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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 15:25

Bonjour les amis,

Parmi les faits divers mineurs de cette semaine, j' ai retenu une affaire assez cocasse de licenciement d' un barman français en Colombie Britannique.

Licencié pour comportement agressif envers ses collègues, le serveur a invoqué devant le juge un malentendu culturel dû à sa culture française...

Ce qui est cocasse dans cette histoire ( voire même un peu inquiétant) ce n' est pas tant que le serveur invoque sa culture française pour se défendre mais plutôt que le juge considère que son argument est recevable...Voila qui en dit long sur notre image à l' étranger !

Alors, au delà des idées reçues, des lieux communs, des réputations plus ou moins méritées, il faut d' abord dire que dans le milieu de la restauration en France, il y a effectivement une tradition de rapports très directs, parfois assez violents, pas toujours très compatibles avec les us et coutumes anglo-saxons.

On se souvient tous du chef cuistot interprété par Bernard Fresson qui gueule comme un putois sur les serveurs dans le film GARÇON de Claude Sautet. En fait, ça fait partie du business...Deux heures plus tard, une fois que le " coup de feu" en cuisine est passé tout le monde redevient cool, et copain-copain.

Ecoutez l' extrait à partir de 20 secondes...

Cette agressivité du serveur licencié m' a également remis en mémoire mon arrivée à Paris fin des années 70.Le petit provincial un peu timide que j' étais trouvait les parisiens à la fois stressés, stressants  et agressifs.

J' habitais rue de Montessuy, près de la Tour Eiffel, et j' avais pour voisine de palier une dame suisse, très élégante, très classe, d' une quarantaine d' années.

Elle m' avait confié que lorsqu' elle était débarquée dans la capitale ça l' avait choqué elle-aussi cette agressivité des parisiens.Et puis, elle m' a dit qu' elle s' était rendue compte que lorsqu' elle répondait aux gens sur le même ton,et avec la même fermeté, tout se passait bien.Il n' y avait pas d' escalade.Tout le monde trouvait ça normal et c' était bien accepté.

Alors,chers amis, pour éviter de colporter davantage cette image peu flatteuse de gaulois agressifs,moi je proposerais à tous nos professeurs d' histoire d' apprendre à nos chères têtes blondes dès le collège que notre tradition, c' est l' élégance, le panache et la courtoisie.

Il serait bien de rappeler à nos élèves certains épisodes de notre histoire, et que, par exemple, à la bataille de Fontenoy, nous n' avons pas tiré les premiers et que nous avons invité courtoisement Messieurs les Anglais à le faire...

NB: Ne perdez pas les explications sur le document vidéo et notez à la fin de l' intervention du locuteur que si on déplace la virgule, la phrase change de sens.

Donc, la solution est dans notre histoire, dans notre culture.Enseignons à nos élèves comment répondre à une insulte ou à une moquerie en leur faisant apprendre par coeur la tirade du nez de Cyrano de Bergerac, et c' en sera fini du harcèlement entre élèves.

Vous le voyez les amis, face à la violence, à la vulgarité, à l' agressivité rien de tel que le verbe, le panache, l' esprit...

Alors, au lieu de se chercher de mauvaises excuses, ce barman devrait essayer d' être français, mais dans le sens classique du terme...!

Tel Super Dupont le fier et noble faux super-héros de Gotlib !

Excusez-moi d' avoir été un peu trop " français" avec vous...

PS: Redevenons sérieux juste deux secondes.Ce barman devrait savoir que la première chose qu' on apprend quand on s' installe à l' étranger c' est de ne pas essayer d' imposer les normes sociales de son pays d' origine, mais plutôt d'essayer de comprendre et de respecter celles du pays où on a émigré...Bien évidemment il ne s' agit pas de renier son identité, mais simplement de savoir prendre aussi la couleur des murs sans faire de vagues, ni de de scandales.

 

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 07:31

Bonjour les amis,

Je viens de terminer la dernière page du roman de François Roux" Le bonheur national brut", un long roman de 660 pages qui m' aura accompagné tendrement sous la chaleur écrasante de ce mois de juillet.

Voici un résumé rédigé par Alma, l' un des intervenants sur le site Critiques libres.

Ils sont quatre, Philippe, Tanguy, Benoît et Paul : quatre copains de classe de terminale d’un lycée breton quand s’ouvre le roman, le 10 mai 1981, jour de l’élection de François Mitterrand. Ils ont 18 ans, une vie nouvelle s’offre à eux. François Roux les suit d’abord de 1981 à 1984 dans leur vie d’étudiant à Rennes ou à Paris pour 3 d’entre eux, dans la vie professionnelle pour celui qui a échoué au bac. On les retrouve ensuite 25 ans plus tard, adultes bien installés dans la vie, jusqu’au 12 mai 2012, jour de l’élection de François Hollande.

Un roman à la construction rigoureuse où se croisent des chapitres, toujours datés, qui relatent tour à tour un moment ou une rencontre-clé d’un des 4 protagonistes.

D’abord roman d’apprentissage, dans lequel chaque personnage cherche sa voie, fait des rencontres déterminantes, il devient dans sa 2e partie roman social, reflet des mécanismes de la vie politique, économique, artistique et culturelle de notre époque . En effet Rodolphe devient député de gauche, Tanguy responsable commercial d’un grand groupe international, Benoît, photographe de renommée mondiale, et Paul – le narrateur - comédien.

Si le roman y gagne en densité, il y perd, à mon sens, en humanité. Nos mousquetaires deviennent des stéréotypes chargés de représenter la puissance mais aussi les failles, les erreurs et les abus du milieu où ils évoluent. En endossant les préjugés, les codes sociaux et les codes langagiers de leur classe sociale, il arrive qu’ils en deviennent caricaturaux. S’ils sont attachants dans leur jeunesse, par la vérité de leurs élans, de leur fougue et de leur désir de réaliser leurs rêves, ils apparaissent, ensuite, au temps de leur maturité, comme des acteurs chargés d’incarner un rôle, celui de l’être pris au piège de son milieu. « Bientôt, Rodolphe serait empêtré dans les rouages du monde politique, Tanguy dans ceux de l’entreprise, Benoit et moi dans ceux de l’art et de la culture. »

Le roman n’en reste pas moins le portrait d’une gén
ération, de ceux qui ont eu 18 ans en 1981 « les fossoyeurs des Trente Glorieuses, les enfants de la crise, du chômage, de la surconsommation, de la mondialisation, de la croissance molle, de l'argent roi soudain devenu argent fou,…..mais avant, tout les enfants du doute et de l'incertitude. » Le portrait d’une génération pour laquelle le bonheur matériel était l’indice de la réussite d’une vie et qui découvre, désabusée à 50 ans qu’elle s’est trompée « Et si le bonheur était la plus grosse arnaque de ce siècle et de tous ceux qui l'ont précédé ? Et si le souci d'atteindre le bonheur était précisément la chose qui nous faisait le plus souffrir ? »

Miroir parfois cruel de notre société, cette chronique douce–amère du parcours professionnel et sentimental d’un quartet d’amis que la vie sépare mais qui se retrouvent toujours pour fêter un succès ou pour se réconforter dans le malheur est d’une lecture agréable et facile.

Le bonheur national brut:30 ans de notre vie...

Dans un premer temps ce livre m' a fait replonger avec bonheur dans l' ambiance de la France du 10 mai 1981.Je vivais à Paris à cette époque là, et François Roux sait merveilleusement nous faire revivre ces moments pleins d' espoir, de naïveté et d' enthousiasme.

L' auteur nous offre un portrait sociologique très large de la France de ces années-là grâce à ses 4 personnages dont nous suivons les itinéraires en parallèle.

Il nous fait pénetrer dans des cadres sociaux bien précis et bien différenciés: le monde du travail.,la France rurale,la petite bourgeoisie de Province, la gauche caviar,la grande bourgeoisie parisienne ( avec dans le livre, à un moment donné, un brillant exposé assez drôle de ce qui différencie la grande de la petite bourgeoisie).Tout cela est décrit avec beaucoup de réalisme, de précision et d' humour aussi...Le monde de l' Art, de la pub, du marketing n' échappent pas à son scalpel corrosif...

J' ai beaucoup aimé dans ce roman dense les personnages secondaires qui gravitent autour de nos 4 héros.Des caractères bien travaillés, fruits d' un sens aigu de l' observation de l' auteur, qui donnent du corps et de la consistance au récit.

Contrairement à ce que pense Alma je trouve la seconde partie du roman dans laquelle on retrouve nos héros 30 ans plus tard sans doute la plus intéressante, la plus jubilatoire.

Même si la critique sociale et la dénonciation des pertes de valeurs de notre société y sont bien traitées, l' auteur garde toujours une certaine tendresse pour ses personnages dont la moralité ne se pervertit pas , et dont on sent qu' ils sont pris eux-aussi dans des rouages qui les dépassent.

On pense à une certaine phrase qui est restée célèbre: " Responsable mais pas coupable...".

Notons qu' il y a aussi des petits romans dans le roman.En effet François Roux va jusqu' au bout de ses personnages.Rodolphe est député socialiste, et l' auteur imagine une entrevue complètement écrite pour un grand Journal.

Tanguy doit lancer un grand parfum et on assiste au déploiement détaillé de toute la stratégie publicitaire extrêmement coûteuse.

Paul est dramaturge et l' auteur imagine le contenu d' une de ses oeuvres et nous livre une scène complète, etc...J' ai aimé cette façon de nous faire vivre pleinement ses personnages en entrant dans le détail, et en ne se contentant pas seulement de les survoler...

Il y a l' évolution des 4 protagonistes qui est intéressante mais aussi celle des personnages secondaires comme la mêre de Paul qui changera radicalement de vie dès le décès de son mari et qui va se désinhiber de manière drôle et touchante....

Le personnage qui m' a le plus séduit dans ce roman n' est pas l' un des 4 amis mais Alice, fille d' un homme d' affaire véreux qui épousera Rodolphe le député socialiste ( qui ressemble par bien des traits à notre actuel premier ministre Manuel Valls).

Alice est une enfant chérie du système, qui se doute bien que la richesse de son papa n' est pas tout à fait nette, mais qui sait provoquer autour d' elle des évènements et des rencontres.Elle est extrèmement positive, va vers le coeur des gens et se désintéresse de leur bord politique.Elle a énormément d' empathie pour ses congénères.Elle déniche de grands artistes, les fait connaitre en organisant des expos.C' est un personnage positif, généreux, subtil, drôle et fascinant...Alice n' est pas belle, au sens habituel du terme, mais elle a énormément de fraîcheur et de charme. Elle est bourrée d' intelligence émotionnelle.Sa gentillesse sincère et son tact spontanée désarment ses possibles adversaires.

Voici comment j' imagine le sourire bienveillant d' Alice

Le bonheur national brut:30 ans de notre vie...

Il y a aussi dans ce livre un peu de Claude Sautet, du " Vincent, François, Paul et les autres" mais version 2015.D' ailleurs je m' étonne qu' aucun cinéaste ne se soit emparé de ce beau roman pour en extraire un scénario...Il pourrait même en faire 2 films.

1 .Les années 80

2. Les années 2010

Ou alors une série télévisée en 12 chapitres, ça ne serait pas mal aussi..

Je terminerai en vous disant que le livre n' est jamais ennuyeux.On est parfois agacé par le nombrilisme. l' égoïsme ou le manichéisme de certains personnages secondaires,mais on reste happé par le récit, toujours désireux de savoir ce qu' il va advenir de nos héros.

La fin a un petit goût amer mais ne tombe pas dans une noirceur excessive.Les temps ont définitivement changé.Chacun fait ce qu' il peut, avec plus ou moins de bonheur...

François Roux

François Roux

Le bonheur national brut:30 ans de notre vie...
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 14:23

Bonjour les amis,

Aujourd' hui je n' ecrirai pas de billet mais je vais plutôt partager avec vous un article de François Brune qui mérite qu' on s' y arrête

je viens de tomber sur ce texte qui date de 2005, et mon impression, à la première lecture, c' est que rien n' a changé depuis ( ou alors en pire....)

C' est un texte bref qui casse nos mythes, qui montre leurs limites ou leurs incohérences quand ce n' est leur absurdité suicidaire...

Le voici:

Je n' ai presque rien à ajouter à ce magnifique article, si ce n' est que l' auteur met en forme des pensées que je partage avec lui depuis longtemps mais de manière sans doute plus confuse.

Cela fait longtemps que je pense que notre société n' a plus de contrôle sur elle-même et qu' elle se crée des faux objectifs....Les progrès sont si rapides qu' on n' a même plus le temps de réfléchir sur leur nature réelle .Nous regardons toujours la face de la monnaie et jamais son revers.

On nous vend tout et le contraire de tout.

Notre moteur économique est la COMPETITION.Or pour créer un seul vainqueur il faut nécessairement qu' il y ait de très nombreux perdants.L' un ne va pas sans l' autre.Finie l' époque où on pensait que tout le monde en sortirait bénéficiaire.On ne peut penser à la compétitivité sans mettre en parallèle la solidarité qui devrait l' accompagner.Mais aucune idéologie n' est capable de mettre ces principes en pratique...Ce devrait être le grand chantier idéologique de notre XXI ème siècle...

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