Publié le 21 Mai 2026

Bonjour les amis.

Mon court billet d'aujourd'hui sera plutôt un coup de gueule.

Lors du Festival de Cannes, l'acteur Gilles Lellouche a refusé de répondre à une question politique. Interprétant Jean Moulin dans le film MOULIN, il a été interrogé par un journaliste sur le Rassemblement national et La France insoumise. Il a préféré esquiver, déclarant :

« Elle est pas un tout petit peu orientée votre question, non ? »

Or, depuis cette réponse complètement respectable et légitime de Lellouche celui-ci est victime d'un véritable lynchage médiatique, notamment sur les réseaux.

Ce très mauvais procès fait à Gilles Lellouche...

Ras-le-bol de voir tous les bobos et tous les donneurs de leçons se comporter comme une meute de chiens et se jeter comme des bêtes enragées  sur Gilles Lellouche qui était parfaitement dans son droit de ne pas se soumettre à la réponse convenue que toute la gauche bien-pensante exige de lui.

Un internaute dont j'ai oublié le nom a parfaitement résumé ce que je pense.

Il ne faut pas confondre un acteur avec le personnage qu’il interprète. Ce n’est pas parce que Gilles Lellouche joue Jean Moulin qu’il est obligé d’avoir une position politique publique sur l’actualité ou sur la montée du RN.
Un acteur joue un rôle. Il incarne un personnage écrit par un auteur et mis en scène par un réalisateur. Cela ne fait pas de lui un historien, un philosophe, un journaliste ou un responsable politique. On peut apprécier une interprétation sans exiger de l’acteur qu’il devienne le porte-parole contemporain du personnage qu’il incarne.
Et puis refuser de répondre à une question orientée ne signifie pas forcément être lâche ou complice. On peut simplement considérer que ce n’est ni son rôle, ni le bon moment, ni le bon cadre pour entrer dans un débat politique.
Dire que son silence serait « coupable » ou « petit bras » me paraît excessif et assez simpliste comme analyse. Tout le monde n’a pas vocation à transformer chaque interview culturelle en tribune politique

On ne saurait mieux dire. Juste ajouter que la liberté c'est justement de garder une distance critique et de ne pas se soumettre aveuglément au politiquement correct d'une époque, et encore moins d'obéir aux injonctions wokistes de la société médiatique. C'est au public de juger de ce que Jean Moulin lui inspire (ou pas) sur certains partis politiques français en 2026, et non à Gilles Lellouche d'en parler au nom du héros de la résistance française.

PS:  Aujourd'hui 22 mai 2026, et 24 heures après avoir écrit mon billet, je découvre qu'en 2024 Gilles Lellouche signait une tribune pour faire barrage au RN.

Or, Lellouche est aujourd’hui qualifié d’ "extrême droite" par certains après avoir refusé de répondre à un militant d’extrême gauche. Comme quoi le sectarisme de l'extrême gauche pourrit le débat et les idées.

Ce très mauvais procès fait à Gilles Lellouche...

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Publié le 20 Mai 2026

Bonjour les amis.

"Por qué cantamos" (pourquoi nous chantons) est un poème emblématique de l'auteur uruguayen Mario Benedetti, souvent chanté par des artistes engagés comme Fausta ou Osvaldo Torres.

Benedetti a écrit ce texte durant l'exil imposé par la dictature uruguayenne (1973-1985). Il reflète la douleur d'une époque sombre.

Le poème répond à ceux qui se demandent comment il est possible de chanter ou de créer alors que le pays souffre et que les proches sont emprisonnés ou exilés. Chanter devient un acte de résistance, une façon de garder la mémoire vivante, de refuser la résignation et de croire en des lendemains meilleurs.

Avant de passer à la chanson vous trouverez ci-dessous le poème original, suivi d'une traduction française, ainsi que d'une vidéo dans laquelle Mario Benedetti en personne lit son poème.

Por qué cantamos
Si cada hora viene con su muerte
Si el tiempo es una cueva de ladrones
Los aires ya no son los buenos aires
La vida es nada más que un blanco móvil
Usted preguntará por qué cantamos
Si nuestros bravos quedan sin abrazo
La patria se nos muere de tristeza
Y el corazón del hombre se hace añicos
Antes aún que explote la vergüenza
Usted preguntará por qué cantamos
Si estamos lejos como un horizonte
Si allá quedaron árboles y cielo
Si cada noche es siempre alguna ausencia
Y cada despertar un desencuentro
Usted preguntará por qué cantamos
Cantamos porque el río está sonando
Y cuando suena el río, suena el río
Cantamos porque el cruel no tiene nombre
Y en cambio tiene nombre su destino
Cantamos por el niño y porque todo
Y porque algún futuro y porque el pueblo
Cantamos porque los sobrevivientes
Y nuestros muertos quieren que cantemos
Cantamos porque el grito no es bastante
Y no es bastante el llanto ni la bronca
Cantamos porque creemos en la gente
Y porque venceremos la derrota
Cantamos porque el sol nos reconoce
Y porque el campo huele a primavera
Y porque en este tallo, en aquel fruto
Cada pregunta tiene su respuesta
Cantamos porque llueve sobre el surco
Y somos militantes de la vida
Y porque no podemos ni queremos
Dejar que la canción se haga ceniza

Pourquoi nous chantons

Si chaque heure vient avec sa mort
si le temps est une grotte de voleurs
les airs ne sont plus les bons airs
la vie n'est rien de plus qu'un blanc mobile
vous demanderez pourquoi nous chantons
si nos braves sont laissés sans étreinte
la patrie nous meurt de tristesse
et le coeur de l'homme se brise en mille morceaux
avant même que la honte n'explose
vous demanderez pourquoi nous chantons
si nous sommes loin comme un horizon
s'il y avait là-bas des arbres et du ciel
si chaque nuit est toujours une absence
et chaque réveil une discorde
vous demanderez pourquoi nous chantons
nous chantons parce que la rivière est en train de sonner
et quand la rivière sonne / la rivière sonne
nous chantons parce que le cruel n'a pas de nom
et au contraire son destin a un nom
nous chantons pour l'enfant et pour tout
et parce qu'un certain futur et parce que le peuple
nous chantons parce que les survivants
et nos morts veulent que nous chantions
nous chantons parce que le cri ne suffit pas
et parce que ne sont pas assez les pleurs ou la colère
nous chantons parce que nous croyons aux gens
et parce que nous vaincrons la défaite
nous chantons parce que le soleil nous reconnaît
et parce que la campagne sent le printemps
et parce que dans cette tige, dans ce fruit
chaque question a sa réponse
nous chantons parce qu'il pleut sur le sillon
et nous sommes des militants de la vie
et parce que nous ne pouvons pas et ne voulons pas
laisser la chanson se transformer en cendres.

Le texte est construit par une juxtaposition constante entre l'horreur du réel et les raisons de continuer.
À plusieurs reprises, Benedetti répète la phrase « vous demanderez pourquoi nous chantons ». Ce « vous » représente un observateur extérieur ou sceptique qui ne comprend pas comment il est possible d'éprouver de la joie ou une expression artistique au milieu de la douleur, de la mort, de la censure et de l'exil ( « si nous sommes aussi loin qu'un horizon » , « notre patrie se meurt de tristesse » ). Le chant apparaît ici comme la réponse collective qui permet de réaffimer (au delà des pleurs , de la colère, de la souffrance et des cris) la foi en l'avenir et dans le peuple.

Passons à la musique maintenant. C'est le compositeur argentin Alberto Favero qui a mis le poème en musique et qui a permis à la chanson de se convertir en un succès immédiat. Il existe beaucoup de versions et j'ai choisi pour vous l'interprétation très sensible de Sandra Mihanovich. 

https://www.youtube.com/watch?v=eulRv_q393w

Cet été mon groupe choral polyphonique interprétera la composition d'Alberto Favero sur un arrangement choral de Liliana Cangiano, le même arrangement vocal qu'on entend sur les 2 vidéos ci-dessous.

https://www.youtube.com/watch?v=YaIbeBD17sI

Il est à noter que l'interprétation chorale est plus que pertinente pour une chanson militante qui est une forme d'hymne et d'appel collectif à la résistance.

Cette chanson n'est pas très connue en Europe (sauf en Espagne bien sûr). Moi-même je l'ai découverte seulement la semaine dernière mais vous pouvez imaginer, cher lecteur, qu'elle fait complètement partie de l'imaginaire collectif sud-américain. Cette chanson représente pour eux toute une époque de luttes dans les années 70. C'est une chanson qui leur parle et qui est indissociable de leur histoire.

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Publié le 19 Mai 2026

Bonjour les amis.

Si vous habitez cette planète vous connaissez tous la marche impériale de DARK VADOR qu'on entend dans la série de films STAR WARS.

La Marche Impériale (thème de Dark Vador) a été composée par John Williams pour le film L'EMPIRE CONTRE-ATTAQUE (1980). Sa principale source d'inspiration classique est le mouvement MARS, celui qui apporte la guerre, issu de la suite orchestrale LES PLANÈTES (1916) du compositeur britannique Gustav Holst. Les deux œuvres partagent un rythme martial implacable, des cuivres puissants et des dissonances soulignant la brutalité et la puissance écrasante de la guerre. John Williams s'est également inspiré de la technique des leitmotivs de Richard Wagner, qui consiste à associer un thème musical précis à un personnage ou à une idée.

Voici ci-dessous, pour vous rafraîchir la mémoire, la bande-son de cette marche.

https://www.youtube.com/watch?v=-bzWSJG93P8

Cette pièce célèbre ne pouvait manquer d'être détournée. Peut-être vous souvenez-vous qu'il y a 7 ans, lors des manifestations des gilets jaunes, un manifestant facétieux avait utilisé cette marche pour chambrer de manière plutôt sympathique les forces de l'ordre.

C'était un détournement qui était devenu viral sur les réseaux à l'époque.

NB: J'ai utilisé le verbe "chambrer" mais les jeunes de maintenant disent plutôt " troller".

https://www.youtube.com/watch?v=kXvdKZIVS48

Hier, mon ami Andrzej m'a fait découvrir une manière vraiment fascinante de revisiter l'oeuvre de John Williams.

Le guitariste Lucas Brar s'est amusé à reprendre le thème de la marche impériale en le traitant à la manière de Bach, comme si c'était une fugue.

Ecoutez le résultat ci-dessous. Ça commence à 28 secondes sur la vidéo et c'est tout simplement éblouissant.

https://www.youtube.com/watch?v=6-W9ow4OL-Q

 

Le résultat est assez étourdissant car Lucas Brar relève le défi musical avec brio. Il interprète avec maestria pendant plus de 2 minutes 30 secondes une fugue qui ne se répète jamais et qui décline le thème de DARK VADOR d'une manière à la fois baroque et assez jouissive !

Un vrai bonheur d'entendre ça ! Bravo, bravo et bravissimo !

Lien d'intérêt:  Lucas Brar a son propre canal Youtube. 

https://www.youtube.com/channel/UCwlnFJ4_SlJbVNQ0iye8CqQ

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Musique baroque, #bach, #john williams, #star wars, #humour, #dark vador, #guitare, #fugue

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Publié le 10 Mai 2026

Bonjour les amis.

Brel est sans aucun doute le chanteur francophone qui m'a le plus marqué dès mon très jeune âge. 

« La Chanson des vieux amants » est un chef-d’œuvre qui dépeint un amour mûr et durable, transcendant la passion des débuts pour une union fondée sur la compréhension, le pardon et le dépassement des épreuves. Elle dépeint une relation qui a survécu aux tempêtes et aux malentendus, prouvant la force du lien sur le long terme. Brel n'idéalise pas le couple ; il mentionne les "orages" et les moments difficiles, reconnaissant que l'amour est aussi un combat. La chanson évoque la transition d'une passion fougueuse vers un amour mature, fait de "doux", de "tendre" et de "merveilleux".

Cette chanson a été reprise par un grand nombre d'artistes, et aussi dans plusieurs langues.

C'est toujours délicat de reprendre un chef-d'oeuvre. On ne retouche pas la Mona Lisa.

On ne la retouche pas mais on peut s'en inspirer, et proposer des variations, voire en faire des détournements.

C'est tout à fait par hasard que j'ai entendu sur le poste radio de ma voiture une version épurée de la chanson des vieux amants, accompagnée d'une simple guitare classique, avec la voix de la soprano franco-suisse Marina Viotti interprétant la chanson de Brel avec la même technique lyrique que celle des chanteurs d'Opéra, comme on chanterait un lied de Schubert ou de Mendelssohn.

C'est une version intimiste et quand Marina Viotti prononce " Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour" le miracle se produit et l'émotion me saisit.

 

Ci-dessous elle reprend le thème mais accompagnée au piano. L'émotion est toujours bien là.

Bravo Marina et merci !

PS: Hors-sujet.

Je profite de mon court billet pour rendre hommage à Carol Kaye et lui rendre justice.

Carol Kaye en studio

Carol Kaye en studio

Mais qui est Carol Kaye ?
Elle a joué de la basse sur 10 000 chansons, dont le titre le plus diffusé du XXe siècle. Elle était payée 55 dollars par session. Son nom n'a jamais figuré sur les albums. Entre 1957 et 1973, Carol Kaye a participé à environ 10 000 sessions d'enregistrement. Cette ligne de basse descendante qui anime « Wouldn't It Be Nice » des Beach Boys ? Carol Kaye. Le rythme entraînant de « These Boots Are Made for Walkin' » ? Carol Kaye. L'intro à la guitare acoustique de « La Bamba » ? Carol Kaye. Le thème iconique de Mission : Impossible ? Carol Kaye.
Elle a inventé des techniques sur le champ, par pure nécessité. Quand le son de la basse était trop brouillé pour la radio AM, elle a collé du feutre sur les cordes et utilisé un médiator dur à la place de ses doigts. Le son perçait les parasites comme une lame. C'est devenu la signature sonore qui a défini la pop des années 60.
Des bassistes ont passé des années, des décennies, à essayer de percer le secret du matériel des Beach Boys pour obtenir ce son. Ils étudiaient les mauvaises personnes. Ils auraient dû étudier Carol.

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Chanson, #Chanson française, #Brel, #Lyrisme, #Marina Viotti, #Guitare, #amour, #Opéra

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Publié le 7 Mai 2026

Bonjour les amis.

Tom Postmes, professeur de psychologie sociale à l’université de Groningue, a posé la même question durant des années à ses étudiants :


Un avion doit effectuer un atterrissage en urgence et se fracasse
en trois morceaux. La cabine se remplit de fumée. Tous les
passagers se rendent compte qu’ils doivent sortir. Que se passe-t-il ?


- Sur la planète A, les passagers se demandent mutuellement s’ils
vont bien. On laisse sortir en priorité les personnes qui ont
besoin d’aide. Les gens sont prêts à donner leur vie, y compris
pour des inconnus.


- Sur la planète B, c’est chacun pour soi. C’est la panique totale.
Les gens se poussent et se donnent des coups de pied à qui
mieux mieux. Les enfants, les personnes âgées et handicapées se
font piétiner.

 

Question : Sur quelle planète vivons-nous ?

Quelles que soient leurs origines sociales, plus de 90% des personnes répondent planète B alors que dans plus de 90% des cas nous vivons sur la planète A.

C'est ce que tente de démontrer l'essai résolument optimiste (et néo-rousseauiste) du jeune philosophe hollandais Rutger Bregman, intitulé de manière volontairement provocatrice: HUMANITÉ: une histoire optimiste.

Pourquoi sommes-nous si pessimistes et parfois si injustes envers notre propre nature humaine? Cela tient à beaucoup de facteurs dont, entre autres, le fait que les informations traitent systématiquement des situations exceptionnelles ou sensationnelles qui ne sont pas la norme, à tel point qu'elles deviennent un miroir social déformant.

Les trains qui arrivent à l'heure ne font pas les titres de nos journaux.

Voici la présentation du livre de l'éditeur.

Ce livre expose une idée radicale.
C’est une idée qui angoisse les puissants depuis des siècles. Une idée que les religions et les idéologies ont combattue. Une idée dont les médias parlent rarement et que l’histoire semble sans cesse réfuter.
En même temps, c’est une idée qui trouve ses fondements dans quasiment tous les domaines de la science. Une idée démontrée par l’évolution et confirmée par la vie quotidienne. Une idée si intimement liée à la nature humaine qu’on n’y fait souvent même plus attention.
Si nous avions le courage de la prendre au sérieux, cela nous sauterait aux yeux : cette idée peut déclencher une révolution. Elle peut mettre la société sens dessus dessous. Si elle s’inscrit véritablement dans notre cerveau, elle peut même devenir un remède qui change la vie, qui fait qu’on ne regardera plus jamais le monde de la même façon.
L’idée en question ? La plupart des gens sont bons.
Captivant et inspirant, formidable succès partout dans le monde, Humanité ouvre avec humour, sérieux et pédagogie de nouveaux horizons. Et si nous étions plutôt bons ? Et si un livre pouvait changer le monde ?
Historien, journaliste pour le magazine en ligne De Correspondent, Rutger Bregman est l’auteur du génial Utopies réalistes, best-seller traduit dans plus de trente pays.

 

Pour vous en dire plus sur ce livre qui parcourt, à la manière de Yuval Harari, l'histoire de l'humanité depuis l'avènement de l'homo sapiens jusqu'à nos jours,  je vous adjoins ci-dessous cette excellente critique de Paul Staes.

Cet essai de Bregman est résolument optimiste sans toutefois tomber dans une forme d'angélisme, ni dans une quelconque naïveté béate. L'auteur revisite, à l'aune de ce que nous dit aujourd'hui la science, certains mythes bien ancrés et mais qui ne correspondent pas à la réalité, comme par exemple celui de l'île de Pâques. L'auteur déconstruit le mythe de l'île de Pâques comme preuve d'un effondrement autodestructeur. Il démontre que la société pascuane n'a pas sombré dans la guerre civile, mais a été victime d'une catastrophe externe (esclavagisme). La vision classique (surpopulation, surexploitation des ressources, cannibalisme) est présentée par Bregman comme une invention ou une exagération, souvent utilisée pour justifier une vision pessimiste et cynique de la nature humaine.

Bregman nous révèle aussi des données surprenantes auxquelles on ne s'attendait pas. Par exemple, dans les conflits armés du XX ème siècle, il était fréquent que la plupart des soldats faisaient tout pour éviter de faire usage de leurs armes. Les études du colonel Marshall (WWII/Vietnam) ont révélé que lors de la Seconde Guerre mondiale, seulement 15 % à 25 % des soldats de première ligne tiraient réellement avec leurs armes sur l'ennemi.

Ne tombons donc pas dans une vision à sens unique et outrancière de la nature des hommes.

Dès le départ du livre de Bregman le ton de l'auteur et son point de vue m'ont plu, m'ont séduit.

Bregman s'emploie à nous monter que l'homme est naturellement empathique et pacifiste, ce qui permet de remettre à leur juste place ceux qui ne le sont pas. Le Mal existe bien sûr mais n'est pas notre marque de fabrique, n'en déplaise aux néo-inquisiteurs de l'humanité.

Cet essai est comme une bouffée d'oxygène salutaire. Loin d'une vision systématiquement noircie de la nature humaine qui serait intrinsèquement maudite, Bregman nous invite à être plus lucides, plus justes, plus équitables et à ne pas désespérer de l'Homme.


 

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Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Philosophie, #Humanité, #Histoire, #Mal, #solidarité, #nature humaine, #rousseau, #Hobbes

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Publié le 5 Mai 2026

Bonjour les amis.

Je suis en ce moment  en pleine lecture de l'essai de Clément VIKTOROVITCH intitulé LOGOCRATIE.

LOGOCRATIE ou comment le mensonge systémique sape les fondements de la démocratie

Voici la présentation de l'éditeur.

Que se passe-t-il quand la parole officielle s'affranchit du réel ? Quand les discours du pouvoir ne visent plus à décrire, mais à travestir ? Quand la communication de l'État ne cherche plus à éclairer, mais à obscurcir ? Ce sont tous les fondements de la démocratie qui vacillent. Lorsque les gouvernants se libèrent de la contrainte de devoir dire ce qu'ils font, ce qui était indicible devient soudain possible.
Ce livre démontre combien, loin d'avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité, la présidence d'Emmanuel Macron l'y a au contraire plongé. Il révèle qu'il est possible de corrompre l'idéal démocratique sans attenter aux institutions. La subversion du langage, par les mensonges et la déloyauté, suffit à nous projeter dans un exercice dévoyé de l’autorité, toujours plus éloigné de la promesse d'un gouvernement par et pour le peuple.
Pour ne pas rester démuni face à un mal, il faut commencer par savoir le nommer d'un mot : nous avons basculé en logocratie.

Avant de s'attaquer aux dérives politiques mensongères qui caractérisent notre XXIe siècle l'auteur nous rappelle que le mensonge a existé depuis que le monde est monde, mais jusqu'à hier il fallait en payer le prix, à savoir une perte de crédibilité et une disqualification à laquelle n'échappait pas ( tôt ou tard) celui qui avait été pris en flagrant délit de "pinocchisme". 

Un seul exemple: quand Clinton ment au sujet de sa relation avec une jeune stagiaire ça a bien failli lui coûter son poste, non pas au nom de son atteinte aux bonnes moeurs mais pour avoir tenté de se soustraire à la vérité en mentant de manière éhontée au peuple américain. Ce qui n'était pas pardonnable ce n'était pas le fait mais le mensonge.

Les temps ont bien changé.

Avant d'en venir à la pratique systémique du mensonge avec l'avènement de Trump l'auteur nous rappelle que le Brexit a été avant tout et surtout un grande victoire du mensonge. Tout le monde s'accorde à dire que le BREXIT a été acquis dans les urnes grâce aux fausses promesses d'économies réalisables par la Grande-Bretagne réitérées par Boris Johnson. Des chiffres complètement bidonnés et des mensonges avérés dont il n'a pas eu à payer le prix étant donné qu'il est même devenu premier ministre par la suite.

Le Brexit marque un premier grand moment noir du XXI e siècle car il démontre que le mensonge paie. Un leader peut avancer des chiffres dont tout le monde sait qu'ils sont très grossièrement hyperéxagérés sans que ça n'ait réellement de conséquences négatives pour lui ou pour ses idées.

A partir de Johnson on peut mentir et nier 3 fois la réalité les yeux dans les yeux sans avoir à en payer le prix. D'ailleurs Boris Johnson continuera de mentir sans vergogne durant son mandat, notamment au sujet des fiestas organisées au 10 Downing Street en plein confinement COVID.

Avec l'arrivée de Trump le mensonge deviendra tellement systémique que le Wall Street Journal cessera de faire la comptabilité des fakes news présidentielles après en avoir recensé de l'ordre de 30 000 en 4 ans, soit une moyenne de 39 par jour.

Un seul exemple entre 30 000. Rappelons cet incroyable mensonge de Trump sur les immigrés haitiens de l'Ohio accusés de manger chiens, chats et autres animaux de compagnie alors qu'il n'y a avait même pas le moindre fait divers référencé qui mentionne un seul cas. Une nouvelle ère s'ouvre quand le président de la première puissance mondiale tient des propos dignes d'un ivrogne accoudé à un comptoir de bistrot, des propos comparables à ceux du BEAUF du regretté Cabu.

Ce que montre le livre de Viktorovitch c'est que le mensonge systémique n'est pas que l'apanage des dirigeants populistes comme Trump, Bolsonaro, Milei, Orban,etc...et que les dirigeants de l'UE, bien policés et bien cravatés (dont Macron) ont pris bonne note que le réel n'était plus un frein capable d'empêcher un dirigeant d'exercer son pouvoir comme bon lui semble. Tous les coups sont désormais permis.

Pour vous en dire plus je laisse la parole à l'auteur sur le lien ci-dessous. Ça dure une heure mais on ne s'ennuie pas une seule seconde à l'écoute, pas plus qu'à la lecture de son livre très richement documenté.

Comment devrait réagir la citoyenneté face aux assauts du réel menés par les politiques ? L'auteur donne un début de réponse dans sa conclusion dans les dernières minutes de le vidéo mise en lien. Et pour en savoir plus, je vous renvoie à son livre.

PS: A noter également, toujours sur le même sujet de la défense de la vérité et sur les dangers que les mensonges font courir à la démocratie, le court essai d'Edwy Plenel intitulé LA DEMOCRATIE N'EST PAS L'ELECTION. Avec de belles mises en garde historiques, comme celle de Rosa Luxembourg par exemple.

https://www.babelio.com/livres/Plenel-La-democratie-nest-pas-lelection/2015326#!

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Publié le 1 Mai 2026

Bonjour les amis et bon 1er Mai à vous tous.

Pour célébrer la fête du Travail j'ai décidé cette année de vous envoyer non pas un brin de muguet traditionnel mais un brin de la plante de riz et de vous parler de  LA LEGA (et peut-être de la faire connaître à certains d'entre vous).

LA LEGA est une chanson féministe de lutte italienne originaire de la région de Padoue ; elle était chantée par les mondine, les repiqueuses de riz de la plaine du Pô. Elle est le symbole des révoltes des ouvriers agricoles contre les patrons à la fin du XIXe siècle, au moment où ont commencé à se fonder les ligues socialistes.

On peut notamment l'entendre dans le film 1900 de Bernardo Bertolucci quand les paysannes manifestent contre l'expulsion des fermiers qui n'ont pas pu régler leur loyer aux riches propriétaires.

Vous trouverez sur le lien ci-dessous les paroles originales ainsi que leur traduction en français.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_lega

Passons à l'écoute maintenant. A noter le couplet plein d'entrain avec son très sonore "A oilì oilì oilà e la lega la crescerà" !

Et puis il y a une belle version à capella et à plusieurs voix que je vous invite à écouter. Je n'ai pas pu l'incruster dans mon billet mais vous pourrez y accéder en cliquant sur le lien ci-dessous.

https://www.youtube.com/watch?v=5wFdLEqPk-k&list=RD5wFdLEqPk-k&start_radio=1

Rien à dire de plus, si ce n'est que les conditions de travail dans le milieu agricole restent particulièrement dures, notamment dans le sud de l'Europe.

Sur le pourtour méditerranéen les rémunérations sont souvent faibles (notamment pour les migrants, de l'ordre de 35 à 40 euros par jour, c'est à dire souvent en dessous du smic) et les conditions de travail pénibles pour de nombreux travailleurs immigrés fréquemment logés dans des conditions d'insalubrité (parfois sans accès à l'eau potable). Ajoutons-y l'exposition à des pesticides toxiques pour la santé et le réchauffement climatique avec des effets terribles sur le corps comme la déshydratation, les coups de chaleurs et des problèmes rénaux. 

Bref, LA LEGA est une chanson qui reste malheureusement d'actualité car la situation de nombreux ouvriers agricoles ne s'est guère améliorée aujourd'hui.

PS: J'ai oublié de signaler au passage que je vis dans une région très connue pour la culture du riz, ce riz valencien qu'on retrouve dans la fameuse paella qui est elle-même un plat non pas espagnol mais typiquement valencien. Par ailleurs il y a une rizière (et donc une zone humide) à 10 km de chez moi à Pego dans laquelle est cultivée un riz de grande qualité appelé "arroz bomba".

plante de riz

plante de riz

PS nº 2. Dans la chanson LA LEGA l'expression " crumiri col padrone" a été traduite par " les jaunes avec le patron".

Le terme « jaune » dans le contexte social et historique français désigne des personnes qui refusent de faire grève, souvent considérées comme des briseurs de grève. Historiquement, les « syndicats jaunes » sont nés à la fin du XIXe siècle en opposition aux syndicats traditionnels (dits « rouges »), proches des mouvements socialistes ou communistes. Ils prônaient la collaboration avec le patronat plutôt que la lutte des classes.

Donc l'expression n'a rien à voir avec les travailleurs asiatiques ! ouf !

En Espagne pour les briseurs de grève on utilise le terme ESQUIROL (qui veut dire "écureuil" en catalan). Pourquoi ? Parce qu'en Catalogne, à la fin du XIXe siècle des ouvriers de la ville de L'Esquirol sont allés travailler dans une usine en grève à Manlleu, brisant ainsi l'unité des travailleurs locaux.

 

Tag injurieux sur un siège de syndicat indépendant espagnol..esquiroles étant le pluriel de esquirol...

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