Publié le 31 Janvier 2026

Bonjour les amis.

Parmi les cadeaux que j'ai reçus à Noël il y a eu le livre de la géopolitologue australienne Elizabeth Buchanan intitulé  ALORS TU VEUX ACHETER LE GROENLAND...Un cadeau de fin d'année 2025 à la fois très opportun et également assez logique vu que le Père Noël vient lui-même du pôle Nord.

Pour vous présenter cet ouvrage, je vous mets en lien un article de Laurent Joffrin et aussi un posdcast de Radio France.

C'est un essai assez instructif sur une histoire qu'on connaît peu, voire pas du tout, avec des épisodes assez surprenants comme par exemple la mystérieuse disparition des Vikings du Groenland au XVe siècle, après 500 ans de présence. Une disparition qui est probablement due à une combinaison de facteurs plutôt qu'à un événement unique. Les chercheurs évoquent notamment le petit âge glaciaire (refroidissement), l'isolement économique, l'inadaptation culturelle et, selon des études récentes, une montée du niveau de la mer provoquant un abandon silencieux.

Autre épisode historique très surprenant et assez honteux pour le gouvernement danois: il y a eu une campagne de stérilisation forcée et massive des inuites menée par le Danemark, principalement entre les années 1960 et 1990.

Entre 1966 et 1970, environ 4 500 femmes et jeunes filles inuites (soit près de la moitié des femmes en âge de procréer à l'époque) ont subi la pose d'un stérilet (DIU) sans leur consentement éclairé ou celui de leurs parents.
Beaucoup de victimes étaient des mineures, certaines étant âgées de 12 ou 13 ans seulement.
Les dispositifs utilisés étaient souvent inadaptés aux corps des jeunes filles, provoquant des douleurs atroces, des infections graves et, dans de nombreux cas, une stérilité permanente.

Le gouvernement danois souhaitait freiner la croissance de la population inuite pour réduire les coûts sociaux et de santé dans ce qui était alors une colonie sous tutelle.
Après des décennies de silence, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a présenté des excuses officielles au Groenland en août 2025, qualifiant cette campagne de « discrimination systématique ».

Depuis la publication du très récent livre d'Elizabeth Buchanan il s'en est passé des vertes et des pas mûres. Menaces de Trump d'intervention militaire directe, réaction indignée de l'UE solidaire du Danemark, et finalement Trump qui annonce à Davos qu'il n'envisage plus de faire intervenir l'armée.

C'est, bien évidemment, une demi-reculade car la situation politique du Groenland  permettra aux USA de s'ingérer de mille manières. Trump a tellement de cartes en mains que je ne me hasarderai même pas à tenter de savoir laquelle (ou lesquelles) il va jouer.

Le livre de Buchanan propose 4 scénarios possibles mais il y en a davantage probablement.

En fait, la partie ne fait que commencer.  

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Groenland, #USA, #Chine, #Union européenne, #Trump, #Livre, #Essai, #inuit, #colonialisme

Repost0

Publié le 30 Janvier 2026

Bonjour les amigos.

Hier j'entendais dans la voiture une vieille chanson rock de 2004 du groupe espagnol  EL CANTO DEL LOCO (le chant du fou).

Et puis, comme ça arrive parfois, l'air m'est resté dans la tête toute la journée, tournant en boucle dans mon esprit, sans que je puisse m'en débarrasser.

 Cette chanson hyperconnue par le public espagnol et dans le monde latino en général n'est peut-être pas arrivée aux oreilles du public francophone et mérite donc que j'y consacre un petit billet.

A l'époque EL CANTO DEL LOCO était une bande de p'tits jeunes qui abordaient dans leurs morceaux les thèmes du quotidien : l'amour, le chagrin d'amour, l'amitié et, surtout, la jeunesse, avec une approche rebelle, directe et nostalgique. Les paroles de leurs chansons célèbrent souvent la liberté, la non-conformité et l'importance de vivre pleinement sa vie et cherchent à créer un lien émotionnel avec le public grâce à l'authenticité des jeunes musicos.

Bref, c'était un groupe de Rock comme il se doit !

Venons-en maintenant à la chanson INSOPORTABLE ( insupportable).

Le texte décrit une relation toxique, déséquilibrée et épuisante. Le narrateur se sent dévalorisé et frustré. Les paroles reflètent la désillusion amoureuse et la lassitude face au manque de réciprocité, soulignant le sentiment d'avoir tout donné en vain à cause du comportement difficile de l'autre .
Chagrin d’amour, frustration, réflexion et fin d’une relation due à l’immaturité ou à la toxicité de l’une des parties.

La phrase-clé de la chanson dit : « Sabes que eres un poquito insoportable » qui signifie « Tu sais que tu es un peu insupportable ».
Le thème dégage un sentiment de frustration, d'amour persistant, de désespoir et de besoin de poser des limites.

Les paroles originales sont sur le lien ci-dessous accompagnées d'une traduction française:

https://www.letras.com/el-canto-del-loco/208112/traduction-francaise.html

Passons à l'écoute maintenant avec la vidéo mise en lien ci-dessous. Ce qui est vraiment intéressant c'est la musique, le rythme, la pulsion rock qui se maintient bien et qui accroche. Les guitares électriques ont un beau son, bien propre, avec juste le bon degré de saturation qui convient et viennent bien soutenir le thème.

Quand le chanteur Dani Martin finit ses phrases, le guitariste David Otero la reprend en écho comme par exemple à 1 minute très exactement sur la vidéo. J'ai mis entre parenthèses le contre-chant du guitariste qui en rajoute une couche.

 Sabes que eres un poquito insoportable (tan insoportable) =Tu sais que tu es un peu insupportable ( tant insupportable)
Mirarás siempre hacia atrás arrepentida (tan arrepentida) = Tu regarderas toujours en arrière avec beaucoup de regrets ( tant de regrets).

Ces reprises en écho sont du meilleur goût et confèrent à cette chanson une bonne dose d'énergie et aussi un côté lancinant.

Je termine mon billet en vous remettant ci-dessous une version en public.

J'ai eu moi-même l'occasion de voir ce groupe sur scène. Un concert  durant lequel tout le public avait repris à pleins poumons INSOPORTABLE !

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Rock, #Dani Martin, #Espagne, #canto del loco, #rock espagnol, #chanson

Repost0

Publié le 29 Janvier 2026

Bonjour les amis.

Ce billet s'inscrit dans la suite de celui qui était consacré cette semaine aux meurtres commis par l'ICE.

Bruce Springteen fait partie des artistes qui n'ont pas attendu les assassinats de Minneapolis pour s'en prendre violemment à Trump et à ses milices.

Les récents événements tragiques provoqués par les chasses aux migrants meurtrières de l'ICE ont poussé le Boss à écrire une chanson de protestation dans l'urgence, une chanson dans le plus pur style de l'E Street Band, une chanson qui s'imposait ! Celui qui a écrit BORN IN THE USA ne pouvait pas rester muet.

Je vous mets ci-dessous 2 liens:

le premier présente et commente de manière très pertinente cette protest-song et vous trouverez dans le deuxième les paroles originales anglaises accompagnées d'une traduction en français.

Passons à l'écoute maintenant.

A ceux de l'administration américaine qui continuent de prétendre que ces assassinats étaient de la légitime défense, Springsteen leur répond d'une manière sans appel: c'est comme si ils nous demandaient  "de ne pas croire ce que voient nos yeux". On ne sera jamais imbéciles (et aussi monstrueux) à ce point-là !

Un grand Merci donc à  Bruce Springsteen.

Renée Nicole Good et Alex Pretti sont des martyres de la liberté qui doivent rester dans les mémoires, et la chanson Streets of Minneapolis (dont le titre fait écho à une autre chanson de Springsteen intitulée Streets of Philadelphia)  pourra aussi permettre à l'Amérique profonde de se ressaisir, de revenir à sa conscience, de ne pas tomber dans l'hystérie collective anti-migrants.

PS: Cette chanson sur des assassinats politiques n'est pas la première et fait partie d'une tradition musicale populaire. Par exemple, ceux de ma génération se souviennent de la chanson OHIO écrite par Neil Young qui raconte à l'époque de Nixon le massacre tragique du 4 mai 1970 à l'université d'État de Kent, dans l'Ohio. Ce récit décrit le meurtre de quatre étudiants non armés par la Garde nationale lors d'une manifestation contre l'invasion du Cambodge pendant la guerre du Vietnam.

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Chanson, #Protest-song, #Springsteen, #Trump, #ICE, #Assassinats, #USA, #Rock, #Musique, #protestation

Repost0

Publié le 27 Janvier 2026

Bonjour les amis.

Quelqu'un a dit un jour que l'histoire ne se répète pas mais qu'elle bégaie parfois.

Comment ne pas être sidéré par les interventions violentes et musclées des agents de l'ICE qui pratiquent la chasse au migrant avec la même brutalité que les brigades nazis patrouillant dans les rues de Münich dans les années 30 ?

En moins d'un an Trump a fait passer cette agence créée en 2001 (suite aux attentats de New-York) de 10 000 fonctionnaires à 22 000. La plupart ont été recrutés sans qu'ils ne reçoivent de formation sérieuse. Ils sont souvent issus des milieux d'extrême-droite. Il s'y trouve même des activistes qui ont participé aux émeutes du Capitole et qui ont été graciés par Trump.

Hier j'ai vu pour la première fois la vidéo de l'assassinat d'Alex Pretti. C'est stupéfiant. A aucun moment cet infirmier qui tente de s'interposer pour protéger ses concitoyens ne représente le moindre danger pour les forces de l'ICE. Il est maîtrisé au sol et, sans qu'on n'y comprenne rien, il est criblé de plus de 10 balles.

C'est un assassinat d'une incroyable lâcheté. 

Avant d'en arriver au drame de Minneapolis il y avait eu l'assassinat de Renee Nicole Good, criblée elle aussi de plus d'une dizaine de tirs. Une vidéo authentifiée montre Nicole Good au volant de sa voiture disant: «Tout va bien, mec, je ne t’en veux pas », quelques instants avant la fusillade. Le maire de Minneapolis a qualifié la thèse de la légitime défense invoquée par les agents de l'ICE de " foutaises".

Il y avait eu aussi cette intervention assez traumatisante d'un enfant de 5 ans arrêté en classe pour qu'une des milices de l'ICE remette la main sur son père. Les enfants utilisés comme appâts ? Les bambins doivent-ils avoir peur d'aller à l'école maintenant ?

Karl Marx avait écrit que « l'histoire se répète, d'abord comme tragédie, ensuite comme farce».

J'en veux pour preuve cette vidéo.

Un citoyen est interpellé et demande à l'agent pourquoi il doit présenter ses papiers, et celui-ci lui réplique: "C'est à cause de votre accent"... Ce à quoi l'interpellé lui répond: " Vous avez un accent vous aussi".

Une réponse qui ne manque pas d'humour et d'à-propos !

" Touché ! " comme disent les américains qui aiment utiliser certaines locutions françaises...

Effectivement, les USA sont fondamentalement un pays d'immigrés. Kissinger par exemple a toujours gardé un accent et aurait pu paraître très suspect aux yeux des agents de l'ICE.

Dans cette interpellation filmée, on aboutit à une situation absurde, assez kafkaienne. C'est comme si ces agents faisaient la chasse à eux-mêmes, ou à ce qu'ils furent un jour. C'est du Woody Allen à l'état pur, mais dans la réalité cette fois-ci.

L'agent qui interpelle aurait pu faire partie des "criminels" avant qu'il n'obtienne sa naturalisation ou que ses parents ne l'obtiennent. Comment ne pas voir dans ces manières violentes et brutales d'agir des agents de l'ICE une Amérique qui renie ses valeurs et l'essence même de sa nature profonde.

PS: Face à la commotion nationale provoquée par l'assassinat d'Alex Pretti et suite aux nombreuses manifestations de rejet, Trump est en train de rectifier sa communication (mais probablement pas ses objectifs). André Markowicz a écrit sur facebook un papier ce matin qui commence de cette manière.

"La stratégie de la peur.
J’apprends, tôt ce matin du 27 janvier, en ouvrant mon ordinateur, que Gregory Bovino, le chef exécutif de l’ICE, qui s’est tellement engagé à Minneapolis, avec son uniforme décalquant celui des SA, serait rétrogradé et retournerait – mais pas menacé par un procès, pourtant, – en Californie, d’où il vient. Je ne sais pas comment comprendre cette reculade de Trump, si c’est une reculade, nous verrons bien, mais force est de constater que, jusqu’à présent, la stratégie du pouvoir américain – c’est une stratégie et pas une tactique –, est celle de l’escalade et donc celle de la peur. De la peur, c’est-dire de l’étape qui précède la terreur."

La suite de son post est sur ce lien ci-dessous, suite dans laquelle il pointe du doigt ceux qui en France aimeraient s'inspirer des manières de Trump.

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 25 Janvier 2026

Bonjour les amis.

La question a déjà été posée déjà plusieurs fois notamment par Claude Le Roy (ex-fooballeur français puis entraîneur de 9 équipes nationales africaines), par Oke Göttlich (Vice-président de la Fédération allemande de football ), par des députés d'extrême-gauche, etc...

Faut-il boycotter la Coupe du monde de football 2026 à cause de Trump ?

Ma réponse est tout de suite NON.

Mais il y a un MAIS, et Pascal Boniface explique parfaitement ce MAIS sur le lien ci-dessous.

Juste quelques précisions supplémentaires.

Il faut quand même rappeller que cette question du boycott s'est enflammée sur les réseaux quand Trump a menacé d'annexer le Groenland .

Or le président des USA vient de concéder à Davos qu'il n'envisage pas d'intervention militaire au Groenland.

Enfin il y a 3 pays qui organisent la compétition donc un boycott pénaliserait le Mexique et le Canada très injustement. Ceux qui croient qu'on pourrait resituer les matchs dans ces 2 pays sont naïfs car cela obligerait le Mexique et le Canada à se comporter de manière très "inamicale" envers les USA. Or, il y a suffisamment de contentieux entre ces deux pays voisins et les USA pour ne pas provoquer inutilement l'ire de l'administration américaine qui ne resterait certainement pas les bras croisés vis-à-vis du Mexique et du Canada.

Boniface a bien raison de dire qu'il est plus efficace de participer à la compétition, d'aller là bas et de profiter de la vitrine planétaire que suppose cette grande manifestation mondiale afin d'y exprimer certaines indignations légitimes.

PS: Certes, on ne peut pas complètement séparer le sport de la politique, c'est illusoire. Mais on ne peut pas tomber dans l'excès inverse non plus et instrumentaliser politiquement le sport de manière outrancière.

Pour ceux qui n'aiment pas le foot il y a toujours une bonne raison de boycotter une compétition internationale. Ça devient systématique et parfois risible !

Alors, j'aimerais rappeler certains chiffres. Sur cette planète il y a 179 pays: 91 sont des autocraties et 88 seulement des démocraties (dont certaines sont très imparfaites). Seulement 6,6% de la population mondiale vit en démocratie.

Avec de tels chiffres on pourrait boycotter la majorité des compétitions sportives internationales au nom de la défense du respect des libertés...

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 24 Janvier 2026

Bonjour les amis.

Mendelssohn sera à l'honneur de notre prochain récital de printemps et aujourd'hui je vous parlerai du 3ème lied que nous interpréterons. Il s'agit d' ABSCHIED VOM WALDE (Op.59 nº3) dont la traduction littérale est ADIEU À LA FORÊT. C'est la troisième chanson de son recueil Sechs Lieder im Freien zu singen (Six chansons à chanter en plein air).

Ce lied très connu en Allemagne pour sa mélodie nostalgique célébre la magie de la nature et le réconfort qu'elle apporte. Cette pièce romantique exprime le déchirement de devoir quitter la sérénité des bois pour le monde urbain.

Le poème a été écrit par Joseph von Eichendorff, une des figures centrales du romantisme allemand.

Vous trouverez sur le lien ci-dessous le texte original en allemand ainsi qu'une traduction en français.

Le poème s’ouvre sur la célèbre invocation « O Täler weit, o Höhen » (« Ô vastes vallées, ô hauteurs »). Il exprime un adieu mélancolique mais serein au refuge naturel où l’auteur a trouvé réconfort et clarté.
ABSCHIED VOM WALDE est considéré comme l'un des chefs-d'œuvres de la musique chorale romantique allemande pour sa capacité à évoquer le sentiment de Waldeinsamkeit (la solitude de la forêt).

Passons à l'écoute maintenant avec ces 2 liens.

Encore une fois, pour les choristes, c'est un immense plaisir d'interpréter des oeuvres d'un grand compositeur qui sont pensées pour être interprétées à 4 voix (sopranos-altos-ténors-basses) et à capella. On se rend compte immédiatement dès les premières mesures d'une harmonie magique qui s'installe entre nous. C'est tout simplement électrisant !

La version que nous interpréterons sera en espagnol et le titre est donc ADIÓS AL BOSQUE.

Adieu à la forêt...

PS: Hors-sujet.

Aujourd'hui mon village est en fêtes pendant 2 jours et célèbre Saint Antoine, notamment avec la bénédiction religieuse d'animaux de la bourgade.

Plusieurs activités festives (concerts, défilés avec chevaux accompagnés de groupes de musiciens, repas populaires près des arènes, bûchers et feux de joie,  etc...) sont prévues pendant ces 2 jours.

Voici le programme.

 

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 23 Janvier 2026

Bonjour les amis.

Ce billet d'aujourd'hui est la suite de celui d'hier consacré au discours honteux de Donald Trump au sommet de Davos.

https://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2026/01/les-72-minutes-de-trump-a-davos.html

Hier soir lors de ma répétition chorale je discutais avec un de mes camarades (basse comme moi) du discours de Trump et celui-ci m'a demandé si j'avais entendu l'intervention du premier ministre canadien Mark Carney. Or, ce n'était pas le cas.

Aussitôt rentré chez moi je me suis passé ce discours, un discours magistral qui risque de faire date et qui donne le signal de la rébellion que j'attends de tous mes voeux depuis longtemps.

Je vous mets ci-dessous en lien d'abord le discours complet par écrit suivi de la vidéo de l'intervention de Carney.

 

J'avais donc raté l'intervention la plus importante du sommet de Davos.

Carney abonde dans le sens de mon article d'hier. Il déclare (sans le citer) que Trump a mis fin à l'ordre ancien dont il dresse le bilan et l'avancée historico-économique qu'il a supposé pour l'ensemble des peuples de la planète.

"Permettez-moi d’être direct : nous sommes en pleine rupture, et non en pleine transition." dit-il.

Carney rappelle que, même s'il y avait une certaine hypocrisie dans l'application des accords des institutions multilatérales telles que l'OMC, cela valait bien mieux que de faire voler en éclats leur utilité ou existence.

Mieux vaut un gendarme criticable que plus de gendarme du tout. Mieux vaut un gendarme dont les principes reposent sur des valeurs de justice et de solidarité et non simplement sur des rapports de force et de coercition.

Mark Carney appelle les puissances moyennes à se rebeller et à ne pas entrer dans le "chacun pour soi" que suppose la dérive trumpienne. Il lance cet avertissement:

"Un monde cloisonné sera plus pauvre, plus fragile et moins durable.
Il y a une autre vérité : si les grandes puissances renoncent même à faire semblant de respecter les règles et les valeurs pour exercer sans entrave leur pouvoir et défendre leurs intérêts, les avantages du « transactionnalisme » deviennent difficiles à reproduire. Les puissances hégémoniques ne peuvent pas monnayer indéfiniment leurs relations."

Trump répondra plus tard à Carney, de manière minable, dans sa propre intervention à Davos.

«J’ai regardé votre premier ministre hier. Il n’était pas très reconnaissant», a déclaré M. Trump.
«Le Canada vit grâce aux États-Unis, a-t-il continué. Souvenez-vous en, Mark, la prochaine fois que vous ferez une déclaration.»

Réponse affligeante ! Trump qui ressort son éternelle rengaine sur le supposé manque de reconnaissance de pays alliés qui ne se comportent pas en vassaux reconnaissants. Il nous avait déjà fait le coup dans le bureau ovale avec Zelensky.

Mais revenons au discours de Carney qui est tout le contraire de celui de Trump. Un discours digne d'un dirigeant d'une grande nation, un discours structuré incitant les puissances moyennes à réagir au nom de principes, de valeurs et non simplement au nom d'égoïsmes.

D'une certaine manière Carney en appelle à une scission de l'Occident, tout comme l'annonçait Mathieu Bock-côté dans son essai intitulé LES DEUX OCCIDENTS.

Quelque chose me dit que le discours de Carney fera date dans l'histoire car il donne le signal au monde de se reprendre et d'échapper au système mafieux et à cette loi de la jungle dont rêvent certains autocrates.

Puisse-t-il être entendu !

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Canada, #Mark Carney, #Trump, #OMC, #ONU, #COP, #Davos, #USA, #Economie

Repost0

Publié le 22 Janvier 2026

Bonjour les amis.

On attendait Trump à Davos, et il nous a fait un numéro comme s'il s'adressait à ses fans dans un meeting électoral.

Voici sur ce lien ci-dessous un excellent résumé de Gewurztraminer sur X qui recense les erreurs, mensonges et innombrables contre-vérités du président des USA.

Le tweet se termine de cette manière:

"72 minutes de sautes d’humeur. De mensonges vérifiables. Des nombres inventés. De menaces aux alliés. D'insultes aux fonctionnaires. De gaffes géographiques. De vantardise démentie par les faits. Et le monde, en silence, a regardé. Pendant 72 longues minutes. Et dire qu'autrefois, pour beaucoup moins, les carrières politiques se terminaient. Aujourd'hui, on attend le prochain délire. Bienvenue en 2026. Et nous ne sommes qu’en janvier."

J'ajouterai un petit commentaire sur la guerre en Ukraine.

Celui qui prétendait apporter la paix en 24 heures en Ukraine en est venu à dire: "Un large océan nous sépare....ce n'est pas notre affaire...c'est à l'Europe et à l'Otan de se débrouiller".

Le constat est consternant. Le discours est incohérent, sans direction, uniquement centré sur les intérêts des USA. En se comportant comme un vulgaire marchand de tapis le président des Etats-Unis a dilapidé une grosse partie du leadership américain et a dynamité l'ordre international en moins d'un an. Le monde n'a plus de boussole et il va devoir en prendre la mesure.

C'est déjà le cas de la Chine qui, elle, ne perd pas le Nord et voit sans doute dans les agitations et volte-faces trumpiennes une opportunité historique de tisser de solides alliances avec ses associés pour lesquels elle apparaîtra comme bien plus fiable que le locataire de la Maison Blanche.

Xi Jinping, lui, n'est pas une girouette. Ce qu'il fait est réfléchi, pensé, et il n'est pas amené à revenir en arrière sur ses propos qui sont rares et mesurés.

Pour l'Europe ce sera plus difficile d'homogénéiser à 27 les attitudes des diffrénts dirigeants mais cela semble plus que jamais nécessaire. Face aux délires trumpiens il n'y a plus d'autre choix que de se prendre en mains et de définir des lignes stratégiques de solidarité entre les différents pays de l'UE. No choice !

 

NB: j'ai écrit 24 heures plus tard une suite à cet article qui est sur ce lien.

https://alea-jacta-est-ex-posteur.over-blog.com/2026/01/mark-carney.html

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Trump, #USA, #Union européenne, #Davos, #Economie, #Groenland, #Ukraine, #Chine

Repost0

Publié le 19 Janvier 2026

Bonjour les amis.

Parmi les nouvelles chansons qui entreront dans le répertoire de mon groupe choral cette année il y a AMAPOLA (coquelicot), un boléro composé par l'artiste espagnol José Lacalle sur des paroles de Luis Roldán.

Le premier enregistrement était instrumental, réalisé aux USA en 1923 par Columbia Records et interprété par l'Orchestre de Tango Espagnol . Et le premier enregistrement vocal de la chanson a été réalisé en 1925 par le ténor espagnol Miguel Fleta .

Voici ci-dessous une version remastérisée de ce premier enregistrement au charme délicieusement surranné, accompagnée des paroles orginales et d'une traduction française.


Amapola Amapola

Amapola, lindísima amapola Amapola, belle amapola

Será siempre mi alma tuya sola Mon âme t'appartient pour toujours

Yo te quiero, amada niña mía Je t'aime, ma chérie adorée

Igual que ama la flor la luz del día Comme la fleur aime la lumière du jour

Amapola, lindísima amapola Amapola, belle amapola

No seas tan ingrata y ámame Ne sois pas si ingrate et aime-moi

Amapola, amapola Amapola, amapola

¿Cómo puedes tú vivir tan sola? Comment peux-tu vivre si seule ?

Yo te quiero, amada niña mía Je t'aime, ma chérie adorée

Igual que ama la flor la luz del día Comme la fleur aime la lumière du jour

Amapola, lindísima amapola Amapola, belle amapola

No seas tan ingrata y ámame Ne sois pas si ingrate et aime-moi

Amapola, amapola Amapola, amapola

¿Cómo puedes tú vivir tan sola? Comment peux-tu vivre si seule ?

En travaillant la partition de cette chanson que je ne connaissais pas je me suis dit que l'air me rappelait quelque chose, quelque part dans ma mémoire lointaine, mais sans savoir exactement quoi, provoquant un sentiment étrange de "déjà vu" (comme disent les américains) ou plus exactement de "déjà entendu".... Après quelques recherches rapides sur le net j'ai enfin trouvé la solution.

La chanson a été composée en 1923 mais depuis il y a eu plein de versions de grands chanteurs qui ont repris ce boléro, dont Tino Rossi.

Voilà donc la réponse à mes interrogations. J'ai probablement dû entendre la version de Tino sur la radio de mes parents durant ma petite enfance.

La voici ci-dessous. Le texte réecrit en français est une parfaite réussite, tout à fait dans l'esprit des romances populaires. J'imagine que Tino a dû faire chavirer plus d'un coeur avec de telles paroles...

Amapola
L'oiseau léger qui passe
La rose et le lilas chantent ta grâce
Amapola
L'onde où les cieux se mirent
N'a pas autant d'éclats que ton sourire
Le vent même t'apportant le poème
Que je lui ai confié ce soir pour toi
Amapola
Amapola
Dans sa chanson te dira
Je t'aime

D'où vient le pouvoir que tu possèdes
Ton charme impérieux qui m'obsède
D'où vient que je vois tout resplendir
Et tout refleurir au gré de ton sourire

Amapola
L'oiseau léger qui passe
La rose et le lilas chantent ta grâce
Amapola
L'onde où les cieux se mirent
N'a pas autant d'éclats que ton sourire
Le vent même t'apportant le poème
Que je lui ai confié ce soir pour toi
Amapola
Amapola
Dans sa chanson te dira
Je t'aime

Le vent même t'apportant le poème
Que je lui ai confié ce soir pour toi
Amapola
Amapola
Dans sa chanson te dira
Je t'aime


 

Enfin, et pour conclure, vous pourrez entendre (sur la vidéo ci-dessous à partir de 7 minutes 20 secondes) la version chorale à 4 voix que nous interpréterons sur un arrangement de Joan Alborch.

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #chanson, #Chorale, #Ténor, #Choeur, #Boléro, #Romance, #Lacalle, #Tino Rossi

Repost0

Publié le 18 Janvier 2026

Bonjour les amis.

Pas de vrai billet aujourd'hui mais plutôt un partage avec vous, mais un partage qui vaut vraiment la peine !

Je découvre ce matin un article très instructif de Kurt Grotsch (chercheur et universitaire allemand spécialiste de la Chine) sur la réaction du gouvernement de Xi Jinping suite au spectaculaire enlèvement à Caracas de Maduro.

Le moins qu'on puisse dire c'est que les chinois ne sont pas restés les bras croisés et que la riposte ne s'est pas faite attendre.

Je vous mets en lien l'article original ainsi qu'une traduction française qui circule sur facebook et qui est relayée aussi par certains partis politiques français sur leurs réseaux sociaux. L'article est FAS-CI-NANT !

Qu'a fait la Chine pour le Venezuela ?
Sans se livrer à de vaines démonstrations rhétoriques à la manière de Trump ou de Macron, la Chine s'est lancée dans une série de mesures concrètes, partant du principe que les États-Unis ont fait du contrôle du pétrole vénézuélien un moyen de freiner la présence chinoise en Amérique du Sud et d'entraver son développement irrésistible et accéléré.
La Chine a pris des mesures qui visent directement la puissance de l'empire américain, car l'agression contre le Venezuela est une déclaration de guerre contre le projet de monde multipolaire et contre le groupe des BRICS.
Quelques heures seulement après l'annonce de l'enlèvement du président Nicolás Maduro, le président Xi Jinping a convoqué une réunion d'urgence du Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste, qui a duré exactement 120 minutes. Aucune déclaration officielle n'a été faite, aucune menace diplomatique n'a été proférée ; au contraire, le calme régnait avant la tempête. Cette réunion a déclenché ce que les stratèges chinois appellent une « riposte asymétrique globale » face à toute agression visant les partenaires de la Chine dans l’hémisphère occidental.
*Le Venezuela constitue la tête de pont de la Chine en Amérique latine, au sein même de la « zone d’influence » des États-Unis.*
La première phase de la riposte chinoise a débuté le 4 janvier à 9h15, lorsque la Banque populaire de Chine a discrètement annoncé la suspension temporaire de toutes les transactions en dollars américains avec les entreprises liées au secteur de la défense américain. Des entreprises comme Boeing, Lockheed Martin, Raytheon et General Dynamics ont appris au réveil que toutes leurs relations commerciales avec la Chine avaient été gelées sans aucun avertissement préalable.
À 11 h 43 le même jour, la State Grid Corporation of China, qui exploite le plus grand réseau électrique du monde, a annoncé un examen technique complet de tous ses contrats avec les fournisseurs américains d'équipements électriques, une mesure qui signifie concrètement que la Chine commence à se découpler de la technologie américaine.
À 14 h 17, la China National Petroleum Corporation (CNPC), la plus grande compagnie pétrolière d'État au monde, a annoncé une réorganisation stratégique de ses routes d'approvisionnement mondiales. Cette mesure a de facto réactivé son « arme énergétique » en annulant 47 milliards de dollars de contrats d'approvisionnement en pétrole par an avec les raffineries américaines.
Le pétrole initialement destiné à la côte est des États-Unis a été réorienté vers l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et d'autres pays du Sud. Cette situation a entraîné une flambée des prix du pétrole de 23 % en une seule séance.
Mais surtout, le message stratégique était clair : la Chine est capable d'asphyxier énergétiquement les États-Unis sans même avoir à tirer un seul coup de feu.
Dans un autre ordre d'idées, la China Ocean Shipping Company, qui contrôle environ 40 % de la capacité mondiale de transport maritime, a mis en œuvre ce qu'elle a appelé « l'optimisation des itinéraires opérationnels ».
En conséquence, les navires chinois ont commencé à éviter les ports américains tels que Long Beach, Los Angeles, New York et Miami. Ces ports, qui dépendent fortement de la logistique maritime chinoise pour maintenir leurs chaînes d'approvisionnement, se sont soudainement retrouvés privés de 35 % de leur trafic de conteneurs habituel. Ce fut un véritable désastre pour les grandes entreprises comme Walmart, Amazon et Target, qui dépendent des navires chinois pour importer des marchandises fabriquées en Chine vers les ports américains, car leurs chaînes d'approvisionnement se sont partiellement effondrées en quelques heures.
Ce qui frappait le plus dans ces actions, c'était leur synchronisation, qui a engendré une réaction en chaîne amplifiant considérablement l'impact économique.
Il ne s'agissait pas d'une escalade progressive, mais d'un choc systémique destiné à paralyser la capacité de réaction des États-Unis.
Le gouvernement américain venait à peine d'encaisser le coup que la Chine activait une nouvelle série de mesures : la mobilisation des pays du Sud. Le 4 janvier à 4 h 22, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, proposait au Brésil, à l'Inde, à l'Afrique du Sud, à l'Iran, à la Turquie, à l'Indonésie et à 23 autres pays… Des conditions commerciales préférentielles immédiates seraient accordées à tout pays s'engageant publiquement à ne reconnaître aucun gouvernement vénézuélien accédant au pouvoir avec le soutien ou l'intervention des États-Unis.
En moins de 24 heures, 19 pays acceptèrent l'offre, le Brésil étant le premier, suivi de l'Inde, de l'Afrique du Sud et du Mexique. Ainsi, le concept d'un « monde multipolaire de facto » se concrétisait.
La Chine est parvenue à former une coalition anti-américaine presque immédiatement, en utilisant l'arme des incitations économiques.
Le coup de grâce a été porté le 5 janvier, lorsque Pékin a activé son arme financière. Le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers a annoncé l'extension de sa capacité opérationnelle afin de prendre en charge toute transaction internationale souhaitant contourner le système SWIFT, contrôlé par Washington. Cela signifie que la Chine offre au monde une alternative complète et efficace au système financier occidental. Tout pays, entreprise ou banque souhaitant mener des activités sans dépendre de l'infrastructure financière américaine peut désormais utiliser le système chinois, 97 % moins cher et plus rapide.
La réaction fut immédiate et massive : au cours des 48 premières heures de fonctionnement, 89 milliards de dollars de transactions furent traités et les banques centrales de 34 pays ouvrirent des comptes opérationnels au sein du système chinois, accélérant ainsi la dédollarisation de l'une des sources de financement les plus importantes des États-Unis.
Sur le plan technologique, la Chine, qui contrôle 60 % de la production mondiale de terres rares, éléments essentiels pour l'industrie des semi-conducteurs et des composants électroniques, a annoncé des restrictions temporaires sur l'exportation de ces minéraux vers tout pays ayant soutenu l'enlèvement du président Nicolas Maduro. Cette décision a suscité une vive inquiétude chez les géants technologiques américains tels qu'Apple, Microsoft, Google et Intel, qui dépendent des chaînes d'approvisionnement chinoises pour leurs composants essentiels, car leurs systèmes de production sont désormais menacés d'effondrement d'ici quelques semaines.
Chaque initiative chinoise porte un coup direct au cœur économique de l'empire américain.
« Qu'a fait la Chine pour le Venezuela ? » demandent amis comme ennemis. La réponse est claire : sans déclarer la guerre, la Chine agit, influence et impose de nouvelles réalités.
Par : *Kurt Grotsch*

Universitaire et chercheur allemand, titulaire d'un doctorat de l'Université de Nuremberg et d'un MBA de Madrid. Il est professeur et conférencier dans des universités européennes et internationales. Spécialisé dans la culture, la communication et les industries créatives, il est le fondateur de plusieurs centres et institutions culturelles. Il est également vice-président de la Chaire Chine et ambassadeur de l'Université Minzu en Chine.

Face aux mesures incessantes de Trump qui saturent tous les jours l'espace médiatique, comment ne pas être fasciné par les réponses bien moins tonitruantes mais redoutablement efficaces des responsables chinois.

Kurt Grötsch, universitaire et vice-président de la Chaire Chine, soutient donc que la réponse de Pékin, bien que non déclarée militairement, est dévastatrice pour l'économie américaine.

Je prends bonne note de ses affirmations...affaire à suivre donc...

PS: J'aurais pu mettre le titre suivant pour mon article: ET LA DÉMOCRATIE DANS TOUT ÇA ? Car il est clair que nous assistons à une lutte entre impérialismes dans laquelle le retour de la démocratie au Vénézuela est le cadet des soucis de Trump, de Xi Jinping ou de Poutine.

 

Voir les commentaires

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #USA, #Trump, #Vénézuela, #Maduro, #Xi Jinping, #pétrole, #économie, #Chine

Repost0