Publié le 7 Mars 2026
Bonjour les amis.
Ce matin nous avons réalisé la 3 ème répétition du concert prévu pour le 14 juin prochain et auquel j'avais déjà consacré 2 articles (mis en lien dans la phrase suivante). Sont au programme de ce concert le TE DEUM de Bizet et la Messe à Ste Cécile de Gounod.
Nous avions déjà fait le tour des 2 oeuvres mais aujourd'hui nous avons attaqué la dernière partie du TE DEUM que nous avions laissé à part: il s'agit du 4 ème mouvement qu'on surnomme la grande fugue.
Grande, elle l'est, assurément !
Voici, avant de passer à l'écoute, une explication détaillée faite par un musicologue.
Contrastant fortement avec l'expression intimiste de l'Andante, le quatrième mouvement du Te Deum est conçu par Bizet comme une vaste fugue chorale à quatre voix sur le texte « Fiat misericordia tua, Domine, super nos, quemadmodum speravimus in te » (Que ta miséricorde, Seigneur, soit sur nous, comme nous avons espéré en toi).
Le thème de cinq mesures introduit un premier développement de vingt mesures, suivi d'un interlude d'égale durée. Dans le second développement, la séquence d'entrée des voix principales est interrompue par la répétition de cet interlude, intensifiant ainsi la tension dramatique. Il s'achève sur une pédale de dix mesures aux basses, sur laquelle le chœur des sopranos reprend le motif principal, en cadence jusqu'à la dominante en la, deux octaves au-dessus du do central. Un nouveau développement débute alors aux basses, où Bizet présente le thème principal de manière très entrelacée . Ce rétrécissement conduit, après un intermède séquentiel , à un quatrième développement, dans lequel Bizet met un nouveau texte sur le sujet de la fugue, à savoir le vers final « In te Domine speravi, non confundar in aeternum» ( En toi, Seigneur, j'ai espéré (j'ai mis mon espérance), que je ne sois pas confondu (déçu/honteux) pour l'éternité ) .
Bien que le texte liturgique original soit désormais intégralement intégré, Bizet ajoute un cinquième mouvement à son Te Deum , dans lequel, à l'exception de la phrase finale, le premier mouvement , le Te Deum laudamus, est repris note pour note. Par un procédé compositionnel ingénieux, il parvient à un effet formel saisissant : il intègre cette reprise dans son intégralité, avec une transition brillante, à la grande fugue du quatrième mouvement.
Ce mouvement qui ne dure que 4 minutes est réellement très dense, intense, rapide, très articulé et demande une énorme concentration de la part des choristes. Quand je dis "rapide" je ne parle pas du tempo mais de l'articulation des notes pour les chanteurs.
Ce sont nous, les basses, qui lançons le mouvement choral avec cette première ligne mise en lien ci-dessous.
Il m'a fallu déjà quelques heures d'étude minutieuse pour pouvoir interpréter la partie basse qui me concerne, et il m'en faudra encore quelques autres pour la maîtriser de bout en bout.
Le texte musical plein de variations vocales ne se répète jamais de la même façon. Quand on attaque le FIAT MISERICORDIA TUA c'est un peu comme disputer un grand prix de Formule 1: tout va très vite et au millimètre !
Et quand on revient au TE DEUM final (à 2 min 50 secondes sur la vidéo) on peut enfin se lâcher !...et se réjouir du résultat !
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