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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 15:22

Bonjour les amis,

Il y a quelques jour je vous parlais de mon enfance dans la cité minière de Wallers-Arenberg dans le Nord de la France. La ville possédait dans les années soixante un cinéma qui s'appelait l'Alhambra.

Et parfois, il nous arrivait d'y aller en classe pour voir un film, ou alors la version filmée d'une pièce de théatre. J'avais gardé un grand souvenir d'une projection du BOURGEOIS GENTILHOMME avec notamment la marche pour la cérémonie des turcs, composée par Jean-Baptiste Lully,compositeur du Roi de France, et qu'on entend à 5 minutes dans cette vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=J9nrQ1glm7M

Et il se trouve que cette semaine, un bon ami m'a envoyé une version datant de 2009 de cette pièce musicale, interprétée dans un palais à Florence, avec instruments anciens, sous la direction d'un spécialiste de la musique de la Renaissance,  Federico Maria Sardelli.

La musique commence après la présentation du locuteur François de Rudder, qui déclame avec une prononciation d'époque faite de R roulés...

Alors j'adore cette version, et particulièrement la direction pleine d'entrain et de vivacité  de Federico Sardelli qui marque le tempo avec un bâton...

Et en parlant de bâton, ça ne vous rappelle rien l'histoire du bâton ?

Et bien sachez qu'en pleine répétition du TE DEUM qu'il préparait pour le roi Louis XIV, Giovanni Battisti Lulli, plus connu en France sous le nom de Jean-Baptiste Lully, s'emporte contre ses musiciens et frappe un peu trop fort avec son bâton involontairement sur son orteil. L'orteil s'infectera, puis la jambe se gangrènera et finira par emporter le grand compositeur italien le 22 Mars 1687.

Alors quand on voit de quelle manière énergique Federico Sardelli dirige cette marche turque et marque le tempo, on ne peut s'empêcher de penser :

" Attention le pied !...".... 😉

 

Attention le pied !

PS: Je vous mets en prime un petit lien sur la biographie de Lully.

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16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 15:35

Bonjour les amis,

Il y a quelques semaines j'avais consacré un billet à NIÑO DIOS DE AMOR HERIDO de Francisco Guerrero.

http://alea-jacta-est.ex-posteur.over-blog.com/2019/06/nino-de-dios-herido.html

La semaine dernière Silvia, la directrice de chant de mon groupe choral CADENZA, m'a fait une bonne petite surprise. Elle savait que j'adorais ce morceau, que j'avais très envie qu'on le chante et elle l'a mis au programme de notre prochain concert. J'avais suggéré ce choix à maintes reprises et elle a finalement accédé à mon souhait. Je l'en remercie vivement.

Alors, avant d'aller plus loin, je vous invite à prendre juste 2 minutes pour réécouter attentivement ce petit joyau polyphonique de la Renaissance espagnole. 

En général quand j'aborde une oeuvre que je ne connais pas je m'attache dès le départ à ma partition basse, à ce qui va être mon texte et ma mélodie. Mais cette fois-ci il vous faut imaginer que ça fait des semaines que je me chantonne l'air de la chanson pour moi tout seul, c'est à dire une ligne mélodique qui ne sera pas la mienne et qui s' est solidement gravée dans mon esprit et dont il va falloir que je me "débarrasse"...

Écoutez la partition des basses  sur le lien ci-dessous. Ça n'a pratiquement rien à voir avec l'air que vous venez d'entendre. Nous, on va faire le contrepoint.

 

Donc il va falloir que je vide littéralement mon esprit, et que j'apprenne NIÑO DE AMOR HERIDO comme si c'était une nouvelle chanson.

NIÑO DE AMOR HERIDO c'est un bel exemple de comment on travaille le chant polyphonique.

Si vous avez de la curiosité pour le travail harmonique à 4 voix, voici les partitions des trois autres cordes.

 

Voici la partition des ténors.

Voici celle des contraltos.

Et maintenant pour terminer voici la partie chantée des sopranos, celle qui porte la mélodie que vous connaissez.

Voilà. J'ai donc tout désossé !

Alors, avouez que c'est quand même assez magique la polyphonie car quand on met les 4 cordes ensemble, ça donne ça...

Je sais lire la musique mais je ne suis pas musicologue et je n'ai pas étudié l'art de la composition donc quand je travaille avec mon groupe choral je suis comme un enfant qui assiste à l'assemblage de pièces apparemment différentes d'un puzzle musical, et qui constate avec émerveillement que le résultat final est harmonieux.

Je pourrais essayer d'approfondir, d'étudier la théorie de l'harmonie pour mieux comprendre les ressorts d'une oeuvre mais, finalement, mon ignorance ne me gêne pas vraiment car elle me permet aussi de garder un esprit d'enfant, et de préserver ce côté magique que représente pour moi le chant polyphonique.

Je suis comme un enfant qui ne va pas essayer de casser son jouet pour comprendre comment il marche de l'intérieur.

Finalement j'essaie de rester dans mon registre, celui du chant. Et rien que ça, ça demande pas mal de travail quand même : essayer de bien respecter la partition telle qu'elle est écrite avec toutes ses nuances... essayer de bien faire ça et le miracle aura lieu. C'est ça qui compte vraiment.

 

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 17:36

Bonjour les amis,

Hier soir notre groupe polyphonique CADENZA a participé à une rencontre chorale organisée dans le cadre d'un concert de bienfaisance dans un magnifique auditorium  situé à Teulada et qui fut inauguré en 2011.

Niño Dios de amor herido...
Auditorium de Teulada

Auditorium de Teulada

Niño Dios de amor herido...
Niño Dios de amor herido...

Ces rencontres chorales sont toujours enrichissantes pour les choristes car on apprend beaucoup en écoutant les autres.

Hier soir on a pu entendre de magnifiques pièces très connues comme l'AVE VERUM de Mozart, ou alors des morceaux plus contemporains comme le fameux ADIEMUS de Karl Jenkins interprété avec beaucoup de qualité par les élèves du conservatoire de Denia, mais, comme toujours dans ce genre de rencontres, on fait des découvertes...Hier c'était le cas pour moi avec une pièce que je ne connaissais pas, une petite perle de la Renaissance  intitulée NIÑO DIOS DE AMOR HERIDO et composée par Francisco Guerrero (1522-1599).

 

 1. Niño Dios de amor herido,      Enfant Dieu d' amour blessé
tan presto os enamoráis,             si tôt êtes-vous tombé amoureux
que apenas habéis nacido,          Et à peine êtes-vous né
cuando de amores lloráis.            que d'amour vous pleurez

R.: En esa mortal divisa,            En votre mortelle condition
nos mostráis bien el amar,         Vous nous montrez que l'aimer
pues siendo hijo de risa,             bien qu'étant enfant de rires
lo trocáis por el llorar.                 vous le troquez pour les pleurs

2. La risa nos á cabido,            Le rire nous convenait
el llorar vos lo aceptáis,            et vous acceptez les pleurs
y apenas avéis nasçido,          car à peine êtes-vous né
quando d'amores lloráis.          que d'amour vous pleurez

Niño Dios de amor herido...

Voici une autre très belle version

Donc je crois qu'on ne va pas tarder très longtemps à soumettre cette pièce à notre directrice de chant...Tôt ou tard, il va falloir qu'on chante ça...Forcément, comme disait Marguerite Duras... 😃

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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 19:33

Bonjour les amis,

C'est aujourd'hui la journée internationale du théâtre et il y a eu dans mon lycée une conférence sur les espaces de représentation au XVI ème et XVII ème siècle durant l'époque du siècle d'or espagnol.

La conférence a commencé par la lecture  du manifeste pour le théâtre que le dramaturge cubain Carlos Celdran avait écrit pour cette journée internationale du 27 Mars 2019.

Le voici en version originale espagnole

http://www.lavapiesbarriodeteatros.es/mensaje-del-dia-mundial-del-teatro-2019-por-carlos-celdran/

Et voici la traduction française sur le lien ci-dessous de ce vibrant plaidoyer. Lisez-le et vous comprendrez pourquoi cet excellent dramaturge a été choisi pour défendre au niveau mondial la cause du théâtre.

Ensuite la conférence sur les espaces de représentation a commencé et les deux intervenants ont montré une série de documents aux élèves, et entre autres, un tableau de Brueghel le jeune intitulé "La kermesse villageoise avec un théâtre et une procession".

Ce tableau, mis à part sa grande valeur artistique, foisonne de détails qui sont une mine d'informations pour les historiens.

Cliquez sur la photo ci-dessous et vous y verrez, entre autres, que durant cette fête villageoise il y a une représentation théâtrale, probablement une sainete primitive avant que le genre ne s'étoffe. A l'époque les acteurs écrivaient eux-même leurs textes et mettaient en scène des situations qui devaient attirer les passants. Le public restait debout donc l'oeuvre devait être de courte durée, de 20 à 30 minutes.

On peut apprécier également que la structure du théâtre était assez rudimentaire. La scène dressée sur des tréteaux est très petite. Un rideau en arrière-fond permet aux comédiens de faire leur entrée. Il y a 3 personnages sur scène... Peut-être une histoire de mari qui revient des champs avec une hôte sur le dos et qui surprend son épouse avec un galant...

Journée internationale du théâtre : le message de Carlos Celdrán

Lors de la présentation de ce tableau le conférencier a attiré l'attention des étudiants sur un petit détail. Deux personnages (dont l'un est vêtu tout de blanc) s'appuient sur une clotûre derrière la scène.

Cliquez sur l' agrandissement que j'ai réalisé ci-dessous pour mieux les voir....

Journée internationale du théâtre : le message de Carlos Celdrán

Alors , je vous pose ma devinette du jour.

" Que font-ils selon vous ? "

J'avoue que je n'ai pas su répondre à cette question quand le conférencier l'a posée, ni personne dans l'assistance d'ailleurs.

Il nous a expliqué que ces deux personnes sont des "sinvergüenzas", des effrontés, des voyeurs qui essaient de mater les actrices pendant leurs changements de costumes...

Bien évidemment la réponse correcte à la devinette a déclenché un gros éclat de rire et l'hilarité parmi les étudiants.

Et alors là, moi je dis bravo l'artiste, bravo Brueghel qui a poussé le soin du détail  jusqu'à croquer ces deux villageois indélicats.

Vous le voyez les amis. L'intérêt et l'attirance du public masculin pour la plastique des jeunes actrices, ça ne date pas d'hier...... 😂😂😂

 

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 18:03

La compagnie de théâtre Ludovica Rambelli en Italie vient d' offrir un spectacle étonnant le 16 Septembre dernier en l' église San Francesco de Sutri en illustrant de manière vivante 23 tableaux de Caravaggio.

Regardez, le résultat est stupéfiant : c' est somptueux....

Projettez la vidéo sur le lien ci-dessous en plein écran n' oubliez pas de mettre le son.

C' est une magnifique initiative théâtrale qui rend hommage au génie italien. Tout y est : les corps, les lumières, les contrastes, les drapés, ...

C' est aussi u​​​​​​ne manière vivante et  très originale d' attirer l' attention des jeunes générations sur un patrimoine artistique inestimable.

 

Après un tel " happening" il ne reste plus qu' à aller admirer les originaux de Caravaggio exposés au palais Doebbing de Sutri.

Palais Doebbin : tour de l' horloge

Palais Doebbin : tour de l' horloge

Pour en savoir plus, vous pouvez également aller sur le lien ci-dessous et activer le traducteur Google au cas où vous ne maitrisez pas la langue de Dante...

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