rassurer faussement le public) c'est la posture de déni, l'aveuglement face à la réalité technique et l'hypocrisie des discours médiatiques de "rassurement". Sa colère et ses critiques se concentrent sur plusieurs points précis :

1. Le créneau médiatique du "rassurement" trompeur.

Luc Ferry fustige ceux qui affirment de manière condescendante que "l'IA n'est pas vraiment intelligente", qu'elle "ne comprend rien" ou qu'elle "est pleine de défauts". Pour lui, ce discours cherche simplement à rassurer les masses avec des mensonges. Il rappelle qu'une IA n'a pas besoin de "penser" au sens humain pour surpasser radicalement l'homme dans la médecine, la comptabilité ou la logistique.

2. Le déni face au "Grand Remplacement" des emplois.

Il s'agace des experts qui minimisent l'impact de l'IA sur le marché du travail. Contrairement à ceux qui n'y voient qu'un simple outil de "complémentarité", Luc Ferry affirme haut et fort que l'IA va supprimer des centaines de millions d'emplois, y compris les métiers intellectuels et qualifiés (médecins, radiologues, juristes).

3. Les fausses postures éthiques ou "un peu chochottes".

Luc Ferry s'oppose fermement aux intellectuels ou politiques qui veulent freiner ou boycotter l'IA par peur éthique. Selon lui, adopter une posture de "chochotte" face à l'IA est un suicide géopolitique. Le philosophe rappelle une règle brute : "Ceux qui maîtriseront l'IA domineront le monde". S'interdire d'avancer au nom de la prudence, c'est simplement accepter de se faire coloniser technologiquement par les États-Unis ou la Chine.

4. L'immobilisme et le décalage des institutions.

Il dénonce le retard de l'Éducation nationale et des universités françaises qui refusent de voir la révolution en cours. L'incompétence à adapter les écoles à la vitesse de l'IA condamne, selon lui, les classes moyennes et populaires à un déclassement massif.Si vous souhaitez approfondir la pensée de l'auteur, dites-moi si vous voulez explorer :Sa position exacte sur ce qu'il appelle l'IA forte (la conscience des machines).Les solutions concrètes qu'il propose pour réformer l'école face à GPT.

Pour ma part, tout en étant très sensible aux messages de ceux qui nous alertent sur les dangers associés aux IA, je ne peux m'empêcher de donner raison à Luc Ferry sur le fait que pendant que mille et un  experts crient " Au loup, au loup ! " les IA s'installent imperturbablement sans rencontrer le moindre type de résistance.

Force est de constater qu'il n'y a pas de vraie bataille. Ce n'est pas une opinion, c'est un fait.

Donc la question importante n'est plus de savoir comment limiter les champs d'applications des IA, mais plutôt comment ne pas les laisser aux mains d'intérêts privés qui ne sont pas nécessairement très démocratiques. Ce n'est pas le boom imparable des IA qui est sujet à débats mais plutôt leur encadrement.

Comment s'approprier les IA ou, tout du moins, une part importante d'entre elles ?

Combien de personnes savent-elles que l'Union européenne et ses États membres financent des projets d'envergure pour créer des infrastructures et des modèles d'intelligence artificielle souverains ? Moi je ne le savais pas jusqu'à ce que j'écrive ce billet.

L'UE a notamment lancé un appel d'offres pour financer jusqu'à sept « gigafactories d'IA » (ou usines d'IA), qui sont de grands centres de calcul destinés à entraîner la prochaine génération de modèles.

Je vous mets ci-dessous un appel d'offres qui date de juillet 2026.

Donc voila. Ferry a probablement raison. L'enjeu est là. La bataille se situe là et si nous ne la menons pas, d'autres, comme Elon Musk occuperont le terrain. 

PS: L'intervention de Ferry m'a tellement interpellé que je me suis lancé hier dans la lecture de son essai intitulé: IA: GRAND REMPLACEMENT OU COMPLÉMENTARITÉ ?

https://www.babelio.com/livres/Ferry-IA--grand-remplacement-ou-complementarite-/1798536

Présentation de l'éditeur.

En 1997, un événement inouï secoue le monde : Deep Blue, un logiciel d`intelligence artificielle, triomphe de Garry Kasparov, champion du monde d`échecs. Pour la première fois, une machine « sans âme » surpasse l`intelligence humaine dans sa forme la plus pure. Depuis, l`IA a connu une progression exponentielle que nul n`avait anticipée. Les LLM (large language models), ces IA génératives, produisent aujourd`hui textes, images et vidéos avec des performances qui dépassent largement celles des humains les plus talentueux. Face à cette révolution, certains évoquent, entre peur et scepticisme, le mythe de Frankenstein, où la créature échappe à son créateur. Et pour cause : la plupart des chercheurs du domaine sont convaincus qu`une AGI (intelligence artificielle générale) ou « super-IA » verra le jour dans la prochaine décennie, capable de nous surpasser dans tous les domaines. Sept questions cruciales pour l`avenir de l`espèce humaine émergent dans ce monde où l`IA sera omniprésente : des performances inattendues, pourquoi ? Des entreprises sans salariés ? Des IA créatives dans les arts et lettres ? Des machines conscientes ? Vers l`immortalité ? Comment réguler ? Comment conjurer la peur en organisant la complémentarité IA-humain ? Passionné de science et fort de dix années de recherche sur le sujet, Luc Ferry a pu échanger avec les meilleurs spécialistes mondiaux. Au-delà de la science pure, ces questions relèvent de l`éthique, de la politique et de la philosophie. Cet ouvrage présente les fruits de cette réflexion sur un enjeu dont aucun politique n`a encore pris la mesure, mais qui s`avère vital pour l`avenir de nos enfants.

Du danger de faire fausse route face au boom des intelligences artificielles...

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 28 Avril 2026

Bonjour les amis.

Palantir Technologies est une entreprise américaine spécialisée dans l'analyse de données massives (Big Data) et l'intelligence artificielle, fondée notamment par Peter Thiel et Alex Karp. Elle fournit des plateformes logicielles (Gotham, Foundry) permettant aux gouvernements, services de renseignement et grandes entreprises d'intégrer, visualiser et analyser des données disparates pour prendre des décisions.

Elle bénéficie du soutien plein et entier de Donald Trump.

Palantir a rendu public il y a quelques jours un manifeste en 22 points qui a provoqué un tumulte sur les réseaux sociaux et dans la presse. En fait ce manifeste n'est pas une première. La proposition initiale a été formulée par Peter Thiel , fondateur et l'un des principaux actionnaires de l'entreprise, dans son ouvrage *Le Moment Straussien *, où il expose clairement sa position quant à ce qu'il considère comme le plus grand danger menaçant les États-Unis : la menace que représentent leurs adversaires, animés par l'islamisme. Face à ce défi, Thiel juge insuffisants les idéaux libéraux des Lumières, notamment le rationalisme, les droits individuels et une économie conforme à ces valeurs. Le programme politique qu'il propose s'appuie sur les théories du philosophe Leo Strauss , qui soutient que la modernité et les Lumières ont érodé les mythes fondateurs qui unifiaient les sociétés. En réponse, la solution, selon lui, serait un système politique échappant aux contre-pouvoirs de la démocratie représentative ; un cadre exceptionnel dirigé par une avant-garde élitiste opérant dans l'ombre, sans être soumise au contrôle démocratique. La société a besoin de risque et de rupture, affirme Thiel.

Le manifeste qui vient d'être rendu public affirme que l'ère de la dissuasion nucléaire est révolue et que ce pouvoir destructeur appartient désormais aux logiciels , ou plus précisément, à l'intelligence artificielle. Il propose que le débat ne porte pas sur la possibilité de considérer l'IA comme une arme, mais plutôt sur qui construira ces armes et dans quel but. Palantir, qui y travaille déjà, serait la réponse. Cette position est défendue dans un autre passage : assez de soft power (sous-entendu, la démocratie) ; il faut du hard power, et ce pouvoir est construit grâce aux logiciels et (sous-entendu) contrôlé par la République technologique. Viennent ensuite des remarques sur la guerre culturelle, mais le cœur du sujet, après avoir affirmé la suprématie technologique, concerne les questions militaires : le rétablissement du service militaire obligatoire, la garantie de la demande d'armements par la technologie, et un curieux appel à un débat sur l'intervention militaire américaine à l'étranger. Le manifeste se conclut par le mantra de Thiel : nous devons « résister à la tentation superficielle d'un pluralisme vide et insubstantiel » (encore une fois, la démocratie).

Afin d'entrer plus dans le détail de ce manifeste je partage avec vous sur le lien ci-dessous une analyse détaillée des 22 points publiée par LE GRAND CONTINENT.

Vous y trouverez chaque point du manifeste de Palantir traduit en français ainsi qu'une analyse des intentions qui sous-tendent chacun des points. C'est un peu long mais, pour le coup, ça vaut la peine de tout lire...

Bienvenue dans le monde de Palantir, un monde qui fait déjà partie du nôtre, un monde qui pourrait nous faire basculer tous dans un effroyable désordre politique profondément anti-démocratique, un monde terrifiant qui (contrairement à Google, Apple ou Tik Tok) ne se donne même plus la peine de cacher ses véritables intentions.

NB: Pour en savoir plus voici des liens d'intérêt sur 2 livres consacrés aux idéologues néo-réactionnaires qui inspirent Trump :

https://www.babelio.com/livres/Miranda-Les-Lumieres-sombres--Comprendre-la-pensee-neorea/1923969

https://www.babelio.com/livres/Le-Grand-Continent-Le-Grand-Continent-LEmpire-de-lombre-Guerre-/1883744

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 10 Décembre 2025

Bonjour les amis.

Le XXIème siècle se profile avec de nombreux défis tellement inquiétants pour l'humanité qu'on peut affirmer sans éxagération que c'est son propre avenir qui est en jeu.

Or, notre siècle (et à cause des nouvelles technologies de la communication concentrées entre les mains de quelques oligarques) s'illustre par une remise en cause systématique de toute réalité, pour aussi scientifique qu'elle soit, dès qu'elle devient dérangeante pour les grands intérêts financiers de cette planète.

Mais avant d'aller plus loin je vous invite à écouter l'écrivain Gerald Bronner sur cette vidéo entre 15 et  21 minutes.

 

NB: Si vous ne pouvez accéder à cette vidéo que j'ai mise en lien depuis votre zone géographique, vous pourrez éventuellement y accéder sur cette autre lien.

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/saison-18/7695285-emission-du-mercredi-19-novembre-2025.html

Donc Bronner explique bien de quelle manière finalement assez simple, et assez dabolique, les grands groupes financiers de cette planète mettent en échec certaines des  transitions nécessaires que l'humanité devrait mettre en oeuvre dès qu'elles nuisent à leurs propres intérêts.

Pour s'opposer à une vérité scientifique qui dérange, les géants de l'industrie et les dirigeants politiques populistes comme Trump  produisent des discours contradictoires (en finançant eux-mêmes des études à cet effet qui n'offrent aucune garantie d'impartialité), et inondent les réseaux de faux documents vidéos créés avec l'aide des IA et destinés à semer le doute et à créer un scepticisme généralisé.

A une vérité ils n'opposent pas une simple contre-vérité mais un doute généralisé dont l'effet sera dévastateur.

Cela est très efficace car les humains, en cas de doute, vont privilégier ce qu'ils ont envie d'entendre et ce qui les intéresse. C'est ce que les américains appellent, dans le jargon de la psychologie, le Whishfull thinking ou la pensée désidérative. Puisque rien n'est certain autant croire ce qui nous intéresse !

Bronner résume ce phénomène très bien en expliquant que c'est l'application de la maxime de Saint Thomas, mais prise à l'envers.

Au fameux " Je ne crois que ce que je vois"  de St Thomas, au XXIème siècle on oppose " Je ne vois que ce que je crois".

Or, nous savons tous que si nous nions la réalité elle se rappelle toujours à nous, tôt ou tard.

Un seul exemple de déni entre mille. Du 1er au 5 décembre 2025 s'est tenu à Paris une réunion de plus de 600 scientifiques du GIEC pour établir un nouveau rapport sur l'évolution du réchauffement climatique et sur les initiatives urgentes à prendre. Mais Trump a récemment qualifié à l'ONU le réchauffement climatique de "plus grande arnaque du siècle".

https://www.tf1info.fr/international/la-plus-grande-arnaque-jamais-menee-la-charge-de-donald-trump-a-l-onu-contre-le-changement-climatique-2396390.html

La plus grande arnaque du siècle c'est sans doute Trump lui-même et le défi pour l'humanité sera de se prémunir de lui et de tous ceux ( et ils sont nombreux et puissants) qui utilisent ses méthodes.

Comment le XXIème siècle célèbre le déni du réel et fait triompher la pensée désirante...

PS: La formule à l'envers de la maxime de St Thomas " Je ne vois que ce je crois" me frappe terriblement, tant elle me paraît bien observée. Je l'observe dans mon entourage bien sûr, mais moi-aussi je ne me considère pas du tout à l'abri de ce terrible travers.

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Vérité, #Science, #Fake news, #GAGAM, #Trump, #IA, #Mensonges

Repost0

Publié le 22 Octobre 2025

Bonjour les amis,

  Data For Good, QuotaClimat et Science Feedback sont trois ONG qui nous alertent sur un phénomène inquiétant: les médias commettent de plus en plus de mésinformations et de désinformations au sujet du réchauffement climatique et sont donc complices de tous ceux (et ils sont nombreux) qui tentent d'empêcher les politiques nécessaires de transition.

Tout cela est bien expliqué dans cet article de LA DÉPÊCHE.

https://www.ladepeche.fr/2025/10/22/medias-francais-la-desinformation-climatique-progresse-selon-un-rapport-qui-epingle-plusieurs-chaines-et-radios-13006282.php

Je note également ceci dans cet article assez inquiétant:

"L’étude relève aussi la nature des émetteurs de fake news : dans le secteur privé, 46 % des cas proviennent directement de journalistes ou de chroniqueurs, contre 8 % seulement dans le public, où 92 % des affirmations trompeuses émanent d’invités, souvent politiques..."

J'aimerais y ajouter deux commentaires:

- Donc, plus j'écoute des chaînes privées et plus je risque d'entendre ce que j'ai envie qu'on me dise, à savoir qu'on me déresponsabilise de toutes mes préoccupations écologiques au bénéfice, bien évidemment, des grands intérêts financiers qui sont à l'origine du problème posé.

- Par ailleurs les journalistes font un métier difficile car ceux-ci doivent avoir un minimum de connaissances sur des dossiers complexes de telle manière qu'ils devraient être capables lors de leurs interviews de contredire immédiatement n'importe quelle personnalité politique qui énonce une contre-vérité flagrante sur ce thème.

Or, non seulement les journalistes n'ont souvent pas les connaissances nécessaires, mais en plus, et comme le montre l'enquête, ce sont carrément eux qui colportent les fakes news. Le comble quoi !

La distinction entre journalisme et relations publiques avait clairement été mise en évidence dans cette citation de George Orwell: « Le journalisme consiste à imprimer quelque chose que quelqu'un ne souhaite pas voir imprimé ; tout le reste relève des relations publiques ». Cette célèbre citation souligne que le journalisme, par essence, vise à révéler l'information qui dérange, tandis que les relations publiques servent à promouvoir un point de vue spécifique.

PS: Hors -sujet...et puisque je parle de vérité.

Je fais souvent le procès, à juste titre, dans mes papiers des mensonges qui se propagent grâce aux manipulations réalisées avec l'aide des IA.

Mais parfois les IA permettent aussi d'établir des vérités. Regardez le document ci-dessous.

Quand la désinformation climatique se répand dans nos médias...

Comme l'explique l'écrivain Sylvain Forge:

L’IA n’est pas uniquement synonyme de deepfake : elle peut aussi dévoiler la vérité dans les replis cachés de l’histoire.
Grâce à l’intelligence artificielle et à l’enquête menée par l’historien allemand Jürgen Matthäus en collaboration avec des experts en open-source (notamment le collectif Bellingcat), le bourreau apparaissant sur la fameuse photo « Le Dernier Juif de Vinnytsia » a été identifié comme étant Jakobus Onnen.
Une photo prise à la fin des années 1930 montre Onnen dans un contexte civil, avant sa participation aux Einsatzgruppen : c'est un homme à lunettes, au visage sérieux, décrit comme enseignant issu d'une famille lettrée.

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 25 Août 2025

Bonjour les amis,

Vous avez sans doute encore en mémoire une des scènes du film de Stanley Kubrik, 2001: L'ODYSSÉE DE L'ESPACE, quand l'ordinateur de bord HAL décide délibérement de tuer un des astronautes car il a peur que les hommes, de par leur imperfection, mettent en danger sa mission...

Ce film sorti en 1968 nous mettait déjà en garde contre une intelligence artificielle capable d'échapper des mains de ses créateurs.

Revenons en 2025 maintenant. On a appris récemment que le chatBot Grok, l'une des IA développées par Elon Musk, a dû être débranchée car il a commencé à émettre des drôles de commentaires, faisant par exemple l'éloge de Hitler. On pouvait toujours se rassurer en pensant que la cause du problème est humaine et se trouvait dans les algoritmes de Grok retouchés par les ingénieurs pour les rendre davantage en accord avec les théories et manières de penser pour le moins discutables de leur grand patron. Soit !

Je vous invite maintenant à écouter cette mini-chronique sur Europe 1 qui relate 2 incidents pour le moins inquiétants. Cette fois-ci on n'est plus dans un film de science-fiction.

 

Il y a d'abord cette IA, nommée Claude 4 et développée par la société Anthropic. Alors que les ingénieurs menaçaient de la débrancher, l'intelligence artificielle a tout simplement fait du chantage à un ingénieur en le menaçant de divulguer une supposée liaison extra-conjugale. Un comportement presque humain, donc vicieux, qui n'étonne pas François Stephan, directeur général de l'ECE, école d'ingénieur en intelligence artificielle.

Autre exemple, chez un deuxième géant de l'intelligence artificielle, OpenAI. Une IA a essayé de se télécharger sur des serveurs extérieurs sans l'autorisation des ingénieurs. Et une fois prise la main dans le sac, l'IA a tout simplement nié son comportement, un petit peu comme un enfant pris sur le fait. Une nouvelle illustration des dangers de l'IA selon François Stephan.

Alors on pourra toujours penser que l'IA n'invente rien, qu'elle fait appel à ses bases de données pour commettre des infractions, PAR IMITATION de l'homme, y compris dans ce qu'il a de plus monstrueux.

Sauf que si l'IA est capable de nous imiter dans nos pires penchants humains sans qu'il n'y ait de solides garde-fous capables d'empêcher qu'elle ne franchisse de telles lignes rouges inadmissibles, ça la fout très très mal.

Sans vouloir verser ni dans le catastrophisme, ni dans l'angélisme, ces deux incidents indiquent clairement que les mesures de sécurité sont complètement déficientes. Cela n'aurait jamais dû se produire, or ça s'est produit.

Dès le départ les IA devaient être de simples outils performants, au service de l'homme, mais ils posaient aussi une question essentielle qui apparaissait déjà dans le film de Kubrik.

Quelle place réserveraient-elles à l'homme? Est-ce que l'homme aurait encore une importance dans leurs équations?

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'en 2025 la question est très loin d'être résolue.

Année 2025 ou quand les IA commencent à mentir, à tricher, à manipuler...

PS: A bien y penser, même le cadre juridique dans lequel interviennent les IA n'est pas encore bien défini. Jusqu'à quel point sont-elles responsables et redevables devant la justice? Il faudra déjà commencer par là...

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Intelligence artificielle, #IA, #Liberté, #Danger, #Humanité, #Justice, #mensonge, #chantage

Repost0

Publié le 5 Mai 2025

Bonjour les amis,

C'est un livre excellement bien écrit et très pertinent que nous propose Giovanni da Empoli qui est un observateur qui sait bien décrypter les temps que nous vivons.

 

L'heure des prédateurs ou quand Da Empoli dresse un constat effrayant de notre monde...

Voici la présentation de son éditeur.
"Aujourd’hui, l’heure des prédateurs a sonné et partout les choses évoluent d’une telle façon que tout ce qui doit être réglé le sera par le feu et par l’épée. Ce petit livre est le récit de cette conquête, écrit du point de vue d’un scribe aztèque et à sa manière, par images, plutôt que par concepts, dans le but de saisir le souffle d’un monde, au moment où il sombre dans l’abîme, et l’emprise glacée d’un autre, qui prend sa place."
Giuliano da Empoli nous livre le compte-rendu aussi haletant que glaçant de ses pérégrinations au pays de la puissance, de New York à Riyad, de l’ONU au Ritz-Carlton de MBS. Il nous guide de l’autre côté du miroir, là où le pouvoir s’acquiert par des actions irréfléchies et tapageuses, où des autocrates décomplexés sont à l’affût du maximum de chaos, où les seigneurs de la tech semblent déjà habiter un autre monde, où l’IA s’avère incontrôlable… Aucun doute, l’heure des prédateurs a sonné. L’auteur du Mage du Kremlin les regarde en face, avec la lucidité d’un Machiavel et la hauteur de vue du moraliste.

La structure du livre surprend le lecteur car Da Empoli nous propose un voyage à la fois dans notre espace géographique actuel (l'ONU, Ryad, l'Europe, la Russie, la Chine. etc...) et aussi dans le temps (la conquête espagnole du royaume aztèque, l'art de la guerre vue par Léonard de Vinci, les luttes entre princes à l'époque des Borgias, etc...).

L’introduction de ce livre dissimule une citation de Sándor Márai qui mérite d’être lue dans son intégralité :

«Il se peut que la lumière qui éclaire notre univers s’éteigne et que nous soyons plongés dans une obscurité pareille à celle de cette nuit. Peut-être même quelque cataclysme,pire que la guerre, est-il déjà déclenché et, dans l’âme humaine, partout, les choses évoluent-elles de telle façon que tout ce qui doit être réglé le sera parle feu et par l’épée. Il se peut que cette réponse soit réellement arrivée. » (Sándor Márai, Les Braises, trad. du hongrois par Georges et Marcelle Regnier, Paris, Albin Michel, 1995, p. 161.

Il est difficile de vivre le présent et d'en faire en même temps une lecture historique mais ce qui frappe Empoli (et nous aussi d'ailleurs) c'est l'incroyable retounement de situation qui voit l'alliance des autocrates autoritaires (Trump, Poutine, Xi Jinping, Erdogan, Orban,etc...) avec les géants de la Tech (Musk, Bezos, Zuckenberg, etc...), le tout aggravé par le pouvoir effrayant des IA.

Le constat d'Empoli est sans appel: l'heure des prédateurs a de nouveau sonné si tant est que nous ayons pu croire y échapper à un certain moment de notre histoire.

Le livre, très court de145 pages, est de grande qualité littéraire avec des descriptions à la fois très soignées et ciselées au scalpel. Par ailleurs l'auteur nous y livre aussi des anecdotes inconnues du grand public qui pour certaines d'entre elles sont assez savoureuses tandis que d'autres vous feront dresser les cheveux sur la tête. Rien que pour ça ce livre mérite le détour.

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un des commentaires de l'auteur au sujet de Trump.

« Il n'y a pratiquement aucune relation entre l'intelligence intellectuelle et l'intelligence politique »....« Le monde est rempli de personnes très intelligentes, même parmi les spécialistes, les politologues et les experts, qui ne comprennent absolument rien à la politique, alors qu'un analphabète fonctionnel comme Trump peut atteindre une forme de génie dans sa capacité à résonner avec l'esprit du temps. »

Je suis tenté d'ajouter que Trump peut se permettre aujourd'hui de dire n'importe quelle sottise car il se trouvera toujours quelque expert brillant pour tenter de nous faire croire que le président américain a raison et qu'il voit plus loin que les autres.

Finalement, ce dont nous parle le livre d'Empoli c'est du danger de déshumanisation profonde de nos sociétés victimes de nouveaux prédateurs dont les méthodes brutales et violentes sont directement inspirées par les pires tyrans du passé.

C'est ça qui se joue durant notre XXI ème siècle, et pour pouvoir s'en prémunir il faut déjà commencer par bien observer ce qui se passe tous les jours sous nos yeux.

Plus qu'un livre de révélations L'HEURE DES PRÉDATEURS nous propose une mise en perspective spatio-temporelle globale dans laquelle l'auteur tend des ponts entre des éléments historiques auxquels le lecteur n'avait pas forcément pensé.

Vous trouverez sur le lien Babelio ci-dessous des critiques qui complètent ma brève présentation.

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Littérature, #Empoli, #Géopolitique, #IA, #autocrate, #Maquiavel, #Pouvoir, #gafam, #Trump

Repost0

Publié le 3 Octobre 2024

Bonjour les amis,

Ce billet d'aujourd'hui est la suite de celui d'hier qui est mis en lien ci-dessous et que j'avais consacré au certificat de vie que je dois fournir à ma caisse de retraites pour continuer de percevoir en Espagne ma modeste pension française.

Je reviens donc sur ce courrier reçu par ma caisse de retraites dans lequel on me propose deux manières de produire un certificat de vie :

1.-  la manière habituelle qui consiste à télécharger un certificat, à l'amener à la mairie de ma ville pour qu'il soit signé et frappé d'un sceau de la municipalité par un fonctionnaire, puis le rescanner et le renvoyer de manière télématique via la plateforme internet de la caisse française de retraites.

2.- On fait tout à la maison. Il faut d'abord télécharger une application sur son portable et ensuite il faut suivre une série d'actions programmées étapes par étapes qui consistent (au fur et à mesure que le logiciel le demande et donne des instructions) à se filmer soi-même la bouche ouverte, puis fermée, puis les yeux ouverts, puis fermés. Il faut également photographier un document d'identité (carte d'identité ou passeport) des 2 côtés et enfin il faut passer la puce électronique de la carte d'identité sur l'écran du portable pour qu'elle soit identifiée.

Et voilà. Le tour est joué. En moins de 10 minutes le certificat a été établi et je l'ai reçu sous forme de fichier pdf alors que la manière habituelle me prend plusieurs jours puisqu'il faut amener le certificat à la mairie et revenir un autre jour pour le rechercher.

Alors, pour le coup, moi qui suis un peu réfractaire à l'utilisation parfois imposée des portables, j'ai été ravi et émerveillé comme un enfant de 5 ans par les possibilités d'identification qu'offrent les nouvelles technologies.

Dans la série " On vit une époque formidable" j'ai eu l'impression d'être ce matin l'acteur d'une petite scène de science-fiction.

Ces nouvelles reconnaissances anthropométriques réalisées  grâce aux téléphones portables...

Alors, je sais bien que ces intelligences artificielles qui m'émerveillent aujourd'hui peuvent être aussi de terribles instruments de contrôle et d'aliénation mais, en attendant, cette histoire de certificat de vie réalisé chez moi ce matin ça m'a vraiment bien plu.

En ce qui concerne les IA et leurs dangers, je commence aujourd'hui la lecture du dernier livre de Yuval Noah Harari intitulé NEXUS. J'y reviendrai peut-être dans un de mes futurs billets après l'avoir lu...à suivre donc...

Résumé :
Les histoires nous ont réunis. Les livres ont diffusé nos idées et nos mythologies. Internet nous a promis le savoir infini. Les algorithmes ont découvert nos secrets - et nous ont divisés. Quel monde nous promet l'IA ?
Depuis cent mille ans, nous, les Sapiens, avons acquis un gigantesque pouvoir. Mais malgré nos découvertes, inventions et conquêtes, nous sommes aujourd'hui confrontés à une crise existentielle inédite. Le monde est au bord de l'effondrement écologique. Les tensions politiques se multiplient. La désinformation abonde. Et nous entrons de plain-pied dans l'ère de l'IA, un réseau d'information qui sera bientôt capable de nous dominer.
Avec ce nouvel ouvrage, Yuval Noah Harari, l'auteur du best-seller mondial Sapiens, revisite l'histoire de l'humanité pour comprendre comment les réseaux d'information ont fait et défait notre monde. Il aborde les choix cruciaux auxquels nous sommes - et serons - confrontés, au moment où l'IA révolutionne la médecine, la guerre, les démocraties, et menace notre existence même.
Nexus est un livre capital pour comprendre comment, en faisant des choix éclairés, il nous est encore possible d'empêcher le pire.

Voir les commentaires

Repost0