Schiarazula Marazula, cette danse du démon, à travers les âges...

Publié le 26 Septembre 2025

Bonjour les amis,

aujourd'hui je vous invite à écouter une chanson d'inspiration médiévale d'Angelo Branduardi.

Cette pièce est une danse macabre, au rythme très enlevé, dans laquelle la camarde s'adresse directement à nous, nous interpelle et se rit de nous, pauvres mortels impuissants, que nous soyons riches ou pauvres.

Voici d'abord cette chanson suivie du texte original de Branduardi et d'une traduction sommaire en français.

 

Sono io la morte e porto corona, io Son di tutti voi signora e padrona e così sono crudele, così forte sono e dura che non mi fermeranno le tue mura. Sono io la morte e porto corona, io son di tutti voi signora e padrona e davanti alla mia falce il capo tu dovrai chinare e dell 'oscura morte al passo andare. Sei l'ospite d'onore del ballo che per te suoniamo, posa la falce e danza tondo a tondo il giro di una danza e poi un altro ancora e tu del tempo non sei più signora.

Je suis la mort et je porte une couronne.
Je suis votre dame et maîtresse à tous.
Et je suis si cruelle, si forte et si dure,
que vos murs ne m'arrêteront pas.

Je suis la mort et je porte une couronne.
Je suis votre dame et maîtresse à tous.
Et devant ma faux, vous devez incliner la tête
et marcher sur les traces de la sombre mort.

Vous êtes l'invitée d'honneur du bal que nous vous donnons.
Déposez votre faux et dansez en rond,
le cercle d'une danse, puis d'une autre,
et vous ne serez plus la maîtresse du temps.

Branduardi s'est inspiré d'une pièce datant de 1578 et intitulée Schiarazula Marazula. Une plainte déposée en 1624 auprès de l'Inquisition indique que des femmes et des hommes du village frioulan de Palazzolo exécutaient cette danse, chantant en deux chœurs pour appeler la pluie.

Apparemment cette pièce s'est déclinée de différentes manières dans tout le bassin méditerranéen.

Il y a 20 ans de cela  dans mon village en Espagne situé dans la région de Valencia j'ai entendu lors de fêtes populaires des musiciens jouer de la Dulzaina (instrument à vent typique de cette région et dont le son ressemble un peu à celui du biniou).

A un moment donné ces musicens jouèrent ENDIMONIÀ, un air que je vous mets en lien ci-dessous.

L'inspiration d'Endimonià devient évidente une fois qu'on a entendu Schiarazula Marazula... mais les musiciens croyaient qu'ils avaient joué devant le public une pièce typiquement valencienne et furent très surpris quand je leur ai appris que l'origine était italienne. 

Il existe d'autres versions, et en France de ce sera le groupe folk  MALICORNE qui reprendra ce thème dans la chanson intitulée PIERRE DE GRENOBLE.

C'est à 5 min 08 secondes sur le lien ci-dessous.

"Danse de la mariée en plein air"  (1566	) Pieter Brueghel l'Ancien

"Danse de la mariée en plein air" (1566 ) Pieter Brueghel l'Ancien

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R
Merci pour cette version ancienne de cette chanson... mais tu as oublié ou tu ne connais pas la version française plus récente ? Elle est magnifique et elle est chantée aussi par Angelo Branduardi, j'ai consacré un article à cette chanson :<br /> <br /> <br /> https://rosemar.over-blog.com/article-la-mort-des-hommes-122633508.html<br /> <br /> <br /> Le dernier couplet provoque une certaine surprise : aucune peur, mais on entend une invitation à danser, à profiter de la fête.<br /> <br /> <br /> <br /> La mort est invitée à festoyer : on la célèbre, on l'accueille dans les maisons, on essaie de l'apprivoiser et de la flatter : qualifiée de "maîtresse du monde", elle devient la reine de la fête.<br /> <br /> <br /> <br /> La mort, image même de la douleur, de la torture, de l'horreur peut entrer dans le choeur de la danse, après avoir déposé sa faux, une façon d'amadouer la faucheuse et de la dépouiller de toute l'horreur qui l'entoure.<br /> <br /> <br /> <br /> Peut-on voir dans cette chanson une façon de dire qu'il faut apprivoiser la mort pour mieux l'accepter ? Peut-on voir, ici, une manière de braver la mort et de ne pas la redouter ?<br /> <br /> En fait, le but est aussi de "tuer" la mort, en la faisant danser et en l'incitant à oublier son ouvrage.<br /> <br /> <br /> <br /> Belle soirée, AJE
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A
Il s'est produit quelque chose d'assez drôle pour moi. Hier soir je parlais de cette chanson à mes camarades de chorale et aucun d'entre eux ne la connaissait. Je suis rentré chez moi en étant convaincu que j'avais déjà fait un billet par le passé, et avec l'intention de leur envoyer mais je n'ai rien trouvé sur mon blog. J'ai donc décidé d'en faire un ce matin. Mais en fait c'était toi qui avait fait un article dans lequel je te réponds, notamment en citant la Endimonià. Tout est donc redevenu clair pour moi. ouf !<br /> Ma mémoire m'a trompé a moitié.<br /> Par ailleurs, oui, je me rappelais vaguement que Branduardi avait ensuite fait une version française.<br /> Merci pour le lien et pour tes commentaires très pertinents sur cette manière enjouée d'affronter la mort.<br /> Disons qu'aujourd'hui, 10 ans après, tu en sais un peu plus puisque j'ai retrouvé la pièce originale qui fut dénoncée par l'inquisition...<br /> Bonne fin de soirée l'amie<br /> PS: Je suis mort de rire...je me revois hier soir recherchant un de mes articles...et, en fait, cest toi qui en avait fait un...😁