Trump cherche-t-il à destabiliser le Vénézuela ?

Publié le 12 Novembre 2025

Bonjour les amis,

Le 6 Novembre dernier Caius avait eu la gentilesse de m'envoyer sur mon blog une videó de Max Blumenthal alertant la communauté internationale de l'existence d'un projet dangereux et insensé de l'administration Trump de déstabiliser le Vénézuela afin de mettre ensuite la main sur les richesses pétrolières de ce pays.

Cette vidéo la voici:

J'avais écouté avec attention l'argumentation de Blumenthal, avec toutefois une certaine méfiance, car celui-ci avait été accusé par le passé d'avoir propagé certaines désinformations, entre autres, au sujet de la Syrie de Bachar-el-Assad.

Malgré tout, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il avait probablement raison sur l'affaire vénézuélienne.

Voici que ce matin je découvre que France Info (média du service public cette fois-ci) reprend également les mêmes interrogations que Blumenthal, mettant le doigt sur les mêmes incohérences de l'argumentation de Trump.

Ecoutez-donc ce postcast ci-dessous.

Je vous laisse vous forger votre propre opinion mais, pour ma part, j'avais déjà tendance à donner du crédit aux accusations de Blumenthal et le podcast de France Culture vient enfoncer le clou.

Si l'idée de Trump est de chercher de faux pretextes comme le narcotrafic pour faire tomber Maduro c'est une folie qui, par ailleurs, va à l'encontre du droit des peuples. Cela voudrait dire qu'il tente de redonner aux USA le rôle discutable de gendarme du Monde, sauf que le Vénézuela peut compter sur l'aide de puissants alliés comme la Chine et la Russie.

Bref, ça peut finir comme l'Irak ou l'Afghanistan cette affaire, à savoir en un désastre pour tout le monde.

 

Le USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, envoyé aux Caraïbes par les USA

Le USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, envoyé aux Caraïbes par les USA

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Les USA on perdu à la baie des cochons à Cuba, et leur milice "Los Contras" a perdu au Nicaragua. Ils ont tort de penser que libérer le Venezuela de la dictature n'atirera pas toutes les guerrillas latinoamericaines au Venezuela. Et puis, libérer un pays oblige les USA à garder une force militaire sur place, pour des décennies pour en sortir vaincus à la fin. <br /> Ce sont les peuples eux mêmes qui doivent se libérer.
Répondre
A
Bien sûr. N'oublions pas, par ailleurs, que le Vénézuela est déjà soumis à un régime de sanctions américaines qui comprennent le gel des actifs, les restrictions de visa, l'interdiction d'investissements et de transactions, ainsi que des sanctions ciblées sur le secteur pétrolier et les individus liés au gouvernement. Ces sanctions ont été réactivées en 2024 suite au non-respect des accords de Barbados sur l'organisation d'élections libres.
L
En tout cas, je suis d'accord avec le RU de refuser de renseigner les USA concernant les mouvements de bateau dans les Caraïbes. La procédure légale devrait être celle de capturer l'équipage pour l'interroger et verifier s'ils transportent de la drogue ou du poisson.
Répondre
A
La décision de la Grande-Bretagne est d'autant plus méritoire que les britanniques sont pour les américains les "cousins" européens très souvent alignés sur les USA...
C
Il est clair que Marco Rubio et ses soutiens cherchent à obtenir de Trump le feu vert pour une opération de changement de régime et ils ont déjà une fantoche toute prête en la personne de la prix Nobel de la paix qui appelle une puissance étrangère à attaquer son propre pays…<br /> <br /> Rubio, le monsieur Amérique latine de la Maison Blanche, a actuellement l’oreille de Trump mais ce dernier semble tout de même comprendre que ce serait une aventure militaire couteuse ( la force réelle de l’Armée du Venezuela est difficile à estimer mais leurs armements ne sont pas négligeables, si, par exemple, leurs Sukhois échappent à une première frappe de destruction au sol, ils pourraient porter de rudes coups à l’armada US et, à mon avis, en cas d’invasion les système de missile sol-air portatif très courte portée Strela et Igla d’origine russe pourraient se révéler tout aussi redoutables que les Stingers en Afghanistan du temps de l’intervention soviétique) qui pourrait définitivement retourner le mouvement MAGA contre lui.<br /> <br /> <br /> Comme le rappelle Responsible Statecraft :<br /> <br /> ENVAHIR LE PANAMA ET DESTITUER NORIEGA EN 1989, C'ÉTAIT FACILE, NON ?<br /> Toute comparaison avec une éventuelle intervention au Venezuela est infondée et, de plus, nous avons tiré les mauvaises leçons d'il y a 35 ans.<br /> Par Kelley Beaucar Vlahos<br /> <br /> Le 20 décembre 1989, l'armée américaine lançait l'« Opération Just Cause » au Panama. La cible : le dictateur, trafiquant de drogue et ancien informateur de la CIA, Manuel Noriega.<br /> <br /> Invoquant la protection des citoyens américains résidant au Panama, l'absence de démocratie et le trafic de drogue, l'administration de George H.W. Bush exigea le départ de Noriega . Quelques jours après l'invasion, il fut capturé, ligoté et renvoyé aux États-Unis pour y être jugé pour racket et trafic de stupéfiants. Les forces américaines poursuivirent les combats au Panama pendant plusieurs semaines avant de mettre fin à l'opération et de remettre le pouvoir à un nouveau président, Guillermo Endar , chef de l'opposition , que les observateurs internationaux estimaient vainqueur de l'élection de 1989, élection que Noriega fit ensuite annuler. Il prêta serment avec l'aide des forces américaines quelques heures après l'invasion.<br /> <br /> Comme on dit à l'école, « simple comme bonjour ». Une opération visant à éliminer un narcotrafiquant et dictateur vénézuélien moderne, Nicolas Maduro, pourrait-elle être très différente ?<br /> <br /> « Ce que je peux vous dire, c'est qu'une invasion du Venezuela ne ressemblera pas à une invasion du Panama ; elle ressemblera davantage à celle de l'Irak (en 2003). L'opération au Venezuela sera plus vaste et plus complexe qu'au Panama », a déclaré un officier militaire à la retraite à Responsible Statecraft. Il a participé à l'invasion de 1989 et à la guerre en Irak quinze ans plus tard, avant de passer le reste de sa carrière au sein du gouvernement.<br /> <br /> « Il y avait au Panama de nombreuses circonstances très spécifiques, qu'on ne retrouve pas dans la plupart des autres pays », a-t-il souligné, à commencer par la présence d'une ambassade américaine, de troupes stationnées dans le cadre du Commandement Sud des États-Unis (plus de 14 000 hommes avant l'opération Just Cause) et d'un vaste réseau de renseignement mis en place pendant les décennies où les Américains administraient la zone du canal de Panama. Surtout, a-t-il ajouté, Noriega était impopulaire tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays et donc beaucoup plus vulnérable.<br /> <br /> « Les Forces de défense panaméennes (PDF) étaient déjà fragmentées et divisées avant l'invasion. On oublie souvent qu'il y avait eu une tentative de coup d'État contre Noriega en octobre, deux mois seulement avant l'opération Just Cause », souligne Orlando Perez , professeur de sciences politiques à l'Université du Nord du Texas à Dallas et auteur de « La culture politique au Panama : la démocratie après l'invasion ».<br /> <br /> « De plus, le déploiement des PDF était centralisé. Tout était basé à Panama City, où se trouvait la majeure partie des forces. Une fois la commandancia, le quartier général, capturée à Panama City, tout s'est effondré. »<br /> <br /> Il n'y a pas d'ambassade américaine au Venezuela ; les relations diplomatiques sont rompues depuis 2019. De plus, selon cet officier militaire à la retraite, après la tentative de coup d'État très médiatisée contre le président Hugo Chavez en 2002, le gouvernement de Maduro est plus résistant aux coups d'État que jamais et ressemble davantage au parti Baas de Saddam Hussein en Irak . Cela signifie qu'il est intégré à la société d'une manière qui garantit une loyauté bien plus grande que celle de Noriega, qui, en tant que chef militaire, ne gouvernait pas directement mais par le biais de présidents fantoches, de 1983 jusqu'à sa capture.<br /> <br /> « Ce régime (Maduro) a eu tout le temps de s'implanter et a bâti un appareil politique et partisan qui s'étend à tous les secteurs de la société, dans toutes les écoles, toutes les entreprises, tous les bureaux. Noriega, lui, n'avait pas cela. Il était entouré d'une structure politique beaucoup plus sclérosée, principalement parce qu'il a des allures de gangster », a-t-il déclaré.<br /> <br /> « Écoutez, Noriega avait décapité une grande partie de son propre commandement par des purges pour s'assurer de leur loyauté. Evidemment qu’ils n'allaient plus se battre pour lui. On l'a frappé de plein fouet, et ils ont fini par céder. Ils se sont battus, certes. Franchement, oui… mais une fois qu'ils ont compris que leur sort était scellé, ils ont fait d'autres choix. »<br /> <br /> Depuis un mois, l'armée américaine renforce ses capacités navales et aériennes et masse des troupes sur sa base militaire voisine à Porto Rico et au large des côtes vénézuéliennes. Selon certaines sources, elle pourrait déployer quelque 16 000 hommes dans la région avec l'arrivée du groupe aéronaval du porte-avions USS Gerald Ford.<br /> <br /> Cela ne suffit guère pour justifier une invasion du Venezuela au nom d’une « juste cause », font remarquer les experts interrogés par Responsible Statecraft.<br /> <br /> « L’analogie présente des limites. Le Venezuela est environ douze fois plus grand que le Panama. Le Panama comptait peut-être 2,4 millions d’habitants (en 1989), soit à peu près la population de Caracas. Le paysage urbain vénézuélien est beaucoup plus dense et complexe que celui de Panama », a déclaré Perez.<br /> <br /> De plus, malgré les vulnérabilités bien réelles que l'on soupçonne chez Maduro, à savoir la fragilité de son soutien et le fait qu'il l'ait bâti grâce à un régime de faveurs politiques et de corruption, Perez a déclaré qu'il pense qu'« il existe une résistance organisée suffisamment importante pour que les planificateurs militaires (américains) y réfléchissent, la prennent au moins en considération et ne l'écartent pas ».<br /> <br /> « L’argument avancé est le suivant : leur situation est fragile, ils ont été achetés et ils s’effondreront immédiatement. On dit que lorsque les Marines débarqueront, ces gens s’écrouleront et qu’il n’y aura aucune résistance. Or, nous n’en savons rien. Leurs moyens de subsistance, leur vie, seront en jeu ; beaucoup d’entre eux pourraient finir en prison ou exécutés. Ils ont donc de nombreuses raisons de résister », a-t-il ajouté.<br /> <br /> Outre les différences géographiques entre les deux pays (les experts estiment qu'il faudrait au moins 100 000 soldats américains , voire plus, pour envahir le pays, destituer Maduro et tenter de rétablir l'ordre), se pose la question du renseignement. Les États-Unis ont maintenu une importante présence militaire au Panama depuis l' ouverture du canal en 1914 et jusqu'en 1999, date d'entrée en vigueur d'un traité négocié par le président Jimmy Carter pour rétrocéder le canal aux Panaméens. Par le biais d'agents rémunérés comme Noriega, la CIA a utilisé le pays comme base pour des opérations clandestines menées dans toute l'Amérique latine durant la Guerre froide . De plus, l'armée américaine elle-même vivait, travaillait et s'était implantée au Panama, ce qui lui permettait d'avoir un niveau de connaissance opérationnelle impossible à reproduire au Venezuela de Maduro.<br /> <br /> « Nous avions des milliers de soldats là-bas, mariés à des Panaméennes. Leurs beaux-parents étaient disséminés dans tout le pays. Ils détestaient tous Noriega. Les gens qui venaient travailler sur la base le détestaient aussi et nous racontaient toutes sortes de choses », a déclaré l'officier à la retraite. « Ils m'interpellaient parce que j'étais hispanophone et me disaient : “Écoutez, je vais vous dire ceci, cela, et encore cela.” J'avais des gars qui me racontaient chaque jour où se trouvaient les points de contrôle en arrivant. »<br /> <br /> « Voici une anecdote incroyable », a-t-il ajouté. « On a reçu un signalement concernant un rassemblement de milices de Noriega dans un quartier de Panama City, et mon colocataire a appelé sa copine qui habitait là-bas. Elle a dit que c’était faux, et c’est tout ce qu’on a du faire. »<br /> <br /> Les experts ont souligné que le principal enseignement de l'intervention au Panama n'est pas que l'invasion et la capture de Noriega avaient été « faciles », mais que, malgré l'instauration d'une démocratie fonctionnelle, cela n'ait pas nécessairement simplifié la vie au Panama. L'opération n'a pas enrayé la criminalité et le trafic de drogue vers les États-Unis et, au contraire, elle a donné à Washington une fausse impression de la manière dont il pourrait mener des interventions et des changements de régime à l'avenir. L'exemple le plus frappant est la première guerre du Golfe de 1991, bien plus vaste, survenue deux ans plus tard. Bush père avait refusé de destituer Saddam Hussein en Irak à l'époque, mais son fils a été convaincu de passer à l'acte en 2003, ce qui a conduit à l'un des plus grands fiascos de la politique étrangère américaine de l'histoire moderne.<br /> <br /> « Oui, cela nous a appris de mauvaises leçons », a déclaré l'officier américain à la retraite. « On part du principe que ce qui a fonctionné ici fonctionnera forcément ailleurs. Mais je pense que les décideurs politiques se contentent d'une version abrégée de l'histoire ; ils prennent une situation complexe, optent pour un récit, et y intègrent une version très simplifiée et superficielle des faits, qui devient alors la leçon à retenir. »
Répondre
A
Merci beaucoup Caius pour vos commentaires pertinents sur l'influence néfaste de Marco Rubio et aussi pour cet article mettant en garde sur les difficultés, les pièges et les risques d'une intervention armée...Des risques de provoquer, une fois de plus, une situation chaotique et assez incontrôlable.<br /> Pour l'instant , et comme je le disais à Rosemar, il semble que Trump avance ses pions pour faire pression mais qu'il n'ait encore pris aucune décision aventureuse et dangereuse...
R
Dans un premier temps, je pensais que les interventions de Trump pour stopper les trafics de drogue étaient bienvenues, car la drogue est un véritable fléau qui gangrène de nombreux pays ?<br /> Mais, encore une fois, Trump apparemment dépasse les bornes... et comme souvent, il serait guidé par l'appât du gain, les ressources pétrolières du Venezuela....<br /> <br /> On en parle aussi en Belgique :<br /> <br /> <br /> https://youtu.be/VgxihaXUwhY?si=UuFY1l8UUa0kVEWx<br /> <br /> <br /> Belle soirée, AJE
Répondre
A
Merci pour le lien belge qui résume bien le dessous des cartes.<br /> Tu te souviens ce que j'avais écrit il y a peu de temps au sujet de ces vedettes de narcos détruites en pleine mer. Je pensais à l'époque que c'était une façon simple pour Trump de soigner sa popularité. Taper sur Maduro c'est sans risques et ça donne l'impression d'un président qui a la poigne qui fait tant plaisir aux MAGA.<br /> Mais force est de contater que les importants déploiements militaires disproportionnés laissent présager des intentions réelles bien moins avouables. Assiste-t-on au prélude d'un interventionnisme américain qui peut semer le chaos en Amérique latine ? L'avenir nous le dira.<br /> Avec Trump on ne sait jamais s'il a un plan d'action précis où s'il veut mettre ses adversaires sous pression. Au jeu d'échec quand on n'a pas d'idée de stratégie précise on se contente d'avancer ses pions, en attendant d'être plus inspiré...<br /> Enfin il serait bienvenu que le reste des pays de la planète, et notamment les vraies démocraties, expriment publiquement le souhait de voir le président américain agir en respectant les règles du droit international.<br /> Bonne fin de soirée l'amie