Guerre en Ukraine ou quand Trump se remet une fois de plus du côté des russes...

Publié le 21 Novembre 2025

Bonjour les amis,

On a appris cette semaine l'existence d'un nouveau plan de paix américain. Mais encore une fois celui-ci a été élaboré dans le dos des ukrainiens et des européens. Trump persiste dans ses erreurs et tient encore une fois à faire cavalier seul.

Vous pourrez prendre connaissance des 28 points de ce plan sur le lien ci-dessous.

QUE PENSENT LES DIRIGEANTS EUROPÉENS DE CE PLAN CONCOCTÉ DANS LEUR DOS ?

Les dirigeants et responsables européens ont largement exprimé leur inquiétude et leur opposition au plan de paix proposé par Donald Trump pour l'Ukraine, le qualifiant de "capitulation" et le jugeant trop favorable aux exigences de la Russie. 
Voici les points clés de la position européenne :


Cessions territoriales : Le plan, qui aurait été élaboré sans consultation formelle de l'UE ni de l'Ukraine, prévoirait que l'Ukraine cède d'importants territoires, notamment l'intégralité de la région du Donbass, à la Russie. Les Européens et les Ukrainiens rejettent fermement toute modification des frontières par la force, considérant que cela reviendrait à récompenser l'agression russe.
 

Exclusion des négociations : Les responsables européens ont été "pris de court" ("blindsided") par les négociations entre les États-Unis et la Russie, et soulignent que l'Europe et l'Ukraine doivent être incluses dans toute initiative de paix, car la sécurité du continent est en jeu.
 

Pas de concessions russes : La cheffe de la politique étrangère de l'UE, Kaja Kallas, a fait remarquer qu'aucune concession de la part de la Russie n'avait été mentionnée dans le plan, alors que la pression devrait être exercée sur l'agresseur, et non sur la victime.
 

Souveraineté de l'Ukraine : Les ministres des Affaires étrangères, comme le Français Jean-Noël Barrot, ont insisté sur le fait que la paix ne pouvait pas être une "capitulation" et devait respecter la souveraineté de l'Ukraine.
 

Neutralité et OTAN : Le plan proposerait également d'interdire à l'Ukraine de rejoindre l'OTAN et de limiter la taille de son armée. Ces conditions sont considérées comme inacceptables car elles menaceraient l'indépendance future de l'Ukraine. 
 

En somme, l'opinion dominante parmi les dirigeants européens est que le plan Trump, dans sa forme actuelle, est déséquilibré, sape la souveraineté ukrainienne et risque d'encourager de nouvelles agressions russes à l'avenir. 

Voici ce que dit le quotidien belge LE SOIR:

"Moins d’un mois après la décision spectaculaire du président des Etats-Unis d’imposer des sanctions massue contre le Kremlin, pour la première fois de son mandat actuel, voici qu’émerge outre-Atlantique un tout autre tableau, cette fois gratifiant pour Moscou : un nouveau « plan de paix » américano-russe, qui serait outrageusement défavorable pour… la victime de la guerre d’agression lancée par la Russie."

Pascal Boniface résume bien la situation sur sa chaîne youtube. Il indique que le plan Trump est inacceptable et que le plan Zelensky est irréalisable.

Et  il explique deux choses importantes:

1.- Trump est avec les russes et pas avec les européens.

2.- Les européens sont victimes du plan Trump et doivent prendre des initiatives de propositions à leur tour.

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #Guerre, #Ukraine, #Russie, #USA, #Union européenne, #Trump, #Poutine, #Zelensky, #Boniface

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Le Vice-président Vance a bien décrit la situation :<br /> <br /> "Tout plan de paix entre l'Ukraine et la Russie doit :<br /> <br /> 1) Mettre fin aux tueries tout en préservant la souveraineté ukrainienne.<br /> 2) Être acceptable tant pour la Russie que pour l'Ukraine. <br /> 3) Maximiser les chances que la guerre ne reprenne pas. <br /> <br /> Toutes les critiques à l'égard du cadre de paix sur lequel travaille l'administration reposent soit sur une mauvaise compréhension de ce cadre, soit sur une interprétation erronée de certaines réalités cruciales sur le terrain. <br /> <br /> Il existe une illusion selon laquelle il suffirait de donner plus d'argent, plus d'armes ou d'imposer plus de sanctions pour que la victoire soit à portée de main. La paix ne sera pas obtenue par des diplomates ou des politiciens ratés vivant dans un monde imaginaire. Elle pourrait être obtenue par des personnes intelligentes vivant dans le monde réel.<br /> <br /> https://x.com/JDVance/status/1992071477382811790
Répondre
A
Les neoconservateurs américains se déchaînent mais également les démocrates, mais la balle est également du côté européen qui demande à rediscuter les points les plus inacceptables du plan Trump. <br /> Ce qui va être tenté ce n'est pas un NON frontal mais c'est rediscuter ce plan...à suivre donc...<br /> PS: Par ailleurs je n'ai pas la moindre idée de ce que pense faire Zelensky mais il joue plus que son avenir politique. Je crois que c'est Jacques Baud qui dit qu'il sera physiquement en péril si il accepte le plan
C
Les néoconservateurs américains se déchaînent en effet dans leurs médias et feront tout pour saboter la Paix en Ukraine. Zelensky fonde ses espoirs sur eux mais Moscou n'en est pas troublée. Si les néocons forcent Trump à un nouveau retournement de veste, la Russie continuera à avancer jusqu'à la capitulation, la vraie, du régime de Kiev. Entretemps des milliers d'être humains,russes mais surtout ukrainiens seront morts "pour affaiblir la Russie".
A
Par ailleurs je suis assez d'accord avec Anne Applebaum qui écrit dans THE ATLANTIC:<br /> " Même si le plan échoue, cet ultimatum arrogant et confus — intervenant quelques jours seulement après que le département d’État a autorisé la vente de technologies antimissile à l’Ukraine — portera un préjudice durable à la réputation de l’Amérique en tant qu’allié fiable, non seulement en Europe mais dans le monde entier."<br /> https://www.facebook.com/photo/?fbid=10161620324887455&set=a.10150608005372455
A
Propos de Thomas Friedman dans le NEW YORK TIMES:<br /> <br /> "Enfin, enfin, le président Trump pourrait bien obtenir un prix de la paix qui assurerait sa place dans l’histoire. Malheureusement, ce n’est pas le prix Nobel de la paix qu’il convoite tant. C’est le « Prix Neville Chamberlain de la paix » — décerné par l’Histoire au dirigeant du pays qui trahit le plus flagrantement ses alliés et ses valeurs au profit d’un dictateur agressif."<br /> <br /> https://www.facebook.com/photo?fbid=10161621906602455&set=a.10150608005372455<br /> <br /> <br /> Comme vous le voyez Caius je suis loin d'être le seul à utiliser le mot TRAITRE. Ça saute tellement aux yeux !
A
Pour ATLANTICO l’Ukraine est traitée en vaincue, et en plus elle est punie...<br /> https://atlantico.fr/article/decryptage/plan-de-paix-pour-lukraine-ces-quatre-motifs-dinquietude-pour-leurope
A
Voici ce que dit Markowicz qui ne se laisse pas bercer par les mensonges de Vance et qui revient A LA REALITE IGNOMINEUSE du pacte Trump qui est en fait la proposition du pays agresseur.<br /> <br /> "Hier, j’écoutais des commentateurs ukrainiens qui expliquaient que Zelensky s’était rendu en Ankara (avec son ministre de la Défense qui n’est pas rentré depuis) pour rencontrer Witkoff, le représentant américain, avec un autre plan, préparé avec les Européens, et que Witkoff n’a simplement pas voulu le rencontrer. C’est-à-dire que nous nous trouvons devant un ultilmatum américano-russe : soit l’Europe cède absolument tout, – tout sans exception, soit elle se retrouve en guerre ouverte – pas en guerre hybride, pas en guerre économique (c’est déjà le cas depuis longtemps), en guerre ouverte, avec une Russie qui sera soutenue par une levée unilatérale des sanctions américaines. Nous nous trouvons, c’est absolument terrifiant à dire, exactement dans la situation de Münich : nous devons tout céder et nous devons faire confiance à l’agresseur quand il promet qu’il veut la paix – et que, même dans ces conditions, concrètement, il ne donne aucune garantie."<br /> Voici son papier en entier sur facebook:<br /> <br /> https://www.facebook.com/search/top?q=andr%C3%A9%20markowicz<br /> <br /> La paix de Poutine<br /> Les rumeurs ont parcouru l’internet mondial, et surtout ukrainien, depuis quelques jours, s’accroissant avec une espèce d’angoisse ébahie surtout avant-hier et hier, au moment où le scandale de corruption prenait, aurait-on cru, toute la place dans l’espace de l'information : le « plan de paix » de Trump était conclu, et ce n’était pas un plan de paix de Trump, c'était celui de Poutine, article pour article, avec une seule et, visiblement, unique exception, dont Poutine n’avait jamais parlé, à savoir que la province de Lougansk et le Donbass étaient cédées à Poutine, et, pour le Donbass, cédées totalement, même pour les régions où l’armée russe n’a jamais pénétré – cela, Poutine le demandait constamment, – , mais qu’en compensation, et alors même que les USA reconnaissaient une annexion de facto (de même que l’annexion de la Crimée), la Russie acceptait de payer une somme comme de location des terres (somme dont le montant n’était pas précisé)... – En fait, quand le plan concret a été révélé, ce point d’une supposée compensation russe n’était pas même mentionné. Ce qui se passe est, évidemment, sans exemple dans l’histoire récente : nous avons affaire à un plan de dépeçage conjoint entre l’agresseur et celui qui était censé fournir l’aide principale à l’agressé.<br /> Le fait est que, pour tout le reste, absolument tout le reste, ce sont les points exigés par Poutine depuis le début, accentués encore : ainsi, l’obligation pour l’Ukraine d’instaurer le russe comme deuxième langue officielle (alors que le russe n’a jamais été, depuis 1991, langue officielle), la réinstauration de l’Eglise russe comme Église ukrainienne, la diminution drastique des effectifs militaires, le rejet de toute aide occidentale à l’avenir, et toute une série d’autres points que l’on pourrait penser totalement délirants, parce que ce sont des points de capitulation sans condition, en rase campagne. La question est toute simple : évidemment, le gouvernement de Volodymir Zelensky ne peut pas accepter ces conditions, et, à vrai dire, aucun gouvernement ne peut le faire, parce que cela reviendrait à accepter sur le papier une défaite qui n’existe pas sur le terrain, même si, sur le terrain, de fait, la situation est très sérieuse. – Accepter ce plan serait accepter de faire de l’Ukraine un État fantoche. Et force est de dire que le scandale de corruption qui secoue l’Ukraine en ce moment tombe, pour Poutine, au moment idéal (en Russie, un tel scandale est impossible parce que le pays est tout entier dirigé par la corruption, par des assassins mafieux – et que le seul, en fait, qui dénonçait cette corruption, Navalny, a payé le prix de sa vie).<br /> *<br /> La situation militaire est très sérieuse pour l’armée ukrainienne, mais elle est aussi très très sérieuse pour la Russie, – à cause de ses pertes, bien sûr, mais, surtout, à cause de la situation économique. Là, ce qui va suivre, si ce plan est mis en œuvre, c’est que les USA vont, unilatéralement, lever les sanctions sur la Russie, voire, si l’Ukraine refuse, et si l’Europe essaie de continuer de soutenir l’Ukraine, imposer des sanctions contre elles. Parce que, je me répète, le pouvoir à Washington est exercé par Poutine, et par personne d’autre. Je dis : personne d’autre (et qu’on ne me parle pas du nouveau train de sanctions que les USA veulent, aujourd’hui, imposer à la Russie : ce seraient des sanctions mises en route si la Russie n’acceptait pas « la paix » de Trump...).<br /> Hier, j’écoutais des commentateurs ukrainiens qui expliquaient que Zelensky s’était rendu en Ankara (avec son ministre de la Défense qui n’est pas rentré depuis) pour rencontrer Witkoff, le représentant américain, avec un autre plan, préparé avec les Européens, et que Witkoff n’a simplement pas voulu le rencontrer. C’est-à-dire que nous nous trouvons devant un ultilmatum américano-russe : soit l’Europe cède absolument tout, – tout sans exception, soit elle se retrouve en guerre ouverte – pas en guerre hybride, pas en guerre économique (c’est déjà le cas depuis longtemps), en guerre ouverte, avec une Russie qui sera soutenue par une levée unilatérale des sanctions américaines. Nous nous trouvons, c’est absolument terrifiant à dire, exactement dans la situation de Münich : nous devons tout céder et nous devons faire confiance à l’agresseur quand il promet qu’il veut la paix – et que, même dans ces conditions, concrètement, il ne donne aucune garantie.<br /> *<br /> La situation est celle-ci. Avec cette circonstance particulière en plus, c’est que l’Europe va, à l’exception de la France, et, je crois de la Suède (mais, pour la Suède, il faut vérifier), se retrouver sans aviation de combat, parce que ce sont les USA qui contrôlent les F-35 qu’ils ont vendus à toutes les armées européennes – après des campagnes de lobbying qui ont détruit la solidarité de l’Union européenne, et rendu l’Europe impuissante.<br /> Je m’arrête ici ce matin. Oui, l’angoisse est montée d’un cran. Voire de deux ou de trois.
C
Le colonel Baud évoque le plan de paix en 28 points de Trump et explique pourquoi il doit être imposé à Zelensky et aux dirigeants européens. <br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=QQmPizLH9lM
Répondre
A
Je l'ai écouté attentivement et il éclaire ma chandelle sur certains points comme les débats internes en Russie, mais aussi les débats internes aux USA car selon Jacques Baud Trump ne disposerait pas d'une entière marge de manoeuvre à cause des faucons qui seraient en faveur de maintenir des sanctions contre la Russie. Baud confirme également les pressentiments que j'avais vis-à-vis du rôle des européens. Baud, tout en étant très clairement en faveur de ce plan de paix, ne se risque toutefois pas à préjuger de la réponse qui sera faite par Zelensky, tout en sachant que celle-ci sera forcément conditionnée par les possibles ou éventuelles promesses européennes. Baud n'aborde pas le thème du décrochage entre les dirigeants européens et leurs électorats de moins en moins disposés à consentir de lourds sacrifices financiers au détriment de leur bien-être social.<br /> Ce plan en 28 points a sans doute le mérite de mettre tout le monde au pied du mur et d'offrir une possibilité de mettre fin aux combats. Ce que tout le monde souhaite...à suivre donc...nous saurons très bientôt si cette semaine sera historique ou pas, et si elle marque un tournant dans ce conflit...
R
Un plan de paix qui ressemble à un plan de victoire pour la Russie... Mais, hélas, sur le terrain, les Russes avancent. De plus le gouvernement de Zelensky est compromis dans des affaires de corruption.<br /> <br /> ""l’Ukraine confrontée à un choix cornélien"… Ce sont les mots de Volodymyr Zelensky ce soir qui s’est adressé à son peuple. Le président ukrainien est sommé par Donald Trump de signer son plan de paix avant Thanksgiving. Un plan de paix qui reprend de nombreuses revendications russes."<br /> <br /> Trump accentue la pression sur l'Ukraine, et décidément, c'est une vraie girouette... le risque : fini le soutien américain ?
Répondre
A
On est bien d'accord sur ce point Caius. J'ai lu Noam Chomsky et je suis à peu près au parfum de toutes les horreurs commises par l'impérialisme américain. J'ai lu aussi l'excellent essai de Josep FONTANA intitulé " Pour le bien d'un empire".<br /> https://es.wikipedia.org/wiki/Por_el_bien_del_imperio<br /> <br /> Donc pendant des années j'ai, comme beaucoup de monde, critiqué les USA érigés en "gendarmes du monde", des gendarmes intervenant parfois de manière plus que discutable.<br /> Il n'en reste pas moins vrai que les USA se donnaient un rôle de défenseur de la liberté, et que maintenant ils ne s'en donnent même plus les apparences. C'est réellement effrayant de penser que le trumpisme puisse prospérer dans le temps (ce dont je doute...car je ne suis pas 100% pessimiste).. .<br /> Merci pour la vidéo de Jacques Baud que je tenterai d'écouter dans la journée.
C
Libre à vous de considérer que les USA sont le premier grand défenseur international de la démocratie et de la liberté mais maints peuples du tiers-monde se souviennent avec horreur des dictatures sanguinaires instaurées par les USA
A
En quoi est-ce une traîtirise? Trump ne se renie pas lui-même c'est certain. Son action est la traduction de sa manière de penser (très mercantile), de traiter avec respect les puissants (même quand ceux-ci sont des criminels réclamés par la CPI) et d'être inflexible avec les faibles. Ce qu'il trahit c'est l'image de son pays qui n'apparaît plus comme le premier grand défenseur international de la démocratie et de la liberté. Même en supposant que la capitulation soit inévitable voire souhaitable, ce qu'on perçoit chez Trump c'est le désir de rétablir des relations commerciales le plus rapidement avec la Russie. Les USA maintiennent des sanctions économiques contre le Vénézuela au nom des libertés...feront-ils de même avec la Russie? Si ça ne tenait qu'à Trump la réponse serait NON : avec Trump le monde n'a définitivement plus de boussole morale...C'est la loi de la jungle, ou celle du plus fort...La justice et le droit ne sont plus des valeurs cardinales qui protègent les peuples.
C
En quoi l'attitude de Trump est-elle une traitrise ? Il est président des USA et non de l'Ukraine et agit pour ce qu'il considère être l’intérêt de son pays. Trump vise à limiter les dégâts avant l'effondrement complet du front.
A
L'attitude de Trump est une des pires traitrises que je connaisse, une traîtrise travestie et déguisée en "plan de paix"...une traîtrise qui ne surprend vraiment personne mais qui risque de changer profondément et pour longtemps la nature des relations des USA avec l'Europe. Les conséquences sont gigantesques pour l'ordre international...<br /> Quant à l'Ukraine, arrivé à un tel stade, il ne reste que 2 possibilités.<br /> 1.- Ou les européens ne sont pas capables financièrement et militairement de changer la donne, et la messe est dite (ne reste qu'à retoucher des points de détails)...<br /> 2.- Ou ce n'est pas le cas. Et dans cette hypothèse cela voudra dire que la réponse de Zelensky à Trump sera conditionnée par l'aide promise par l'UE. Cela voudrait donc dire que les européens n'ont pas été consultés mais que, par contre, en réalité c'est dans leur terrain que la balle a été renvoyée...<br /> D'ici jeudi prochain nous serons fixés.<br />
C
Ian Proud vient de partager ses réflexion sur une vidéo :<br /> <br /> Les médias ukrainiens ont publié ce qu'ils présentent comme le projet de plan de paix en 28 points de Trump pour l'Ukraine. J'ai décidé de l'analyser point par point et de partager mon point de vue sur les perspectives de négociations à venir.<br /> <br /> Ce qui est clair, premièrement, c'est que ce projet n'est qu'un point de départ pour les négociations. L'Ukraine doit absolument s'engager bilatéralement avec la Russie dans le travail de fond du processus de négociation, et cela dépend de l'engagement final de Zelensky.<br /> <br /> J'ai le sentiment qu'il est plus vulnérable face aux efforts américains maintenant qu'il est empêtré dans un scandale de corruption dans son pays. Mais j'ai toujours l'impression que les dirigeants européens veulent le maintenir dans un cercle vicieux : l'Ukraine a besoin de paix mais n'en veut pas, tandis que la Russie aspire à la paix mais ne ressent aucune urgence à régler le conflit.<br /> <br /> Je considère ce projet de document comme un premier pas utile, mais il nécessitera un travail considérable de part et d'autre. Certaines clauses concernent spécifiquement la Russie et l'Ukraine, tandis que d'autres ont une portée plus large au sein de la communauté internationale, ce qui crée une certaine confusion. Certaines conditions, comme la neutralité militaire de l'Ukraine sur le plan politique, risquent, à mon avis, de compromettre les espoirs de réélection de Zelensky à la présidence après la guerre, ce qu'il sait pertinemment.<br /> <br /> Mais il est temps à présent de négocier la fin de cette guerre sanglante. J'espère que mes réflexions vous seront utiles et n'hésitez pas à me poser des questions sur les sujets abordés dans cette vidéo.<br /> <br /> https://thepeacemonger.substack.com/p/russia-wants-peace-but-doesnt-need
Répondre
A
Un plan de paix c'est toujours une lueur et un espoir, sauf que pour l'instant ce plan est ni plus ni moins qu'un acte de capitulation rédigé en 28 points.<br /> Le mot "plan de paix" pour un tel document ressemble à une forme de sarcasme.<br /> C'est un plan de paix proposé avec un pistolet sur la tempe, à la manière de l'excellent film LE PARRAIN.<br /> Ceci étant dit j'espère qu'il y aura un arrêt des combats bien sûr mais jamais, jamais, jamais, l'UE ne reconnaîtra une quelconque légitimité à une agression barbare contre un peuple et à une main-mise sur une part importante de son territoire.<br /> Trump méprise complètement ses alliés, ne tient aucun compte de certaines lignes rouges et se soucie comme d'une guigne du droit des peuples à leur souveraineté. C'est son droit, comme c'est notre devoir à nous de ne pas perdre notre âme.<br /> Peut-être sommes-nous incapables d'empêcher que le crime aille jusque son son terme mais cela ne nous empêchera pas de crier sur tous les toits qu'il s'agit de l'un des pìres crimes du XXI ème siècle. Un crime qui rend impossible le retour à la normalité des relations avec la Russie. Just impossible !
M
Les Européens auront-ils l'audace de contrarier Trump?<br /> Quand on voit que les intérêts des divers pays ne convergent pas forcément sur le plan économique. L'Allemagne par exemple, dont la commission européenne semble très soucieuse de ses intérêts , ne semble s'intéresser qu'à la vente de ses voitures...
Répondre
A
L'Allemagne a complètement basculé depuis le début du conflit ukrainien. C'était le pays qui avait le plus à perdre car le gaz russse lui permettait de maintenir son option 0% nucléaire...<br /> Mais il n'y a pas que cela. Le budget militaire allemand va augmenter considérablement à l'avenir, passant de 75 milliards d'euros en 2024 à environ 153 milliards d'euros par an d'ici 2029. Cette augmentation est en partie due à l'utilisation d'un fonds spécial de 100 milliards d'euros créé après l'invasion de l'Ukraine, mais l'effort budgétaire annuel est aussi en hausse. L'objectif est de faire passer les dépenses de défense à 3,5 % du PIB d'ici 2029, faisant de l'Allemagne le troisième pays au monde pour ses dépenses militaires. <br /> Le budget militaire allemand inclut des achats de matériel américain, notamment des chasseurs F-35 et des missiles Patriot.<br /> <br /> Donc il est peu probable qu'il y ait des initiatives allemandes qui contrarient frontalement les USA, sans lesquels, rien n'est faisable...Mais tant que nous achetons aux américains du matos pour aider l'Ukraine ça convient parfaitement à Trump.<br /> Le coût de cette guerre est en train de peser sur les débats politiques de chaque pays de l'UE et donnent des ailes aux extrêmes-droites européennes( et aux extrêmes-gauche aussi) qui prônent un désengagement...et de nombreux dirigeants de l'UE se trouvent en porte-à-faux vis-à-vis de leur électorat qui accepte de moins en moins des sacrifices sociaux quand dans le même temps les bugets destinés à l'armement flambent...
C
Ma première réflexion est que le plan de Trump est un net progrès par rapport à Anchorage puisque les négociateurs russes et étatsuniens ont maintenant un document sur lequel travailler.<br /> <br /> Voir l'interview de Lavrov que je cite dans le dernier article de Rosemar :<br /> https://www.mid.ru/en/foreign_policy/news/2058998/?lang=fr<br /> <br /> Owen Matthews de the Spectator résume bien la situation où Zelensky a entrainé ses compatriotes :<br /> <br /> « Défaite militaire, implosion politique et guerre civile : tels sont les périls auxquels Volodymyr Zelensky est confronté alors que l'Ukraine s'apprête à affronter l'hiver le plus difficile, et probablement le dernier, de la guerre. Les frappes russes, toujours plus efficaces, contre les infrastructures énergétiques et de transport ukrainiennes risquent de plonger de vastes régions du pays dans le froid et l'obscurité. Les troupes russes continuent de progresser lentement mais sûrement dans le Donbass et, plus dangereusement encore, sur le flanc sud, à Zaporijia. Les désertions dans l'armée ukrainienne ont quadruplé depuis l'année dernière et leur nombre égale désormais celui des combattants actifs. Les États-Unis ont cessé leur aide financière et l'Europe peine à fournir les fonds dont Kiev a besoin pour poursuivre son effort de guerre.<br /> <br /> Mais la crise la plus dévastatrice est un scandale de détournement de fonds liés à la guerre, d’un montant de 100 millions de dollars, qui implique nombre des plus proches alliés politiques et partenaires en affaires de Zelensky et a profondément ébranlé la confiance dans le gouvernement. « Il est difficile de surestimer la colère populaire en Ukraine face à cette affaire », rapporte Jimmy Rushton, analyste en sécurité basé à Kiev. « Alors que tout le pays est plongé dans le noir, des membres de l’élite politique sont accusés d’avoir freiné les efforts de renforcement des infrastructures énergétiques parce qu’ils ne recevaient pas de pot-de-vin assez gros. »
Répondre
A
"La Russie est farouchement opposée à "un scénario à la Coréenne" et personne ne peut plus le lui imposer vu l'évolution du conflit sur le terrain."<br /> Effectivement personne ne peut plus lui imposer un tel scénario depuis la trahison de Trump qui assomme littéralement le peuple ukrainien.<br /> Affirmer comme ce responsable américain que "l'opinion des européens importe peu si on obtient l'accord de Zelensky", ça c'est le chat qui se mord la queue car la réponse de Zelensky va dépendre de ce que lui prometttont les européens.<br /> Là maintenant, en rentrant de faire mes courses j'entendais à la radio Zelensky dire que le plan de Trump était inacceptable et franchissait toutes les lignes rouges...Je crois qu'il lui reste jusque jeudi pour changer d'avis...
C
La Russie est farouchement opposée à "un scénario à la Coréenne" et personne ne peut plus le lui imposer vu l'évolution du conflit sur le terrain. Elle continuera à avancer jusqu'à ce que le régime de Kiev soit contraint d'aller s'installer à Lvov dans la partie ukrainophone de l'Ukraine ou accepte ses conditions et, à mon humble avis, plus vite ils demanderont un armistice, mieux ce sera pour tout le monde.<br /> <br /> <br /> "Les objectifs de l'opération militaire spéciale ont été définis par le Président Vladimir Poutine en 2022 et restent d'actualité à ce jour. Il ne s'agit pas de sphères d'influence, mais du retour de l'Ukraine à un statut neutre, non aligné, non nucléaire, du respect strict des droits de l'homme et de tous les droits des minorités russe et autres, c'est précisément ainsi que ces engagements sont inscrits dans la Déclaration d'indépendance de l'Ukraine de 1990 et dans sa Constitution, et c'est en tenant compte de ces engagements proclamés que la Russie a reconnu l'indépendance de l'État ukrainien. Nous nous efforçons et obtiendrons le retour de l'Ukraine aux racines saines et durables de son État, ce qui implique le rejet de la soumission servile de son territoire à l'exploitation militaire par l'Otan" <br /> https://www.mid.ru/en/foreign_policy/news/2058998/?lang=fr<br /> <br /> Par contre comme le souligne Florian Rötzer, c'est l'ouest du pays, fief historique des banderistes, qui risque de connaître des troubles en cas d'armistice :<br /> <br /> "La Maison Blanche part du principe que le président ukrainien, fragilisé par le scandale de corruption et la situation difficile sur le front, devra accepter l'accord. Un responsable du gouvernement américain a déclaré à Politico : « Les Européens nous importent peu. L'essentiel, c'est que l'Ukraine donne son accord. » L'approbation est attendue au plus tard à la fin du mois. Mais comme indiqué précédemment, même si Zelensky n'a d'autre choix que d'accepter et que les Européens n'ont pas voix au chapitre, une fin de la guerre obtenue par des concessions à la Russie pourrait rapidement dégénérer en guerre civile en Ukraine. Après tout, l'Occident a financé des unités de volontaires lourdement armées et désormais aguerries au combat, dont la vie est rythmée par la guerre et qui ne déposeront pas les armes de sitôt. Zelensky aurait déjà suggéré de les relocaliser en Europe pour les protéger des Russes, en les rémunérant généreusement pour qu'ils quittent le pays."
A
Ce point de vue de Matthews sur la situation actuelle ne change rien au fait que le plan Trump est en fait un plan russe déguisé et qu'un certain nombre de points de ce plan sont complètement inacceptables.<br /> Boniface ne cherche pas à minimiser les problèmes de Zelensky (dont il juge le plan irréalisable depuis longtemps) et mise sur une autre voie que je trouve proche de la solution à la coréenne.<br /> Je remets une partie de ma réponse d'hier à Pierre Taillade.<br /> "Comme je le dis depuis 2 ans l'un des meilleurs scénarios possibles (si on veut être raisonnablement optimiste) serait un scénario à la Coréenne.<br /> - Cesser-le-feu déclaré par l'une des 2 parties sans accord de paix (car l'accord est rigoureusement impossible à trouver).<br /> - Arrêt des combats sur le front donc, et gel de la situation avec occupation russe de l'Est de l'Ukraine.<br /> - Maintien des sanctions économiques occidentales contre la Russie (ce que ne veut pas Poutine bien sûr). Maintien des sanctions car le hold-up des russes n'obtiendra jamais une reconnaissance internationale.<br /> Les 2 Corées ont arrêté de se taper dessus depuis 72 ans alors qu'il n'y a ni accord de paix, ni même reconnaissance mutuelle des 2 pays. C'est possible ."<br /> Pour revenir à Boniface, je trouve que son point de vue est très juste car il appelle à un cessez-le-feu, mais sans reconnaissance du hold-up territorial des russes.<br /> Il est l'un des rares à être réaliste. Il n'y aura jamais de plan de paix qui accepte une invasion, qui la rende légitime et qui soit frontalement opposé au droit fondamental des peuples à être souverains. Donc la seule chose réalisable c'est un arrêt du conflit et un maintien des sanctions de l'occident.<br /> PS: Maintenant quand j'écris l'occident je ne sais plus si je dois inclure les USA qui trahissent les principes qui fondent le droit des peuples.<br /> Va falloir que je trouve un autre mot pour désigner l'occident sans les USA.<br /> Boniface s'exaspère de voir que les européens ne prennent pas acte de la défaillance américaine et ne soient pas plus actifs en initiatives et propositions plus réalistes.