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Publié le 6 Juin 2025

Bonjour les amis,

Je suis en train de lire en ce moment l'excellent livre de Gérard Araud intitulé ISRAEL: le piège de l'histoire.

Voici la présentation de l'éditeur.

« N’y aurait-il qu’une chance sur cent de réussir qu’il faudrait essayer. Comment organiser la coexistence pacifique de sept millions de Juifs et de huit millions de Palestiniens ? Les uns et les autres y sont chez eux. Il faut regarder vers l’avenir dans une région accablée d’histoire et laisser parler la raison sur une terre où on invoque trop facilement Dieu. »
Les violences atroces perpétrées par le Hamas le 7 octobre 2023 sur la population israélienne et leurs terribles conséquences sur le peuple palestinien ont ravivé les passions d’un conflit que l’on croyait dissous dans l’indifférence.
Sur le mode du récit, Gérard Araud revient sur ses souvenirs, ses rencontres marquantes lors de son premier poste à Tel-Aviv, puis comme ambassadeur. Il raconte ce pays complexe qu’il a vu en vingt ans changer du tout au tout et décrypte le conflit israélo-palestinien : sa radicalisation, ses rendez-vous manqués avec la paix, la violence de la colonisation en Cisjordanie… En diplomate, il dresse quelques pistes pour l’avenir et démontre que pour réussir, il faudra commencer par oublier l’Histoire. Une Histoire si contradictoire qu’elle n’est qu’un piège pour s’y égarer.

 

Israël-Palestine et les pièges de l'histoire...

C'est un livre en tous points remarquable, dans lequel l'auteur se tient à équidistance des protagonistes avec de la hauteur de vue. Un livre qui permet de comprendre les points de non-rencontre entre 2 visions politiques parfaitement opposées. il nous éclaire également sur les difficultés auxquelles ont été confrontées les partisans de la paix dans chacun des deux camps: ceux-ci jouaient littéralement leur peau à cause d'oppositions internes tenaces et dangereuses, et ont finalement échoué.

Dans un des chapitres Gérard Araud revient sur le notion de "droit historique" qu'il récuse.

Extrait:

" Lorsque les Russes se sont emparés de la Crimée en 2014, ils n’ont pas manqué de le justifier par leurs prétendus « droits historiques », argument repris pieusement par leurs partisans en Occident. J’avais alors remarqué au Conseil de sécurité des Nations unies, où je représentais la France, que la Crimée n’était russe que depuis 1783, et je m’étais demandé pourquoi s’arrêter à cette date si ce n’est pour servir d’argument dans un but précis : l’annexion de la région en 2014. Quelques années plus tôt que 1783, c’était la Turquie qui aurait pu revendiquer une souveraineté sur la région, reconnue d’ailleurs solennellement à l’époque par la Russie en 1774. La même question peut se poser à travers toute l’Europe. Quels sont les « droits historiques » sur l’Alsace, sur la Silésie, etc. ? À quelle date se placer pour les déterminer ? Poser la question, c’est souligner l’absurdité de la notion même de « droits historiques »."

Là, l'ex-ambassadeur met le doigt sur l'instrumentalisation de l'histoire à des fins fascisantes. Mais si en plus on commence à mêler des "faux droits" historiques à des éléments religieux on ne fait que compliquer encore plus l'équation qui devient sans solution.

Faire entrer le religieux dans le politique est le plus sûr moyen de garantir la guerre.

Deuxième extrait:

"Une Bible qu’on présente parfois en Israël comme une sorte d’acte notarié par lequel Dieu aurait cédé ad vitam æternam la terre d’Israël aux héritiers d’Abraham. Fuyons vite ce piège, en remarquant en passant que l’existence dudit prophète supposé avoir vécu autour de 2000 av. J.-C. est pour le moins problématique, d’autant que la Bible elle-même n’a été rédigée qu’à partir du VIII e siècle av. J.-C., plus de mille ans plus tard ! Ce débat serait de toute façon inutile puisqu’il porterait sur des croyances religieuses qui échappent par essence à toute démonstration rationnelle. Contentons-nous de rappeler que le droit international et la religion n’ont rien en commun et laissons la seconde dans sa sphère, ce qui est un combat permanent au Moyen-Orient."

Donc, la seule certitude qu'on acquiert c'est que pour pacifier la région, comme nous le souhaitons tous,  il faut fuir  de cette notion captieuse de "droits historiques", et fuir encore plus des textes religieux que ce soit la Bible, la Torah ou le Coran.

Le regard d'Araud est très réaliste et lucide. Il ne veut pas être complètement pessimiste quant à l'avenir de la région et son essai a le mérite de bien nous éclairer sur les puissants obstacles qui entravent le chemin de la paix.

NB: le bouquin d'Araud qui a occupé le poste d'ambassadeur m'a permis aussi de bien mieux comprendre les relations historiques compliquées et toujours méfiantes entre la France et Israël. Il raconte, par ailleurs, certaine anecdotes qui sont assez croustillantes à ce sujet.

Vous pourrez entendre Gerard Araud parler de son livre sur ce lien-ci.

J'ajouterai aussi l'excellente critique du livre de Gérard Araud par Achillevi que vous pourrez lire ci-dessous sur le lien de la fiche Babelio.

 

Je terminerai enfin en vous disant que je suis tellement emballé par l'auteur, et par la qualité de sa plume, que je vais lire ses autres bouquins, notamment son NOUS ETIONS SEULS qui parle de la diplomatie de l'entre-deux guerres.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #littérature, #Histoire, #israël, #Palestine, #conflit, #Hamas, #Netanyahou, #religion, #Bible

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Publié le 6 Janvier 2024

Bonjour les amis,

Les Rois Mages  sont arrivés hier en Espagne et aujourd'hui c'est férié dans tout le pays. Cette arrivée célébrée avec autant de faste que le jour de Noël donne lieu à des défilés majestueux dans toutes les villes espagnoles, des défilés durant lesquels les pages montent sur des échelles aux balcons des maisons pour apporter aux enfants les cadeaux des Rois (à 4 minutes 40 secondes sur la vidéo ci-dessous). 

https://www.youtube.com/watch?v=IxTtEkVM1QU

Les rois arrivant cette année à Madrid...

Les rois arrivant cette année à Madrid...

Ce qui est assez fabuleux avec les Rois Mages c'est que la construction de ce mythe fondateur se base juste sur quelques lignes du nouveau testament.

Voici ce que j'ai pu lire sur une page thématique facebook:

Les Rois mages sont des visiteurs qui figurent dans un épisode de l'Évangile selon Matthieu. Ayant appris la naissance de Jésus à Bethléem, ils viennent « de l'Orient », guidés par l'Étoile de Bethléem, pour rendre hommage « au roi des Juifs » et lui apporter des présents d’une grande richesse symbolique : or, myrrhe et encens. Le texte évangélique ne mentionne pas leur nombre, pas plus que les noms de ces « sages » (en grec : μάγοι, magoï), et ne les qualifie pas de rois. L'idée de leur origine royale apparaît chez Tertullien au début du IIIe siècle et leur nombre est évoqué un peu plus tard par Origène. Leurs noms de Melchior, Gaspard et Balthazar apparaissent pour la première fois, au VIIIe siècle, dans les "Excerpta latina barbari", un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France. Le texte latin datant de la fin de l'époque mérovingienne, est la traduction d'un original grec datant de la fin du Ve ou du début du VIe siècle

Illustration de l'artiste britannique Jane Crowther

Illustration de l'artiste britannique Jane Crowther

Michel Tournier (qui était athée) avait expliqué que, contrairement au judaïsme fermé sur lui-même, le mythe des Rois Mages offre pour la première fois un message universel d'amour et d'espérance qui s'adresse au monde entier. L'un des rois est noir, ce qui laisse supposer qu'il vient de loin pour rendre hommage à l'enfant Jésus.

Il y a si peu d'éléments dans le texte des évangiles que ça laisse de la place à l'imagination. Michel Tournier a construit tout un roman sur cet épisode biblique, avec notamment un 4 ème Roi qui rate son rendez-vous.

A propos des Rois Mages en Espagne...et du cinéma...

Résumé:

L'épisode des Rois Mages, venus d'Arabie Heureuse pour adorer l'Enfant Jésus, s'il ne fait l'objet que de quelques lignes d'un seul des quatre Évangiles, a profondément frappé l'imagination des hommes depuis deux mille ans. C'est l'hommage des peuples lointains au Sauveur, c'est, plus encore peut-être, l'irruption superbe et stupéfiante des Mille et Une Nuits dans la grotte de la Nativité. Peu de scènes du Nouveau Testament ont aussi souvent et magnifiquement inspiré la peinture occidentale. Qui étaient-ils ? D'où venaient-ils ? Pourquoi avaient-ils quitté leur royaume ? Qu'ont-ils trouvé à Jérusalem - chez Hérode le Grand - puis à Bethléem ? L'Histoire et la légende étant également muettes, il incombait à un romancier de répondre à ces questions. Ce livre nous l'apprend donc : Gaspard, le roi noir, avait un chagrin d'amour ; le jeune Melchior, chassé de son trône par un coup d'État, vivait un drame politique ; Balthazar, roi mécène, venait chercher à Bethléem la réhabilitation de l'image, maudite par l'Ancien Testament, et l'acte de naissance de l'art chrétien. Pourtant la surprise de ce récit se trouve dans sa dernière partie. L'auteur y reprend la tradition d'un quatrième Roi Mage, dont l'Évangile ne parle pas, parce que, venu de plus loin, il est arrivé trop tard et a manqué le rendez-vous de Bethléem. Mais il est écrit que les derniers seront les premiers, et le destin de Taor, prince de Mangalore, pour avoir été le plus long et le plus douloureux, sera aussi le plus touchant et le plus glorieux. Parti dans le but dérisoire de découvrir la recette du rahat loukoum à la pistache, Taor trouve l'Eucharistie, et il devient, après saint Jean-Baptiste, le premier martyr de la Chrétienté. Avec ce récit naïf et violent, Michel Tournier plonge aux sources de la spiritualité occidentale, et il nous donne sa version originale de la Légende Dorée.

Alors, rien qu'en lisant ce résumé, je me dis que le livre pourrait être adapté au cinéma. Aucun grand film hollywoodien n'a tenté de porter à l'écran cet épisode du Nouveau Testament.

On peut imaginer un film choral assez somptueux avec des décors et des costumes nous plongeant dans la magie de l'Orient, de l'Afrique, de l'Inde et de la Palestine.

Et puis cette belle histoire serait là aussi pour nous rappeller que notre civilisation s'est fondée sur un message d'espoir et d'amour ce qui, étant donné l'actualité tragique et cruelle dans cette partie du Monde, rendrait très opportun l'adaptation de ce mythe magnifique.

Avis aux scénaristes en mal d'inspiration, donc ! Avec le roman de Tournier ils tiennent un petit trésor entre les mains.

A propos des Rois Mages en Espagne...et du cinéma...

PS: J'ai oublié de vous dire ce que m'ont apporté les Rois Mages hier soir. Une entrée pour LA NORMA, l'opéra de Bellini, le 30 Mars prochain.

Trop forts ces Rois Mages !...😀

A propos des Rois Mages en Espagne...et du cinéma...

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