communisme

Publié le 30 Août 2025

Bonjour les amis,

Ce billet d'aujourd'hui vient compléter mon article antérieur consacré aux mémoires de BAJANOV sur la personnalité de Staline.

https://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2025/08/le-temoignage-edifiant-de-boris-badajov-sur-la-personnalite-de-staline.html

Dans cet article mis en lien ci-dessus Caius m'avait envoyé dans son commentaire une conférence d'Henri Guillemin qui est tout à fait passionnante et qui rectifie un certain nombre d'idées reçues.

Je vous invite à l'écouter de bout en bout: c'est plus captivant que n'importe quel film à l'affiche en ce moment.

Guillemin dresse un portrait assez nuancé de Staline qui permet de mieux comprendre le complexe qu'il nourissait vis-à-vis des leaders charismatiques de la révolution de 17.

Une fois arrivé au sommet du pouvoir lui, Staline, instaurera le culte à sa propre personnalité. Guillemin  nous montre que Staline, au fond, ne se prenait pas vraiment pour un Dieu, mais plutôt qu'il s'était plu voire amusé à en donner l'image à son peuple.

Dans cette conférence Guillemin revient sur 2 épisodes historiques sur lesquels il porte un autre jugement que celui qui a été inculqué dans le monde occidental.

Point numéro 1: - LE PACTE GERMANO-SOVIÉTIQUE ( à 17 minutes sur la vidéo).

Le pacte germano-soviétique fût perçu comme une trahison des soviétiques de la part des alliés anglo-saxons mais en fait l'acceptation de ce pacte était la seule réponse possible de Staline qui avait bien compris qu'il était complètement trahi par les occidentaux qui ne lèveraient pas le petit doigt pour l'URSS. Ce pacte était pour Staline la seule manière de survivre et la responsabilité première de sa signature ne lui en incombe donc  pas. C'était du pragmatisme, du réalisme...On ne peut certainement pas lui reprocher de ne pas avoir été idiot.

Point numéro 2:- LA GUERRE FROIDE ( à 23 minutes ur la vidéo).

Contrairement à une idée reçue la guerre froide a été initiée par les américains. Les soviétiques qui ne disposaient pas de l'arme nucléaire au sortir de la 2 ème guerre mondiale ne représentaient aucun danger de non-respect des accords de Yalta. C'est bien le camp américain qui va provoquer des déséquilibres en installant, entre autres, des bases en Turquie qui est un pays qui a une frontière commune avec l'URSS.

Au sujet de l'Otan Guillemin raconte une anecdote amusante (à 42 minutes sur la vidéo). Louis Joxe fut mandaté auprès de Staline pour lui présenter le projet de l'Otan. La présentation de Joxe était très trompeuse et faussement alléchante. Louis Joxe laisse entendre à Guillemin qu'il avait lui-même du mal à croire aux arguments qu'il avançait à Staline. Je vous laisse découvrir sur la vidéo la réaction assez drôle et pleine de malice de Staline...

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Publié le 29 Août 2025

Bonjour les amis,

Une de mes amies a eu la bonne idée de me prêter un livre de Boris Bajanov publié en 1977 et intitulé BAJANOV RÉVÈLE STALINE.

 

Le témoignage édifiant de Boris Bajanov sur la personnalité de Staline...

Voici la présentation de l'éditeur:

Au soir de sa vie, Boris Bajanov se décide à parler et il apporte le témoignage unique de celui qui, pendant plusieurs années, entrait librement dans le bureau de Staline et l'a vu éliminer ses rivaux : Trotski, Zinoviev, pour devenir maître absolu de l'U.R.S.S. Né en 1900, Bajanov connaît une carrière fulgurante, due à son génie d'organisateur. C'est à vingt-trois ans qu'il est nommé collaborateur particulier de Staline, avec le titre de «secrétaire du Politburo». Il organise toutes les séances de cette instance suprême du Parti et connaît tous les secrets. Bajanov voit de près Molotov, Zinoviev, Trotski, Kaménev, Boukharine, Litvinov, Iagoda, Radek... Il découvre peu à peu un pouvoir qui se fonde sur des dizaines, des milliers, bientôt des millions de morts. Comme dans Shakespeare, le bouffon côtoie le tragique. Les affrontements entre grands personnages du régime donnent souvent lieu à des scènes burlesques.
En 1928, Bajanov fuit l'U.R.S.S., et son escapade, par l'Iran et l'Inde, est à elle seule un roman. Émigré en France, il réussit à échapper aux tueurs de la Guépéou. Au secrétariat du Politburo, il est remplacé par Malenkov, qui succédera à Staline.
Chaque page de ce livre étonne, tant la vérité vue de près peut être inimaginable.

La présentation du livre est tout à fait correcte. On navigue sans cesse entre la tragédie et la bouffonerie avec toute une galerie de personnages profondément immoraux, certains d'entre eux. comme Grigori Kanner, étant par ailleurs des monstres criminels sans le moindre scrupule.

Le livre de Bajanov nous plonge au coeur de la lutte de succession pendant la maladie de Lénine et à sa mort.

Bajanov nous décrit un Staline profondément inculte, mauvais orateur, souvent rustre, qui n'est pas vraiment intelligent mais plutôt rusé, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Rien ne semble le passionner si ce n'est la soif de pouvoir.

Staline était extrêmement roublard. Au dire de Boris Bajanov, il disposait de quatre téléphones, et, dans l’un des tiroirs deson bureau, un autre était caché qui lui permettait d’écouter les conversations de dizaines de dirigeants communistes parmi les plus influents : sans passer par le standard du Kremlin, il avait directement accès à toutes les informations, ce qui devait l’alerter sur toute manigance ou complot dirigé contre lui . Ses secrétaires particuliers, comme Lev Mekhlis et Grigori Kanner, mettaient à exécution ses desseins les plus douteux. Avec ses adversaires, il était impitoyable : lorsque Kamenev l’interrogea sur la façon d’obtenir la majorité au parti, il lâcha d’un ton méprisant :

« Vous me demandez ce que j’en pense ? Eh bien, pour moi,savoir qui vote quoi n’a aucune espèce d’importance. Ce qui est primordial, c’est le décompte des voix et la publication des résultats! ». Il sous entendait par là qu’il s’attendait à ce que l’appareil du parti truque le vote s’il se révélait être en sa défaveur.

Staline, contrairement à Trotski, ne fera jamais preuve du moindre courage lors des épisodes qui amèneront la révolution russe de 17. Petit propagandiste révolutionnaire il se tient toujours prudemment à l'arrière-plan.

Mais ce qui frappe dans le témoignage de Bajanov c'est que les nombreux défauts de Staline, qu'il décrit très bien, finissent par servir ses desseins.

Lénine l'avait introduit au comité central car il ne craignait aucune concurrence de la part de cet homme peu cultivé et politiquement sans envergure. Mais c'est pour cette même raison que Zinoviev et Kamenev l'ont fait secrétaire général du parti: ils le considéraient comme politiquement insignifiant, voyaient en lui un adjoint commode, mais non un rival. 

Donc, c'est grâce à son apparente médiocrité et incapacité qu'il s'alliera les appuis de tous ceux qui prétendront succéder un jour à Lénine. Mais c'est lui qui, à la fin, deviendra le maître incontesté du Kremlin.

Dans le livre de Bajanov, tous ceux (ou presque) qui permettront à Staline d'accéder au pouvoir finiront soit fusillés, soit avec une balle dans la nuque lors des purges de 1938. On est parfois pris de vertige et atteint littéralement de nausée à la lecture de ce bouquin...

Tout collaborateur de Staline au courant de secrets inavouables se retrouve de facto en danger, et tôt ou tard, Staline le fera disparaître car il pourrait devenir un témoin gênant. Rarement dans l'histoire de l'humanité un tyran sera entouré de collaborateurs aussi serviles, la servilité étant la seule manière de survivre dans le système stalinien.

En lisant ce livre on pense à la chanson de Béart: " Le premier qui dit la vérité, il doit être éxécuté..."

Et quand on parle d'éxécutions sous Staline on ne parle pas que de quelques cas. Il est le plus grand criminel de tous les temps avec Hitler.

Un dernier détail. Hitler était un monstre sanguinaire mais savait être reconnaissant avec ses plus proches collaborateurs (qui étaient aussi monstrueux que lui).

Rien de tel avec Staline qui était profondément et viscéralement déloyal même, et surtout, avec ceux qui s'étaient sacrifiés pour lui.

Bajanov dans son livre lui prête cette phrase abominable:

" La gratitude est une maladie dont souffre les chiens".

PS: Boris Bajanov dresse des portraits très différenciés des leaders de la révolution russe qui n'ont pas du tout la même approche de ce que doit être le processus révolutionnaire. Mais dans son témoignage il y a un point commun qui frappe l'esprit: tous les leaders, que ce soit Lénine, Staline, Trotski, Zinoviev, Kamenev, etc... considèrent qu'une personne jugée contre-révolutionnaire mérite la peine de mort. Rien que ça ! Et, à l'époque, il ne fallait pas grand-chose pour être considéré comme contre-révolutionnaire.

PS nº 2 : Les premières révélations de Badajov sur la nature de la tyrannie stalinienne furent publiées en France en 1930. Il faudra attendre 1956 pour que lors du XX ème congrès du PCUS soient reconnus timidement une petite et infime partie de ces crimes qui sont aujourd'hui estimés entre 10 et 20 millions si on compte les éxécutions, les décès dans les goulags , les famines provoquées par l'homme et les déportations massives. 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #URSS, #Staline, #Crimes, #Trotski, #Lénine, #Dictature, #communisme, #purges, #Bajanov

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Publié le 26 Novembre 2016

Bonjour les amis

Je viens d'apprendre la disparition du chef de la révolution cubaine Fidel Castro. 

Celui qui restera l'un des symboles politiques les plus marquants du XX ème siècle vient de s' éteindre.

Alors que je m'apprête à lire dans les heures qui viennent de nombreux hommages et articles relatant la longue carrière politique du lider maximo, je ne peux m'empêcher de partager avec vous, et à chaud, ce que sa disparition évoque chez moi.

Castro représentera toujours pour moi la fierté et la dignité d' un petit peuple qui aura tenu tête vaillamment à la plus grande puissance impérialiste du monde, une superpuissance qui est à moins de 150 km leurs côtes.Un peuple qui aura su résister pendant plus de 20 ans à un embargo aussi inhumain que stupide.

Qui aurait parié un kopeck en 1956 sur les chances de perdurer de la révolution cubaine ?

Ils en avaient ces guérilleros ! De la vaillance et de la générosité ! ...Pas mal quand même.

Le seul grand reproche de taille qu'on peut faire au lider maximo, c'est sans doute les atteintes qu'il a portées à la libre pensée.Il se considérait comme le gardien du temple et de l'orthodoxie révolutionnaire, ce qui l'a amené à avoir des positions très dures contre tous types de dissidences.Je ne défendrai pas cet aspect sans doute le plus sombre de sa carrière politique.

Simplement il serait injuste que Castro ne soit réduit qu'à ça...L'histoire ne l'absoudra pas de certains crimes mais les resituera dans un contexte politique dur de lutte sans merci contre un ennemi impérialiste prêt à toutes les pires manoeuvres pour mettre fin à la révolution cubaine.

En cela Castro est comparable à Robespierre.Tous les deux ont commis des excès, portés par leur idéal et par leur utopie révolutionnaire.

Le castrisme est aujourd' hui dépassé, mais pas l'espoir que Castro a apporté à tous les peuples d'Amérique Latine.

Fidel, malgré tous ses défauts, n'aura jamais été corrompu et n'aura jamais renoncé à ses idéaux...il s' en va à 90 piges la tête haute.

Castro n'aura jamais tergiversé avec ses valeurs. Pas question de transiger.Le consensus mou. il ne connaissait pas. Pas le genre de la maison !

Aussi bien du côté de ses alliés que de ses adversaires, personne n'osait mettre en doute son intégrité morale.

Il est devenu le dernier des leaders communistes.Un leader qui pouvait défendre son bilan sans avoir à rougir de honte.

Castro est au communisme ce que le Pape est à la chrétienté.Une référence.Une  icône qui incarne pour les marxistes des valeurs sacrées inaliénables.

Il faut donc aussi lui reconnaître que, sans lui, l'idée même du communisme aurait disparu.

Fidel portait dans son prénom sa principale qualité: il est resté fidèle à ses principes.

Ses adversaires l'auront critiqué,haï, vilipendé mais n'auront jamais réussi à le salir...Il part droit dans ses bottes.

HASTA SIEMPRE COMANDANTE !

 

HASTA SIEMPRE COMANDANTE !

PS:J' ai eu l' occasion par le passé de discuter avec de farouches adversaires de Fidel, des ex-militaires espagnols ou des réfugiés cubains,et ce qui est frappant, c' est que tous, je dis bien tous finissaient, tôt ou tard dans la conversation, par reconnaître qu' ils lui vouaient malgré tout un certain respect...

PS nº 2: A un moment de notre histoire où il est de bon ton de penser que Cuba c' est un régime du passé, je vous demande de regarder les pays qui sont tout autour et dans quelles conditions de violences et de misère vivent les habitants d'Haiti, de la Jamaïque,du Honduras, du Nicaragua,du Salvador, du Mexique, etc...Et je vous pose une simple question.Si vous deviez vivre dans l' un de ces pays lequel choisiriez-vous?

Et bien, je réponds que Cuba n'est certainement pas le pire d' entre eux.Il y a encore de la misère certes, mais pas de mafias, ni de violences sociales...mais plutôt de la solidarité et une forte conscience citoyenne.

Vous pouvez vous promener tranquillement dans les rues de La Havane tard le soir sans risquer de vous faire trucider pour quelques pesos.

 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #cuba, #fidel castro, #revolution, #impérialisme, #communisme

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