flamenco

Publié le 26 Juillet 2025

Bonjour les amis,

En contrepoint de mes deux billets prédédents consacrés aux fêtes de Sant Jaume qui se déroulent en ce moment dans mon village et qui termineront aujourd'hui très tard dans la nuit, j'aimerais vous parler un peu des bals populaires qui animent ces festivités.

Durant ces bals on entend les chansons qui ont marqué l'année en cours, mais aussi des airs un peu plus anciens qui sont restés dans la mémoire collective de tous les espagnols. C'est le cas de CAMINANDO POR LA VIDA (marcher à travers la vie) une chanson composée en 2005 par l'artiste asturien MELENDI.

C'est une chanson entraînante et qui invite naturellement à danser, une chanson qui est composée sur un rythme très proche de celui de la Rumba. CAMINANDO POR LA VIDA mêle également des éléments empruntés au flamenco et au rock.

 

Vous trouverez-ci-dessous les paroles originales accompagnées d'une traduction française.

Voici maintenant une version LIVE devant un public complètement conquis.

Ce soir, dans mon village, c'est le groupe LA TRIBU qui se chargera de l'animation musicale. Les voici ci-dessous à Cantaviejo il y a quelques jours de cela.

Caminando por la vida...

Et voici également 2 liens vidéos pour vous les présenter.

LA TRIBU chantant PETER PAN du groupe EL CANTO DEL LOCO (le chant du fou)

Je ne sais pas si la chanson de Melendi dont je vous ai parlé aujourd'hui sera au programme de LA TRIBU ce soir mais c'est bien possible, et si c'est le cas, votre serviteur ne pourrra pas s'empêcher de se remuer un peu les fesses et d'entamer quelques pas de danse. Ce sera irrésistible pour moi (et pour tout le public). 

Quoiqu'il en soit la nuit sera longue, longue, longue à devenir demain...Ce soir on tire les dernières cartouches.

VIVE LES FÊTES POPULAIRES ! VIVE SANT JAUME !

PS: Hier c'était le jour de ces fêtes qui était dédié aux "quintos", les groupes d'amis du même âge qui se retrouvent...Ça va de 1 jusqu'à plus de 77 ans et chaque groupe est identifiable avec sa propre chemisette...

A ne pas confondre avec les "penyas" dont je vous avais déjà parlé précédemment qui sont des groupes d'amis qui ont leur propre local dans la rue durant ces fêtes, des locaux (garitos) permettant d'y souper tous les soirs et d'y faire la fête. Les penyas sont également identifiables elles aussi grâce aux chemisettes. Ma penya, par exemple, s'appelle ELS AMBULANTS.

Donc la situation fréquente d'un participant lambda c'est qu'il soupe tous les soirs avec sa penya, sauf le jour des quintos qu'il va passer avec ceux qui ont le même âge que lui.

Ça n'a pas l'air comme ça mais tout est extrêmement codifié. Par ailleurs cette organisation qui dure une dizaine de jours permet de créer naturellement du lien social dans le village, un lien très fort. Les touristes peuvent assister à ces fêtes qui sont ouvertes à tous et ils sont les bienvenus mais ils ne sont pas l'âme de la fête. Pas de mondialisation, pas de globalisation. Ces fêtes sont également un fort identifiant culturel.

Soupers populaires dans la rue de quintos

Soupers populaires dans la rue de quintos

Groupe de quintos dans les arènes..

Groupe de quintos dans les arènes..

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Espagne, #Melendi, #Rumba, #Flamenco, #Fêtes populaires, #Bals, #danse, #Musique

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Publié le 3 Décembre 2023

Bonjour les amis,

Peut-on interpéter du flamenco à la harpe ?

Une partie de la réponse est sur cette vidéo ci-dessous.

Ecoutez, et laissez-vous porter par la harpe d'Ana Crismán...

Alors oui, la magie opère, et quand à 2 minutes 30 secondes Ana Crismán laisse son instrument de côté pour entamer quelques pas de danses, on a été conquis et on a envie de se lever et d'applaudir.

Pourtant le pari n'est pas simple car la guitare qui est l'instrument par lequel est né le flamenco permet de plaquer des accords très dynamiques et très secs, percussifs, ce qui est moins aisé avec une harpe.

En fait Ana est une pianiste qui a reçu une formation classique et qui s'est formée à la harpe de manière autodidacte. Elle est originaire de Jerez (l'un des berceaux de la culture flamenca), et donc, d'une certaine manière, le flamenco fait partie de son ADN. Elle n'essaie pas d'imiter la guitare. Elle repense cette musique qui possède des harmonies qui lui sont propres (comme par exemple le mode phrygien) avec sa harpe. Elle compose elle-même différentes formes stylistiques de pièces flamencas: tarantas, rondeñas, seguiriyas, granaínas, soleá, bulerías, alegrías, guajiras, tientos, tangos et fandangos.

Je vous remets un autre extrait musical de cette émission télé de type I GOT A TALENT. Regardez ce qui se passe à 1 minute 58 secondes. José Mercé (chanteur de flamenco très connu en Espagne et qui fait partie des membres du jury) ne résiste pas, ne se contient plus et se lance dans une improvisation vocale sur la bulería qu'interprète Ana...Moment de magie...et à 3 minutes 40 secondes c'est une standing ovation.

Voila. C'était ma découverte musicale de la semaine. Ana est la seule compositeure flamenca qui utilise une harpe.

Une petite précision: j'ai beau vivre depuis plus de 30 ans en Espagne je reste assez ignorant en matière de culture flamenca. J'en sais maintenant un peu plus, entre autres, grâce à un ami chanteur et percussionniste natif de Cadix qui m'en a expliqué les rudiments. Cette forme artistique c'est tout un univers en soi qui mêle à la fois musiques, chants et danses avec des parties différenciées, parfois improvisées, qui offrent au spectateur une expérience esthétique qui est parfois de l'ordre du mystique.

Le flamenco, tout comme le blues, c'est d'abord un état d'esprit. Peu importe l'instrument musical qui en sera le support.

Je souhaite à Ana Crísman une longue carrière qui lui permettra d'exprimer artistiquement sa passion pour le flamenco et pour la harpe.

Son art est sorti des frontières espagnoles. Ana s'est produite dans des festivals internationaux en Belgique, en Italie et elle a été invitée au printemps dernier au festival international flamenco de Los Angeles.

ANA CRISMÁN et sa harpe flamenca...
ANA CRISMÁN et sa harpe flamenca...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Musique, #Chant, #Flamenco, #Harpe, #buleria, #danse, #Ana Crismán

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Publié le 16 Juin 2020

Bonjour les amis,

Je fais partie des personnes qui aiment danser dans les fêtes entre amis ou dans les discothèques mais quand le DJ envoie de la musique flamenca je quitte immédiatement la piste. En effet, je me sens si ridicule et si balourd quand je danse sur ce type de musique que je préfère m'écarter pour laisser la place à ceux qui savent. Je préfère m'arrêter moi-même et admirer les autres. 

Quand j'étais arrivé en Espagne il y a quelques décennies, j'avais entendu certaines personnes de mon entourage m'expliquer que pour faire les mouvements de bras adéquats il faut imaginer qu'on prend une pomme, qu'on la mange et qu'on la jette.

Voici un lien youtube dans lequel le professeur de danse flamenca Sergio González s'inscrit en faux contre cette analogie et explique que ce mouvement virtuel n'existe pas.

Il nous donne la vraie explication.

Ecoutez-le quand il indique que tout consiste en l'exécution d'alternances successives de rotations de mains  : "hacia fuera" mains orientées vers l'extérieur...et "hacia dentro" mains orientées vers l'intérieur...

Regardez cette vidéo didactique et admirez les beaux enchaînements à partir de 4 minutes 30 secondes.

Tout a l'air si simple, hein ?...Le problème c'est que lorsque l'on essaie de mettre soi-même en pratique ces indications tout se complique singulièrement.

Ces trucs-là, ça s'improvise pas vraiment...et ceux qui essaient de le faire sont souvent assez ridicules.

Finalement, si l'on veut apprendre à danser le flamenco il n'y a souvent pas d'autre vrai moyen que de s'inscrire à un cours comme celui de l'académie Duarte.

Même Madonna, qui a quand même été une danseuse professionnelle, n'est pas convaincante quand elle tente quelques pas de danse flamenca dans le clip de LA ISLA BONITA. La mise en scène et les mouvements de caméra essaient d'occulter son manque absolu de technique...Elle bluffe, et ça ne marche pas vraiment. L'intention est bonne mais finalement elle apparaît telle qu'elle est : une américaine qui tente de singer les andalouses. Heureusement la chanson, elle, est très jolie. Vous pourrez vérifier mes dires sur ce lien:

https://www.youtube.com/watch?v=zpzdgmqIHOQ

Sur ce , je vous laisse sur une autre vidéo de Sergio Gónzalez dans laquelle le groupe danse une rumba et met en application avec brio certains des gestes techniques expliqués ci-dessus.

 

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Flamenco, #Danse, #Rumba, #chorégraphie, #Espagne

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Publié le 1 Septembre 2017

Bonjour les amis,

Aujourd' hui mon billet sera le contraire de celui d' hier consacré Fito & Fitipaldis.

Je vais vous parler d' un groupe, EL ULTIMO DE LA FILA formé par Manolo Garcia et Quimi Portet qui, contrairement à FITO qui est 100% rock, a produit dans les années 80 une musique qui proposait une fusion entre le rock et la musique arabo-andalouse et flamenca.

Leurs morceaux de facture rock s' appuient souvent sur des guitares acoustiques et électriques.Leurs textes sont assez soignés et toujours très poétiques, parfois très lyriques.Ce sont des hymnes à la vie, à l' amour à la nature.

Leur album COMO LA CABEZA AL SOMBRERO paru en 1988 les a fait exploser sur la scène nationale et internationale.C' est un album d' une très grande qualité et d' une énorme richesse.Un album que j' ai écouté des centaines de fois.

Commençons avec DIOS DE LA LLUVIA ( Dieu de la pluie) qui démarre de manière classique avec de beaux arpèges à la guitare mais notez qu' à partir de 1 min 26 secondes on part sur des sonorités déjà plus flamencas.

Continuons avec A VECES SE ENCIENDE de facture très acoustique bien servi par un beau texte qui emporte l' auditeur.

SARA...une très belle chanson d' amour.Sara, douce Sara, qui nous envoûte et qui nous attrape dans ses filets plein de sortilèges...

Et toujours les trilles vocales un peu flamencas de Manolo Garcia et la mélodie qui se fait arabisante à partir de 2 min 33 s et de superbes percussions à 2 min 47 s.

Alors je vous explique un peu de manière très simplifiée ces histoires d' harmonie.La musique occidentale est construite sur des gammes majeures et mineures.Par exemple voici la gamme majeure de Do: DO-RE-MI-FA-SOL-LA-SI-DO

De DO à RE il y a 1 ton

de RE à MI.... 1 ton

de MI à FA.... 1/2 ton ( pour vous situer, sur une guitare à chaque fois qu' on passe d' une case à la suivante on fait un saut d' un demi-ton.Pareil sur le piano dès qu' on passe d' une touche noire à la touche blanche qui est juste à côté).

de FA à SOL.... 1 ton

de SOL à LA ....1 ton

de LA à SI....  1 ton

de SI à DO.... 1/2 ton

Donc si on écrit la série de sauts en tons d' une gamme majeure ça donne 1-1-1/2-1-1-1-1/2.

mais le flamenco utilise des gammes phrygiennes et ça donne ceci:

DO-RE bémol-MI bemol-FA-SOL-LA bémol-SI bémol-DO

RE bémol signifie ( de manière un peu simplifiée) qu' on a abaissé la note de RE d' un demi-ton.Donc la distance de DO à RE bémol vaut: 1-1/2 = 1/2 

Si on écrit la succession harmonique  en tons de la gamme phrygienne ça donne ceci:

1/2-1-1-1-1/2-1-1.

Sachez que dès que l' on compose de la musique sur de telles gammes ça sonne flamenco.

Maintenant si vous faites la gamme suivante:

DO-RE- M-I FA -SOL bémol- LA bémol- SI bémol- DO  ça va sonner très oriental, très arabe...

Et bien voici maintenant un morceau qui passe d' une facture  assez classique et qui fait des incursions harmoniques orientales à partir de 1 min 10 secondes. A 1 min 43 secondes on revient à une harmonie plus occidentale.La fusion est parfaite...J' adore les amis.J' adore !

On continue avec un morceau très rock qui a la pêche...et toujours ces variations vocales flamencas

on finit avec  Llanto de pasión, très rythmé et avec de très belles sonorités et notamment une flûte de pan qui accompagne.

Sachez que je me suis bien pris la tête dans les années 80 avec cet album.

Le groupe s' est dissous  en 1998 et  Manolo Garcia a continué sa carrière solo avec succès.Je l' ai vu sur scène il y a plus de 10 ans maintenant, et ça avait été un grand concert plein d' énergie.

Pour vous donner une petite idée de ses prestations sur scène revoici Llanto de pasión en public.

Je terminerai en précisant que Manolo Garcia a toujours travaillé de manière assez indépendante, éloigné des grandes maisons de production qui auraient pu financer certains de ses tubes avec des clips à gros budgets.Non, il a toujours eu une vie privée très discrète et a engrangé de gros succès en cultivant son jardin musical de manière solitaire.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Espagne, #Flamenco, #Musique, #chanson, #Rock, #musique orientale

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Publié le 13 Avril 2016

Bonjour les amis,

L' autre jour je montrais à Fatizo un extrait de " La moutarde me monte au nez" une comédie hilarante de Claude Zidi, datant des années 70, dans laquelle Pierre Richard jouait le rôle d' un prof de maths, un peu distrait et romantique...

Voici cet extrait:

Alors, par association de pensées, cette scène m' a fait penser à une autre, que j' avais vécu moi-même celle-là , il y de cela une vingtaine d' années...

C' était mon premier poste dans l' éducation nationale espagnole.Plus exactement c' était un remplacement d' une prof de maths qui avait " craqué" dans un lycée difficile situé dans une zone très défavorisée avec d' énormes barres d' HLM.Une partie importante de nos élèves était issue de la communauté gitane.Quand je suis entré dans une de mes classes, le premier jour, l' ambiance était très similaire à cette scène du film de Claude Zidi.

Une des élèves était en train de danser un ballet flamenco debout sur une table pendant que les autres l' accompagnaient en chantant et en frappant dans leurs mains pour marquer le rythme...

Ça ressemblait un peu à cette scène ci-dessous de jeunes ados interprétant une Buleria ( à 1 minute sur le clip), à la différence que la jeune fille dansait debout sur la table, et qu' il y avait plus d' une vingtaine d' élèves qui frappaient dans leurs mains en chantant...Bref, il y avait une sacrée ambiance ! Même les Gypsy Kings se seraient faits tout petits et n' auraient pas ramené leur science....

J' entre donc brutalement dans la classe ( tout comme Pierre Richard) en pensant que ça va calmer tout le monde mais la jeune fille continue de manière imperturbable sa danse endiablée sous les vivats de ses petits copains.Je décide donc de ne pas trop agresser le groupe d' entrée de jeu, mais tout en gardant quand même la ferme intention de mettre un terme rapide à cette petite démontration flamenca de la jeune élève.

A l' époque, je n' y connaissais à peu près rien au flamenco, et je demande au groupe si le pas qu' éxécutait la jeune fille était une alegria, ce qui a déclenché l' hilarité générale....

" Oh le nul ! Il n' y connait vraiment rien...Il confond une buleria avec une alegria ! "

Evidemment, j' ai suffisemment le sens de l' autodérision pour rire avec eux de bon coeur et confesser de bonne foi mon ignorance profonde en matière de culture flamenca.

Alors, chers amis, afin que vous ne mourriez pas idiots, et pour qu' il ne vous arrive jamais de commettre une telle confusion aussi impardonnable, voici une alegria sur le lien ci-dessous, et effectivement,vous pourrez constater par vous-mèmes que ÇA N' A RIEN À VOIR avec une Buleria...

Enfin, si vous voulez juste avoir une petite idée de la variété des types de chants flamencos avec leur différents rythmes , allez juste jeter un bref coup d' oeil sur ce lien ci-dessous, et vous pourrez constater l' étendue de votre inculture dans ce domaine...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #flamenco, #humour, #education

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