economie

Publié le 21 Septembre 2026

Bonjour les amis.

A quelques mois des présidentielles françaises l'Espagne affiche une croissance supérieure à celle de nombreux pays européens.
De quoi s'intéresser à leur gouvernement, et chercher de l'autre côté des Pyrénées quelques bonnes idées que l'on pourrait appliquer à la France, non?

Voici un commentaire très pertinent que j'ai trouvé sur les réseaux sociaux:


L’Espagne est gouvernée par la gauche depuis 2018. Et depuis 2020, c’est une véritable alliance des gauches qui dirige le pays : les socialistes du PSOE, d’abord avec Unidas Podemos, puis avec Sumar, qui rassemble notamment la gauche radicale et les communistes.
L’Espagne nous enseigne que les alliances peuvent fonctionner.
Qu’on peut augmenter le salaire minimum, taxer les grandes fortunes, faire contribuer les banques et les entreprises énergétiques tout en améliorant ses finances publiques.

Mais alors vous allez me répondre qu'il y a eu aussi récemment la vague migratoire de Ceuta qui effraie tout le continent européen.

Mais là encore, on peut nourrir certains doutes et considérer que l'Espagne a été victime d'une opération orchestrée afin de discréditer son gouvernement et de promouvoir l'émergence de toutes les extrêmes-droites en Europe.

Les régularisations promises par Pedro Sánchez concernent les migrants qui vivent déjà en Espagne de manière clandestine et leur réservent un traitement humain et une insertion digne (ce qui est conforme aux principes humanistes de la gauche).

Croire que Sánchez est laxiste en matière migratoire est tout simplement faux.

Mais le point focal le plus important pour la France est d'observer qu'une union de la gauche peut donner de bons résultats économiques.

En France il y grosso modo un tiers de l'électorat à l'extrême-droite, un autre tiers à droite et enfin un tiers à gauche.

Pourquoi le 3 ème tiers à gauche ne serait-il pas présent au 2 ème tour ? C'est parfaitement possible.

Sauf qu'il y a un gros hic dans l'hexagone. Si le meilleur candidat de la gauche est Mélenchon (personnalité la plus detestée des français selon les derniers sondages) cela garantit une victoire haut la main du RN au second tour.

Donc l'objectif pour la gauche française est de se trouver l'équivalent d'un "Pedro Sánchez" capable de devancer Mélenchon...C'est aussi simple que ça...ou aussi compliqué que ça !

No choice pour la gauche ! La qualification de Mélenchon au premier tour serait la promesse d'une râclée au deuxième...

PS: A noter qu'avant l'accession au pouvoir de Sánchez l'Espagne vivait de dures tensions nationalistes en Catalogne et au Pays-Basque et que durant son mandat le pays a retrouvé une paix sociale et un vrai retour au calme. Là aussi il y a une leçon pour tout le monde: assurer un bon vivre-ensemble entre citoyens qui ne pensent pas du tout de la même façon c'est une nécessité et un devoir pour n'importe quel gouvernant.

Sánchez, contrairement à Mélenchon, ne passe pas sa vie à dresser ses concitoyens les uns contre les autres.

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Publié le 13 Mars 2026

Bonjour les amis.

Avant de commencer ce billet je tiens à remercier Caius qui avait informé mon groupe de posteurs de l'existence de la vidéo que je vais partager ci-dessous.

Dans son livre écrit en 2012 et récemmment traduit en France sous le titre LA SUPERIORITÉ MORALE, Jonathan Haidt parle d'une illusion rationnaliste et il explique que notre jugement moral est intuitif : nous ressentons d'abord une réaction de rejet ou d'adhésion (le "cœur"), puis nous utilisons notre raison pour fabriquer des arguments qui soutiennent ce sentiment.

Et je crois que c'est exactement ce qui est en train de se produire avec la guerre en Iran. Nous sommes tous rebutés par la guerre mais, une fois qu'elle a été engagée sans que nos propres gouvernements ne soient consultés, nous espérons au moins qu'elle puisse servir à quelque chose comme, par exemple, la chute du régime des mollahs.

Or, les faits nous indiquent le contraire. La rationnalité n'est pas du côté que l'on croit.

Je partage sur ce sujet une entrevue de John Mearsheimer, professeur de l'université de Chicago, qui avait été d'une grande lucidité à la fin des années 90 quand il avait prévenu du grand danger qu'il y avait à tenter d'intégrer l'Ukraine dans la structure de l'OTAN.

Voici son analyse du conflit engagé par les USA sous la pression de Benjamin Netanyahou, une analyse qui est tellement dure et implacable que Mearsheimer en vient à dire lui-même qu'il espère se tromper.

Voici les points clés de son intervention :
Échec de la stratégie américaine contre l'Iran : Mearsheimer soutient que l'administration Trump et Israël ont fait de graves erreurs de calcul en lançant ce conflit. Il affirme que les États-Unis n'ont aucune "porte de sortie" (off-ramp) plausible et que la tentative de changement de régime rapide a échoué.
Capacité de représailles de l'Iran : Il conteste l'idée d'une "dominance de l'escalade" américaine, soulignant que l'Iran possède une capacité réelle de frapper des infrastructures critiques dans les États du Golfe, ce qui pourrait provoquer un effondrement économique mondial.
Soutien de la Russie et de la Chine : Il note que l'Iran bénéficie d'un soutien en matière de renseignement de la part de la Russie et de la Chine, renforçant sa position face à la coalition américano-israélienne.
Avenir de l'OTAN et de l'Europe : Dans des échanges récents (janvier-mars 2026), il a également prédit un avenir "sombre" pour l'Europe, marqué par un retrait progressif des États-Unis vers l'Asie pour contrer la Chine, ce qui pourrait mener à la fin de l'OTAN telle qu'on la connaît.
Guerre en Ukraine : Il maintient que l'Ukraine a déjà perdu la guerre et que la question n'est plus que de savoir comment elle se terminera, probablement par des concessions territoriales et une neutralité imposée.

Je terminerai en remarquant que Mearsheimer considère que le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez , en tenant tête à Trump, est le seul qui a compris comment il faut se comporter devant un tyran...

Lien d'intérêt avec ce livre que j'ai en attente de lecture:

https://www.babelio.com/livres/Haidt-La-superiorite-morale-Pourquoi-la-politique-et-l/1987580

PS: Hors-sujet.

Demain soir je serai à la 2 ème rangée...au dessus de la fosse à orchestre, au devant de la scène, et en plein coeur de cet opéra...❤

En fait, j'y suis déjà car je vais passer la journée d'aujourd'hui à visionner sur youtube LA BOHÈME.

Guerre en Iran : une fausse fin mais une vraie impasse...
Guerre en Iran : une fausse fin mais une vraie impasse...

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Publié le 23 Janvier 2026

Bonjour les amis.

Ce billet d'aujourd'hui est la suite de celui d'hier consacré au discours honteux de Donald Trump au sommet de Davos.

https://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2026/01/les-72-minutes-de-trump-a-davos.html

Hier soir lors de ma répétition chorale je discutais avec un de mes camarades (basse comme moi) du discours de Trump et celui-ci m'a demandé si j'avais entendu l'intervention du premier ministre canadien Mark Carney. Or, ce n'était pas le cas.

Aussitôt rentré chez moi je me suis passé ce discours, un discours magistral qui risque de faire date et qui donne le signal de la rébellion que j'attends de tous mes voeux depuis longtemps.

Je vous mets ci-dessous en lien d'abord le discours complet par écrit suivi de la vidéo de l'intervention de Carney.

 

J'avais donc raté l'intervention la plus importante du sommet de Davos.

Carney abonde dans le sens de mon article d'hier. Il déclare (sans le citer) que Trump a mis fin à l'ordre ancien dont il dresse le bilan et l'avancée historico-économique qu'il a supposé pour l'ensemble des peuples de la planète.

"Permettez-moi d’être direct : nous sommes en pleine rupture, et non en pleine transition." dit-il.

Carney rappelle que, même s'il y avait une certaine hypocrisie dans l'application des accords des institutions multilatérales telles que l'OMC, cela valait bien mieux que de faire voler en éclats leur utilité ou existence.

Mieux vaut un gendarme criticable que plus de gendarme du tout. Mieux vaut un gendarme dont les principes reposent sur des valeurs de justice et de solidarité et non simplement sur des rapports de force et de coercition.

Mark Carney appelle les puissances moyennes à se rebeller et à ne pas entrer dans le "chacun pour soi" que suppose la dérive trumpienne. Il lance cet avertissement:

"Un monde cloisonné sera plus pauvre, plus fragile et moins durable.
Il y a une autre vérité : si les grandes puissances renoncent même à faire semblant de respecter les règles et les valeurs pour exercer sans entrave leur pouvoir et défendre leurs intérêts, les avantages du « transactionnalisme » deviennent difficiles à reproduire. Les puissances hégémoniques ne peuvent pas monnayer indéfiniment leurs relations."

Trump répondra plus tard à Carney, de manière minable, dans sa propre intervention à Davos.

«J’ai regardé votre premier ministre hier. Il n’était pas très reconnaissant», a déclaré M. Trump.
«Le Canada vit grâce aux États-Unis, a-t-il continué. Souvenez-vous en, Mark, la prochaine fois que vous ferez une déclaration.»

Réponse affligeante ! Trump qui ressort son éternelle rengaine sur le supposé manque de reconnaissance de pays alliés qui ne se comportent pas en vassaux reconnaissants. Il nous avait déjà fait le coup dans le bureau ovale avec Zelensky.

Mais revenons au discours de Carney qui est tout le contraire de celui de Trump. Un discours digne d'un dirigeant d'une grande nation, un discours structuré incitant les puissances moyennes à réagir au nom de principes, de valeurs et non simplement au nom d'égoïsmes.

D'une certaine manière Carney en appelle à une scission de l'Occident, tout comme l'annonçait Mathieu Bock-côté dans son essai intitulé LES DEUX OCCIDENTS.

Quelque chose me dit que le discours de Carney fera date dans l'histoire car il donne le signal au monde de se reprendre et d'échapper au système mafieux et à cette loi de la jungle dont rêvent certains autocrates.

Puisse-t-il être entendu !

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Canada, #Mark Carney, #Trump, #OMC, #ONU, #COP, #Davos, #USA, #Economie

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Publié le 22 Janvier 2026

Bonjour les amis.

On attendait Trump à Davos, et il nous a fait un numéro comme s'il s'adressait à ses fans dans un meeting électoral.

Voici sur ce lien ci-dessous un excellent résumé de Gewurztraminer sur X qui recense les erreurs, mensonges et innombrables contre-vérités du président des USA.

Le tweet se termine de cette manière:

"72 minutes de sautes d’humeur. De mensonges vérifiables. Des nombres inventés. De menaces aux alliés. D'insultes aux fonctionnaires. De gaffes géographiques. De vantardise démentie par les faits. Et le monde, en silence, a regardé. Pendant 72 longues minutes. Et dire qu'autrefois, pour beaucoup moins, les carrières politiques se terminaient. Aujourd'hui, on attend le prochain délire. Bienvenue en 2026. Et nous ne sommes qu’en janvier."

J'ajouterai un petit commentaire sur la guerre en Ukraine.

Celui qui prétendait apporter la paix en 24 heures en Ukraine en est venu à dire: "Un large océan nous sépare....ce n'est pas notre affaire...c'est à l'Europe et à l'Otan de se débrouiller".

Le constat est consternant. Le discours est incohérent, sans direction, uniquement centré sur les intérêts des USA. En se comportant comme un vulgaire marchand de tapis le président des Etats-Unis a dilapidé une grosse partie du leadership américain et a dynamité l'ordre international en moins d'un an. Le monde n'a plus de boussole et il va devoir en prendre la mesure.

C'est déjà le cas de la Chine qui, elle, ne perd pas le Nord et voit sans doute dans les agitations et volte-faces trumpiennes une opportunité historique de tisser de solides alliances avec ses associés pour lesquels elle apparaîtra comme bien plus fiable que le locataire de la Maison Blanche.

Xi Jinping, lui, n'est pas une girouette. Ce qu'il fait est réfléchi, pensé, et il n'est pas amené à revenir en arrière sur ses propos qui sont rares et mesurés.

Pour l'Europe ce sera plus difficile d'homogénéiser à 27 les attitudes des diffrénts dirigeants mais cela semble plus que jamais nécessaire. Face aux délires trumpiens il n'y a plus d'autre choix que de se prendre en mains et de définir des lignes stratégiques de solidarité entre les différents pays de l'UE. No choice !

 

NB: j'ai écrit 24 heures plus tard une suite à cet article qui est sur ce lien.

https://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2026/01/mark-carney.html

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Trump, #USA, #Union européenne, #Davos, #Economie, #Groenland, #Ukraine, #Chine

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Publié le 18 Janvier 2026

Bonjour les amis.

Pas de vrai billet aujourd'hui mais plutôt un partage avec vous, mais un partage qui vaut vraiment la peine !

Je découvre ce matin un article très instructif de Kurt Grotsch (chercheur et universitaire allemand spécialiste de la Chine) sur la réaction du gouvernement de Xi Jinping suite au spectaculaire enlèvement à Caracas de Maduro.

Le moins qu'on puisse dire c'est que les chinois ne sont pas restés les bras croisés et que la riposte ne s'est pas faite attendre.

Je vous mets en lien l'article original ainsi qu'une traduction française qui circule sur facebook et qui est relayée aussi par certains partis politiques français sur leurs réseaux sociaux. L'article est FAS-CI-NANT !

Qu'a fait la Chine pour le Venezuela ?
Sans se livrer à de vaines démonstrations rhétoriques à la manière de Trump ou de Macron, la Chine s'est lancée dans une série de mesures concrètes, partant du principe que les États-Unis ont fait du contrôle du pétrole vénézuélien un moyen de freiner la présence chinoise en Amérique du Sud et d'entraver son développement irrésistible et accéléré.
La Chine a pris des mesures qui visent directement la puissance de l'empire américain, car l'agression contre le Venezuela est une déclaration de guerre contre le projet de monde multipolaire et contre le groupe des BRICS.
Quelques heures seulement après l'annonce de l'enlèvement du président Nicolás Maduro, le président Xi Jinping a convoqué une réunion d'urgence du Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste, qui a duré exactement 120 minutes. Aucune déclaration officielle n'a été faite, aucune menace diplomatique n'a été proférée ; au contraire, le calme régnait avant la tempête. Cette réunion a déclenché ce que les stratèges chinois appellent une « riposte asymétrique globale » face à toute agression visant les partenaires de la Chine dans l’hémisphère occidental.
*Le Venezuela constitue la tête de pont de la Chine en Amérique latine, au sein même de la « zone d’influence » des États-Unis.*
La première phase de la riposte chinoise a débuté le 4 janvier à 9h15, lorsque la Banque populaire de Chine a discrètement annoncé la suspension temporaire de toutes les transactions en dollars américains avec les entreprises liées au secteur de la défense américain. Des entreprises comme Boeing, Lockheed Martin, Raytheon et General Dynamics ont appris au réveil que toutes leurs relations commerciales avec la Chine avaient été gelées sans aucun avertissement préalable.
À 11 h 43 le même jour, la State Grid Corporation of China, qui exploite le plus grand réseau électrique du monde, a annoncé un examen technique complet de tous ses contrats avec les fournisseurs américains d'équipements électriques, une mesure qui signifie concrètement que la Chine commence à se découpler de la technologie américaine.
À 14 h 17, la China National Petroleum Corporation (CNPC), la plus grande compagnie pétrolière d'État au monde, a annoncé une réorganisation stratégique de ses routes d'approvisionnement mondiales. Cette mesure a de facto réactivé son « arme énergétique » en annulant 47 milliards de dollars de contrats d'approvisionnement en pétrole par an avec les raffineries américaines.
Le pétrole initialement destiné à la côte est des États-Unis a été réorienté vers l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et d'autres pays du Sud. Cette situation a entraîné une flambée des prix du pétrole de 23 % en une seule séance.
Mais surtout, le message stratégique était clair : la Chine est capable d'asphyxier énergétiquement les États-Unis sans même avoir à tirer un seul coup de feu.
Dans un autre ordre d'idées, la China Ocean Shipping Company, qui contrôle environ 40 % de la capacité mondiale de transport maritime, a mis en œuvre ce qu'elle a appelé « l'optimisation des itinéraires opérationnels ».
En conséquence, les navires chinois ont commencé à éviter les ports américains tels que Long Beach, Los Angeles, New York et Miami. Ces ports, qui dépendent fortement de la logistique maritime chinoise pour maintenir leurs chaînes d'approvisionnement, se sont soudainement retrouvés privés de 35 % de leur trafic de conteneurs habituel. Ce fut un véritable désastre pour les grandes entreprises comme Walmart, Amazon et Target, qui dépendent des navires chinois pour importer des marchandises fabriquées en Chine vers les ports américains, car leurs chaînes d'approvisionnement se sont partiellement effondrées en quelques heures.
Ce qui frappait le plus dans ces actions, c'était leur synchronisation, qui a engendré une réaction en chaîne amplifiant considérablement l'impact économique.
Il ne s'agissait pas d'une escalade progressive, mais d'un choc systémique destiné à paralyser la capacité de réaction des États-Unis.
Le gouvernement américain venait à peine d'encaisser le coup que la Chine activait une nouvelle série de mesures : la mobilisation des pays du Sud. Le 4 janvier à 4 h 22, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, proposait au Brésil, à l'Inde, à l'Afrique du Sud, à l'Iran, à la Turquie, à l'Indonésie et à 23 autres pays… Des conditions commerciales préférentielles immédiates seraient accordées à tout pays s'engageant publiquement à ne reconnaître aucun gouvernement vénézuélien accédant au pouvoir avec le soutien ou l'intervention des États-Unis.
En moins de 24 heures, 19 pays acceptèrent l'offre, le Brésil étant le premier, suivi de l'Inde, de l'Afrique du Sud et du Mexique. Ainsi, le concept d'un « monde multipolaire de facto » se concrétisait.
La Chine est parvenue à former une coalition anti-américaine presque immédiatement, en utilisant l'arme des incitations économiques.
Le coup de grâce a été porté le 5 janvier, lorsque Pékin a activé son arme financière. Le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers a annoncé l'extension de sa capacité opérationnelle afin de prendre en charge toute transaction internationale souhaitant contourner le système SWIFT, contrôlé par Washington. Cela signifie que la Chine offre au monde une alternative complète et efficace au système financier occidental. Tout pays, entreprise ou banque souhaitant mener des activités sans dépendre de l'infrastructure financière américaine peut désormais utiliser le système chinois, 97 % moins cher et plus rapide.
La réaction fut immédiate et massive : au cours des 48 premières heures de fonctionnement, 89 milliards de dollars de transactions furent traités et les banques centrales de 34 pays ouvrirent des comptes opérationnels au sein du système chinois, accélérant ainsi la dédollarisation de l'une des sources de financement les plus importantes des États-Unis.
Sur le plan technologique, la Chine, qui contrôle 60 % de la production mondiale de terres rares, éléments essentiels pour l'industrie des semi-conducteurs et des composants électroniques, a annoncé des restrictions temporaires sur l'exportation de ces minéraux vers tout pays ayant soutenu l'enlèvement du président Nicolas Maduro. Cette décision a suscité une vive inquiétude chez les géants technologiques américains tels qu'Apple, Microsoft, Google et Intel, qui dépendent des chaînes d'approvisionnement chinoises pour leurs composants essentiels, car leurs systèmes de production sont désormais menacés d'effondrement d'ici quelques semaines.
Chaque initiative chinoise porte un coup direct au cœur économique de l'empire américain.
« Qu'a fait la Chine pour le Venezuela ? » demandent amis comme ennemis. La réponse est claire : sans déclarer la guerre, la Chine agit, influence et impose de nouvelles réalités.
Par : *Kurt Grotsch*

Universitaire et chercheur allemand, titulaire d'un doctorat de l'Université de Nuremberg et d'un MBA de Madrid. Il est professeur et conférencier dans des universités européennes et internationales. Spécialisé dans la culture, la communication et les industries créatives, il est le fondateur de plusieurs centres et institutions culturelles. Il est également vice-président de la Chaire Chine et ambassadeur de l'Université Minzu en Chine.

Face aux mesures incessantes de Trump qui saturent tous les jours l'espace médiatique, comment ne pas être fasciné par les réponses bien moins tonitruantes mais redoutablement efficaces des responsables chinois.

Kurt Grötsch, universitaire et vice-président de la Chaire Chine, soutient donc que la réponse de Pékin, bien que non déclarée militairement, est dévastatrice pour l'économie américaine.

Je prends bonne note de ses affirmations...affaire à suivre donc...

PS: J'aurais pu mettre le titre suivant pour mon article: ET LA DÉMOCRATIE DANS TOUT ÇA ? Car il est clair que nous assistons à une lutte entre impérialismes dans laquelle le retour de la démocratie au Vénézuela est le cadet des soucis de Trump, de Xi Jinping ou de Poutine.

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #USA, #Trump, #Vénézuela, #Maduro, #Xi Jinping, #pétrole, #économie, #Chine

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Publié le 28 Mai 2025

Bonjour les amis,

Aujourd'hui je ne ferai pas un billet mais je me limiterai à partager un article du New-York Times, signé par David Brook, dont le titre en français serait: "Pouvons-nous s'il vous plaît arrêter de mentir à propos d'Obama?"

Cet article, le voici sur ce lien, mais vous n'aurez pas accès à sa lecture si vous n'êtes pas abonné.

 

 

Je n'ai pas le droit de publier l'ensemble de l'article donc je vous renvoie vers un lien facebook où vous pourrez prendre connaissance de l'intégralité du papier de David Brook traduit en français.

https://www.facebook.com/photo/?fbid=10160819271247455&set=a.10150608005372455

Je ne prends pas position sur le contenu de l'article, entre autres parce que je ne dispose pas des connaissances historiques et économiques sur les USA pour le faire, mais je suis sensible à la critique qui est faite par David Brook du discours des populistes qui sont en train de réécrire l'histoire à leur sauce afin de justifier leurs initiatives économiques très criticables.

Son article très argumenté mérite au moins d'être lu, c'est le moins qu'on puisse dire. Un article qui a le grand mérite de relativiser et d'éviter les explications trop simplistes au sujet de la désindustrialisation américaine de la part des tenants du MAKE AMERICA GREAT AGAIN.

Petit extrait  de la conclusion de l'article de David Brook:

"Si vous n'avez pas aimé la prétendue ère du néolibéralisme, attendez de voir à quel point le postlibéralisme sera amusant. Trump s'attaque aux sources de la prospérité américaine : la concurrence mondiale, les talents immigrés, la recherche scientifique et les universités.
Les sociétés saines sont capables d'évaluer honnêtement leurs forces et leurs faiblesses. L'histoire que les populistes racontent sur la mondialisation et le néolibéralisme est une déformation grossière qui mène à toutes sortes de conclusions désastreuses."

Bin justement, on va pouvoir juger sur pièce des résultats du post-libéralisme trumpien...à suivre donc...

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Publié le 9 Novembre 2024

Bonjour les amis,

Suite aux inondations catastrophiques qui ont eu lieu dans le sud-est de l'Espagne j'aimerais partager avec vous un article de réflexion écrit par Felip Bens.

Cette catastrophe nous oblige à penser à notre essence, à qui nous sommes, nous les valenciens en tant que peuple, et à définir ce que nous voulons.

L'article de Felip Bens est rédigé en valencien et donc, j'adjoindrai une traduction française pour que vous puissiez en comprendre le contenu.

Voici d'abord l'article original.

Passons à la traduction maintenant.

Centralisme, corruption et inondations
Felipe Bens | 11/07/2024

Nous, les valenciens...

 

Les Valenciens sont-ils viables, en tant que peuple, sans les investissements qui garantissent notre sécurité?

Il y a des endroits qui ne sont pas propices à la vie, avec des conditions hostiles qui n'invitent pas à s'y installer, mais l'être humain, au prix du sacrifice des femmes et des hommes, finit par les apprivoiser. Pour quelle raison les Valenciens préhistoriques vivraient-ils, par exemple, dans le Barranc Moreno de Bicorp? Pourquoi se cacher au fond d’un ravin, à l’humidité terrible, en pleine nature sauvage? Pour l'eau, bien sûr. Là où il y a de l'eau, il y a des bonnes chasses. Et les anfractuosités caverneuses offraient un abri. Il y avait un risque, mais en le soupesant, il était supportable. C'est l'histoire de l'humanité et de sa relation avec l'environnement.

Et c'est le cas de Valence, de Sénia à Segura . Où vit la grande majorité des Valenciens ? Dans les vallées où coulent nos rivières, formant entre elles des centres urbains, avec les ravins et les ramblas qui de temps en temps noient tout. Pourquoi cet effort et ce risque ? Parce que peu de terres sont plus fertiles qu’un marais terrestre, qu’une terre périodiquement inondée. C'est exactement ce qu'est Valence. Il suffit de regarder la carte topographique ci-jointe : un paradis luxuriant, chanté par tous les poètes, construit sur d'anciens marais, marécages et plaines inondables.

Ce sont les Valenciens : un peuple qui, il y a plusieurs siècles, a décidé de vivre avec les inondations , par constance, abnégation et stupidité et, apparemment, contre toute logique naturelle. Et pourtant, « les plus chanceux sont ceux qui peuvent pleurer les inondations » concluait Miquel Bosch Julià dans "Memoires sur l'inondation du Júcar", en 1864 . Parce que quand l’eau s’en va, les récoltes reviennent et, avec elles, les richesses ; mais sans sol fertile, il n’y a rien. Ici et partout. Surtout dans le contexte d’une autre époque, où l’agriculture était essentielle à l’économie. Le grand écrivain Blasco Ibáñez l'expliquait déjà dans son roman " Boue et roseaux "(Cañas y barro, publié en 1902) : tout effort, même titanesque, en valait la peine en échange de gagner des terres agricoles dans l' Albufera et de ne plus vivre dans la misère. Juste ça.

De nombreux commentateurs dénoncent aujourd’hui l’excès d’urbanisation comme l’une des causes de la catastrophe. Il serait bien sûr souhaitable que nous ayons un développement urbain beaucoup plus raisonnable, depuis les années 70 et 80, mais quelle est la solution aujourd’hui ? Démanteler les villes où vivent un million de Valenciens et les zones industrielles où travaillent 300 000 personnes ? Il faut comprendre que le peuple valencien n’existerait pas s’il n’avait pas défié la nature depuis l’Antiquité. Et nous devons continuer à le faire. Il n'y a pas d'autre solution.

Nous sommes en 2024, l'Espagne fait partie des quinze ou vingt économies les plus puissantes de la planète et, selon les premières estimations, la DANA de 2024 générera des pertes matérielles de plus de 100 milliards d'euros. Et peu me semblent ces 100 milliards en vérité. On sait qu'il existe depuis 2006 une dizaine de projets de la Confédération hydrographique du Xúquer et de la région (Generalitat) destinés à agir sur la zone affectée et axés sur la minimisation du risque d'inondations. Ils n'ont pas été exécutés faute de « disponibilité budgétaire » . En Espagne, en Europe , en Occident , dans le premier monde . Ce qui était prévu depuis 2009, selon le ministère, visait justement à adapter et drainer tout le ravin de Xiva (du Poio ) et ses affluents. Cela aurait coûté 221 millions d'euros. 221 ! Que représente ce montant si on le compare au bénéfice évident qu'en aurait tiré l’ensemble du peuple valencien ?

Sans ingénierie, les Pays-Bas n’existeraient pas. Et les Valenciens ne peuvent exister en toute sécurité qu’avec une ingénierie et des investissements qui contribuent à apprivoiser notre habitat. Celui-là même qui en 1957 nous a permis de construire le Plan Sud qui a aujourd'hui sauvé la ville de Valence . Combien d’investissements de l’État ont été réalisés pour la sécurité de la population valencienne face au risque séculaire d’inondations, aggravé par le changement climatique, tout au long du XXIe siècle ? Toutes nos zones à risque, en particulier les bassins du Xúquer et du Túria , ont besoin d'infrastructures et d'investissements pour que rien de tel que cette inondation, la pire catastrophe naturelle de notre histoire, ne se reproduise . En fait, le fait que le gouvernement central n'ait pas eu de plan global depuis des décennies pour amortir cet impact sur les villes valenciennes est presque criminel et irresponsable. Qu’aucun gouvernement de la Région n’ait été en mesure de l’exiger également avec la fermeté nécessaire l'est également. En plus d'enquêter sur les responsabilités politiques et pénales de tout ce qui s'est passé, il est nécessaire de regarder vers l'avenir, et cela implique de se poser la grande question : quel est le prix pour la sécurité et l'avenir des Valenciens ? Quel investissement Madrid compte-t-il faire ?

L'élan de de solidarité qui nous est arrivé de tous les coins de l'Espagne et de par delà nos frontières est encourageant, passionnant, frappant, nous ne serons jamais assez reconnaissants, mais nous, les Valenciens, avons deux problèmes systémiques que nous devons résoudre de toute urgence. Le premier est courant en Espagne : la corruption généralisée dont nous souffrons, de la part des institutions, depuis des décennies et qui représente un puits économique stratosphérique où des millions et des millions d’investissements publics nécessaires s'évaporent. Le deuxième problème est l'Espagne elle-même et nous, les Valenciens, devons le résoudre nous-mêmes. Le sous-financement de tous les gouvernements, de droite ou de gauche, nous tue en tant que peuple. Littéralement avec ces 221 millions (qui n'ont jamais été investis dans les ramblas), l'eau ne se serait pas accumulée dans l' Horta Sud ni n'aurait inondé les propriétés et les villages le long du chemin, avec ces conséquences catastrophiques.

Mazón (président de la région) , en fin de compte, est négligent, irresponsable et c'est aussi un cadavre politique. Un incompétent complètement dépassé par cette situation. Le vrai problème en est un autre : continuons-nous à faire des propositions ? Est-ce qu'on dit BASTA et qu'on impose une fois pour toutes nos exigences légitimes? Devons-nous implorer les investissements dont nous avons besoin pour continuer d'exister ? Ou les exigeons-nous ? C'est entre nos mains.

Nous, les valenciens...

J'aimerais ajouter un bref commentaire à cet article que je trouve pertinent,  instructif, et qui envoit un message universel qui vaut pour toute la planète.

L'auteur répond à certains reproches simplistes un peu faciles, trop faciles, des reproches qui sont parfois absurdes, à la limite du non-sens, des reproches émis par certaines personnes (y compris certains écolos new age pour qui l'action de l'homme occidental blanc est systématiquement condamnée) qui ignorent ce qu'à été l'histoire de toute l'humanité et le sens même de son évolution.

Non, ce n'est pas par hasard que les hommes se sont établis dans ces zones à risques qui pouvaient par ailleurs leur permettre de sortir de la misère. Le problème est ailleurs et consiste à les sécuriser avec un minimum de responsabilité politique en définissant des priorités avec lesquelles on ne transige pas.

PS: Dans l'article l'auteur parle du plan qui a permis de dévier le fleuve TURIA de la ville de Valence en 1958. Plan efficace puisque le centre ville n'a pas été inondé. Voici une vidéo de 2 minutes qui retrace l'histoire de ces grands travaux...des grands travaux qui auraient dû être accompagnés d'autres aménagements pour protéger les municipalités situées au sud de la ville.

Cartographie des zones inondables autour de Valencia

Cartographie des zones inondables autour de Valencia

PS nº 2: L'auteur fait référence au roman de Blasco Ibañez BOUE ET ROSEAUX dont voici la fiche Babelio.

Je préfère le titre original qui sonne mieux: CAÑAS Y BARRO. Un titre qui est resté dans le vocabulaire courant, comme expression populaire, pour désigner cette partie de la région valencienne...On cite  la Valencia de "Cañas y barro".

 

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Publié le 7 Novembre 2024

Bonjour les amis,

Le triomphe électoral de Trump est tout sauf une surprise.

Et quand on veut comprendre les motifs de cette victoire il faut se pencher sur ce qui a provoqué l'échec des démocrates qui n'ont pas convaincu sur des thèmes comme l'économie et l'immigration.

Cette fois-ci, avec ce 2 ème mandat il n'y aura pas d'effets de surprise. Chaque pays sait à quoi s'en tenir. Tout le monde connaît les procédés de Trump, sa manière d'exercer des chantages et de faire pression sur les autres gouvernements de la planète.

Certains chefs d'Etat comme Zelensky ont tous les motifs du monde d'être très inquiets.

De nombreux autocrates, des dirigeants populistes d'extrême-droite comme Milei et certains dictateurs se réjouissent en ce moment.

L'Europe, quant à elle, va devoir faire front de manière unanime...vaste programme pour elle !

La Chine est prête à livrer sa bataille économique face aux futures mesures protectionnistes que prendra Trump.

Tout cela est déjà écrit.

Trump ne recommettra pas les erreurs grossières de son premier mandat mais on peut compter sur son caractère égocentré qui le pousse à n'écouter personne et à faire un déni de réalité quand les choses ne se passent pas comme il avait prévu.

Cela, ces aspects-là ne changeront pas, ce qui m'amène à penser que la tragédie mondiale n'est plus très loin. Je ne sais pas de quelle manière elle surviendrait, ni où ni quand, mais à partir de Janvier prochain on pourra commencer à retenir notre respiration.

Trump est profondément et intrinsèquement erratique et il est également capable de commettre de grosses bévues...Or, notre monde est devenu plus instable et plus dangereux.

Ce qui m'effraie n'est pas ce que Trump a dit ou promis durant sa campagne, mais les décisions et les initiatives qu'il pourrait prendre quand les événements n'iront pas dans le sens qu'il souhaite. Or, je ne crois pas une seule seconde que les solutions simplistes qu'il propose lui apportent les effets escomptés.

Le volontarisme outrancier en politique est dangereux...Quand un dirigeant veut à n'importe quel prix faire coller ses faits et gestes à la réalité on entre dans une zone rouge.

Or Trump a déjà démontré qu'il n'a pas de garde-fous, qu'il est prêt à tout et à n'importe quoi.

On peut essayer de se rassurer en disant que les institutions américaines peuvent éviter certaines dérives dangereuses mais il n'empêche que le Président des Etats-Unis a quand même d'énormes pouvoirs et, entre autres, celui de déclencher une grave crise internationale.

A suivre donc...

 

Le premier mandat de Trump fut une farce, le deuxième pourrait être une tragédie...

PS: Je ne serais pas complètement sincère si je ne vous disais pas que, quelque part au fond de moi, je ne suis pas si mécontent que ça que Trump ait gagné. Ça doit être mon côté Mr Hyde qui se réjouit quand tout va merveilleusement mal.

En effet, la seule façon d'en finir avec le trumpisme serait peut-être de le laisser aller au bout de ses errements et qu'il se disqualifie par lui-même...sauf que j'aimerais bien que cette disqualification que je souhaite ne provoque pas de drames ni de tragédie mondiale, ce dont je suis très loin d'être sûr.

PS nº 2.  En attendant, aujourd'hui les attitudes flagorneuses vis-à-vis de Trump ne se sont pas fait attendre comme on pouvait facilement et logiquement l'imaginer avec, par exemple, ce message du coeur envoyé ci-dessous par Bibi...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Etats-Unis, #Trump, #Politique, #Economie, #Guerre, #Ukraine, #Elections américaines

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Publié le 9 Mai 2024

Bonjour les amis,

Le 9 Mai c'est le jour de l'Europe, c'est le jour où elle est célébrée.

Notre union européenne est souvent maltraitée, comme un punching-ball, comme un bouc émissaire, accusée de mille maux par de nombreux dirigeants qui vont de l'extrême-droite jusqu'à l'extrême-gauche.

Ses performances économiques ne sont guère brillantes comparées à celles des Etats-Unis ou de la Chine.

Le jeudi 18 avril dernier, l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta a remis son rapport sur l’avenir du marché unique aux 27 dirigeants réunis pour un Conseil européen extraordinaire à Bruxelles. Il propose notamment d’unir les marchés de capitaux européens afin d’éviter le “décrochage” du Vieux Continent face aux Etats-Unis.

Vous trouverez les points-clés de ce rapport sur le lien ci-dessous.

Un rapport qui soulève un certain nombre de points faibles de l'UE en matière économique et qui a donc au moins le mérite d'exister et d'ouvrir un débat à un mois des élections européennes.

L'un des gros problèmes de l'UE c'est aussi, sans doute, son manque de proximité et aussi de pédagogie. Pour de très nombreux européens les instances de Bruxelles sont perçues comme une nébuleuse technocratique éloignée et coupée de leurs préoccupations quotidiennes.

J'ai essayé d'en savoir plus sur le fonctionnement de l'UE et j'ai commencé la lecture du livre de Jean Quatremer au titre provocateur de: LES SALAUDS DE L'EUROPE: Guide à l'usage des eurosceptiques...

Voici le résumé de l'éditeur :
Peut-on encore être européen ? Trop de scandales, comme l’embauche de José Manuel Durão Barroso, l’ancien président de la Commission, par la banque d’affaires Goldman Sachs. Trop de compromissions, comme l’élection de Jean-Claude Juncker à la tête de l’exécutif européen, lui qui a transformé son pays, le Luxembourg, en paradis fiscal. Trop d’échecs, de l’économie au contrôle des frontières extérieures en passant par le social ou la défense. Trop de libéralisme débridé. Et trop peu de démocratie.
Il est facile de dresser un acte d’accusation implacable contre l’Union en dissimulant la responsabilité des gouvernements nationaux dans ces dérives. Les salauds de l’Europe, ce sont à la fois les États, les maîtres de l’Union, qui ont trahi le rêve des pères fondateurs, et les démagogues qui essayent de faire croire qu’un retour vers le passé résoudrait tous les problèmes. Il est temps de redire ce que l’Union nous a apporté à l’heure où elle n’a jamais paru aussi fragile, menacée de l’extérieur par la Russie de Poutine et les États-Unis de Trump, et de l’intérieur par le Brexit et la montée des partis extrémistes.
Dans ce livre percutant, l’un des meilleurs spécialistes de l’Europe reprend un à un les arguments de ses opposants en démêlant le vrai du faux et rappelle que la construction communautaire, aussi perfectible soit-elle, reste la dernière utopie pacifiste d’une planète au bord de l’abîme.

C'est un livre très instructif, très critique, sans concessions, un livre qui, bien que datant de 2017, reste très actuel et résume tous les reproches que vous pourrez entendre au sujet de l'UE.

Mais c'est aussi un livre qui n'est pas un dossier exclusivement à charge. Ecrit par un européen convaincu il met en valeur tout ce que l'Europe nous a apporté et que nous aurions bien tort de sous-estimer.

Ce livre a été écrit au moment du Brexit et cet exemple n'a pas été suivi par aucun membre de l'UE. Il n'y a pas eu d'effet de contagion...C'est donc que notre espace n'est sans doute pas si mauvais que cela.

La campagne pour les élections européennes va bientôt commencer et je serai attentif aux propositions des différents partis qui vont se présenter. Et j'écarterai ceux qui tombent dans la critique facile et populiste ou dans le chantage...J'attends de la hauteur de point de vue et aussi un certain "romantisme" même si ce sentiment n'est plus tellement de mode.

Je ne suis pas naïf. Les Etats-Unis d'Europe n'existeront sans doute jamais, et les Républiques Socialistes d'Europe non plus, mais ce n'est pas l'objectif.

Je veux croire en une Europe espace de libre échange, de paix, de protection sociale, de libertés et de défense de valeurs universelles comme, par exemple, l'amitié entre les peuples...Ça, ce n'est pas de l'utopie.

Et quand je dis " je veux croire " il ne s'agit pas d'appliquer la méthode Coué mais de voter pour des forces politiques capables de mettre en place avec pragmatisme un certain nombre d'objectifs réalisables.

Je vous laisse avec deux extraits du livre de Quatremer.

" L’Union a inventé le « libéralisme bureaucratique », une gageure ! Donald Trump, le président américain, la qualifie très justement de « consortium bureaucratique ». Aucun domaine n’échappe à sa furie régulatrice, de la courbure des bananes à la composition des tétines en passant par la contenance des chasses d’eau, la puissance des aspirateurs, la taille des rétroviseurs des tracteurs agricoles, l’expérimentation animale, le passage à l’heure d’été, les dates de la chasse à la tourterelle, le confort des poules, les conditions de transport des porcs et des vaches, les conditions de fabrication et de conservation des fromages, la hauteur maximale des échelles que peuvent escalader les mineurs travaillant, on en passe et des meilleures… Qui n’a pas été révulsé en découvrant que l’Union a cette capacité à se mêler de l’infiniment petit et à négliger l’essentiel?
Delenda Europa ..."

"Face à la complexité et à l’insatisfaction que suscite une Europe qui est la somme de multiples compromis entre des États souverains et de nombreuses crises (souvent mal résolues), le démagogue de droite ou de gauche propose des explications simplistes et des solutions tranchées. À l’entendre, l’Union serait un complot d’une élite apatride et cosmopolite visant à dissoudre les nations, à créer du chômage, à soumettre la France à l’Allemagne et le continent à la Chine et aux États-Unis… Bien sûr, « on » est contre l’Europe « telle qu’elle est », mais « on » reste européen. Le problème est que cela ne veut strictement rien dire : l’Europe, on ne la fait pas seul dans son coin, mais avec des partenaires qui n’ont pas forcément les mêmes idées que nous..."

PS. J'ai parlé des populistes qui tapent sans retenue sur l'Europe mais ils ne sont pas les seuls. Des philosophes comme Michel Onfray s'enferment systématiquement dans un discours souverainiste anti-Maastricht. C'est tellement facile d'avoir toujours raison, de toujours voir le verre à moitié vide et jamais la partie à moitié pleine. A la fin ça devient stérile, agaçant, terriblement prévisible et pour tout dire un peu usant...En fait je n'écoute plus Onfray quand il parle de ce thème. Je sais déjà tout ce qu'il va dire, tout ce qu'il va objecter...Son discours s'est converti en une "tarte à la crème".

PS nº 2: Complètement hors-sujet.

J'ai écouté Sophia Aram se plaignant de graves accusations menées contre elle par des députés de gauche de LFI. Je suis choqué et pour tout dire assez écoeuré car ces accusations injustes lui font dire ce qu'elle n'a jamais dit et la mettent en danger. Faudra-t-il lui assigner 2 gardes du corps suite à ces attaques ignobles ? Je trouve le climat politique en France particulièrement nauséabond... Vous pourrez entendre la réaction indignée de Sophia Aram sur le lien ci-dessous.

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Publié le 21 Mars 2024

Bonjour les amis,

La très sérieuse revue scientifique THE LANCET a publié une étude avec des projections sur l'évolution de la démographie mondiale.

Cela n’a pas encore commencé, mais la tendance semble imparable : l’humanité va rétrécir. D’ici 2050, plus des trois quarts des pays (155 sur 204) auront des taux de fécondité si bas qu’ils ne seront pas en mesure de maintenir leur population. Et cette tendance sera presque achevée d’ici 2100, lorsque 97 % des pays (198 sur 204) seront dans la même situation. Les décès dépasseront les naissances et il y aura de moins en moins de personnes dans le monde.

Il s’agit de données de l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’Université de Washington publiées dans la revue The Lancet. Les auteurs avertissent les gouvernements de commencer à planifier les menaces que ces changements pourraient faire peser sur l’économie, la santé, l’environnement et la géopolitique.

Le 15 novembre 2022, la population mondiale a atteint le chiffre sans précédent de 8 milliards de personnes, mais selon cette étude, cela pourrait être le pic avant que ne s'infléchisse la courbe et que s'amorce le déclin démographique. La tendance est mondiale, mais le rythme est différent selon les zones. Dans les pays riches, où les taux de fécondité sont déjà très faibles, ils continueront à baisser. Et l’Espagne (pays où je vis) est un exemple éloquent de cette tendance.

Selon l’étude, l’Espagne avait un taux de 2,47 enfants par femme en 1950, puis de 2,13 en 1980 et s’effondre à 1,26 en 2021. Si les choses continuent ainsi, en 2050 ce sera 1,23 enfant par femme et en 2100 ce sera 1,11 . C'est l'un des pays où la dégradation de son environnement est la plus prononcée, puisqu'en 2050 la France (1,49), l'Allemagne (1,40) ou la moyenne européenne (1,37) se situeront au-dessus. Cette tendance est en accord avec ce que souligne l'Institut national de la statistique, qui a marqué l'année dernière un minimum historique de naissances dans le pays. 2023 a été la septième année consécutive au cours de laquelle plus de décès que de naissances ont été enregistrés en Espagne, avec une différence de 113 256 personnes.


En Italie, les chiffres sont catastrophiques avec moins de 400 000 naissances en 2022 et un taux de fécondité à 1,2 enfant par femme. En Italie, être parent "n'est qu'une option parmi d'autres".


La Russie perd des habitants au rythme de 700 000 à 800 000 par an. Vladimir Poutine multiplie les mesures pour enrayer ce déclin, mais en vain...

Dans le monde entier les milieux à faibles revenus suivent la même tendance, mais partent d’une réalité très différente, avec des taux de natalité beaucoup plus élevés. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra expliquer leur poids dans le pourcentage total des naissances dans le monde, qui va presque doubler dans les années à venir. Ils passeront de 18 % du total en 2021 à 35 % à la fin du siècle. Un enfant sur deux né sur la planète en 2100 naîtra en Afrique subsaharienne.

Retraites et travail
Les auteurs de l'étude estiment que cette tendance peut être considérée, d'un point de vue occidental, comme un moyen de soutenir leurs retraites, leur main-d'œuvre et leur stabilité démographique. Et ils concluent qu'il s'agit d'un patch. « La migration internationale ne peut être qu’une solution temporaire, car la baisse de la fécondité devient un phénomène universel. »

Les taux de natalité sont plus élevés dans les pays en développement, mais à l’avenir, un meilleur accès aux contraceptifs et à l’éducation des femmes les réduira.

 

Voila donc ce qui se profile même si certaines projections à long terme sont à prendre avec d'énormes pincettes.

Un monde à deux vitesses (mais il l'était déjà, me direz-vous) avec une natalité occidentale en pleine dégringolade un peu masquée par une population mondiale qui continue de croître (même si elle le fait moins vite).

Quant à la démographie en berne  qui viendrait à la rescousse du système de retraites, cela pourrait n'être qu'un sparadrap sur une jambe de bois.

 

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