Le courage de penser contre soi-même...

Publié le 15 Décembre 2025

Bonjour les amis.

Dans la suite et continuité de son traité intitulé LE COURAGE DE LA NUANCE Jean Birnbaum vient de publier un nouvel essai dont je vous laisse découvrir la couverture ci-dessous

 

Le courage de penser contre soi-même...

Voici la présentation de l'éditeur:

Dans le prolongement de son essai Le Courage de la nuance, Jean Birnbaum l'affirme : on peut défendre ses idées politiques, même radicales, sans être un fanatique. Il y a mille raisons de s'insurger contre le monde tel qu'il est, mais agir comme si le sanglant XXᵉ siècle n'avait pas eu lieu, c'est se condamner à refaire les mêmes erreurs, les mêmes horreurs. Afin de surmonter cette malédiction, Jean Birnbaum bâtit un pont entre les révoltes d'hier et d'aujourd'hui. Évoquant ses souvenirs de jeune militant, il propose un voyage en compagnie de figures comme George Orwell, Simone Weil ou Victor Serge. Parce qu'ils ont eu la force d'être justes, parce qu'ils ont dénoncé les mensonges et les crimes qui déshonoraient leur idéal, ces dissidents ont été traités de traîtres, de fascistes... Ce ne sont ni des héros ni des saints. Reste qu'ils ont indiqué une voie étroite. Lutter sans se mentir, s'engager les yeux ouverts, voilà qui relève de l'exception. Mais puisque tout est à refaire, c'est le seul pari digne de ce nom, plaide cet essai qui touche par son humour et sa sensibilité.

Ce livre s'inscrit aussi dans la suite du billet que j'avais écrit la semaine dernière contre les dangers de la pensée désirante.

Le courage c'est parfois d'oser aller contre les siens quand ceux-ci se fourvoient, et c'est aussi aller contre soi-même quand une vérité déplaisante s'impose et contredit une conviction personnelle. Cela a été le cas, par exemple, de Georges Bernanos qui a soutenu le général Franco avant d'admettre que celui-ci profanait sa foi chrétienne.

Birnbaum dénonce le fait que, fréquemment, ceux qui ont tenté d'ouvrir les yeux de leurs camarades de parti se sont fait taxer de traîtres et que dans la majorité des cas on les a accusés de "faire-le-jeu de adversaire".

Le grand mot est lâché. Certains se tairont piteusement, et pendant des décennies, pour ne pas faire le "jeu de l'adversaire". Sauf que la réalité finit toujours par s'imposer et que, finalement, en la taisant ils ont rendu un piètre service à la société, à leur cause et ont perdu tout crédit moral.

Afin que nous ne répétions pas sans cesse les mêmes erreurs Birnbaum s'emploie tout au long de son livre à tordre le cou du faux-argument pervers et dangereux de "ne pas faire le jeu de l'adversaire".

Au début de son livre il raconte une anecdote assez cocasse que je vous résume.

Lors d'une grande réunion à Paris de plusieurs partis de Gauche avant les dernières législatives françaises, Olivier Besancenot s'était lancé à la tribune dans un discours vibrant pourfendant le fascisme de l'extrême-droite et en citant le roman 1984 d'Orwell. A la fin de son discours Il avait scandé :

« L’extrême droite n’est pas au pouvoir ! Ils ne passeront pas ! No pasarán ! »

La comparaison de Besancenot était très hasardeuse car 1984 était une critique non pas du fascisme franquiste, mussolinien ou hitlérien mais du stalinisme, et notamment des purges.

Parmi ceux qui applaudirent le discours enflammé de Besancenot il y avait dans la tribune les représentants de LFI dont Mélenchon. Or, il se trouve que Mélenchon venait à ce moment-là d'effectuer lui aussi une grande purge dans sa formation en écartant certaines personnalités accusées de " faire le jeu de l'adversaire" comme Danielle Simonnet, Alexis Corbière, Raquel Garrido, Hendrik Davi, François Ruffin et Clémentine Autain.

Dit d'une autre manière Mélenchon s'était rendu coupable des mêmes travers que Orwell dénonçait dans son roman. Voici l'un des paradoxes que dénonce Birnbaum. Pendant qu'on dénonce les travers d'hier en invoquant des grands noms comme Orwell on ne voit pas qu'on les reproduit aujourd'hui...

L'histoire ne se répète pas mais elle bégaye parfois, notamment dans une certaine gauche.

Si vous voulez en savoir davantage sur ce livre de Birbaum je vous invite à lire une critique très bien faite de bdeguillebon64 qui est publiée sur le lien de la fiche Babelio ci-dessous.

https://www.babelio.com/livres/Birnbaum-La-force-detre-juste--Changer-le-monde-sans-refa/1883306#!

Jean Birnbaum

Jean Birnbaum

Un homme libre se doit de défendre et de soutenir des grandes causes certes, mais doit s'éloigner aussi de certaines meutes et ne doit pas avoir peur d'être seul parfois, comme le chantait si bien Georges Brassens.

PS: Jean Birnbaum est passé lui-même par la case "penser contre soi-même" car il raconte dans son livre son passage chez les trotskistes de Lutte Ouvrière quand il était jeune, avec au début le sentiment réconfortant de partager une cause commune avec ses camarades, jusqu'au jour où il a préféré faire un parcours plus libre et personnel.

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C
Puisque l'on aborde la liberté de pensée :<br /> <br /> "L’UE SANCTIONNE JACQUES BAUD : « PORTE-PAROLE DE LA PROPAGANDE RUSSE »<br /> Par Florian Rötzer<br /> <br /> L'UE est de plus en plus inquiète car sa politique pro-ukrainienne et anti-russe menace de tourner au désastre. Les institutions et les États sont apparemment si instables que la population européenne a désormais besoin d'être protégée non seulement par l'interdiction de nombreux médias et journalistes russes, mais aussi par des sanctions contre les journalistes et auteurs d'Europe occidentale qui publient des informations critiques à l'égard de l'UE et de l'OTAN. En mai, les Allemands résidant en Russie, Thomas Roeper et Alina Lipp, ont été inscrits sur la liste des sanctions . La nouvelle liste, datée du 15 décembre, inclut désormais le Suisse Jacques Baud, auteur à succès, ancien officier de l'armée et analyste pour les services de renseignement suisses, ainsi qu'employé des Nations Unies et de l'OTAN en Ukraine. Il est accusé d'être un « porte-parole de la propagande pro-russe » et de propager des théories du complot.<br /> <br /> Il semble qu'au sein de l'UE, la crainte grandisse de voir le discours officiel sur la Russie et l'Ukraine s'effriter, d'autant plus que Washington, sous l'administration Trump, souhaite mettre fin à la guerre et que la situation militaire ukrainienne se détériore. Le slogan initial était que l'Ukraine devait gagner cette guerre, qui s'est rapidement révélée être une guerre par procuration entre la Russie et l'OTAN. On a ensuite affirmé qu'elle ne pouvait pas perdre, , ce qui est encore implicite dans la formule « paix juste ». Si l'objectif initial était d'affaiblir la Russie pour qu'elle retire ses troupes d'Ukraine, y compris de Crimée, la stratégie actuelle consiste simplement à résister à la demande russe de retrait des troupes ukrainiennes de la région de Donetsk et à maintenir une impasse sur le front. L'appartenance à l'OTAN est désormais reléguée au second plan, bien que la promesse, à la fois démonstrative et inflexible, qu'elle représentait ait constitué une justification essentielle de la guerre du point de vue russe.<br /> <br /> Depuis au moins 2014, une guerre de l'information oppose l'OTAN et la Russie. Depuis la seconde présidence de Trump, Washington s'attache à contrôler et à purger l'espace informationnel américain afin d'éliminer les critiques du gouvernement et les médias. La menace d'opérations d'influence russes, axe majeur de la politique démocrate, n'est plus une préoccupation majeure compte tenu du rapprochement. Elle demeure néanmoins une source d'inquiétude au sein de l'UE qui, de concert avec l'OTAN, tente de lutter contre la désinformation par le biais de la communication stratégique – c'est-à-dire en influençant la population – et par la lutte affichée contre cette dernière.<br /> <br /> Le groupe de travail East StratCom de l'UE (ESCTF) vise à influencer l'opinion publique en Europe de l'Est en faveur de l'UE. L'initiative EUvsDisinfo a pour objectif de lutter contre la désinformation – non pas celle émanant de l'OTAN ou des gouvernements/médias occidentaux, bien entendu, mais uniquement celle qualifiée de pro-russe ou pro-Kremlin, c'est-à-dire la manipulation et l'ingérence de l'information étrangère (MIIE). Tout ce qui n'est pas catégoriquement aligné sur les intérêts de l'UE et de l'OTAN à l'encontre de la Russie, ou qui ne rejette pas systématiquement comme désinformation tout ce qui se dit en Russie, est considéré comme pro-Kremlin ou pro-russe, et donc, en définitive, perçu comme une manipulation au service de l'État russe.<br /> <br /> LE MUR COUPE-FEU EST EN CONSTRUCTION.<br /> <br /> On a l'impression que l'UE, pour protéger son discours et sa stratégie, semble déployer des efforts considérables pour restreindre sans cesse le débat politique. Jacques Baud peut certes proférer des affirmations erronées ou discutables, comme c'est aussi le cas dans les milieux pro-ukrainiens, mais il n'agit certainement pas insidieusement. Au contraire, il étaye ses arguments dans ses ouvrages par de nombreux éléments de preuve et s’il parvient à des conclusions parfois plus favorables au Kremlin que celles généralement admises dans le courant dominant occidental. Il évite délibérément de recourir à des sources russes. On peut donc aborder ses propos de manière parfaitement rationnelle et argumentée.<br /> <br /> Mais cette situation est apparemment déjà perçue comme dangereuse au sein de l'UE, ce qui explique pourquoi les sanctions – qu'on pourrait qualifier de censure – sont suggérées sous prétexte que toute compréhension de la politique russe ferait de vous un porte-parole du gouvernement russe. C'est la tactique habituelle : toute personne qui a une position différente de celle officiellement adoptée vis-à-vis de la Russie par l'UE et l'OTAN est qualifiée de pro-russe, est immédiatement accusée d'être à la solde de la Russie, d'être un agent, un mercenaire ou un membre de la cinquième colonne.<br /> <br /> Il est notamment accusé d'imputer à l'Ukraine la responsabilité d'avoir « orchestré sa propre invasion afin d'intégrer l'OTAN ». Cette affirmation est dénuée de tout fondement. Elle fait probablement référence à une interview de 2019 mentionnée par Baud avec l'expert militaire Arestovich, devenu par la suite un conseiller présidentiel populaire avant d'être finalement limogé par Zelensky début 2023 en raison de désaccords sur la guerre .<br /> <br /> À l'époque, Arestovich déclarait, reprenant en grande partie le discours européen dominant, que Poutine souhaitait restaurer l'Union soviétique : « Il y a 99,9 % de chances que notre adhésion à l'OTAN se fasse au prix d'une guerre majeure avec la Russie. Et si nous n'y adhérons pas, nous serons annexés par la Russie d'ici 10 à 12 ans. Nous devons maintenant choisir. » Il ajoutait qu'« une guerre majeure avec la Russie et l'intégration à l'OTAN comme conséquence d'une victoire sur la Russie » seraient préférables. On peut en déduire que l'Ukraine cherchait à provoquer la guerre. Cependant, Baud ne l'affirme pas.<br /> <br /> RESPONSABLE DE LA POLITIQUE RUSSE<br /> <br /> La Commission européenne ne se donne même pas la peine de prouver que Baud travaille pour la Russie, car celui-ci est tenu responsable « d'actions ou de mesures politiques imputables au gouvernement de la Fédération de Russie et qui compromettent la stabilité ou la sécurité d'un pays tiers (Ukraine) par sa participation à la manipulation de l'information et à l'ingérence [...] les met en œuvre ou les soutient ». Quiconque n'est pas favorable à l'UE et transgresse aussi le pare-feu en avançant des arguments similaires à ceux du gouvernement russe, doit être considéré comme un agent russe. Cela ressemble au débat autour de l'AfD, dont les arguments doivent toujours être considérés comme toxiques, raison pour laquelle il faut éviter d'avancer des arguments similaires (à moins que cela ne serve ses propres intérêts).<br /> <br /> Aucune action en justice ne peut être engagée contre des auteurs comme Baud. Ils n'ont rien fait d'illégal, mais ont simplement perturbé la communication stratégique de la Commission européenne. Par conséquent, des sanctions sont imposées , coupant l'accès aux fonds : « Tous les fonds et ressources économiques détenus ou contrôlés par des personnes physiques ou morales, des organisations ou des organismes… sont gelés. » De plus, des restrictions de voyage sont imposées : « Les États membres prennent les mesures nécessaires pour empêcher les personnes physiques figurant à l'annexe I d'entrer sur leur territoire ou d'y transiter. » Les États membres peuvent toutefois refuser l'entrée à leurs ressortissants, mais n'y sont pas tenus.<br /> <br /> Les sanctions sont justifiées par « les activités malveillantes menées par la Russie dans le cadre de campagnes hybrides globales, coordonnées et de longue durée, visant à menacer et à saper la sécurité, la résilience et les fondements démocratiques de l'Union, de ses États membres et de ses partenaires ». Des auteurs comme Baud sont également tenus pour responsables. Il est ajouté que la situation est actuellement « très grave ». Il faut donc s'attendre à ce que le Conseil et la Commission européens étendent encore le réseau d'interdictions si la guerre ne prend pas fin rapidement et qu'aucun accord de paix n'est conclu. Cependant, des préparatifs sont déjà en cours, car l'enjeu ne concerne plus seulement l'Ukraine, mais l'Europe, qui doit se prémunir contre une attaque russe imminente. Comme l'a averti le secrétaire général de l'OTAN, Michael Rutte, « nous devons nous préparer à une guerre d'une ampleur comparable à celle qu'ont connue nos grands-parents et arrière-grands-parents » ( Le secrétaire général de l'OTAN, Michael Rutte : « Nous sommes la prochaine cible de la Russie » ).<br /> <br /> Addendum : Il y a quelque temps, le Centre d'excellence pour la communication stratégique de l'OTAN (NATO SRATCOM COE) a tenté, dans un rapport mal documenté et pseudo-scientifique, de présenter la « nouvelle approche » du blanchiment de l'information (IL), analogue au blanchiment d'argent, afin de condamner comme complices volontaires ou stupides du Kremlin les auteurs et journalistes qui ne se distancient pas suffisamment de la Russie ou qui ne considèrent pas les informations provenant de Russie uniquement comme de la désinformation. Cela se passe à peu près comme suit : « Des acteurs locaux traitent des événements d'actualité étrangers ou internationaux, les traduisent en allemand et permettent, intentionnellement ou non, l'extension de l'influence du Kremlin dans les médias allemands. »»<br /> <br /> Je me suis moi aussi retrouvé pris dans les filets parce que j'avais à plusieurs reprises critiqué sur Telepolis les informations relatives à l'attentat contre Navalny, sans bien sûr reprendre la version officielle russe ni affirmer que les services secrets russes n'étaient pas impliqués. Mais remettre en question les perspectives occidentales n'est tout simplement pas toléré sur certains sujets. Après tout, j'ai seulement été cloué au pilori par mesure de sécurité, sans qu'on puisse prouver quoi que ce soit, et j'ai été qualifié à tort de journaliste du Junge Welt et non de rédacteur en chef de Telepolis, ce qui aurait pu être facilement vérifié : « Une recherche par mot-clé sur le blanchiment d'informations a permis de trouver des rapports publiés par des acteurs qui, en raison de leur chronologie et du récit qu'ils soutiennent, pourraient être liés d'une manière ou d'une autre au processus IL. Cependant, aucune méthode IL n'a pu être clairement identifiée. Des investigations supplémentaires sont donc nécessaires pour confirmer la participation au blanchiment d'informations allemand. Le journaliste Florian Rötzer du Junge Welt en est un exemple sur le blog Telepolis. » On me reproche d'avoir joué « un rôle très actif dans la remise en question de l'empoisonnement de Navalny », alors que je n'ai bien sûr pas remis en question l'empoisonnement lui-même, mais seulement certaines circonstances. Mais pour les cercles de l'OTAN, cela représente probablement une zone d'ombre trop importante qui ne doit pas subsister."<br /> <br /> https://overton-magazin.de/top-story/eu-sanktioniert-jacques-baud-sprachrohr-der-russischen-propaganda/
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A
Merci pour ces précisions Caius au sujet des sanctionnés citoyens de l'UE...des sanctions qui sont loin d'être anodines pour les interessés...Par ailleurs il faut noter une grande discrétion des médias sur ce sujet.
C
Pour les citoyens de l'UE, c'est plus sournois. Si nous prenons le cas de Thomas Röper, un journaliste et blogueur allemand visé aussi par des sanctions de l’UE :<br /> <br /> - Il a été officiellement inscrit sur la liste des sanctions de l’UE le 20 mai 2025 dans le cadre de la 17ᵉ série de mesures pour ses articles qualifiés de "destabilisation" sur son blog "Anti‑Spiegel". <br /> <br /> Les sanctions comprennent le gel de ses avoirs ainsi qu’une interdiction de voyager. <br /> <br /> Malgré l’interdiction de voyager imposée par l’UE, théoriquement les citoyens allemands ne peuvent pas se voir refuser l’entrée dans leur propre pays mais ne sont pas autorisés à voyager vers d’autres États membres de l’UE. <br /> <br /> <br /> Donc, si le Français Xavier Moreau, qui est visé par les mêmes sanctions et vit en Russie se présentait à la frontière polonaise pour rentrer par voie terrestre dans son pays, il serait refoulé par les Polonais mais s'il atterrit directement en France (via Turkish Airlines par exemple) la police française ne peut théoriquement pas lui refuser de rentrer mais une fois en France, il sera dans des conditions au moins aussi pénible des les juges de la CPI sanctionnés par Trump puisque, faute d'accéder à ses comptes en banque, il sera sans ressources et ne pourra même plus acheter un billet d’avion pour quitter la France.
A
Merci pour cette vidéo Caius. Assez édifiant ce qui est dit sur le manque de séparation des pouvoirs. La justice est carrément court-circuitée...et puis ces consequences un peu dingues pour les citoyens suisses sanctionnés qui ne peuvent plus soit sortir soit rentrer, étant donné que la Suisse est entouré d'états européens...
C
https://www.youtube.com/watch?v=f5GdaFL-Y4w
C
Le fascisme vient, l'UE a ressuscité l'article 70 du code pénal soviétique :<br /> <br /> Article 70 : Agitation ou propagande antisoviétique <br /> "L'agitation ou la propagande menée dans le but de saper ou d'affaiblir le régime soviétique ou de commettre certains crimes particulièrement dangereux contre l'État, ou la diffusion, dans le même but, de falsifications calomnieuses diffamant le système politique et social soviétique, ou la circulation, la préparation ou la détention, dans le même but, de littérature d'un tel contenu, <br /> — est passible d'une peine de privation de liberté de six mois à sept ans, avec ou sans exil supplémentaire d'une durée de deux à cinq ans, ou d'un exil d'une durée de deux à cinq ans. <br /> Les mêmes actions, lorsqu'elles sont commises par une personne déjà condamnée pour un crime particulièrement grave contre l'État, ou commises en temps de guerre, sont passibles d'une peine de privation de liberté de trois à dix ans."
A
Merci pour cet article italien qui critique (en citant les articles de lois enfreints) certaines des sanctions européennes. Je comprends d'autant mieux l'indignation de l'auteur que son média pourrait se retrouver lui aussi dans la liste noire...
C
"Or, étant donné que, jusqu'à preuve du contraire, la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (art. 11) garantit à tous le droit à la liberté d'expression, tout comme l'article 21 de la Constitution italienne, il devrait en découler que, même en admettant qu'une personne fasse de la « propagande pro-russe » et/ou diffuse des informations sans fondement, cela ne justifierait pas l'imposition de sanctions. Le seul cas où cela pourrait être autorisé serait celui d'une guerre, scénario qui, à notre connaissance, a toujours été démenti par les divers dirigeants politiques et militaires de ce qu'on appelle l'Occident.<br /> <br /> En l'absence de telles conditions, étant donné que, à notre connaissance, les publications de Baud n'ont jusqu'à présent fait l'objet d'aucune contestation juridique (notamment parce qu'elles s'appuient souvent sur des sources ukrainiennes), on pourrait ajouter que, d'après ce que nous savons, il n'existe aucune preuve de contacts éventuels entre l'officier et ancien collaborateur de l'OTAN et Moscou, ce qui nous amène à nous demander quel intérêt il aurait pu avoir à diffuser de la propagande en faveur de cette partie.<br /> <br /> Un climat d'intimidation<br /> <br /> En toute franchise, l'émergence de plus en plus perceptible d'un climat d'intimidation (et de sanction), dont on commence à voir les dangereux signes avant-coureurs même chez nous, ne nous rassure pas, et ce pour de nombreuses raisons. D'autant plus lorsque l'on commence à étouffer des opinions ou des analyses, qui plus est rigoureusement documentées et/ou soutenues par des autorités, en invoquant divers dangers éventuels, envisagés uniquement d'un seul point de vue : l'histoire et l'expérience nous enseignent que s'engager dans cette voie conduit à des scénarios très dangereux, en particulier pour la défense des valeurs de liberté et de démocratie dont on se vante tant."<br /> <br /> <br /> https://it.insideover.com/media-e-potere/il-caso-jacques-baud-e-quei-segnali-di-caccia-al-dissenso.html
A
Nous ne sommes pas en guerre, certes, mais nous subissons une guerre hybride BIEN RÉELLE sur laquelle travaille une commission de l'UE depuis plusieurs années. Ceci étant dit je suis sensible à l'argument de Röper qui dénonce le fait qu'il n'y a pas une accusation claire et qu'il n'y a pas non plus de possibilité de se défendre...pas très conforme à nos principes tout ça. Même chose pour Jacques Baud qui devrait savoir de quoi il est accusé exactement et qui devrait avoir la possibilité de se défendre.
C
Nous ne sommes pas en guerre. <br /> <br /> Thomas Röper a tout dit : " Comment peut-on comprendre une décision qui restreint plusieurs droits fondamentaux, censés être garantis par la Constitution, d’un citoyen de l’UE ? Surtout lorsque cette restriction a été imposée sans qu’il y ait eu violation de la loi, sans accusation, sans possibilité de défense et sans jugement."
A
J'ai essayé d'en savoir plus sur l’ensemble de ces sanctions grâce à ce lien, entre autres.<br /> <br /> https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2025/05/20/russian-hybrid-threats-eu-lists-further-21-individuals-and-6-entities-and-introduces-sectoral-measures-in-response-to-destabilising-activities-against-the-eu-its-member-states-and-international-partners/<br /> A la fin de cet article il est dit:<br /> "Dans ses conclusions du 19 décembre 2024, le Conseil européen a condamné la campagne hybride, y compris le sabotage, les perturbations d'infrastructures critiques, les cyberattaques, les activités de manipulation de l'information et d'ingérence ainsi que les tentatives visant à saper la démocratie, notamment dans le cadre du processus électoral, que la Russie mène à l'encontre de l'Union européenne et de ses États membres. Le Conseil a déclaré que l'Union européenne et les États membres continueraient de renforcer leur résilience et d'utiliser pleinement tous les moyens disponibles pour prévenir et décourager les activités hybrides de la Russie et y réagir."<br /> <br /> Il y a des condamnations qui paraissent totalement justifiées comme le sabotage, les cyberattaques,etc...<br /> Mais pour certaines d’entre elles comme par exemple “ activité de manipulation ou d’ingérence” c’est plus compliqué de savoir à quel niveau on situe le curseur.<br /> A partir de quand le droit légitime d’expression de tout un chacun se transforme en ingérence sanctionnable? <br /> En cas de guerre militaire comme c’est le cas en Ukraine tout le monde accepte certaines restrictions des libertés (on ne donne plus de possibilités de s’exprimer aux collabos qui pactisent avec l’ennemi) mais ici c’est une guerre hybride (concept plutôt récent qui n'est pas clairement défini dans les instances internationales comme l'ONU)…Etablir une ligne de démarcation nette entre droit légitime d’expression et ingérence étrangère est plus compliqué, et donc plus sujet à critiques.<br />
L
H.S... Puisque tu parles de la belle Clémentine Autin, son livre sur sa mère vient d'être librement adapté au cinéma par Romane Bohringer qui a trouvé un parallèle avec sa propre histoire avec sa mère à elle... J'en suis sorti très ému et j'ai aussitôt mis l'affiche du film "Dites-lui que je l'aime" sur mon statut WhatsApp.
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A
Merci pour ton commentaire sur le film de Romane Bohringer dont tu confirmes qu'il est bouleversant.<br /> J'avais entendu Clémentine Autain témoigner sur les situations très destabilisantes et assez devastatrices qu'elle avait vécues à cause de l'alcoolisme de sa mère. Absolument terrible son témoignage qui m'avait laissé un peu KO...<br />
R
Merci pour ce conseil de lecture... ton titre m'a fait penser à cet autre ouvrage qui a l'air aussi intéressant :<br /> <br /> <br /> <br /> https://www.babelio.com/livres/Devers-Penser-contre-soi-meme/1589774/critiques#!<br /> <br /> Avec ce commentaire sur Babelio :<br /> <br /> "Penser-contre soi même… voilà un concept peu banal, dans notre société. Au contraire, il semble que les réseaux sociaux ont pour effet inverse l'enfermement communautaire et l'absence de confrontation saine des idées. "<br /> <br /> <br /> <br /> Belle soirée, AJE
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A
Me mémoire me joue de plus en plus de vilains tours car effectivement j'avais repéré ce livre de Nathan Devers, et puis j'ai oublié...Pffff ! <br /> Merci donc de me le remettre en mémoire car j'ai l'intention de le lire également.<br /> Notre époque a très besoin de philosophes pour calmer les excités agressifs aux discours hargneux qui pensent avoir plus raison que les autres...<br /> Le livre de Birnbaum lui, nous donne des exemples concrets d'auteurs qui ont su faire du doute un instrument puissant au service d'une pensée nuancée sans être moins forte ou moins puissante pour autant. Au contraire ! Ces auteurs qui sont cités dans le livre restent comme des exemples qui peuvent nous inspirer aujourd'hui et nous permettre d'éviter de commettre certaines mêmes erreurs du passé.<br /> Bonne fin de soirée l'amie
M
Bonjour, <br /> j'aime beaucoup ton article.<br /> Je le trouve salutaire et je viens de télécharger le livre de Birnbaum.<br /> J'ai eu bien souvent l'occasion de constater que de soi-disant "débats" politiques ne sont que des vociférations et des échanges d'injures. Et je suis atterrée quand je vois le spectacle de certains députés de l'Assemblée nationale (française tout au moins, je ne connais pas celles des autres pays) se livrer à des chahuts pour empêcher de s'exprimer ceux qui ne sont pas d'accord avec eux.<br /> Bon après-midi,<br /> Mo
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A
Merci Mo.<br /> Birnbaum me parle beaucoup car l'éxapération que lui provoque le" Tu fais le jeu de l'adversaire" est la mienne également depuis des années. Moi aussi je ne supporte pas cette censure. Seule m'importe la vérité sans me préoccuper de savoir si elle va bénéficier à la droite ou à la gauche.<br /> Et puis Birnbaum nous démontre que les grands penseurs, ceux qui aident l'humanité à progresser, sont des personnes qui ont su se remettre en cause...et elles n'ont pas eu peur de se retrouver toutes seules.<br /> PS: Je ne suis plus les débats de l'assemblée nationale espagnole à la télé car on y retrouve les mêmes travers que ceux que tu dénonces.<br /> <br /> Bonne fin de journée Mo et bonne lecture.<br />