Quand Trump provoque l'Espagne et tente de soumettre l'union européenne...

Publié le 15 Octobre 2025

Bonjour les amis,

Je ne fais pas partie des personnes qui goûtent particulièrement l'humour de Donald Trump. Je n'aime pas, entre autres, son côté roublard et ses provocations pas toujours très respectueuses envers ses homologues étrangers.

Cependant le président américain a réussi à me faire rire cette semaine.

Avant de vous montrer une première vidéo de la récente réunion internationale au Caire, il me faut vous en expliquer le contexte. L'Espagne est l'un des rares pays européens qui n'est pas disposé à employer 5% de son PIB au budget de l'armement sous les injonctions de l'OTAN et de Trump.

L'Espagne se distancie de ses partenaires européens, ce qui n'est pas du goût de Trump qui est bien disposé à faire cracher les pays de l'UE au bassinet. Trump avait même suggéré d'exclure l'Espagne de l'OTAN si elle ne payait pas sa part. Rien que ça !

Voici donc cette première vidéo que je commenterai ensuite.

La scène est assez lunaire. On a l'impression de voir Trump en maître d'école, en prof le jour de la rentrée des classes, un prof qui fait l'appel, qui vérifie que tout le monde est bien là et qui interpelle l'un de ses élèves un peu retors.

" Spain ? Where is Spain ?"...L'élève Sánchez est bien là ?

Il  demande ensuite à Pedro Sánchez s'il continue de soigner son PIB, de manière ironique: " Vous faites un travail fantastique ! " ajoute-t-il...Un compliment très narquois !

Regardez maintenant comment Trump avait reçu la veille le président du gouvernement espagnol. Regardez cette poignée de mains particulière avec le président américain qui attire vers lui d'un geste brusque et vif la main de Sánchez et la lui rend ensuite. Une façon de lui dire " T'es avec nous, mec ? ". La provo, toujours la provo.

Mais, finalement, Trump ne se rend pas compte qu'il est en train de rendre un grand service à Sánchez, en lui accordant beaucoup d'importance, en lui donnant une stature internationale.

Trump permet à Sánchez d'exister et d'apparaître comme l'un des seuls dirigeants capables de relever la tête et de ne pas se soumettre aux diktats états-uniens.

Finalement, pour la gauche espagnole, ces provocations trumpiennes sont un presque un motif d'orgueil et de fierté.

Voici par exemple ci-dessous le tweet original de l'ex-dirigeant de PODEMOS Ramon Espinar que j'accompagne ensuite d'une traduction en français.

Quand Trump provoque l'Espagne et tente de soumettre l'union européenne...

Traduction du tweet d'Espinar:

"Cette image de résistance acharnée" toutes dents dehors" est fabuleuse. L'Espagne est le principal point de divergence entre la volonté de transformer l'UE en paillasson pour Trump et le maintien d'une certaine autonomie politique. Ce gouvernement en vaut la peine, mes amis."

Finalement Trump, loin d'isoler Sánchez sur la scène internationale, lui permet d'engranger de très nombreuses sympathies en Europe.

Revenons sur le fond maintenant. La question est complexe et ce n'est pas moi qui me hasarderai à donner une réponse définitive.

Faut-il entrer à cause de Poutine dans une dynamique de surarmement pour s'assurer que notre sécurité soit crédible? Faut-il se surarmer et mettre en péril notre bien-être social déjà bien fragilisé ?

Je ne suis pas expert en ces questions mais quand je vois de quelle manière la Russie est empêtrée depuis 2022 en Ukraine, j'aurais tendance à penser que les sanctions économiques sont suffisantes pour que la Russie ne soit pas en état d'envisager d'autres initiatives belliqueuses. L'Ukraine agit comme un point de fixation qui va durer longtemps et dont la Russie ne se remettra économiquement peut-être jamais.

La Russie occupera certes l'Est de l'Ukraine mais le prix à payer est incommensurable et se maintiendra sur le long terme.

Se surarmer c'est donner raison à Poutine et le rendre capable de nous affaiblir...Peut-être qu'il vaut mieux le laisser aboyer sans se laisser impressionner...Le mépris et le maintien de lourdes sanctions pourraient être les meilleures réponses à apporter.

PS: Complètement hors-sujet.
Il aura fallu que Léo Caerts meure la semaine dernière à l'âge de 94 ans pour que je me rende compte que le compositeur du fameux et très populaire paso doble Y VIVA ESPAÑA était belge !...😲

Par ailleurs il aura fallu que décède le compositeur de Y VIVA ESPAÑA pour que je me rende compte qu'il était encore vivant...RIP Leo...

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C
(de retour de vacances).<br /> <br /> A comparer avec la servilité danoise :<br /> <br /> "Défendre le Groenland ? Oui, mais avec des F-35 américains. Le paradoxe danois.<br /> Par Andrea Muratore<br /> <br /> Le Danemark poursuit son ambitieux plan de réarmement, mais avec sa nouvelle proposition d'acquisition, il change de cap après avoir opté pour l'unité de défense antiaérienne italo-française SAMP-T et se tourne vers les États-Unis. Plus précisément, Copenhague a décidé de commander 16 chasseurs F-35 de fabrication américaine, fabriqués par Lockheed Martin, portant ainsi à 43 le nombre total d'appareils disponibles pour ce pays d'Europe du Nord.<br /> <br /> Le chef d'état-major de la Défense le qualifie d'« affirmation de souveraineté ».<br /> <br /> Michael Hyldgaard, général et chef d'état-major de la Défense danoise, un rôle qui englobe la direction de l'armée de terre, de la marine et de l'armée de l'air, a qualifié le projet d'achat de chasseurs américains d'« affirmation de souveraineté ».<br /> <br /> La Première ministre sociale-démocrate Mette Frederiksen et le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen, vice-Premier ministre et chef du parti libéral de centre-droit Venstre, ont approuvé le projet dans le cadre d'un plan de 27,4 milliards de couronnes danoises (près de 3,7 milliards d'euros). Ce plan, d'après Al Jazeera, comprend « l'achat de deux navires arctiques supplémentaires, la construction d'un nouveau quartier général du Commandement de l'Arctique et d'un câble sous-marin dans l'Atlantique Nord, ainsi que l'acquisition d'un avion de patrouille maritime ».<br /> <br /> L'impulsion danoise en matière de défense<br /> <br /> Copenhague s'est engagée en février à porter ses dépenses de défense et de sécurité à 3 % et à accroître encore cette part dans les années à venir. Defense News indique que le pays prévoit de consacrer 11,77 milliards d'euros à l'achat de nouvelles armes d'ici 2033. Le Danemark a initialement renforcé son engagement envers la sécurité de l'Atlantique Nord après que le président américain Donald Trump a réitéré, au début de son second mandat, son intérêt pour l'acquisition du Groenland, malgré la ferme opposition de Copenhague et une large opposition de la population et des responsables politiques locaux.<br /> <br /> La Frederiksen a réaffirmé l'engagement du Danemark envers l'OTAN en incluant le Groenland dans un périmètre géostratégique et de sécurité visant à réaffirmer la souveraineté nationale sur la plus grande île du monde.<br /> <br /> Cela s'est conjugué au rôle actif du pays sur le théâtre de la mer Baltique, où l'Alliance atlantique et la Russie intensifiaient leur conflit concernant la sécurité des fonds marins, à la relance de l'assistance militaire à l'Ukraine et à la participation du pays à un engagement de défense du Vieux Continent.<br /> <br /> Tous ces efforts ont conduit à une recherche croissante de contrats européens, comme en témoigne le cas du SAMP-T, premier exemple d'un pays participant à l'Initiative européenne « Bouclier aérien » (ESSI) menée par l'Allemagne, décidant d'adopter une arme antiaérienne de haute altitude autre que le Patriot américain. La décision de passer aux F-35 pour renforcer sa force aérienne représente cependant un pas dans la direction opposée.<br /> <br /> Les F-35 sont là pour rester.<br /> <br /> La rhétorique visant à renforcer le caractère danois du Groenland et à mobiliser des ressources pour montrer aux États-Unis l'engagement de Copenhague à empêcher que le front arctique ne devienne poreux pour les adversaires de Washington tels que la Russie et la Chine allait de pair avec un orgueil européiste et une certaine volonté de démarcation du pays.<br /> <br /> La décision de se tourner vers Lockheed Martin pour l'armée de l'air et de n'envisager aucun autre programme, alors que même les nouveaux Eurofighter Typhoon et les chasseurs suédois Jas-39 Gripen connaissent un second souffle, témoignent d'une dépendance à la sécurité qui a peu de chances d'être renversée par des changements de paradigme politique. De l'autre côté de l'Atlantique, le Canada a suivi un raisonnement similaire. Cela confirme pour l'instant que la domination américaine sur les chaînes d'approvisionnement de la défense n'est pas près de prendre fin.<br /> <br /> <br /> https://it.insideover.com/difesa/difendere-la-groenlandia-si-ma-con-gli-f-35-usa-il-paradosso-della-danimarca.html
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A
Merci Caius pour cet article qui pointe bien certains paradoxes chez les danois (et aussi chez les canadiens)....paradoxes qui semblent quasi inévitables tant les américains sont en position de force sur le marché de l'armement et notamment de l'aviation militaire.
R
Trump a tendance à vouloir donner des leçons à tout le monde : il use de ce que l'on pourrait appeler la moquerie amicale... il l' a fait aussi avec Macron qui a voulu reconnaître un état palestinien... <br /> <br /> <br /> https://www.youtube.com/shorts/gnpcNbgWE7k<br /> <br /> <br /> <br /> et après il le complimente : un compliment ironique et tout le monde rigole !<br /> <br /> <br /> S'armer face à Poutine ? Je ne sais pas, mais il est sûr que Poutine ne connaît que la force...
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C
Une moquerie de Trump du besoin maladif de Macron de se mettre en avant sur les photos.
A
Merci pour cet autre lien sur Emmanuel ( a nice guy !...🤣 ).<br /> Mais cette fois-ci le chambrage de Sánchez tourne nettement à l'avantage de celui-ci car il est clair qu'il y a dans toute l'Europe toute une frange tant à l'extrême-gauche, et aussi à l'extrême-droite qui est opposée à ces fameux 5% de budgets militaires imposés par l'UE.<br /> Il est clair que Poutine ne connaît que la force mais les pays de l'OTAN sont déjà dotés de matériels très souvent bien plus performants que ceux des russes. La solution n'est pas de s'aligner sur la politique d'armement à outrance de Poutine mais de lui opposer une force crédible qui rende impossible toute volonté belliqueuse. <br /> Sánchez pose une vraie question...il est certain que nous devrons consentir des efforts supplémentaires mais là, aussi, il y a peut-être une escalade à éviter.<br />
M
Bonjour ,<br /> très bien monsieur Sanchez! Il pourrait donner des leçons d'indépendance à un certain président français qui se couche devant tout ce qui bouge (sauf devant Poutine face auquel il se livre à des rodomontades puériles)...<br /> Bon après-midi,<br /> Mo
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A
Quand Sánchez est arrivé au pouvoir la situation politique en Espagne était aussi bloquée que ne l'est celle de la France en ce moment. Et, à l'épreuve des faits, je dois reconnaître à Sánchez un véritable talent politique pour ramener une certaine concorde sociale dans le pays, sans compter qu'il est devenu le dernier des socialistes au pouvoir en Europe. C'est méritoire...Grâce à lui le socialisme n'est pas mort...
A
Effectivement Sánchez fait montre d'un certain courage politique en menant une fronde au sein de l'UE alors qu'il était pressenti pour y occuper un poste d'importance à l'avenir.<br /> Plus de budget pour l'armée signifie moins d'argent pour la santé publique, ou pour les politiques sociales dans un pays dans lequel la précarite est malheureusement omniprésente.<br /> En voulant limiter le budget de l'armée à 3,5% du PIB Sánchez ne se désolidarise pas de ses associés européens mais tente de poser des limites raisonnables. Ne pas entrer dans une surenchère de l'armement est sans doute une forme d'intelligence.<br /> C'est aussi une manière de ne pas noircir le tableau, de ne pas croire que Poutine serait assez fou pour s'en prendre directement à nous car ça n'aurait aucun sens. Poutine consolide son "empire russe"certes, mais n'a aucune raison de s'en prendre de manière directe à l'Europe. Il faut raison garder.<br /> Bonne fin de journée Mo
L
Les sanctions seules, je ne sais pas... elles n'ont pas été efficaces ni contre la dictature cubaine ni la vénézuélienne ni la Russe. Je préfère parier sur l'après Putin, une démocratie à l'européenne en Russie. Mais je suis pessimiste pour la démocratie dans le monde qui régresse pour laisser la place à des régimes autoritaires.
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A
A part ça, la première vidéo avec Trump qui s'érige en maître d'école est assez cocasse, je trouve...
A
Le poids des sanctions n'est pas facilement mesurable mais elles obligent la Russie à dépendre tellement de "l'ami chinois" qu'elles ont de terribles conséquences pour ce pays. Une Russie qui dédie son énergie à son effort de guerre et qui reste une économie sous-développée ( en ce qui concerne les nouvelles technologies) à cause des choix désastreux de Poutine.<br /> Mais finalement, ça c'est leur problème, et ce sera aux russes de le résoudre..Le but pour nous c'est de limiter le pouvoir de nuisance planétaire de Poutine, et que nous, européens n'ayons pas à en souffrir éxagérément en déployant des moyens militaires surdimensionnés.<br /> Le point de vue de Sánchez peut se défendre, je trouve...ne pas verser dans une parano ou dans une escalade qui fait le jeu des despotes...