drame

Publié le 22 Novembre 2025

Bonjour les amis,

Hier il m'est arrivé quelque chose de peu habituel pour moi. Alors que je préparais le repas du soir j'apprenais par hasard vers 19 heures que la troupe de théâtre amateur de mon village donnerait une représentation à 20 heures à l'auditorium dans le cadre de la journée mondiale des Droits de la Femme.

Je bouclai rapidement la tambouille familiale et me précipitai vers la salle de spectacle où j'apprendrai que l'oeuvre s'intitule LA CASA DE BERNADA  ALBA et qu'elle a été écrite par Federico Garcia Lorca en 1936.

C'est donc l'une de ses dernières oeuvres du grand Lorca qui fut fusillé par des rebelles anti-républicains en août 1936, des rebelles qui, par cet assassinat lâche et odieux, envoyaient ad patres le plus grand poète et dramaturge espagnol du XXème siècle.

Mais revenons à LA MAISON DE BERNARDA  ALBA dont vous trouverez une présentation de l'argument et des personnages sur le lien ci-dessous.

Mais en fait, pour en savoir vraiment davantage sur le contenu de cette oeuvre et sur l'ensemble des thèmes abordés, il faut aller sur le lien wikipedia espagnol ci-dessous et utiliser le traducteur google pour pouvoir le lire éventuellement en français.

Je vous invite donc à en prendre connaissance avant d'aller plus loin dans la lecture de ce billet.

 

C'est donc une pièce très dense qui reflète la condition féminine du XX ème siècle et dans laquelle sont abordés les thèmes des apparences, de la haine, de l'envie, de la mort, de l'argent, de la luxure, de la lutte pour la liberté, de l'oppression, de ce qui peut se dire et de ce qui doit être tu.

Un ensemble de thèmes dont certains restent encore d'actualité tandis que d'autres nous permettent de comprendre nos racines et d'où nous venons en nous baignant dans le monde des valeurs de nos grands-parents. C'est une pièce avec un texte parfois très dynamique qui s'accélère et qui libère de manière violente les frustrations des personnages.

J'ai été impressionné par la qualité de l'interprétation de toutes les actrices de la troupe: aucun point faible dans la distribution des rôles, y compris chez les jeunes interprètes qui ont vraiment été à la hauteur.

Quant à Maria José Cardona, elle porte le rôle de Bernarda à bouts de bras.

J'ai été très impressionné par son caractère âpre et inflexible qui m'a fait penser à la grande Alice Sapritch, ce qui n'est pas un mince compliment.

Bernarda et sa fille Adela en arrière plan

Bernarda et sa fille Adela en arrière plan

La maison de Bernarda Alba
La maison de Bernarda Alba
La maison de Bernarda Alba
La maison de Bernarda Alba
La maison de Bernarda Alba

Liens d'intérêt.

Voici un bref article consacré à la représentation qui fut faite en Juillet 2025 et dans lequel la troupe est présentée.

https://elmiralldelamarina.es/el-grupo-adulto-de-emt-de-ondara-estrena-la-casa-de-bernarda-alba/

La pièce a été éditée en français dans la collection Folio

https://www.babelio.com/livres/Garcia-Lorca-La-Maison-de-Bernarda-Alba/69578

 

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Littérature, #Théâtre, #Espagne, #Federico Garcia Lorca, #Drame, #Féminisme, #Patriarcat

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Publié le 4 Juin 2025

Bonjour les amis,

Gainsbourg fut incontestablement un grand compositeur mais c'était aussi un grand plagieur. Il ne vivait pas à l'époque d'internet et il n'hésitait pas à signer de son propre nom des compositions qui n'étaient pas de lui.

C'est pas beau ça !

Par exemple Guy Béart a raconté que, revenu des USA, il avait offert un disque américain à Gainsbourg. Six mois plus tard il trouvait à Paris dans les bacs des disquaires "Gainsbourg Percussions"...Quelle ne fut pas sa surprise de retrouver les mêmes morceaux du disque qu'il avait offert (car il n’y en a pas qu’un) tous exclusivement signés Serge Gainsbourg !

Petite démonstration ci-dessous.

Voici l'original. C'est sans appel ! Pas la peine d'être expert en musicologie africaine pour se rendre compte que le plagiat est patent, avéré, flagrant !

https://www.youtube.com/watch?v=4izxrHTC2rQ&list=OLAK5uy_kKurW8z7yyaS6Nj-lBnADe4tMZiD1mBfo

Plus tard Gainsbourg continuera de s'inspirer d'autres compositeurs mais cette fois-ci en assumant complètement des emprunts qu'il était de toutes manières impossible de cacher.

C'est le cas de BABE ALONE IN BABYLONE inspiré par le 3 ème mouvement de la symphonie en FA majeur de Brahms. 

Commençons par l'écoute de l'original bouleversant et très romantique de Brahms.

https://www.youtube.com/watch?v=-JXvjejaVEc

Et Gainsbourg a eu l'excellente idée de réutiliser ce 3 ème mouvement dans une chanson dont l'ambiance est à mille lieux du romantisme allemand du XIX ème. Cette fois-ci il nous plonge dans le Los Angeles des années 50 où toutes les petites starlettes espèrent faire carrière, au risque de brûler leurs ailes.

Ecoutez donc.

https://www.youtube.com/watch?v=Qkb2uv4IZbQ

L'ambiance musicale est métallique, électrique, artificielle, froide, troublante, pleine d'échos, angoissante, tragique...

Le texte est d'une incroyable beauté.

Ce sont des projections visuelles électriques de ce qu'offrait cette nouvelle Babylone qu'était devenue Los Angeles.

Notre petite star qui cherchait la lumière n'y trouvera que des rêves déçus qui s'achèveront par la mort.

La voix de Birkin, si fragile, toujours au point de rupture, est bouleversante.

Le dernier vers de la chanson est terrible.

Le regard mort de la petite starlette qui s'est soit suicidée ou alors qui a été assassinée de manière abjecte et ignoble se porte une dernière fois sur une étoile, celle du shériff venu lever son cadavre.

Vous trouverez le texte intégral sur ce lien ci-dessous

PS: La petite starlette a essayé, sans succès, de suivre les traces de Marilyn Monroe mais elle termine de la même manière tragique qu'elle. Par ailleurs on peut aussi imaginer que Gainsbourg s'est inspiré de l'affaire de Betty Short surnommée LE DAHLIA NOIR dont James Ellroy a tiré un roman éponyme. Betty Short aussi voulait être actrice... 

PS nº 2 Gainsbourg ne pardonnera jamais à Béart d'avoir raconté l'anecdote que je mentionne dans mon article. Il le traitera de "blaireau" bien des années plus tard sur le plateau d'Apostrophes devant un Bernard Pivot un peu dépassé qui ne comprenait évidemment rien aux vraies raisons de l'attitude suffisante, méprisante, hautaine et abjecte de Gainsbourg.

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Publié le 18 Août 2024

Bonjour les amis,

Je viens de terminer la lecture du premier roman du cinéaste belge Lucas Belvaux, un roman intitulé LES TOURMENTÉS et qui porte bien son titre. On n'est pas volé sur la marchandise... 

LES TOURMENTÉS de Lucas Belvaux...un premier opus tout simplement magistral !

L'histoire démarre avec les retrouvailles qui ne doivent rien au hasard entre deux frères d'armes, des mercenaires. Max, l'homme de terrain placide, a l'âme d'un chef, il s'est rangé des tranchées et travaille désormais comme homme à tout faire auprès de Madame, une riche héritière. Il décide de proposer un marché à Skender, son vieux copain mais surtout un électron libre, soldat hors normes, qui ne réussit pas à se réintégrer dans une vie normale et qui erre sans domicile fixe.

Pour en savoir plus sur ce roman je vous invite à lire sur le lien suivant de la fiche Babelio un excellent commentaire d'une internaute qui signe sous le nom de KIRZY.

KIRZY y décrit très bien le style précis et acéré de Belvaux et les qualités littéraires de son roman qui commence avec des phrases très courtes mais qui s'allongent dans les chapitres ultérieurs.

Je préciserai simplement que le pacte entre les 3 personnages (qui s'expriment tous dans ce livre successivement et de manière constamment alternée A LA PREMIÈRE PERSONNE) m'est apparu tellement immoral et répugnant que j'ai bien failli stopper net la lecture du roman dès de début.

Mais j'ai continué (et bien m'en a pris) car il y a la qualité d'écriture de Lucas Belvaux qui prend le lecteur dans ses filets de manière dense et qui nous offre une plongée vertigineuse dans les affres de ces trois âmes damnées. LES TOURMENTÉS n'est pas un polar au sens habituel car c'est l'évolution psychologique des 3 protagonistes qui est au coeur du roman. Belvaux qui a une grande connaissance de l'âme humaine nous livre certains passages sublimes qui sont dans la lignée de ce qu'a écrit le grand Joseph Conrad. Ses héros sont parfois comme l'égal des Dieux. Ils fixent eux-mêmes des codes et des morales qui leurs appartiennent. Ce sont eux qui, au delà des conventions sociales, redéterminent les règles du jeu.

LES TOURMENTÉS c'est une histoire d'hommes, c'est aussi l'histoire d'une femme, 3 histoires qui s'entrechoquent et dans lesquelles il est question de vérité, de morale, d'humanité et de rédemption.

Tout simplement magistral !

Portrait de l'auteur

Portrait de l'auteur

PS: J'ai dévoré le livre un peu trop rapidement car je désirais connaître la fin. Or, c'est une erreur car chaque personnage évolue et apporte son ressenti d'une manière qui captive le lecteur. Par ailleurs les membres de la famille de Skender s'expriment aussi à la première personne, de manière vraiment touchante, dans ce récit qui est complètement maîtrisé.

PS nº 2: Rosemar m'a envoyé dans son commentaire un lien de Mediapart dans lequel il y a un extrait du livre de Belvaux qui parle des traces indélébiles que provoque la guerre, un extrait qui vous permettra de juger de son style.

 

 

PS nº 3 : Hors-sujet.

Je viens d'apprendre à l'instant le décès d' Alain Delon. Qu'il repose en paix !

Voici ce qu'écrit Maurice Ullrich dans l'HUMANITÉ.

Il n’était pas un saint et n’a jamais prétendu l’être. Difficile quand on a un peu la beauté du diable et même si Visconti, en 1960, en fait dans Rocco et ses frères une sorte d’archange se sacrifiant pour son frère perdu, Simone. Quelques mois plus tôt, c’est le personnage de Tom Ripley dans Plein Soleil qui le révèle. Manipulateur, cynique et assassin, quand bien même on entrevoit en lui comme la fêlure des humiliations subies à n’être qu’un domestique de luxe dans le film, un enfant rejeté dans la vie, peut-être. C’est déjà la marque d’Alain Delon, décédé dimanche 18 août à l’âge de 88 ans. On le retrouvera dans plus de quatre-vingt-dix films, sans compter les téléfilms et les apparitions au théâtre. Le regard bleu parfois glacial, le visage fermé, le sourire inquiétant, le corps qui occupe l’espace, un peu comme un félin. La tendresse, ce n’était pas trop son truc, même quand il dit à Claudia Cardinale dans Le Guépard qu’il veut qu’elle soit sa femme et non pas une maîtresse.

 

Simplement ajouter que j'imagine parfaitement Alain Delon quand il avait une trentaine d'années dans le rôle de Skender, le héros du roman de Lucas Delvaux...Les personnages de grands tourmentés ça lui allait plutôt bien...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Littérature, #Roman, #Lucas Belvaux, #Guerre, #mercenaires, #drame, #Littérature belge

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Publié le 8 Février 2023

Bonjour les amis,

TÁR c'est le grand film du moment dont tout le monde parle, un film couvert de prix dont Martin Scorcese a dit: " On ne sait pas où va le film. Nous suivons simplement le personnage sur sa route étrange et bouleversante vers sa destination finale encore plus étrange..."

Contrairement à mes habitudes je ne vous ferai pas le résumé du synopsis de ce film très long car il serait nécessairement réducteur.

Je pense que moins le spectateur en en sait sur la trame et mieux ça vaudra pour lui.

Je me limiterai donc à faire un certain nombre d'observations de caractère général pour vous inciter à aller voir ce film.

Plusieurs thèmes sont abordés dans cette oeuvre. On y parle de musique bien sûr, d'une manière parfois sophistiquée, mais que les non-initiés pourront appréhender. On y parle de pouvoir, de l'exercice du pouvoir dans le monde de la musique, et de la solitude de ceux qui, comme les maestros, se trouvent tout en haut de la pyramide.

Le personnage interprété avec beaucoup de charisme par Cate Blanchett nous magnétise. Elle va se confronter, alors qu'elle est au sommet de sa gloire et qu'elle s'apprête à vivre un couronnement artistique, à une série de faits qui vont désagréger peu à peu sa forteresse mentale.

Le réalisateur Todd Field nous offre un portrait complexe et ambigu dans lequel le spectateur, tout en étant subjugué par l'autorité naturelle de Lydia TÁR, commence à avoir des doutes sur certains de ses choix autoritaires. Sont-ils toujours guidés par des impératifs artistiques, ou alors Lydia, malgré son caractère fort et sans concessions,  se laisse-t-elle guider parfois par certaines faiblesses sentimentales? 

Lydia est hantée par le suicide de l'une de ses ex-élèves avec qui elle avait entretenue une liaison amoureuse.

Est-elle complètement étrangère à ce suicide? Cette question va revenir de manière récurrente tout au long de ce film très sombre parfois.

Lydia, pourchassée par ses démons, entend des voix, des cris, des musiques. Elle fait des cauchemars qui apportent au film une forte touche d'onirisme. L'oeuvre de Todd Field nous offre de magnifiques métaphores visuelles, avec des images distendues, anamorphosées...

TÁR est aussi un film de notre temps dans lequel la cancel culture américaine va jouer un rôle important.

Lydia y sera confrontée de manière cruelle et parfois particulièrement insidieuse.

La fin, dont je ne parlerai pas, donne tout son sens au long parcours halluciné dont nous avons été témoins.

Pourtant le film se referme dans une étrange ambiance de mystère autour du personnage de Lydia. Elle continue de hanter le spectateur qui sort de la séance avec ses interrogations.

C'est l'une des forces de ce grand film. Lydia est un personnage shakespearien qui ne peut être enfermé dans ce que nous avons vu. Il continue de nous interpeller.

TÁR est une oeuvre symphonique ambitieuse qui nous parle d' Art, de pouvoir, d'amour et de liberté.

 

TÁR...un film symphonique qui nous parle d'Art, de pouvoir, d'amour et de liberté

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Publié le 14 Janvier 2023

Bonjour les amis,

J'ai vu cette semaine AS BESTAS, le dernier film du réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen.

Voici le synopsis:

Antoine et Olga, un couple de Français, sont installés depuis longtemps dans un petit village de Galice. Ils ont une ferme et restaurent des maisons abandonnées pour faciliter le repeuplement. Tout devrait être idyllique mais un grave conflit avec leurs voisins fait monter la tension jusqu’à l’irréparable…

Je vais essayer de vous  parler d'AS BESTAS tout en dévoilant le moins possible l'intrigue.

AS BESTAS est un film rude, une histoire d'hommes vue à travers les yeux d'une femme. Le couple de français est parfaitement intégré à la vie du village, sait parler leur langue, mais ils vont faire des choix qui vont créer de vives tensions avec leurs proches voisins, notamment les 2 frères Xan et Lorenzo.

Xan est particulièrement inquiétant en paysan têtu qui n'est jamais sorti de la ferme mais qui a un caractère fort, forgé aux durs travaux agricoles. Xan apparaît comme un rustre mais il est doté également d'une intelligence fine sur la nature humaine. Il sait percer les coeurs ! Il est porteur de valeurs ancestrales liées à la terre et d'un droit non-écrit qui régit les rapports entre paysans.

Face à lui Antoine représente un autre caractère très fort. Le film ne tombe pas dans la caricature et Antoine n'est pas un écolo qui vit en dehors des réalités. Sa compagne Olga et lui savent eux-aussi travailler dur et se plier aux exigences de la vie à la campagne.

Les dialogues entre Xan et Antoine, notamment au bar du village, sont particulièrement bien écrits: oppressants, à couper le souffle. On sent à chaque instant l'imminence d'un possible drame.

L'histoire s'étale dans le temps. On voit passer les saisons ce qui nous donne droit à de magnifiques images de la campagne galicienne. C'est un film fait de longs silences également: la nature, le rythme des saisons et les bruits du vent y parlent, à leur manière...

On est très loin d'une image bucolique du retour à la nature. N'y survivent que les gens forts, les gens taillés pour. Pas de glamour ici. En cela le film m'a un peu rappelé DELIVRANCE où, là aussi, le retour à la vie campagnarde n'était pas un chemin bordé de roses. Le "paradis espéré" que suppose le retour à la vie rurale existe mais il faut en payer le tribut. La nature impose ses vérités aux hommes et aux femmes.

Les personnages du film parlent en 3 langues: le castillan (ou l'espagnol pour faire simple), le galicien (très proche du portugais) et le français...Je comprenais parfaitement les passages en espagnol et en français mais un peu moins bien les dialogues en galicien et les sous-titres m'ont aidé à saisir des nuances importantes. Les 3 langues donnent beaucoup d'authenticité au film.

L'oeuvre oscille entre deux registres: le western rural âpre et le thriller car certaines scènes sont terriblement inquiétantes.

Quant au drame (dont je ne parlerai pas), sachez qu'il donnera l'occasion à Sorogoyen de faire une des plus époustouflantes métaphores cinématographiques que j'ai jamais vues. On est estomaqués !

Le film est long car à mi-chemin, quand on croit que l'épilogue va être proche, le réalisateur confie à Marina Foïs un rôle important qui relance l'histoire. Il y a avant le drame et après le drame et les deux parties du film sont aussi intéressantes, aussi riches.

Encore une fois les dialogues percutent. La confrontation entre Marina Foïs et sa fille venue de France lui rendre visite interpellent le spectateur. Des thèmes comme la liberté, la responsabilité des parents dans l'éducation de leurs enfants et les relations mère-fille y sont abordés avec pertinence. Il y a à la fois de la violence mais aussi de l'amour.

AS BESTAS est aussi un film qui, tout en traitant d'un problème précis dans une région culturellement bien définie, atteint une dimension complètement universelle. On pense à Giono, à Pagnol aussi, à la dureté sans concessions du monde paysan.

Du grand cinéma, assurément.

Sorogoyen s'est inspiré d'un fait divers réel pour imaginer cette histoire, et disons que dans la vraie vie Olga s'est comportée comme dans le film.

Denis Fenochet (Antoine), Marina Foïs (Olga) et Luis Zahera (Xan) sont remarquables. Peut-être que Sorogoyen leur a offert dans ce film les rôles de leur vie, tant leurs caractères sont marquants...

Xan et Antoine

Xan et Antoine

Antoine et sa compagne Olga

Antoine et sa compagne Olga

AS BESTAS...un western rural angoissant et oppressant, au coeur de la Galice...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #AS BESTAS, #Rodrigo Sorogoyen, #Cinéma, #Cannes, #Espagne, #Galice, #Drame, #Ecologie

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Publié le 28 Juin 2022

Bonjour les amis,

 le 24 juin dernier, plus de 1 500 personnes, originaires en majorité du Soudan, ont tenté de rejoindre l'enclave autonome espagnole de Melilla au nord du Maroc, une enclave membre de l’Union européenne.

Au moins 23 personnes sont mortes asphyxiées, écrasées ou des suites de leurs blessures, d’après des sources officielles − tandis que plusieurs ONG humanitaires évoquent un bilan plus lourd − et plusieurs dizaines de blessés, dans ce qui constitue “la tentative de franchissement de la valla [le nom de la barrière frontalière à Melilla] la plus meurtrière de l’histoire”, déplore El País. Cent trente-trois migrants sont parvenus à franchir la frontière et sont retenus dans un centre de séjour temporaire à Melilla, selon le journal.

 

 

 

 

 

Alors, lire cette information est une chose, mais voir certaines images du résultat de l'intervention musclée de la gendarmerie marocaine en est une autre.

Les gendarmes ont fait usage de jets de gaz lacrymogènes et de coups de matraques qui ont provoqué des mouvements de foules, des écrasements et des étouffements chez les migrants...Regardez plutôt.

En Espagne beaucoup de critiques se sont élévées, notamment contre les déclarations du chef du gouvernement Pedro Sánchez, et je vous invite à lire le résumé de la situation diplomatique dans cet article du COURRIER INTERNATIONAL.

Déclarations complices de Pedro Sánchez suite à un rapprochement de son pays avec le Maroc obtenu au prix de concessions très discutables contre les droits du peuple Sahraui.

Du côté marocain le régime s'empresse d'enterrer les morts sans la moindre autopsie.

Tout est lamentable dans cette affaire qui met en lumière plusieurs violations du droit international. L'agence de l'ONU pour les réfugiés (ACNUR) regrette profondément les faits mais l'organisation internationale n'envisage pas l'envoi d'une commission d'enquête sur ce qui ressemble beaucoup à un massacre qui aurait pu être évité.

L'Union europénne qui aide le Maroc à travers la concession de fonds d'investissements pourrait également faire pression auprès des autorités de Rabat pour exiger des explications.

Maroc: au moins 23 morts et des dizaines de blessés à la frontière de Melilla...

Enfin il faut rappeller que justement cette semaine a lieu à Madrid le sommet de l'OTAN et que les autorités espagnoles vont profiter de ces incidents tragiques pour impliquer l'organisation et lui demander de se porter garante de la protection de la frontière de Ceuta-Melilla.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Maroc, #Espagne, #Migrants, #Réfugiés, #Drame, #OTAN, #Melilla

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Publié le 13 Septembre 2019

Bonjour les amis,

Je viens de voir PARASITE de Boan Joon-ho qui a obtenu la palme d'Or au festival de Cannes.

Voici le synopsis:

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne...

Le metteur en scène demande à juste titre à ceux qui veulent commenter son film de ne pas en dévoiler l'intrigue  donc j'en dirai le moins possible. Je me contenterai de faire certaines remarques d'ordre très général.

Le film surprend car au fil du récit on change de registre et de genre cinématographique, ce qui peut dérouter le spectateur. Disons qu'on démarre sur une comédie de moeurs...

La mise en scène est brillante et le récit très rythmé. Certains personnages sont délicieusement amoraux comme dans certains films de Chabrol. Et tout comme chez Chabrol, le film s'apparente parfois à un jeu de massacre...Il y a une moralité dans l' amoralité...

Boan Joon-ho utilise avec maestria le lieu central de l'action qui est une magnifique maison d'architecte et il en fait fait un personnage principal qui symbolise à lui seul toute la société coréenne (modernisme, influence de l'occident, l'ennemi du Nord, le passé enfoui, etc...).

Le film est construit comme une fable cruelle, comme une grande métaphore.

 Il y a aussi dans cette oeuvre une critique sociale sarcastique (lutte des classes et néolibéralisme), un humour acerbe, avec par exemple des passages assez savoureux dans lesquels les personnages ont une manière très particulière d'utiliser les nouvelles technologies. Dans ce film les portables peuvent se révéler aussi dangereux que les lance-flammes dans le dernier Tarantino...

Tous les personnages (notamment féminins) sont très bien interprétés et certains d'entre eux sont très  touchants et nous émeuvent.

Le film possède d'indéniables qualités, mais, malgré tout, j'ai partiellement décroché au bout d'une heure et 20 minutes car, à mon sens, l'histoire se dévoile trop : il reste à ce moment-là 45 minutes de projection et le spectateur commence à saturer un peu à cause d'une surenchère de rebondissements vaudevillesques qui ne sont au service  de rien (ou de si peu). La fin, quant à elle, redonne du sens à tout ce qu'on a vu précédemment.

Le metteur en scène a pris certains risques notamment en changeant de registre, mais aussi il se peut qu'il ait déçu certains spectateurs (comme moi) qui n'ont pas bien accepté un élément de l'histoire (dont je ne parlerai pas) qui fait définitivement basculer son film vers autre chose de plus terrifiant...on n'a plus du tout envie de rire, ni même de sourire. On ne renoue pas avec le ton de la première partie du film et ça m'a gêné considérablement. 

Finalement ce film c'est comme un bon plat bien présenté qui fait saliver mais qui ne va pas forcément tenir toutes ses promesses...on finit le repas avec une grosse arête dans le gosier !

Malgré ces réserves, il y a tant d'originalité et de brio dans la réalisation et on a tant de sympathie pour nombre des personnages que ce film mérite d'être vu de toutes façons. Donc je ne ferai pas la fine bouche...Mais moi, j'aurais retouché certains aspects du scénario pour lui donner plus d'homogénéité et j'aurais enlevé au montage une demi-heure.

 

 

 

 

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Cinéma, #Corée, #Critique sociale, #Comédie, #Vaudeville, #Drame, #Festival de Cannes, #Horreur

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Publié le 29 Août 2018

Bonjour les amis,

Avec " Le verger de marbre" d' Alex Taylor, on renoue avec la grande littérature policière, la meilleure qui soit, c' est à dire la littérature tout court.

Mais, avant de partager avec vous des commentaires personnels au sujet de cette oeuvre je vais laisser la parole ci-dessous à un internaute qui en parle très bien.

Toujours, pour vous mettre l' eau à la bouche, je vous invite à lire les critiques très pertinentes de IRIS29 et de CROSSROADS sur le lien ci-dessous, des critiques élogieuses auxquelles j'adhère à 100%.

Alors , je ne peux que confirmer les énormes qualités littéraires de ce court roman de 229 pages.

D' abord il y a l' environnement, le Kentucky profond, omniprésent, dont la nature imprègne et pétrit les caractères des personnages. Alex Taylor nous fait de très belles descriptions, très poétiques et aussi empreintes d' une extrême noirceur. 

Ses personnages sont imprégnés de croyances qui proviennent de la nuit des temps et ils interprètent, chacun à leurs façons, chaque manifestation de la nature, que ce soient les flots tourmentés de la Gasping River, le vol d' un vautour, où les gémissements du vent parmi les arbres.

L' accident tragique initial va dénouer des terribles tensions préexistantes entre tous les protagonistes qui vivent dans cette région rurale de manière ancestrale, avec leurs lourds secrets enfouis depuis toujours au fond de leurs mémoires. 

Et puis, il y aussi de vraies personnifications du Mal dans ce roman, notamment avec Doat Luncan, le caïd local vieillissant mais toujours aussi effrayant, qui semble vivre au dessus des lois, qui défie le shériff, et qui fixe ses propres règles contre lesquelles personne ne semble avoir assez de force pour pouvoir s' y opposer. Doat Luncan inquiétant à souhait, toujours accompagné par ses dobermans menaçants qui lui obéissent au doigt et à l' oeil.

Les dialogues sont très bien écrits et de manière très sobre. On est dans la cambrousse et on n' aime pas les bavards. Les sentiments s' expriment de manière minimaliste...Les mots sont souvent lourds de sens, et pleins de sous-entendus menaçants...

Et puis cette histoire échappe complètement à son cadre rural et prend une dimension à la fois tragique, universelle, mythologique et biblique aussi. C'est une histoire forte, âpre, avec des caractères très violents, et dans laquelle les liens de sang vont jouer un rôle prépondérant....Je n'en dirai pas plus.

Je vous laisse deux extraits pour que vous puissiez apprécier le style de l' auteur:

Voici d' abord une description :

Il se rallongea en regardant le ciel nocturne et sa pléiade d'étoiles qui lui donnaient l'aspect d'un tesson de faïence carbonisé, des éclats de lumière accumulée zigzaguant dans le vide, les queues de comètes maigrelettes soutenant la sombre coupole des cieux fissurés. Des étoiles s'éteignaient, là-haut. Des planètes étaient percutées, s'enfuyaient dans un lacis convexe et s'embrasaient en volutes troubles qui flamboyaient puis disparaissaient, mais lui était là, dans ce monde, à côté d'un feu dans la chaleur de la nuit

Et voici un un dialogue entre le shériff Elvis et un personnage trouble et provocateur:  

 "Mais je ne vous aime pas . Je pense qu'il faut que vous le sachiez . J'aime pas les choses que vous dites et j'aime pas votre façon de vous asseoir sur ma chaise . J'aime pas votre odeur et j'aime pas le fait que vous portiez un costume. Ça me rend nerveux et j'aime pas du tout être nerveux . (...)Je vais vous arrêter. (..)"
Seul le grincement de la chaise lui répondit .
Il leva les yeux , l'homme avait disparu...

Le verger de marbre...un puissant drame mythique au fin fond du Kentucky
Le verger de marbre...un puissant drame mythique au fin fond du Kentucky

PS: je vous mets en prime une photo que j' adore et dont l' ambiance est assez proche de celle du roman...

Le verger de marbre...un puissant drame mythique au fin fond du Kentucky

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #littérature, #Kentucky, #Poésie, #Drame, #Roman

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Publié le 7 Avril 2018

Bonjour les amis,

Quand je vivais à Paris dans les années 80, il nous arrivait, mon colocataire et moi, de céder notre appartement pendant des après-midi entières à des étudiants en Art Dramatique ( inscrits au cours Florent)  pour qu' ils puissent y faire leurs répétitions.

L' un d' entre eux travaillait par ailleurs comme ouvreur dans un théâtre parisien. Un jour, il m' a  proposé une entrée pour une Couturière.

A l' époque, je ne savais même pas ce qu' était une Couturière de pièce de théâtre.

Alors, pour les non-initiés, sachez que la Couturière est l' avant-dernière répétition avant la première représentation d' une oeuvre. Elle a pour objectif de tester la pièce avec tous les costumes, de fixer les dernières retouches, d’optimiser les changements et l’habillage.

Mon jeune copain étudiant en Art Dramatique m' indique que la pìèce en question s'intitule TCHIN TCHIN, qu' elle est interprétée par une actrice et par deux acteurs dont l' un d' entre eux était ni plus ni moins que le Grand Marcello Mastroianni. 

 

La couturière...

Alors évidemment, je n' hésite pas. J' accepte l' invitation de mon ami. Une place pour voir Mastroianni, ça ne se refuse pas...Quelque soit le rôle !

Quelques jours plus tard, quand j' arrive dans la salle, je fais mon entrée timidement. Je ne sais pas ce qui va se passer exactement, si je vais assister à des mises au point, à des réglages...

Je m' installe très près de la scène. Nous ne sommes qu' une quinzaine de personnes dans toute la salle du théâtre Montparnasse. Derrière moi, j' entr'aperçois France Roche qui s' installe.

Je patiente. Et puis le rideau s' ouvre. La pièce commence...

La couturière...

Voici le sinopsis de cette pièce de François Billetdoux:

Cesareo est un italien chef d'une entreprise de bâtiment, éperdument amoureux de sa femme Marguerite. De son côté, Pamela est anglaise, épouse modèle, qui s'investit dans les œuvres de charité. Problème : le mari de Pamela tombe amoureux de la femme de Cesareo. L'italien et l'anglaise vont s'allier pour tenter de sauver leurs couples...

Le rôle de Cesareo était bien évidemment tenu par Mastroianni et celui de Pamela par l' actrice anglaise Natasha Parry et la mise en scène était de Peter Brooke.

La couturière...

Alors la pièce sera interprétée de bout en bout sans la moindre interruption.

Durant toute l' oeuvre, je n' arrêterai pas de penser:

"  C' est lui ! C' est le grand Marcello qui est en train de jouer à trois mètres de moi ! Presque pour moi tout seul ! "

Oui, c' était lui qui interprétait son personnage de mari éconduit de manière très sobre, très touchante...un homme désespéré par la perte de son épouse et qui tente de comprendre et qui voudrait récupérer sa bien-aimée. Un thème universel, intemporel...

 

Je serai frappé durant toute la représentation par le métier, la modestie de Mastroianni qui interprétera son rôle avec une grande humilité, complètement dans la peau de son personnage, pratiquant un jeu très naturel, sans jamais en faire trop.

L' action de la pièce couvre plusieurs années, et on assistera, peu à peu, à la déchéance de Cesareo et de Pamela...

Quand la pièce se termine, nous nous levons pour applaudir avec enthousiasme. Les trois acteurs nous saluent longuement, satisfaits de l' accueil, puis se retirent. Les quelques amis et proches qui sont dans la salle vont aller les rejoindre vers leurs loges pour les féliciter et leur prodiguer quelques derniers conseils.

Quant à moi qui ne fait pas partie de cette petite famille, je vais m' éclipser discrètement pour aller me fondre seul dans la nuit parisienne et rentrer chez moi...Je venais de vivre la première et la seule Couturière de ma vie...avec Marcello, comme dans un rêve...

La couturière...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Théâtre, #Marcello Mastroianni, #Arts dramatiques, #Drame

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Publié le 27 Janvier 2018

Bonjour les amis,

Je viens de voir THREE BILLBOARDS, LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE réalisé par le metteur en scène britannique Martin McDonagh.

Voici le sinopsis:

Neuf mois après le viol et le meurtre de sa fille, Mildred Hayes ( Frances McDormand) décide de réagir car la police n' a obtenu aucun résultat.Elle inscrit sur de grands panneaux publicitaires trois messages dans l' ordre suivant:

" VIOLÉE PENDANT QU' ELLE MOURAIT... "

" ET TOUJOURS PAS D' ARRESTATIONS ? "

" COMMENT EST-CE POSSIBLE SHERIFF WILLOUGHBY ? "

Ces 3 panneaux sont destinés à provoquer une réaction du chef de la police Willoughby ( Woody Harrelson) flanqué se son violent officier Jason ( Sam Rockwell).

 

Avant de vous parler du film, parlons du titre français ( 3 Billboards,les panneaux de la vengeance) qui ne me paraît pas très pertinent car ce n' est pas vraiment une histoire de vengeance mais plutôt l' histoire d' une exigence de justice...Et comme chacun sait, justice n' est pas vengeance...Par ailleurs le titre original était THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING MISSOURI.

Ce film  joue sur trois registres: le drame, le thriller...et l' humour froid et décalé.

L' idée initiale est assez originale. Mildred prend avec ses panneaux publicitaires une initiative pas banale et choquante destinée à provoquer des changements, et on ne va pas être déçu car, effectivement, ses panneaux vont provoquer un certain nombre de réactions violentes et de désordres au sein de cette petite bourgade tranquille du sud des Etats-Unis.

Ces désordres seront l' occasion pour le réalisateur de nous brosser un portrait parfois féroce, parfois très drôle, parfois énorme de  l' Amérique rurale profonde avec ses personnages violents, hypocrites,dépravés,sectaires mais aussi parfois touchants et pleins d' humanité.

Toutes les tares de l' Amérique ( racisme, machisme, violence,alcoolisme, hypocrisie sociale et religieuse,etc...) sont passés à la moulinette d' une façon assez jubilatoire.C' est très décapant ! 

Ce film c' est un peu un jeu de massacre à la Chabrol mais avec une très grosse nuance, une très grosse différence.Nombre des personnages qui sont atteints des tares dénoncées par le metteur en scène, se révèlent être aussi parfois très touchants et sensibles...Le scénario nous réserve des surprises réjouissantes dans l' évolution des caractères.Au fur et à mesure que l' action avance, notre perception de la psychologie de certains personnages s' affine, entre gris clair et gris foncé.

Donc on commence le film avec des caractères apparemment bien définis et solidement campés...mais les choses vont évoluer...

L' humour très décalé de McDonagh nous fait énormément penser au cinéma des frères Coen. D' ailleurs, Frances McCormand est l' épouse de Joel Coen. Ce n' est donc vraiment pas un hasard qu' elle ait ce rôle principal qu' elle interprète de manière magistrale: à la fois déterminée et inflexible ...mais aussi très émouvante quand, par exemple, un daim vient se promener sur le lieu du drame.

Emouvante aussi quand elle s' interroge sur sa propre responsabilité au sujet de la fin abominable de sa fille.

La fin du film m' a un peu dérouté car je m' attendais à une dernière révélation explicative à laquelle le metteur en scène n' arrête pas de nous préparer...et, finalement, il nous fait une fausse sortie en forme de queue de poisson assez jubilatoire.

Vous l' avez bien compris les amis.J' ai adoré ce 3 billboards que je conseille sans réserves.

Une dernière recommandation.Attachez votre ceinture pendant le film parce que ça va secouer...

 

 

 

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Cinéma, #Drame, #Thriller, #Humour, #Humour noir

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