Quand Trump sanctionne et met sous pression 6 juges de la Cour Pénale Internationale de La Haye...

Publié le 26 Novembre 2025

Bonjour les amis,

Ma nièce m'a fait part hier soir d'une information assez consternante, tellement consternante que j'ai immédiatement consulté mon portable pour vérifier qu'il ne s'agissait pas d'une fake news.

L'administration de Donald Trump a imposé plusieurs séries de sanctions à plusieurs juges et responsables de la Cour pénale internationale (CPI) en réponse aux enquêtes de la Cour sur les actions militaires américaines et israéliennes dans la bande de Gaza.

Les sanctions ont des conséquences personnelles et professionnelles importantes pour les personnes visées, notamment le gel de leurs avoirs aux États-Unis, des restrictions de visa permettant de voyager à l'étranger et l'exclusion du système financier américain.

Les sanctions ont été mises en œuvre par le biais d'un décret présidentiel signé par Trump en février 2025. L'administration a fait valoir que la CPI n'avait aucune juridiction sur les États-Unis ou Israël et que les actions de la cour représentaient une menace pour la souveraineté et la sécurité nationales.
Voici l'historique de ces sanctions.
Février 2025 : Des restrictions initiales ont été imposées au procureur général de la CPI, Karim Khan .
Juin 2025 : Des sanctions ont été annoncées contre quatre juges spécifiques de la CPI : Solomy Balungi Bossa (Ouganda), Luz del Carmen Ibañez Carranza (Pérou), Reine Adélaïde Sophie Alapini-Gansou (Bénin) et Tomoko Akane (Japon) .
Août 2025 : Une nouvelle vague de sanctions a ciblé quatre autres personnes : les juges Kimberly Prost (Canada) et Nicolas Guillou (France), et les procureurs adjoints Nazhat Shameem Khan (Fidji) et Mame Mandiaye Niang (Sénégal) .

Parmi les juges sanctionnés il y a Nicolas Guillou, un français. Vous en saurez plus sur sa situation grâce au lien ci-dessous.

Nicolas Guillou a déclaré que ses comptes bancaires et ses comptes de services numériques (comme Amazon et PayPal) avaient été gelés, ce qui, de fait, le prive d'accès aux services bancaires à l'échelle mondiale.
Ces sanctions ont été largement condamnées par la CPI, les Nations Unies et de nombreux alliés des États-Unis.
La CPI a fermement rejeté ces mesures, les qualifiant d'attaque « flagrante » contre l'indépendance de la Cour.
La France et l'UE ont exprimé leur consternation et ont appelé les États membres à défendre la Cour et ses fonctionnaires.
Des experts et des organisations de défense des droits humains ont critiqué ces sanctions, les qualifiant d'attaque contre l'état de droit international et de tentative de saper la justice internationale.

Pour situer l'énormité de cette affaire il faut savoir que le mécanisme légal utilisé par Trump  a été créé au départ pour répondre aux violations des droits humains, pour la lutte contre le terrorisme et le trafic de stupéfiants. Aujourd’hui, près de 15 000 personnes sont sur la liste américaine des personnes sanctionnées, essentiellement des membres d’Al-Qaida, de l’organisation Etat islamique, de groupes mafieux et des dirigeants de régimes dictatoriaux.

Donc Trump est arrivé à mettre 6 juges de la CPI sur la même liste que les pires crapules et les pires criminels de cette planète. Ce qui s'est produit est de l'ordre du cauchemar éveillé !

Résumons-nous.

Jusqu'ici on savait que les USA faisaient partie des pays qui ne reconnaissaient pas l'autorité de la CPI: c'était bien dommage pour un pays qui s'autoproclame comme la plus grande démocratie du monde mais ça restait leur droit.

Avec Trump on vient de faire un saut quantique car, non content de ne pas reconnaître l'autorité de ces juges internationaux, il s'attaque à eux, les sanctionne et les met sous pression.

 

 

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R
La toute puissance de Trump : c'est effrayant ! Et, en plus, il est vrai que l'information n'est pas diffusée dans les grands médias... on a l'impression qu'on ne veut pas fâcher Trump !
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A
Jusque maintenant on s'inquiétait des pressions de Trump sur les juges américains mais là il s'en prend à une juridiction internationale. Je parle de ma nièce au début de mon billet car je n'ai pas voulu l'offenser mais j'ai ressenti le besoin de vérifier son info tant elle me paraissait consternante, pour ne pas dire invraisemblable.<br /> Par ailleurs, effectivement, ça ne fait pas les titres des journaux...pffff !!!!
L
Mais où va-t-on arriver avec ce président des USA ??? <br /> Le juge français devrait avoir accès à son compte bancaire en France et dans l'Union Européenne je suppose !
Répondre
A
Merci Caius de m'informer du cas tout aussi scandaleux des sanctions qui pèsent sur Francesca Albanese dont la fonction officielle au sein de l'ONU ne lui offre apparemment aucune immunité face aux courroux trumpiens...<br /> Quant aux attaques ignobles contre la CPI elles affaiblissent le poids de la seule instance internationale habilitée à juger des crimes de guerres et des crimes contre l'humanité. Je trouve cela effarant....<br /> J'espère qu'un jour les sanctions contre Nicolas Guillou deviendront comme un titre d'honneur pour lui, comme un motif de fierté et de dignité.
C
Il peut toujours essayer de se tourner vers des cartes de crédit chinoises, comme UnionPay qui est de plus en plus acceptée chez les commerçants et les distributeurs automatiques dans l'UE ;-)<br /> <br /> Blague à part, quoique..., ni l'UE ni l'Italie n'ont levé le petit doigt non plus pour faire lever les mêmes mesures d'intimidation prises par les USA contre Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation dans les territoires palestiniens occupés.<br /> https://news.un.org/fr/story/2025/07/1157098<br /> <br /> A mon avis, quel que soit le jugement que l'on porte sur leurs actions, ils n'ont aucun soutien à attendre des gouvernements de l'UE
A
Hors-sujet. Tu n'as pas réagi à mon billet sur BUGONIA....tu penses aller voir ce film ?
A
Ces sanctions sont lourdes d'implications pour Nicolas Guillou, à commencer par l'interdiction de visas pour voyager dans de nombreux pays et les sanctions bancaires l'affectent même en Europe (adieu la Visa, la Mastercard ou l'american express)..<br /> Extrait de l'article que j'ai mis en lien:<br /> Nicolas Guillou rappelle que « les moyens de paiement sont souvent supprimés. Visa et Mastercard, qui ont un quasi-monopole en Europe, sont américains. Vous vous retrouvez du jour au lendemain sans carte bancaire. »<br /> Pire encore, cette interdiction ne vise pas seulement les transactions vers des entreprises américaines, elle s’applique à toute opération qui utilise le dollar comme référence pour la conversion, ce qui est le cas dans la quasi-totalité des pays en dehors de l’Union européenne. Par conséquent, Nicolas Guillou est désormais en interdit bancaire dans la plupart des pays du monde.