crise

Publié le 12 Avril 2026

Bonjour les amis.

Il y a 50 ans sortait LES HOMMES DU PRESIDENT d'Alan Pakula, un grand film qui allait faire date dans l'histoire du cinéma américain et qui allait marquer notre imaginaire pour longtemps.

Le film retrace l'enquête méticuleuse des journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein (joués par Robert Redford et Dustin Hoffman). Ils révèlent le scandale du Watergate, menant à la démission du président Richard Nixon en 1974. Nixon préfèrera démissionner plutôt que de se soumettre à un jugement politique le traînant dans la boue.

A l'époque le Washington Post était une affaire familiale dirigée par Katherine Graham qui protègera ses journalistes de bout en bout.

Le Watergate illustrait à la fois la faiblesse mais aussi la force de la démocratie américaine.

Faiblesse car les USA perdaient leur président ( accusé de mensonges) en plein milieu de la Guerre du Vietnam.

Force car le watergate renforçait le concept de démocratie libérale, avec une société capable de corriger la déviation éthique de son président.

La Politique n'était pas qu'une affaire d'hommes (forts ou faibles) mais aussi la mise en oeuvre d'un système institutionnel capable de faire respecter avec garantie la légitimité et le droit.

50 ans plus tard on se retrouve avec un Washington Post passé aux mains de Jeff Bezos (patron d'Amazon) et avec un président qui ment tous les jours.

Toutefois, tout n'est pas perdu car, par exemple, le New York Times a révélé les conditions qui ont amené Trump a déclencher ses attaques le 28 Février dernier (voir le lien ci-dessous).

https://www.nytimes.com/2026/04/07/us/politics/trump-iran-war.html

L'enquête du New York Times révèle que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a joué un rôle crucial en convainquant Trump, lors d'une réunion en février, que le régime iranien était prêt à s'effondrer et qu'une attaque conjointe provoquerait un soulèvement populaire.
Le journal souligne que Trump a ignoré les évaluations pessimistes des services de renseignement. Le directeur de la CIA aurait qualifié de "grosse farce" l'idée qu'une attaque déclencherait une révolution en Iran. Même le vice-président J.D. Vance aurait exprimé des doutes avant de se rallier à la décision.
Bien que Trump ait déclaré avoir "dépassé ses objectifs militaires", le New York Times estime qu'après cinq semaines de bombardements, aucun des buts initiaux — empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire ou provoquer un changement de régime — n'a été clairement accompli avant l'annonce d'un cessez-le-feu.

Alors se pose une question cruciale.

Doit-on considérer que le film  LES HOMMES DU PRESIDENT reflète une époque complètement révolue durant laquelle le mensonge était susceptible à lui seul de faire tomber un président ?

Doit-on penser que Trump, en mentant tous les jours comme un arracheur de dents, a définitivement balayé toute morale démocratique aux USA ?

Ou alors allons-nous assister à un sursaut de la société américaine ?

Petit rappel au sujet des attaques du 28 Février:

L'article 1 de la Constitution réserve au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre. Une frappe unilatérale sans provocation immédiate ou autorisation du Congrès (via la War Powers Resolution) est souvent considérée comme anticonstitutionnelle par les experts juridiques, sauf en cas de légitime défense imminente.

Voici les recours et débats constitutionnels en cours :


Violation de l'Article I de la Constitution américaine : Des membres du Congrès ont affirmé que l'attaque, lancée sans autorisation ni consultation préalable du Congrès par Donald Trump, viole l'article I, section 8, clause 11 de la Constitution américaine, qui confère au Congrès le pouvoir exclusif de déclarer la guerre.
War Powers Resolution de 1973 : Les démocrates ont tenté d'invoquer la War Powers Resolution pour forcer le président à obtenir l'approbation du Congrès pour les actions militaires, mais ces tentatives ont été bloquées par la majorité républicaine au Sénat et à la Chambre des représentants au début du mois d'avril 2026.

 

25e Amendement : Face à ce qui a été décrit comme un comportement imprévisible et des menaces d'escalade (allusion à une "civilisation entière qui mourra ce soir"), certains législateurs et représentants ont évoqué l'invocation du 25e amendement pour écarter le président, jugé inapte à gouverner.
 

Recours juridiques nationaux : Au-delà de la constitutionnalité, des débats juridiques ont été soulevés concernant la légalité de l'opération selon le droit international (charte de l'ONU), la justification de "légitime défense anticipée" invoquée par les États-Unis étant contestée par de nombreux experts en droit international.

Plusieurs scénarios se profilent donc qui vont dépendre en partie de la suite du conflit irano-américain.

- Soit la morale sera sauve, que ce soit grâce aux élections midterm de Novembre, ou que ce soit grâce aux recours constitutionnels.

- Soit (et ça me paraît hautement improbable) Trump arrive à se sortitr du piège dans lequel il s'est enfermé tout seul, et alors là, on pourra affimer que les USA ont définitivement changé de nature et ne représentent plus l'idéal libéral démocratique qui a nourri notre imaginaire.

PS: Hors-sujet mais je reste sur le thème de certains dirigeants qui disent des énormités. Ecoutez ce que Mélenchon a dit le 9 Avril dernier.

« Si vous comptez sur les ouvriers blancs catholiques pour faire le socialisme en France, ça n’aura pas lieu. » Jean-Luc Mélenchon à l’institut La Boétie, le 9 avril 2026.

Complètement lunaire !  Devient complètement gâteux Mélenchon !

C'est même plus la peine de lui répondre...ses propos deviennent débiles et ils sont à vomir !

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Publié le 27 Avril 2024

Bonjour les amis,

Bien qu'étant passionné de politique ça fait plusieurs mois que je ne regarde plus les débats parlementaires en Espagne car je suis un peu saturé  et exténué par les sempiternelles tensions provoquées par les échanges verbeaux très agressifs entre la droite et la gauche.

Le fait que Carles Puigdemont en exil en Belgique puisse bénéficier d'une amnistie du gouvernement socialiste qui lui permette de participer aux prochaines élections régionales catalanes a empoisonné l'atmosphère depuis de longs mois entre le pouvoir et l'opposition.

Ajoutez-y un scandale avec le compagnon sentimental de la maire de Madrid Isabel Diaz Ayuso en pleine tourmente à cause d'une affaire de fraude fiscale. Les partis de gauche réclament la démission de cette maire de droite, chef de file du Parti Populaire.

Par ailleurs, durant ces dernières semaines, le parti socialiste a obligé José Luis Abalos (député socialiste et et ex-ministre) à démissionner pour une autre affaire de corruption dans laquelle sa responsabilité est engagée, l'affaire KOLDO.

Dans ce contexte déjà très lourd et un peu délétère s'est produit un événement politique plutôt insolite qui n'a rien à voir avec mon préambule.

Je vous laisse prendre connaissance sur le lien ci-dessous de la dernière déclaration de Pedro Sánchez.

 

Donc vous avez bien compris. Le chef du gouvernement qui se sent victime d'une chasse à l'homme à travers des accusations portées contre son épouse Begoña a annoncé qu'il se donne 5 pours, jusque lundi prochain, pour savoir s'il va démissionner ou pas.

Et là, franchement, je n'y crois pas une seule seconde, et ce pour une raison qui me paraît simple. Si un gouvernant est sincèrement habité d'un tel doute il n'en fait pas part publiquement car agir de cette manière c'est en soi une façon de provoquer toute une série de gros remous politiques qui ne seront certainement pas propices à ce supposé temps de réflexion que demande Sánchez.

Ce temps mort réclamé par le chef de l'éxécutif ressemble aux yeux de beaucoup d'espagnols à une espèce de bluff adressé à toute la citoyenneté, un bluff du genre: " Sans moi, c'est le chaos et le pays entre dans une nouvelle grave crise politique."

Donc l'annonce de Pedro Sánchez me paraît être plus une manipulation politicienne qu'autre chose.

Pedro Sánchez prend la population espagnole à témoin du lynchage dont il se sent victime et joue avec la possibilité de démissionner.

Ça, c'est du jamais vu ! Et ça ne me réconcilie pas avec la politique espagnole car j'ai l'impression qu'on essaie de me faire participer à une sinistre farce qu'on voudrait me faire passer pour un psycho-drame.

Carles Puigdemont (qui, par ailleurs, m'est assez insupportable) a eu, pour une fois, une réaction à la fois critique et sensée. Il a dit, je cite : "Hay que salir llorado de casa", à savoir que Sánchez devrait se présenter devant ses concitoyens en ayant "préalablement pleuré à la maison" et pas devant tout le monde car ça l'affaiblit. Il incite Sánchez à restaurer la confiance dont il a besoin en soumettant sa continuité au pouvoir à une motion de censure au parlement.

Enfin j'ai du mal à comprendre comment on en est arrivé à une telle situation sachant que l'affaire de l'épouse de Sánchez va être traitée par la justice qui est la seule instance à-même de la laver de tout soupçon. Donc si Sánchez est convaincu de l'innocence de son épouse Begoña il lui suffit d'exiger de l'opposition qu'elle soit patiente et démocratique et qu'elle attende que la justice ait rendu son verdict.

Tout, dans cette affaire, me paraît donc extrêmement malsain. Les agitations de la droite mais aussi la réaction quelque peu disproportionnée de Sánchez qui, soi-dit en passant, est un "killer" politique expérimenté qui en a vu d'autres. 

Attendons lundi prochain pour connaître la décision de Pedro Sánchez.

Et nous saurons très vite si mon intuition est erronée...ou pas.

A droite Begoña Gómez: notez qu'en Espagne les femmes gardent leur nom et ne prennent pas celui de leur mari

A droite Begoña Gómez: notez qu'en Espagne les femmes gardent leur nom et ne prennent pas celui de leur mari

PS : Par ailleurs, je reste bien évidemment en faveur d'une continuité de Pedro Sánchez qui me paraît la moins pire de toutes les options.

PS nº 2 . Vous avez bien compris que je ne crois pas une seule seconde à une démission de Sánchez mais j'en profite pour partager avec vous un aphorisme assez rigolo de George Bernard Shaw. C'est de l'humour populiste un peu facile, certe,  et qui renvoit de manière injuste tout le monde dos-à-dos...mais avouez que parfois cet aphorisme est pertinent...😁

Situation politique un peu surréaliste en Espagne...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Espagne, #Politique, #corruption, #Socialistes, #démission, #crise, #trafic d'influences

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Publié le 31 Janvier 2024

Bonjours les amis,

avant de lâcher ma colère sur les événements que je vais décrire  et afin d'éviter des malentendus inutiles je vais d'abord exprimer ma totale solidarité avec les revendications paysannes qui secouent la France et une bonne partie de l'Europe. C'est une bataille importante qui se livre et qui concerne notre avenir à tous. Donc, je soutiens ceux qui luttent pour que l'agriculture puisse survivre dans des conditions qui assurent la dignité de ceux qui travaillent dans ce secteur.

Nonobstant, les images durant ces derniers jours de saccages de camions étrangers par des commandos agricoles me paraît être une stratégie absolument désastreuse et affligeante.

Commençons par regarder les images de BFMTV sur le lien ci-dessous.

Chers amis gaulois,

je vous laisse imaginer l'effet désastreux qu'ont ces images de saccages de camions étrangers dans des pays comme l'Italie ou l'Espagne où je vis... Sur la vidéo de BFMTV la représentante agricole du "commando exterminateur" dit que les agriculteurs italiens, espagnols,etc.. ne respecteraient pas ni la qualité ni le cahier des charges de l'union européenne !!??...C'est une sinistre plaisanterie !

Cette représentante, pour justifier le comportement inadmissible de ses acolytes, se donne bonne conscience en disant que les marchandises pillées sont redistribuées aux restos du coeur...C'est du populisme de bas étage, de la démagogie complètement infantile et irresponsable. Elle ne pense pas aux conséquences très néfastes que ces destructions causent aux bonnes relations entre nations amies, ni à l'image très négative (euphémisme) qu'elles donnent de son pays.

Dans les pays du sud de l'Europe ces comportements destructeurs sont interprétés comme du chauvinisme, du protectionnisme et de la xénophobie à l'état pur...c'est pas malin-malin...

A tous les étrangers qui se font une image du français comme quelqu'un d'arrogant, méprisant et donneur de leçons, ces agriculteurs viennent apporter de l'eau à leur moulin.

Ne vous étonnez pas si durant les prochaines vacances en tant que français vous ne serez pas forcément reçus à bras ouverts car ces images-là, je le répète, marquent les esprits plus que vous ne le croyez et alimentent de manière imbécile ET COMPLÈTEMENT INUTILE des animosités entre nationalités.

Vous ne pouvez pas dire aux espagnols "J'accepte vos oranges mais gardez vos pommes" car ce n'est pas comme ça que ça marche les échanges économiques. Surtout quand ces espagnols sont, par ailleurs, inondés par vos aliments, vos produits, vos chaînes de magazins et de distribution, Carrefour, Decathlon, Leroy Merlin, etc...

La France exporte bien plus dans les pays du sud qu'elle n'importe alors, demain, si certains de ses groupes socio-professionnels provoquent une campagne de boycott contre ses produits elle n'en sortira pas gagnante.

Je continue cette sinistre actualité avec le vidage de camions de vins espagnols sur l'autoroute A9.

Là, on revient à l'âge des cavernes.

C'est vraiment désespérant...et tellement crétin !

Vous pourrez lire les faits sur le lien ci-dessous.

Petit retour dans le passé. Je suis arrivé en Espagne pour m'y installer à la fin des années 80 et le ressentiment anti-français était encore palpable à l'époque.

Des adolescents m'avaient dit une fois:

" Les français sont méchants...ils brûlent nos camions...."

Et je leur avais répondu: " Ne mélangez pas tout. Ce n'était pas les français...mais certains français...".

Une de mes relations de travail me racontait avoir été témoin direct de la complaisance de la gendarmerie nationale française qui était restée les bras croisés devant les exactions des commandos agricoles dévalisant un camion espagnol.

J'ai connu à l'époque une personne qui avait appris à reconnaître les codes des supermarchés pour ne pas acheter les produits français. Dans ces années-là il y avait même eu une campagne de boycott des produits français relayée par certains mouvements agricoles espagnols.

Alors, me retrouver en 2024 avec des images de commandos qui saccagent les camions espagnols, ça m'a fait l'impression d'un retour à l'âge des cavernes.
Pour tout vous dire, ça m'a fait gerber....
😡😡🤮

PS: Le pire pour moi c'est aussi de voir sur les réseaux sociaux des gens que je connais applaudir et aller mettre des LIKE sur ces actions commandos...pffffff !!!

Cette très mauvaise idée d'aller saccager les camions italiens ou espagnols...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #agriculture, #Manifestations, #Crise, #Europe, #Italie, #Espagne, #politique, #Syndicats agricoles

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Publié le 5 Mars 2016

Bonjour les amis,

Ce billet est la suite de celui que j' ai consacré à l' échec de la formation d' un gouvernement plus de 60 jours après les élections législatives.

http://alea-jacta-est.ex-posteur.over-blog.com/2016/03/les-socialistes-espagnols-vont-devoir-tenter-le-grand-ecart-coute-que-coute.html

Souvent j' essaie d' expliquer à mes amis français la complexité de la situation politique espagnole sans vraiment y parvenir.Je vais essayer d' apporter des éléments qui permettent de mieux la saisir.

D' abord, il faut bien comprendre que la dernière législature a comporté deux élements dont les effets ont été dévastateurs.

1- la mise en place des politiques d' austérité dictées par Bruxelles pour que ce pays puisse bénéficier d' un plan de sauvetage de 110 milliards d' euros.

2- Les révélations quasi incessantes de scandales financiers liés à la corruption qui frappe principalement le parti au pouvoir.Il ne s' agit pas de cas de personnes isolées mais de trames politiques organisées qui drainaient de manière systématique l' argent public et qui ont enfoncé le pays dans une crise profonde.

De ces 2 énormes problèmes ont surgi 2 nouvelles forces, PODEMOS à gauche et CIUTADAN'S à droite qui ont fait de la lutte contre la corruption leur cheval de bataille.

Les dernières élections ont confirmé la percée de ces 2 partis, et le pays s' est retrouvé avec avec 4 partis qui font grosso-modo jeu égal.Une situation inédite qui plonge le système politique dans l' impossibilité de former un gouvernement.

Mais ce n' est pas tout.Il y a le poids des partis régionalistes qui vient compliquer encore un peu plus la donne.

Je vais me lancer dans une comparaison qui vaut ce qu' elle vaut pour essayer de vous illustrer mon propos.

Essayez d' imaginer, cher lecteur français, que la Bretagne soit gouvernée par des forces qui ne soient ni socialistes, ni de l' UMP, mais par des partis bretons de droite et de gauche dont la finalité serait de se séparer de la France.Imaginez que la région Nord-Picardie aussi soit dirigée par d' autres partis picards et ch' ti qui auraient la même finalité séparatiste.Essayez d' imaginer que chez les indépendantistes il y ait différents partis avec les mêmes clivages droite-gauche et extrême-gauche mais qu' ils soient réunis par le même désir d' indépendance qui primerait sur toute autre considération, et vous aurez une petite idée du casse-tête espagnol.Lors de la dernière consultation en Catalogne à l' automne dernier tous les partis indépendantistes se sont présentés sous une même bannière JUNT PEL SI ( ensemble pour le OUI à l' indépendance)...une liste qui allait des libéraux jusqu' aux républicains communistes de Esquerra Republicana de Catalunya .

Il faut que vous sachiez que si Pedro Sanchez avait accepté l' idée d' un référendum en Catalogne il serait déjà à l' heure où j' écris ces lignes le chef du gouvernement espagnol.Oui,vous ne le savez probablement pas, mais s' il avait cédé aux indépendantistes sur la question référendaire ça lui aurait donné les clés du pouvoir.

Comment se situe PODEMOS face à ce défi indépendantiste ?

Pablo Iglesias est en faveur de donner aux catalans le droit à l' autodétermination.Son idée c' est de faire comme Cameron.Organiser le référendum et le gagner.Faire le pari que les catalans resteront en Espagne...C' est une option qui est jouable mais très dangereuse dans le contexte actuel de crise économique , car, nombreux sont ceux qui sont prêts à faire le saut indépendantiste uniquement pour des motifs purement égoistes.

Les socialistes espagnols ne sont pas prêts à jouer au poker avec l' intégrité territoriale du pays, et je les comprends.Il y a d' autres cartes à jouer comme celle de proposer une modification de la constitution qui donnerait à la Catalogne un statut confédéral...

Le déclin du parti socialiste espagnol est une mauvaise nouvelle pour tous ceux veulent maintenir l' unité de l' Espagne.En effet, ce parti était le ciment national qui liait toutes les régions car il était fortement implanté dans chacune d' entre elles, y compris la Catalogne et le Pays basque.

L' émergence d' un parti comme PODEMOS a eu comme effet collatéral de donner encore plus de force aux partis indépendantistes car ils se voient légitimés dans leur désir d' organiser un scrutin d' autodétermination.

Revenons maintenant aux possibilités de gouvernements qui s' offrent au pays à l' avenir.

J' ai écouté hier soir les principaux représentants de tous les partis, et je vous fais le point sur la situation actuelle au 6 Mars.

Le parti socialiste va s' ouvrir aux négociations avec les autres forces politiques en se présentant à la table conjointement avec les libéraux de CIUTADAN'S avec qui ils ont signé un accord qui, pour l' instant, reste en vigueur..

Il y a donc en gros 3 possibilités:

1- un accord de gouvernement d' union nationale avec la droite de Mariano Rajoy:

PSOE+Ciutadan's+PP...techniquement possible mais pratiquement inacceptable par la militance socialiste

2- un accord de gauche avec PSOE+PODEMOS+ Izquierda Unida + le parti nationaliste basque ( qui n' est ni séparatiste, ni de gauche non plus mais qui apporterait l' appoint nécessaire).

3- On retourne vers des élections en Juin et, dans ce cas, il n' y aura pas de gouvernement avant le mois d' août

Je terminerai ce billet par une boutade.

Le général De Gaulle disait que le problème en France c' est qu' il y avait plus de 365 sortes de fromages.De Gaulle aimait prendre ses vacances en Andalousie mais n' avait pas remarqué qu' en Espagne aussi, il y a une multitude de variétés de fromages....

Espagne en panne de gouvernement: le poids des régionalismes

Post-scriptum

Revenons à l' économie et à la vie quotidienne maintenant.Pendant que toutes ces forces se déchirent, le chômage bat son plein chez les jeunes avec un taux de plus de 40 %...des jeunes qui travaillent de manière précaire pour des salaires de l' ordre de 500 euros par mois.Oui, vous m' avez bien lu, le smic est à 650 euros et la majorité d' entre eux gagne moins...On nous dit que L' Espagne a l' une des meilleures croissances de l' ordre de 3% mais ça ne ne traduit pas en emplois stables.

Pendant que les forces politiques se déchirent, les jeunes qui ont reçu une bonne formation fuient un pays qui n' a plus rien de sérieux à leur offrir...

Pendant que tout le monde se divise sur ce qu' il faudrait faire, les forces vives du pays l' abandonnent.

C' est désespérant

La semaine dernière, pendant que je voyais chaque représentant de groupe parlementaire monter à la tribune de l' assemblée, j'étais saisi d' une rage intérieure.J' en ai marre des tribuns qui viennent parler au nom du peuple, qui viennent crier à l' injustice mais qui sont incapables de surmonter leurs divisions pour offrir une chance à ce pays.Marre aussi d' avoir une majorité de gauche incapable de gouverner à cause de ces histoires de séparatisme...

J' avais envie de leur hurler:

" Bande de Jean-foutres !!!

C' est pas avec des gens comme vous que mes enfants vont avoir un avenir...

Vous êtes incapables de vous mettre d' accord, ni de surmonter vos divisions pour faire de la récupération économique votre principale préoccupation..."

Ces pensées sont excessives et injustes, certes, mais le résultat des courses est bien le même.Pendant qu' on discute de ce qu' il faudrait faire, pendant que les indépendantistes tirent vers eux la couverture,on est toujours sans gouvernement 60 jours après des élections, et je vois tous les jours des jeunes qui partent la larme à l' oeil, mais qui partent quand même, sentant bien que la vie est courte et que s' ils attendent que l' Espagne se redresse pour se construire un avenir, ils vont laisser passer leur chance...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #espagne, #crise, #regions

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Publié le 25 Février 2016

Bonjour les amis,

Aujourd' hui je n' ecrirai pas de billet mais je vais plutôt partager avec vous un article de François Brune qui mérite qu' on s' y arrête

je viens de tomber sur ce texte qui date de 2005, et mon impression, à la première lecture, c' est que rien n' a changé depuis ( ou alors en pire....)

C' est un texte bref qui casse nos mythes, qui montre leurs limites ou leurs incohérences quand ce n' est leur absurdité suicidaire...

Le voici:

Je n' ai presque rien à ajouter à ce magnifique article, si ce n' est que l' auteur met en forme des pensées que je partage avec lui depuis longtemps mais de manière sans doute plus confuse.

Cela fait longtemps que je pense que notre société n' a plus de contrôle sur elle-même et qu' elle se crée des faux objectifs....Les progrès sont si rapides qu' on n' a même plus le temps de réfléchir sur leur nature réelle .Nous regardons toujours la face de la monnaie et jamais son revers.

On nous vend tout et le contraire de tout.

Notre moteur économique est la COMPETITION.Or pour créer un seul vainqueur il faut nécessairement qu' il y ait de très nombreux perdants.L' un ne va pas sans l' autre.Finie l' époque où on pensait que tout le monde en sortirait bénéficiaire.On ne peut penser à la compétitivité sans mettre en parallèle la solidarité qui devrait l' accompagner.Mais aucune idéologie n' est capable de mettre ces principes en pratique...Ce devrait être le grand chantier idéologique de notre XXI ème siècle...

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #ideologie, #economie, #société, #philosophie, #écologie, #crise

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Publié le 9 Juillet 2015

Bonjour les amis,

Comme nombre d' entre vous , je suis avec beaucoup de préoccupation les développements de la crise grecque, et je lis avec attention les commentaires des uns et des autres.Surtout j' essaie de comprendre s' il existe un argument, un seul argument, qui fasse qu' il ne faudrait pas accéder aux demandes réitérées d' Alexis Tsipras d' offrir une chance réelle à son pays de sortir de cet engrenage infernal créé par une dette qui s' élève à 170 % du PIB, c' est à dire, selon tous les économistes, une dette pratiquement impossible à rembourser sans une annulation partielle et sans une relance vigoureuse de l' économie.

Le rachat par le passé de la dette grecque par la BCE aura surtout eu comme effet de sauver les banques créancières essentiellement françaises et allemandes, plus qu' aider réellement les citoyens grecs qui ne verront pas un seul euro entrer dans leurs porte-monnaies.

Les différents plans proposés aux grecs n' ont fait qu' enfoncer davantage ce petit pays dans une crise humanitaire grave réduisant son PIB de 25 %.

Quand Bernard-Henri Lévy donne des leçons de démocratie...

Dans ce contexte dramatique de situation d' urgence j' ai lu l' article de BHL intitulé: " Ce n' est pas la démocratie qui a gagné en Grèce"

Rarement je n' ai lu un article d' une telle mauvaise foi, faisant fi du martyre imposé au peuple grec , un martyre cruel et parfaitement inefficace.Jamais BHL ne fait mention du fait que l' UE n' a pas pris acte de la victoire électorale de SYRIZA et du clair souhait exprimé par les grecs de sortir de l' engrenage absurde et infernal imposé par la Troika.

Jamais BHL ne fait mention du fait que Tsipras a été l' objet de fortes pressions extérieures indignes et révoltantes visant à l' affaiblir, à l' isoler de la communauté internationale.

C' est dans un contexte de guerre froide que ce référendum a été organisé et gagné.Tsipras a réussi à créer une cohésion nationale autour de son projet pour la survie de son pays.

Ses adversaires visaient à le faire tomber et la manoeuvre a échoué.Quand je parle de manoeuvre je devrais plutôt dire ingérence directe quasi-illégale comme celle de la BCE interrompant l' accès des grecs à leur argent juste quelques jours avant le scrutin.Jamais de mémoire un pays n' aura été si ouvertement attaqué pour obtenir la chute électorale de son leader.

Dans ce contexte de peur et de terreur orchestrées par les instances européennes le résultat de dimanche dernier peut être salué comme un petit miracle,une leçon de courage et de dignité.

Enfin, Tsipras aura eu le mérite d' interpeller l' ensemble des européens sur le fonctionnement de l' UE et sur ses carences.Partout en Europe des lignes de fracture se dessinent autour de l' attitude à adopter face à la Grèce.Partout en Europe les forces sociales -démocrates sont mises en porte-à-faux,tiraillées entre leur discours qui se veut empreint de justice sociale, et une pratique politique qui n' hésite pas à livrer des peuples entiers à l' appétit cannibale et sans scrupules des forces néolibérales.

Moi aussi je suis partial, partiel. et sans doute de mauvaise foi, mais je me place du point de vue du faible,de celui qui est sacrifié avec l' acceptation complice de ses associés et qui n' a aucune chance de s' en sortir sans un fort acte de rébellion et sans la solidarité des forces populaires responsables au sein de l' union.

Je terminerai ce billet en rappellant que de nombreux pays de l' UE sont en situation vulnérable, avec des dettes très lourdes à assumer de l' ordre de 100 % du PIB, et l' échec patent des politiques austéritaires devraient incliner tous les responsables à sortir de leurs dogmes, de leur sainte orthodoxie de contrôle des déficits et à réfléchir à de nouveaux mécanismes de sortie de la crise et de meilleure répartition des richesses.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Grèce, #Démocratie, #Crise, #Dette

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