Guerre en Ukraine: négociation ou extorsion ?

Publié le 19 Août 2025

Bonjour les amis,

Je ne fais pas de vrai billet aujourd'hui mais je vais juste partager un article de Masha Gessen dans le New York Times.

Julie Drolet a mis en ligne sur facebook une traduction française que vous pourrez lire sur le lien ci-dessous avec le titre suivant:

UNE BRÈVE NOTE SUR LA DIFFÉRENCE ENTRE LA NÉGOCIATION ET L'EXTORSION.

Effectivement nous assistons à une perversion des mots dans les médias et quand on y parle de "négociation" il faut comprendre "extorsion". La nuance est de taille.

L'auteur de l'article nous rappelle que Poutine a le culot de réclamer plus de territoires que son armée n'a été capable de conquérir au cours des 3 dernières années. Il écrit ceci:

"Poutine continue à exiger davantage de territoires qu’il n’en occupe, mais moins qu’auparavant. Mais « moins », c’est encore « trop ».

Et il ajoute plus loin:

"Parlons donc de « l’échange de territoires ». Cette formule semble désigner l’offre de Poutine de prendre une partie de l’Ukraine en échange de la promesse de ne pas menacer une portion encore plus vaste du pays. Ce n’est pas ce que l’on appelle habituellement un échange. C’est ce que l’on appelle de l’extorsion."

C'est une évidence. C'est une extorsion scandaleuse, qui s'inspire des méthodes des pires mafias, et qui est comparable à celle des Sudètes par Hitler.

La rencontre de Trump avec Poutine s'est produite dans des conditions honteuses. Trump qui accueille Poutine sur le tapis rouge en l'applaudissant, c'est absolument grotesque et surtout très révoltant.

On n'applaudit pas un agresseur/prédateur sanguinaire réclamé par la CPI...et ce, même si les USA ne reconnaissent pas la CPI. It's a shame !

Cette photo-montage que je partage ci-dessous résume parfaitement mon écoeurement.

Guerre en Ukraine: négociation ou extorsion ?

Et puis bien sûr le fait que Trump réhabilite l'image internationale de Poutine est pour moi la pire nouvelle pour notre monde, pour notre futur.

Les conséquences ? Elles sont incommensurables car Trump ouvre la porte toute grande à un monde dans lequel la force brute et réellement barbare se substitue au droit des peuples.

Trump s'est converti en idiot utile, ...très idiot et très utile, pour reprendre l'expression du général Yakovleff...

PS: Dans les commentaires ci-dessous j'échange avec Caius à propos de Lavrov et je lui fais part du fait que je suis estomaqué par son incroyable cynisme.

Ce matin je suis tombé sur un dessin satirique qui résume bien le culot incroyable dont il fait preuve. Il n'hésite pas à inverser la charge de la faute et nous prend vraiment pour des imbéciles parfois...

Guerre en Ukraine: négociation ou extorsion ?

Rédigé par alea-jacta-est

Publié dans #USA, #Trump, #Zelensky, #Macron, #Guerre, #Union européenne, #Russie, #Poutine, #Lavrov

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C
Très intéressantes analyses de John Mearsheimer, Alexander Mercouris et Glenn Diesen<br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=SFfOmTEXw5A&t=2432s
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A
Si j'ai bien compris (mais je n'en suis pas sûr) un accord avec des conditions de garanties pour l'Ukraine n'aura pas lieu...Donc Trump aurait compris ça et se limiterait à faire porter le poids de l'aide militaire à l'Ukraine par l'Europe( qui achèterait du matos américain). Donc l'objectif de Trump se limiterait à ne pas pouvoir être accusé du fait que l'Ukraine a perdu sur le terrain par manque de matériel américain ...ça nous promet donc encore de longs mois de confusions et de double-langage à décrypter. Avec Biden les choses étaient quand même plus claires, et surtout plus morales aussi...
C
FIN DE PARTIE POUR TRUMP EN UKRAINE<br /> Par Thomas Fazi<br /> <br /> « Le sommet a été une reconnaissance indirecte que l’Occident a effectivement perdu cette guerre. »<br /> <br /> Bien que la réunion de cette semaine à la Maison Blanche entre Donald Trump, Volodymyr Zelensky et un groupe de dirigeants européens n’ait pas donné de résultats tangibles, elle a néanmoins marqué une étape importante vers la paix en Ukraine. Pour la première fois, le dirigeant ukrainien et ses homologues européens ont convenu de discuter de la guerre sur la base des réalités sur le terrain, plutôt que sur des vœux pieux. Jusqu’à il y a quelques mois, l’adhésion de Kiev à l’OTAN était considérée comme non négociable par la diplomatie européenne et l’OTAN. Aujourd’hui, non seulement cette perspective semble avoir été définitivement écartée, mais pour la première fois, la discussion s’est déplacée de « l’intégrité territoriale » de l’Ukraine vers de potentielles « concessions territoriales ».<br /> <br /> Le sommet de lundi a valu à Trump les éloges, même de la part des médias traditionnels habituellement critiques. « C’était la meilleure journée que l’Ukraine ait connue depuis très longtemps… Le président Donald Trump a offert des aperçus alléchants de la façon dont il pourrait approcher la grandeur présidentielle en sauvant l’Ukraine, en sécurisant l’Europe et en méritant véritablement le prix Nobel de la paix », s’est enthousiasmé CNN. Pourtant, la réunion n’aurait pas eu lieu s’il n’y avait pas eu le sommet de Trump avec Poutine à Anchorage, en Alaska, deux jours plus tôt – qui a plutôt suscité des critiques presque unanimes de la part des partisans de l’Ukraine pour avoir « légitimé » Poutine. Mais cette « dédiabolisation » de Poutine, soigneusement mise en scène, a injecté une dose bien nécessaire de réalisme et de pragmatisme dans la discussion.<br /> <br /> La réunion de l’Alaska a officiellement rétabli le dialogue direct entre les deux plus grandes puissances militaires et nucléaires du monde. Il s’agissait de la première rencontre en face à face entre un président américain et un président russe depuis le début de la guerre en Ukraine, et de la première rencontre de ce type sur le sol américain en près de deux décennies. Elle a également marqué un tournant dans les relations américano-russes qui, depuis 2022, avaient atteint des niveaux d’hostilité jamais vus depuis la guerre froide.<br /> <br /> Le symbolisme a été soigneusement mis en scène : de la réception sur le tapis rouge et de la promenade cérémonielle dans la limousine présidentielle américaine à la référence informelle de Trump à « Vladimir ». Tout cela avait pour but de marquer un nouveau chapitre dans les relations américano-russes. Mais pour Moscou, cela signifiait encore plus. Le sommet a été une victoire politique. La vue de Trump accueillant Poutine a révélé l’échec de la stratégie occidentale consistant à « isoler la Russie » et à « paralyser son économie ». Loin d’être marginalisée, la Russie en est sortie plus forte : elle a approfondi ses relations stratégiques avec la Chine, étendu son influence parmi les États du Sud et résisté au régime de sanctions qui était censé détruire son économie. En serrant simplement la main de Poutine, Trump a reconnu que la Russie reste une puissance avec laquelle il faut compter, et non un État paria.<br /> <br /> Plus important encore, le sommet a été une reconnaissance indirecte que l’Occident a effectivement perdu cette guerre. Les forces ukrainiennes ne peuvent pas reprendre les territoires annexés par la Russie. Au contraire, Moscou continue de faire des avancées progressives sur le champ de bataille. Cette réalité fait d’un règlement négocié la seule issue possible au conflit – un règlement qui impliquerait nécessairement des concessions territoriales : la Crimée, plus les quatre oblasts annexés de l’est et du sud.<br /> <br /> Cela explique peut-être pourquoi Trump a discrètement fait marche arrière sur les diverses menaces qu’il a proférées contre la Russie au cours des dernières semaines. En juillet, il a annoncé un délai de 50 jours pour que la Russie mette fin à la guerre ou fasse face à de « graves conséquences économiques ». Poutine l’a ignoré. Trump a raccourci le délai à 12 jours. Poutine n’a pas répondu. Même à la veille du sommet de l’Alaska, Trump insistait toujours sur un cessez-le-feu comme résultat minimum. Pourtant, Poutine avait été clair : la Russie n’a aucun intérêt à un cessez-le-feu qui permettrait à l’Ukraine de se réarmer et de renforcer ses défenses avec le soutien de l’Occident.<br /> <br /> De plus, les exigences de Moscou ont toujours dépassé la question de la reconnaissance territoriale, à la recherche d’un règlement global qui s’attaque aux « racines primaires du conflit », comme il l’a répété à Anchorage : que l’Ukraine ne rejoigne jamais l’OTAN, que l’Occident ne la transforme pas en un avant-poste militaire de facto à la frontière russe, et qu’un « équilibre plus large de la sécurité en Europe » soit rétabli. Comme l’a récemment reconnu même le faucon du New York Times : « L’objectif primordial du dirigeant russe est principalement d’obtenir un accord de paix qui atteigne ses objectifs géopolitiques – et pas nécessairement de conquérir une certaine quantité de territoire sur le champ de bataille. »<br /> <br /> Dans le but de forcer Poutine, Trump a également menacé d’imposer des sanctions secondaires aux acheteurs de pétrole russe, y compris la Chine et l’Inde. Pourtant, les deux pays ont rapidement rejeté la menace, indiquant clairement que de telles mesures seraient inefficaces. Loin d’isoler Moscou, les sanctions n’auraient fait que rapprocher encore plus Pékin et New Delhi de la Russie.<br /> <br /> Après Anchorage, Trump a abandonné ses deux positions initiales. Il a déclaré qu’un accord de paix était préférable à un cessez-le-feu et que des sanctions secondaires n’étaient pas à l’ordre du jour. Pour Poutine, il s’agit d’une victoire majeure. Pour les États-Unis, il s’agissait d’un aveu implicite que Washington n’a pas le pouvoir d’imposer des conditions. Selon les mots de Trump, il « n’a tout simplement pas les cartes en main ». Il s’agissait d’une reconnaissance brutale de la diminution de l’influence militaire et économique des États-Unis et de l’Occident collectif.<br /> <br /> « Pour les États-Unis, il s’agissait d’un aveu implicite que Washington n’a pas le pouvoir d’imposer des conditions.»<br /> <br /> Un accord de paix global reste toutefois hors d’atteinte. Aucune condition n’a été convenue en Alaska, en grande partie parce que l’Europe – et Zelensky lui-même – restent opposées à tout règlement aux conditions russes. Les dirigeants européens sont tellement investis dans le récit de la « victoire » qu’il serait suicidaire de céder ne serait-ce qu’une partie des exigences de la Russie. Après avoir passé deux ans à assurer à leurs citoyens que l’Ukraine était en train de gagner la guerre, ils ne peuvent pas soudainement pivoter sans faire face à l’indignation du public, en particulier compte tenu des répercussions économiques dramatiques de la guerre sur les économies européennes.<br /> <br /> Mais le problème plus profond est structurel : les dirigeants européens en sont venus à s’appuyer sur le spectre d’une menace russe permanente pour justifier leur érosion continue de la démocratie – de l’expansion de la censure en ligne à la persécution des voix dissidentes, en passant par l’annulation des élections, le tout sous prétexte de lutter contre « l’ingérence russe ». Zelensky a aussi des raisons de résister à la paix. Mettre fin à la guerre signifierait lever la loi martiale en Ukraine, exposant son gouvernement à un mécontentement refoulé face à la corruption, à la répression et à la gestion catastrophique de la guerre. En effet, un récent sondage a révélé que les Ukrainiens eux-mêmes privilégient de plus en plus les négociations aux combats sans fin. Pas étonnant que le sommet de l’Alaska ait déclenché la panique dans les capitales européennes ainsi qu’à Kiev.<br /> <br /> Cela explique peut-être pourquoi la discussion de lundi a soigneusement esquivé la question la plus sensible – les concessions territoriales – Zelensky et les Européens faisant plutôt pression pour des garanties de sécurité de type « article 5 » pour l’Ukraine, traitant effectivement l’Ukraine comme un membre de l’OTAN même si elle n’en est pas officiellement un. Alors que la Russie a fait preuve d’une ouverture générale à l’idée de garanties de sécurité occidentales, le diable se cache dans les détails. Les dirigeants européens ont exigé une participation et un soutien juridiquement contraignants des États-Unis – ce que ni Moscou ni Washington ne sont susceptibles de fournir, étant donné le risque d’être entraînés dans une confrontation directe l’un avec l’autre. Encore moins acceptable pour la Russie est tout arrangement impliquant une présence militaire de l’OTAN en Ukraine, comme l’ont proposé la Grande-Bretagne et la France. Il semble que les dirigeants européens aient adopté une stratégie consistant à exprimer leur ouverture à un règlement tout en s’assurant, par leurs conditions, qu’aucun accord de ce type ne puisse se concrétiser de manière réaliste.<br /> <br /> Plus fondamentalement, cependant, il est peu probable que Trump lui-même soit prêt à céder à la demande de Poutine d’une reconfiguration complète de l’ordre de sécurité mondial – une reconfiguration qui réduirait le rôle de l’OTAN, mettrait fin à la suprématie américaine et reconnaîtrait un monde multipolaire dans lequel d’autres puissances peuvent s’élever sans ingérence occidentale. Malgré toute sa rhétorique sur la fin des « guerres éternelles », Trump continue d’adopter une vision fondamentalement suprémaciste du rôle de l’Amérique dans le monde – bien qu’elle soit plus pragmatique que celle de l’establishment libéral-impérialiste. Son administration continue de soutenir le réarmement de l’OTAN et même le redéploiement des armes nucléaires américaines sur plusieurs fronts, du Royaume-Uni au Pacifique. La politique de Trump à l’égard de la Chine, de l’Iran et du Moyen-Orient au sens large confirme que Washington se considère toujours comme un empire dont la domination mondiale doit être préservée à tout prix – non seulement par la pression économique, mais aussi par la confrontation militaire lorsque cela est jugé nécessaire.<br /> <br /> Dans ce cadre, la Russie reste un défi majeur. En tant qu’allié central de la Chine et de l’Iran, elle est ancrée dans l’architecture de l’ordre multipolaire émergent qui menace l’hégémonie américaine. Pour Washington, Moscou n’est pas simplement un acteur régional, mais un nœud clé dans un réalignement stratégique plus large.<br /> <br /> Trump, cependant, semble disposé – au moins temporairement – à mettre le « problème russe » en attente, se concentrant plutôt sur la confrontation plus large avec la Chine. Mais cela indique un changement de priorités plutôt que de principes : la logique de la suprématie américaine garantit que la Russie restera sur la liste des adversaires, même si les projecteurs se déplacent brièvement ailleurs.<br /> <br /> En ce sens, Trump se contenterait probablement d’un scénario dans lequel les États-Unis se sortiraient de la débâcle ukrainienne tout en laissant l’Europe porter le fardeau un peu plus longtemps – peut-être jusqu’à ce que les conditions sur le terrain se détériorent si gravement qu’un règlement aux conditions russes devienne inévitable. En effet, JD Vance et Pete Hegseth l’ont dit, affirmant que les États-Unis cesseront de financer la guerre, mais que l’Europe peut continuer si elle le souhaite – en achetant des armes américaines dans le processus. Cette « division du travail » permettrait à Washington de réaffecter des ressources à la confrontation à venir avec la Chine, tout en laissant les Européens coincés dans une guerre ingagnable.<br /> <br /> Les Russes sont bien conscients de tout cela. Ils ne se font probablement aucune illusion sur les véritables objectifs de l’establishment impérial américain. Et ils savent très bien que tout accord conclu avec Trump peut être annulé à tout moment. Cependant, les objectifs à court terme de Poutine s’alignent sur ceux de Trump. On pourrait dire que la Russie et les États-Unis sont des adversaires stratégiques dont les dirigeants partagent néanmoins un intérêt tactique pour la coopération.<br /> <br /> Vu sous cet angle, on pourrait postuler que le but du sommet de l’Alaska n’a jamais été d’obtenir un accord de paix final. Trump et Poutine comprennent sans doute qu’un tel accord est actuellement impossible. Il s’agissait plutôt de permettre aux États-Unis de se retirer de l’Ukraine sans s’avouer vaincus, tandis que la Russie continue d’avancer. Pour Washington, cela crée une couverture politique : Trump peut prétendre qu’il a essayé la diplomatie, tout en se déchargeant du fardeau de la guerre sur l’Europe. Pour Moscou, l’avantage réside dans l’affaiblissement progressif de l’Ukraine à mesure que le soutien logistique américain s’estompe. En effet, afin d’encourager un retrait américain, la Russie pourrait même accepter un cessez-le-feu temporaire et peut-être aussi de vagues « garanties de sécurité » américaines – la Russie et les États-Unis les présentant respectivement comme des concessions et des victoires significatives – bien qu’une telle trêve ait peu de chances de tenir.<br /> <br /> L’issue la plus probable sera un dégel temporaire des relations entre les États-Unis et la Russie, bien que la lutte géopolitique plus large se poursuive. Et les vrais perdants seront l’Ukraine et l’Europe. Les Ukrainiens continueront de mourir dans une guerre qu’ils ne peuvent pas gagner, tandis que les Européens continueront de payer la facture. Finalement, ils seront également contraints d’accepter un accord aux conditions russes, mais seulement après de nouvelles souffrances. Même dans ce cas, l’Europe restera piégée dans une relation hostile et militarisée avec la Russie, avec le potentiel d’un nouveau conflit à tout moment. Au mieux, le sommet de l’Alaska et ses conséquences signalent un relâchement temporaire dans une confrontation en cours entre l’Occident et l’ordre multipolaire émergent. Au pire, il garantit que l’Europe et l’Ukraine continuent de payer le prix d’une guerre que les États-Unis ont déjà choisi de laisser derrière eux.
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A
Merci Caius pour cet article que je prends comme une annonce de décès, décès d'un monde où le droit des peuples signifie encore quelque chose...Trop facile d'affirmer qu'on arrive à un point de passage obligé. Je continue de penser que Trump en rompant le front occidental porte l'entière responsabilité de tout l'affreux merdier qui est annoncé dans cet article. Quelque part dans mon esprit la messe n'est pas encore dite. Trop tôt pour dire AMEN !...L'avenir n'est pas écrit.<br /> Même si ce qu'annonce l'auteur se produit on sera , dans le meilleur des cas dans un monde qui va se réarmer à outrance. Tout cela parce qu'un dirigeant russe d'un autre temps (nostalgique de l'ex-Urss qui s'est effondrée toute seule) rêve de reprendre par les armes et de reconstruire un empire, alors que son pays de par sa taille est déjà un empire . Pour y parvenir il a transformé son pays en une dictature féroce où la liberté d'opinion n'existe plus, liquidé systématiquement tous les opposants, provoqué des guerres avec des millions de victimes...
C
Interview de Sergeï Lavrov<br /> https://www.youtube.com/watch?v=wlxjLPPWoN8&t=1s
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A
Ce matin je suis tombé sur un dessin satirique de Lavrov que j'ai ajouté en post-scriptum de mon billet.
A
Il est sacrément gonflé ce Lavrov, gonflé à l'hélium...il parle de garanties de sécurité pour son pays, lui l'agresseur...on croit rêver. Qui va attaquer la Russie? et surtout pourquoi ?...pas un mot sur la main-mise de territoires que ne leur appartiennent pas...C'est le plus fieffé des manipulateurs, presque autant que Poutine.<br /> Bon on connaît aussi la crédibilité de ce Lavrov qui affirmait en 2022 que la Russie n'attaquerait jamais l'Ukraine...<br />
C
Un autre article intéressant : <br /> <br /> L'EUROPE N'EST PAS PRÊTE POUR LA PAIX<br /> La stratégie de Trump est claire<br /> Par Wolfgang Munchau<br /> <br /> Il existe bien plus de raisons pour lesquelles un processus de paix peut échouer que réussir. Mais pour que l'un ou l'autre se produise, il faut d'abord qu'il soit lancé. Et c'est souvent l'étape la plus difficile. Cependant, après son grand sommet à la Maison Blanche, Donald Trump semble avoir réussi l'impossible : un sommet a été organisé entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky qui devrait donner le coup d'envoi des négociations de paix.<br /> <br /> Qu'est-ce qui a été nécessaire pour en arriver là ? Si un cessez-le-feu ne sera pas une condition préalable, les Européens ont obtenu certaines des assurances qu'ils souhaitaient en matière de garanties de sécurité. La question de savoir si celles-ci pourront être appliquées est, bien sûr, tout autre chose, mais l'accord de principe des États-Unis pour aider les Européens à respecter leurs obligations marque un tournant important dans cette guerre qui semble sans fin.<br /> <br /> Comme il est désormais peu probable que Trump change d'avis et revienne à la politique de l'ère Biden consistant à soutenir inconditionnellement, quoique avec hésitation, l'Ukraine, deux scénarios sont désormais possibles pour l'issue de la guerre.<br /> <br /> Dans le premier, l'Ukraine et la Russie concluront un accord de paix, et les États-Unis et l'Europe feront de leur mieux pour que les arrangements de sécurité d'après-guerre fonctionnent. C'est notre scénario de base, mais il sera difficile à réaliser car la question territoriale est particulièrement épineuse. Le point de départ des négociations devrait être la situation militaire actuelle — et non les exigences maximales de la Russie ou de l'Ukraine —, puis des négociations détaillées devraient suivre.<br /> <br /> Dans le deuxième scénario, les pourparlers de paix se poursuivront mais échoueront. Trump rejettera alors la responsabilité sur Zelensky et cessera activement de soutenir l'Ukraine. Méfiez-vous des extrapolations à partir des manifestations de soutien d'hier : les sourires sont trompeurs. Trump veut se retirer. Comme le promoteur immobilier qu'il était autrefois, qui avait d'abord versé un acompte, Trump a investi son capital politique dans un processus de paix et il ne va pas faire marche arrière. Ce scénario serait très mauvais pour l'Ukraine et pour l'Europe. Les États-Unis se retireraient, pour de bon cette fois-ci. Les Européens se retrouveraient alors dans l'obligation de soutenir l'Ukraine et de mettre en place une nouvelle infrastructure de sécurité sans le soutien des États-Unis.<br /> <br /> Ce n'est pas vraiment une option viable sur le plan financier ou militaire pour les dirigeants européens. Après tout, leur engagement devrait être considérable. La ligne de front entre l'Ukraine et la Russie s'étend actuellement sur environ 1 200 kilomètres, soit à peu près la longueur de la frontière intérieure allemande à l'époque de la guerre froide. Cela n'inclut pas le reste de la frontière de jure de l'Ukraine au nord et à l'est avec la Russie et la Biélorussie. Certaines comparaisons ont été faites avec la situation en Corée, mais la zone démilitarisée y mesure à peine 250 kilomètres de long.<br /> <br /> Sécuriser correctement une frontière aussi vaste du côté ukrainien nécessiterait un nombre considérable de soldats — selon certaines estimations, jusqu'à 150 000 soldats européens. Il s'agit d'un déploiement bien plus important que ce que quiconque avait envisagé ; Emmanuel Macron avait évoqué plus tôt dans l'année un contingent de plusieurs milliers de soldats, similaire aux déploiements dits « tripwire » dans les États baltes.<br /> <br /> Et même s'ils le voulaient, les dirigeants européens ne disposent pas des troupes nécessaires pour fournir de véritables garanties à Kiev. Johann Wadephul, le ministre allemand des Affaires étrangères, a récemment admis que l'Allemagne n'aurait probablement pas la capacité d'envoyer des troupes en Ukraine. Et si le Royaume-Uni est peut-être désireux d'exprimer son engagement politique envers ce pays, il est douteux qu'il puisse le soutenir de manière significative. Un article publié l'année dernière par le RUSI indiquait que la Grande-Bretagne ne dispose pas d'équipements suffisants pour faire fonctionner une division blindée de trois brigades. Même le déploiement d'une seule brigade mobiliserait 70 à 80 % des capacités totales du génie militaire britannique.<br /> <br /> Il existe également d'autres défis. À ce stade, le moyen le plus simple pour l'une ou l'autre des parties de faire échouer un accord serait de refuser toute concession territoriale. La revendication russe sur l'ensemble de la région du Donbass, y compris les parties qu'elle n'occupe pas, est maximaliste, et la Russie devrait y renoncer pour que les négociations aboutissent. La région recèle certains actifs commerciaux qui intéressent Moscou – des mines et des entreprises industrielles situées dans les parties occupées par la Russie –, mais elle revêt une importance militaire pour l'Ukraine. Quoi qu'il en soit, les divisions entre régions européennes ont une longue histoire. La Carélie a été divisée entre la Finlande et la Russie après la guerre d'hiver de 1939-1940, et certaines parties de l'ancienne Prusse se trouvent aujourd'hui en Lituanie, en Russie, en Pologne et en Allemagne. Les négociations seront toutefois difficiles.<br /> <br /> Mais la grande difficulté à laquelle seront confrontés les dirigeants européens sera de savoir comment gérer leurs fervents bellicistes dans leur pays. Les milieux politiques et médiatiques européens ont fait preuve d'un grand enthousiasme voire de fanatisme en faveur d'un changement de régime, de nombreux titres récents insistant sur le fait que la Russie ne doit pas être récompensée pour son agression. Bien sûr, aucun de ces auteurs n'a de stratégie militaire pour remporter la victoire, car la réflexion stratégique n'est pas le fort des Européens éduqués. Ils utilisent le passif lorsqu'ils s'expriment ou écrivent : « Il faut faire quelque chose », scandent-ils. Ils disent rarement, voire jamais : « Nous allons faire cela et nous sommes prêts à faire des sacrifices pour y parvenir. »<br /> <br /> Mais nous savons que le reste du monde ne voit pas la Russie de la même manière que l'Europe. Cette perspective eurocentrique ne domine plus le discours mondial, sauf, bien sûr, en Europe. Il est clair que nous vivons l'un de ces moments dangereux de l'histoire où le destin pourrait basculer d'un côté comme de l'autre. Pourtant, malgré toute son arrogance, Trump a au moins une stratégie, contrairement aux Européens.<br /> <br /> <br /> <br /> https://unherd.com/2025/08/europe-isnt-prepared-for-peace/
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A
Merci pour cet article qui offre 2 scénarios possibles... La paix telle que l'imagine Trump n'existera jamais.<br /> Je vous remets ci-dessous ce que dit Thomas Friedman cette semaine. Som analyse est implacable et très clairvoyante....Ça va pas marcher comme Trump le croit c'est sûr...<br /> "J’essaie vraiment d’être équitable dans l’analyse du drame Trump-Poutine-Zelensky-Europe qui se joue depuis quelques semaines. J’essaie de concilier le désir louable du président Trump de mettre fin à la guerre meurtrière en Ukraine avec la manière totalement personnalisée, improvisée, souvent burlesque dont il s’y prend — y compris l’énergie que tous les acteurs doivent consacrer à nourrir son ego et à éviter sa colère, avant même d’en arriver aux compromis infernaux nécessaires pour faire la paix.<br /> <br /> Pour l’instant, tout cela me met profondément mal à l’aise.<br /> <br /> J’ai couvert beaucoup de négociations diplomatiques depuis que je suis devenu journaliste en 1978, mais je n’ai jamais vu un cas où l’un des dirigeants — en l’occurrence le président ukrainien Volodymyr Zelensky — ait ressenti le besoin de remercier notre président environ quinze fois en seulement quatre minutes et demie d’intervention devant la presse. Sans parler des flatteries dont nos autres alliés européens ont cru devoir l’abreuver également.<br /> <br /> Quand nos alliés doivent consacrer autant d’énergie uniquement pour maintenir la paix avec notre président, avant même de commencer à chercher comment établir la paix avec Vladimir Poutine ; quand ils doivent constamment regarder par-dessus leur épaule pour s’assurer que Trump ne les poignarde pas dans le dos avec un post sur les réseaux sociaux, avant que Poutine ne les frappe de face avec un missile ; et quand notre président ne comprend pas que lorsque Poutine dit à l’Ukraine, en substance : « Épouse-moi ou je te tue », Zelensky a besoin de bien plus qu’un conseiller conjugal américain — tout cela me conduit à poser une question : comment cela peut-il jamais fonctionner ?<br /> <br /> D’autant plus que tout mon être me dit que Trump ne comprend pas ce qu’est réellement cette guerre en Ukraine. Trump est différent de tout président américain des 80 dernières années. Il n’éprouve aucune solidarité viscérale avec l’alliance transatlantique et son attachement commun à la démocratie, aux marchés libres, aux droits de l’homme et à l’État de droit — une alliance qui a produit la plus grande période de prospérité et de stabilité pour le plus grand nombre de personnes dans l’histoire du monde.<br /> <br /> Je suis convaincu que Trump considère l’OTAN comme un centre commercial appartenant aux États-Unis dont les locataires ne paient jamais assez de loyer. Et il voit l’Union européenne comme un centre commercial concurrent des États-Unis qu’il aimerait fermer à coups de tarifs douaniers.<br /> <br /> L’idée que l’OTAN soit la lance qui protège les valeurs occidentales et que l’Union européenne soit peut-être la meilleure création politique moderne de l’Occident — un vaste centre de peuples libres et de marchés libres, stabilisant un continent connu depuis des millénaires pour ses guerres tribales et religieuses — est étrangère à Trump.<br /> <br /> En effet, je partage l’avis de Bill Blain, un négociant en obligations et analyste économique basé au Royaume-Uni, qui écrivait lundi : « Aussi grandes soient les flatteries des dirigeants européens envers Trump, il est clair que le lien fondamental de confiance qui sous-tendait le succès de 80 ans d’économie transatlantique, qui a tant favorisé les États-Unis pendant des décennies, est désormais rompu. La fin de l’économie transatlantique bouleversera complètement l’économie mondiale — au profit de l’Asie et de nouvelles relations commerciales. »<br /> <br /> Il n’est donc pas surprenant pour moi que Trump ne ressente pas la nécessité viscérale d’ancrer l’Ukraine à l’Ouest ni de comprendre que l’invasion de Poutine n’est que sa dernière marche pour briser l’Occident en représailles à l’éclatement de l’Union soviétique.<br /> <br /> Comment puis-je savoir que Trump est sourd à tout cela ? Il suffit d’écouter l’interview que son envoyé spécial auprès de Poutine, Steve Witkoff, a accordée à Tucker Carlson en mars, après sa deuxième rencontre avec Poutine au Kremlin. En voici un extrait :<br /> <br /> Carlson : « Qu’avez-vous pensé de lui ? »<br /> Witkoff : « Je l’ai apprécié. J’ai trouvé qu’il était franc avec moi… D’ailleurs, comment régler un conflit avec le chef d’une grande puissance nucléaire sans établir de la confiance et de bons sentiments mutuels ?<br /> <br /> « Lors de ma deuxième visite, cela a pris un tour personnel. Le président Poutine avait commandé un magnifique portrait du président Trump à l’un des plus grands artistes russes et me l’a confié pour que je le ramène au président Trump, ce que j’ai fait. Cela a été rapporté dans la presse, mais c’était un moment si courtois. Et [Poutine] m’a raconté une histoire, Tucker, sur le fait que lorsque le président a été victime d’une tentative de meurtre, il est allé dans son église locale, a rencontré son prêtre et a prié pour le président, non pas parce qu’il était président des États-Unis ou pouvait le devenir, mais parce qu’il avait une amitié avec lui et priait pour son ami. Imaginez-vous entendre de telles choses ?<br /> <br /> « Je suis rentré et j’ai transmis ce message à notre président, ainsi que le tableau, et il en a été visiblement ému. Voilà le genre de lien que nous avons pu rétablir grâce, d’ailleurs, à un simple mot appelé communication, que beaucoup disent que je n’aurais pas dû avoir, parce que Poutine est un méchant. Je ne considère pas Poutine comme un méchant. C’est une situation compliquée, cette guerre et tous les ingrédients qui y ont mené. Ce n’est jamais seulement une personne, n’est-ce pas ? »<br /> <br /> Et cela empire. Trump est tellement aveuglé quant à la nature de Poutine que, lors de son sommet avec les dirigeants européens lundi, on l’a entendu sur un micro ouvert dire au président Emmanuel Macron : « Je pense qu’il veut conclure un accord pour moi. Tu comprends ça ? Aussi fou que cela paraisse. »<br /> <br /> Quelqu’un peut-il identifier un seul diplomate américain à Moscou ou un analyste de la C.I.A. qui conseille aujourd’hui Witkoff et Trump ? Je parierais qu’il n’y en a aucun, car aucun expert sérieux sur la Russie ne leur dirait : « Nous avons conclu que vous avez raison et que nous avions tous tort : Poutine n’est pas un méchant, il veut juste une paix juste avec l’Ukraine — et quand il vous dit qu’il est allé à l’église prier pour le président Trump, vous devez le croire. »<br /> <br /> Désolé, mais si Poutine a vraiment prié pour la vie de Trump, c’est parce qu’il sait qu’aucun autre président américain ne pourrait être manipulé aussi facilement que Trump l’a été. Poutine ne recherche pas et n’a jamais recherché la « paix » avec l’Ukraine. Comme je l’ai déjà écrit, il veut un morceau de l’Ukraine — en fait le morceau entier s’il le peut.<br /> <br /> C’est à la fois la « cause profonde » de la guerre en Ukraine, pour reprendre une des expressions favorites de Poutine, et la « cause profonde des efforts hésitants et brouillons de Trump pour arranger la paix en Ukraine : son incapacité à comprendre que Poutine ne veut pas la paix, mais la victoire », m’a confié Leon Aron, spécialiste de la Russie et auteur de Riding the Tiger: Vladimir Putin’s Russia and the Uses of War. « Poutine doit avoir l’Ukraine pour toutes sortes de raisons idéologiques et politiques internes. Et il ne cessera de la convoiter et de se sacrifier pour elle — à moins que l’Occident ne rende le coût de la guerre prohibitif, militairement et économiquement. »<br /> <br /> Ainsi, je termine où j’ai commencé : Trump et Witkoff n’ont pas tort de vouloir arrêter la guerre et les tueries. Et il n’est pas mauvais non plus d’être en communication régulière avec Poutine pour y parvenir. Je suis totalement favorable aux deux. Mais pour arrêter cette guerre de façon durable, il faut comprendre qui est Poutine et ce qu’il cherche. Poutine est un méchant, un meurtrier de sang-froid. Il n’est pas l’ami du président. C’est une illusion que Trump choisit de croire réelle.<br /> <br /> Une fois que vous comprenez cela, une seule conclusion s’impose : la seule manière durable de mettre fin à cette guerre et d’empêcher son retour est un engagement massif et constant de l’Occident à fournir à l’Ukraine les ressources militaires qui persuaderont Poutine que son armée sera broyée. Les États-Unis doivent aussi offrir les garanties de sécurité qui dissuaderont la Russie de recommencer et inciteront nos alliés européens à promettre que l’Ukraine rejoindra un jour l’U.E. — à jamais ancrée dans l’Ouest.<br /> <br /> La punition de Poutine pour cette guerre doit être que lui et son peuple soient condamnés à regarder éternellement vers l’Ouest et y voir une Ukraine, même réduite, mais une Ukraine slave, libre et démocratique, prospère grâce au marché, en contraste avec la kleptocratie autoritaire et déclinante de Poutine.<br /> <br /> Mais comment Trump pourra-t-il jamais comprendre cette vérité alors qu’il a vidé le personnel du Conseil national de sécurité, réduit et neutralisé le département d’État, limogé le chef de la National Security Agency et son adjoint sur les conseils d’une complotiste farfelue, Laura Loomer, et nommé une admiratrice de Poutine, Tulsi Gabbard, à la tête du renseignement national ?<br /> <br /> Qui lui dira la vérité ? Personne.<br /> <br /> Personne, sauf la terre meurtrie d’Ukraine. Dans les tranchées du Donbass, il y a la vérité. Dans les 20 000 enfants ukrainiens que Kyiv dit que Poutine a enlevés, il y a la vérité. Dans les quelque 1,4 million de soldats russes et ukrainiens tués ou blessés à cause des rêves fiévreux de Poutine de ramener l’Ukraine à Mère Russie, il y a la vérité. Dans les civils ukrainiens tués par les drones russes pendant que Trump déroulait le tapis rouge à Poutine en Alaska, il y a la vérité.<br /> <br /> Et plus Trump ignore ces vérités, plus il bâtit sa stratégie de paix — non pas sur l’expertise mais sur son immense ego et son anti-occidentalisme profondément anti-américain — plus cette guerre deviendra la sienne. Et si Poutine la gagne et que l’Ukraine la perd, Trump et sa réputation en subiront des dommages irréparables — pour toujours.<br /> <br /> Traducion de Julie Drolet<br />
C
POURQUOI TRUMP A RAISON SUR LA QUESTION DE LA PAIX EN UKRAINE<br /> En Alaska, il a découvert la réalité : il accepte désormais un accord sans exiger au préalable un cessez-le-feu, qui n’aurait de toute façon jamais fonctionné.<br /> Par Anatol Lieven<br /> <br /> La plupart des commentaires occidentaux sur le sommet de l'Alaska critiquent le président Trump pour de mauvaises raisons. On l'accuse d'avoir abandonné son appel à un cessez-le-feu inconditionnel comme première étape des négociations de paix, renonçant à une position clé et de s'être « aligné sur Poutine ».<br /> <br /> C'est absurde. Trump s'est contenté de s'aligner sur la réalité, et le véritable reproche qu’on peut lui adresser est qu'il aurait probablement dû agir ainsi dès le début, épargnant ainsi six mois de négociations infructueuses et des milliers de vies ukrainiennes et russes. De plus, en insistant sans cesse sur un cessez-le-feu préalable comme objectif principal, Trump s'est exposé précisément au type de critiques qu'il subit actuellement.<br /> <br /> Il a désormais tout à fait raison de dire qu’il veut « aller directement vers un accord de paix, qui mettrait fin à la guerre, et non pas vers un simple cessez-le-feu, qui souvent ne tient pas ».<br /> <br /> Dès le début des négociations, la partie russe a clairement indiqué qu'elle n'accepterait pas de cessez-le-feu inconditionnel. Cela serait en effet totalement illogique, la pression militaire exercée sur l'Ukraine et les avancées sur le champ de bataille étant de loin le principal levier dont dispose la Russie à la table des négociations.<br /> <br /> Le refus des analystes occidentaux et des gouvernements européens de reconnaître ce fait trahit soit une incapacité à comprendre les réalités évidentes, soit un désir de voir la guerre se poursuivre indéfiniment, dans l'espoir que la Russie finira par accepter les conditions de paix présentées par l'Ukraine. Cela serait logique si les conditions ukrainiennes étaient réalistes et si l'évolution du champ de bataille était favorable à l'Ukraine. Mais certaines des exigences de l'Ukraine sont totalement inacceptables pour Moscou, et ni l'Ukraine ni l'Occident n'ont aucun moyen de contraindre la Russie à accepter, puisque c'est l'armée russe qui avance (bien que lentement) sur le terrain et que l'Occident ne peut fournir de soldats pour compléter les forces ukrainiennes de plus en plus réduites en nombre et en effectifs.<br /> <br /> L'appel à un cessez-le-feu sans accord de paix est également contraire aux intérêts réels de l'Ukraine et de l'Europe. Un tel cessez-le-feu serait extrêmement fragile et, même s'il était (en grande partie) respecté par les deux parties, il conduirait à un conflit semi-gelé, menacé de résurgence permanente. Il serait alors considérablement plus difficile pour l'Ukraine de mener les réformes et le développement économique nécessaires à son adhésion à l'Union européenne.<br /> <br /> Il est compréhensible que les gouvernements de l'OTAN se méfient des intentions de Moscou ; mais s'ils veulent adopter une approche pragmatique et viable des négociations de paix, ils doivent reconnaître que les Russes se méfient également de leurs intentions, et ce, en partie à juste titre. Dans les affaires internationales – et dans l'histoire –, il n'existe pas non plus de garantie de sécurité permanente et absolue, comme l'exigent actuellement les Européens.<br /> <br /> À moins d’une défaite totale et de la soumission d’un camp – ce qui est hors de question dans le cas de la Russie – le mieux que l’on puisse raisonnablement espérer est une combinaison de mesures de dissuasion et d’incitations qui décourageront un retour aux armes pendant longtemps.<br /> <br /> Un conflit semi-gelé serait également néfaste pour l'ensemble du continent européen. Il engendrerait un risque à long terme de retour à la guerre en Ukraine et d'implication de l'Europe dans ce conflit, alors que le soutien militaire américain à long terme à l'Europe n'est manifestement plus garanti dans ces circonstances.<br /> <br /> D'un autre côté, comme le soulignait la semaine dernière Responsible Statecraft, le besoin et l'espoir d'un soutien américain qui en résulteraient enfonceraient l'UE et les États européens dans une dépendance toujours plus grande à l'égard de États-Unis, peu fiables, ce qui entraînerait une nouvelle forme de capitulation économique face aux tarifs douaniers et de soumission aux programmes américains au Moyen-Orient, comme nous l'avons constaté ces derniers mois. Si elles se poursuivent, ces humiliations porteront atteinte au prestige national des institutions européennes et menaceront la paix civile et la démocratie libérale d'une manière que Moscou ne pourrait jamais espérer atteindre.<br /> <br /> Pire encore, du moins selon sa dernière déclaration , la soi-disant « coalition des volontaires » européenne pourrait tenter d’utiliser un cessez-le-feu pour introduire une force militaire européenne en Ukraine, même sans accord global :<br /> « L'Ukraine doit disposer de garanties de sécurité solides et crédibles pour défendre efficacement sa souveraineté et son intégrité territoriale. La Coalition des Volontaires est prête à jouer un rôle actif, notamment par le biais de plans de ceux qui souhaitent déployer une force de réassurance une fois les hostilités terminées. Aucune restriction ne doit être imposée aux forces armées ukrainiennes ni à sa coopération avec des pays tiers. La Russie ne pourrait opposer son veto à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE et à l'OTAN. »<br /> <br /> Il s'agit soit d'une folie, soit d'une duplicité, car tous les gouvernements européens (et l'administration Biden) ont déjà déclaré qu'ils n'étaient pas prêts à entrer en guerre pour défendre l'Ukraine. Même le gouvernement polonais a exclu l'envoi de troupes en Ukraine. Le gouvernement britannique a été le premier à proposer une telle force, mais a également affirmé qu'elle ne pouvait avoir lieu qu'avec la garantie d'un « backstop » américain, ce que l' administration Trump a jusqu'à présent exclu. Les sondages d'opinion montrent que les opinions publiques européennes sont profondément divisées sur la question de l'envoi de troupes en Ukraine.<br /> <br /> Les gouvernements européens sont-ils réellement prêts à envoyer des effectifs militaires totalement insuffisants au cœur d'un conflit non résolu ? Ou, étant donné que la Russie a catégoriquement exclu l'intégration d'une telle force dans le cadre d'un accord de paix, s'agit-il d'une manière sournoise de tenter de bloquer un accord ?<br /> <br /> Il en va de même pour l'affirmation selon laquelle la voie de l'Ukraine vers l'OTAN doit rester ouverte. Empêcher cela était un élément clé de la motivation de Moscou pour déclencher cette guerre. Insister sur cette condition bloquerait donc un accord de paix – et serait en même temps totalement creux et hypocrite, compte tenu du refus affiché et démontré des gouvernements de l'OTAN d'entrer en guerre pour défendre l'Ukraine. Les déclarations officielles sur la « solidarité indéfectible » des États européens sont creuses, car les Russes n'y croient pas – et extrêmement dangereuses, si les Ukrainiens y croient.<br /> <br /> Rien de tout cela ne signifie que toutes les conditions de la Russie sont acceptables ou doivent être acceptées. Poutine semble avoir abandonné une exigence impossible : le retrait de l'Ukraine de l'ensemble des provinces de Kherson et de Zaporijia. La dernière exigence russe concerne le retrait de l'armée ukrainienne de la partie de Donetsk qu'elle contrôle, en échange du retrait russe de portions beaucoup plus restreintes de Kharkov et d'autres provinces.<br /> <br /> Trump aurait conseillé au gouvernement ukrainien d'accepter cette proposition. Ce dernier refuse, ce qui est tout à fait compréhensible, mais également une erreur si, en acceptant cette proposition, il pouvait obtenir une paix stable et un compromis de la part de la Russie dans d'autres domaines, notamment en ce qui concerne la demande de Moscou visant à la « démilitarisation » de l'Ukraine. Car, soyons réalistes, l'armée ukrainienne semble de toute façon en passe de perdre ce territoire.<br /> <br /> Nous en saurons davantage sur la situation actuelle en Russie lors de la rencontre entre Trump et le président Zelensky lundi. Trump se livre à une sorte de navette diplomatique entre les deux belligérants ; la seule particularité est que c'est le président américain qui s'en charge, et non le secrétaire d'État ou le conseiller à la sécurité nationale.<br /> <br /> Trump est-il sage de mettre ainsi en jeu le prestige de la présidence américaine ? Il faut au moins lui reconnaître son courage moral. Il est vrai aussi que, si Poutine n'est pas vraiment le « paria mondial » de la rhétorique politique et médiatique occidentale , il est manifestement désireux de rétablir les relations avec les États-Unis et de les entretenir avec Trump ; et si une rencontre personnelle avec le président américain et un tour en limousine présidentielle sont le prix à payer pour réduire les exigences russes envers l'Ukraine, ce prix en vaut largement la peine.
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C
L'image choisie par Larry C. Johnson dit tout<br /> <br /> https://sonar21.com/hypocrisy-thy-name-is-europe/
A
Merci pour cet article qui, de mon point de vue, part d'une postulat faux. Un accord de paix est impossible car les conditions des russes sont non seulement inacceptables mais elles exigeraient de la communauté internationale le renoncement aux principes qui garantissent la liberté et la souveraineté des peuples.<br /> Le mot "accord" grince terriblement et n'est pas adapté à cette situation. Je ne vois qu'une paix à la Coréenne, sans reconnaissancxe mutuelle. Poutine ne veut pas de cette solution mais ce ne sera pas à lui, le boucher sanguinaire criminel, de décider de ces choses-là...<br /> Je ne suis sûr que d'une seule chose Caius. Le plan de Poutine va échouer et il mènera son pays à la ruine...et ce, malgré toute l'incompétence et la complicité immorale de Trump.<br /> Voici ce que dit Thomas Friedman dans le NYT de Trump. Il explique bien à quel point ce président ne comprend rien à rien....<br /> <br /> https://www.facebook.com/photo/?fbid=10161228551307455&set=a.10150608005372455<br />
C
Trochu, Faidherbe, Joffre, Nivelle, Gamelin, Giraud, Navarre et maintenant Yakoleff dans une longue lignée de généraux français médiocres. Ce général semble incapable de comprendre que le pays que Trump redoute c'est la Chine et qu'il tente de relâcher l'alliance entre la Russie et la Chine
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A
Yakovleff est convaincu que Trump est un agent russe ou, au moins, quelqu'un qui est manipulé par les russes...Ce que moi je peux dire c'est que si Trump avait été un agent russe il ne s'y serait pas mieux pris...Applaudir une personne réclamée par la CPI. Franchement Caius cette image restera dans les mémoires. Trump la honte ! Le genre de moment qui me donne envie de changer de planète...
R
Voici venu le temps des prédateurs… Poutine reçu comme un héros par Trump : c’est aussi une façon de l’attirer dans une forme de négociation, mais c’est Poutine le grand gagnant en fait.<br /> Ce que veut Trump c’est le prix Nobel de la paix !
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C
Dois-je rappeler qu'il y a trois ans zelensny et sa bance ont eu l'occasion de conclure la paix dans de bien meilleures conditions ?
A
Poutine est effectivement le grand gagnant et la meilleure preuve c'est qu'il n'a rien lâché (ou si peu que c'en serait risible si le sujet n'était pas aussi dramatique). Zelensky obligé d'accepter de grandes amputations territoriales avec un pistolet sur la tempe, peut-on encore appeller ça une négociation ?<br /> Trump , dans cette affaire est tout sauf un médiateur car il n'a rien obtenu des russes et, en plus, il ne semble pas gêné plus que ça de devoir renoncer aux grands principes de liberté de de souveraineté auxquels toutes les nations ont droit.<br /> Les USA étaient les gendarmes du monde et avec Trump il n'y a plus de vrai gendarme. Donc oui, voici venu le temps des prédateurs...
L
Je viens de lire la fiche Wikipedia du general Yacovleff, je vois qu'il a fait la Bosnie, Mostar en 2002... Il se trouve qu'aujourd'hui j'ai lu l'histoire du général Morillon qui avait promis la vie sauve aux habitants de Srebrenica en leur disant qu'ils sont sous la protection de l'ONU. Deux ans plus tard ils étaient massacrés par le général Mladic, 8000 hommes et garçons ont été passés par les armes dans les jours qui ont suivi la prise de Srebrenica.<br /> Que peut espérer l'Ukraine de la protection de l'Europe ou de l'OTAN ?
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C
Vous ne devez pas avoir suivi la capitulation de l'Arménie face à l'Azerbaïdjan<br /> https://www.theamericanconservative.com/peace-after-conquest/
C
Vous ne devez pa
A
Pauvre général Morillon qui est revenu plus tard à Srebreniça pour présenter ses excuses, bien que pas personnellement coupable.<br /> <br /> https://www.letemps.ch/monde/excuses-general-morillon-srebrenica?srsltid=AfmBOoo_4QCbo_j6mBcNiAqZgrG0sZ4_a3nmZCLwtHVtf70n9jXMinO-<br /> <br /> Que peut espérer l'Ukraine de l'Europe ou de l'OTAN ?<br /> Je n'en sais fichtre rien mais j'aurais aimé que Trump ne soit pas disposé à acter l'invasion russe. Trump tourne le dos aux principes qui garantissent la paix et LA JUSTICE dans le monde. L'exemple de Poutine pourrait faire école. Si le crime a payé pour lui qu'est-ce qui empêchera les autres d'en faire autant ?<br /> Trump nous fait entrer dans un monde que je récuse de toutes mes forces, un monde régi par la loi de la jungle, un monde qu'il va rendre bien plus dangereux qu'il ne l'est encore aujourd'hui de par sa profonde incompétence d'une part et de par son incompréhension d'autre part...