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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 09:17

Bonjour les amis,

Il est certains faits divers qui parfois nous en disent plus sur notre société que les articles qui font les gros titres des journaux.

C'est le cas de l'info dont je vais vous parler aujourd'hui. Quand j'ai lu le titre de l'article du FIGARO j'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'un pastiche du GORAFI, mais non, il s'agissait bien de la réalité vraie si vous me permettez ce pléonasme.

Mais lisez plutôt cet article édifiant !

Avant de me livrer à quelques commentaires, je partage avec vous ce très beau texte que les élèves devaient commenter:

Sylvie GERMAIN (née en 1954), Jours de colère, Chants, «Les frères», 1989 Situé dans un passé indéterminé, le roman de Sylvie Germain Jours de colère prend place dans les forêts du Morvan. Le texte suivant est extrait d’un chapitre intitulé «Les frères». Il présente les neuf fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse.

«Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, - des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. Un chant fait de cris, de clameurs, de résonances et de stridences. Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères.

Car tout en eux prenait des accents de colère, même l’amour. Ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes, ils s’étaient nourris depuis l’enfance des fruits, des végétaux et des baies sauvages qui poussent dans les sous-bois et de la chair des bêtes qui gîtent dans les forêts ; ils connaissaient tous les chemins que dessinent au ciel les étoiles et tous les sentiers qui sinuent entre les arbres, les ronciers et les taillis et dans l’ombre desquels se glissent les renards, les chats sauvages et les chevreuils, et les venelles que frayent les sangliers. Des venelles tracées à ras de terre entre les herbes et les épines en parallèle à la Voie lactée, comme en miroir. Comme en écho aussi à la route qui conduisait les pèlerins de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils connaissaient tous les passages séculaires creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles.

La maison où ils étaient nés s’était montrée très vite bien trop étroite pour pouvoir les abriter tous, et trop pauvre surtout pour pouvoir les nourrir. Ils étaient les fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse».

 

Pistes de corrections du commentaire de texte:

Suggestion de plan:

I - Les «hommes des forêts»: une nature humaine farouche

II - Un portrait des frères construit comme un paysage: la symbiose des hommes et de la forêt

III - Un hymne à la puissance sauvage et indomptée de la Nature

Alors il faut avouer que cette affaire c'est quand même le pompon. 

L'écrivain dont le très beau texte a été sélectionné pour le bac a reçu des menaces de mort et de viol sur tweeter, dans un style que je ne vais pas reproduire ici mais qui démontre l'illétrisme de leurs auteurs, mais aussi leur état de délabrement moral et intellectuel.

Une meute de crétins s'est lâchée sur tweeter.

J'ai bien peur que ces jeunes-là soient tellement incultes qu'ils n'ont même pas conscience d'avoir commis un ou plusieurs délits: menaces, insultes, incitations à la haine, etc...

Et oui, ils sont tellement ignorants qu'ils ne savent même plus quand ils enfreignent la loi.

Audiard disait que les cons ça ose tout et ici on a un bel échantillon de connerie qui illustre son aphorisme.

Et maintenant, ami lecteur, je vous demande de faire un tout petit effort d'imagination.

Si des élèves sont suffisemment débiles pour insulter et menacer sur tweeter (et donc en laissant des traces écrites et des preuves de leurs méfaits) un écrivain qui a acquis une grande notoriété publique, essayez d'imaginer ce que sont capables de faire ces mêmes élèves à un professeur qui leur a donné un examen qu'ils jugent un peu trop difficile à leur goût.

S'ils sont capables de publier de telles horreurs sur tweeter au vu et au su de tout le monde, que sont-ils capables de faire au sein d'une classe à l'abri du regard des autres ?

Par ailleurs, et indépendamment du contenu de l'épreuve de français, il faut quand même rappeler que l'une des missions de l'école publique est de former de citoyens suffisemment responsables pour qu'ils soient au moins capables de savoir quand ils enfreignent les normes sociales de bonne conduite et la loi.

Or, il semble bien que ces élèves sont tellement habitués à insulter et à menacer en toute impunité qu'ils ne se rendent même plus compte de leurs infractions car elles font partie intégrante de leur façon d'être et de s'exprimer. Donc c'est un double fiasco pour l'école et pour la société.

Enfin, nous sommes arrivés à un point où il faudrait censurer la beauté d'un texte ou l'intelligence d'une pensée car elle offenserait les élèves incultes qui ne sont pas capables de l'appréhender, qui se sentiraient exclus et qui y verraient une forme de ségrégation insupportable. Un grand merci donc aux néopédagogues qui, durant les dernières décennies, nous ont expliqué que, au nom de l'inclusion, l'élève a toujours raison (et ses parents aussi...).

Là, on récolte les justes fruits de la démission et de la lâcheté des décideurs des nouvelles politiques pédagogiques.

Je terminerai avec une petite pensée pour ces "pseudo-profs" recrutés en 30 minutes en job dating, sans aucune préparation professionnelle, car ils ne savent peut-être pas à quoi ils seront confrontés lors de la prochaine rentrée.

Ces jeunes sauvageons dont je parle aujourd'hui  vont leur offrir en septembre un très dur et très cruel bain de réalité.

Bienvenue au sein de l'EN. You are welcome!...🤣😭

PS: voici un autre lien intéressant qui complète mon billet d'humeur du jour.

https://www.bvoltaire.fr/baccalaureat-une-nouvelle-victime-nommee-sylvie-germain/

 

 

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 16:47

Bonjour les amis,

Tous les matins, Zhang Pengfei, directeur de 40 ans d'une école primaire chinoise  devient chorégraphe et apprend à ses 700 élèves des pas de "shuffle dance" ou "Melbourne shuffle", une danse née fin des années 80 en Australie qui se caractérise par un mouvement des talons et des doigts de pied. 

Regardez plutôt.

 

J'ai ajouté cette autre vidéo sur laquelle on a les explications du directeur.

C' est donc le manque de place pour faire courir ses 700 élèves qui a poussé le directeur à rechercher une autre solution pour leur faire pratiquer des exercices physiques. Avant de leur apprendre la chorégraphie, Zhang Pengfei s'est d'abord familiarisé avec ce type de danse pendant un mois. Avec cette nouvelle routine, le directeur a remplacé le programme de callisthénie imposé par le gouvernement chinois depuis 1951, qui consiste en un panel d'exercices physiques pour améliorer la force, l'agilité et la flexibilité. 

Revenons maintenant à la prestation du directeur. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il est très doué et qu' il a un vrai sens du rythme. C'est techniquement impeccable, ce qu'il fait.

Quant aux écoliers, on est frappé par la synchronisation de leurs mouvements. C' est absolument remarquable pour des élèves de primaire.

Alors,d'un point de vue pédagogique, j'ai quand même des doutes sur le long terme car imposer un style particulier toute l'année peut éventuellement devenir lassant, surtout qu'il y a plein d' autres types de danses qui peuvent être assez profitables pour les élèves. Mais cette expérience est pour le moins séduisante.

Bravo donc à ce jeune directeur dynamique et à ses élèves et professeurs pleins d' enthousiasme.

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17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 08:06

Bonjour les amis,

je vous racontais la semaine dernière de quelle manière les Rockeurs ont cultivé leur côté rebelle en véhiculant une bien mauvaise image de l' école.

Une mauvaise image que j' ai toujours considéré avec un certain amusement , surtout venant de la part d' artistes qui, finalement et sans vouloir le reconnaître, devaient beaucoup à cette école si vilipendée...

Alors, il se trouve que cette semaine j' ai pris à contre pied ces clichés anti-école en utilisant moi-même de manière détournée le Rock and Roll ( que j' adore ) à des fins pédagogiques.

N' importe quel pédagogue vous expliquera que lorsqu' une classe est un peu amorphe, qu' elle a tendance à s' endormir et à être peu réactive, il faut la surprendre et rompre la monotonie avec un nouvel élément imprévu.

Jeudi dernier à 8 heures du mat' avec mes cinquièmes, et alors que nous étions en train de résoudre des équations, je trouvais que mes p'tits jeunes étaient dans un état un peu trop végétatif.Ils étaient bien bien trop lents...

Je n' arrêtais pas de les animer en leur disant: " Come on everybody ! " pour les arracher à leur torpeur.

Et puis, devant le peu d' effets produits par mes injonctions, je leur ai balancé ce clip-ci (de manière complètement improvisée) sur mon tableau digital avec les hauts-parleurs à fond !...

Alors ce qui est quand même assez drôle dans cette histoire c' est que si j' avais fait ça il y a 25 ans, tous les élèves m' auraient conspué en me disant que cette musique est complètement ringarde, mais en 2018, l' accueil a été très enthousiaste pour ne pas dire triomphal !

La majorité de mes très jeunes élèves connaissait l' air mais pas la version originale, et le fait de voir ce clip, ça les a bien éclaté....Ils ont trouvé que Chubby Checker en train de twister dans son costard cravate était très classe.

Du coup, ça les a bien réveillé.

Ne restait plus qu' à finir mes résolutions avec un peu plus de rythme cette fois-ci...Je dis souvent aux élèves qu' en maths aussi il faut être rock and roll...il ne faut pas passer trois heures pour faire un développement qu' on peut torcher en 3 minutes chrono ! Juste le temps d' un bon petit Rock....

Allez les enfants...Faisons twister les monômes et les polynômes...!!!

PS nº 1: alors, pour être complet sur ma petite semaine, et devant le succès inattendu de mon petit twist sachez que j' ai utilisé aussi un autre morceau qui n' était pas rock celui-là pour mettre un peu de rythme dans un autre groupe qui était également trop lent pour multiplier deux polynômes entre eux.J' ai utilisé le Sirtaki. On a commencé lentement, en pulsations biens marquées.

Les élèves ont spontanément frappé dans leurs mains pour marquer la cadence.

A chaque battement de la danse on a fait mentalement une multiplication de monômes qu' on a écrit au tableau, et puis, on a accéléré peu à peu...Le but du jeu c' était de finir l' exercice ( multiplication de 2 polynômes) avant que le rythme du sirtaki ne devienne endiablé.

Plutôt sympa cette choréographie à trois qui termine à mille à l' heure...

Voici le resultat

Rock and maths...

PS nº 2 Je n' ai encore jamais utilisé le MAMBO ...mais ça viendra un de ces jours...Un dernier numéro de " Nutty professor", de professeur un peu zinzin,juste avant de partir en retraite...

En attendant regardez Jerry Lewis et savourez !

Et puisqu' on parle de mambo.N' oublions pas ce petit chef d' oeuvre de Gotainer...

PS nº 3: Pour redevenir sérieux 2 secondes, sachez que ( contrairement à certains collègues américains) je n' envisage pas de développer de nouvelle pédagogie des mathématiques pour très jeunes élèves en utilisant la musique.Mes deux exemples ont été improvisés ( et je n' ai pas envie que cela tourne au procédé...).Je préfère continuer de surprendre ( et parfois de me surprendre moi-même).

La seule chose qui est sûre c' est qu' il faut savoir rompre un faux rythme  parfois, soit en amenant des éléments imprévus, soit en amenant un peu d' humour aussi.Ce qui est vrai aussi, c' est que le fait de disposer d' internet en classe me permet d' être très réactif et d' illustrer instantanément mon propos avec des documents qui sont sur le net, notamment face à des questions imprévues d' élèves...

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 18:29

Bonjour les amis,

J' ai toujours, et dès le début, été très méfiant avec la méthode globale pour l' apprentissage de la lecture.

Je trouvais qu' on avait abandonné bien trop vite des méthodes éprouvées sans s' assurer que les nouvelles donneraient des résultats qui soient au moins équivalents.

Aujourd'hui, on en est revenu de la méthode globale.On sait qu' il y a davantage de risques de dyslexie et de graves difficultés pour les élèves.

Une récente étude de neuropsychologues français qui ont analysé le fonctionnement du cerveau des enfants pendant les phases d' apprentissage vient porter le coup de grâce à cette méthode.

 

Alors, je ne vais pas relancer la bagarre sur la méthode globale ( tout n' est pas à jeter) mais l' écho donné aux résultats de cette équipe me fait sourire un peu.

En effet, quand c' était de nombreux enseignants qui affirmaient sur la base de leur expérience que la méthode globale était moins efficace que la méthode syllabique,personne n'en faisait cas et ils en ont pris plein la figure.

Ils ont été accusés d' avoir une vision idéologique et rétrograde du problème

Par contre si ce sont des neuropsychologues qui affirment que cette méthode fait travailler le cerveau d' une manière bien moins efficace , tout de suite, il y a un grand silence qui s' installe...

Aujourd'hui la méthode globale est définitivement abandonnée mais de nouvelles réformes présentent des dangers tout aussi préoccupants.

Le problème continue car nous n' apprenons pas de nos erreurs ( ce qui est le comble pour des pédagogues).

On prétend lutter contre l' échec scolaire en introduisant de nouveaux objectifs ( comme les projets transversaux interdisciplinaires par exemple) et sans maintenir le niveau d' exigence nécessaire dans les matières instrumentales telles que la langue véhiculaire ou les mathématiques qui apportent aux élèves les véritables outils qui les aident à exercer et à exprimer correctement une pensée rigoureuse.Sans une connaissance sérieuse de ces deux matières les autres disciplines du savoir resteront inaccessibles.

J' écoutais l' autre jour un professeur d' histoire-géographie sur BFM TV explicant que les jeunes collégiens étaient souvent incapables d' assembler des mots pour construire des textes qui aient le moindre sens .C' est sur le lien ci-dessous de l' article de Fatizo.

http://fatizo.over-blog.com/2016/10/insecurite-qui-va-faire-quelque-chose.html

Voilà..Il est là le problème ! Ça, c' est un vrai problème !...

Les élèves ne pourront pas apprendre les langues étrangères, l' histoire, la géographie,la biologie, et encore moins l' histoire de la pensée humaine s' ils ne sont pas capables de formuler de simples phrases bien construites et qui aient un sens.

On ne construit rien de solide sans de bonnes fondations...

C' est une simple pensée populaire frappée au coin du bon sens, mais ce bon sens semble parfois faire cruellement défaut chez nos décideurs obnubilés par le désir de réformer à tout prix, convaincus qu' ils sont que toute réforme sera forcément positive.Des décideurs qui imaginent d' hypothétiques avantages qui resteront à démontrer sans évaluer d' énormes inconvénients qui sont bien prévisibles.

Les trente ans de perdus avec la méthode globale ( ainsi que les générations scolaires qui ont été sacrifiées) sont la meilleure illustration de leur manière de penser et d' agir.

NB: Quand je parle de mathématiques, je ne parle pas seulement du calcul,de l' arithmétique,de l' algèbre , des statistiques ou de la géométrie mais aussi du fait d' apprendre à faire des démonstrations logiques et sans failles.Un philosophe qui articule bien ses raisonnements fait des mathématiques.Les bons philosophes sont souvent de bons matheux comme Bertrand Russell par exemple, et peuvent conclure leurs raisonnements par le fameux CQFD.

PS.je me rappelle chez Pivot de l'intervention d'  une ex-compagne de Claude Lellouch, Marie Sophie L., ardente défenseur de la méthode globale qui disait qu' il était plus facile d' apprendre aux enfants à lire le mot gâteau si ils en avaient plein la bouche...C' est de l' apprentissage quasi charnel ! Ha ha...plus démago tu meurs !

Et pour apprendre à écrire le verbe aimer, on fait quoi ???

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