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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 12:45

Bonjour les amis,

En général je n' aime pas voir déballées dans les réseaux sociaux des affaires qui devraient être traitées de manière interne par des institutions publiques car on peut craindre les pires dérives populistes et antidémocratiques. Mais avec le hashtag #PasdeVague#, je fais une exception à la règle car je pense que les cadres de l'éducation nationale ( et spécialement les inspecteurs) y prennent dans la figure un retour de flammes largement mérité, fruit de leur lâcheté et irresponsabilité. 

En effet, il aura fallu des décennies d' abandon et de manque de soutien des profs confrontés à la violence et à l'incivisme croissant de leurs élèves pour aboutir à cette flambée de dénonciations sur les réseaux.

Le ministre de l' éducation est lui-même impliqué de manière personnelle dans la dérive laxiste du système éducatif dans la mesure où, avant de devenir ministre, il a été recteur de l' académie de Créteil, et que des voix se sont levées pour critiquer son inaction de l'époque.

Ecoutez ce témoignage.

Blanquer qui, par ailleurs, n' a pas eu la réaction qu' on pouvait attendre d' un ministre en mettant en doute la parole des profs sur le hashtag...

Ecoutez les réflexions de Jean-Michel Apathie sur les commentaires du ministre.

Notons que cette fois-ci les journalistes ont fait preuve de pédagogie en expliquant bien au grand public que, au delà des infractions inadmissibles qui sont devenues monnaie courante dans les salles de classe, c' est bien l'inaction et la politique de l'autruche des cadres de  l' institution scolaire qui sont réellement scandaleuses.

Je concluerai très simplement en disant que la création du hashtag #Pas de Vague# n' a rien de réjouissant. C'est la preuve de profonds malaises et dysfonctionnements coupables dans l' institution scolaire où les problèmes sont niés au lieu d'être résolus.

On ne peut qu' espérer la disparition de ce hashtag à l' avenir mais force est de reconnaître qu' il aura au moins eu le grand mérite de faire tomber le mur du silence, d' éveiller les consciences afin d' obliger les politiques à faire preuve d'un peu plus de courage.

Et pour terminer sur une note d' humour, voici le papier d' Anne Roumanoff qui a été très inspirée par cette affaire de menaces d' un élève envers sa professeure.

 

 

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 06:35

Bonjour les amis,

Le grand amateur de rock que je suis est bien obligé de reconnaître que l' école a une bien mauvaise et triste image dans les morceaux de nos rockers favoris.

Souvent, leurs chansons véhiculent une image stéréotypée et manichéenne d' une école réductrice qui conditionne négativement les cerveaux, qui infantilise, déresponsabilise, et qui est liberticide.Une école qui tue le talent, la libre expression et le génie.

Commençons avec un morceau que j' aime beaucoup musicalement bien que les paroles soient pleines de stéréotypes outranciers.

" We don' t need no education, no thought control..."

Donc, l' école aurait été inventée pour contrôler la pensée et formater les esprits...naaaaan...pas croyable !

Bin merci les Pink Floyd de nous avertir, on ne s' était même pas rendu compte...

Alors pour les rockers, les vrais de vrais, il est hors de question de dire qu' ils ont été de bons élèves à l' école.Je ne voudrais décevoir personne mais Mick Jagger, par exemple, était un bon élève qui a fait l' équivalent de Sciences-Po. Il ne s' en vante pas d' ailleurs !

Non, tout bon rocker pour entrer dans la légende doit être un rebelle.

S' il s' est fait virer de son lycée ce sera un titre de gloire, une médaille...

Jethro Tull nous offre une parfaite illustration de ces poncifs et lieux communs avec WIND UP qui est, au demeurant, un morceau que j' adore, avec un démarrage rock génial à 2 minutes.L' un des meilleurs morceaux de Jethro Tull.Si vous ne le connaissez pas, réparez vite cette lacune en l' écoutant jusqu' au bout.

Notons que dans WIND UP Ian Anderson critique surtout l' école religieuse qui a voulu lui imposer la croyance en Dieu...J' ai vu Anderson à 2 mètres de moi interpréter cette chanson en 1976 au Forest national de Bruxelles.Au moment où il prononçait le mot SCHOOL c' était de justesse s' il ne crachait pas par terre.

 

 

Voici maintenant l' un des meilleurs morceaux de SUPERTRAMP qui s' intitule justement SCHOOL, avec , encore une fois, l' image d' une école aliénante du " fais pas ci...fais pas ça...".

Bon, c' est pas grave et pas trop méchant comme critique , et en plus le morceau est génial...

The Ramones:

" Rien à branler de l' histoire

Je deteste les professeurs et les directeurs...Pas envie qu' on m' apprenne à ne pas être un imbécile..."

Bon, OK, Les Ramones, on sait bien que vous ne briguez pas le Nobel de littérature mais vos paroles, là, elles sont un peu nulles à ch....

Les Stray Cats.

" Hé mec, je n' ai plus envie d' aller à l' école

Rien à foutre de lire, d' écrire, de connaître l' arithmétique ou l' histoire"

Bon, Brian, quand tu chantes ça, t' es sûr de rendre service aux p' tits jeunes un peu paumés...?

John Lennon aussi nous tape dessus:

" Ils te font du mal à la maison et te frappent à l' école

Ils te détestent si tu es intelligent et te méprisent si tu es idiot..."

Bon, John, t' es sûr que tu noircis pas un peu le tableau, là ?

 

Van Halen:

" Et bien , je ne vais pas aller à l' école.

Je suis malade et fatigué des règles d' Or..."

La guitare d' Eddie Van Halen est très originale mais pas les paroles de la chanson.

Les KINKS

" Avec le prof qui abrutit ses élèves en leur disant qu' il perd son temps à leur apprendre à écrire proprement et qu' ils sont tout juste bons à balayer les rues..."

Putain , z' avez pas de bol les KINKS, z' avez jamais connu de bons profs dans votre vie ?

 

Chuck Berry.

" Oh le prof ne sait pas à quel point il est sévère..."

 

Toi aussi Chuck, t' as remarqué que nous, les profs, on est une sérieuse bande d' abrutis qui torturons les esprits des petits jeunes...En fait, on est des sadiques mais il ne faut pas le répéter...

 

Bruce Springsteen:

" Quand ils m' ont dit de m' asseoir, je me suis levé..."

Bravo Bruce, tu es des nôtres ! Fuck the Teacher !

 

Alice Cooper et son SCHOOL'S OUT...

" L' école a été mise en pièces pour toujours !..."

Enfin une bonne nouvelle ! Merci Alice...Toi aussi tu es des nôtres...

Bon, j' arrête là le massacre...ça pourrait continuer pendant des heures...

Je complète donc le titre de mon article.

Quand les rockers tapent sur l' école... c' est pas toujours très finaud.

Mais en fait,ça ne date pas d' hier cette histoire.Avant le rock, il y avait déjà les chansons populaires qui remettaient en cause la qualité de l' enseignement, voire sa vraie finalité...

Souvenez-vous Graeme Allwright chantant:" Qu' as-tu appris à l' école mon fils ? "

Alors, après cette avalanche anti-école, anti-prof, je vais vous passer une petite chanson qui va vous paraître très étrange...voire suspecte !

Des élèves qui offrent des fleurs à un professeur...alors là, quelle drôle d' idée !

Qu' est-ce qui leur a pris ? J' espère qu' ils n' ont pas été drogués au moins...

Pour terminer sur une note sérieuse , et contrebalancer le contenu de l' article je finirai avec une phrase du prix Nobel de Littérature  Jose Saramago qui n' était pas rocker mais qui savait observer la société dans laquelle il vivait.

Il avait dit lors d' une conférence  à laquelle avait assisté une de mes collègues d' histoire-géo, près de chez moi à Alicante:

Les enseignants sont les vrais héros des temps modernes.Ils sont humiliés, méprisés et agressés.Ils font ce qu' ils peuvent alors que de nombreuses familles ont démissionné de leur obligation d`éduquer pour la transférer à ceux dont la mission était avant tout d' instruire".

Merci José...un peu de soutien moral, ça fait du bien parfois...

Pour conclure sur une note d' humour, je dirais que j' aime tellement le rock que les attaques et les critiques "gentillettes",pour ne pas dire puériles, des rockers ne me touchent absolument pas.La seule chose qui pourrait vraiment m' affecter c' est que des p'tits jeunes un peu immatures les prennent au premier degré.

Finalement, je veux bien me faire taper dessus mais à condition que ce soit fait avec rythme et avec talent...Chuck, Bruce,Pink,Anderson et les autres, sachez que vos invectives ne m' empêcheront jamais de vous aimer.Votre musique m' a apporté tellement de bonheur !

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 17:14

Bonjour les amis,

Demain c' est ma rentrée pour de bon.J' accueillerai un groupe d' élèves dont je serai le professeur principal.

Alors je me souviens d' un temps où l' accueil des lycéens se faisait parfois dans cet esprit-là... 

Je me souviens très bien d' un collègue du Lycée technique de Vincennes dans les années 80 qui accueillait les élèves comme le sergent formateur du film Full Metal Jacket.

Il regardait son nouveau groupe droit dans les yeux, en leur gueulant:

" J' ai l' impression qu' il y a une sacrée bande de gros fainéants dans cette classe.Alors dites-vous bien qu' avec moi il va vous falloir vous mettre au boulot les gars ! "

J' en rajoute pas, les amis...il les traitait de fainéants la première heure du premier jour...

Par ailleurs, généralement le reste de l' année se passait plutôt bien, sans heurts...

Bon, alors là maintenant on est en 2017, et il est hors de question de faire de telles entrées en matière politiquement très incorrectes.Non, maintenant le bon  prof se doit d' être un personnage très charismatique et très sympathique qui sait créer un élan d' adhésion derrière lui, un personnage du genre Thierry la Fronde.

Vous vous souvenez tous de Thierry La Fronde, ce héros toujours souriant, toujours positif, avec qui tout le monde a envie d' être copain. 

Le gars qui arrive avec un grand sourire aux lèvres en disant:

" Bonjour mes amis, bonjour mes compagnons..."

Et bien, demain, il me faudra arriver à donner une impression très positive aux élèves, gommer leurs angoisses et leur faire ressentir qu' ils vont vivre une année passionnante.

Le sourire qui est sur la photo ci-dessous, il faudra essayer de l' arborer chaque jour, au début de chaque classe, en signe de bienvenue sincère.

 

Mon prof, ce héros au sourire si doux...

PS: Un dernier détail personnel que les élèves n' ont pas besoin de savoir:

l' injonction d' Aimé Jacquet à ses joueurs que j' ai mis en début d' article vaut pour moi aussi...

PS nº2 .Je vous ai indiqué l' image que le professeur doit essayer de projeter vis-à-vis de sa classe, mais certains de nos élèves auront une autre perception, quoique nous fassions, et essaieront de faire croire à leurs parents que nous ressemblons plutôt à ça...

Mon prof, ce héros au sourire si doux...

Ou à ça...

Mon prof, ce héros au sourire si doux...
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 12:31

Bonjour les amis,

Ceux qui travaillent dans le monde de l' éducation peuvent tous témoigner du fait qu' il s' agit d' un univers obsédé par un désir constant de se réformer sans cesse afin de diminuer le taux d' échec scolaire.Un monde dans lequel, chaque matin ( ou presque), vous tombez sur un petit malin  qui vient vous expliquer que ce que vous faites n' est pas adapté,ne donne pas envie aux élèves de travailler et que tous vos échecs ne sont que la juste conséquence de méthodologies inadaptées.

Un monde dans lequel , certains veulent tout supprimer: les examens, les devoirs,les obligations,les rangées de pupitres alignés, les murs ( oui je ne plaisante pas: certains projets expérimentaux consistent à changer les espaces et supprimer les murs qui séparent physiquement les classes les unes des autres).J' en passe et des meilleures.

C' est un monde où, au lieu de s' appuyer sur 2000 ans d' expérience pédagogique pour améliorer ce qui peut l' être tout en préservant ce qui fonctionne bien, certains n' ont comme seul mot d' ordre " Du passé faisons table rase ! " ...un peu comme les injonctions du chant révolutionnaire l' internationale

Imaginez qu' on explique pendant plus de 30 ans à un boulanger que sa recette pour faire du bon pain n' est pas la bonne, et que tous les 6 mois quelqu' un prétende la changer, la retoucher sans que ce ne soit jamais vraiment concluant !

Imaginez que, années après années,réformes après réformes, toutes ces fausses bonnes idées en matière d' éducation n' aient fait que compliquer inutilement la tâche de l' enseignant,lui aient fait perdre un peu plus de cohérence, de crédibilité et d' efficacité EN ECHANGE DE RIEN...

J' aimerais vous parler aujourd' hui de certaines nouvelles idées qui font fureur en Europe, comme par exemple, la création de " communautés d' apprentissage".C' est la grande idée novatrice en ce début de XXI ème siècle.

Je vous donne un exemple précis.Un professeur de biologie va par exemple proposer des activités à un groupe d' une trentaine d' élèves.Comme on sait parfaitement que nombre d' entre eux ne feront absolument rien,ou ne feront que recopier le travail des autres, on décide de faire appel à des bénévoles ( en général ce sont de sympathiques retraités qui veulent rendre service) qui vont s'occuper de prendre en charge pour chacun d' entre eux un groupe de 5 à 6 élèves.Ils vont vérifier que tout le monde participe aux activités proposées par le prof.Ils vont intervenir en tant qu' arbitre en cas de conflit ou de partage des tâches.Bien souvent, leur seule présence fera que les élèves qui d' habitude ne font absolument rien se sentiront obligés de s' impliquer.Le résultat est de ce point de vue concluant: l' assistanat permet de lutter efficacement de manière positive contre l' objection scolaire mais il démontre aussi que là où il fallait un seul prof par le passé il faut maintenant une batterie de 5 ou 6 assistants ( par ailleurs non rétribués) pour suppléer au manque d' autorité du professeur qui ne peut obliger à lui seul tous les élèves de travailler si tels ne sont pas leurs désirs.Par ailleurs l' intervention de ces assistants doit être encadrée par le professeur car ceux-ci n' ont pas les éléments de connaissances ni la formation professionnelle nécessaires pour dissiper certains doutes de l' élève.L' assistant est là pour stimuler, pour animer,pour organiser mais pas pour expliquer...ça c' est le boulot et LA RESPONSABILITÉ du prof.Mes collègues de sciences qui se sont prêtés à ces expériences éducatives sont assez enthousiastes, et j' en prends donc acte.

Malgré tout, ces idées ne me semblent applicables que dans certains cas bien précis comme pour aider au bon déroulement de certains travaux dirigés, expériences de laboratoires,ateliers, etc.... Mais personnellement, et dans la branche que j' enseigne,à savoir les mathématiques, j' estime que la présence d ' assistants serait parfaitement incongrue.Quand je démontre le théorème de Pythagore au tableau j' ai besoin de discipline et d' attention de la part des élèves: les assistants ne me sont d' aucune utilité ( si ce n' est de calmer et de contrôler les éventuels  éléments perturbateurs, mais ça j' y arrive encore tout seul).Quant au fait que la présence des assistants incite tous les élèves à s' impliquer et à fournir des efforts, alors là, c' est la démonstration qu' on a enlevé au professeur l' autorité qui lui permettait de mettre tout le monde au boulot.Je préfère qu' on restitue mon autorité plutôt que de m' envoyer une batterie d' assistants dont je n' ai nul besoin.Si ma classe n' est pas surchargée, je peux parfaitement superviser les activités de tout un chacun.Excusez mon manque de modestie mais j' en fais une question d' honneur professionnel !

Si vous voulez en savoir plus sur ce thème vous pouvez aller sur ce lien

https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_d%27apprentissage

Mais revenons au thème principal de mon article, à savoir les nouvelles idées pédagogiques.

Aujourd' hui toutes les fausses bonnes idées éducatives sont abondamment relayées dans les réseaux sociaux et sur internet où on fait passer l' école publique pour une institution ringarde animée par des tarés d' un autre âge qui torturent inutilement les esprits neufs et pleins de promesses de nos chère têtes blondes.

Pire ! L' éducation nationale ne serait qu' un lieu qui bride l' intelligence, la créativité, qui ne génère que tristesse, monotonie et médiocrité.Un lieu où on apprendrait des règles , des normes, des formules,  et beaucoup de contenus parfaitement inutiles dans la vie quotidienne.Un lieu où serait privilégié l' apprentissage " par coeur " au détriment du développement de la capacité d' analyse et de production personnelle de l' élève.

Tous ces faux reproches font tristement sourire les professionnels de la profession dont je fais partie.Autant de naïveté dans ces propos relayés par certains intellectuels, assez irresponsables et démagos qui donnent des conférences un peu partout, est parfaitement risible.

A les entendre nous aurions le pouvoir de transformer l' or en plomb.Nous assassinerions quotidiennement des millions de Mozart potentiels que la société nous confie.

Ce matin j' ai lu dans le quotidien espagnol EL PAIS une interview très intéressante d' une conseillère en éducation du gouvernement suédois qui vient casser certains mythes, qui vient apporter un peu de bon sens et qui nous invite à revenir un peu sur Terre.

Cet article, je vous le mets d' abord sur le lien ci-dessous,en version originale espagnole, et ensuite j' essaierai d' en traduire les parties les plus intéressantes en français.

Extraits choisis et traduits à partir de l' article d' EL PAIS.
Pas facile de trouver un avis comme celui d'  Inger Enkvist (Värmland, 1947). Alors que la plupart des gourous de l'éducation préconisent la fin des rangées de pupitres avec des formats de classe corsetés et veulent donner plus de liberté aux étudiants en classe, Enkvist, ex-conseillère du ministère suédois de l'éducation, pense qu' il faut récupérer la discipline et  l'autorité des enseignants dans la salle de classe. Elle affirme:

" Les enfants ont besoin de développer des habitudes de travail systématiques et ont besoin d'un adulte pour les guider.

L'apprentissage exige des efforts et si les élèves sont autorisés à choisir, ça ne se produit pas...tout simplement ".

Elle affirme également:

Si l' élève n' a pas appris à être ordonné en primaire, il est peu probable qu' il le devienne par la suite.

 

Question: dans votre livre,vous remettez en cause le fait que tous les élèves désirent apprendre et que c' est donc une bonne initiative pédagogique qu' ils essaient d'apprendre par eux-mêmes.Quels sont vos arguments contre ce point de vue ?

Réponse:Les choses n' ont jamais été ainsi.Ça c' est une idée romantique qui vient de Rousseau.L' homme naturellement bon, innocent et bien intentionné.Un enfant qui va se concentrer sur une tâche de par sa propre initiative ne le fera dans la majorité des cas que pour le jeu.Mais apprendre à lire, ou les principes arithmétiques élémentaires requièrent des tels efforts que les élèves ne les feront jamais spontanément.Ils ont besoin d' appuis solides, de stimulations et de récompenses aussi, comme le sourire et les encouragements d' un professeur, les félicitations des parents.

Question: Que faut il récupérer de l' école traditionnelle?

Réponse:Il faut que ce soit le professeur qui organise le travail en classe.Si les élèves planifient leur propre travail, cela devient difficile d' obtenir de bons résultats et cela démotive le professeur qui n' a pas envie de se sentir responsable de ce qui ne fonctionne pas.Ces nouvelles méthodologies éloignent les professeurs les plus compétents.On considère à tort que ce n' est pas le professeur qui doit dispenser un savoir mais que celui-ci doit pousser ses élèves à s' y intéresser par eux-mêmes en suivant leur propre rythme.Dans un tel contexte il est difficile d' enseigner car il n' y a plus la confiance nécessaire envers le professeur.Vivre dans l' immédiateté sans exigences est tout le contraire d' une bonne éducation

Question: vous avez qualifié le concept d' auto-apprentissage d' idée fallacieuse et contreproductrice. Or il est clair que les citoyens qui seront amenés à se recycler ont besoin de cette capacité à apprendre par eux-mêmes.Ne trouvez-vous pas que c' est une bonne idée d' apprendre aux enfants dès le plus jeune âge à prendre des initiatives personnelles dans leur apprentissage ?

Réponse: C' est la grande imposture des nouvelles pédagogies.Les élèves doivent d' abord apprendre des contenus, et non pas le fameux "apprendre à apprendre".Rien que le fait que certaines décisions puissent appartenir aux élèves vous garantit le fait qu' elles ne se prendront pas. Je ne donnerai qu' un seul exemple.Le gouvernement suédois offre des plans de formation pour adultes, et il est désespéré de constater que les seuls qui en profitent vraiment possèdent déjà un niveau de formation élevé. Celui qui possède une bonne base de connaissances et des bonnes habitudes de travail a la confiance nécessaire pour penser qu' il pourra apprendre  à nouveau.Plus l' élève possède une discipline, et plus il aura confiance en lui pour aborder des situations limites.

Question: Il y a un grand débat sur l' utilité des examens.Certains experts pensent que dans la vie réelle les citoyens ne sont jamais confrontés à ce type de difficultés et qu' il serait plus judicieux de leur apprendre à s' adapter aux capacités et compétences que requièrent leur environnement.

Réponse:Ça c' est la vision d' une personne qui ne connaît pas comment fonctionne le monde des enfants.Dans la vie réelle nous avons des dates limites pour effectuer certaines tâches, et cela s' apprend dès l' école avec le respect des délais pour rendre un travail.Avec les examens l' élève apprend à faire face à des responsabilités.S' il ne se présente pas à un examen, on n' en fera pas un autre rien que pour lui.Plus tard si il ne fait pas face à ses obligations dans la vie professionnelle, il sera écarté.Les examens aident à créer des habitudes et une discipline de travail nécessaires dans la vie active.

 

Question: L' école tue la créativité selon le pédagogue britannique Ken Robinson

Réponse:Le plus simple est de penser à un musicien de jazz.On a l' impression qu' il improvise en jouant.Comment peut-il le faire ? En réalité il connaît par coeur de l' ordre de 500 mélodies et sait les utiliser de forme élégante.Il les a répétées tant de fois qu' on a l' impression qu' il le fait sans efforts.La théorie est nécessaire pour que surgisse la créativité.

 

Je n' ai pas grand-chose à ajouter aux propos de cette ex-conseillère qui sont frappés au coin du bon sens.On a souvent l' impression qu' on va finir par redécouvrir le fil à couper le beurre.

J' aimerais conclure par certaines réflexions.Il y a en matière d' éducation des points de passage obligés, comme par exemple, la connaissance de la part de l' élève de la structure grammaticale de sa propre langue sans laquelle aucun d' entre eux  n' est capable d' émettre des messages cohérents et intelligibles.

Pour un prof de maths, c' est impossible d' imaginer qu' un élève de 11 ans ne soit pas familiarisé avec les simples règles de la proportionnalité ( la fameuse règle de trois).Si cette compétence n' est pas acquise rien de stable ni de consistant ne se construira.La connaissance est un comme un édifice qui a besoin de solides fondations.C' est à partir de la connaissance que naît la créativité et pas le contraire.

L' une des missions de l' école est de former des citoyens libres, or il n' y a de vraie liberté qui puisse s' exercer sans un minimum de connaissances scientifiques et culturelles.

L' ignorance, ou l' illusion de connaissances propagée par l' accès aux nouvelles technologies de l' information, permet de créer des citoyens manipulables et asservis.La connaissance et la rigueur de la pensée qui s' apprennent à l' école sont les plus grande alliées de la démocratie et de la liberté.

Mettre en danger l' école de manière irresponsable et démagogique en niant la qualité de son rôle formateur, en voulant dynamiter ses principes de base qui sont le fruit d' une longue expérience qui remonte à l' antiquité,porte atteinte directement à nos fondements démocratiques.

 

J' aime l' image d' un professeur qui reste le maître à bord... un maître qui guide, qui oriente...

J' aime l' image d' un professeur qui reste le maître à bord... un maître qui guide, qui oriente...

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:17

Bonjour les amis,

Vous savez que l' une des principales qualités d' un bon professeur c' est son charisme personnel et sa faculté d' attirer l' attention de ses élèves sur le thème qu' il est en train d' exposer en classe.

Ce n' est pas toujours facile...rien de pire qu' un prof rébarbatif et ennuyeux.Et l' humour est souvent l' allié le plus utile des enseignants quand ils veulent retenir l' attention de nos chères têtes blondes.

Voici sur le lien ci-dessous un petit florilège de situations où le professeur a fait preuve d' humour en classe ...

Alors je terminerai cette série de situations drôlatiques avec une petite anecdote personnelle gentillette de cette année avec un groupe d' élèves de 6 èmes.

Il se trouve que l' un d' entre eux est particulièrement dissipé et qu' il a la fâcheuse tendance à parler avec son voisin pendant que je suis en train de donner des explications à toute la classe.

Un jour, suite à un n-ième bavardage intempestif de sa part, je lui demande de se taire et lui fait remarquer que ça fait déjà 50 000 fois depuis le début de l' année que je lui ai dit de ne pas parler en même temps que moi et que je ne sais plus comment je dois le lui expliquer pour qu' il me comprenne.

Or, il se trouve que toute la classe sait que je chante dans un choeur, et l' une de mes élèves assez malicieuse et espiègle,et qui par ailleurs est musicienne, intervient devant tout le groupe en disant:

" Peut-être que si vous le lui disiez en chantant il le retiendrait mieux ? "

Alors, du coup, et sans réfléchir deux secondes , je prends ma plus belle voix de basse et je chante à l' élève incriminé l' air du commandeur de DON GIOVANNI, en improvisant de nouvelles paroles.

Au lieu de chanter " Don Giovanni a cenar teco"  j' ai balancé avec une voix profonde venue d' outre-tombe:

" Ya estoy harto !

estás en mi clase ! 

Y cuando hablo

debes callarte !"

Ce qui donnerait en français.

" J' en ai vraiment marre !

Tu es dans ma classe !

Et quand je parle

Il vaudrait mieux que tu te taises "

J' ai chanté ça en direction de cet élève,en m' approchant de lui, peu à peu, et d' un air menaçant.

Chanter à pleine voix un air d' opéra en classe , ça fait son petit effet.Tout le monde est resté figé, un peu scotché !

Et, vous le croirez ou pas mes chers amis, mais dès que je me suis interrompu, j' ai eu droit à des applaudissements nourris et spontanés de la part de mes élèves ravis ( y compris de la part de l' élève incriminé et aussi de la musicienne qui a apprécié le fait que je relève instantanément son défi avec un minimum de qualité artistique !).

Alors je ne dispose pas de la vidéo de cette scène improvisée mais il vous faut l' imaginer en écoutant le début de ce lien youtube ci-dessous...( mais avec les paroles que j' ai indiquées)...j' ai chanté ça en prenant la même tête que le commandeur à 30 secondes sur le clip...par ailleurs je porte la barbe moi aussi ( et je fais un commandeur assez crédible...).

Je terminerai ce billet en vous disant qu' aux Etats-Unis certains profs de maths apprennent à leurs élèves l' algèbre en utilisant le rap ( que j' abhorre...), et que moi, en Europe, je viens de démontrer que les opéras de Mozart pour récupérer l' attention de tous les élèves ,et bien,ce n' est pas mal non plus...

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 18:29

Bonjour les amis,

J' ai toujours, et dès le début, été très méfiant avec la méthode globale pour l' apprentissage de la lecture.

Je trouvais qu' on avait abandonné bien trop vite des méthodes éprouvées sans s' assurer que les nouvelles donneraient des résultats qui soient au moins équivalents.

Aujourd'hui, on en est revenu de la méthode globale.On sait qu' il y a davantage de risques de dyslexie et de graves difficultés pour les élèves.

Une récente étude de neuropsychologues français qui ont analysé le fonctionnement du cerveau des enfants pendant les phases d' apprentissage vient porter le coup de grâce à cette méthode.

 

Alors, je ne vais pas relancer la bagarre sur la méthode globale ( tout n' est pas à jeter) mais l' écho donné aux résultats de cette équipe me fait sourire un peu.

En effet, quand c' était de nombreux enseignants qui affirmaient sur la base de leur expérience que la méthode globale était moins efficace que la méthode syllabique,personne n'en faisait cas et ils en ont pris plein la figure.

Ils ont été accusés d' avoir une vision idéologique et rétrograde du problème

Par contre si ce sont des neuropsychologues qui affirment que cette méthode fait travailler le cerveau d' une manière bien moins efficace , tout de suite, il y a un grand silence qui s' installe...

Aujourd'hui la méthode globale est définitivement abandonnée mais de nouvelles réformes présentent des dangers tout aussi préoccupants.

Le problème continue car nous n' apprenons pas de nos erreurs ( ce qui est le comble pour des pédagogues).

On prétend lutter contre l' échec scolaire en introduisant de nouveaux objectifs ( comme les projets transversaux interdisciplinaires par exemple) et sans maintenir le niveau d' exigence nécessaire dans les matières instrumentales telles que la langue véhiculaire ou les mathématiques qui apportent aux élèves les véritables outils qui les aident à exercer et à exprimer correctement une pensée rigoureuse.Sans une connaissance sérieuse de ces deux matières les autres disciplines du savoir resteront inaccessibles.

J' écoutais l' autre jour un professeur d' histoire-géographie sur BFM TV explicant que les jeunes collégiens étaient souvent incapables d' assembler des mots pour construire des textes qui aient le moindre sens .C' est sur le lien ci-dessous de l' article de Fatizo.

http://fatizo.over-blog.com/2016/10/insecurite-qui-va-faire-quelque-chose.html

Voilà..Il est là le problème ! Ça, c' est un vrai problème !...

Les élèves ne pourront pas apprendre les langues étrangères, l' histoire, la géographie,la biologie, et encore moins l' histoire de la pensée humaine s' ils ne sont pas capables de formuler de simples phrases bien construites et qui aient un sens.

On ne construit rien de solide sans de bonnes fondations...

C' est une simple pensée populaire frappée au coin du bon sens, mais ce bon sens semble parfois faire cruellement défaut chez nos décideurs obnubilés par le désir de réformer à tout prix, convaincus qu' ils sont que toute réforme sera forcément positive.Des décideurs qui imaginent d' hypothétiques avantages qui resteront à démontrer sans évaluer d' énormes inconvénients qui sont bien prévisibles.

Les trente ans de perdus avec la méthode globale ( ainsi que les générations scolaires qui ont été sacrifiées) sont la meilleure illustration de leur manière de penser et d' agir.

NB: Quand je parle de mathématiques, je ne parle pas seulement du calcul,de l' arithmétique,de l' algèbre , des statistiques ou de la géométrie mais aussi du fait d' apprendre à faire des démonstrations logiques et sans failles.Un philosophe qui articule bien ses raisonnements fait des mathématiques.Les bons philosophes sont souvent de bons matheux comme Bertrand Russell par exemple, et peuvent conclure leurs raisonnements par le fameux CQFD.

PS.je me rappelle chez Pivot de l'intervention d'  une ex-compagne de Claude Lellouch, Marie Sophie L., ardente défenseur de la méthode globale qui disait qu' il était plus facile d' apprendre aux enfants à lire le mot gâteau si ils en avaient plein la bouche...C' est de l' apprentissage quasi charnel ! Ha ha...plus démago tu meurs !

Et pour apprendre à écrire le verbe aimer, on fait quoi ???

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 12:07

Bonjour les amis,

Tout le monde sait ce qu' est la dyslexie, mais la dyscalculie , vous connaissez ?

Alors, si ce n' est pas le cas ,lisez d' abord l' article suivant qui propose une bonne synthèse du problème

L' article aurait pu s' intituler:

SI VOUS ÊTES NUL EN MATHS, CE N' EST PAS FORCÉMENT VOTRE FAUTE...NI CELLE DE VOTRE PROF !

En tant que prof de maths, il m' arrive d' avoir affaire à des élèves ( 2 ou 3 par an) qui ont de très sérieux retards scolaires dans ma matière.Il n' est pas rare d' avoir un élève de 5 ème de collège dont le niveau académique réel est de CM2.Dans ces cas là nous bénéficions du soutien d' un professeur spécialisé en thérapie pédagogique qui fera accomplir des exercices quotidiens à ces élèves.

Mais revenons à l' article.Il y est dit ceci:

On peut résumer la dyscalculie comme un trouble disproportionné de l'apprentissage de l'arithmétique chez l'enfant, qui ne peut être expliqué ni par un environnement d'apprentissage appauvri, ni par un niveau intellectuel inférieur.

L' intérêt des études neurologiques, c' est qu' elles permettent de diagnostiquer un vrai problème, un vrai trouble et qu' à partir de ce constat on peut éviter à l' enfant et aux familles de souffrir inutilement et de développer des culpabilités aussi vaines que nocives.

Cela permet d' éviter que les classes de mathématiques ne se convertissent en séances de torture mentale pour l' enfant qui finirait par développer une véritable phobie .

Pour les pédagogues le défi à relever est vraiment difficile.Apprendre que 2 et 2 font 4 à de tels élèves est finalement bien plus compliqué qu' apprendre à résoudre une équation différentielle à des terminales...

Il existe des stratégies correctrices développées par des psychopédagogues.Et là aussi l' informatique offre des logiciels ludiques très bien faits qui permettent aux enfants de progresser tout en s' amusant.

Pour en savoir pius, allez sur ce lien Wiki, notamment au chapitre intitulé traitements:

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 09:53

Bonjour les amis,

L' année scolaire 2015-2016 s' est terminée avec, en ce qui me concerne, un bilan globalement positif ( pour reprendre une expression bien connue).Une année tout en contraste car j' ai eu des groupes assez difficiles et épuisants demandant une débauche d' énergie pour obtenir au final des résultats plutôt médiocres, des groupes pour lesquels j' ai dû souvent batailler, brandir des menaces et parfois prendre quelques mesures et sanctions ( ce qui est toujours une forme d' échec, encore que certaines de ces mesures disciplinaires ont fini par être payantes et effectives).

A l' opposé de ce contexte parfois dur et tendu, j' ai eu aussi cette année de bons groupes avec lesquels ça a été un grand plaisir de travailler, et notamment une classe de seconde avec laquelle ça s' est particulièrement bien passé.

Ce qui a caractérisé ce groupe composé de 26 élèves ( un bon chiffre) c' était la bonne disposition de ces lycéens envers les études en général, et ma matière en particulier.Le niveau moyen n' était pas extraordinaire mais en revanche j' ai ressenti dès la première heure avec eux intérêt,motivation, curiosité, soif de comprendre.

Dès le départ j' ai donc eu de très bonnes sensations et j' ai su qu' on allait vivre de riches moments ensemble.

Même si les élèves étaient parfois un peu dissipés ou trop bavards, je ne perdais jamais la connexion avec eux.Tous me suivaient dans mes démarches, et moi, j' avais l' impression ( parfois euphorique) de pouvoir les emmener où je voulais ( tel un capitaine qui a gagné la confiance et le respect de ses hommes).

Il y avait un petit détail qui ne trompait pas: ce sont les conséquences de l' utilisation de l' humour en classe.Bien souvent, avec certains groupes, dès que le prof fait une remarque assez drôle l' attention se disperse immédiatement: la moindre blague devient le pretexte de certains élèves pour stopper toute activité et le professeur doit produire d' importants efforts pour recapter l' attention du groupe et la recentrer sur le thème qui était traité.

En revanche, avec ce groupe-ci, les élèves différenciaient parfaitement le fait de savoir travailler dans la bonne humeur sans pour autant tomber dans la grosse rigolade et transformer la classe en un joyeux tohu-bohu.

Peu à peu, je suis devenu un peu "amoureux" de ce groupe qui m' apportait autant de sensations positives.Un de mes collègues s' était rendu compte que j' étais sous le charme de cette classe et m' avait dit en conseil de classes, de manière un peu ironique et rigolarde:

" Ils ne sont pas aussi bons que tu le crois..."

Ce à quoi je m' étais empressé de lui répondre:

" Je n' ai pas dit qu' ils étaient bons, mais qu' ils avaient une très bonne attitude...nuance ! "

j' avais été aussitôt appuyé dans mes propos par d' autres collègues.

En fait, il y avait quand même une tête de classe formée de 6 ou 7 très bons éléments qui étaient aussi les leaders...ça aide...

Finalement, je me suis senti comme un artiste qui pouvait utiliser toute la palette de ses ressources et tous ses registres pour faire passer son message.Les interventions des élèves rendaient la classe particulièrement vivante et ont pu être l' occasion de réexpliquer, de préciser, de compléter et de dissiper les doutes ou incompréhensions.Il n' y a rien de pire pour un professeur que l' apathie d' un groupe et avec eux ça n' a jamais été le cas.

Cette aventure a duré une année avec très peu d' interventions et d' interférences extérieures.C' était eux et moi, ça s' est passé entre nous, et ça s' est merveilleusement bien passé.

Avec eux j' ai pu me consacrer à ma mission première d' enseignant et ne pas me disperser en jouant trop les éducateurs,ou les animateurs,ou les confesseurs, ou les psys, ou les pères la morale...

Avec eux, et pendant un an , ça a été le bonheur, tout simplement...

Contrairement aux autres histoires d' amour,celles que l' on rencontre avec certains groupes dans l' enseignement ne durent qu' un an ou deux au maximum , et ne sont pas altérées par le temps ou la routine .Ces histoires restent fixées à jamais de manière définitive dans la mémoire comme des moments magiques et uniques qui ne peuvent se répéter.

Le bonheur tout simplement...

PS: Je ne peux mettre en ligne pour des raisons de discrétion une photo de ce groupe ( que je n' oublierai jamais) avec moi-même, mais j' enverrai celle-ci par mail à certains de mes lecteurs les plus assidus...Je crois que ce que j' ai écrit ci-dessus transparaît sur les visages qui apparaissent sur cette photo...

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 10:49

Bonjour les amis,

L' Hatem m'a envoyé un lien fascinant que je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous.

Il s' agit d' une visualisation des résultats obtenus à partir de simples multiplications...

Oui, vous avez bien compris: les tables de multiplication par 2, par 3. etc...

Mais trêve d' explications et allez d' abord voir ce magnifique exposé sur le lien vidéo ci-dessous.Ecoutez attentivement les 2 premières minutes pour bien comprendre le principe de construction des graphiques qui apparaitront ensuite.

Alors, c' est assez épatant, hein ?

Notez que toutes les courbes qui apparaissent sont obtenues exclusivement à partir de droites...ou, plus exactement à partir d' enveloppes de droites.

Un petit bémol sur le brillant exposé de Mickael Launey qui dit qu' on n' apprend pas ça à l' école.Objection votre honneur: la théorie des groupes est enseignée, mais généralement en fac, quand les étudiants ont atteint un niveau qui leur permette de comprendre et d' aborder les théories sous-jacentes qui expliquent ces magnifiques dessins.

Là, les enfants ne peuvent qu' admirer mais sans étudier réellement ce qui se passe...

On ne peut tirer à peu près aucun enseignement " pratique" de ces magnifiques courbes avec des élèves en bas-âge..

Moi, je passerai ce document à mes élèves simplement pour que ceux-ci apprécient certaines régularités étonnantes et spectaculaires, mais sans plus.Je ne pourrais pas vraiment construire de problèmes à résoudre en classe à partir de ces animations et encore moins aborder les justifications théoriques des résultats obtenus.

Pour faire une comparaison à 2 balles, je dirais que le fait de vous passer des films spectaculaires de la NASA sur la formation des étoiles ne fera pas de vous un astrophysicien...Ça éveillera, ou pas, votre curiosité mais ça ne vous donnera pas les vrais clés de la compréhension de l' univers.

Donc, ce document est très beau mais pas franchement opérationnel avec les petits...Je reconnais qu' une telle animation a quand même le mérite de pouvoir réveiller l' esprit scientifique des plus doués d' entre eux, qu' on peut en tirer de nombreux enseignements et qu' il mérite largement d' être passé en classe.

Enfin, notons que grâce à l' informatique et à la puissance de calcul des ordinateurs on peut obtenir des visualisations spectaculaires...Appréciez de quelle manière on passe d ' une pétale à deux pétales de fleur, de manière progressive en multipliant par 2,1, puis 2,2, etc...etc...

C' est tout simplement MAGIQUE !!! Rien que pour ça ce document mérite d' être passé en classe !

Quand les tables de multiplication se mettent à dessiner des fleurs...
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 22:28

Bonjour les amis,

C' est la reprise scolaire en France et j' en profite pour vous raconter une petite anecdote gentillette qui s' est produite dans mon lycée en Espagne, il y a quelques années.

Comme d' habitude j' ai changé les prénoms pour préserver l' anonymat des protagonistes.

La scène se situe dans la cour, et moi je la vois derrière une fenêtre ouverte de mon établissement à une dizaine de mètres à peu près.Donc je n' entends pas très bien mais je devine tout d' assez loin comme dans un film muet des années 20.

Il y a deux personnages.

D' un côté,une de mes collègues professeur d' anglais Daniela qui a déjà beaucoup d' expérience et qui a la réputation au bahut d' être une professeure très impliquée et aussi très exigeante .

De l' autre il y a Francisca, une élève de terminale que j' ai moi-même en classe de mathématiques.Francisca est une élève pas facile , distraite,irrégulière,éternelle révoltée,rejetant systématiquement toutes les fautes sur les autres...elle se met à bosser la veille des examens, elle travaille " pour la note" sans se soucier de savoir si elle a vraiment compris les concepts étudiés, etc...etc...

Vu de loin de crois deviner la nature de son problème ce jour-là....On est au mois de Juin, et elle n' a pas la moyenne en anglais et donc elle ne pourra pas être bachelière et devra se présenter aux sessions de Septembre.Elle est donc en train de parlementer avec sa professeure pour essayer d' obtenir le fameux 5 sur 10 dont elle a besoin ( en Espagne on note sur 10).

je souris au fond de moi-même car je connais très bien Daniela et elle n' est pas du genre à se laisser amadouer, ni à revenir sur une décision de cette importance.Qui plus est, je suis absolument convaincu que si Daniela ne lui a pas mis ce 5 ce n' est pas que pour un seul motif mais pour un ensemble de raisons ( niveau insuffisant, devoirs non rendus en temps et en heure,etc...).

Donc la scène est assez drôle vue de loin car je vois Francisca qui plaide son cas comme si se jouait la fin du monde.Elle est très énervée,exaspérée, fait de grands gestes avec les mains qui s' agitent comme des moulins à vents....Dans le même temps je vois Daniela qui fait des signes énergiques de négation avec la tête qui va de droite à gauche de manière continue.Elle contre, un par un,avec détermination et assurance tous les arguments de Francisca.

Daniela connait parfaitement tous les résultats de son élève et n' a aucun besoin de consulter ses notes.Elle lui répond du tac au tac, et puis décide de mettre fin à cet entretien un peu absurde qui dure inutilement et plante l' élève au milieu de la cour pour aller reprendre ses activités.

La scène commence à devenir assez burlesque car Francisca ne s' avoue pas vaincue et décide de poursuivre Daniela qui accélère le pas et qui ne l' écoute même plus.

Finalement Daniela s' éloigne et Francisca, qui s' est arrêtée dans sa course poursuite, lui lance de loin son dernier argument, celui de la dernière chance, son dernier SOS..Elle lui crie en valencien:

" Perque no em poses la mitja ?...a tú, que més et dóna ?

C' est la seule phrase que j' entends clairement de toute cette scène.

Traduit mot à mot ça donnerait ceci:

"Pourquoi ne me mets-tu pas la moyenne? ..Qu' est-ce que ça te donne de plus ? ( sous-entendu" qu' est- ce que ça te rapporte de ne pas me mettre cette note ? " )

En fait une traduction plus correcte en français donnerait:

" Pourquoi ne mettez-vous pas la moyenne ?...de toutes façons, qu' est-ce que ça change pour vous ?"

Quel culot ! Alors là les amis, c' est impossible de ne pas éclater de rire.C' est vraiment le comble.Francisca qui n' a plus aucun argument en appelle au fait que sa professeure a le pouvoir de changer les notes sans que ça ne lui suppose aucun sacrifice personnel.

J' imagine bien ce qui se passe dans son esprit à ce moment là:

"Bin oui quoi ! Faut vraiment être pervers pour ne pas me mettre ce p....de 5 dont j' ai si besoin !!! "

Sacrée Francisca ! Elle a vraiment perdu le nord....

Scène de la vie quotidienne dans un lycée

Parfois les professeurs sont confrontés à des élèves qui font comme un blocage...qui ne comprennent pas qu' il n' y a rien de personnel dans une note globale et que si on n' obtient pas la moyenne c' est qu' on a de grosses lacunes et de graves carences .

Certains élèves croient avoir un problème avec leur prof alors que bien évidemment c' est avec la matière étudiée qu' ils ont des soucis à se faire.D' ailleurs il y a des indices qui ne trompent pas: en général les profs changent tous les ans mais les problèmes persistent...

Par ailleurs, en tant qu' enseignant, je me dis souvent que ça ne sert strictement à rien d' avoir raison si je n' arrive pas à convaincre l' élève que j' ai raison...

NB: un petit dernier détail les amis.Si Francisca avait utilisé la même énergie qu' elle a déployée pour défendre sa cause à étudier l' anglais,et à faire ses devoirs, elle l' aurait eu sans problème son 5 sur 10...

PS: l' auteur de ce billet n' oublie pas qu' il a été élève lui-aussi dans sa jeunesse et qu' il a probablement bénéficié plus d' une fois de l' indulgence de ses professeurs.Simplement, il faut être crédible dans la vie, et même l' indulgence, ça se mérite...

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