crise politique

Publié le 28 Novembre 2025

Bonjour les amis,

Voici ci-dessous la Une du grand quotidien espagnol EL PAIS.

La justice espagnole envoie en prison José Luis Ábalos, ancien ministre socialiste...

Pour comprendre ce qui s'est passé et qui fait sensation je vous invite à lire l'article sur le lien ci-dessous.

C'est bien évidemment un coup dur pour le chef du gouvernement Pedro Sánchez mais celui-ci nie farouchement avoir eu la moindre connaissance de cette affaire de corruption ni y être lié en aucune façon.

Théoriquement on pourrait croire que Sánchez (qui fait face à d'autres difficultés puisqu'il ne bénéficie plus au moment où j'écris ces lignes de majorité parlementaire) est "dans les cordes".

Le pays fonctionne actuellement avec une extension automatique du cadre budgétaire de 2023, déjà prorogé en 2024, puis en 2025. Et tout indique que la situation se répétera pour 2026.

Vous en saurez plus grâce au lien ci-dessous.

Voila...On est, comme le dit assez justement l'article des ECHOS, en pilotage automatique...sauf que l'économie du pays se semble pas en souffrir, en tout cas pas pour l'instant.

Paradoxe de cette crise: cette situation de blocage des budgets oblige l'Etat à contrôler ses dépenses et à maintenir une certaine sobriété, et donc à être plus "vertueux".

Je terminerai mon billet avec des voeux et des considérations complètement personnelles, et donc parfaitement criticables.

Je ne sais pas du tout vers quoi on se dirige mais je prie le ciel pour que Pedro Sánchez puisse aller jusqu'à la fin de son mandat en 2027 et qu'il gagne les futures élections.

Depuis que je vis en Espagne il est, et de loin, le dirigeant le plus habile et le plus à même à générer des consensus dans une société très divisée. En effet, l'Espagne est politiquement aussi divisée que peut l'être la France mais il faut y ajouter le poids politique énorme des partis séparatistes régionaux (notamment en Catalogne et au Pays Basque). Ajoutez-y dans l'équation qu'il y a des partis séparatistes de gauche, d'extrême-gauche, de droite et d'extrême-droite aussi.

Pour la gauche trouver une majorité pour gouverner en Espagne est un problème plus que compliqué, c'est un problème réellement complexe, parfois difficile à expliquer aux étrangers qui n'ont pas une connaissance approfondie de ce pays.

Quant à la droite, le seul soutien vraiment important sur lequel elle puisse compter pour gouverner c'est le parti d'extrême-droite VOX. Il n'y a pas de cordon sanitaire en Espagne et, par le passé, dans les gouvernements de certaines régions comme celle de Murcia, d'Aragon, de Castille et Leon, de Valencia, d'Extremadure, il y a eu au pouvoir jusqu'en 2024 une coalition de la droite (représentée par le PP = Parti Populaire) avec VOX.

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Publié le 22 Septembre 2025

Bonjour les amis,

J'étais présent en France au moment des journées revendicatives des 10 et 18 septembre et j'ai donc pu constater par moi-même à quel point le pays était institutionnellement bloqué, avec pratiquement aucune perspective de redémarrage avant les présidentielles de 2027 (en étant optimiste).

Interrogé sur ce point Jacques Attali a donné son sentiment sur une chaîne télé. Je n'ai malheureusement pas retrouvé la vidéo de son interview mais à un moment donné il a fait une réflexion intéressante qui ressemble à une lapalissade mais qui n'en n'est pas une, visiblement.

Attali a effectivement confirmé que la France était dans une impasse politique qu'il a qualifiée de "quadrature du cercle".

Chaque parti, chaque syndicat  a fait des déclarations tonitruantes dans lesquelles il a installé des solides LIGNES ROUGES à ne pas dépasser, des points sur lesquels il ne céderait jamais (réforme des retraites, taxes Zucman, immigration, etc...).

Et Jacques Attali a fait la remarque suivante:

" Plus des négociations sont publiques, plus elles sont transparentes et plus on a la garantie qu'elles vont échouer."

Cela peut sembler paradoxal mais ça ne l'est pas. Le fait de crier haut et fort qu'on ne cédera pas sur tel ou tel point garantit l'échec de toute négociation. Les négociations les plus importantes se font toujours de manière privée entre organisations et représentants de l'Etat.

Le principe de ces négociations privées est simple : "Je suis prêt à céder ceci en échange de cela...".

Or, comme le fait remarquer Attali, chaque parti (qu'il soit de droite, de gauche ou écolo) s'enferre dans un discours public qui ne lui laisse plus aucune marge de manoeuvre sous peine d'être pris en flagrant délit de capitulation ou de trahison...

D'où le blocage institutionnel qui risque de durer encore très longtemps.

La France, contrairement à ses voisins comme l'Allemagne, n'a jamais acquis depuis la V ème république une culture politique lui permettant de former un gouvernement de coalition (ou d'union nationale) quand il ne se dégage plus la moindre majorité à l'assemblée.

Et en attendant les problèmes s'accumulent et les réformes nécessaires prennent du retard...

Bien évidemment les échecs successifs des différents gouvernements du président Macron sont les premiers responsables de cette situation parfaitement bloquée, mais une fois qu'on a dit ça on n'est pas beaucoup plus avancé... ça ne fait pas avancer le schmilblick.

A la fin de son interview Attali a fait la remarque suivante (je vais essayer de rapporter ses propos de mémoire sans les trahir) :

" La Chine a un plan politique, industriel et social qui va jusqu'aux années 2040. Ce pays est en train de suivre une direction précise avec des objectifs clairs. Or, en Europe on en est très loin...et ça ne nous ferait pas de mal d'essayer d'en faire autant".

La Chine sait déjà ce qu'elle veut atteindre en 2040 et nous, nous ne savons même pas si nous sortirons de notre impasse/mélasse en 2027.

PS: Je me suis abstenu de pointer dans mon billet tel ou tel parti mais il me semble évident que certains dirigeants se font plaisir devant leur électorat, se font mousser en agitant les mots d'ordre de leur programme, avec la seule certitude qu'il ne sera jamais appliqué.

En parlant avec mes concitoyens français j'ai pu me rendre compte que nombreux sont ceux qui vivent dans un déni (par exemple sur la dette), un déni alimenté par les discours simplistes des partis populistes.

"Faisons payer les riches ! "...Euh, oui bien sûr, mais dans un pays qui a déjà une fiscalité élevée les choses ne sont pas si simples car les "riches", par nature, ne sont pas idiots et migrent facilement vers des cieux voisins où leurs intérêts souffriront moins comme l'Italie, ou le Portugal, pour ne citer que 2 pays proches. Bien évidemment on peut questionner certaines aides importantes de l'Etat aux entreprises, des aides qui ne bénéficient pas d'un suivi et d'un contrôle sérieux (comme le dénoncent Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre dans leur livre LE GRAND DETOURNEMENT).

https://www.babelio.com/livres/Aron-Le-grand-detournement--Comment-milliardaires-et-m/1913205

Lors de mon retour en avion j'ai demandé à une voisine belge quel était l'âge de la retraite en Belgique et elle m'a dit que c'était 67 ans. Les belges n'ont certainement pas accepté ça de gaité de coeur mais apparemment, ils n'ont pas sorti la guillotine pour autant...Et c'est évident que certaines catégories socio-professionnelles (dont la mienne) peuvent travailler après 60 ans. D'ailleurs j'ai pris ma retraite à 63 ans et j'aurais pu tirer à l'aise jusque 65. Bref, il y a de l'espace pour les négociations sérieuses au lieu de rester arc-boutés sur des positions inamovibles et irresponsables.

 

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Publié le 26 Mai 2018

Bonjour les amis,

C' est un séisme politique qui s' est produit cette semaine en Espagne après l' annonce d' une sentence du tribunal de l' Audience Suprême jugeant les affaires de pots de vin et qui conclut à l' existence d' une caisse noire pour le parti au pouvoir.

Cette caisse noire qui a toujours été niée par Mariano Rajoy met son gouvernement contre les cordes, en pleine législature, alors que le budget venait juste d' être voté au parlement.

 

 

Alors, bien évidemment, je me réjouis que la justice ait pu prouver qu' il y avait bien un système de financement occulte au sein du PP et que les nombreux scandales n' étaient pas que de simples faits isolés.

Mais le dépôt d' une motion de censure de la part du leader socialiste Pedro Sánchez va irrémédiablement nous projeter dans une période de turbulences, d' instabilité et d' incertitudes.

Du côté de Ciudadanos ( formation centriste équivalente du LRM français), le parti exige à Mariano Rajoy des élections anticipées après les récentes condamnations. Si Mariano Rajoy ne donne pas des gages dans ce sens, le parti centriste est disposé à appuyer la motion de censure de Pedro Sánchez.

La question que tout le monde se pose est de savoir si le secrétaire du Parti socialiste dispose d' une vraie alternative de gouvernement alors que l' échiquier politique est partagé (ou plutôt  éclaté ) en 4, sans même compter les fortes tensions nationalistes au pays basque, et surtout en Catalogne.

Finalement, je me demande si ce dépôt de motion de censure, est une bonne ou une mauvaise nouvelle. L' Espagne est tellement en crise que je me sens incapable de répondre à cette simple question.

Les éventuels alliés du PS sont incompatibles entre eux. Entre Podemos ( de gauche) et Ciudadanos ( de droite),  il y a une galaxie qui les sépare et il faut l' appui des deux pour gouverner...

Sánchez se déclare prêt à gouverner tout seul et en minorité mais sa formation est plus faible que jamais avec seulement 87 députés sur 350. Cette affaire le prend au dépourvu alors que son parti n' a pas de vrai programme d' alliance crédible et alors que le défi indépendantiste lui a infligé un mauvais résultat électoral en Catalogne en Décembre dernier. En effet son parti y est en perte de vitesse au profit de Ciudadanos.

Sánchez va être obligé d' improviser ses alliances et les nationalistes en profiteront pour faire monter les enchères, et ça , je ne suis pas sûr que ce soit très bénéfique pour l' Espagne.

Vous le voyez les amis. Théoriquement j' aurais dû me réjouir de ce dépôt de motion de censure, mais finalement, je ne sais même pas si c' est une bonne nouvelle...

J' en viens même à me demander si le remède n' est pas pire que le mal qu' on prétend combattre. Je me demande si le parti socialiste n' aurait pas intérêt à se présenter aux prochaines élections prévues par le calendrier électoral avec un programme mûri, crédible...Arriver au pouvoir de manière non-préparée sur un dépôt de motion de censure peut se transformer en cadeau empoisonné et pourrait avoir des conséquences néfastes et désastreuses pour le pays.

Les marchés financiers, eux, sont sans appel, et la prime de risque s' envole déjà depuis le dépôt de cette motion...La seule chose dont on peut être sûr c' est que notre dette nous coûtera plus cher, et ça, il n' y a pas lieu de s' en réjouir...

PS: Je n' ai pas eu le temps durant ces dernières semaines de vous tenir informé de la situation en Catalogne, mais celle-ci est volontairement bloquée par les indépendantistes qui viennent de nommer président Quim Torra qui est un séparatiste d' extrême-droite, un activiste xénophobe qui a passé toute sa vie à écrire des articles insultant les espagnols, y compris les catalans qui se sentent espagnols. Torra est une espèce de Milosevic à la sauce catalane ...

Les indépendantistes ne veulent pas vraiment gouverner leur région et jouent la carte du bras de fer et de la confrontation civile...C' est la guéguerre constante avec l' Etat espagnol. Quim Torra a nommé des conseillers de gouvernement régional qui sont actuellement en prison ou qui se sont exilés pour fuir la justice de leur pays. Le tribunal suprême refuse une telle liste et le gouvernement central maintient la mise sous tutelle de cette région à travers l' application de l' article 155.

C' est une situation lamentable, profondément déprimante et préoccupante...Et Pedro Sánchez est loin de détenir les clés qui permettraient de sortir de cet imbroglio.

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Espagne, #Politique, #Crise politique, #Catalogne

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Publié le 31 Mars 2016

Le rencontre Parti Socialiste-PODEMOS a enfin eu lieu sur fond de divisions internes au sein des 2 partis et avec des sondages qui indiquent que ces deux formations perdraient des voix en cas de répétition d' élections.J' ai suivi les conférences de presse et ce qui semble prévaloir, plus que la possibilité réelle de former un gouvernement de coalition, c' est le désir de chacun des partenaires de ne pas apparaître comme LE coupable d' un possible échec...Tout va dépendre maintenant de l' habileté de Pedro Sanchez à proposer une alliance PSOE+Ciutadan's+PODEMOS qui soit crédible...le mariage de la carpe et du lapin: obtenir le soutien de libéraux et d' une formation de gauche anti-austérité.Rien n' est perdu donc mais tout reste à faire et le temps court,,,plus qu' un mois pour obtenir une investiture.

Voici ci-dessous le compte-rendu de la réunion d' hier dans LIBE

Je vous avais annoncé qu' un accord de gouvernement, pour aussi inconcevable qu' iul puisse paraître, est possible.J' avais même fait le pari d' un accord de dernière minute en allant à l' encontre de ce que prédisaient tous les grands médias nationaux et internationaux....et bien, je maintiens mon pari...il n' y aura pas d' élections anticipées car la facture électorale risque d' être hypersalée.Personne n' a envie de jouer au poker, sauf la droite de Mariano Rajoy qui a tout à gagner et rien à perdre.Dans moins d' un mois on saura si je me suis trompé ( ou pas)...

Pour moi c' est clair: PSOE et PODEMOS sont liés par un intérêt commun.
OU ILS GOUVERNENT OU ILS SONT MORTS

Ou ils gouvernent ou ils sont morts

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Espagne, #gouvernement, #PODEMOS, #Crise politique

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Publié le 5 Mars 2016

Bonjour les amis,

L' Espagne connaît une grande impasse politique pour la première fois depuis le retour de la démocratie en 78.

Le leader socialiste Pedro Sanchez a échoué dans sa première tentative à former un gouvernement de coalition.

La stratégie de Sanchez a surpris de nombreux électeurs.Il était clair que la somme des forces de gauche était insuffisante pour obtenir une majorité, mais en signant un pacte avec les centristes libéraux de Ciutadan's et d' Albert Rivera, il était évident que les socialistes n' obtiendraient pas le soutien nécessaire de PODEMOS ainsi que de Izquierda Unida ( équivalent de votre front de gauche).

Il reste maintenant jusqu' au 2 Mai à Pedro Sanchez pour renouer les fils rompus de la négociation avec ces deux forces, car, dans le cas contraire, nous nous dirigerions vers de nouvelles élections anticipées, et là,ce serait un magnifique cadeau fait à Mariano Rajoy qui pourrait avoir la possibilité de reprendre la main.

En effet, en cas de nouvelles élections, le parti qui portera le poids de l' échec des négociations le paiera très cher dans les urnes.Les socialistes jouent donc très gros...

On peut même imaginer que, en cas de nouvelles élections, Mariano Rajoy cède sa candidature à sa nº 2, la vice-présidente Soraya Saenz de Santamaria ( impliquée dans aucune affaire de corruption), et lui permette de gagner .

C' est un vrai casse-tête pour Sanchez.Il lui reste deux mois pour résoudre la quadrature du cercle.

Comment établir une nouvelle feuille de route pour un gouvernement de coalition qui obtienne le soutien de PODEMOS et des libéraux centristes, sachant que leurs programmes économiques sont radicalement opposés ?

Comment faire le grand écart entre ces deux pôles opposés sans vider son programme économique et social de toute substance ?

On ne peut obtenir un consensus et une majorité à l' assemblée rien que sur la simple intention d' écarter la droite du pouvoir.Il faut un programme d' action gouvernementale qui soit crédible.

Il faut donc satisfaire les exigences de politique sociale réclamées par la gauche avec les exigences économiques des libéraux-centristes.

Le compte à rebours est commencé...

Les seuls partis qui ont intérêt à ce qu' il y ait de nouvelles élections sont le PP de Mariano Rajoy et Ciutadan's d' Albert Rivera, selon le dernier sondage de metroscopia.

Je m' aventurerais donc à vous PRÉDIRE ( moi qui n'ait pas l' âme d' un prophète ni la prétention à le devenir) qu' un accord de gouvernement va être conclu avant la date limite.Des élections anticipées pourraient être suicidaires pour les socialistes, et je mise donc sur le succès des nouvelles négociations, CONTRAIREMENT à ce qu' annoncent tous les grands médias.

Le problème ne sera donc pas de savoir s' il y a aura un nouveau gouvernement issu des urnes du 20 Décembre dernier, mais plutôt de savoir à quoi servira ce nouveau gouvernement ?

C' est à Pedro Sanchez et à son parti qu' il appartient désormais de répondre à cette question.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #espagne, #legislatives, #gouvernement, #crise politique

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