Ce que les rois d'Europe n'apprirent pas des sociétés primitives...
Publié le 5 Décembre 2025
Bonjour les amis.
J'ai pris connaissance la semaine dernière, un peu par hasard, du destin tragique de l'infortuné Charles II d'Espagne qui est sans doute l'un des exemples les plus flagrants et les plus cruels des dangers liés à une trop grande consanguinité.
Ce roi règne sur l’Espagne à la fin du XVIIᵉ siècle et est le résultat de nombreux mariages consanguins dans la Maison des Habsbourg, ce qui lui cause de graves problèmes physiques et intellectuels.
Il parle très peu à cause d’une malformation, a une langue énorme, bave constamment et possède un menton proéminent. Très grand mais chétif, il marche difficilement, souffre d’épilepsie, de troubles intestinaux et cardiaques. Il n’a pas de puberté, reste imberbe et est impuissant.
Sur le plan intellectuel, il est gentil mais ne comprend presque rien. Ses maladies s’aggravent, provoquant hallucinations et crises. Surnommé “l’Ensorcelé”, il meurt à 38 ans.
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Les Habsbourg d'Espagne ou les risques de la consanguinité...
Trop de mariages consanguins ont miné la descendance de Charles-Quint, et précipité la ruine des Habsbourg d'Espagne. Ce que les historiens savaient depuis longtemps, la génétique le confirme ...
La science n'a fait que confirmer les risques très réels liés à des mariages consanguins.
Ce qui est frappant c'est que le sociétés primitives humaines, bien que ne disposant pas de nos connaissances scientifiques actuelles, avaient su se prévenir de ce danger de différentes façons.
Les premiers humains, il y a au moins 35 000 ans, formaient délibérément des réseaux sociaux complexes qui s'étendaient au-delà de leur groupe familial immédiat. Ils cherchaient activement des partenaires au sein de ces groupes plus larges ce qui assurait une diversité génétique.
La règle sociale la plus courante était l'exogamie, l'obligation de se marier en dehors de son propre groupe ou tribu.
Et puis il y avait le Tabou de l'inceste : la plupart des cultures ont développé des règles et des tabous stricts interdisant les relations sexuelles ou le mariage entre proches parents, renforçant ainsi l'évitement comportemental de la consanguinité.
Finalement les Rois en se mariant entre eux principalement pour des raisons de stratégie politique et dynastique, afin de consolider leur pouvoir, forger des alliances, unir des territoires et maintenir la pureté de leur lignée royale, en s'alliant avec d'autres familles régnantes ou des proches pour conserver leur capital politique et foncier, ont fini par ignorer ces leçons ancestrales.
Le cas de Charles II est un exemple entre mille. Il faut noter que chez les pharaons égyptiens la consanguinité était une pratique courante, notamment les mariages entre frères et sœurs, parfois aussi avec des pères et leurs filles, inspirés par des mythes comme celui d'Osiris et Isis.
Cette pratique visait à préserver le pouvoir et la lignée divine, mais a provoqué des problèmes de santé dans certaines dynasties.
Finalement, mais c'est pas sûr, les Pharaons ont peut-être été les premiers à donner le mauvais exemple aux Rois d'Europe.
Je terminerai mon billet avec un regard sur la question de la consanguinité aujourd'hui au XXIème siècle. Sur l'article wikipedia que je mets en lien ci-dessous il y a une carte du monde avec des pourcentages de mariages entre cousins jusqu'au 2ème degré. La carte est assez édifiante car il y a un chaînon géographique géométriquement connexe (en un seul morceau) qui part de l'Afrique noire vers le Moyen-Orient et qui arrive jusqu'à l'Inde et le Pakistan.