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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 15:10

Bonjour les amis,

Le 24 Janvier dernier je vous avais parlé du dernier film de Woody Allen WONDER WHEELS.

La bande-son du film est très soignée comme toujours chez Woody Allen qui est, comme vous le savez, un clarinettiste passionné de jazz.

WONDER WHEEL est un drame qui se passe aux Etats-Unis et, à un moment donné dans le film, on entend une chanson très latine ( mais chantée en anglais ) et ce n' est pas par hasard.

Woody Allen utilise un tango pour amener un peu de dérision et d' ironie autour du thème de la passion.

Voici l' extrait qu' on entend dans le film.

Mais évidemment,en regardant le film je me disais que ce morceau était très probablement argentin ou espagnol...J' ai fait mes petites recherches, et je suis tombé sur l' original : il s' agit de EL CHOCLO.

Cette chanson a été composée en 1903 par Angel Villoldo.

EL CHOCLO voulait dire épis de maïs, mais pouvait signifier quelqu' un qui est blond comme les blés.

La chanson a été reprise dans les bordels argentins où l' épis de maïs est devenu un phallus...

C' est en 1947 que Enrique Santos Discepolo réécrit de nouvelles paroles pour la chanteuse Libertad Lamarque dans le film LE GRAND CASINO de Luis Buñuel. 

 

 

 

Enrique Santos Discepolo

Enrique Santos Discepolo

Vous trouverez ci -dessous les paroles originales

Con este tango que es burlón y compadrito 
Se ató dos alas las emoción de mi suburbio 
Con este tango nació el tango y como un grito 
Salió del sórdido barrial buscando el cielo
Conjuro extraño de un amor hecho cadencia 
Que abrió caminos sin más ley que su esperanza
Mezcla de rabia, de dolor, de fe, de ausencia 
Llorando en la inocencia de un ritmo juguetón
Por tu milagro de notas agoreras 
Nacieron sin pensarlo las paicas y las grelas
Luna en los charcos, canyengue en las caderas 
Y un ansia fiera en la manera de querer
Al evocarte
Tango querido
Siento que tiemblan las baldosas de un bailongo 
Y oigo el rezongo de mi pasado
Hoy que no tengo
Más a mi madre
Siento que llega en punta 'e pie para besarme 
Cuando tu canto nace al son de un bandoneón
Carancanfunfa se hizo al mar con tu bandera 
Y en un perno mezcló Paris con Puente Alsina
Fuiste compadre del gavión y de la mina 
Y hasta comadre del bacán y la pebeta
Por vos susheta, cana, reo y mishiadura
Se hicieron voces al nacer con tu destino
Misa de faldas, kerosén, tajo y cuchillo 
Que ardió en los conventillos y ardió en mi corazón
Tango querido, tango argentino 
Siento que tiemblan las baldosas de un bailongo 
Y oigo el rezongo de mi pasado
Tango querido, tango argentino 
Siento que llega en punta 'e pie para besarme 
Cuando tu canto nace al son de un bandoneón

Les paroles sont pratiquement intraduisibles, et je n' ai pas les connaissances argotiques en argentin pour me lancer moi-même dans cet exercice.
Alors je vous mets la traduction mot à mot du traducteur automatique pour que vous ayez une petite idée du texte.

Avec ce tango qui se moque et compadrito
Il a attaché deux ailes l'émotion de ma banlieue
Avec ce tango le tango est né et comme un cri
Il a quitté le quartier sordide à la recherche du ciel
Étrange sorcellerie d'un amour fait cadence
Qui a ouvert les routes sans autre loi que leur espoir
Mélange de rage, de douleur, de foi, d'absence
Pleurer à l'innocence d'un rythme ludique
Pour votre miracle de notes inquiétantes
Ils sont nés sans penser aux païas et aux grelas
Lune dans les flaques d'eau, canyengue dans les hanches
Et un désir ardent de vouloir
En t'évoquant
Tango cher
Je sens les carreaux d'un bailongo trembler
Et j'entends le rejet de mon passé
Aujourd'hui je n'ai pas
Plus à ma mère
Je sens qu'il arrive à punta 'e pie pour m'embrasser
Quand votre chant est né au son d'un bandonéon
Carancanfunfa est allé à la mer avec votre drapeau
Et sur une épingle il a mélangé Paris avec le pont Alsina
Vous étiez compadre du gabion et de la mine
Et même comadre du bacán et de la pebeta
Pour toi susheta, cana, reo et mishiadura
Des voix ont été faites à la naissance avec votre destin
Masse de jupes, kérosène, slash et couteau
Cela a brûlé dans les tènements et brûlé dans mon coeur
Tango cher, tango argentin
Je sens les carreaux d'un bailongo trembler
Et j'entends le rejet de mon passé
Tango cher, tango argentin
Je sens qu'il arrive à punta 'e pie pour m'embrasser
Quand votre chant est né au son d'un bandonéon

La chanson a été adaptée en anglais en 1952 sous le titre Kiss of Fire (« Baiser de feu »), et interprétée depuis par de nombreux et fameux artistes ( Louis Armstrong,Billy Eckstine, Tony Martin, Caterina Valente,Ikue Mori,Hugh Laurie,etc...) 

Et bien évidemment, en Argentine, cette chanson fait partie de la mémoire collective.Chaque artiste, chaque génération l' a chantée, comme par exemple, Virginia Luque.

Et puis EL CHOCLO peut se danser bien sûr...avec fougue et passion !

Finalement EL CHOCLO c' est un peu comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir.

Tout le monde connaît la musique d'  EL CHOCLO mais personne en Europe n' en connait le titre...Je suis content aujourd' hui d' avoir  contribué ( modestement) à réparer cette petite injustice.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 08:54

Bonjour les amis,

Hier soir à la maison de la Culture de mon village un nouveau groupe nommé Quattro a présenté un premier travail d' adaptation et d' interprétations d' oeuvres du grand compositeur argentin Astor Piazzolla.

Soirée magique en compagnie du Grand Astor...

Sebastià ROIG,Le contrebassiste et saxophoniste du groupe Quattro a réadapté neuf oeuvres du grand maître argentin pour quartet piano-violon-violoncelle et saxophone ( ou contrebasse).

Ce fut une soirée absolument magique, musicalement très inspirée avec de très belles envolées lyriques tant au violon qu' au saxo...

Alejandra, l' interprète narratrice argentine récita avec ferveur les textes de ces chansons, avec son accent plein de charme et cette prononciation si particulière des argentins.

Soirée magique en compagnie du Grand Astor...
Soirée magique en compagnie du Grand Astor...
Soirée magique en compagnie du Grand Astor...

Voici le programme

- SOLEDAD

- CAFÉ 1930

- ADIOS NONINO

au sujet duquel Astor avait écrit:

"Este tema es el as lindo de mi vida...No sé si lo voy a mejorar, no creo..".

"C' est le plus beau thème de ma vie...je ne sais pas si je ferai mieux.Je ne le crois pas..."

- INVIERNO PORTEÑO

- BALADA PARA UN LOCO

- MILONGA EN RE

-ESCUALO

-MILONGA DEL ANGEL

-LIBERTANGO

Je vous mets en lien le thème de BALADA PARA UN LOCO...ballade pour un fou

Après une longue introduction pleine de poésie on entend le thème musical hyperconnu à partir de 1 minute 53 secondes.

Ça va tout de suite vous rappeller une très bonne reprise et adaptation de Julien Clerc...

Le concert a terminé avec le LIBERTANGO où cette fois-ci c' est le saxo qui a interprété le thème.

Votre serviteur était absolument en nage....ravi, sur un petit nuage...

Oui, durant plus d' une heure hier soir, l' âme du grand maître a plané sur la maison de la culture.

PS: Voici les paroles originales de ballade pour un fou:

Balada Para Un Loco

Las tardecitas de Buenos Aires tiene ese qué sé yo, ¿viste?
Salgo de casa por Arenales, lo de siempre en la calle y en mí,
cuando de repente, detrás de ese árbol, se aparece él,
mezcla rara de penúltimo linyera y de primer polizonte
en el viaje a Venus. Medio melón en la cabeza,
las rayas de la camisa pintadas en la piel,
dos medias suelas clavadas en los pies,
y una banderita de taxi libre en cada mano... Ja...ja...ja...ja...
Parece que sólo yo lo veo, porque él pasa entre la gente
y los maniquíes me guiñan, los semáforos me dan tres luces celestes
y las naranjas del frutero de la esquina me tiran azahares,
y así, medio bailando, medio volando,
se saca el melón, me saluda, me regala una banderita
y me dice adiós.

Ya sé que estoy piantao, piantao, piantao,
no ves que va la luna rodando por Callao
y un coro de astronautas y niños con un vals
me baila alrededor...
Ya sé que estoy piantao, piantao, piantao,
yo miro a Buenos Aires del nido de un gorrión;
y a vos te vi tan triste; vení, volá, sentí,
el loco berretín que tengo para vos.
Loco, loco, loco, cuando anochezca en tu porteña soledad,
por la ribera de tu sábana vendré, con un poema
y un trombón, a desvelar tu corazón.
Loco, loco, loco, como un acróbata demente saltaré,
sobre el abismo de tu escote hasta sentir
que enloquecí tu corazón de libertad, ya vas a ver.

Y así el loco me convida a andar
en su ilusión súper-sport,
y vamos a correr por las cornisas
con una golondrina por motor.
De Vieytes nos aplauden: Viva, viva...
los locos que inventaron el amor;
y un ángel y un soldado y una niña
nos dan un valsecito bailador.
Nos sale a saludar la gente linda
y el loco, pero tuyo, qué sé yo, loco mío,
provoca campanarios con su risa
y al fin, me mira y canta a media voz:

Quereme así, piantao, piantao, piantao...
trepate a esta
ternura de loco que hay en mí,
ponete esta peluca de alondra y volá, volá conmigo ya:
vení, quereme así piantao, piantao, piantao,
abrite los amores que vamos a intentar
la trágica locura total de revivir,
vení, volá, vení, tra...lala...lara
...

Et sur ce lien ci-dessous, il y a la traduction française de l' oeuvre

en vis-à-vis de chaque vers espagnol.

http://www.fabricehatem.fr/fh-medias/fruit/balada_para_un.pdf

Notez au passage que Julien Clerc a repris et gardé pour son adaptation le fameux "Je suis planté, planté, planté"....en dialecte argentin c' est "Estoy piantao, piantao, piantao ! "

En espagnol académique ce serait: Estoy plantado !

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